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L’indignation générale prend forme uniquement lorsqu’on ne peut faire autrement

Si je suis profondément choqué par la tuerie de Charlie, je reste un citoyen critique et outré face au flux de réactions venant des réseaux sociaux et des gens du bar d'à côté. Un billet d'humeur, pas scientifique et avec toute ma subjectivité.

Il y a des morts tous les jours en Iraq, en Syrie, en Palestine, tous victimes d'attaques terroristes et des politiques meurtrières d'États. Ces morts ne suscitent pas les mêmes indignations.

Parce que cette fois, nous ne pouvons nier la violence et qu'elle atteint la France, la tristesse se doit d'être déclarée par tous et exhibée.

Toutes ces réactions sont artificielles. Vous n'êtes pas Charlie et vous le n'avez jamais été. Vous cautionnez le mépris de la presse entière à l'égard de la gauche critique depuis des années et vous rangez à ses côtés maintenant qu'il est de bon ton de le faire.

 

A part ça, comment vous déplacez vous ?

Vous remplissez votre voiture de pétrole et de sang.

A part ça, avec quoi vous habillez vous ?

Vous portez sur vous le fruit du néo-esclavagisme de millions de personnes.

A part ça, comment vous nourrissez vous ?

Vous soutenez l'épuisement de la terre et financez la famine mondiale.

 

J'ai un profond respect envers les personnes décédées, la vie, leur oeuvre, l'espace de liberté qu'ils ont su cultiver et leur apport à la gauche. Mais Charb, Cabu et tous les autres seraient morts un jour ou l'autre. Il est facile de s'indigner sur une chose évidente et sur laquelle vous n’avez pas d’emprise pour changer le cours des choses.

Il s’agit maintenant de s’indigner sur les profondes injustices qui vous côtoient chaque jour et que vous soutenez par votre silence.


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9 réactions à cet article    


  • howahkan howahkan Hotah 10 janvier 2015 07:45

    Il s’agit maintenant de s’indigner sur les profondes injustices qui vous côtoient chaque jour et que vous soutenez par votre silence.

    dit l’auteur....que je salue..


    • gaijin gaijin 10 janvier 2015 08:18

      pareil !
      nous cautionnons chaque jour par notre silence des centaines de morts en afrique ou ailleurs pour notre confort et les bénéfices de nos grandes compagnies
      aujourd’hui la barbarie que nous avons suscité ( si si ! ) s’invite a notre porte et le pays est au bord de l’hystérie collective
      millions de fous emportés par l’inconscience collective , masse aveugle se ruant vers le nouveau machin phone, les pistes de ski et la dramaturgie du jour .......
      glorification du panurgisme !
      et demain quoi ?
       smiley


      • colere48 colere48 10 janvier 2015 08:43

        Je suis Charlie, mais
        Je ne suis pas manipulable
        Je soutien les familles des victimes
        toutefois l’émotion n’affecte pas ma capacité de réflexion


        • colere48 colere48 10 janvier 2015 08:45

          Ils voulaient tuer un journal
          Ils meurent dans une imprimerie ....


          • Pierre Régnier Pierre Régnier 10 janvier 2015 11:32


            Simon

             

            Il faut aussi s’indigner contre les nombreux faux-culs qui seront parmi les marcheurs et qui sont responsables, indirectement mais bien réellement, du massacre.



            • César Castique César Castique 10 janvier 2015 12:53

              "Il s’agit maintenant de s’indigner sur les profondes injustices qui vous côtoient chaque jour et que vous soutenez par votre silence."

              C’est pas possible ! Pour commencer, on n’aurait pas assez de 24 heures par jour. Et ensuite de ça, on boufferait plus, on dormirait plus, on ne se reproduirait plus (lire : on ne se livrerait plus au simulacre de la reproduction).

              Donc, il faut s’en tenir aux indignations viscérales, à celles qui viennent des tripes, parce que si l’indignation est le fruit d’une réflexion, ce n’est plus qu’une posture intellectuelle qui, si elle ne s’accompagne pas des abstinences sus-énumérées, est limite comédie.

              La spontanéité, à l’opposé, fait que les indignations augmentent en intensité, non pas en proportion de la gravité des faits, mais de la proximité que nous ressentons à l’égard de celui ou de ceux qui ont été criminellement frappés…

              Et je suis bien certain que si le 11 septembre, deux avions de ligne avaient percuté les tours Petronas, à Kuala Lumpur, il y a longtemps qu’on n’en parlerait plus, comme à chaque fois qu’ils font leurs trucs entre eux.


              • Tillia Tillia 10 janvier 2015 13:34

                Un conseil à l’auteur, jetez votre ordinateur et coupez le courant chez vous, éclairez vous à la bougie, car l’uranium est source de conflits.


                C’était ma contribution lucide du jour.

                • Abraracoutrix 10 janvier 2015 18:58

                  Yougoslavie, Tchétchénie, Afghanistan, Irak, Lybie, Syrie, Palestine, et j’en oublie, l’Occident a ouvert la Boite de Pandore (l’Occident, non pas vous et moi, les soi-disant dirigeants), et le pauvre pequin du coin de la rue, ou du journal machin en prend plein la gueule.

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Auteur de l'article

Simon


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