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L’ultime frontière

Dans quelques semaines, vous serez en vacances au bord de la mer. Vous regarderez au large, profiterez des bienfaits de l’air marin, jouerez dans les vagues ou vous tremperez dans la douceur rafraîchissante. Pendant quelque temps, vous oublierez que la France est un pays de terriens, qui regardent la mer comme on regarde un champ : sans voir ce qui se cache sous la surface. Or, cet invisible est miraculeux, pour autant qu’on s’en préoccupe.

Savez-vous que, sous cette surface, se cachent quelques dizaines de millions d’espèces animales inconnues ? Que l’essentiel du gaz carbonique que nous rejetons est stocké dans les grands fonds ? Imaginez-vous que, dans les profondeurs, se trouvent peut-être des solutions contre les maladies les plus violentes ? Un laboratoire de Roscoff, en Bretagne, est en train de développer un plasma sanguin utilisable par l’homme, à partir des molécules issues d’un lombric. Des bactéries des grands fonds permettent aujourd’hui de faire des polymères biodégradables. Et le requin, ce poisson globalement inoffensif (une dizaine d’espèces potentiellement dangereuses sur près de 400), dissimule peut-être un remède contre le cancer, cette maladie qui ne le touche jamais.

Des exemples de ce type, je pourrais en lister à l’infini. J’évoquerai la lutte contre l’effet de serre, quand les océans, avec les vagues, la houle, les courants et les différences de température entre les couches d’eau, recèlent assez d’énergie pour alimenter proprement toute la planète. Je raconterai les espèces qui, à plusieurs kilomètres sous la surface, vivent sans lumière ni, surtout, oxygène. J’évoquerai la pêche, le transport, mais aussi le tourisme et les loisirs nautiques, en disant que 60% de la population mondiale vit sur la frange littorale. Et je conclurai en soulignant que si douze hommes ont marché sur la Lune, seulement deux, en 1958, ont aperçu les tréfonds de l’océan à presque -11 000 mètres.

Pourquoi dire tout cela ? Pour ne pas oublier l’importance des océans, mais aussi leur fragilité. Et pour rappeler que presque tout ce que nous rejetons finit par toucher les océans. Des poubelles jonchent le fond de la Méditerranée pendant que les coureurs au large ramassent des sacs plastique au milieu de l’Atlantique. Les grands mammifères marins tombent malades à cause du pétrole ou de nos rejets chimiques. La qualité de l’eau, atteinte par nos rejets domestiques et industriels, affecte les coquillages et les mollusques.

Si, cet été, vos vacances sont un peu gâchées par les algues vertes envahissantes ou une intoxication due à des coquillages impropres à la consommation, pensez bien que c’est, aussi un peu à cause de vous. Les océans sont notre ultime frontière. Un monde extraordinaire à découvrir pour s’en émerveiller, et en profiter. A condition, avant tout, de le respecter. Si, cet été, vos vacances sont un peu gâchées par les algues vertes envahissantes, pensez bien que c’est un peu à cause de vous.


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1 réactions à cet article    


  • nico 15 juin 2005 11:34

    Existent-ils des travaux sur ce que les océans pourraient nous apporter si l’investissement dans la recherche océanographique au sens vaste (marées, volcanologie, biologie, écologie...) était encouragé ? Aussi, que sont les moyens de la recherche sur les océans par rapport à celle touchant à l’espace ? Quelqu’un a des réponses ? Des pointeurs ?

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