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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > L’économie de marche est-elle la seule alternative ?

L’économie de marche est-elle la seule alternative ?

Dans une interview du 22 juin 2005, Francisco Van der Hoff, le fondateur du label Max Havelaar déclarait : « On parle du développement durable à tord et à travers »

Il lui était posé un certain nombre de questions dont celles-ci

Max Havelaar vient de labelliser le coton cette année. Cela pourrait-il permettre, par exemple, de contrer les avancées du textile chinois ?

« Nous venons en effet de nous engager dans le textile. Mais nous n’avons pas tous la même perception du marché mondial sur ce domaine. L’Europe est actuellement très sensible aux manifestations d’hyper productivité des Chinois ... Après tout, les Chinois font bien leur travail ... Bien sûr en Europe, vous êtes surpris des coûts de production chinois.

Mais pourquoi les vêtements doivent être finalement vendus si chers ? Un pantalon produit pour deux dollars est vendu pour 40 ou 50 dollars. »

Le commerce équitable peut-il être mis en place par des multinationales, ou bien est-il voué à rester le fait de petites structures ?

« Les petites entreprises sont sûrement les plus adaptées et les plus capables pour mettre en place une production sur le mode du développement durable. Encore faut-il se mettre d’accord sur ce que l’on entend par durable. En Amérique du Sud, nous en sommes venus à définir très précisément la notion de durable et ce qu’elle revêt pour les producteurs : une agriculture biologique qui permet de maintenir la biodiversité et donc le respect de l’environnement, ainsi que qualité et prix équitables ... Au final, nous mettons en place une économie véritablement durable. Cette définition est vraiment importante, car aujourd’hui on a tendance à parler de développement durable pour tout et n’importe quoi, comme le font les grands groupes, sans véritablement avoir une idée précise de l’enjeu humain qu’il représente. »

Durable et social, ces termes quelques fois évoqué lors de la campagne pour la ratification du traité constitutionnel sous la forme « Economie sociale de marché hautement compétitive » n’ont malheureusement pas la même définition lorsqu’ils sont proposés par les responsables économiques de l’Union européenne.

« On regroupe sous le terme d’économie sociale voire « d’économie sociale et solidaire » en y incluant l’insertion par l’activité économique tout un pan de l’activité économique qui n’est pas régie par les règles traditionnelles de l’économie d’entreprise capitaliste, avec laquelle cependant elle accepte d’être en concurrence sur le marché.

On parle aussi de troisième ou tiers secteur : le premier secteur étant le secteur capitaliste dont le but est « la maximisation du profit » par la recherche d’une clientèle solvable, et le deuxième secteur étant le secteur public dont l’activité cherche à satisfaire l’intérêt général, défini démocratiquement, au suffrage universel.

L’économie sociale représente aujourd’hui en France plus de 760 000 entreprises et regroupe quelque 2 millions de salariés travaillant dans le monde associatif, les mutuelles et les société coopératives.

C’est un des gisements les plus fertiles en création d’emplois et plus particulièrement dans les nouveaux métiers des services à la personne et de l’insertion sociale. L’entreprise collective est une véritable alternative solidaire.

Très présente en Europe et dans le reste du monde sous des formes variées, l’économie sociale entend participer aux débats de société, en particulier apporter des réponses originales, efficaces, durables et solidaires aux problèmes liés à la mondialisation.

L’économie solidaire possède plusieurs formes, plus ou moins populaires, dont le versant le plus connu est le « commerce équitable » cher à Francisco Van der Hoff.

L’économie sociale et solidaire est également à l’origine des micro crédits qui après avoir pris naissance dans le tiers monde semble vouloir être poursuivie par l’Union européenne dans le cadre de la création d’entreprises.

Bien que considérée par une grande partie des économistes et analystes comme une des pistes susceptibles de dynamiser l’emploi et la création d’entreprises, la France, n’a connu qu’un secrétaire d’état à l’économie solidaire (Guy Hascouët) que pendant la période allant de Mars 2000 à 2002.

En juillet 2002, le Medef, publiait un rapport proposant la suppression de tout avantage consenti à des entreprises d’économie sociale pouvant être en concurrence avec des entreprises privées pour la livraison de mêmes services.

Aujourd’hui, le « plan Borloo » concernant la cohésion sociale semble s’orienter une fois de plus vers la stratégie des emplois aidés : Contrats d’accompagnement, d’insertion, d’initiative emploi pour ne pas privilégier cette économie qui si elle reste dans certains cas marqué par des théories post-capitalistes est une des pistes les plus crédibles en ces temps de désindustrialisation.

Il serait dommage que l’Union européenne et surtout la France pour des problèmes d’idéologie se privent d’un gisement d’emplois alternatifs extrêmement prometteur.

Cela doit passer par une reconnaissance et une valorisation de tous les acteurs existants et un investissement des pouvoirs publics pour attirer de nouvelles populations vers cette économie.

A la question

« S’engager dans le développement durable peut-il être une stratégie économiquement rentable au niveau concurrentiel mondial ? » Francisco Van der Hoff nous donne un début de réponse

« La croissance économique qui guide le commerce mondial est peut-être la clef du problème. Si l’ensemble des richesses mondiales étaient divisées par le nombre d’habitants de cette planète, il y aurait alors pour chacun plus que nécessaire. Au moment où nous parlons, il faut être conscient que notre planète, telle qu’elle est exploitée, peut largement nourrir, habiller et loger l’ensemble de ses habitants.

N’y a-t-il pas à méditer sérieusement cette approche de développement durable et socialement responsable qui est également un exemple d’économie alternative dont notre vieille Europe a bien besoin ?


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5 réactions à cet article    


  • Guillaume Chocteau (---.---.145.217) 7 juillet 2005 08:20

    L’article vulgarise bien l’économie sociale et solidaire, mais reste sur le versant économie solidaire (Insertion, association, ...). Ce tiers secteur représente un poids économique énorme : les mutuelles d’assurance regroupées au sein du GEMA (Groupement des Entreprises Mutuelles d’Assurance comme la MACIF ou la Mutuelle des Motards) ou encore les mutuelles Sante regroupées au sein de la Mutualité Française dépassent souvent en terme de portefeuille de clients ou de CA les propres indicateurs du secteur capitaliste. Un autre exemple : en Pays de Loire, l’économie sociale et solidaire est le premier secteur économique devant le tourisme ou l’agriculture.

    Ne restez pas sur le versant misérabiliste. Et ne voyez pas le secteur de l’économie sociale comme celui des organismes de réparation (Intervention sociale, commerce équitable, insertion, ...).

    Merci

    Guillaume CHOCTEAU Coopérative Ressources Solidaires


    • Jbenard (---.---.229.14) 7 juillet 2005 15:00

      Bonjour Guillaume,

      En créant et en continuant d’animer un annuaire des acteurs de l’économie sociale et solidaire : Ecosociale (http://ecosociale.mylinea.org), je cherche à mettre en valeur les aspects positifs et constructifs de l’économie sociale et solidaire.

      Ceci dit, évoquer le commerce équitable plutôt que la gestion du FMI ne me semble être une démarche misérabiliste.

      En tant que professionnel du Web mon engagement au côté du monde mutualiste me permets de mener un combat juste pour une économie alternative et si possible contre poids à la simple économie marchande.

      Il reste néanmoins important de faire passer un message de solidarité aux français à qui on répéte trop souvent qu’ils sont des privilégiés aux « yeux secs »

      Le monde mutualiste et les SCOOP doivent de leur côté sortir de leur « pré carré » habituel pour aller convaincre toutes les populations que le choix solidaire ne se limite pas à l’atermondialisme mais peut demain devenir une autre façon d’équilibrer une mondialisation mal contrôlée

      Bonne journée à toi

      JC T BENARD


      • Jbenard (---.---.229.14) 7 juillet 2005 15:26

        Bonjour Guillaume,

        J’ai créé il ya deux ans un annuaire de l’économie sociale et solidaire : EcoSociale (http://ecosociale.mylinea.com) dans le but de mieux présenter cette économie et ses acteurs aux internautes français.

        Je crois absolument à l’émergence de cette économie alternative qui évolue bien souvent en secteur concurrentiel.

        Il n’en reste pas moins qu’elle peine à sortir de son « pré carré » et qu’elle doit s’imposer aux yeux des consommateurs français en tant qu’entreprises de sens. Il est probable qu’une communication plus proche de l’économie de marché classique permettrait une meilleure approche et compréhension de ce phénomène.

        En évoquant les déclarations du fondateur de Max Havelaar, je ne crois pas donner dans le misérabilisme car il est important de ne pas laisser le seul FMI prendre en charge la vie de la moitié de la population mondiale.

        Je crois que l’économie sociale ne peut se limiter à une dimension nationale et que tous les acteurs mondiaux de cette mouvance peuvent se retrouver sur le thème de la solidarité économique.

        Le prochain défi qui nous attend est de rallier tout ou partie des politiques à cette réfexion ce qui, tu me l’avoueras, est encore bien loin d’être gagné

        Cordialement

        JC BENARD


        • julialix (---.---.253.249) 28 septembre 2005 00:54

          Que le MEDEF s’oppose à l’élargissement de l’audience de l’économie durable et équitable, il n’y a rien d’étonnant à cela quand on connait d’où vient E.A.Sellière et quand on voit les situations de quasi monopole avec les centrales d’achats des supermarché.

          Le monde économique appartient à ceux qui ont déjà de l’argent. Les banques françaises sont plus que frileuses pour prêter de l’argent , le Fisc et l’Urssaf achèvent les petites entreprises dès qu’elles ont un problème et les patrons souvent se contentent d’utiliser leurs employés sans les associer à la réussite de l’entreprise.

          Si la France va si mal, c’est peut être que chacun reste dans son pré carré sans aller vers l’autre. De l’inovation, de l’audace et desserrer le carcan de l’état vis à vis de l’envie d’entreprendre voilà ce qu’il nous faudrait !


          • (---.---.139.60) 16 octobre 2005 18:27

            Texte intéressant sur le DHD

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