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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > L’inspiration hayékienne de Sarkozy

L’inspiration hayékienne de Sarkozy

Il y a tout lieu de craindre que les récentes déclarations de Sarkozy sur le déterminisme génétique ou ses options en matière de fiscalité successorale signifient son refus fondamental de l’idée même de justice sociale. La source de ce refus se situe dans la pensée de Friedrich Hayek.

Les positions de Nicolas Sarkozy sur le déterminisme génétique comme ses options en matière de fiscalité successorale indiquent sa soumission à des thèses que les spécialistes des sciences sociales connaissent bien et qui conduisent à renoncer à l’idée même de justice sociale. Je veux parler ici de l’inspiration hayékienne du candidat de l’UMP, sur laquelle, à ma connaissance, nul n’a attiré l’attention.

Friedrich August Hayek (1899-1992) a développé en 1976, dans le deuxième tome de Droit, législation et liberté (trad. fr., 1995), les principes de l’orthodoxie ultralibérale en matière de justice sociale. Il conclut à son impossibilité théorique et considère, en outre, son idéologie comme fille du socialisme. Son raisonnement se fonde sur une ontologie du fait social qu’il nous faut rapidement résumer.

Si la redistribution égalitaire des richesses, dont le souci naît de l’injustice supposée de la distribution assurée par le marché, est vouée à échouer, c’est avant tout parce qu’elle prête à la société une nature qui n’est pas la sienne. L’illusion combattue par Hayek est celle de l’attribution d’un créateur à l’ordre social. Celui-ci, au contraire, est décrit comme spontané. Cela signifie qu’il est infondé de lui attribuer une finalité. Certes, il n’existerait pas sans les actions des hommes, mais celles-ci, n’étant pas réfléchies, participent de l’ordre spontané de la nature. La société, par conséquent, émerge du jeu des relations humaines, et nulle intelligence n’est en mesure de saisir sa signification et le sens de son évolution. Si les phénomènes sociaux sont bien le résultat d’actions humaines, ils ne résultent pas, en revanche, d’intentions. Hayek s’oppose, tout naturellement, au contractualisme, selon lequel la société résulte d’un pacte d’association. Il suffit de postuler un accord conventionnel implicite sur l’observance de règles de conduite, règles qui s’imposent parce qu’elles servent l’intérêt commun. L’évolution, pour les sélectionner, n’a nul besoin de présupposer qu’elles sont le produit des desseins de l’homme.
L’évolutionnisme d’Hayek est un point important qui, me semble-t-il, éclaire profondément le projet sarkozyste. Dans la société humaine, la coordination des actions individuelles est effectuée par des règles abstraites qui ont connu une évolution et qui sont transmises culturellement (par la tradition, l’apprentissage et l’imitation). Les règles deviennent de plus en plus adaptées à la perpétuation de l’ordre social. La tradition, chez Hayek, renvoie ainsi aux règles sociales et aux institutions qui ont subi avec succès le processus évolutif. Étant le produit spontané de l’évolution, elles n’ont pas à être changées.

Dans la perspective hayékienne, les informations pertinentes pour l’action nous sont fournies par l’ordre du marché (celui-ci est considéré avant tout, dans la filiation walrasienne et parétienne, comme un système de production et d’échanges de signaux), paradigme d’un modèle de rationalité généralisable à la totalité de l’ordre social. La tradition joue ainsi le rôle du système des prix dans l’ordre du marché. L’évolutionnisme hayékien est donc fondamentalement conservateur : il n’y a qu’un seul type de comportement humain qui puisse être juste dans le monde tel qu’il est, et ce comportement consiste à accepter l’ordre social, au risque de contribuer à sa destruction en adoptant un autre comportement.

Aucune autorité centrale n’étant en mesure de déterminer les moyens adaptés à la poursuite de fins quelconques sans menacer l’équilibre complexe de l’ordre spontané, il est irresponsable et antiproductif d’intervenir dans le jeu du marché. De surcroît, la logique interventionniste est, à ses yeux, potentiellement totalitaire. Dans l’ordre spontané du système de marché, "nous recevons tous continuellement des avantages que nous n’avons mérités moralement en aucune façon ; et ce fait, précisément, nous impose l’obligation d’accepter aussi des diminutions de revenu sans les avoir méritées" (Hayek, 1995, p. 113). La juste rémunération ne peut être fixée que par le marché. Or ce dernier ne saurait, à l’instar du dieu de Pascal, rétribuer les mérites individuels.

La justice "sociale" ou "distributive" ne possède donc aucun sens à l’intérieur d’un ordre spontané. Il faut laisser agir le marché qui, en s’autorégulant, produit un maximum de bienfaits. En conséquence, il est illégitime de se plaindre de ses effets puisqu’ils ne sont voulus par personne. L’attachement à la justice sociale doit, dès lors, être interprété comme une forme de nostalgie pour des sociétés disparues, dont les règles reposaient sur la solidarité.

Est-il utile d’insister sur le caractère fortement contestable de l’affirmation selon laquelle seules les actions individuelles peuvent être qualifiées de justes ou d’injustes ? N’y a-t-il vraiment aucun devoir moral à secourir les victimes des catastrophes naturelles ? Hayek, et Sarkozy à sa suite, méconnaissent gravement le fait que, dans la société marchande, l’idée de justice sociale surgit de notre capacité à nous mettre à la place de l’autre et à vivre sous le regard d’autrui. L’intervention de l’État dans les questions de justice doit précisément être comprise comme la conséquence de l’échec du marché à faire significativement reculer les inégalités. Tout laisse supposer que Nicolas Sarkozy place sa pensée politique sous les auspices de la soumission à l’ordre spontané, auquel appartiendraient notre patrimoine génétique et notre patrimoine social.


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48 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 23 avril 2007 10:04

    La démocratie s’est enfin exprimée.

    Nous sommes enfin débarassé des partis extrèmistes qui pourrissaient tout forme de débat politique depuis des années en France avec un effet démultiplicateur que les médias emplifiaient (ogn, délinquances ,squatteurs....)

    Nous sommes enfin libéré des idées obscurantismes et allons maintenant rentrer dans une société moderne

    Reconnaissons, que les électeurs se sont déplacé pour aller voter Sarkozy et Bayrou et non pour la gauche en général.

    La droite est majoritaire dans ce pays à au moins 60% et c’est un rejet de la politique de tolérance des délinquants,du subventionnement du tiers monde par les allocations, alors que des citoyens français, parfois en sont exclus.

    Même chose pour le logement social.

    Comment comprendre que des logements sociaux ont été accordé à des communautaristes qui eux, ont sous-loué ces appartements sociaux ! tout en percevant des allocations ! et parfois même,le rmi.

    Je suis citoyen français et je voudrais me loger dans un logement social

    La place de la France est en Europe pas dans le sud !

    Sarkozy en prenant en compte l’aspiration des citoyens français à fait mouche !


    • Policar 23 avril 2007 10:30

      Ce commentaire est fort éloigné du propos de mon article. Le seul enseignement que l’on puisse en tirer est que son auteur supporte mal les critiques adressées à N. Sarkozy . Étrange conception du débat contradictoire !


    • Frédéric Dalmas frédéric dalmas 23 avril 2007 11:04

      Nous verrons si la droite est majoritaire en France au second tour. C’est justement ça qui est intéressant dans ce duel final attendu. Avant ça, on n’en sait rien. Car le vote Bayrou ayant rassemblé les modérés de droite et de gauche, on ne peut pas le qualifier « de droite » ou « de gauche » Par contre la dénomination de « centriste » correspond parfaitement.


    • Rand 23 avril 2007 11:33

      De plus, toutes les voix d’extreme gauche vont se reporter sur SR alors que les voix de Le Pen n’iront surement pas en majorité sur Sarko ( plutot abstention, certains déclarent même qu’ils voteront SR car Sarko est un immigré à leur yeux ), en comptant donc les reports annoncés à cet instant, c’est Ségo qui est en avance et non l’inverse.


    • Rayves 23 avril 2007 19:01

      Si vous voulez vous « libérer des idées obscurantistes » en faisant vous-même assaut d’obscurantisme vous sombrez un peu dans le ridicule.

      Pour les leçons d’obscurantisme, Sarko a, quant à lui, trouvé un excellent maitre : George W. Bush. S’il fait sien son combat contre la théorie de l’évolution on n’a pas fini de rigoler !


    • karg se 23 avril 2007 22:32

      Encore un prem’s inutile et pas pertinent de Lerna, qui doit être RMISTE parce que quelqu’un qui travail n’aurait pas le temps de jouer à ça.

      En plus d’avoir des idées effroyables t’es un profiteur d’un système que tu dénonce.


    • Theophraste 24 avril 2007 08:42

      La raison doit sans doute se trouver dans le sophisme qui sert de point de départ à l’article.... Vous expliquez la théorie mais pas le lien de la théorie avec les propos de Nicolas Sarkozy... Or une affirmation de l’ordre de l’opinion... Cette technique a un nom, et a été analysée par de nombreux philosophes et experts du langage politique... Sans doute pourriez vous en faire un article...


    • bob 23 avril 2007 10:33

      Et l’inspiration Scientologique du meme Sarkosy , personne n’enquete sur ses relations avec cette secte ,faut pas ?


      • Frédéric Dalmas frédéric dalmas 23 avril 2007 10:59

        Scientologie ? Que neni ! Ne saviez vous pas que Sarko était l’envoyé des Illuminati ? Pourtant les célèbres détectives Mulder et Scully en ont bien parlé !


      • Frédéric Dalmas frédéric dalmas 23 avril 2007 11:01

        Mais Calmos, Que connaissez vous à Von Hayek ! Vous n’avez jamais entendu son nom je pense. Dites nous en quoi sa pensée du marché autorégulateur vous semble juste ? Ou dites nous si vous pensez que Sarkozy est inspiré ou non par la pensée du fondateur de la Fondation du Mont Pélerin.


      • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 23 avril 2007 16:26

        C’est vrai que les commentaires se sont éloignés de l’article initial.

        En réponse à l’auteur, il semble en effet que NS ait mis un peu de libéralisme dans son programme. Enfin, après plus de 35 ans que Keynesianisme, il est en effet temps d’essayer autre chose.

        Pour reprendre votre argumentation, vous demandez : N’est-il pas contestable d’affirmer que seules les actions individuelles peuvent être justes ou d’injustes ? Comment pourrait-on le contester ? Sur quoi fonder la morale sinon sur des individus ? Et c’est justement le problème car les états sont dirigés par des individus.

        Vouloir renforcer l’Etat, c’est renforcer le pouvoir de quelques individus sur les autres, et cela devient très vite immoral.

        Ensuite vous posez la question suivante : N’y a-t-il vraiment aucun devoir moral à secourir les victimes des catastrophes naturelles ? C’est oublier que justement les grand mouvement caritatifs sont le fruits d’actions individuelles et non l’action d’Etat. Ou alors, il s’agit de la réaction d’un dirigeant qui, avec les ressources de son pays, sans nécessairement le consulter, agit pour des intérêts (les siens, ceux de son pays, ceux de sa communauté ?) Il s’agit donc bien d’un problème de morale individuelle.

        Vous faite une erreur commune à de nombreuse personnes de gauche, à croire que les rapport d’échange sont exclusif de tout autre rapport.

        Quand une milliardaire américaine consacre sa fortune à la réfection du Château de Versaille. Quand Warren Buffet et Bill Gates consacre une grande partie de leur fortune à créer une fondation pour la recherche contre le sida, il ne s’agit pas d’un échange. Ils agissent en obéïssant au moteur de tout les humains : « être valorisé au yeux de son groupe ».

        L’intervention de l’État dans les questions de justice doit précisément être comprise comme la conséquence de l’échec du marché à faire significativement reculer les inégalités.

        Pensez-vous sérieusement qu’enfermer des gens dans des ghettos (HLM). Exclure plusieurs millions de personnes du monde du travail (SMIC). Faire qu’il y ait 25% de moins de 25 ans au chômage et autan de plus de 50 ans. Pensez-vous que tout cela fait baisser les inégalités. (Pour rappel, en France 8% de chômeur en moyenne, mais 25% chez les moins de 25 ans. Au USA, 4% de chômeurs dans toutes tranches d’âge).

        Les soi-disant protections ne sont que des carcans qui ne protègent que certains privilégiés (ou qui le sont devenus grâce à cette protection) et qui met en grande difficultés les autres.

        Au contraire, le « laissez faire » donne la possibilité à chacun de se réaliser. En conservant toute sa dignité. Et, dans ce cas, et ce cas uniquement, la solidarité n’est plus un vain mot, car elle est l’action d’un individu responsable et apportant sa contribution.

        Pour prendre un exemple caricatural, mais pourtant vrai, ou est la morale quand une administration de l’ex-Urss envoi en Afrique, par solidarité, des chasses-neige smiley


      • karg se 23 avril 2007 22:39

        (Pour rappel, en France 8% de chômeur en moyenne, mais 25% chez les moins de 25 ans. Au USA, 4% de chômeurs dans toutes tranches d’âge).

        et les pauvres ? les travailleurs pauvres ? au fait les 25% c’est pas des jeunes totaux mais des jeunes actifs, donc rien à voir, surtout qu’il y beaucoup de sans qualification, qui trouverons jamais de boulot, sauf avec des contrats premières chance :D


      • Bench 23 avril 2007 11:04

        Comment ne pas abonder dans votre sens concernant le rapprochement hayekien ? Certaines saillies verbales hayekiennes ne laissent guère planer d’illusion : http://www.pourceau.info/static/20072304/index_static.php

        Cordialement

        b


        • yoda yoda 23 avril 2007 11:08

          « von Hayek, et Sarkozy à sa suite, méconnaissent gravement le fait que, dans la société marchande, l’idée de justice sociale surgit de notre capacité à nous mettre à la place de l’autre et à vivre sous le regard d’autrui. L’intervention de l’État dans les questions de justice doit précisément être comprise comme la conséquence de l’échec du marché à faire significativement reculer les inégalités. »

          Globalement d’accord, la justice sociale et la solidarite doivent etre vu aussi comme un ordre qui émerge spontanément du fait que le libre marché produit des inégalités et des antagonismes telles, qu’il n’est pas viable.

          von Hayek s’inspire du fait que la nature s’auto-organise et fonctionne tres bien comme cela. Mais il oublie que les régulations sociales (justice) font aussi partie de la nature en tant que volonté humaine. Il oublie aussi que l’homme a des tentations suicidaires et despotiques et qu’il faut l’en protégé.

          J’ajouterai que des pays dits ultralibéral fausse le libre marché a leur profit (les US subventionne son agriculture quand elle interdit via la FMI que les pays du tiers monde subventionne la leur.)

           smiley


          • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 23 avril 2007 16:37

            J’ajouterai que des pays dits ultralibéral fausse le libre marché a leur profit (les US subventionne son agriculture quand elle interdit via la FMI que les pays du tiers monde subventionne la leur.)

            Je suis toujours surpris par cette soi-disant critique du libéralisme en reprochant aux pays que le sont de ne pas l’être assez.

            On pourrait en conclure que c’est toute la différence entre l’idéologie et le pragmatisme. Ou alors que cette société n’est pas complètement libérale*, d’où ses insuffisances.

            Dans les deux cas, cela ne remets nullement en cause le libéralisme, au contraire.

            *Question annexe, comment peut-on être à la fois ultra-libéral, et ne pas l’être jusqu’au bout ???


          • yoda yoda 24 avril 2007 03:42

            Ce que je voulais souligner, c’est que meme les apotres de libre echange, souhaitais uniquement le libre-échange quand ca les arrangeais, mais regulais le marché dans le cas contraire. Assez hypocrite comme situation.

            L’ultraliberalisme est évidement un bon systeme... lorsque l’on est du bon coté de la barriere et que l’on est insensible a la souffrance des autres...


          • arturh 23 avril 2007 11:15

            Cet article est véritablement étonnant.

            Comme souvent chez les auteurs, il faut aller à la fin, quand l’auteur commence à fatiguer et qu’il se lâche pour trouver l’étonnement, le saisissement dirait d’autres.

            On le trouve en deux temps :

            Dans un premier temps, en conclusion, l’auteur résume son inquiétude, normale, puisqu’il est fonctionnaire. Il écrit, pour démontrer cette théorie qu’il condamne : « Aucune autorité centrale n’étant en mesure de déterminer les moyens adaptés à la poursuite de fins quelconques sans menacer l’équilibre complexe de l’ordre spontané, il est irresponsable et antiproductif d’intervenir dans le jeu du marché.... »

            Dans une deuxième temps, il fait appel à notre coeur, dans le paragraphe suivant pour dénoncer cette théorie : « Est-il utile d’insister sur le caractère fortement contestable de l’affirmation selon laquelle seules les actions individuelles peuvent être qualifiées de justes ou d’injustes ? N’y a-t-il vraiment aucun devoir moral à secourir les victimes des catastrophes naturelles ? »

            Or, nous avons tous en tête l’épisode du tsunami du 26 décembre 2004. Et que faut il en retenir ? La validité de la thèse d’Hayek...

            En effet on se souvient tous que c’est le « marché » c’est a dire des individus qui ont librement décidé de contribuer à aider les victimes. On se souvient de l’importance des dons spontanés. Et on se souvient de l’impuissance et de la gabebie des « Autorités centrales » à soulager les souffrances des victimes. Cet épisode fut l’exemple même de la supériorité des initiatives individuelles, même organisées à travers des ONG, bien nommées en l’occurence pour illustrer l’incompétence des OG, Organisations Gouvernementales, lourdes, corrompues, inefficaces.

            On pourrait presque résumer cet épisode en soulignant qu’on a souvent eu l’imprssion qu’il aurait mieux valu, pour les victimes de ce tsunami, que les « Autorités centrales » n’interviennent absolument pas et laissent les initiatives individuelles réparer les dégats de cette catastrophe....

            Il est vrai que les catastrophes naturelles, par leur aspect paroxystique, illustrent finalement bien la validité d’un grand nombre de thèses d’Hayek. Il faut remercier l’auteur de l’avoir, même involontairement, souligné...


            • Rayves 23 avril 2007 19:09

              Ridicule !

              Dans les pays développés, les organismes gouvernementaux sont toujours en première ligne lorsque surgissent les catastrophes, sauf, peut-être aux USA (Louisiane ...) état ultra libéral, comme vous l’ignorez peut-être.

              A moins que vous ne considériez la Sécurité Civile ou les pompiers comme des initiatives individuelles...


            • colza 23 avril 2007 15:51

              Super, c’est bien aussi ce qu’on appelle « la loi de la jungle », là où règne le plus fort, le plus retors, le plus menteur, le plus manipulateur, le plus spécieux ??

              Le monde selon Sarko ressemblera fort au monde selon Bush.


              • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 23 avril 2007 16:46

                Ce que vous appelez la « loi de la jungle » peut aussi s’appeler la « loi de la nature », non ?

                Or dans la nature, la collaboration fonctionne à plein. (Requin et poisson pilote, anémone et poison clown, buffle et pic-buffle, l’E-coli et vous même, ... ) ce que l’on appelle la symbiose.

                Et grâce à cela, la nature progresse.

                Vous pouvez vouloir tout rasez, que rien ne dépasse. Tuez les grands arbres pour permettre au petit de se développer. Vous n’obtiendrez que le résultat inverse. En détruisant les grands, vous condamnerez les petits.


              • Policar 23 avril 2007 16:33

                Je ne comprends pas ce que veut dire Calmos. Je n’ai rien « fait enlever ». Je ne sais même pas comment j’aurais pu. S’il pouvait expliciter son message, j’en serais heureux.


                • Senatus populusque (Courouve) Courouve 23 avril 2007 16:39

                  Le message de Calmos s’adressait à frederic delmas.


                • Gazi BORAT 23 avril 2007 16:49

                  « A propos de Von Hayek.. »

                  Ce qui me dérange chez Mr Hayek et ses disciples de la société du Mont Pelerin ( Bonjour Mr Madelin, bonjour Mme Boutin..) c’est leur rejet de toute règlementation au profit d’une vague morale religieuses régulatrice.. et le fait qu’il fut une référence pour Margaret Thatcher et son ami Augusto Pinochet..

                  gAZi bORAt


                • jaï 23 avril 2007 17:05

                  A tout pouvoir il faut un contre pouvoir, c’est ainsi qu’il faut une droite qui assume sa nature libérale, tout comme les partis de gauche dans l’ensemble des pays européens ont intégré une dose de liberalisme, condition pour un véritable équilibre économique qui ne se contente pas seulement distribuer les richesses, mais également de permettre d’en créer, et surtout qui assume le tout premier droit social c’est à dire le droit à l’emploi.

                  On peut certe critiquer hayek, cependant la France le pays le plus généreux en terme redistribution on n’entend parler que d’inégalitées et d’exclusions, c’est la preuve de l’échec du systéme social et de sa spirale des dépenses en tout genres, comme de la mauvaise éducation qui fait que trop de gens sont plus regardants vis à vis de leur droit que de leur devoirs, le tout agravé par un systéme interventioniste étatique et bureaucratique favorisant la corruption ainsi que la domination d’une classe par une autre qui lui sert de vache à lait se chant dèrrière le pretexte de justice sociale, mais qui ne débouche que sur l’éparpillement de la misére engendrant également de l’exploitation dans une situation de chômage de masse.

                  Légalitarisme et la société parfaite sont une utopie, ce sont les conclusions que l’on peut tirer de la philosophie d’Hayek, et ce n’est qu’en partant de ce principe que l’on peut réfléchir au modéle d’une société qui soit la moins injuste pour la plus grande majorité des citoyens. Contrairement au socialisme qui est la croyance dans la société parfaite et qui pour se faire utilise l’impôt comme moyen pratique pour résoudre tout les problèmes, trop facile de se faire passer pour des humanistes lorsque pour cela on utilise l’argent qui n’est pas le sien, mais qui cependant entretien au sein du peuple l’illusion de la consommation gratuite trés ancrée dèsormais chez nous en France.

                  Grosso modo on repproche à Sarkozy de vouloir employer les methodes qui ont permis a Ronald Reagan de redresser les US ainsi que ce qui a permis à Tatcher de sauver l’Angleterre qui en 77 était déclarée en cessation de paiement, information habilement cachée afin que nos concitoyens ne puissent surtout pas penser que cela puisse nous arriver.


                  • Gazi BORAT 23 avril 2007 17:31

                    « la preuve de l’échec du système social.. »

                    ... un peu faible comme preuve ... Si l’on considère que les Etats-Unis d’Amérique chers à Mr Sarkozy sont actuellement le pays où se pratique la politique la plus proche du dogme hayekien, on constatera que, dans les rues des grandes métropoles on ne croise ni sans-abris, ni exclus..

                    Les contempteurs de « l’Amérique-terre-de-toutes-les-opportunités » sont aussi aveugles (ou de mauvaise foi) que les admirateurs de feu « l’Union-Soviétique-paradis-des-travailleurs ».

                    Mr Sarkozy avait déclaré lors de son passage aux USA « Je voudrais faire en sorte que chaque Américain, quand il viendra chez nous, se sente un peu plus chez lui ».

                    Voilà qui promet en termes de chiffres de la délinquance (et de l’obésité..)

                    gAZi bORAt


                  • Pompom 23 avril 2007 17:25

                    Je suis tout à fait d’accord avec la présentation que vous faîtes d’Hayek.

                    ... l’introduction et la conclusion me semble déconnecter un peu du discours et rattacher artificiellement cette doctrine à Nicolas Sarkozy :
                    - Quel est le rapport entre le propos sur la génétique et la thèse d’Hayek ? Hayek est tout sauf un déterministe ! C’est l’opposé de la théorie libérale !

                    - L’objectif du marché est la justice sociale ? Certainement pas : l’objectif du marché est ... de s’équilibrer ! C’est tout. Ne demandons pas plus au marché que ce pourquoi il est destiné (en quelque sorte).


                    • Jean Lasson 23 avril 2007 17:32

                      En lisant certains commentaires, je repense à la crise de 1929. Belle illustration de l’efficacité économique de cette idéologie du laisser-faire ! Et je repense à la façon dont l’Amérique est sortie du marasme : par une politique de grands travaux commandés par l’Etat...

                      Sur un plan plus fondamental, ce libéralisme cherche tout bonnement à nier un des aspects importants de la nature humaine : L’Homme, comme tous les grands singes, est un animal social. Cette qualité a assuré sa victoire sur les autres animaux. L’empathie, dont l’apprentissage fait partie intégrante du développement de l’Enfant, n’existe pas sans raison.

                      Une autre caractéristique de l’Homme est qu’il cherche toujours à maximiser son confort matériel et spirituel. L’enrichissement sans réelle cause engendre une certaine gêne, une certaine culpabilité chez ceux qui en profitent. Une théorie qui le justifierait serait donc plus que bienvenue...

                      Prêter à Sarkozy une authentique pensée économique consciente me paraît amèrement comique, vu l’inculture du personnage. Il défend simplement les intérêts de sa classe.


                      • Dedal 23 avril 2007 17:55

                        Apparemment vous connaissez bien Keynes et Hayek mais ne voulez pas donner l’ensemble des éléments qui permettraient aux lecteurs de juger. Les deux hommes étaient amis et Hayek a toujours regretté que son amitié l’ait empèché de critiquer les théories de son confrère au moment où elles ont été utilisées. S’était pourtant facile : la dette augmentait et la création d’emploi était artificielle et susceptible de s’effondrer à chaque instant. Et puis Pearl Harbor est passée par là, dans le nouveau monde post WWII le New Deal n’avait plus de raison d’être et Keynes n’a été réfuté qu’à partir du moment où les ralentissements de l’économie américaine rendait difficile la victoire contre l’URSS.

                        Quant à la France, sa tradition jacobine en faisait une terre idéale pour la propagation des idées keynésiennes et des institutions comme l’ENA avaient tout intérét à promouvoir l’étatisme constructiviste pour donner une légitimité au pouvoir de ses hauts fonctionnaires. Promotion fortement relayé par l’éducation nationale, et tout ça malgré les réfutations des théories keynésiennes par les néo-classiques. D’où la difficulté que nous avons aujourd’hui à faire entendre des auteurs majeurs comme Hayek.


                      • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 23 avril 2007 18:39

                        @ Jean Lasson

                        Comme l’a démontré Friedman, la crise de 29 est dû au Keynesianisme de l’époque, sûrement pas au « laisser faire ».

                        [le libéralisme cherche tout bonnement à nier un des aspects importants de la nature humaine : L’Homme est un animal social.]

                        Je suis à la fois d’accord et pas d’accord avec vous : Oui, l’homme est un animal social.

                        Mais il s’est humanisé, le jour ou il a pris conscience de son individualité. D’ailleurs, déjà les grands singes ont une conscience individuelle. Mais l’homme à montré sa supériorité dans sa capacité à échanger. C’est surement une des qualité humaine qui le distingue le plus de l’animal (même des singes). Or qu’est-ce que l’échange sinon le marché. En revanche, les fourmis ont un système social organisé parfaitement solidaire est dans lequel le groupe est tout et l’individu rien.

                        J’en conclus que l’homme s’est séparé du grand singe en devenant libéral, c’est à dire en échangeant avec ses confrères. De là a découlé la culture qui est en partie la mémoire de l’échange (écriture, mathématiques, ...).


                      • Jean Lasson 23 avril 2007 20:23

                        « J’en conclus que l’homme s’est séparé du grand singe en devenant libéral, »

                        Je conserve votre citation, qui m’a fait hurler de rire (ce n’est pas du second degré au moins ?) Pour exprimer à quel point j’apprécie votre analyse, il faut que je précise qu’elle ressemble, trait pour trait, à la « Dialectique de la nature » d’Engels. Je suis sûr que l’analogie vous fera plaisir.

                        Poussée à ce paroxysme, l’idéologie devient une religion.


                      • Gazi BORAT 24 avril 2007 13:47

                        @ jesuisunhommelibre

                        « ..L’homme s’est humanisé, le jour ou il a pris conscience de son individualité.. »

                        Quelque chose ne « colle » pas dans votre apologie de l’individualisme et que l’on retrouve dans toutes les justifications « philosophiques » du libéralisme économique.

                        Cet individualisme est aussi celui du délinquant, qui s’affranchit des règles communes pour la plus pure satisfaction de son égoïsme.

                        La civilisation a été une longue marche vers l’abolition de la loi du plus fort. Le libéralisme effréné nous y ramène inexorablement..

                        gAZi bORAt


                      • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 24 avril 2007 19:15

                        @ Gazi Bora

                        Relisez la déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 (qui est la « Table de la Loi » des libéraux), et vous aurez une réponse à votre observation concernant :

                        1 L’individu (appelé Homme ou Citoyen) dont l’unique mission de l’Etat est de préserver ses droits imprescriptibles.

                        2 De la délinquance qui est hors la loi, et ne respecte pas la liberté et la propriété des autres.


                      • Gazi BORAT 25 avril 2007 08:55

                        @ jesuisunhommelibre

                        Délinquance et lois..

                        Le délinquant est une personne qui se place en dehors des lois, soit..

                        Le libéralisme vise à l’allégement maximum des règlementations au profit d’un respect absolu de deux concepts moraux, et d’une définition propice aux interprétations multiples : la propriété et la liberté..

                        Qu’en est-il dans la réalité ?

                        Des hommes érigés en modèle par ce système de pensée, les grandes fortunes historiques de la révolution industrielle : Morgan, Rockefeller, Carnegie furent à juste titre surnommés par certains historiens « baron robbers » par leur manque de scrupules dans l’utilisation de moyens tenant du gangsterisme (ententes illicites, violence contre la concurrence, corruption, détournements d’aides fédérales, etc..) et par d’autres comme des capitalistes exemplaires, hommes de risques et de défis, qui surent quand il le fallait s’affranchir de reglementations liberticides..

                        On constate aussi que, ce système libéral étant hostile à toute règlementation peut accoucher d’une pléthore de lois qui n’ont pour but, non d’encourager un dynamisme général, mais de le bloquer au profit de ceux qui, grâce aux pratiques de lobbying, ont le pouvoir d’agir sur les institutions collectives.

                        Pour preuve : le transport de véhicules à l’intérieur des USA. Chaque état a défini indépendamment des détails tels que :

                        - Longueur totale tracteur + remorques
                        - Nombre de véhicules transportés autorisés par ensemble routier.
                        - Etc..

                        Tout en instituant des taxes rédhibitoires en cas de dépassement de ces critères.. Dans quel but ? Dans une lutte sans merci (la libre concurrence) entre compagnies locales de chemins de fer et transporteurs routiers pour rendre non rentable le recours à l’une où l’autre des solutions de transports.

                        D’où le sempiternel recours à l’arbitrage des tribunaux pour règler les conflits commerciaux et à des blocages administratifs qui finissent par générer les mêmes effets pervers que la pire des bureaucraties soviétiques..

                        Le libéralisme à tout crins aboutit régulièrement aux blocages et à l’anarchie et finalement au recours à une instance régulatrice..

                        gAZi bORAt


                      • NoBody 11 mai 2007 08:39

                        « ..L’homme s’est humanisé, le jour ou il a pris conscience de son individualité.. »

                        Détenez vous aussi le livre du « parler creux » ?

                        Vos porpos reposes sur des affirmations ... douteuses


                      • NoBody 11 mai 2007 08:47

                        « L’Homme, comme tous les grands singes, est un animal social. Cette qualité a assuré sa victoire sur les autres animaux »

                        quelle honte, quel égo, quel classement de supériorité !!

                        votre « victoire » sur les autres animaux mettraient ils ceux ci sur le simple fait qu’ils ne disposent d’aucune nature empathique, sociable, et sociale ?

                        on fait feu de propos de nature à tendre vers l’eugénisme, popos de NS, et je ne lis que des affirmations douteuses ...

                        vos esprits sont si vaniteux qu’ils en oublient que l’humanité s’étend au delà de votre personne et de ceux qui vous ressemble et par la même, laissez les grands singes le droit de se distinguer de vous ou alors ... une motion pour leur ouvrir le droit de vote aux prochaines élections représentatives de votre parti ...


                      • jaï 23 avril 2007 18:20

                        «  »«  »Voilà qui promet en termes de chiffres de la délinquance (et de l’obésité..«  »"

                        L’obésité et la déliquance n’ont pas attendu Nicolas Sarkozy, nous avons déjà plus de crimes et délit que les US, et ce n’est rien comparé à la prochaine vague de violence qui se profile à l’avenir et compte tenu des statistiques élevées et de l’évolution du commerce parralléle.

                        Quant à ceux qui critiquent Hayek ils sont peu nombreux à ouvrir les yeux et à regarder autour de afin d’analyser à travers les centres commerciaux et les galerie marchandes, de comment et au tour de qui est concentrée l’économie française, ils se rendraient compte de comment la France est dirrigée de la forme ultra-liberaliste la plus crasse, de la part même de ceux qui le prétendent le combattre, droite et gauche confondus, mais qui par dèrrière s’evertuent à truster l’économie et devellopper les monopoles.


                        • Gazi BORAT 24 avril 2007 07:41

                          « nous avons déjà plus de crimes et délit que les US... »

                          C’est une plaisanterie ?

                          Amusez-vous à mettre en parallèle le nombre d’homicides annuels par hazbitants en France et aux Etats-Unis et aussi les bilans des émeutes du 93 et de Los Angeles..

                          Et tout cela malgré une politique sécuritaire américaine bien rôdée..

                          gAZi bORAt


                        • silversamourai silversamourai 23 avril 2007 18:32

                          j’ai l’impression que ce Mr Hayèk est un pur économiste:il modélise l’individu d’un seul trait de crayon alors que 5000ans de littérature n’ont pas épuisés le sujet !ça veut peut-être dire pour lui que l’homme est réductible à UNE fonction...UN cadre...et qu’un vil tripatouillage de pognon lui révèlera SA place... Je ne le sent pas bon ce Mr Hayek..


                          • Allienor 23 avril 2007 18:44

                            hum ca fait longtemps qu’on a dépassé ca ... la loi du plus fort c’est dans les sociétés primaires ! soignons plus évolué que ca


                            • todoynada 23 avril 2007 19:29

                              Merci pour cet article intéressant : éclairage d’un positionnement politique par la mise en relation avec un corpus d’idées.

                              Quand au débat dans les commentaires, ce qui me parait intéressant est que le fond dudit débat est en fait philosophique et non pas économique : quelles hiérachies et quelles articulations établir entre les différents aspects de la société humaine ? quelles valeurs privilégier ?

                              Ceux qui balaient les tendances à la solidarité, aux actes non égoïstes comme des survivances passéistes et/ou des idéalismes naïfs font je pense une erreur tout simplement énorme ; ces tendances profondes et permanentes des sociétés et individus humain(e)s sont un fait anthropologique incontournable, autant que le sont les tendances à l’individualisme et au profit égoïste. Les deux sont des faits sociaux, institués et instituants (créés et créateurs - voir Castoriadis pour ceux que ça intéresse)indispensables à la survie des sociétés humaines. Que tout les thuriféraires du marché roi et du fondement égoïste de toute action humaine s’interrogent : sans l’amour gratuit des parents pour les enfants, des conjoint(e)s l’un pour l’aute, sans l’abnégation et le sens du devoir des résistants, militants et autres idéalistes, où seraient ils aujourd’hui ?? ils ne seraient PAS, tout simplement...

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