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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > La facilité nous tue

La facilité nous tue

Inondés d’informations, de conseils, de suggestions, nous cherchons notre chemin comme nous le pouvons. Nous croyons choisir, mais Big Brother veille sur nous...

Quel est le sens de tout ça ? Suivre le sens du courant, descendre en suivant la pente naturelle des choses, se laisser vivre, se laisser porter par les événements, ne pas se poser de questions, profiter de ce que l’on a, sans chercher à avoir l’impossible...

Et le sens ? Vers où va-t-on, quand on avance les yeux fermés, suivant la pente de la facilité ?

Il y a toujours eu des personnes à l’esprit petit et conformiste, satisfaits de leur seule adhésion aux règles du groupe auquel ils appartenaient, épanouis par la limite de leur ambition, effrayés par l’éclat d’autres possibles, sur lesquels ils refermaient bien vite les paupières, leur laissant parfois habiter leurs rêves cachés et leurs condamnations collectives...

Mais où êtes-vous, vous, les autres, ceux qui pensent, hésitent, se trompent, avancent ? Est-ce que la world company a eu raison de vous ? Qui choisit la peur et la liberté ? Qui choisit la révolte et la vérité ? Qui se fout de l’opinion publique et de l’audimat ?

Qui aime la difficulté ?

Nous sommes englués dans un confort qui nous étouffe, une gangue poisseuse qui colle nos pensées autonomes comme du papier tue-mouche. Le déversement pluri-quotidien de nouveaux slogans qui prétendent être des « nouvelles », nous salit l’oreille et l’entendement. La télé et internet sont en train d’avoir notre peau psychique.

Au secours !

Le propre d’un discours pervers, c’est d’amener l’autre à réagir en partant du postulat énoncé par le pervers, alors que ce discours est construit de telle sorte que cela va amener la « victime » à une position de déséquilibre. Donc, par exemple, nous donner des phrases comme étant des informations, alors qu’elles n’en sont pas, simples pare-feu mis là, justement pour détourner l’attention du peuple sur la réaction à cette fausse information, et le priver de sa réflexion sur les vraies nouvelles.

C’est aussi introduire dans son énoncé quelque chose qui concerne directement l’interlocuteur, à des niveaux d’implication non congruents avec le sujet de conversation officiel. Les niveaux visés sont plus archaïques, comme une référence à la sexualité, dans un discours politique, ou à l’argent que pourrait gagner directement le sujet à qui l’on parle, ou une menace implicite, et la sensation d’un danger. Ces messages ne sont pas explicites, ils sont sous-entendus dans le discours. Ils le ponctuent, et en assurent la teneur perverse, mais d’une façon occulte, car souvent ils sont en même temps contredits par des sourires, ou une familiarité chaleureuse qui ne permet pas d’authentifier l’attaque perverse.

Ces tactiques musèlent, car on perd son autonomie de penser : le fait d’être soumis en permanence à ce genre de double discours conduit à s’en remettre aux donneurs de messages. En effet, mis devant un message pervers, et tant qu’on n’en a pas explicité la malignité, on est désarçonné par les messages différents qu’ils contiennent. On ne trouve plus le sens, et on le cherche : c’est là qu’on peut se noyer... Car les attaques sous-jacentes amènent au fond à se sentir remis en question, et, pour peu que l’on ne soit pas paranoïaque, à chercher à l’intérieur de soi la solution à une discontinuité de discours, on quitte alors la position d’être soi-même un énonciateur. Sauf à devenir un répéteur...


La pauvreté de la réflexion politique actuelle, tient entre autres, à mon avis, à la multiplication des messages pervers, depuis des années, à tous les niveaux. Personne n’échappe à ce matraquage de messages subtilement faux, soigneusement choisis, préparés par une société marketing qui a envahi tous les domaines : du monde de l’entreprise, en passant par les sciences humaines, à l’école, aux partis politiques, de la télé, au monde de l’édition, partout le marketing est roi. La formule qui emprisonne les victimes inconscientes fait le lit de nos communications.

Les messages sous-jacents font appel, bien sûr, à nos bas instincts : « Jouis sans entrave », « Ne fais pas d’effort, tu peux l’éviter », « Possède, ça rend heureux », « Sois égoïste », « Ce que tu peux prendre maintenant, personne ne pourra te l’enlever », « La gentillesse est une faiblesse », « Tu peux gagner, si tu m’écoutes », « Ceux qui perdent l’ont bien voulu : si tu échoues, ce sera ta faute », « Il n’y a pas de mal à se faire du bien », « C’est toi, et pas les autres », « Ne viens pas te plaindre, après, si tu ne m’as pas écouté », « Le bonheur, c’est maintenant, tout de suite, il suffit de faire ce que je te dis : achète »... « Le bonheur, c’est maintenant, tout de suite, il suffit de faire ce que je te dis : vote »...

La perversion des messages se retrouve dans l’entreprise, où apparaît davantage son corollaire inévitable  : la disparition du sens moral. Au nom de la prééminence universelle de lois économiques, d’ailleurs non prouvées, les lois morales n’ont plus droit de cité. Qui ose dire encore de nos jours « Non, je ne ferai pas ça, c’est mal » ?

Si c’est juste (soi-disant) sur le plan économique, c’est légitime.

D’où le harcèlement moral institué sans scrupules en méthode de management.

D’où la culpabilisation des victimes : trop faibles, elles n’ont pas su s’adapter, ou alors elles l’ont cherché, comme le laisse parfois entendre une psychanalyse mal comprise.


Je voudrais, par ce texte, ouvrir une réflexion sur la communication : ceux qui pensent, ceux qui souffrent, ceux qui connaissent le mal qui ronge notre société sans savoir comment y changer quelque chose, doivent comprendre les mécanismes à l’oeuvre, et diffuser l’information. Seule la connaissance des mécanismes pervers permet de les déjouer, voire de les réduire à néant. N’avez-vous pas vu de journaliste aux prises avec tel leader politique particulièrement retors, et malmené par celui-ci, au point qu’au bout d’un moment, c’est le journaliste qui se trouve en position d’accusé et qui se défend ? Ça s’apprend, à reconnaître l’attaque perverse, et à contrer. Des livres existent, qui en parlent.

Mais il faut accepter de chercher derrière l’apparence, avoir envie de traquer la vérité, choisir le bien, plutôt que le mal.

Ne pas aimer la facilité...


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38 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 28 décembre 2007 10:34

    Votre méthode de disséquer les choses simples de la vie est quand même inquiétante.

    Pourquoi vouloir resortir ce type d’argumentation digne d’un régime soviétique qui permettait à ce régime de faire « interner » les opposants à la pensée unique.

    Surtout quand vous dites

    « Mais il faut accepter de chercher derrière l’apparence, avoir envie de traquer la vérité, choisir le bien, plutôt que le mal. »

    Qui etes vous pour savoir qui est le bien qui est le mal ?


    • Redj Redj 28 décembre 2007 11:52

      Désolé, mais je crois que c’est toi qui simplifie les choses de la vie qui obéissent pourtant à des règles complexes. En ce sens, l’article te concerne particulièrement je trouve.


    • Ceri Ceri 28 décembre 2007 13:09

      est-ce que ton neurone était parti faire un tour ?


    • LilianeBourdin 28 décembre 2007 17:26

      Est-ce que je parle de choses simples ? Pas si sûre ! J’essaie de mettre en évidence les ressorts cachés de certains mode de communication, qui ont été employés de tout temps, mais qui le sont maintenant à grande échelle, et dans presque tous les domaines. S’il y a une évolution évidente de notre société par rapport à toutes celles qui l’ont précédée, c’est bien celle de la diffusion des moyens d’information et de communication. Cela mérite de se poser la question de ce qu’on communique, et de comment on le communique. Je voulais apporter une information sur ces aspects-là, car, si la maitrise de l’information a toujours eu à voir avec le contrôle du pouvoir, cela devient de plus en plus vrai. Autant tenter de comprendre les mécanismes mis en oeuvre.


    • Zenobia Zenobia 28 décembre 2007 20:12

      Franchement lerma, vous êtes d’une sottise intarissable à toute épreuve !!!


    • jjgre 28 décembre 2007 12:49

      Toute contribution élaborée, structurée et pensée est un acte de résistance et donc d’existence ! On peut aussi réagir tous les jours en s’imposant des contraintes et d’efforts simplement pour lutter contre l’habitude et le train-train quotidien.

      Comment vivre sans inconnu devant soi. René Char

      Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde. Gandhi


      • La Taverne des Poètes 28 décembre 2007 16:20

        La finesse de l’auteur, la réaction de lerma : le choc des contrastes...


        • LilianeBourdin 28 décembre 2007 17:39

          Il y a une tentation victimaire, de nos jours. Une revendication fréquente de ce qu’on n’a pas et que l’on « devrait » avoir. Mais aussi, sur un plan individuel, une culpabilisation des victimes qui ne se seraient pas retrouvées dans cette situation-là par hasard. Et la psychanalyse peut être alors convoquée pour justifier ce renversement.


        • adeline 28 décembre 2007 17:46

          Merci Madame, article délicat bien expliqué et condensé, cela pose des questions interessantes.

          L’être humain est incroyablement compliqué.


          • Mango Mango 28 décembre 2007 18:16

            Merci pour cet excellent article. En tant que simplette de base, et pour aider ceux qui vont immanquablement trouver que « vous compliquez tout », je me permets d’apporter ma modeste contribution.

            J’ai la chance de travailler en étroite collaboration avec un pédo-psy qui m’a dit un jour :

            « la perversité, c’est simple à reconnaître : ça met les gens équilibrés mal à l’aise et ça fait jubiler les autres ».

            C’est un raccourci, je vous l’accorde, mais ça suffit au commun des mortels pour savoir à qui , ou à quoi ils ont affaire.

            En cette période de fêtes, de dépenses « incontournables » en ripailles « obligatoires », sans parler des prochains vœux présidentiels qui promettent d’être un morceau de choix, les occasions de faire le test ne manqueront pas !


            • LilianeBourdin 28 décembre 2007 18:30

              J’aime beaucoup cette formule « la perversité, c’est simple à reconnaître : ça met les gens équilibrés mal à l’aise et ça fait jubiler les autres ». Moi, je dis souvent, sur le plan individuel, que pour reconnaître un pervers, il faut se servir de la boussole du sentiment de culpabilité : un pervers ne se sent jamais coupable. Il peut se sentir furieux d’être confronté à un échec, mais coupable, jamais. En sachant cependant qu’ils peuvent très bien faire semblant... En revanche, je suis d’accord avec votre collègue : c’est à ce qu’on ressent, que l’on peut suspecter qu’il y a quelque chose qui ne va pas. C’est la déstabilisation que j’évoque dans l’article, qui se manifeste par une sorte de malaise, parfois le sentiment diffus qu’on n’a pas bien fait quelque chose.


            • LilianeBourdin 28 décembre 2007 19:17

              Votre commentaire me fait penser à quelque chose. C’est à propos du fait que nous avons tous de la perversion en nous. C’est vrai que nous avons cette potentialité, qui va s’exercer délibérément chez les pervers, et seulement s’il y a un environnement favorable, chez la majorité d’entre nous. Et jamais chez certains, trop équilibrés, ou trop « moraux ». Si l’on ne peut pas faire grand-chose pour empêcher un pervers de jouir de son talent à l’être, on peut se poser la question de l’entraînement chez le sujet lambda. C’est l’adhésion à un groupe fonctionnant de cette façon, qui peut induire une pervertisation des conduites. Comme les « tournantes » par exemple. Pris isolément, les jeunes concernés n’auraient même pas l’idée de le faire. En groupe, cela leur paraît au contraire normal, d’autant plus qu’ils s’exclueraient s’ils pensaient l’inverse. Même chose pour le harcèlement moral dans l’entreprise, qui est en général toléré, et parfois encouragé tacitement par des collègues qui ne sont pas des sadiques par ailleurs. C’est pourquoi votre réaction est intéressante : qu’est-ce qui peut empêcher cette évolution ? L’intégration dans d’autres groupes, plus ouverts, plus épanouissants, « ...réussir à construire avec les autres des relations qui soient de proposition, d’ouverture, de respect, de non-jugement ». C’est pourquoi les processus pervers essaient toujours de monter les gens les uns contre les autres (par des préférences, des confidences, des secrets, etc...) pour empêcher les relations transversales. La convivialité, la solidarité, la chaleur humaine non conditionnelle, luttent contre ses processus.


            • Frédéric BOYER Frédéric BOYER 28 décembre 2007 21:13

              Très beau commentaire, très profond, d’une tribune qui inspire la méditation.


            • Rosemarie Fanfan1204 28 décembre 2007 21:02

              Le désir de « facilité » a permis à l’homme primitif de progresser. D’inventer. Pour moins se fatiguer.

              D’un autre côté ce qui est obtenu aisément a moins de valeur, tout le monde le sait, que ce qui nous a demandé de la peine.

              Alors psycho ou philo ?


              • Deneb Deneb 30 décembre 2007 01:12

                En effet, le désir de facilité est sain. A l’effort j’oppose la spontaneité. Notre eloge du laborieux nous a empoisonné la planéte. L’être « superieur » qu’est l’humain n’est supérieur que dans la destruction et dans les efforts absurdes.(effort de guerre, vous conaissez ?) C’est le genre de morale qui dit que tout ce qui n’est pas né de la sueur ne vaut rien. Mozart, par exemple, avait une grande facilité à composer : ses oeuvres ne valent donc rien ? Et si on maltraite nos enfants, c’est « pour leur bien ! » Arretez le delire !


              • LilianeBourdin 30 décembre 2007 13:00

                Pour réagir au commentaire de Deneb. Je pense que si les messages implicites ou explicites nous poussant à consommer dès que l’envie s’en présente, marchent, c’est bien parce que l’on a en soi une envie légitime de facilité. Mais celle-ci pourrait être équilibrée par une acceptation de la difficulté en vue d’obtenir un but plus lointain, ou plus élevé. L’exemple de Mozart est, à cet égard, éclairant. Doué, certes, il l’était, et c’était facile pour lui de composer. Mais, malgré l’amour de la musique qui l’habitait, je doute que l’apprentissage de celle-ci se soit fait sans efforts ? Et, même avec le plus grand des talents, je pense que composer un opéra doit se heurter à une certaine difficulté. Mais c’est un bon exemple, car de nos jours, Mozart ne pourrait pas exister. Du moins avec une passion précoce et encouragée comme ça. Au nom du droit à une enfance standart, et « facile », un enfant qui veut apprendre la musique à trois ou quatre ans, ne le peut pas. Les écoles de musiques attendent en général l’âge de six ans pour commencer à enseigner le solfège. Pendant ce temps-là, l’enfant doué et mélomane, devient expert sur sa console. Je ne milite pas pour l’apprentissage précocissime de la musique, ce n’est pas ça, c’est parce que je trouve que cet exemple montre bien comment la facilité est encouragée globalement dans un sens de consommation. Ce n’est pas la spontanéité, qui est mise en avant, c’est l’urgence de la satisfaction.


              • Deneb (---.---.180.73) 5 janvier 2008 19:56

                Et si, pour un artiste (je parle des VRAIs artistes) c’était plus facile de créer que de ne pas créer ? Que la vraie difficulté residerait à ne rien faire.


              • Elodie 28 décembre 2007 22:11

                je suis assez d’accord. simplement, accepter les choses et prendre du recul sereinement n’est pas forcement capituler betement.


                • Hakim I. 28 décembre 2007 23:19

                  Une seule chose manque à votre excellent article... une bibliographie smiley. Je recherche justement des livres qui m’aideraient à poser des mots sur cette atmosphère actuelle mais qu’il est difficile de décrire ,je sollicite donc votre aide.

                  Si je peux rajouter une maxime aux votres : « Si un élément a de la valeur, elle ne peut qu’être chiffrable ».

                  Je rejoins le commentateur ci-dessus fesant référence aux textes religieux. Il est clair que lorsqu’on essaie d’avoir certains principes qui différencient le bien du mal on est tres vite taxés de moralisateurs ou meme de fanatiques. C’est la grande mode aujourd’hui, discréditer tout message qui ressemblerait au religieux pour finalement le remplacer par le culte du matérialisme.

                  Encore merci et bravo.


                  • Polaire 29 décembre 2007 00:18

                    vous n’avez pas besoin de guide, toutes les réponses sont en vous et vous savez déjà ce que vous pensez devoir apprendre (j’ai lu votre article sur la loi positive sur l’esclavage : très intelligent, construit, et je vous remercie moi aussi pour cet article, meme si il date d’il y a un moment déjà, il n’a à mon sens pas rencontré tout le succés qu’il devrait).


                  • Iris Iris 29 décembre 2007 00:58

                    Un livre ?

                    « Propaganda » de Edward Bernay, neveu de Freud. A lire ici :

                    http://www.editions-zones.fr/spip.php?page=lyberplayer&id_article=21#chapitre1


                  • LilianeBourdin 29 décembre 2007 00:59

                    Merci ! Comme ça, ce qui me vient, ce sont deux livres : l’un, de psychologie sociale (mais simplifiée, « vulgarisée ») : c’est « Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens », de RV Joule et JL Beauvois. L’autre « Les manipulateurs sont parmi nous », de Isabelle Nazarre-Aga, assez pratique. Le livre « Le harcèlement moral ; la perversion narcissique au quotidien », de Marie-France Hirigoyen donne des pistes. Enfin, PC Racamier, qui était psychanalyste, a décrit l’effondrement d’une équipe professionnelle après l’arrivée d’un pervers dans une institution, pervers qui va constituer un « noyau pervers », fait de trois personnes... C’est l’échange, et l’explicitation de la vérité qui va casser le systême. Enfin, « Traité de la servitude libérale », de JL Beauvois, apporte peut-être des éléments de réflexion.

                    Si d’autres références me viennent, je le noterai ici.


                  • dom (---.---.103.129) 6 janvier 2008 13:25

                    @polaire

                    vous savez tout déjà parce que quelqu’un analyse et décortique pour vous... ce n’est pas de votre fait et vous ne pouvez le prendre en « possession » ... aussi peu que vous pouvez déclarer votre possession un seul cheveu sur votre tête, voilà la vérité à laquelle l’égotisme humain voudrait se soustraire... à la simple humilité de dire merci et chercher à tout faire pour s’approprier les sagesses quand celles-ci n’ont ni berceau ni géographie mais qu’elles proviennent de l’esprit de vérité... en ce faisant on la perd au profit des mensonges d’un monde technocrate et matérialistement vaudou.

                    Excellent article d’une rare finesse. smiley


                  • orsi 28 décembre 2007 23:59

                    C’est clair que vu comme ça, le XXIe siècle commence bien tristement, comme si les égarements inhumains du XX n’avaient laissé aucune leçon. Parmi les dictacts que vous oubliez, il y en a bien d’autres : « c’est bien, c’est moderne » qu’on applique à la critique d’art ou aux régressions sociales, « les autres le font ; les uatres pays le font » ou « soyez performant, ne devenez pas vieux, pas gros, pas laid » ... curieux double langage quand toute la journéee les ondes nous abreuvent de compassion (virtuelle) pour les vieux, les handicapés, les choix différents, les exclus du système ...


                    • Numero 19 Numero 19 29 décembre 2007 01:26

                      @Hakim, et a l’auteur

                      Aujourd’hui plus que jamais, je vous recommanderai - non, je vous implore - de lire un texte du philosophe Alain, “Les marchands de sommeil ” (Discours de distribution des prix au lycée Condorcet en 1904).

                      http://classiques.uqac.ca/classiques/Alain/les_marchands_de_sommeil/les_mar chands_de_sommeil.html

                      Mon commentaire est ce discours, qui peut tres largement se passer de mes reflexions sur la chose, tant il se suffit a lui meme et qu’il transcrit l’article... avec un siecle d’avance.

                      Dormez bien.


                      • LilianeBourdin 29 décembre 2007 02:13

                        Merci beaucoup pour le lien : très beau texte, intemporel, mais... très actuel !


                      • LilianeBourdin 29 décembre 2007 02:23

                        Il y a beaucoup de choses dans votre commentaire, de nombreuses pistes de réflexion qui m’intéressent. En tout cas, gardons l’esprit éveillé, comme le conseillait Alain, cité par Hakim plus haut.


                      • ddacoudre ddacoudre 29 décembre 2007 01:38

                        Bonjour liliane.

                        Je partage ton analyse sur l’information et les faiseurs d’opinion. Il n’y a pas si longtemps je répondais à un article qui posait la question de l’américanisation des esprits.

                        J’en disais que c’était moins l’américanisation qui me souciais que leur absence de culture « civisilationnelle » puisqu’ils sont issus du continent européen et ont supprimé la culture autochtone dans laquelle ils ne se reconnaissait pas. Il ne leur a resté que la culture économique qu’il développe à merveille et la défense de leur territoire.

                        Mais ce qui les caractérise le mieux c’est la connaissance des mécanisme qui conditionnent l’humain et qu’ils utilisent à merveille également, non pas pour élever l’homme, mais pour utiliser ses fondements qui sont toujours la recherche de la facilité (comportement inné, comme celui de l’aptitude a franchir la difficulté en cas de nécessité).

                        Nous retrouvons cela dans leurs connaissances culinaires les fats foods et autres, dans leur cinémathèque, et dans leur slogan publicitaire. Parfois je dis de manière imagée, sans « déconvenir » de leur capacité technologique et intellectuelle, qu’il réduisent l’homme à n’être qu’un boyau avec deux de trous qui évitent le cerveau cet organe complexe où se forme la pensée.

                        C’est ainsi que nous aussi nous évitons de plus en plus de faire appel à la pensée, en lui substituant le compte théâtral affectif et l’image « voyeuriste ».

                        Faire un tri suppose d’en disposer des moyens, et encore il faut pouvoir résister à 3h de télé en moyenne par jour en sachant que rien de ce qui est regardé n’est anodin, et façonne insidieusement la réflexion.

                        Car si les hommes croient encore qu’ils disposent du libre arbitre, il y a longtemps que d’autres savent que c’est en façonnant les évènements au quotidien que ceux ci génèrerons dans les esprits les actions attendus, bien qu’ils croiront que c’est d’eux seul qui les tiennent.

                        Ce glissement que tu appelles vers la facilité est apparu vers le début du consumérisme dans les années 1970.

                        Le slogan était « vous avez un problème l’on s’en occupe », nous sommes entré dans le développement du service qui ne distingue pas le service de l’infantilisation aliénante.

                        Aujourd’hui le slogan est « pour votre sécurité je vous mets sous surveillance », et tous applaudissent. Cela conduit à des aberrations qui vont finir par transformer le bonheur en souffrance, si l’on est plus capable de mesurer une souffrance qui est un indicateur de vie, sans que cela devienne un drame national, ceci conduirait La recherche de l’hédonisme à une négation de la vie.

                        L’obligation de se confronter à la vie et la solidarité intra humaine ne sont pas incompatible, et ce n’est pas une démarche à confondre avec l’abêtissement (appel au sens instinctif de tout animal) auquel de plus en plus il est fait appel.

                        Il n’y a rien de péjoratif en cela l’apprentissage culturel apprend d’autres paradigmes de nos sens pour sortir d’une situation de cloaque (au sens de Calhoun) illustré par Sodome et Gomorrhe, et déboucher sur ce que nous appelons la civilisation puisque produite par la pensée mise en action par les difficultés de l’environnement.

                        Nous sommes dans la situation du primitif qui lève le bras pour cueillir son fruit, tant qu’il y aura des fruit il ne fera aucun effort pour faire autre chose puisque la biologie n’est pas dispendieuse de l’énergie.

                        Tant que l’information mâchera la réflexion aux individus ils n’auront aucune raison d’aller la chercher ailleurs sauf s’il y a pluralité d’expression ce qui n’est pas le cas. Sauf si certains sont plus prompts à la transgression parce qu’ils sont des dominants bêtas. Jean Cottraux disait que cette société fabrique des compulsifs.

                        Ainsi, nous pouvons dire que chaque individu, guidé dans la vie par des injonctions de toutes natures, revient à être placé dans un rôle « d’acteur », au sens théâtral du terme.

                        C’est à dire qu’il se voit imposer ou doit apprendre un rôle qui n’est pas lui-même, alors que pour s’accomplir l’individu devrait être « l’auteur » de sa vie.

                        Nous retrouvons bien au travers de cette vie par injonction le rôle de « l’acteur social. » Pourtant, dans nos croyances « conditionnelles » nous avons esseulé la personnalité pour mieux la fondre dans la masse d’une culture « économico logique », et nous expliquons que cette manière d’être permet de développer l’individualité, pourvu que cette individualité soit faite d’un individualisme égoïste et consommateur.

                        D’où une tendance à la schizophrénie pour ceux qui y souscrivent et se construisent leur caractère (ou tempérament suivant l’option) sur cette base : « j’existe parce que je consomme ».

                        Si Descartes a écrit cogito ergo sum (je pense donc je suis), nous pourrions écrire aujourd’hui en ce qui concerne la société capitaliste : consumo ergo sum (je consomme donc je suis.) Dans les pays riches il y a une permanence de surconsommation qui repose sur des comportements pathologiques habilement induits et utilisés par tous les services commerciaux et la publicité.

                        La publicité n’a d’égale que les stimuli de la sonnerie du réflexe de Pavlov. Recherche de la nouveauté, du sensationnel, recherche du mimétisme, de l’adaptation pour être dans la norme. Dépendance à la récompense : dépendance à l’approbation sociale et à son attachement. Persistance : l’image du battant, recherche de la performance et de la réussite. Et tout ceci s’acquiert grâce à la consommation du produit approprié.

                        Mais le plus important demeure l’autodétermination dans une course à la croissance par la consommation de biens et de services marchands in fine, sans autre objectif que de vendre tout ce qui peut l’être dans une société boulimique.

                        Une boulimie identique à celle des animaux des zoos ou des personnes incarcérées, pour lesquels manger devient une finalité compensatoire des frustrations dans un environnement hostile et clos.

                        Ainsi chacun, autodéterminé par le conditionnement culturel d’une économie libérale, oublie dans son « obnubilation » induite par le dogme « économico logique » qu’il conduit l’espèce humaine à sa disparition, si le reste du monde doit suivre en tout point le seul modèle occidental.

                        Cordialement.


                        • LilianeBourdin 29 décembre 2007 02:41

                          Il y a beaucoup de choses dans votre commentaire, de nombreuses pistes de réflexion qui m’intéressent. En tout cas, gardons l’esprit éveillé, comme le conseillait Alain, cité par Hakim plus haut. Déjà, ne pas, ou peu, regarder la télévision me semble une voie pour sortir du conditionnement volontaire. Car je suis persuadée aussi que les marchands et les politiques, plus tous ceux dont l’existence découle de ceux-ci, connaissent très bien les mécanismes de conditionnement. Il ne s’agit pas du lavage de cerveau dont on nous effrayait il y a quelques décennies. Non, c’est beaucoup plus insidieux : l’adhésion progressive à une culture de masse qui fait du lien social, culture commune centrée sur les derniers biens de consommation, et les dernières informations que l’on se répète à l’envi...

                          Quelqu’un qui ne regarde pas la télévision et ne consomme pas, se trouve marginalisé de fait. Sauf à retrouver d’autres valeurs faisant du lien social, mais un peu plus « exigentes » : solidarité et chaleur humaine, par exemple...


                        • LilianeBourdin 29 décembre 2007 20:03

                          C’est une bonne idée, puisque je pense que c’est par la communication transversale que l’on peut lutter contre ces systêmes, en fait, totalitaires. Que ce soit sur un plan individuel ou collectif, plus on voit les ficelles de la manipulation, moins celle-ci est opérante. C’est ce qui m’a amenée à écrire ce texte. Je vais effectivement continuer à réfléchir à la diffusion de cet abord particulier de ces questions. Donc, merci de vos encouragements et de votre participation !


                        • Rosemarie Fanfan1204 29 décembre 2007 14:02

                          D’accord avec Ben. votre sujet Liliane mérite diverses réflexions. Vous abordez la facilité, la manipulation, la liberté de choisir de penser ou de bêler,la perversité, les méthodes de communication manipulatrice,le harcèlement moral, le bonheur, la spiritualité aussi. Entre psychologie et philosophie vous surfez habilement ces thèmes imbriqués par leur nature. J’ajouterai qu’être heureux est non seulement un droit mais aussi un devoir. Il est normal de vouloir être bien, heureux et on ne peut compter que sur soi même pour çà. Cela c’est l’épicentre de la question, tout le reste donne matière à discussion. Merci à Hakim et à Ben pour leurs réflexions intelligentes. J’apprécie.


                          • herbe herbe 30 décembre 2007 22:48

                            merci beaucoup pour cet article et pour les commentaires pertinents.

                            Alain a déjà été cité. pour rejoindre le commentaire précédent sur « le devoir d’être heureux » on peut à nouveau citer Alain :

                            citation tirée des Propos sur le bonheur :

                            " Devoir d’être heureux

                            Il n’est pas difficile d’être malheureux ou mécontent ; il suffit de s’assoir, comme fait un prince qui attend qu’on l’amuse [...]

                            Il est toujours difficile d’être heureux ; c’est un combat contre beaucoup d’évènements et contre beaucoup d’hommes ; il se peut que l’on y soit vaincu ; il y a sans doute des évènements insurmontables et des malheurs plus forts que l’apprenti stoïcien ; mais c’est le devoir le plus clair peut-être de ne point se dire vaincu avant d’avoir lutté de toutes ses forces. Et surtout, ce qui me parait évident, c’est qu’il est impossible que l’on soit heureux si l’on ne veut pas l’être ; il faut donc vouloir son bonheur et le faire.

                            Ce que l’on n’a point assez dit, c’est que c’est un devoir aussi envers les autres que d’être heureux. On dit bien qu’il n’y a d’aimé que celui qui est heureux ; mais on oublie que cette récompense est juste et méritée ; car le malheur, l’ennui et le désespoir sont dans l’air que nous respirons tous ; aussi nous devons reconnaissance et couronne d’athlète à ceux qui digèrent les miasmes, et purifient en quelque sorte la commune vie par leur énergique exemple. Aussi n’y a-t-il rien de plus profond dans l’amour que le serment d’être heureux. Quoi de plus difficile à surmonter que l’ennui, la tristesse ou le malheur de ceux que l’on aime ? Tout homme et toute femme devraient penser continuellement à ceci que le bonheur, j’entends celui que l’on conquiert pour soi, est l’offrande la plus belle et la plus généreuse. "


                            • LilianeBourdin 30 décembre 2007 23:19

                              On parle des « imbéciles heureux », mais je suis d’accord avec ce que propose le texte d’Alain. Si l’on exerce une certaine vigilance intellectuelle, une lucidité, alors le bonheur se conquiert. Merci pour cette citation.


                            • dom (---.---.103.129) 6 janvier 2008 13:56

                              magnifique ce texte d’Alain

                              rester en osmose avec les foces bénéfiques quand les fantômes noirs du désespoir nous attaquent de toutes parts allant jusqu’à semer leur poison dans notre imagination.

                              Prier intensément dans le savoir que rien ne nous appartient et que dès lors nous n’avons rien à maîtriser est peut-être la maîtrise la plus difficile pour l’aom tel qu’on s’est enseigné à l’être jusqu’ici, car celà équivaut à se dresser contre tous les mensonges de la pensée mécanique, enregistrée... donc contre nombre d’idées préconçues ou des croyances devenues obsolètes si on ne se donne pas la peine de les réanimer sous le jour de la conscience d’aujourd’hui, la nôtre.

                              Renouer avec le flot intérieur... celui du coeur qui est comme une vanne et un fleuve à la fois dont nous ne pouvons maîtriser les courants, ni la teneur mais recevoir, transcender, transfomer ... voilà la puissance de l’aom... celle de pouvoir transmuter les données... et c’est ce que le système consumériste utilise à l’envi tout en se gardant de l’enseigner : faire croire àl’être que ses pensées morbides lui appartiennent, ainsi que ses belles pensées alors que l’une et l’autre découlent de courants d’énergie auxquels on s’expose ou qui simplement « passent » parce que tout ce qui se passe sur terre nous touche d’une manière ou d’une autre.

                              Le système invariablement nous expose à la croyance que la vie se situe en-dehors de nous-mêmes et l’esclavage est maintenu par la croyance que nous pourrions être remplacés comme des boulons dans une machine... « nul n’est irremplaçable » ... voilà peut-être bien le mensonge le plus hideux suscité par la pensée de masse et qui nous inflige à tous une sombre peur du néant... non un néant post-mortem mais un néant de vie, un néant existentiel, aux yeux de la machine nous n’existons pas à moins d’apparaître dans les colonnes des médias, seulement à l’état de numéros... quantifiables, kilométriques, calorifiques, réduits à l’expression mécanique des aptitudes de nos corps et le pire : la soustraction pure et simple de notre esprit propre qui ne peut découvrir son potentiel créateur qu’en s’affranchissant des loghorées ruminantes de la machine de guerre usant et abusant de stéréotypes sclérosants et maladifs parce qu’issus de la terreur de l’autre et de sa sempiternelle obsession de nous « caser » chacun dans un stéréotype rassurant.

                              Tout ce dont nous ne pouvons rien faire... que l’évidence de soigner notre propre paranoïa.

                              C’est plus facile quand on sait qu’elle est dans l’air, cette paranoia et qu’elle ne nous appartient pas, qu’elle nous traverse comme l’air que nous respirons par contre, car ainsi nous pouvons agir sur elle, la transcender, la remettre aur un rail amoureux ou n’importe quel courant qui soit autre que celui du jugement séparateur car celui-ci l’amplifierait. Retrouver les gammes harmoniques du vivant pour composer notre part de la symphonie universelle.

                              Bonne chance à vous tous.


                              • Rémi Rhoyks 9 janvier 2008 11:11

                                 

                                Bonjour,

                                Je souhaite vivement réagir sur l’article initialement écrit par Liliane BOURDIN. Je suis moi-même passionné par les Techniques de l’Information et de la Communication et notamment, en ce qui concerne l’argumentation, la rhétorique et les techniques de persuasion comportementales.

                                Persuader un individu, c’est faire en sorte qu’il adopte l’opinion ou le comportement que l’on souhaite lui transmettre. Cette méthode est bien entendu extrêmement utilisée dans notre société.

                                En politique la paire argumentation / rhétorique est énormément utilisée. Certains "chercheurs" de la communication comme P. Breton distinguent d’ailleurs ces deux notions, contrairement à O. Reboul qui met en exergue l’impossible distinction de l’argumentation et de la rhétorique, l’argumentation faisant partie intégrante de la rhétorique.

                                Ce qui est important de comprendre, c’est que ces techniques de persuasion sont absolument amorales. Seules les fins poursuivies peuvent être qualifiées de morales ou immorales. Ne prenons pas constamment ces techniques comme des outils de manipulation intensionnelle. Chacun d’entre nous, dans tout acte de communication utilise inconsciemment ces techniques de rhétorique et même de programmation neuro-linguistique (la fameuse PNL). Cessons de croire qu’un acte de communication n’est qu’un simple transfert d’information sans aucun jeu sur les affects et la réalité de 2ème ordre (celle de l’hémisphère droit de notre cerveau, celle de nos croyances, de nos représentations du monde, celle sur laquelle l’action de persuasion est efficace) évoqués par l’école dite de "Palo Alto".

                                Arrêtons donc de jeter la pierre sur ces techniques de communication...


                                • LilianeBourdin 9 janvier 2008 17:02

                                  Votre commentaire est intéressant. Car cela me donne l’occasion de préciser ma pensée. Je ne pense pas que l’influence qu’on cherche à avoir sur autrui soir nocive en elle-même, tout dépend du but rechercher (un médecin qui use de son influence pour convaincre un patient de prendre un médicament efficace, ce n’est pas immoral !). Je ne soutiens pas non plus que les techniques de communications qui sont utilisées dans un but d’influence, voire de manipulation, soient nocives en elle-même. Je trouve important de les connaitre et de les faire connaitre, c’est différent.

                                  La manipulation devient nocive quand il s’agit de contraindre quelqu’un à faire quelque chose qui n’est pas dans son intérêt. Mais elle est potentiellement toxique quand elle agit à l’insu du sujet, lui faisant perdre son libre-arbitre. C’est la connaissance qui donne la liberté. Quand on a compris le systême élémentaire du pied-dans-la-porte on a moins de scrupules à raccrocher au nez de tous les télé-prospecteurs qui nous harcèlent. Quand on voit les ressorts de la communication politique, on est davantage libre de ses choix. Quand on comprend pourquoi on souffre au travail ,si l’on y est victime de maltraitance, on va déjà mieux.

                                  Je souhaitais donc parler de ces techniques, et ouvrir une réflexion sur leur usage croissant.


                                • Rémi Rémi 9 janvier 2008 22:39

                                  Bonsoir,

                                  Votre remarque est très intéressante et me permet de rebondir à nouveau dessus, faisant ainsi (du moins je l’espère) avant la réflexion.

                                  Effectivement, contraindre quelqu’un à adopter un comportement qui n’est pas dans son intérêt s’avère être nocif et semble-t-il immorale (encore faut-il savoir comment déterminer ce que est morale et/ou immorale, pour cela, se référer aux critères de Peter Singer...).

                                  Cependant, ce qu’il est important de souligner, c’est qu’un acte de communication n’est en rien, un simple transfert d’un message, d’un émetteur à un récepteur, selon un code qui chacun sait d’écrypter. Toute entreprise de communication est, de facto, le théâtre d’influence sur le contexte de réception, la relation entre les individus, les sentiments, les affects et ce de façon souvent inconsciente.

                                  Il est donc difficile de parler de manipulation nocive, dans un cadre ou le "manipulateur" en est parfaitement insconscient.


                                  • LilianeBourdin 9 janvier 2008 23:11

                                    Dans ma conception, ce n’est pas le caractère inconscient de la manipulation qui en assure l’innocuité. Puisque, comme vous y faites allusion, on a un inconscient, et que celui-ci peut nous amener à nous fort mal conduire. C’est le fait d’amener autrui à se faire du mal, qui est nocif. La question de la responsabilité se pose à ce niveau. Si l’on a à sa diposition des tactiques de manipulation et qu’on s’en sert dans son intérêt au détriment d’autrui, il importe peu de savoir si c’est consciemment ou inconsciemment. Car ceux qui le font inconsciemment sont en général ceux qui ne veulent pas se poser la question de leur nocivité ou de leur responsabilité. Cela ne les en éxonère pas.

                                    En revanche, je persiste à dire que ces techniques seront d’autant moins nocives que leur connaissance sera partagée par le plus grand nombre.

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LilianeBaie


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