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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > La gauche réactionnaire

La gauche réactionnaire

La gauche a fait de la résistance sa vertu première et unique même. Ce faisant, elle place l’âge d’or dans le passé. Alors qu’elle était force de progrès, elle est devenue un poids mort, insuffisamment lourd pour empêcher les évolutions actuelles négatives et cependant sans autre action, ni autre perspective que cette inertie. Il faut réinventer des actions de gauche, l’autogestion par exemple.

Je parle des gens de gauche, pas spécialement des partis. Je parle des citoyens qui se sentent à gauche, qu’ils soient actifs, militant ou non.
 
La gauche n’est pas réactionnaire parce qu’elle serait passée à droite, elle est réactionnaire parce qu’elle a fait vertu de résister. D’abord de résister, et finalement, seulement de résister.
 
Les luttes politico-sociales visaient le renversement de l’Etat et des institutions légitimées par lui en vue de la création de nouvelles institutions plus conformes à l’idéal des "lutteurs" révolutionnaires : égalité, fraternité. C’est le schéma le plus courant, qu’on peut voir à l’œuvre dans la Révolution française, récemment en Pologne et dans certains pays de l’Est… mais aussi dans les mouvements populaires d’extrême droite (nazisme et fascisme). Ces luttes, si elles sont souvent violentes, voire criminelles, ne le sont pas par principe : on peut obtenir ce renversement des institutions étatiques avec des élections (portées par un mouvement populaire fort).
 
Il y a quarante ans, la gauche était progressiste et les réactionnaires étaient de droite.
Maintenant, si on est de gauche, il faut résister. La gauche n’est plus le mouvement. Elle l’affirme clairement et sans cesse.
 
Par exemple, l’anti mondialisation a cru contourner la visibilité de cet immobilisme en changeant de nom : « altermondialisation ». Mais de quoi pourrait être faite cette altermondialisation ? Et comment passe-t-on de la mondialisation actuelle à cette altermondialisation ? Ces deux questions n’ont guère été traitées.
 
Plus clairement dit encore, créditer le mot altermondialisation comme signifiant une réalité différente de antimondialisation est se situer dans le nominalisme. C’est croire en une toute puissance des mots, c’est « se payer de mots » selon une expression antérieure à ce mouvement que je décris.
 
Avec un tel logiciel, la gauche n’a plus guère d’intérêt, ni de force. Freinons, freinons… crie-t-elle à tue-tête. C’est désagréable pour celles et ceux qui font bouger la société, mais cela ne représente pas une gêne sérieuse.
 
La gauche représentait la possibilité de changer le monde, elle faisait de l’âge d’or l’avenir. Elle proposait un travail de la société sur elle-même pour obtenir la réalisation de cet idéal, au moins une tendance vers ce résultat. Maintenant, cette disposition des pensées et des forces politiques s’est renversée. La gauche met l’âge d’or dans le passé. Elle est devenue réactionnaire.
 
Il faudrait engager du positif, mettre des valeurs en pratique dans sa vie, penser globalement et agir localement ; par exemple, au niveau local : créer des entreprises, des écoles cogérées. Créer des exemples, des modèles de ce qu’on veut.

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17 réactions à cet article    


  • Le péripate Le péripate 6 janvier 2009 15:17

     Je ne suis pas du tout d’accord : la gauche n’est pas réactionnaire. Elle est double. Une verse carrément dans le fascisme, n’en parlons pas (et en ce sens , elle est révolutionnaire). L’autre, elle est comme mon poisson rouge : il faut changer le monde ; un tour plus tard, il faut changer le monde ; un autre tour encore, il faut changer le monde ; et encore............ smiley


    • ASINUS 6 janvier 2009 15:51

      @ peripate yep ils disent il faut changer le monde vous cela serait plutot


      il faut Vendre le monde !


    • Le péripate Le péripate 6 janvier 2009 17:59

       Je crois surtout que le monde se débrouille très bien tout seul quand on lui fout la paix.


    • ZEN ZEN 6 janvier 2009 18:32

      Péripate a raison
      Vive le Saint Marché !
      Honneur à la Main Invisible !
      Gloire soit rendue aux libertariens !
      Amen !


    • Le péripate Le péripate 7 janvier 2009 18:35

       T’en est rendu là mon pauvre Zen.... Comme ton dépit doit être grand. Moi qui croyais que tu étais un homme d’esprit. Je suis déçu, très déçu. 


    • ASINUS 6 janvier 2009 15:49

      heu si c est du ps que vous parlez vous savez le truc qui procede avec son double ump de la petite noblesse de notre republique monarchique mercantile , ce ps dont les représentants sont consanguins avec leurs homologues ump partageant les meme prébendes les memes cabinets les meme directoire professionnels les memes ministeres les memes coucheries les memes journaleuses les memes hobby " montre ect" les memes affairismes les memes liberalismes ben heu cette gauche la

      QUELLE CREVE !


      • Orélien Péréol Aurélien Péréol 6 janvier 2009 23:22

        J’ai dit que je parlais de tout le monde, tous celles et ceux qui se sentent de gauche, qui se revendique de gauche, qui vote à gauche... Loin de moi cette idée que les politiciens seraient tous pareils


      • Dolores 9 janvier 2009 19:34

        Pour ne pas être réac et faire de" l’opposition constructive" (!), la gauche devrait voter comme l’UMP, le petit doigt sur la couture du pantalon  !
        Vive la gauche de droite !


      • Orélien Péréol Aurélien Péréol 1er février 2009 22:48

        Vous écrivez : "tu nous rappelles l’axiome de base : Sarko et ses ministres + l’UMP sont révolutionnaires" Je n’ai jamais dit ça. J’ai dit que la gauche réagissait et n’agissait pas, ce que je regrette.


      • sobriquet 6 janvier 2009 19:33

        Ce n’est pas parce qu’une (grande) part des gens de gauche ne sont pas organisés, pas fédérés, et n’ont pas de porte-parole, qu’ils n’ont pas de projets.

        Ce ne sont pas les gauchistes qui ont viré réactionnaire, ce sont les réactionnaires qui ont viré à gauche.


        • Orélien Péréol Aurélien Péréol 6 janvier 2009 23:06

          Où sont ces projets ? qui les expose ? qui en discute ?


        • Orélien Péréol Aurélien Péréol 6 janvier 2009 23:11

          Vous écrivez : "nous avons été assez contraints d’assister aux tables rondes obligatoires d’Allègre, Lang et leurs prédecesseurs du même bord officiel..... dont les conclusions paraissaient dans la presse avant d’être tenue" Je ne sais pas ce que cela vient faire là.
          En ce qui concerne la conertatin qu’a fait Allègre, je crois comprendre que cela vous paraît une horreur. Les TPE, par exemple, étaient dans les propositions syndicales du SNES sous le nom si je me souviens bien de TIE. Effectivment, les professionnels et les personnes intéressées en avaient entendu parler avant les concertations qui ont eu lieu.
          Encore une fois, expliquez-moi ce que cela vient faire là.


        • Céline Ertalif Céline Ertalif 6 janvier 2009 23:51

          Je suis en plein accord avec cet article (comme d’ailleurs le précédent sur la laïcité). La résistance, c’est d’abord une pratique citoyenne autant que politique qui a besoin de courage et de détermination. Je n’aime pas beaucoup la gauche d’incantation moi non plus, mais c’est bien là la limite des démarches participatives admissibles par une partie de la gauche : à un certain moment, après la dissertation de contestation, quelle est l’action en conclusion ?



          • loco 7 janvier 2009 18:30

             Droite et Gauche, ou Avers et Revers (on peut inverser) ???
             Qui, aujourd’hui, est prêt à accepter de perdre, ou simplement le risque de perdre ?
             J’ai travaillé au temps jadis dans une boîte où la syndicalisation était fort bien encadrée : la carte d’adhésion au syndicat maison était fournie à l’embauche, et permettait de voter pour élire son contremaître délégué. Ceci pour la bonne marche de l’affaire, seule garante de notre prospérité (relative) à tous.
             Ce qui a lieu désormais en politique, où sous deux emballages différents on vous propose d’élire les mêmes bons élèves, tous honorables, diplômés, compétents, fiables. Plus un seul politicien qui soit "sorti du rang", plus un seul de ces manants qui vous ressemblent.......... quoique : qui se reconnaîtrait aujourd’hui comme employé (et non technicien de..), femme de ménage, ouvrier (non, mon cher, opérateur) ou simplement comme prolo ??? Fini, on veut être du côté du manche, on rêve que "les flics me saluaient comme un des leurs" (Boris Vian), et on vote lâchement pour ceux qui aident nos chers patrons à créer leur prospérité. 
             A société servile, pas de politique, que les valets bouffent les restes et qu’ils se taisent !!!!


            • nicolhedoniste 31 janvier 2009 00:03

              @ infatueux personnage, auteur de ce torchon
              Aussi péremptoire que diffamant, l’auteur tel un boxeur retord attaque la gauche en assénant un coup sans crier gare en direction du foie, en affirmant comme axiome que la gauche est invariablement ancrée dans une démarche de résistance, indubitableent passéiste et ...méthodiquement contre productive ! Et puis, continuant à asséner de coups un adversaire encore hagard, il claironne, sans démontrer quoique ce soit ,mais dans le but de porter encore l’opprobre, que le mouvement alter mondialiste est en réalité un mouvement anti mondialiste...c’est bien connu ces altermondialiste comme ces gens de "gôche", engeance honnie, sont d’incurables écervelés, répondant par la négative à toutes les propositions, un peu comme les parents ont pu l’expérimenter une fois dans leur vie avec leurs enfants, alors repliés dans une posture "noniste" systématique...abracadabra et saperlipopette, et par dessus les roulements de tambours saluent la brillante élucubration : les gens de gauche sont de petits enfants sans conscience, ni esprit de construction...Désormais, tous leurs combats, pour justes qu’ils soient au regard des "indépassables" qu’ils mènent sont à juger à l’aune de l’enfant, qu’ils sont en réalité, petit être aussi capricieux qu’inconscient. Circulez, y a rien à voir : l’école de demain, ce sont des ingénieurs informatiques avec diplôme microsoft, des cuisiniers avec mention Mc donald... la philosophie, les langues..les humanités d’antan à la poubelle ces ringardises. Oyez, oyez fange d’en bas, le monde est immuablement mue par des normes universelles, plaçant au centre des civilisations développées ou en voie de l’être, les sociétés capitalistes, aux injonctions desquels le citoyen, euh pardon le consommateur est enjoint de se plier !

              @ bon entendeur salut,
              l’incurable gôcheux


              • Orélien Péréol Aurélien Péréol 1er février 2009 22:29

                Vous critiquez une caricature de mon propos que vous écrivez vous-même et qui ne concerne que vous. Je vais prendre un exemple et un seul : "en affirmant comme axiome que la gauche est invariablement ancrée dans une démarche de résistance, indubitableent passéiste et ...méthodiquement contre productive !"
                Je n’ai rien affirmé de tel.
                Je promeus l’autogestion dans ce texte.
                Vous me diffamez et m’insultez en disant que je suis retors, que je suis un boxeur qui assène des coups...


              • Orélien Péréol Aurélien Péréol 8 mai 2009 15:21

                J’ai posté une chronique d’abonné sur le site du journal Le Monde : http://abonnes.lemonde.fr/opinions/chronique/2009/05/05/vive-le-passe_1188833_3232.html
                sur cette même idée fondamentale qu’il faut quitter la plainte et produire des idées de gauche adaptées à notre temps. Des idées dérangeantes, alternatives, subversives.

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