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L’opinion

« Une des erreurs de notre temps est de vouloir recomposer avec ce qui doit mourir. On aura beau peindre en vert toutes les feuilles jaunies du mois de Novembre, on ne refera pas l’été, et elles tomberont, de toute façon, quand viendra la grande brise. »

Il paraîtra essentiel dès lors de revenir aux fondamentaux car s’en étant tellement éloignés, nous ne saurions plus retrouver la route qui doit nous y mener. Tout au long de ces dernières décennies où nous croyions, malgré tout, en la valeur politique de nos élus, nous ne nous sommes pas aperçus qu’eux même avaient perdu le contrôle de la navette.

L’heure n’est cependant plus au blâme car le peuple est magnanime et ayant l’intuition de ce qui est bon pour lui, pour ses enfants et pour ses vieillards, c’est déjà vers l’avenir que ses yeux se sont tournés. Il n’est pas pressé, il n’aspire pas aux promptes révolutions qui sont l’œuvre des plus démunis car il sait trop bien que l’urgence que génère l’agitation installe les mauvais élèves aux bonnes places.

Bien au contraire, laissons paisiblement ce corps malade s’essouffler. Accompagnons le comme le patriarche qui s’en va et avec le respect que nous devons à tous ceux qui y ont cru… Remercions le de nous offrir de nouvelles perspectives…

 

Nous venons d’élire nos députés pour cinq années. Et un bref regard sur l’assemblée devrait nous réjouir ou du moins porter une lueur d’espoir au milieu du sombre tableau que nous dépeint jour après jour la presse de tout bord…Le poste de député, à 40 % occupé par des enseignants, des journalistes, des médecins, des magistrats, des hommes et des femmes qui donc par l’exigence de leur ancienne ou actuelle profession, portent ce regard giratoire sur la société, devrait nous satisfaire ou au pire nous rassurer. Mais pourtant le malaise subsiste. La crise de confiance est consumée et nous ne leur prêtons une attention un peu malsaine, il faut en convenir, que lorsqu’un des leurs se répand dans l’hémicycle comme sur une scène hollywoodienne. Le député n’est plus le symbole républicain autrefois respecté.

Aussi on ne comprend plus très bien pourquoi l’opinion les auréole toujours, attachée probablement au portrait glorieux que l’histoire s’est empressée de peindre tant la vertu est une qualité volatile chez l’homme. Il s’agit à présent de décrocher ce portrait pour en finir définitivement avec cette image galvaudée du député multi compétent qui du jour au lendemain, ayant vu l’eau de la rivière remontée son cour, s’est assagi comme un maître Siddharthasien. Certes toutes ces braves et courageuses personnes n’ont pas occupé leur place sur le banc par une demande sur simple formulaire et il serait tout à fait injuste de dire qu’ils ne la méritent pas. Cette place que peu d’entre nous serait prêt à essayer, est une charge lourde de responsabilité et simple à la fois. Le député doit se faire la voix du peuple. Il doit parler en son nom et respecter son opinion politique. Le principe est tellement évident qu’on n’ose même plus remettre en cause la pratique. Mais finalement, au regard des lois s’égrenant dans les quinquennats qui se succèdent comme des chevaux sur un manège de bois, l’opinion n’est pas respectée. Ou si peu…

Cette opinion, il est vrai, n’a pas bonne réputation car on la sait malléable à souhait comme une pâte molle qu’on déforme et reforme au gré des événements. Chacun d’entre nous y va de son accablant commentaire. On l’accuse de la bêtise la plus affligeante qui soit, comme si elle était responsable de tous les maux de la société et on oublie à la marge que nous en sommes tous, les artisans. Nous n’avons pas moins de pensées disqualifiantes pour nos députés quand la situation s’y prête mais dans le même intervalle, nous n’osons pas remettre en question leur légitimité…C’est de ces paradoxes que naissent notre incapacité à gravir les marches du progrès. La démocratie, nous ne l’avons jamais conquise mais nous nous comportons comme si nous la préservions de la mollesse de l’opinion et de la débauche du politique.

Finalement que préservons nous réellement ?

 

Mais si il est vrai que l’opinion n’a pas toujours été éclairée par les phares de la raison, que dit-elle néanmoins sur des sujets de petite, de moyenne ou de grande importance ?

Et bien ma foi, pas que des âneries…

Des évènements très ancrés dans la mémoire collective comme les deux guerres mondiales du siècle dernier façonnent l’opinion de façon durable. Et nul n’est besoin d’être un fin spécialiste en géopolitique pour comprendre que le peuple ne veut pas faire la guerre pour des raisons économiques, ni même pour des raisons politiques et encore moins pour des raisons religieuses. Elle ne la fera en dernier recours que si elle se sent menacée. De la même manière, l’opinion du peuple sur les enjeux environnementaux de notre siècle est claire. Elle est encline à développer les énergies propres. Voilà deux sujets sur lesquels l’opinion ne manque pas de sagesse. Et pour reprendre un terme qui est apparu au fil des nombreuses remarques, l’opinion publique est en général l’opinion du Bon sens. Or le Bon sens s’arrête là où l’opinion manque cruellement de recul, d’expérience et de connaissance. Et c’est là que cette carence ouvre la porte à tous ses détracteurs. Car sur des sujets plus immédiats comme ceux que soulèvent les biotechnologies, l’opinion est plus ou moins désarmée mais ceci dit, elle ne l’est pas plus et ni moins que l’assemblée des 577 députés dans son ensemble. Elle tâtonne, elle écoute, elle se projette et elle finira bien par petits pas successifs, étayée par son histoire et sa culture par dégager un large consensus.

Le point faible de l’opinion, nous en convenions, est sa grande capacité d’absorption. A cela, il faut ajouter une dose de naïveté, et si ils en ont les moyens, quelques hurluberlus tenteront toujours de la manipuler. Mais le subterfuge sert en général des intérêts immédiats et l’opinion ne met jamais trop longtemps avant de comprendre qu’elle s’est faite endormir.

 

Dans les démocraties qui seront celles de demain, il sera impératif de maîtriser les outils qui modèlent notre opinion. Le pouvoir médiatique que nous avons voulu libéral parce qu’il promettait aux démocrates, la liberté la plus propice à sa pensée, a été insidieusement détourné. Or c’est lui et presque lui seul à présent qui façonne l’opinion et il convient, au regard des fortunes qui dirigent la presse, les chaînes, Internet et les radios, de restituer ce pouvoir au peuple. Car il est l’instrument indispensable dont il a besoin pour produire une opinion juste.

C’est nécessairement ce qui se passe quand un pouvoir verse dans l’extrême. On cherchera à en corriger l’excès par un autre.

Evidemment et c’est tout le jeu de l’équilibriste, le média libre doit rester le pilier essentiel de la démocratie pour justement garantir la pluralité des débats. Pluralité sans laquelle il ne jouera que très mal son rôle de quatrième pouvoir…

Pour appliquer tout ce beau discours, il conviendrait dès lors, d’instituer de nouveaux cadres et sous la forme du questionnement, je ne citerai que le plus fidèle au Bon sens que nous est si propre, et qui pourtant se heurte à l’impuissance la plus inertique. Peut-on continuer à laisser la Grande Presse aux mains de ceux qui détiennent les plus grosses fortunes ? N’y a-t-il pas là quelque chose d’antinomique dans notre démocratie ?

Il est clair que sur des questions de ce genre pour lesquels l’opinion aurait vite fait de statuer, les sénateurs et les députés de notre cinquième république ne légifèreront probablement jamais. Non pas parce qu’ils sont hermétiques à l’opinion mais parce qu’ils sont aussi impuissants qu’elle ne l’est. Si nos députés étaient réellement mandatés pour faire entendre la voix du peuple dans l’hémicycle, alors sur de nombreux sujets, la société aurait fait un bond de géant dans le futur. L’énergie et l’environnement, l’agriculture et l’élevage, les villes et les provinces, l’éducation et la formation, la dette publique et la crise européenne, la politique migratoire et ses enjeux, la politique extérieure et puis le récent conflit Syrien, et cætera…sont autant de thèmes auxquels tous au moins une fois, notre pensée a été confrontée. L’opinion aujourd’hui ne cautionnerait certainement pas l’intervention de la France dans le conflit Syrien. Evidemment, en prenant les guerres injustes pour exemple, l’opinion comme un seul, les condamnera et la question démocratique serait en quelque sorte vite réglée. Quand elle est partagée, l’opinion va se ranger, pour faire court, soit dans la file de gauche ou soit dans la file de droite et les partis qui s’érigeant en porte parole, auront vite fait de s’emparer de la question, de la hacher en multiples sous questions, ce qui en l’occurrence générera le débat certes mais un débat dénaturé qui confinera le plus souvent au combat spectacle et auquel l’opinion aura presque oublié le sens. Finalement l’opinion est confortée dans le sentiment que la politique est nécessairement l’affaire de quelques spécialistes.

Si dans nos veines, le sang du démocrate anime encore l’enthousiasme populaire, on se doit de désensencer nos représentants et de les faire descendre du podium sur lequel nous les avons placés. On ne leur demande pas d’avoir une opinion, mais de respecter celle la plus communément admise et ceci même si elle leur apparaît complètement inadéquate. Rien n’est plus vrai qu’avant que d’être sage, il faille avoir été longtemps libre. La démocratie avec les risques qu’elle se doit d’assumer parce qu’elle est finalement très inexpérimentée, est aussi simple qu’un oui ou qu’un non…

Comprenons que dans cette approche, nous tentons de démonter le réflexe intellectuel selon lequel nos élus sont nécessairement taillés pour voter nos lois…Un réflexe n’est jamais qu’une réponse irréfléchie à un stimulus. Dans ce cas, le stimulus communément admis - le pouvoir politique - induit automatiquement le réflexe intellectuel suivant - exige de la compétence. Or si sa mission est avant tout comme nous le précisions, de respecter la politique de l’opinion, la compétence adéquate est surtout d’être à son écoute. Ce qui est en premier lieu, une qualité avant tout humaine.

Aussi, en suivant le fil démocratique de cette logique, le multipartisme, considéré aujourd’hui comme le poumon du débat, ne serait-il pas une illusion dans le décor ? … une formule superflue dans une organisation politique qui donnerait au peuple les moyens de sa propre gouvernance ? Dans un système où les médias, pour peu qu’ils soient la propriété du peuple, auraient pour mission exclusivement humaine de réduire l’écart entre les intelligences et où les députés seraient câblés directement à l’opinion, les partis deviendraient automatiquement des organes vides, inopérants, désuets…

 

Les passages en italique sont extraits d’un article sur la liberté de la presse d’Ali Namic 

 


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21 réactions à cet article    


  • alinea Alinea 26 juillet 2012 14:52

    je vous suis bien, Victoria ; cela mériterait une vraie discussion difficile à tenir dans l’espace d’un post !
    L’opinion est, vous le dites, mais peut-être pas assez, extrêmement malléable ; et j’ai bien peur que ceux d’entre nous qui se sentent la fibre politicienne, n’aient qu’un désir : la manipuler.
    En ce cas, seuls les médias pourraient tempérer, s’ils étaient libres ! mais on constate que, si, en théorie , on peut lire ce qu’on veut et qu’on peut trouver des analyses et même des nouvelles qui ne rentrent pas dans « la pensée unique », la motivation de rechercher ces médias-là vient bien d’une culture forgée au préalable, par je-ne-sais quelle magie ( oui, on sait, mais ça serait trop long).
    je vous rejoins tout à fait sur le bon sens du peuple, sur son pouvoir, même, qui le dépasse, et je me retrouve bien dans les textes de Orwell, et de son plus brillant défenseur actuel, Jean-Claude Michéa.
    Merci à vous Victoria


    • victoria victoria 26 juillet 2012 21:22

      Bonsoir Monsieur Schweizer


      Pour le financement, aujourd’hui les filières télévisuelle et radiophonique publiques sont financées à 75 % par la contribution à l’audiovisuel public. Le reste est financé par la publicité...
      Tant que le financement public reste majoritaire, il n’ y a pas lieu de bannir la publicité. Sur Arte ou sur France Inter par exemple, la publicité est cadrée et elle ne nous matraque pas...Le souci démocratique n’est pas un totalitarisme. Il veut juste réajuster les excès qui lui portent atteinte.
      Si un jour, les médias sont sous la cape du peuple, nous nous poserons la question du financement avec plus de précision...

      Ensuite, pour les questions professionnelles et techniques sur la presse, chacune d’entre elles mériteraient au moins un petit billet. Personnellement, je n’ai pas de réponses toutes faites. Vous semblez en connaître davantage, peut être pourriez-vous nous faire partager votre point de vue ?

    • citoyenrené citoyenrené 26 juillet 2012 17:00

      article très pertinent, et agréable à lire

      l’opinion et sa fabrique seraient au centre, en terre électives, c’est quasi certain...tout aussi certaine est une évolution nécessaire des médias

      bon rappel de la compétence d’un député :

      "Or si sa mission est avant tout comme nous le précisions, de respecter la politique de l’opinion, la compétence adéquate est surtout d’être à son écoute. Ce qui est en premier lieu, une qualité avant tout humaine"
       
      le reste de l’article mériterait aussi d’être cité, mais ce ne serait plus un commentaire


      • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 26 juillet 2012 20:03

        Bonjour,

        Je suggère à tous ceux qui lisent cet article de voir, ou revoir, ce très vieux documentaire de la Télévision Suisse Romande — en se débarrassant au préalable de toute idée préconçue.

        http://www.rts.ch/emissions/temps-present/1285730-la-television-sovietique.html

        Il y a là du grain à moudre.


        • victoria victoria 26 juillet 2012 21:59

          La conclusion peut paraître un peu troublante. L’idée selon laquelle une société organiserait ses propres débats lui a logiquement faite place. L’analogie a sans doute forcé le trait...



        • latortue latortue 27 juillet 2012 07:09

          tant que la proportionnelle ne sera pas en place le parlement ne représentera que lui même, pas le peuple Français dans son ensemble ,vous savez aussi bien que moi que tout ça est manipulé par les découpages électoraux et autres petites subtilités politiques, il est ou le peuple la dedans ???
          ne parlons pas des médias qui ne diffusent l’information qu’a dose homéopathique et surtout très orienté même sur ce journal soit disant libre , seul passe ce qui plait a ceux qui publient le plus et qui sont aussi les censeurs .nous vivons dans une demie liberté toute relative nos limites sont bien là imaginaires mais bien là .la cocote minute est bien intelligemment maintenu a une pression admissible et si un risque survient la soupape est ouverte mais juste le temps qu’il faut ,ce genre de site en est un exemple éloquent le fait de pouvoir dire certaine choses de nous exprimer nous fait croire que nous sommes libre mais essayez donc de franchir la ligne et vous verrez ou elle est votre liberté .
          bonne journée a toutes et a tous .


          • JL JL 27 juillet 2012 09:34

            Bonjour,

            je suis bien entendu d’accord avec cette présentation.

            Mais ! Vous écrivez, par exemple : "Peut-on continuer à laisser la Grande Presse aux mains de ceux qui détiennent les plus grosses fortunes ? N’y a-t-il pas là quelque chose d’antinomique dans notre démocratie ?« 

            Le pouvoir oligarchique tient sur peu de choses, mais le contrôle de l’opinion en est l’arme la plus efficace : ce contrôle est aux démocraties occidentales ce que la police et l’armée sont aux dictateurs.

            « Au sein d’une société, la démocratie n’est possible que si une dictature est au pouvoir » (Anatoli Tchoubaïs, ministre des privatisations d’Eltsine, cité par Naomi Klein, p 282, La stratégie du choc) : la dictature au pouvoir en Occident c’est la dictature des grands médias.

            Concluons par cette citation si bien connue de Goebbels : »« Les médias doivent donner une image d’apparente diversité, pour cacher une réelle uniformité »

            Cette uniformité, c’est la pensée unique néolibérale qui fait dire à des gens comme Alexandre Adler que la Chine est une démocratie mais non pas le Venezuela !


            • cevennevive cevennevive 27 juillet 2012 10:06

              Bonjour Victoria et tous,

              Très bon papier Victoria !

              Personnellement j’ajouterais à la dictature des grands médias, la dictature des grands partis...

              Si l’on est de droite, il faut penser ainsi, adhérer à tous les concepts de la droite.

              Si notre coeur et notre esprit sont plutôt à gauche, il faut applaudir à tout, même ce qui nous paraît insensé et dangereux...

              Alors, où est la démocratie si la pensée est orientée, dans les moindres détails, par les lignes d’un parti ?

              Où se situe la réflexion indispensable si l’on doit adhérer à la pensée unique émanant d’un côté ou de l’autre ?

              Cette dichotomie me chagrine...

              Cordialement.


              • JL JL 27 juillet 2012 10:35

                @ Cevennevive :

                « ne pas confondre pas la lutte contre la « pauvreté » (thème de droite) et la lutte contre les « inégalités » (impératif de gauche). On peut réduire la pauvreté en accroissant les inégalités. C’est même cela l’astuce. »

                En effet, réduire la pauvreté, c’est une nécessité pour les riches, puisque « ventre affamé n’a pas d’oreilles ». Et les pauvres, au bout du compte, ça coûte cher !

                Et comment réduire la pauvreté sans réduire la richesse ? En sacrifiant les classes moyennes.

                Celui qui a compris ça a tout compris de la nuance droite vs gauche. Si un gouvernement qui se dit de gauche ne réduit pas les inégalités, alors, il n’est pas de gauche, c’est clair.


              • Jason Jason 27 juillet 2012 10:35


                Bonjour Victoria,

                J’ai lu votre papier avec plaisir. J’y apporterai quelques nuances, lesquelles, il faut le dire, feraient l’objet de développements plus amples. Mais, sur Avox, il faut nécessairement faire court.

                « le peuple ne veut pas faire la guerre pour des raisons économiques, ni même pour des raisons politiques et encore moins pour des raisons religieuses. Elle ne la fera en dernier recours que si elle se sent menacée. » En entretenant la menace véhiculée par les médias en mal de sensationnel, cette volonté se trouve ébranlée. Et il y a eu des peuples poussés au va-t-en-guerre (Allemagne nazie et autres pays fascistes ou communistes fanatisés, ou encore le Pakistan d’aujourd’hui).

                « l’opinion du peuple sur les enjeux environnementaux de notre siècle est claire. » Là, je ne suis pas d’accord. Ou alors il faut donner une définiton du peuple, point faible de votre papier. Lorsque je parle du paysan du coin et qu’il se fiche comme d’une guigne de la pollution que ses activités engendrent, de quels peuple parlez-vous ?

                « l’opinion publique est en général l’opinion du Bon sens. » Non, et l’histoire du XX ème siècle le démontre amplement.

                « Le point faible de l’opinion, nous en convenions, est sa grande capacité d’absorption. A cela, il faut ajouter une dose de naïveté, et si ils en ont les moyens, quelques hurluberlus tenteront toujours de la manipuler. Mais le subterfuge sert en général des intérêts immédiats et l’opinion ne met jamais trop longtemps avant de comprendre qu’elle s’est faite endormir. » Là aussi, c’est faux et beaucoup plus complexe que cela. Abandonnez la notion de peuple, entrez dans les détails, et tout s’éclairera. Votre peuple en question est ignorant comme une carpe. Seuls quelques-uns pensent et c’est là la grande critique faite aux démocratie depuis Alexis de Tocqueville, dont les propos sont encore d’actualité.

                Cordialement


                • JL JL 27 juillet 2012 10:56

                  @ Jason ci-dessus qui écrit :

                  « il faut donner une définition du peuple, point faible (du) papier. »

                  Ce n’est pas parce que le peuple est ignorant (de quelle ignorance parle-t-on ?) qu’il n’existe pas.

                  Si le peuple, c’est tout le monde, par définition il sait tout ; mais évidemment un individu isolé ne sait rien, ou pas grand chose.

                  Si le peuple est défini par opposition à l’oligarchie, alors en effet, il est ignorant : ignorant de la lutte des classes que les riches mènent sournoisement et sans répit contre lui.

                  J’aimerais définir le peuples par cette phrase d’Henri Michaux : « Toute une vie ne suffit pas pour désapprendre ce que naïf, soumis, tu t’es laissé mettre dans la tête - innocent ! - sans songer aux conséquences. »


                  • Soi même Soi même 27 juillet 2012 12:25

                    On reviens toujours au fondamentaux qui aidez les humains à progresser, il en a un que personne veut vivre,et pourtant il est bien salutaire. Le renoncement, quand il est bien compris non seulement clarifie la vie, il est une grande aide à concevoir ce que veut dire être libre !


                    • Jason Jason 27 juillet 2012 12:42

                      Ce qu’il y a d’embêtant avec le renoncement, on le propose toujours aux mêmes, tandis que ceux qui ne renoncent pas rigolent.

                      Si on avait renoncé depuis l’aube de l’humanité on en serait toujours à manger de la viande crue dans une grotte. Ce qui plairait sans doute à quelques-uns et n’alimenterait pas les discussions sur Avox.


                    • Soi même Soi même 28 juillet 2012 12:14

                      @ Jason, c’est comme un médicament, il faut le testé pour en juger de ces vertus thérapeutiques !
                      De toute façon, si tu renonces consciemment, cela un autre impact si cela t’est imposé !


                    • Jason Jason 27 juillet 2012 12:38

                      Bonjour JL,

                        Il n’y a pas de consensus sur la définition de peuple. C’est une définition tantôt politique, sociologique, statistique (et encore), dérivée de population, populus/plebs, et qui n’est pas la même pour un académicien ou un cordonnier. Que dire du public ? de la foule ? des gens ? des audiences ? des badauds ? etc. De même pour la nation qui fait avec le mot peuple, l’effet escompté pour les tribuns et les endormeurs.

                        C’est une notion qui me met mal à l’aise parce que trop entendue, et trop usée. Marx, plus précis, parlait de classe. Notion plus frappante et plus clairement définie. 

                        Le peuple, c’est aussi le suffrage universel, avec le cortège d’âneries qu’on entend à ce propos et les résultats de ces deux derniers siècles. Les 3,1 millions d’illettrés en France votent-ils ? On ose espérer qu’ils le font avec un bon conseiller.


                      • JL JL 27 juillet 2012 18:07

                        Bonjour Jason,

                        « Marx, plus précis, parlait de classe. »

                        Oui oui. Quand j’étais jeune, il y avait dans les wagons de la SNCF, trois classes : première, seconde, troisième. Aujourd’hui il n’y en a plus que deux : la seconde a disparu ... Voilà pourquoi on peut parler aujourd’hui de peuple.

                        Plus sérieusement : essayez svp, de relire avec un peu de recul, mon com de 10H56 ci-dessus.


                      • panpan 27 juillet 2012 14:07

                        J’ai failli m’endormir... Lénifiant à souhait


                        • victoria victoria 31 juillet 2012 00:03

                          Prudence...Remarque catalogue.


                        • Jason Jason 27 juillet 2012 19:09


                          JL,

                          Laissons les classes de la SNCF où elles sont, avec ses retards et ses tarifs aberrants.

                          La notion de classe existe encore aujourd’hui, mais surtout pour les sociologues et les statisticiens.

                          Cependant, il est une notion marxiste qui mérite notre intérêt. C’est sa notion de classe au sens économique, puis politique. Il définit ainsi le prolétaire comme celui qui ne possède pas ses outils de production. Alors, tous ceux qui ont un travail salarié sont, encore aujourd’hui, des prolétaires. Qu’on le veuille ou non. Mais avec cette constatation nouvelle : c’est le capital qui a gagné. Défaite historique.

                          Pour ma part la notion de peuple m’incommode. Trop usée. Trop racoleuse. Tout le monde s’en réclame. Peuple de droite, peuple de gauche, de la mer, des montagnes, du désert, de l’eau, des forêts, de ceci, de cela, etc. Les gouvernements ne gèrent pas des peuples, mais, aujour’hui, des catégories sociales.

                          Quant à dire, comme vous le dites, que le peuple sait tout, je dirais au contraire, qu’il ne sait rien. Cessez de lui donner sa pâtée quotidienne de petits riens, et il végète dans l’ennui.


                          • victoria victoria 28 juillet 2012 21:25

                            je publie ici une réaction suite à la diffusion vidéo d’Etienne Chouard aux rencontres de Pétrarque à Montpellier...

                            Beaucoup de réticences sur le tirage au sort des représentants...Réflexe légitime dans une société qui s’est laissée guider progressivement par la Raison au fil de ces deux cent dernières années...Les érudits, les savants, les spécialistes, les aristocrates finalement ont une crainte intellectuelle à l’égard de cette idée. Ce qui est assez révélateur...

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