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L’importance de la présence des extrêmes dans un débat démocratique

Taxés de fanatisme, d'archaïsme, de prises de positions antidémocratiques, de populisme, de terrorisme intellectuel (injure politique d'ailleurs utilisée dans les années soixante-dix à des fins plus discutables, par le conseiller de Nicolas Sarkozy), la liste pourrait se continuer pendant des heures. Si les injures entre les bords, sont malheureusement devenues monnaie-courante en politique, les extrêmes vers qui elles sont le plus souvent dirigées, où dans le cas inverse à qui elles veulent assimiler, ont pourtant une grande utilité dans le débat démocratique. 

Ce paradoxe est en cette période électorale très apparent, au regard des difficultés qu'éprouve la candidate du Front National à obtenir le nombre de parrainages suffisants pour être officiellement candidate à l'Elysée, sont absence serait préjudiciable au débat de la campagne, déjà que celui-ci est faible voir lamentable cette année.
Sans même s'interroger sur le second tour, la représentativité des voix du premier tour qui seul peut jauger la véritable influence d'un parti, ou l'on ne peut qu'en constater l'influence. Ce qui explique en parti l'impact, et le souvenir, du 21 avril 2002 souvenir qui s'il est l'une des marques de fabrique de la propagande partisane Frontiste, est aussi un des arguments pour en faire une menace dont l'absence ne serait pas tant néfaste que ça.

Au contraire les scores électoraux des extrêmes ont beaucoup à nous apprendre, à nous citoyens mais aussi à nos dirigeants et représentants. 

Le même problème posé en 2007, pour les parrainages de Jean-Marie Le Pen, candidat du Front National et d'Olivier Besanenot alors candidat de la Ligue Communiste Révolutionnaire (parti autodissout dans le NPA en 2009). Le Lundi 05 mars 2007, c'est Monsieur Nicolas Sarkozy, futur vainqueur de l'élection présidentielle, qui avait lui-même déclaré

"Moi je combats les idées de M. Le Pen, mais je me battrai pour que M. Besancenot comme M. Le Pen puissent défendre les leurs"

Sans pour autant la considérer comme totalement désintéressée, cette prise de position du candidat Sarkozy en 2007, est louable et révélatrice d'un véritable problème.

L'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol, avait déjà rappelé dans son édition datée du 13 janvier 2011, que Front National a réuni 557 parrainages en 2007, mais surtout que la possible non-obtension des parrainages nécessaires par le Front National est une interrogation récurrente, puisque selon l'hebdomadaire, la question agite la presse depuis un quart de siècle

Si la question de la place des extrêmes dans la démocratie, et dans le débat politique, est reconnue comme essentiel. Y remédier serait donc au premier regard loin des priorités, si l'on constate la récurrence de ce problème.

L'extrémisme reste une force politique. 

Si l'on reprend les résultats du premier tour en 2007, nous ne pouvons que constater l'importance du vote extrême dans notre pays. Paradoxalement c'est cette importance qui malgré les règles de base de la démocratie, explique la faible action des grands partis pour maintenir les parti extrême dans le jeux démocratique, ce qui est une erreur. 

Les extrêmes sont perçus négativement dans l'imaginaire collectif, l'un est assimilé au marxisme quand ce n'est à l'union soviétique, oubliant entre autre l'anarchisme. L'autre au racisme et la haine, c'est oublier que des propos racistes peuvent être tenu partout que ce soit à la droite non extrême, ou même à gauche

La peur de l'extrémisme. 

Aussi s'il est une tendance politique qui ne s'abstient jamais c'est bien l'extrêmisme, et cumulé à son succès c'est bien en ça qu'il fait peur, pour être plus exacte seul l'extrême droite fait peur, l'extrême gauche n'ayant que très peu d'influence, au mieux ce vote en majorité lycéen et étudiant amuse. 

Le potentiel électoral du Front National, est suffisamment significatif pour que l'on puisse comprendre que certains, de bonne foi ou non, se réjouissent de l'éventualité de son absence. Mais il doit être rappelé que le jeu démocratique implique sur tous les courants puissent s'exprimer.

Refuser la liberté d'expression d'un bord politique, implique d'accepter l'idée qu'un jour le sien en soit lui aussi privé, mais aussi ne fait que de le renforcer, ce qui serait le parfait contraire de la situation souhaité. 

L'utilité de l'extrêmisme. 

La percée d'un extrême témoigne d'un malaise social, malaise, que les dirigeants ont pour responsabilité de régler. Si les partis modérés veulent séduire les électeurs des extrêmes pour disent-ils "les ramener dans la voie républicaine". La formulation est mensongère, prenons l'exemple de l'extrême gauche, celle-ci est devenue républicaine le jour où elle est entré dans le jeux parlementaire, renonçant donc au fantasme, bien qu'il persiste, chez certains militants de révolution armée. Mais ce mensonge est contrôle et vise à stigmatiser ces individus. 

Le Vote extrême que le politiquement correct, taxe de vote contestataire, comme les idées avancées par l'extrêmisme. Doivent être pris en compte que l'on y adhère ou que nous les combattions afin d'y répondre, en supprimant le mieux possible les situations instrumentalisées afin d'en éviter toutes utilisations qui pourrait au final nuire à la démocratie.

Mais puisque leurs méthodes de communication se centre exclusivement sur ce qui ne va pas dans la société, les partis extrémistes même dans les plus dangereux et les plus antidémocratiques sont démocratiquement nécessaires, et leurs idées doivent être entendues en politique, afin que la démocratie puisse au mieux régler ses problèmes internes, afin de perfectionner notre démocratie. 




par Anthony Marville samedi 3 mars 2012 - 31 réactions
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