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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > La grève est un moyen, pas un objectif

La grève est un moyen, pas un objectif

Aujourd’hui c’est la grève. Le terme « grève générale » n’est pas officiel, mais tous sont invités à y participer. Dans les médias foisonnent les sondages sur le consentement des français, des conseils de transport, et même un guide pour mieux connaître ses droits et ses devoirs lors des manifestations.

C’est au sujet des objectifs de cette grande grève que les médias se font moins prolifiques : en définitive, que va-t-il se passer ? du monde dans les rues, un certain nombre selon la police, deux à trois fois ce nombre selon les organisations. Il y aura des chants, des cris et des slogans drôles ou acerbes. Les rapaces politiques de tous bords se mettront en tête des cortèges, et tenteront de faire croire que le combat du peuple est leur combat.

A la fin des cortèges il y aura ici ou là quelques heurts avec la police, et quelques interpellations musclées, pour rappeler au peuple qui manifeste que l’Etat reste le maître à bord. Les médias et les politiques en seront bien entendus désolés. Ceux de gauche jugeront tout de même cette journée comme une victoire, ceux de droite interpréteront ce mouvement comme une incitation à poursuivre les réformes engagées. Et puis après ?

Après rien. Tout ce petit monde rentrera chez lui, en attendant le prochain mot d’ordre de la prochaine grève, toute aussi inutile que la précédente. Ce petit monde semblera satisfait du sacrifice de sa journée pour la démocratie, sans s’apercevoir que son acte implique par lui-même l’acceptation du système qu’il croit rejeter. La grève et la manifestation sont des actions autorisées par l’Etat car elles forment un exutoire visible et contrôlable des masses. Elles permettent ainsi au peuple de croire en son pouvoir, en même temps qu’elles renforcent la capacité de l’Etat à se porter garant de l’ordre public.

Pour le reste, les choses ne vont en rien changer après cette grève, car pour qu’elle ait du sens il faudrait qu’elle coûte à l’Etat, financièrement parlant. La grève en Guadeloupe n’a été qu’une demi-réussite, car bien que montrant la véritable force du peuple, elle n’a pas réussi à mettre en péril l’équilibre des puissances. Pour qu’une grève parvienne à un résultat, il lui faudrait durer si longtemps qu’elle soit en mesure de faire perdre plus d’argent à l’Etat (et ses bénéficiaires) qu’elle n’en fait gagner. Car il ne faut pas croire : si les impôts servent au bien public, ils servent également au train de vie de nos élus, qui en plus que de toucher un salaire sur les deniers publics, se fait payer pour soutenir des lois réduisant sans cesse les moyens du peuple, et cela tout en s’excluant de ce peuple dont ils sont censés être l’émanation. Si les salariés sont payés si peu, c’est qu’ils servent également de plus-value à ceux qui les exploitent. Les ressources des oppresseurs ne sont fournies que par la force et la bêtise du peuple, qui croit encore les mensonges de ceux qui nous gouvernent.

Le problème est qu’une grève générale et pérenne entraînerait des troubles sociaux si grands qu’elle n’entraînerait que la violence et le chaos ; sans rien changer au système qui est la cause des malheurs humains.

Car cette grève, comme la précédente et sans doute comme la suivante, n’a aucun autre objectif que de dénoncer les systèmes politique et économique. Pour les propositions il n’y a rien.

Ce qu’il faudrait avant tout, avant une grève dure et durable, c’est un projet alternatif cohérent et tout aussi global que la mondialisation capitaliste. Face au nouvel ordre économique mondial il faut définir un nouvel ordre social mondial. Supprimer quelques paradis fiscaux n’est qu’une illusion : s’il n’en restait même qu’un seul, cela reviendrait au même. Le Luxembourg suffirait bien à l’Europe, car en plus que de cumuler les trois secrets (bancaire, judiciaire et fiscal), il centraliserait et sécuriserait ainsi contre certaines actions comme celle lancée par Obama face à la Suisse.

Pour le reste, il faudrait former une sorte de fédération internationale alternative, fédération dont aucun Etat ne serait exclu. Créer des groupes de travail régionaux qui réfléchiraient à un nouvel ordre fondé sur d’autres principes que le monde capitaliste. Partir du principe que l’homme n’est ni bon ni mauvais mais influençable. Si ses comportements sont influençables il est alors possible de lui faire comprendre que notre planète suffit à tous, et qu’il lui faut simplement réfléchir autrement.

Il faudrait déterminer de quoi ce monde à besoin, et qu’elles sont les ressources de ce monde.

Il faudrait réfléchir ensemble à ce que les peuples sont en droit d’exiger et ce qu’il est possible de leur offrir. Réfléchir à un monde sans argent, ou sans banques, ou sans religion, ou sans armes, ou sans pollution. Repenser et revoir tous les théoriciens historiques qui ont planché au cours des âges sur ces questions. Etudier qu’elles pourraient être les conséquences de changements radicaux de paradigmes sociétaux. Former des théories adaptées à l’homme, et non pas auxquelles l’homme doit s’adapter. Proposer et faire participer tous les véritables intéressés aux problèmes de pénibilité du travail, aux victimes des retraites de misère, aux désirs des patrons, et ainsi dégager les voies d’un changement véritable pour le monde de nos descendants.

Il faudrait être capables de sacrifier volontairement et consciemment notre égoïsme au profit des générations futures, pour être juste en mesure de leur offrir un autre avenir que celui que nous dessinons, et auquel nous participons malgré nous.

Ensuite, et quand tout cela aura bien avancé, nous pourrons faire la grève. Une grève pacifique et en pleine conscience de notre force, la force de celui qui sait pourquoi il agit.


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12 réactions à cet article    


  • moebius 19 mars 2009 16:03

    il faudra lire aussi cette article édifiant ? Vous voulez faire gréve quand nous n’aurons plus aucune raison d’en faire une ? ou vous voulez avoir une raison d’en faire une quand plus personne ne voudra faire gréve ?


    • PtitLudo PtitLudo 19 mars 2009 16:24

      Bien d’accord avec cet article. Est-ce que les gens sont prêts à sacrifier leur écran plat full hd, leur home cinéma 5.1, la dernière console de jeu, leur téléphone portable dernière génération avec abonnement hors de prix, .... etc

      C’est à dire est-ce que les gens sont prêts à dire "Non au système" ? Vu le succès de tous ces gadgets et de toutes les émissions débilitantes de la télé, c’est clair que non.

      Alors à partir de là, et ce que je vais dire est dur mais c’est la vérité, le système actuel est le seul qu’ils méritent !

      Ce soir ça sera l’école des fans, tout le monde il aura gagné, tout le monde il sera content, on va se poser sur le canapé et reprendre le train-train quotidien devant le JT de TF1.



      • Kalki Kalki 19 mars 2009 18:04

        La grêve c’est la théorie de l’échec mise en application.


        En 1789 ils étaient assez grand pour prendre le pouvoir , et dire maintenant c’est la démocratie, c’est le peuple qui dirige.

        Maintenant ce sont des petites quémande, des petites revendication aux bons rois à l’élites, ( et meme, meme aux syndicats) tout des étapes entre le peuple et le pouvoir, et donc des étapes pour que le peuple n’ait pas le pouvoir, et ne le pratique pas.

        La révolution n’est pas finie !

        Prenez le pouvoir dans vos vies.
        Vive la démocratie

        Révolution Française : entre Histoire, Philosophie et Mythe


        http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=22242


        • Yohan Yohan 19 mars 2009 18:32

          Jour de grève, tout le monde aux terrasses des cafés. Qui dit que la France va mal ? Demain, ils iront négocier pour se faire payer leur jour de grève. Elle est pas belle la vie ?


          • JONAS JONAS 19 mars 2009 21:46

            @ L’Auteur :

            C’est bien de réfléchir !

            Vous dites

             : " Il faudrait déterminer de quoi ce monde à besoin, et qu’elles sont les ressources de ce monde ".

            Tous les savants de tous les pays de cette planète, quelles que soient leurs couleurs ou religions, sont unanimes ! Pour donner à tous les citoyens du monde le niveau de vie du Français moyen, il faudrait 5 planètes ! ! !

            Considérant la nôtre comme un gâteau, l’Occident ayant pris la plus grosse part ! Les autres pays ne peuvent que se partager le tiers qu’il reste, sauf à venir chez nous et partager celle que nous avons.

            L’autre méthode, c’est de venir prendre la nôtre….Mais, au final cela ne résoudrait rien, même si le reste du monde se partage les richesses de l’Occident, l’ensemble des citoyens de ce monde se retrouvera au Moyen Âge, ce sera un progrès pour les plus pauvres, le quart-monde, un équilibre pour le tiers-monde, la pauvreté pour l’Occident, avec tout ce qu’elle implique comme stagnation dans tous les domaines, médicaux, énergétiques, techniques, agricole, etc.

            C’est un choix…. ! ?

            Bonne soirée.


            • Kalki Kalki 19 mars 2009 22:18

              On ne parle pas du niveau de vie

              on parle du partage du pouvoir, de la démocratie réél, directe. Partage des décisions, et consensus collectif a petit échelle.

              Démocratie , quelque chose que nos pays n’ont pas.
              La quête est a poursuivre, voila nos revendications.


            • caleb irri 19 mars 2009 23:20

              vous avez raison sur le fond du problème, et ce malgré mes doutes quant au chiffre des cinq planètes...mais qu’importe, effectivement il faudrait peut-être accepter le fait que les riches (nous, "occidentaux") vivions un peu moins bien (ou un peu moins luxueusement ?) pour pouvoir partager le gâteau à plus nombreux.

              lorsque l’on constate que les progrès technologiques nous ont permis en moins d’un siècle de saboter notre planète, et que la nécessité d’un développement durable est vitale, on imagine que le retour à la simplicité est le seul gage de la pérennité de l’être humain. mais serait-ce retourner en arrière que de permettre à tous de vivre décemment, sans esclaves ni dictateurs, et dans un monde moins futilement attaché à des technologies souvent inutiles, et même parfois nuisibles ?


            • JONAS JONAS 20 mars 2009 00:01

              @ caleb irri :

              " il faudrait peut-être accepter le fait que les riches (nous, "occidentaux") vivions un peu moins bien (ou un peu moins luxueusement ?) pour pouvoir partager le gâteau à plus nombreux ".
               

              Je ne peux pas dire le contraire, vous avez raison !

              Nous sommes responsables (l’Occident), du déséquilibre démographique actuel !

              On nous traite d’esclavagistes, de colons, mais, les soins médicaux, l’arrêt du cannibalisme entre tribus, etc. Sont à l’origine de l’explosion démographique actuelle.

              La nature va nous faire payer très cher le fait de nous êtres pris pour des " dieux ", nous constatons avec amertume notre impuissance à secourir le monde entier.

              Nous avons mis en marche des forces que nous ne maîtrisons pas et j’ai bien peur qu’il ne soit trop tard pour faire marche arrière.

              Le partage est une idée généreuse, mais, nous sommes tous des prédateurs !

              La faim et la misère donnent tous les droits et si j’étais en Afrique ou ailleurs où elles sévissent, je tenterai ma chance ! Je ne suis pas hypocrite.

              En bon prédateur, je suis contre l’immigration ! Je n’en tire pas de fierté, je pense à mes enfants et mes parents qui se sont battus pour nôtre liberté.

              Ils ont travaillé jusqu’à des 12 heures par jour, sans espoir de retraite, sans Sécurité Sociale, sans aucunes allocations. Ils ont travaillé dans les mines, les usines et les champs, dans un maigre confort, sans eau courante, sans salle bain, avec des WC à l’extérieur ou au RdCh, etc.

              Ils l’ont fait pour que nous vivions mieux !

              Renoncer à cet héritage sera plus que difficile ! Seule la nature nous y contraindra sans discriminations.

              Bien à vous.


            • Kalki Kalki 20 mars 2009 14:48

              Vous en faites pas en travaille pas 8 h par jour en france non plus.

              10H plus 1 heure de transport, plus une heure de repas, a la louche.
               

              C’est charmant la vie moderne, on aurait pas de lunette on croirait que c’est une nouvelle forme d’esclavagisme.


            • ddacoudre ddacoudre 19 mars 2009 22:20

              bonjour caleb

              penche toi sur l’histoire de la grève tu verras qu’elle a fait beaucoup de victimes, arrêté où tué par l’état.

              l’institutionnalisation de la grève est un moyen d’équilibrer les forces entre ceux qui détiennent le pouvoir économique est ceux qui ’ont que le choix de s’y soumettre, c’est le contre poids.
              quand elle devient un moyen de s’opposer au pouvoir politique c’est un contre pouvoir.

              dans les deux cas c’est le moyen dont disposent les travailleurs pour défendre leurs intérêts particuliers, leur mission n’est pas de développer un projet de société n’ont qu’ils ni contribuent pas par leurs revendications, mais telle n’est pas leur fonction puisque celle-ci et du domaine de tous les citoyens dans leur singularité qui se font entendre par leur représentation politique.

              il ne sont pas ignorants des enjeux de ce monde, mais ils ont conscience que ce n’est pas la grève qui donnera conscience aux citoyens des mesures à prendre pour y faire face.

              nous ne sommes pas encore en dictature, et la grève reste un moyen d’expresion démocratique d’opposition, car elle peut par la cessation du travail arrête l’activité économique pour faire perdre e l’aegent comme tu le dis.

              cordialement.


              • catastrophy catastrophy 20 mars 2009 09:55

                 GG ou rien !


                • souklaye souklaye 20 mars 2009 10:33

                   Aujourd’hui apparemment c’est un jour particulier de grève, comme les autres.

                  Mon chaton Busta est un peu excité, les sifflets maladroits et le grognement brouillon semblent l’indisposer.
Sachant qu’il n’a que deux mois (il est né le jour de la bar mitzvah de Barack Obama), je l’ai pris sur mes genoux et lui ai narré le cirque cyclique des manifestations et pourquoi il n’y en a jamais l’été ou durant les vacances de sport d’hiver.

                  Si l’on évacue la dramaturgie syndicale, le voyeurisme médiatique, le compassionnel associatif, le romanesque politique, le droitdel’hommisme du con moyen, pardon du téléspectateur moyen, le folklore Franco-Français et que le fait d’avoir un avis différent tous ensemble est le truc absolu dans une démocratie, R.A.S rien à signaler.
Juste le bruit et les odeurs…La suite ici :

                  http://souklaye.wordpress.com/2009/03/19/bloc-note-un-jeudi-19-mars-avec-mon-chat/

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