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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > La laïcité en France, un principe républicain à portée universelle

La laïcité en France, un principe républicain à portée universelle

Les fondements de la laïcité en France sont contenus dans les principes de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits […] Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. Ces deux principes révolutionnaires, la liberté de conscience et l’égalité républicaine, associés à la loi commune, forment le triptyque de la laïcité.

L’affirmation de la laïcité par la République française s’est faite la fin de la Seconde Guerre mondiale (Constitution de 1946) ; l’article premier de notre Constitution actuelle affirme que : La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.
 
Au nom de la liberté de conscience, la République respecte donc toutes les croyances ; bien entendu, il faut entendre par croyances toutes les options spirituelles et philosophiques : l’agnosticisme, l’athéisme, la libre-pensée, ainsi que les diverses convictions religieuses. Chaque citoyen est ainsi libre d’adhérer à tout ou partie d’une croyance, de les conjuguer, d’en changer, etc. La liberté de conscience s’accompagne de la liberté d’expression : chacun peut publiquement affirmer sa foi (pas de délit d’opinion en république) ou nier le surnaturel (pas de délit de blasphème en république), tant que cette expression d’inscrit dans les limites imposées par la loi.
 
Au nom de l’égalité républicaine, l’État et les services publics doivent être neutres, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent afficher ou privilégier aucune option politique, spirituelle ou philosophique. Il leur est aussi interdit de privilégier ou de dénigrer tout citoyen à cause de ses opinions philosophiques ou spirituelles.
 
Pour ce qui concerne les religions en particulier, l’État a dû légiférer à plusieurs reprises devant la résistance des religions à ces principes, notamment en 1880-1883 (lois Jules Ferry sur l’école laïque), en 1905 (loi de séparation des Églises et de l’État) et en 2004 (loi encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics). C’est la raison pour laquelle la laïcité a pu être perçue dans un sens historique et de façon réductrice comme la République se protégeant de l’ingérence des religions et par le renvoi dos-à-dos des sphères privée et publique. Mais la laïcité ne se résume pas à une conquête séculière qui viendrait priver l’une ou l’autre religion de prérogatives anciennes.
 
La loi commune laïque permet de protéger la liberté de conscience de chaque citoyen, indépendamment de toute considération pour ce qui fonde sa croyance ; elle permet en outre d’affirmer le principe d’égalité comme prévalant sur les intérêts particuliers, fussent-ils des dogmes religieux ou des doctrines athées.

La liberté de conscience (individuelle) peut s’étendre à la liberté de culte (collective), toujours dans les limites de la loi : la République garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées […] dans l’intérêt de l’ordre public. C’est le premier article de la loi de 1905, qui rappelle aussi que la République assure la liberté de conscience. Ici, loin d’être étouffante, la loi se veut protectrice de la liberté pour les croyants de telle ou telle confession d’exprimer collectivement une foi commune. Afin de permettre que l’exercice des cultes se fasse dans le respect des règles (hygiène, sécurité, ordre public…), l’État se donne des interlocuteurs institutionnels, au moins pour les religions les plus importantes.
 
Le principe d’égalité s’impose notamment aux élèves dans les établissements scolaires publics, la loi de 2004 ayant précisé la règle s’agissant des signes et tenues religieux : Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit. Cette loi est un complément de la règle constitutionnelle qui affirme la laïcité de l’enseignement public : L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’État. L’école laïque demande à l’élève non pas d’abandonner sa culture, la religion de ses parents ou son identité, mais de se placer lorsqu’il s’agit de sciences, d’histoire ou de politique, du point de vue de l’universel, forcément abstrait, défini par la raison et l’intérêt général.
 
L’égalité s’impose aussi à tous les usagers des services publics (hôpitaux, prisons, équipements sportifs, etc.). Ici, des textes législatifs et des chartes précisent l’adaptabilité des services : globalement, toute manifestation cultuelle (prière, tenue vestimentaire, régime alimentaire, choix des personnels…) qui ne troublerait pas la bonne marche du service est autorisée. Plus le séjour des usagers dans le service est long et contraint (comme les prisons), plus des facilités pour suivre les impératifs des cultes sont offertes ; à l’inverse, les services publics dont la fréquentation est occasionnelle et volontaire (cantines, piscines…) s’en tiennent au principe d’égalité.

Dans un sens contemporain, la laïcité peut donc se comprendre comme l’affirmation par l’État, dans le fonctionnement de ses institutions ou dans la règle de droit, des principes de liberté de conscience et d’égalité républicaine, chaque fois que des sectateurs zélés ou des pourfendeurs de religions voudraient imposer une norme exclusive des principes de la République.
 
Bien entendu, comme pour toute règle, certaines exceptions héritées de l’histoire y font entorse : concordat en Alsace-Moselle, propriété et entretien par la puissance publique de lieux de culte édifiés avant 1905, aumôneries dans les écoles, etc. Ces cas doivent s’interpréter dans une lecture historique, s’agissant d’aménagements pris pour assurer une transition ou apaiser les tensions à une époque donnée. Ces exceptions historiques ne peuvent néanmoins être généralisées ou se muer en règles — certaines d’entre elles sont par ailleurs appelées à disparaître si l’on s’en tient aux termes de la loi de 1905, notamment l’article 2 qui dispose que la République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte et l’article 19, qui précise que les associations cultuelles ne pourront, sous quelque forme que ce soit, recevoir des subventions de l’État, des départements ou des communes.
 
Voilà ce qu’est la laïcité en France : un ensemble de règles communes basées sur les principes républicains de liberté de conscience et d’égalité, dont les contours juridiques et sociaux se précisent depuis la Révolution et s’adaptent à l’évolution des opinions spirituelles et philosophiques des citoyens.
 
Prise dans son sens philosophique, la laïcité est l’idéal qui rassemble le laos, le peuple, c’est le dénominateur commun qui unit les personnes par-delà les clivages des croyances individuelles et les revendications des groupes et des communautés. Cet idéal, né des droits de l’homme, a comme eux une portée universelle et pacificatrice.


Pour aller plus loin
  • Catherine Kintzler, Qu’est-ce que la laïcité ?, Vrin, coll. « Chemins philosophiques », 2007, 128 p.
  • Henri Pena-Ruiz, Histoire de la laïcité, genèse d’un idéal, Gallimard coll. « Découvertes / Culture et société », 2005, 144 p.
  • Henri Pena-Ruiz, Qu’est-ce que la laïcité ?, Gallimard, coll. « Folio / Actuel inédit », 2003, 347 p.
  • Collectif, sous la direction de Jacques Myard, La Laïcité au cœur de la République, L’Harmattan, 2003

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68 réactions à cet article    


  • San Kukai San Kukai 18 décembre 2008 15:22

    @ Arthur Mage

    Merci pour ta remarque. L’inspiration que tu évoques est une thèse assez courante qui ne repose cependant pas sur les faits.

    En termes de dates, les Bills of rights ont été proposés par le Premier congrès des États-Unis le 25 septembre 1789 et ratifiés le 15 décembre 1791. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen a été proclamée par l’Assemblée nationale française le 26 août 1789, soit un mois avant la proposition outre-atlantique.

    Jérôme-Marie Champion de Cicé avait rédigé avec le IVe bureau les 24 articles composant celui des trois projets finalement retenu ; celui du marquis de La Fayette ayant été écarté. L’attribution à ce dernier de la Déclaration et la parentée de celle-ci avec les Bills of rights n’est donc pas avérée.

    En revanche, on peut lire dans la Déclaration d’indépendance des États-Unis du 4 juillet 1776 certains des points de notre Déclaration des droits de l’homme, notamment en matière d’égalité. Les sources des Lumières sont communes pour nos deux pays, ce qui fait que des idées semblables se retrouvent dans l’un et l’autre texte.

    Enfin, si la Déclaration d’indépendance et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen sont l’une et l’autre l’affirmation de droits individuels (Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits […] Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses…), les Bills of rights considèrent en matière de laïcité non pas le citoyen, mais les religions (Le Congrès ne fera aucune loi qui touche l’établissement ou interdise le libre exercice d’une religion). Les approches ne sont donc pas de même nature, la République française ne reconnaissant aucun culte. Il s’agit par conséquent de deux types de laïcité différents, l’un considérant le droit des religions à ne pas se voir refuser leur existence ou l’exercice de leur culte, et l’autre la protection de chaque citoyen s’agissant de ses opinions, même religieuses.


  • San Kukai San Kukai 18 décembre 2008 17:10

    À moins d’une grave erreur de ma part, le concept de séparation des Églises et de l’État ne figure ni dans le premier amendement des Bills of rights (Déclaration des droits) ni dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. L’Église de France sera même religion nationale pendant les premières années de la Révolution, notamment avec la Constitution civile du clergé ; il n’est donc pas encore question dans l’un et l’autre texte d’une réelle séparation au sens de la loi de 1905, ni même de son évocation. La séparation sur laquelle se fondent les deux pays à l’époque est celle des pouvoirs, l’une inspirée par le Traité du gouvernement civil de Locke et l’autre par De l’esprit des lois de Montesquieu.

    S’agissant des influences entre France et États-Unis, de nombreuses thèses antagonistes existent ; mais rien de ce qui ressemblerait à un consensus entre historiens ne permet d’affirmer une filiation.

    Concernant les sources, si Locke a grandement influencé les rédacteurs de la Déclaration des droits, sa position concernant l’athéisme ne permet pas de fonder sur son approche la laïcité moderne (laquelle préserve tous les types de convictions). Locke affirme que la liberté de conscience ne peut être que religieuse, alors qu’elle est absolue pour les philosophes français.
    Les approches de Rousseau, Diderot, Voltaire et Condorcet, tout en condamnant le cléricalisme, privilégieront en effet une approche de l’homme en tant que tel, quelles que soient ses idées ou ses origines. Pour eux, le seul pouvoir vient de l’homme lui-même, qui s’en dessaisit volontairement au profit de la communauté humaine dans son ensemble, le peuple.
    Ces deux lectures des droits de l’homme que l’on trouve chez les Lumières divergent sur le point essentiel de l’universalisme.


  • San Kukai San Kukai 18 décembre 2008 22:58

    Merci pour ce commentaire agréable. smiley 

    Pour revenir sur la première phrase du premier amendement : d’un point de vue constitutionnel, cette phrase pourrait tout à fait s’accommoder d’un régime concordataire ; on pourrait en effet imaginer un État qui reconnaisse une religion particulière pour majoritaire, qui dresse avec elle des accords particuliers et des aménagements réciproques et permette dans le même temps une sorte de liberté de conscience religieuse. Le concordat napoléonien n’est pas très éloigné de cette acception. Par conséquent, permettre le libre exercice des religions n’implique pas forcément la séparation.

    En outre, cette phrase n’implique par forcément la laïcité non plus, puisqu’on pourrait fort bien imaginer un régime permettant l’expression religieuse et interdisant l’athéisme.

    La première phrase du premier amendement, en droit constitutionnel, signifie plutôt l’affirmation de la non-ingérence de l’État dans les religions et la garantie liberté de culte. Elle serait par exemple impossible dans une logique gallicane ou anglicane, théocratique, fondamentaliste, monarchique de droit divin ou césaro-papiste.

    Un symbole, qui peut être d’importance, est la prestation de serment du président dans chacun des deux pays : traditionnellement, depuis George Washington, les présidents des États-Unis prêtent serment sur la Bible, ce qui serait inconcevable en France.
    Par ailleurs, les écoles confessionnelles ne sont pas subventionnées aux États-Unis contrairement à la France, et le régime concordataire d’Alsace-Moselle, par exemple, y serait inconcevable.
    On voit donc que les éléments qui composent la laïcité peuvent différer d’un État à l’autre ; c’est la raison pour laquelle j’ai bien précisé que l’article traitait de la laïcité en France et non de la laïcité comme concept général.


  • San Kukai San Kukai 19 décembre 2008 08:31

    Merci pour ces commentaires.

    Je ne trouve pas d’étude probante sur la notion de laïcité telle que l’entend par exemple Henri Pena-Ruiz et le premier amendement. Tu fais référence à la prestation de serment ; les textes disponibles, par exemple pour prêter serment lors d’un procès aux États-Unis sont la Bible chrétienne sans les textes apocryphes, la Bible chrétienne avec écrits intertestamentaires, la Torah, le Coran, etc. Or, il n’est nulle part prévu de la possibilité de jurer sur un texte agnostique ou athée.

    Sans vouloir nier ou ergoter sur l’antériorité de la laïcité dans tel ou tel pays, je tente simplement d’expliquer que la notion de laïcité diffère entre le système des États-Unis et le nôtre. Il est vrai que l’article VI de la Constitution des États-Unis que tu mentionnes préciser que l’absence de profession de foi est possible, mais ceci présuppose que cette notion de profession de foi est une règle dont la Constitution permet de s’exonérer. Dans le droit français, on parle d’opinions, même religieuses. C’est à dire qu’ici, la religion est comprise parmi la multiplicité des opinions, alors qu’elle est aux États-Unis une règle dont on a la possibilité de s’extraire. On peut à ce sujet retrouver les commentaires concernant la dernière élection présidentielle aux États-Unis ; il semble inenvisageable d’y élire un président qui ne croirait pas dans le Dieu des chrétiens, en dépit de l’article VI de la Constitution.


  • San Kukai San Kukai 19 décembre 2008 14:26

    On peut aussi bien inverser ta dernière proposition : l’universalisme français lui profite parce qu’il est réaliste. En effet, les idéaux de la Révolution française, les principes de notre droit civil, la notion de séparation des pouvoirs de Montesquieu, le triptyque républicain liberté égalité fraternité, sont autant de notions politiques à vocation universelle qui ont été reprises dans de très nombreux pays, sans exclusive d’autres influences.

    Il ne s’agit pas d’en tirer gloriole ou de cocoricocoter ; comme l’écrit Pena-Ruiz, la laïcité est un idéal dont il convient d’éprouver l’adaptabilité, non un modèle français applicable tel quel. En matière d’intelligence et de sagesse, il serait vain par exemple d’opposer Augustin d’Hippone à Averroès, voire de jauger la pertinence de leur propos à l’aune de leur foi ou de leur pays d’origine. L’un comme l’autre ont contribué à l’amélioration de l’humanité dans la réflexion de l’homme sur lui-même. Ils ont nourri les philosophes d’hier et les politiques d’aujourd’hui à travers eux.

    Par conséquent, la laïcité n’est ni française, ni européenne, ni étasunienne, elle est un idéal philosophique de société humaine dont nous pouvons rendre compte de l’une des applications possibles dans un pays donné. Loin du fantasme, nous sommes ici dans le compte-rendu de l’application (ou de l’absence d’application) d’un principe à portée universelle dans un pays qui s’en recommande, sans pour autant en revendiquer une illusoire paternité. J’aurais sinon intitulé l’article : « La laïcité à la française… » smiley


  • dom y loulou dom 20 décembre 2008 14:49

    arthur... je ne répondrai plus à votre hypnose volontaire et complètement aveugle. Vous ne savez même pas que le 5ème amendement de la constitution americaine est mort en juin dernier.

    L’amendement qui stipule tous les droits de recours devant la justice.

    que croyez-vous donc qu’il reste de la constitution americaine si cet amendement a été effacé sous menace de loi martiale ? Déjà que le premier amendement est violé tous les jours depuis des années maintenant.


    Qu’est-ce que vous idolatrez exactement ? ça ?


    http://fr.youtube.com/watch?v=aCpiE7WpVVk&feature=related

    http://fr.youtube.com/watch?v=ZIP0uHnMRSg&feature=related

    http://fr.youtube.com/watch?v=r40yt6qKYs8&feature=related



    et pour cette grande te brillante croisade que tu soutiens depuis toutes ces années voilà un petit mémo ...

    http://fr.youtube.com/watch?v=EAOY1URRXBA&feature=related

    http://fr.youtube.com/watch?v=ELjgVq6GtPA&feature=related










  • JONAS Virgule 18 décembre 2008 15:00

    @ L’Auteur :

    " Les Droits de l’homme " sont une invention ! Je viens de m’inventer les Droits de les critiquer ! OK !

    Un homme il y a 2 000 ans les avait présentés sous la forme de devoirs :

    " Ne faites pas aux autres, ce que vous ne voudriez pas qu’ils vous fassent ! "

    C’est présenté sous la forme d’un devoir réciproque et cela englobe toutes les discriminations outrancières. Pas besoin d’une multitude d’articles.

    Seulement, depuis qu’on n’a coupé la tête à Louis XVI, qui représenté le pouvoir d’un vers tous, et qui avait LUI ! La modestie de dire seul maître après Dieu, une multitude de petits dieux de pacotilles, à laquelle vous appartenez ont voulu mettre leurs grains de sels.

    C’est un peu, comme si le corps donnait des ordres à votre cerveau, ils en donnent pour la faim, le froid et pour une multitude d’autres fonctions.

    Seulement voilà, le cerveau filtre les informations et refuse éventuellement l’action du corps.

    C’est la seule qui nous différencie des animaux ou de la bête !

    Si vous aviez envie de baiser et que celle que vous avez en face vous ne voulez pas, le cerveau bloque votre instinct animal, qui vous ferait la violer ! Cet exemple n’est pas limitatif, les idées d’agressions, de meurtres, etc.

    La démocratie, c’est le pouvoir de la multitude, de la masse, donc du corps et de sa force. Lorsqu’on n’a une bête féroce devant soi et qui a faim, rien ne peut l’arrêter, sauf un bon fusil ! C’est clair ou j’en rajoute ?

    Vous n’êtes pas différent des autres hommes, vous serez comme nous tous un prédateur comme nous tous.

    Vos nobles sentiments s’arrêteront à votre estomac vide depuis plusieurs jours !

    Votre tartuferie n’a comme objectif d’abuser les bobos les benêts et les truffes, prêtes à se faire ramasser.

    @ ---


    • San Kukai San Kukai 18 décembre 2008 15:57

       @ Virgule

      La citation à laquelle vous faites référence vient de Confucius (Analectes XV. 23) et elle a plus de 25 siècles : Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse à vous-même. Je vois difficilement la relation entre Confucius et Louis XVI. Il semble cependant au travers de vos propos que vous fassiez peut-être référence aux béatitudes et notamment : Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux (Luc 6, 31). La formulation est très différente entre ces deux phrases, la première prononçant un interdit et la seconde étant une invitation à agir de façon positive. Je vous invite à vous inspirer de cette dernière pour rédiger vos commentaires.

      Quant au reste de vos propos, prétendre que j’appartiens à une multitude de petits dieux de pacotille et qualifier ces quelques lignes de tartuferie, m’amuse plutôt. Je n’ai fait ci-dessus que rappeler de façon neutre quelques principes du droit français, sans plus. Si j’avais voulu affirmer ma croyance et les dogmes auxquels j’adhère pleinement, j’aurais écrit un article sur le Pastafarisme, ce qui sera sans doute le cas une prochaine fois.


    • JONAS Virgule 18 décembre 2008 17:03

      @ San Kukai :

      Géniale votre réplique : " Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux (Luc 6, 31) ".

      Commencez par donner l’exemple ! Avant de donner des leçons !

      " Celui qui connaît le monde, le monde n’est pas digne de lui ! ".

      Vous n’êtes qu’un prédateur cher Monsieur, comme tout ce qui vit sur cette planète, vous êtes en conséquence dans l’impossibilité de donner des leçons à quiconque !

      Serviteur.


    • San Kukai San Kukai 18 décembre 2008 17:39

      Si j’avais des leçons à donner, je ne m’inspirerais probablement pas de l’Évangile de Luc, mais sûrement de celle du Monstre en Spaghetti Volant.


    • JONAS Virgule 18 décembre 2008 19:48

      Personnellement, je crois que vous devriez arrêter de fumer la moquette !

      Les Bouddhistes, disent que lorsque les théières sont pleines, on ne peut plus rien verser dedans et c’est malheureusement votre cas.

      Je vous suggère la méditation, pour faire un peu de place au raisonnement et entendre les autres.

      N’ayant aucuns intérêts à vous faire partager mes idées, car il n’est pas plus sourd que celui qui ne veut rien entendre, je vous laisse à vos idéaux que je ne saurais juger.

      Bien à vous.

       


    • San Kukai San Kukai 18 décembre 2008 20:01

      Vous semblez établir une hiérarchie des croyances, entre la mienne, le pastafarisme et la vôtre, qui semble être composée des Évangiles officielles et de celles apocryphes de Thomas, tout en omettant la moitié des citations ou en citant Confucius tout en croyant citer un évangéliste… Voyez que je vous écoute, que je vous lis et que je tente même de comprendre vos propos.

      Cependant, aux yeux de la République laïque, il en va de vos croyances comme des miennes : aucunes ne prévalent sur les autres. À titre personnel, je vous dirais volontiers que vous êtes dans l’erreur, que vous vous fourvoyez dans les errements impies d’un faux dieu et qu’il ne tient qu’à vous de rejoindre le Monstre en Spaghetti Volant, Qui vous attend depuis l’aube des temps dans la compassion de Son amour infini. Mais en tant que républicain, je m’en tiendrai au registre de l’égalité et ne jugerai pas votre foi à l’aune de la mienne.


    • fouadraiden fouadraiden 18 décembre 2008 15:34


       qu’est ce que ça peut foutre au milliard de chinois ou autre millard qu’un beau jour des français et sans doute avant eux des anglo-saxons aient eu l’idée étrange de proclamer pour les leurs que l’Homme volant est libre et son vêtement spirituel laïque ?


       qui avez- vous réussi à convaincre à votre propagande ?

      ça les a til dissuadé de massacrer ts ce qui ne semblait pas entre ds leur définition les défenseurs sur papier de l’humanité qui n’existe nulle part smiley


       


      • San Kukai San Kukai 18 décembre 2008 16:21

        Je comprends difficilement le sens de vos propos ; les notions d’homme volant et de vêtement spirituel ne figurent pas dans l’article et j’ai peine à les rattacher à l’un ou l’autre des quelques concepts effleurés par le texte.

        Vous qualifiez de propagande ce qui est tout simplement le droit français ; je me suis efforcé de traduire, avec autant de simplicité que possible, l’approche de quelques auteurs dont certains sont mentionnés en fin d’article. Après un bref coup d’œil à vos articles, j’aurais pu citer aussi Soheib Bencheikh, Rachid Kaci, Mustapha Benchenane, etc. Pour ce dernier, la laïcité est le produit du génie français. […] C’est le rassemblement du plus grand nombre autour de valeurs fondamentales communes.

        Vous parlez de massacres et semblez les attribuer à la laïcité (mais peut-être s’agit-il d’une interprétation maladroite de votre phrase). Or, si l’on a pu massacrer au nom d’une religion ou de l’athéisme, cela n’a jamais été le cas au nom de la laïcité.


      • Thierry JACOB 18 décembre 2008 16:34

         Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. ..

        Parti des musulmans de France


        • JONAS Virgule 18 décembre 2008 17:07

          À condition que la religion ne soit pas une loi ! Car dans ce cas, elle saurait cohabiter avec d’autres lois.

          @ +++


        • San Kukai San Kukai 18 décembre 2008 18:45

           @ Virgule 

          Je vous avais déjà répondu sous un autre article à ce sujet :

          L’Église catholique possède un droit qui lui est propre : le droit canon. 
          Les juifs possèdent la Torah, qui n’a rien à envier au Coran en matière de loi. 
          Certaines Églises protestantes prennent les Évangiles et la Bible dans leur sens littéral pour y fonder leurs comportements. 
          Les adorateurs du Monstre en Spaghetti Volant suivent l’Évangile de Bobby Anderson et les principes du Pastafarisme, etc. 

          La République n’empêche personne de souscrire à d’autres règles en plus de celles de notre droit (tant que les comportements qui se fondent sur ces règles ne contreviennent pas à l’ordre public). La République n’exerce aucun regard sur les textes des religions et n’établit aucune hiérarchie entre les croyances. Chacun est ainsi libre de s’aliéner au bénéfice de sa foi s’il le souhaite, de s’inventer des règles propres encore plus draconiennes que celles des religions les moins permissives, etc. La laïcité, c’est aussi cela.


        • JONAS Virgule 18 décembre 2008 19:59

          @ L’auteur :

          Les religions n’ont effectivement pas force de loi, sauf lorsque les pratiquants imposent des pratiques contradictoires à la loi d’un pays et aux principes de laïcité en France.

          Les sectes sont proscrites dans notre pays.


        • San Kukai San Kukai 18 décembre 2008 21:03

           @ Virgule

          Les religions ne peuvent imposer leur loi si elle contrevient aux règles de la République. À moins que vous n’ayez un exemple à ce sujet, je ne vois pas en quoi la France aurait cédé récemment face aux lois d’une religion.

          Concernant les sectes, elles sont loin d’être proscrites si l’on s’en tient aux propos d’Emmanuelle Mignon à propos de la scientologie :
          Je ne les connais pas mais on peut s’interroger. Ou bien c’est une dangereuse organisation et on l’interdit, ou alors ils ne représentent pas de menace particulière pour l’ordre public et ils ont le droit d’exister en paix.

          Depuis quelques années, ce ne sont plus les mouvements sectaires qui sont stigmatisés, mais les infractions des membres et responsables de ces mouvements. Par conséquent, les sectes ne sont pas proscrites en France comme vous le prétendez.


        • JONAS Virgule 18 décembre 2008 21:56

          Martine AUBRY, maire de Lille, présidente du PS, a fait réserver dans les piscines municipales de sa ville, des heures réservées à la baignade des Musulmanes à l’exclusion de tous hommes, conformément à la Loi Islamique.

          C’est une allégeance et de la discrimination, c’est de plus une violation des lois Française sur légalité des citoyens.

          Les exemples sont assez nombreux pour remplir plusieurs pages.

          Excusez-moi, je n’ai plus de temps à perdre sur ce Blog.

          Cordialement.


        • San Kukai San Kukai 18 décembre 2008 22:26

           Il ne s’agit pas d’un blog mais d’un espace citoyen.

          Dans le cas que vous citez, la France n’a en aucun cas cédé à la loi d’une religion. Il s’agit d’une municipalité qui a réservé l’usage d’un établissement sportif pour des femmes à une heure spécifique, sans distinction de religion. Que des femmes de religion musulmane aient fréquenté majoritairement la piscine dans ces créneaux horaires est une évidence. Mais prétendre que la piscine leur était réservée à l’exclusion des femmes se réclamant d’une autre religion ou d’aucune est totalement faux.

          Voir l’article de l’Express ou celui du Nouvel Obs à ce sujet. (NB. Les voiles sur les hublots ont aujourd’hui été retirés.)

          Effectivement, cet aménagement est contraire aux règles de la République, non pas en vertu de la laïcité, mais de l’égalité entre les sexes. Je ne vois donc pas ce que votre exemple a à voir avec l’article.


        • Jean-Paul Doguet 18 décembre 2008 16:53

          Bonjour,
           Je pense qu’historiquement cet article comporte des affirmations discutables. Les hommes de 89 n’étaient pas exactement laics et la constitution civile du clergé, pas plus que le concordat napoléonien qui lui a succédé, n’était pas laique. La laicité c’est en effet le fait que l’Etat ne subventionne ni ne reconnaisse aucun culte, ce qui garantit à la fois la neutralité religieuse de l’Etat et l’indépendance complète des églises. Il n’y avait rien de tel en France sous la révolution. la laicité remonte à 1905 même si bien sûr elle hérite de 8ç, et si le projet de séparation de l’Egmlis et de l’Etat a été évoqué bien avant. 


          • foufouille foufouille 18 décembre 2008 17:19

            @ mage
            sur leur dollar, il est ecrit "in god we trust"
            vachement laic


          • San Kukai San Kukai 18 décembre 2008 17:36

            La définition d’une laïcité réduite à la séparation de l’État et des Églises a le défaut de ne pas prendre en compte les athées, les agnostiques, les libres-penseurs et tous ceux qui croient en quelque chose sans qu’il y ait un culte pour encadrer cette croyance… c’est-à-dire à peu près la moitié de la population française. La laïcité préserve la sphère publique de l’influence des quatre religions concordataires, tout comme de l’athéisme ou des sectes, par exemple.

            Effectivement, la Constitution civile du clergé et le concordat n’étaient pas laïques. Mais les idées de la laïcité existaient chez Condorcet, par exemple, avant la Révolution, et on a commencé à les mettre en pratique dans les années 1880, soit un siècle plus tard. On parle de personnel laïque dans la loi Goblet de 1886, mais on ne parle pas de laïcité dans la loi de 1905… La laïcité est un processus qui n’est pas encore achevé et ne le sera sans doute jamais.

            Par conséquent, limiter l’origine et la nature de la laïcité à la loi de séparation est impropre. Il faut bien considérer ici que beaucoup parmi les catholiques et les anti-cléricaux, tout à leur combat, renomment la loi de 1905 en loi de séparation de l’Église et de l’État, oubliant ainsi l’universalité de ses principes, contenus dans les deux premiers articles, dont celui de la liberté de conscience.

            La laïcité, c’est la protection par l’État des opinions spirituelles et philosophiques, l’affirmation de l’égalité des citoyens quelles que soient leurs croyances, et la loi commune à tous (avec son corollaire : la neutralité de l’État). La séparation progressive, juridique, sociale et philosophique, avec la religion catholique est un processus historique qui commence bien avant 1905 ; si la séparation est comprise dans la laïcité, elle ne la résume cependant pas.


          • docdory docdory 18 décembre 2008 19:43

             @ San Kukai 

            Une première mouture de la loi de 1905 existait dans les premières années de la révolution  :
            Le 18 septembre 1794 (2ème jour complémentaire de l’an II), la Convention thermidorienne vote la séparation de l’Eglise et de l’Etat .
            « Les nouveaux gouvernants se trouvent aux prises avec une Eglise constitutionnelle qu’ils subventionnent tout en s’efforçant de l’anéantir et un clergé réfractaire qui a montré sa force de résistance, notamment dans l’Ouest où la guerre civile continue. Leur raisonnement est simple : c’est l’argent de l’Etat qui a permis aux prêtres constitutionnels de se maintenir. Le 18 septembre 1794, sur rapport de Cambon, le budget des cultes est supprimé sans débats. « La République ne paie ni ne salarie aucun culte ». (Jean Tulard, Les Thermidoriens, Fayard, page 340)

            Cinq mois plus tard, la Convention thermidorienne complète cette séparation de l’Eglise et de l’Etat par un décret encore d’actualité ! Le 21 février 1795 (3 ventôse an III), la Convention thermidorienne vote un décret que j’aimerais voir appliqué aujourd’hui !

            « Article premier. Conformément à l’article 7 de la Déclaration des droits de l’homme et l’article 122 de la Constitution, l’exercice d’aucun culte ne peut être troublé.

            Article 2. La République n’en salarie aucun.

            Article 3. Elle ne fournit aucun local ni pour l’exercice du culte ni pour le logement des ministres.

            Article 4. Les cérémonies de tout culte sont interdites hors de l’enceinte choisie pour leur exercice.

            Article 5. La loi ne reconnaît aucun ministre du culte. Nul ne peut paraître en public avec les habits, ornements ou costumes affectés à des cérémonies religieuses.

            Article 6. Tout rassemblement de citoyens pour l’exercice d’un culte quelconque est soumis à la surveillance des autorités constituées. Cette surveillance se renferme dans les mesures de police et de sûreté publique.

            Article 7. Aucun signe particulier à un culte ne peut être placé dans un lieu public ni extérieurement de quelque manière que ce soit. Aucune inscription ne peut désigner le lieu qui lui est affecté. Aucune proclamation ni convocation publique ne peut donc être faite pour y inviter les citoyens.

            Article 8. Les communes ou sections de commune, en nom collectif, ne pourront acquérir ni louer de local pour l’exercice des cultes.

            Article 9. Il ne peut être formé aucune dotation perpétuelle ou viagère, ni établi aucune taxe pour en acquitter les dépenses.

            Article 10. Quiconque troublerait par violence les cérémonies d’un culte quelconque ou en outragerait les objets, sera puni suivant la loi du 19-22 juillet 1791 sur la police correctionnelle ». (Jean Tulard, Les Thermidoriens, Fayard, page 341)

             

             

             


          • San Kukai San Kukai 18 décembre 2008 20:45

            Merci pour ces rappels. Effectivement, la loi du 2 pluviôse an III et le décret du 3 ventôse de la même année préfigurent la loi de 1905. On y retrouve la protection de l’exercice du culte après plusieurs années de répression de l’expression religieuse. Celle-ci avait été remplacée par le culte de la Raison et de l’Être suprême par Robespierre. Le discours de Boissy d’Anglas devant la Convention nationale sur la liberté des cultes (février 1795) est d’une très grande modernité :

            Citoyens, le culte a été banni du gouvernement, il n’y rentrera plus. Vos maximes doivent être à son égard celles d’une tolérance éclairée, mais d’une indépendance parfaite. […] Les pratiques religieuses peuvent s’exercer aussi ; elles ne sont pas des délits envers la société. L’empire de l’opinion est assez vaste pour que chacun puisse y habiter en paix. […] Les cultes, quels qu’ils soient, n’auront de vous aucune préférence.

            On pourra aussi rappeler la Constitution de l’an III (1795) :
            Nul ne peut être empêché d’exercer, en se conformant aux lois, le culte qu’il a choisi. Nul ne peut être forcé de contribuer aux dépenses d’un culte. La République n’en salarie aucun.

            Effectivement, ces textes contiennent tout de la laïcité : indépendance de l’État, protection des opinions et de l’exercice des cultes, autant de principes que l’on retrouve dans la loi de 1905 ; seul l’article sur le port des costumes religieux en public semble avoir disparu.

            Malheureusement, tout ceci disparaîtra avec le concordat en 1801 et il faudra plus d’un siècle pour retrouver tout l’équilibre prôné par la Convention thermidorienne. Merci encore pour ces éléments.


          • Jean-Paul Doguet 19 décembre 2008 00:06

            Oui je sais, mais j’ai des réserves vis à vis de l’idée que la déclaration des droits de l’homme de 89 serait laique. Je pense que c’est faux et que c’est un abus de langage. Elle ne se prononce pas du tout en réalité sur la question de la relation Eglise/Etat, et par ailleurs elle mentionne "sous les auspices de l’Etre suprême", ce qui n’est pas spécialement laic, c’est le moins qu’on puisse dire. Elle porte la marque d’un déisme à la Rousseau. Vous ne pouvez pas dire que les principes de la laicité viennent de cette déclaration, ce n’est pas vrai. C’est ce que disent des gens comme Pena Ruiz et c’est discutable. 
             
            Il n’y a eu à ma connaissance qu’un épisode au XIXe de séparation de l’Eglise et de l’Etat, qui a été la Commune de Paris en 1871. 

            D’accord pour reconnaître bien sûr un héritage et une continuité d’inspiration depuis les Lumières et Condorcet jusqu’à 1905. Pas d’accord pour faire du téléscopage. 


          • Jean-Paul Doguet 19 décembre 2008 00:09

            "In God we trust" a été inscrit sur les billets de dollars à la demande d’Eisenhower à l’époque de la guerre froide. C’est de l’idéologie et ce n’est pas du tout une devise officielle, ni historique. 


          • San Kukai San Kukai 19 décembre 2008 00:50

            Merci pour ce commentaire sur 1789 et la laïcité. Je me suis sans doute mal exprimé dans l’article.

            Pena-Ruiz ne dit pas que la laïcité a été créée en 1789, mais que la Déclaration des droits de l’homme contient les principes sur lesquels la laïcité s’est bâtie depuis plus de deux siècles, la loi de 1905 étant une des étapes les plus importantes de la laïcisation.

            Sa thèse vient en fait en opposition à celle de Patrick Cabanel, ou à celle de Jean Baubérot (ou de Jean-Claude Barreau, ou de Henri Madelin), qui voient dans la laïcité une source essentiellement religieuse basée sur le césaro-papisme et le gallicanisme et relativisent les apports des Lumières et de la Révolution. Pour Pena-Ruiz, Marianne n’est pas César et la laïcité ne peut se réduire à la séparation abstraite du temporel et du spirituel. Il inscrit la laïcité dans une filiation philosophique et des valeurs universelles, au lieu de la réduire à une opposition entre religieux et anti-cléricaux, voire entre papauté et IIIe République, entre catholiques de droite et humanistes de gauche, etc. Pour lui, la laïcité est le dénominateur commun du peuple, pas seulement la vestale des institutions républicaines — s’il reconnaît la laïcisation de combat, il la voit surtout comme une lutte contre la résistance de l’Église catholique dans l’abandon de ses prérogatives anciennes.
            Docdory a rappelé très justement la loi du 2 pluviôse et le décret du 3 ventôse de l’an III. Relisez-les, toutes les bases de la loi de 1905 y sont.

            Axer la laïcité sur la seule loi de 1905, c’est permettre que les articles exceptionnels de la loi deviennent des généralités (par exemple pour les aumôneries), comme le souhaitent nombre de religieux. Tout centrer sur la loi de 1905 aboutit à la mise en exergue de son opposition avec le régime concordataire d’Alsace-Moselle, que d’aucuns souhaiteraient voir généralisé à l’entier territoire — les réformes de la loi de 1905 que certains envisagent permettraient d’un coup d’un seul de relativiser l’importance de la laïcité. En revanche, en plaçant la laïcité à la source de ce qui fait notre droit, à la racine de notre Constitution, en rappelant sa place dans l’article premier et dans le préambule, on la sacralise d’une certaine façon. La réformer serait ainsi nier l’entière conception universaliste qui a bâti notre droit depuis plus de deux siècles, ce qu’aucun politique ne pourrait se permettre, quelles que soient ses accointances avec telle ou telle religion.

            Ce sont les raisons pour lesquelles trouver dans les principes de la Révolution et des Droits de l’homme les racines de la laïcité est à la fois juste sur un plan philosophique, ainsi que sur un plan politique pour qui veut préserver et défendre cet idéal.


          • Jean-Paul Doguet 19 décembre 2008 09:12

            Vous me dîtes :"Pena-Ruiz ne dit pas que la laïcité a été créée en 1789, mais que la Déclaration des droits de l’homme contient les principes sur lesquels la laïcité s’est bâtie depuis plus de deux siècles, la loi de 1905 étant une des étapes les plus importantes de la laïcisation."
             
            C’est précisément cette idée que je critique, elle me semble tout simplement inexacte. Pena Ruiz a une position maximaliste que vous avez tendance à reprendre à votre compte. Il ne faut pas confondre deux choses liées certes mais différentes, qui sont d’une part la liberté de conscience et de culte et de l’autre la laicité, qui est la complète séparation de l’Eglise et de l’Etat. La majorité des pays européens garantissent aujourd’hui la première sans être pour autant laics, soit parce qu’il y a un concordat, soit parce qu’ils ont un budget des cultes soit parce qu’ils ont une Eglise d’Etat, et parfois les trois à la fois. La France au XIXe siècle a à peu près garanti aussi cette liberté sans être pour autant laique. Il est abusif d’amagamer ces deux faits. 


          • San Kukai San Kukai 19 décembre 2008 12:37

            Je veux bien admettre que vous contestiez la thèse de Pena-Ruiz, qui s’inscrit dans les écrits de Condorcet, et à laquelle souscrivent par exemple Catherine Kintzler, Caroline Fourest, Fiammetta Venner, Jean-Claude Milner ou Jean-Paul Scot.

            Mais si vous dites que l’idée est inexacte, ce qui est tout à fait admissible par ailleurs, il faudrait mettre en face une autre théorie s’y opposant.


          • San Kukai San Kukai 19 décembre 2008 13:53

            Juste un petit truc qui me trotte dans la tête : vous dites que la laïcité est la complète séparation de l’Église et de l’État. Cette définition, régulièrement utilisée, me semble fausse pour plusieurs raisons :

            La complète séparation de l’Église et de l’État signifierait que l’on exclue de la laïcité les autres Églises de l’équation laïque, c’est-à-dire toutes celles qui ne seraient pas l’Église catholique romaine (ainsi que l’athéisme, l’agnosticisme et la libre pensée). Par conséquent, le port du voile à l’école devrait être autorisé puisqu’il n’entrerait pas, selon la définition ci-dessus, dans le champ de la laïcité. Or, la loi de 2004 est appelée : loi encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics. Pour la République, la laïcité ne se résume donc par à l’Église, mais s’étend aussi aux autres religions voire à l’ensemble des croyances et options spirituelles ; la loi française est résolument une loi commune. C’est la première raison pour laquelle la définitions ci-dessus ne peut convenir.

            Par ailleurs, la loi de 1905 qui a vos faveurs (appelée aussi loi sur la laïcité) affirme trois principes dans ses deux premiers articles : la liberté de conscience, le libre exercice des cultes et l’absence de reconnaissance des cultes par la République. Ces principes sont indissociables ; ce sont sur eux que sont construites toutes les règles de la loi de 1905. Supprimez l’un de ces termes et l’ensemble du texte n’a plus de sens ; la laïcité est donc la réunion de ces trois principes. Voilà pour la seconde raison.

            S’agissant de la troisième : serait-il admissible, si l’on réduit la laïcité à la distinction entre les Églises et l’État, que l’athéisme devienne règle de droit ? La réponse est bien entendu négative ; au nom de l’égalité républicaine, l’athéisme ne prévaut par sur les religions ; il s’agit d’une opinion comme une autre. Par conséquent, au nom de la laïcité, l’État doit se garder de l’influence de l’ensemble des croyances, que celles-ci soient théistes, panthéistes, déistes, agnostiques ou athées.

            Voici les raisons pour lesquelles, d’un point de vue juridique et d’un point de vue philosophique, la laïcité ne peut se réduire à la complète séparation de l’Église et de l’État.


          • dom y loulou dom 20 décembre 2008 15:04

            oui on comprend... mettre de côté ce que vous ne voulez pas voir et croire que dès lors cela n’existe pas...

            tellement pratique...

            vous croyez peut-être même que la réalité ne dépend que de votre glorieuse vue sur le monde ? pensée magique ?

            aterrant.


          • dom y loulou dom 20 décembre 2008 15:05

            commentaire allant au grand mage arthur...


          • foufouille foufouille 18 décembre 2008 17:17

            cet article va attirer tous les fou de dieu
            (leur dieu, bien sur)


            • San Kukai San Kukai 19 décembre 2008 13:22

              Pour l’instant, il s’agit surtout de réflexions sur la nature et la portée de la laïcité. Quant à la folie religieuse, son exclusivité ne semble pas acquise… la croyance en l’athéisme a aussi généré bien des folies collectives.


            • San Kukai San Kukai 18 décembre 2008 19:12

               Merci, vraiment. smiley


            • maharadh maharadh 18 décembre 2008 19:05

              À ceux qui par leur silence complice ou leur soutien au voile dans les services publics utilisent leur bonne conscience et leur "tolérance" comme cache-sexe de leurs erreurs et de leurs abdications passées.

              Ils connaissent et reconnaissent si peu nos combats de femmes issues des migrations, de celles qui depuis leur enfance ont eu à subir ce qu’ils ne veulent pas savoir, parce qu’il est plus simple de tricoter de l’idéologie et des concepts à la tribune des conférences que d’être confronté aux cris et au sang des tribunaux pour enfants, aux mots qui défilent dans nos gorges en colliers de sanglots.

              Dans le passé, ils disaient et soutenaient le mot d’ordre : "Mon corps m’appartient". Certains n’ont pas vu le temps passer et l’utilisent encore (si, si !) comme justifications de leurs petites pulsions.

              Quand je dis que mon corps m’appartient, c’est que je sais dans mon corps et dans ma mémoire ce que cela signifie ! De générations en générations, les femmes de nos familles nous ont transmis leur aliénation derrière leurs silences et leurs paupières baissées, dans leurs pudeurs de femmes battues et polygamisées, contrôlées dans leurs déplacements, faits et gestes disséqués par le regard patriarcal. Tous les hommes sont nos pères quand il s’agit d’oppresser, de dénoncer cette jupe trop courte, ces longs cheveux au vent, les vibrations de nos corps et les marches rythmées de nos hanches dans les rues de Paris.

              Vous défendez les droits de celles qui se soumettent librement à des pratiques archaïques et rétrogrades. Vous êtes même soutenus par les pays musulmans les plus antidémocratiques, ceux qui instituent la charia et la sunna comme pratique législative.

              Notre parole serait moins audible que la parole de celles qui se soumettent aux dogmes religieux et cachent leurs cheveux et leur corps ? C’est tellement émouvant et rafraîchissant pour vous d’avoir un nouveau combat à soutenir, et qui plus est celui de "jeunes filles" voilées !

              Vous pensez que l’école laïque offre des chances d’égalité alors que pendant des dizaines d’années vous n’avez jamais transmis dans vos classes la beauté, le savoir, la culture arabo-berbère. Si ces jeunes femmes fréquentaient Saint-Nicolas-du-Chardonnet, vous seriez déjà des milliers dans la rue à défendre la laïcité, alors que nous qui pratiquons la liberté absolue de conscience sommes à vos yeux les intégristes d’une République qui serait raciste et néo-colonisatrice.

              L’avenir sera celui de la réaffirmation de l’égalité des droits pour une République démocratique, laïque et sociale, et nous en serons les Mariannes à la peau mate, celles qui sont la cible du FN, enfants de la guerre de Libération, de toutes les libérations.


              • San Kukai San Kukai 18 décembre 2008 19:49

                 @ maharadh

                Vous posez ici la question d’un point qui se trouve à la frontière de la laïcité et d’autres droits.

                Vous parlez de ceux qui soutiennent le voile dans les services publics. Les usagers des services publics peuvent y exprimer leur religion, tant que cette expression ne gêne pas la bonne marche des services. À l’école, la loi de 2004 ne permet pas le port de signes ostensibles ; ceci vaut pour toutes les religions. Les agents publics, quant à eux, ne peuvent porter de signe religieux distinctif dans le cadre de leur fonction.

                Vous dites que je défends les droits de celles qui se soumettent librement à des pratiques archaïques et rétrogrades. Je ne défends les droits de personne, faisant simplement dans l’article un rappel du cadre juridique français concernant la laïcité. Votre opinion, qui qualifie le voile de pratique archaïque et rétrograde, n’est pas moins ni plus valable, aux yeux de la République dans l’état actuel du droit français, que l’opinion de celles qui revendiquent le port du voile et assignent la France devant la Cour européenne des droits de l’homme. Ce sont des opinions ; la République doit simplement veiller à ce que l’expression de ces opinions se fasse dans le cadre républicain : c’est à dire qu’elles ne soient pas empêchées par ceux qui s’y opposent et qu’elles ne contreviennent pas aux règles de droit et à l’ordre public.

                Je ne sache pas que votre position m’ait fait jamais vous qualifier d’intégriste d’une République qui serait raciste et néo-colonisatrice. Je reconnais dans vos propos les écrits de Chahdortt Djavann ou de Ayaan Hirsi Ali, pour qui le voile est un marquage visible de la soumission de la femme. S’il s’agit là d’un débat qui doit avoir lieu à l’intérieur de la religion islamique et dans l’espace républicain, des femmes telles que Catherine Kintzler, Caroline Fourest ou Élisabeth Badinter, qui dénoncent toutes trois ce marquage à titre personnel, rappellent que tant que le voile n’est pas de façon avérée et constituée, une marque de discrimination et s’il n’est contraire à aucune loi, alors il doit être autorisé au même régime que les autres signes religieux. C’est aussi cela la laïcité.


              • JONAS Virgule 18 décembre 2008 21:57

                Martine AUBRY, maire de Lille, présidente du PS, a fait réserver dans les piscines municipales de sa ville, des heures réservées à la baignade des Musulmanes à l’exclusion de tous hommes, conformément à la Loi Islamique.

                C’est une allégeance et de la discrimination, c’est de plus une violation des lois Française sur légalité des citoyens.

                Les exemples sont assez nombreux pour remplir plusieurs pages.

                Excusez-moi, je n’ai plus de temps à perdre sur ce Blog.

                Cordialement.

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