Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > La démocratie locale à l’heure d’internet !

La démocratie locale à l’heure d’internet !

A Puteaux (Hauts-de-Seine), les habitants sont appelés à construire leur propre projet pour les élections municipales de mars 2008.

Les derniers scrutins électoraux ont montré la forte aspiration des citoyens à refuser le fait que la démocratie ne soit organisée qu’au sein des appareils politiques. Les Français ont rappelé les responsables politiques à leurs devoirs : ils veulent être entendus, écoutés et respectés.

Parmi les différentes élections, les Français en affectionnent deux tout particulièrement :

- Le scrutin présidentiel, car il conduit à désigner celui ou celle qui conduira la France pendant cinq ans, et entrainera dans son sillage l’élection d’une Assemblée nationale qui décidera des politiques menées durant toute la période de son mandat ;

- Et l’élection municipale, car pour tous les Français elle représente le premier échelon de notre système démocratique. Elle amène à désigner une équipe dont l’action aura des conséquences sur leur vie quotidienne. Le conseil municipal a une influence directe sur leur logement, sur l’éducation de leurs enfants, sur leur sûreté ou leur cadre de vie. Elle permet enfin de voter en faveur de personnalités locales - amis ou voisins -, et chacun sait que les maires ruraux sont souvent les élus les plus discrets, mais les plus appréciés. Cette élection se déroulera en mars 2008.

A Puteaux : la campagne et la construction du projet ont déjà débuté ! Christophe Grébert, 38 ans, créateur du blog http://www.monputeaux.com, a en effet annoncé sa candidature à l’élection municipale. Ce blogueur offre chaque jour une information précise et détaillée sur la vie de cette commune de 42.000 habitants située dans les Hauts-de-Seine. Le principe de son blog, purement local, l’amène à présenter chaque jour les malheurs et les bonheurs de cette ville considérée comme l’une des plus riches de France.

Qui, mieux que des citoyens qui vivent et travaillent dans une communes, est le mieux habilité à exprimer leurs besoins et leurs attentes vis-à-vis de leur municipalité ? C’est sur cette logique que Christophe Grébert s’est lancé dans la bataille en offrant la possibilité à ses concitoyens de construire leur propre projet municipal, en les associant et en les impliquant dans la construction de la future « maison commune  » de tous les Putéoliens.

Si la démocratie dite « participative » a montré ses lacunes sur la rédaction d’un projet national, elle s’impose beaucoup plus naturellement à celle d’un projet local. Cette idée a germé dans l’esprit de beaucoup de citoyens à travers la France. De nombreux projets sont en gestation.

A Puteaux, ce n’est plus une idée, c’est un fait ! A travers le blog http://www.puteaux.org, que nous lançons aujourd’hui, débute une grande aventure : un projet de citoyens, construit par et pour tous les citoyens d’une ville. Autour de ce concept presque original - tant il a été volontairement abandonné par les appareils politiques -, nous avons souhaité articuler ce projet autour de certains devoirs essentiels qui touchent les aspirations locales des habitants.

DEVOIR DE TRANSPARENCE : Lorsqu’on invite les citoyens à s’engager et à participer à la rédaction d’un projet collectif, il n’est pas concevable d’avancer masqué. Les habitants ont le droit de connaître les noms et les visages de celles et ceux qui utiliseront leurs idées pour proposer un projet collectif.

Ainsi, Christophe Grébert, qui s’est porté candidat,est devenu le « scribe de chantier » de ce projet. Régis Sada, son directeur de campagne, est le « scribe des travaux » ! Des liens permettent aux participants d’être dirigés vers leurs blogs respectifs, permettant à toutes et à tous de connaître ceux qui invitent à ce grand débat.

Dans le même temps, les Putéoliens qui apportent leurs contributions ne doivent pas craindre d’exprimer leur opinion ou leurs idées dans la transparence. Ils contribuent ainsi aux yeux de leurs voisins et amis à la construction d’un projet qui s’appliquera à tous. S’il est utile de préciser que les usages républicains ne sont pas toujours très bien appliqués à Puteaux, nous veillons à ce que les intervenants puissent le faire sans risquer de suites fâcheuses. C’est à cette seule exception que les pseudos - d’usage sur le Net - sont tolérés sur un blog participatif.

DEVOIR DE MODÉRATION  : Un projet collectif oblige les intervenants à rester mesurés dans leurs propos. http://www.puteaux.org n’est pas un forum. Si la forme du « chantier » a été retenue comme armature du projet, celui-ci vise à construire et non à détruire. C’est ce devoir de modération qui nous oblige à différer la publication des commentaires en rappelant aux utilisateurs qu’ils peuvent parler sans le savoir à leur voisin de palier ! C’est également l’assurance de conserver un climat serein et propice sur cet outil, tout en permettant à tous les habitants de confronter leurs idées dans le respect et la diversité.

DEVOIR D’INTERET PUBLIC : L’une des caractéristiques de Puteaux est de faire se côtoyer des habitants très divers (toutes les populations, toutes les classes d’âges et socioprofessionnelles...), de faire coexister les plus grandes richesses avec les plus grandes disparités : le quartier d’affaires de la Défense est à 60 % sur le territoire de notre commune, alors que le commerce de proximité et l’industrie sont en voie de paupérisation, et d’être mitoyenne avec Neuilly-sur-Seine et Nanterre, dont les habitants ne sont pas vraiment semblables. Le devoir d’intérêt public, c’est de laisser les habitants de la ville s’exprimer tout en ouvrant le débat à nos voisins et aux salariés qui ne vivent pas à Puteaux, mais qui y travaillent chaque jour (150.000 salariés à la Défense). C’est un cumul d’expériences, d’intelligences et de compétences.

LA FUTURE MAISON COMMUNE :

Puteaux connaît un climat difficile. Les combats chez nous ne se mènent pas dans la rue, mais sur le Net ! C’est une autre caractéristique de notre cité qui dispose d’une kyrielle de sites, de blogs et de forums parmi les plus divers et variés. Vouloir réconcilier les uns aux autres sera une tâche ardue, mais peut s’opérer autour de la grande « maison commune » que nous souhaitons construire. Et une construction amène donc un... chantier !

Sur ce schéma, la structure s’opère donc de la manière suivante :

- Les scribes organisent et répartissent les travaux ;

- Les habitants se transforment en futurs colocataires ;

- Les villes voisines et le site de la Défense sont les autres maisons du quartier ;

- Les valeurs, les principes et les spécificités de la ville deviennent les fondations de la maison ;

- Les attributions directes de la commune sont présentées comme des « pièces » modifiables et modulables en fonction de l’attrait des citoyens : modifiables (symbolisé par le choix des meubles et de la couleur des papiers peints) car une attribution (Ecologie, Finances, Démocratie....) doit-être traitée sous tous ses aspects (ex. pour la pièce Démocratie : l’action des élus, les devoirs de la municipalité, la voix des citoyens....), modulables (symbolisé par sa position dans l’architecture finale de la maison) car plus une pièce reçoit de contributions, plus elle monte dans les étages. Ainsi, les attentes des habitants sont confrontées au fait de leur donner un caractère prioritaire qui incombera à la politique développée par la future municipalité.

Un projet collectif et participatif doit être mené de bout en bout, d’où le rôle des deux scribes et du reste de l’équipe. Si chacun joue un rôle important, l’objectif de construire un projet global qui touche à la fois toutes les attributions dévolues à la commune, et qui doit refléter la diversité des habitants, reste la priorité absolue.

Un travail en commun impose un lourd travail de regroupement et de synthèse, et une obligation de tenir une ligne rédactionnelle. Le but final reste de construire un véritable projet crédible et moderne, transformant une forme de brainstorming géant en encyclopédie des besoins, des attentes et des engagements. Les citoyens sont les bâtisseurs de ce chantier. Leur rôle ne s’arrête pas à livrer simplement leurs idées, leurs besoins ou leurs envies. Ils peuvent, s’ils le souhaitent, poursuivre leur tâche en assurant eux-mêmes le travail de synthèse.

Outre l’aspect ludique et coloré, nous misons sur les aspects de travail en commun et de notion civique. Souhaiter que les gens se parlent, s’écoutent, s’instruisent, se contredisent et finissent par apprendre à vivre ensemble ne devrait pas rencontrer trop d’hostilité au moment où la société dans laquelle nous vivons présente des faiblesses évidentes sur les points évoqués.

ET AU FINAL ?

Ce chantier s’achèvera en 2008 avec l’élection municipale. La maison commune sera construite sur des bases solides, puisqu’elle sera portée par les citoyens de la ville. Le regroupement des informations et le travail de synthèse auront permis de mettre en évidence le projet de citoyens putéoliens, construit par et pour tous les citoyens putéoliens.

Nous rentrerons dans la dernière phase, la plus importante mais aussi la plus difficile : les contributeurs, les scribes et tous ceux qui voudront s’y associer iront présenter le fruit de ce travail collectif à leurs voisins, leurs amis et devant leurs familles. L’architecture de la future « maison commune » sera déterminée et sa construction définitive dépendra alors, et seulement à ce moment précis, de la volonté des Putéoliennes et des Putéoliens de la voir s’ériger et s’exercer dans les six années qui suivront.

Pour porter ce projet, une liste sera constituée. Elle prendra une forme logique basée sur les souhaits, les intelligences, les compétences et les diversités qui ne manquent pas dans notre ville. Une équipe et un projet de citoyens qui aspireront alors à refléter Puteaux dans toutes ses qualités.

La maison Puteaux 2008 sera belle puisque construite sur de solides fondations. Ce n’est pour l’instant qu’un plan sur du papier qui augure un joli chantier ! C’est pour cela qu’il revient aujourd’hui aux habitants de notre ville de s’emparer de leurs pelles et de leurs pioches pour bâtir leur ville à vivre... Inventivité, ingéniosité et audace seront les fils rouges de cette petite entreprise !

Régis SADA

Directeur de campagne de Christophe Grébert, candidat à l’élection municipale de Puteaux


Moyenne des avis sur cet article :  3.5/5   (8 votes)




Réagissez à l'article

2 réactions à cet article    


  • non666 non666 18 juin 2007 13:59

    Puteaux, ce n’est pas la ville ou le père et la fille se battent pour garder leur fief dans l’heritage familial ?

    Derriere Puteaux , il n’y a pas beaucoup d’habitants, mais il y a beaucoup d’argent...

    Puteaux, c’est le controle indirect sur l’EPAD, l’argent des entreprises qui siègent a la defense....

    Il m’etonnerait beaucoup que l’Ordre ne soit pas restauré pour continuer a alimenter l’UMP.

    Après tout, depuis que le RPR a perdu la mairie de Paris, le 92 est devenu la nouvelle vache a lait et a corruption des racailles journalistes chargés de monter en notoriété les candidats des bons partis...


    • dom y loulou dom 28 juillet 2007 12:31

      intéressant.

      mais « monter » en sixième aurait été plus simple. Enfin...

      ou est le moDem sur lequel tant on craché ? Comment se fait-il, alors que c’est le seul parti à vouloir réellement bonifier la démocratie, dans cette commission sur les institutions ? Personne ne s’en étonne ? smiley

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès