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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > La montée des marches de Jérôme Kerviel et d’Abel Ferrara au festival (...)

La montée des marches de Jérôme Kerviel et d’Abel Ferrara au festival de Kahn

Deux infos ont été diffusées en boucle par les médias ce jour : L'une concernait ce film opportuniste, « Welcome in New York », de Ferrara, inspiré par l’affaire DSK, et l'autre sur les déambulations et les saillies paranoïaques de Jérôme Kerviel, prêt à enfin rentrer en France pour être emprisonné. Mais il faut lire le mot « près » plutôt dans son sens de rapprochement géographique. Bien que les s et le t se suivent dans l’ordre des lettres de l’alphabet, les pieds des marcheurs parfois se rebiffent, hésitent.

Mais aux dernières nouvelles, notre homme serait rentré, une meute de journalistes à ses trousses. Ce qui n’est pas si facile pour eux, appliqué à un homme qui marche à reculons. Maintenant, soyons sûrs qu'il parviendront à l'entendre malgré les murs de la prison...

Quoi d'autre de commun entre les deux hommes : Ferrara comme Kerviel jouent sur la capacité d'attraction des journalistes pour répondre à la provocation. Tous ceux qui se moquent des contraintes, pourront facilement y voir un encouragement, voir une vocation offerte, un nouveau genre n’ayant pas peur de se définir…

On joue à Cannes, dans quatre salles, ce film de Ferrara n'appartenant pas à la sélection. C'est une façon de passer par la fenêtre, de faire la nique aux sélections officielles, qui c'est certain, sont critiquables, mais qui néanmoins répondent à une fonction, une organisation, une loi.

De tous temps, il y a eu des starlettes pour montrer leurs yeux, et le reste à l'avenant, et d'autant plus qu'elles n'étaient pas très connues, ou avaient les dents longues, en "off", sur les plages, près des escaliers, perchées sur des décapotables, n’importe où, là on voulait bien les photographier... Il faut bien se peindre de couleur rouge, quand on ne peut monter sur le même tapis.

Ce film a donc choisi cette voie d'avenir : Faire la bronca, comme on disait dans le temps, de l'agitprop comme on disait après, le buzz comme on dit maintenant, s’emparant d’ un sujet pas très glamour, mais porteur…Couillu comme on dit maintenant, pour parler de ces « beaux bébés » faisant dans tous les excès ... Bon, c’est l’époque qui veut ça. Une époque libidineuse, comme toutes celles d’avant, mais mettant la barre de plus en plus haut dans la transgression. Les charmes soft d’Emmanuelle, navet érotique des années 70, sont bien loin ! Et même les frasques désenchantées et névrosés du « dernier tango à Paris » ayant amené à la dépression la jeune Maria Schneider, paraîtront pour une bluette désenchantée à certains.

Ceci sent le vieux licencieux fatigué, le vieux camembert trop fait, le lecteur du marquis de Sade voulant passer aux arts appliqués. Pas facile de trouver de nouvelles recettes, de nouvelles sauces relevées quand on a épuisé les délices du fromage frais. On va donc chercher dans le « reality show », le torve ! La culture « closer », sans préservatif fait tache d’huile…On vit quand même une époque formidable ! Libérée nous dit-on...

Car, heureusement pour le spectacle et le commerce, et les avocats, les yankees continuent à être choqué, à faire tout un cirque, comme naguère nos curés d'avant je ne sais quel concile ! Pas par la misère infinie du monde bien sûr, mais pour les turpitudes sexuelles, surtout si elles concernent les puissants ! Il arrive même que juste la vue d'un sein ( et non d'un saint) les mette en transe. Ah oui, je me souviens de celui de Janet Jackson débordant inopinément de son corsage.

La racine du mot "inopinément" poserait problème aux traducteurs américains connaissant mal le français, et l'interprétant à leur manière, en la transformant en racine du mal, au moins au carré de sa puissance viagra. Il faut faire attention à ce qu’on dit, à ce qu’on fait, dans cet étrange pays, où ironiquement, le port d’armes de guerres n’est pas prohibé, mais où pisser contre un arbre peut vous emmener devant un grand jury. Une autre façon de revivre « en live », les aventures de notre capitaine d’économie, me direz-vous.

Tout est question d'interprétation, bien sûr, vous dira-t-on, même et surtout quand les chiens de toutes sortes se déchainent. Et même pas la peine de se payer une suite au Sofitel !… Le genre, le sujet, et la façon…on voit donc une continuité de style. Espérons tout de même que ce film n’aille pas jusqu’à faire dans la récupération morale : « Voilà mes pauvres bougres, où en sont vos maîtres, et pourquoi le pouvoir vous met à genoux ! Compatissez donc à leur malheur, vous en ferez une vertu ! »

Mais je m'égare, où en étais-je ? Ah oui, peut-être sur les pas de ce brave Jérôme le repentant, très sec, pas rasé, menton décidé, à la façon d'un croisé moderne, jésuite dans ses chaussures de marche, qui a enfin compris qu'il était un mauvais garçon. Dans le temps, bien sûr, c'était une autre époque...

Après avoir vu celui de Rome, il veut parler maintenant avec notre pape François le Hollandais en direct, du haut du palais du saint esprit, pour se faire absoudre de tous ces pêchés boursicoteurs. Il a été tout de même condamné pour abus de confiance, faux, usage de faux et introduction frauduleuse de données dans un système automatisé. Mais tout cela c’est du passé ! Il veut bien dire deux "notre père" et trois "jésus marie" pour s'excuser. Sinon, il bénit les chapelets que vous trouverez pour trois fois rien si l'on déduit la TVA, et s'apprête sûrement à écrire un ouvrage sur cette sainte marche, à coté de laquelle Compostelle fait maintenant bien pâle figure

Il demande donc juste en langage païen qu’on passe un coup d’éponge sur le pare brise, une remise des compteurs à zéro…

N’empêche, toute une partie de l’affaire est occultée par le tintamarre. Les buts de cette occupation médiatique sont bien sûr à long court, avec retour sur investissement sûrement très lucratif. Outre ce que l’on montre, ce que l’on demande, reste ce que l’on attend : Se transformer en Robin des bois, après avoir été le shérif de Sherwood permet de donner un peu plus de couleurs à un personnage terne, au service des puissants, et permet d’entretenir de solides retours sur intérêts, maintenant que Kerviel a été absout de rembourser ces cinq quelques milliards d’euros envolés par un miracle du saint esprit. Un film aux dernières nouvelles serait tiré de cette belle aventure ! Gageons qu’il prendra l’année prochaine la place de celui de Ferrara, dans les salles, en off….

C’est pas « ouf », tout ça ! Ou admirable, pour parler comme autrefois, et l’on pense à saint-Nanard, fort en gueule et en capacité d’auto défense. Bernard Tapie a bien été le prophète de toute une légion de commerciaux qui se sont lancés à corps perdu dans tous les domaines, avec souci de se vendre avant tout, et de se moquer du commun, en brandissant les grands principes. Ce n’est pas pour rien que l’homme a commencé sa carrière dans la chanson pour midinette.

La larme à l'œil vous vient en écoutant Kerviel, le pieux, pleurer sa rengaine. La musique du tombeau des regrets de monsieur de sainte colombe, et les accords de théorbe, ne seraient pas de trop pour nous attendrir définitivement, comme une de viande qu’on passe à la javel ! C’est comme ça qu’ils font là bas, façon « Guantanamo ». dans le grand pays US, avec des grandes claques dans le dos pour transformer dans les abattoirs n’importe quelle vieille carne en tendron. Mélenchon, que l’on pensait un peu plus fort de café équitable s’est déjà laissé avoir, et trouve à ce bel innocent des relents de Dreyfus.

Faut-il que Sapin n’ait pas de cœur pour continuer à comparer ce vaillant capitaine à un escroc ? Les milliards d’euros et de dollars et les feuilles mortes s'envolent au vent, l’espace d’une macro seconde, d’un ordre d’achat disjoncté, sous influence de la cocaïne ....Ah ! Les stups…Le viagra, la coke…Les amphé…

C’est dingue ce que tous ces personnages du ciné, de la politique et de la bourse au fond possèdent en commun ! Quel dommage que DSK ne l'ait pas accompagné dans un habit de bure, sur ce chemin de croix, en se flagellant ! Les maîtres italiens en aurait fait un chef d'œuvre, renaissance tardive.. Le jeune samaritain et le vieux débauché repentant, faisant moult saintes génuflexions, juste attentifs à baiser le sol pavé qui va de Rome à Vintimille, auraient eu fiers allures....

Mais l’ancien président du FMI ne veut plus qu’on accroche quoi que ce soit aux trois initiales de son nom, comme à un porte manteau, serait-ce un crucifix. Il a porté plainte contre « Dédé la saumure », pour avoir affiché sa photo pour l’ouverture de son club, le DSK. On comprendra qu’il a la tête ailleurs que dans les médias, et qu’il ait envie peut être enfin de se faire ermite, tant cela ressemble à une cure de dégoût.

C'est vrai qu'au temps jadis, il arrivait que nos puissants, à l'approche de la mort, terrorisés par le jugement dernier, fassent repentance, et prennent la route vers un monastère, après avoir distribué tout leur avoir aux pauvres.

On a beau dire, la religion n'était pas tout à fait mauvaise, avec cette histoire d’œil de Caïn qui restait tout de même le seul élément susceptible de les faire réfléchir à leurs actions. La cour des comptes ne parvient pas maintenant à ces miracles de rédemption. Pas de peintres, genre Le Caravage, qui n’avait pas été lui non plus un enfant de chœur, mais quand même beaucoup de journalistes, sur les talons de notre saint-Jérôme. Saint-Jérôme, ce saint ermite, qui passa sa vie à prêcher, dénonçant les vices et les turpitudes des uns et des autres….

Ces choses là ne s'inventent pas ! Les journalistes ayant une attraction pour la provocation, et tous ses produits, ne soyons pas étonnés quand les paranoïaques et les mégalo se mettent à déféquer, sur les marches du festival de Cannes ou ailleurs, sur les routes d'Italie !

On ne tourne pas tous les jours un petit miracle de comédie et de légèreté, comme « Vacances Romaines », avec une Audrey Hepburn bellissima, et la triste production de nos élites et de nos artistes, nous ramènent plutôt aux frasques totalitaires, qui ont si bien inspiré les grands metteurs en scène de ce pays : Pasolini, Fellini, Rossi.

Tiens, il me revient ce film de Dino Risi, « la marche sur Rome », réalisé en 1962, qui évoque cette marche de Mussolini, à travers les aventures comiques et piteuses de deux chemises noires…

.

Tout se rejoint en monde, et tous les chemins convergent vers Rome, ou peut-être bien vers Cannes….Ferrara-Kerviel… Avec bien sûr les images en copié-collé de DSK s’offrant malgré lui dans le panoramique de ces plans séquences alternées, passant sur France info, sur toutes les chaînes de radio et de télé en continu. Dans cette valse tournicotant, J’ai pensé à ce sketch magnifique de Raymond Devos, qui s’intitule « Je zappe »

Extraits :

Hier soir, après dîner, ma femme me dit : -Qu'est-ce qu'on donne ce soir à la télé ? Je lui dis : -Il y a deux films. Sur une chaîne, il y a Thérèse dans un genre pieux... enfin, classé pieux ! Et sur l'autre chaîne, il y a Emmanuelle dans un genre tout à fait différent, classé X ! Elle me dit : -Eh bien moi, je vais me coucher... Pas toi ? Je lui dis : -Non, je crois que je vais rester encore un peu voir le film. Elle me dit : -Lequel ? Je lui dis : -Emma... (rectifiant)... le pieux... le pieux avec un X ! Elle me dit……"

Sans vouloir me comparer à ce génie de l’humour, j’ai eu moi aussi cette expérience religieuse, à trop écouter les infos…. Mais ce n’était pas le visage de Thérèse, qui passait sur le corps d’Emmanuelle. Car le fait d’amalgamer les deux informations de façon syncopée, n’avait vraiment rien de particulièrement enthousiasmant, sinon de les faire s’imposer à nous « à notre corps défendant » comme une évidence médiatique des temps.

Juste le révélateur de l’état du monde, en dépit du plein gré des journalistes, aurait dit Richard Virenque, autre opportuniste bourré d’amphétamines : Toute puissance de l’argent, fascination des grandes gueules, mégalos, menteurs, hâbleurs, opportunistes, personnages véreux et insipides nous toisant de leur morgue, et revendiquant les micros, les caméras, les régimes de faveurs, et les grâces présidentielles.

Le tapis rouge, s’il n’est pas sous vos pieds, il suffit de le fabriquer !

Retour à Devos, et non à Davos :

« Je zappe sur Thérèse. En extase ... ! Elle était chez son confesseur qui lui dit : -Qu'est-ce qui vous arrive ? Elle lui dit : -J'ai une crise de foi ! Il lui dit : -Il faut prendre le voile. Voilez-vous ! J'ai dit : Le temps qu'elle le mette, moi je vais les mettre sur Emmanuelle. Je zappe sur Emmanuelle. Elle avait tout dévoilé ! Alors là, je me suis dit : Il faut que tu choisisses... Ou tu vois le « voilé » ou tu vois le « dévoilé » ! Voilà ! Alors, le « voilé » ou le « dévoilé » ? Ah, j'ai dit, vois-les... Vois les deux ! Et j'ai zappé avec une telle rapidité que les images n'arrivaient plus à suivre ! »

Raymond Devos le bienheureux, que les vrais saints le prennent en charge au paradis, ne savait pas à quel point il était prophète, avec cette histoire de voile, qui ne dévoile plus, mais qui recouvre, qui se joue, qui fait la danse des sept voiles de Shéhérazade, dans un feuilleton autrement moins gracieux.

Et les médias copains, coquins, en font des drapés, remplissent des armoires de linge sale, nous faisant passer de l'un à l'autre de ces deux informations incontournables, avec le même entrain et les mêmes certitudes qu'au moment où le tour de France se télescope avec la coupe du monde de football. Des événements bien plus faciles à couvrir que ceux du Mali, de la Syrie, de l’Ukraine, sans parler de la ligne de front de la misère et de la fracture sociale, qui n’est plus qu’un euphémisme dans notre propre pays. Ce n’est plus du choix éditorial, c’est du pressing, du lavage industriel.

C'est tout juste alors si une mine explosant en Turquie, enfouissant trois cent mineurs prendra la relève de l’information. Ne me parlez pas d’une chaloupe ou deux qui coulent au large de Lampedusa, un autre endroit d’Italie, où le tapis rouge n’est pas de mise. Les temps sont mûrs, pour l’apparition d’un arbitre, d’une grande gueule elle aussi, qui se moquera des règles, qui en inventera.

Avec des pelouses pas forcément peintes en brun, ou couleur kaki.

Les remakes, dans le monde du cinéma comme en politique ont leur limite.

Il suffira que nous devenions daltoniens, que nous continuions simplement à regarder sans bouger les navets insipides qui nous sont proposés, d’un festival de Cannes à l’autre, pour ne pas voir ailleurs qu’en dehors de ces trous de serrure, où sont accrochés des fers, des entraves, comme ces prisonniers de la grotte de Platon qui prenaient l’illusion des ombres pour des réalités..


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23 réactions à cet article    


  • tf1Groupie 19 mai 2014 21:52

    Assez d’accord sur le cas Kerviel.
    Ce mec s’est fait des couilles en or en tant que trader, il le fera ailleurs.

    A votre avis écrira-t-il un livre ?

    A votre avis rebondira-t-il une fois sorti de prison ?


    • bakerstreet bakerstreet 20 mai 2014 08:12

      Groupie

      La suite est à mon avis aussi évidente dans ses plans séquences, que ces films dont on sait parfaitement ce qui s’apprête à se jouer, cinq minutes à l’avance. C’est un long métrage, et les grappes de journalistes accrochés aux pas du marcheur autoproclamé, obéissent bien à une nécessité médiatique.

      Revoyez la « dolce vita ». 1960, tout est là, une certaine légèreté en moins, et infiniment plus d’obscénité en plus ; quoique déjà, Fellini fait le procès d’une certaine forme de société en devenir : Celle conditionnée par les médias, les paparazzis attachés aux pas des starlettes, à qui l’on fait semblant de se dérober pour mieux se montrer.


    • tf1Groupie 20 mai 2014 18:18

      Où est-ce que je prends fait et cause pour SG ??

      Par contre vous, vous défendez un escroc.

      Vous avez défendu Bernard Tapie en son temps je suppose.


    • alinea alinea 19 mai 2014 22:58

      Quel pied de vous lire bakerstreet ! Voilà, il est tard je recommencerai demain..
      Quant à Kerviel, je ne connais pas trop son histoire, mais mon petit doigt me dit que tout le monde savait son cirque, tant qu’il gagnait c’était OK ; le jour où il perd, eh bien il faut prendre ses responsabilités ! D’après ce qu’a dit Mélenchon - qui sûrement a suivi l’affaire de plus près que moi- les choses commencent à émerger si la « cassation » l’a exonéré de sa dette !!
      En toute honnêteté, vous auriez fait un speech sur les martiens, j’aurais répondu avec cette même intuition !!!
      Quant au film sur DSK, j’ai vraiment envie de faire ma rombière !! : c’est abject !


      • bakerstreet bakerstreet 20 mai 2014 08:44

        Ainea

        Bonjour et merci pour le compliment.

        Le rouge est le symbole de la passion, mais aussi du pouvoir, voir du despotisme. Est la cause de l’attraction que projette ce foutu tapis qui monte les escaliers ? Tous ces acteurs semblent bien aimé cette couleur ambivalente, et dévorante.

        je me souviens d’ailleurs du film « Tess », de Polanski, admirable dans ses plans et sa narration, avec Nastasia Kinsky étonnante, moulant parfaitement au film. La robe virginale, blanche, qu’elle a pendant la première partie du film fait place à une robe rouge, éclatante, somptueuse, mais maléfique, quand elle se libère de l’homme qui l’a tenait prisonnière « de son propre grés »....

        Kerviel n’a pas de bonnet rouge, mais un équipement de la même couleur.

        Bon, je ne parviens pas à croire deux secondes que l’homme ait profondément changé. Bluff, pari, risque, sont les leviers de la fortune et de l’adrénaline dans ce monde des traders, qui jouent au casino de la bourse. Mêmes paradigmes maintenant avec ce nouveau pari, où les traits d’une personnalité paranoïaque se révèlent autant : Discours faussement logique, hypertrophie du moi, avec des accents victimaires. Une traversée du désert fabriquée, selon un plan particulièrement étudié, avec cette visite épiscopale, et cette marche solitaire, sous l’œil de cent journalistes, de types prenant des notes.

        C’est bien un film déjà, avant que l’autre soit monté, avec retour de notoriété et de royalties, La prison n’est pas mauvaise en soi pour son image, qui va renforcer le coté victimaire, auquel il se complait. Que la banque ait tenté de le charger, et de s’exonérer, on ne s’en étonnera pas. C’est un usage auquel il faut s’attendre, chez ces grands prédateurs, aussi cyniques qu’un service de renseignement, chargeant un agent, quand celui tombe.

        Le parallèle avec DSK, la croisette, tout cela est comme vous le dites parfaitement répugnant. Fellini avait plus ou moins entrevu ces choses. dans un film comme « intervista », qui est un peu la suite vingt ans plus de 30 ans après de « la dolce vita »avec Anita Ekberg et Mastrollianni se retrouvant hors la fontaine de Trévise, mal à l’aise dans cette Rome caricaturale, où les acteurs de Péplum ont pris le pouvoir, et où tout se fait pour le regard et l’envie, les caméras et les appareils photos des paparazzis servant de miroirs narcissiques.

        En 60, « la dolce vita » faisait scandale et était hué au festival de Cannes.

        Certains pensent un peu trop qu’il suffit d’être hué, ou de déclencher une polémique, pour être génial.

        Non, il suffit de montrer son cul. 

        Remarquez que certains n’ont même pas besoin de se déshabiller pour ce faire !


      • alinea alinea 20 mai 2014 13:23

        Tout à fait d’accord pour Kerviel !! Simplement parce que, pour pouvoir me situer solidement dans cette existence, je pense que nous sommes, chacun, responsables de nos actes ! Mais ce type n’a pas grand chose à perdre, ayant épousé parfaitement les débordements les plus infects de nos sociétés, il continue sur sa lancée ; très adapté le gus ! mais je ne l’envie pas !! lui, il ne risque pas de tirer leçon de son expérience ! mais peut-être d’autres, qui font le même métier que lui !!! Qu’ils en profitent, ça ne durera pas indéfiniment !


      • stéréden stéréden 19 mai 2014 23:08

        Jérome Kerviel écrira-il un livre... ou l’a-t-il écrit -voir Gallimard. Il n’empêche que sa vie en est irrémédiablement affectée.
        Oui les banques ont la capacité de s’acharner sur certains... Quand ils ont choisi leur proie il ne la lâche plus !!! Et tous les moyens sont bon : le mensonge, la dissimulation de pièces, la subornation de témoins... Une institution financière ne peut pas avoir tord ! (Crédit pour l’enfer d’yvan kermadec) www.yvan-kermadec.blogspot.fr
        Revoir aussi les articles parus en 2008 http://www.lefigaro.fr/societes/2010/06/07/04015-20100607ARTFIG00673-kerviel-a-adule-puis-meprise-le-juge-van-ruymbeke.php
        L’on voit combien Kerviel à cet époque était immature face à un juge qui n’a instruit qu’à charge. C’est sans doute une des faiblesse du système judiciaire français


        • Yohan Yohan 19 mai 2014 23:13

          Kerviel n’est pas un perdeau de l’année, c’est juste un repenti. je ne gobe pas à ses larmes de crocodile. Suis étonné quand même de voir le Front de gauche en soutien de la cause Kerviel.


          • alinea alinea 19 mai 2014 23:18

            C’est le lampiste ! 


          • alinea alinea 19 mai 2014 23:41

            La banque est condamnée à rembourser l’État ! Ils ont dû s’apercevoir qu’un patron n’est pas sensé laisser un employé dériver jusqu’à la folie !!


          • bakerstreet bakerstreet 20 mai 2014 08:50

            Oui, c’est sans doute un lampiste d’une certaine manière, mais comme Richard Virenque à une autre époque, dans le monde du cyclisme. Se pourléchant avec de la crème autour de la bouche, et ne critiquant le système que quand il se fait avoir.....

            Remarquons qu’il a grand talent maintenant à se servir de la lampe en question pour éclairer son personnage d’une façon flatteuse : Acteur et metteur en scène d’un film dont on espère qu’il reversera les dividendes à une association de défense des veuves et des orphelins victimes des banques.


          • bakerstreet bakerstreet 20 mai 2014 09:02

            Effectivement j’ai cru rêver quand j’ai entendu Mélenchon comparer ce type avec le capitaine Dreyfus.

            Peut-être que Mélenchon n’ait pas trop bon en histoire, et qu’il confond avec Esterazy, le traître ?..

            .En tout cas, Zola doit se retourner dans sa tombe. On ne sait pas trop bien si cela est de la comédie, ou de la parodie, ou de la provocation ?

            Toute référence historique est toujours dangereuse.

             Pourquoi ne pas comparer notre homme à Napoléon, vous savez le retour de l’ile d’Elbe, la remontée sur Paris...

            En tout cas, preuve est ainsi faite que Kerviel réussit sa storytelling, comme disent les yankees.

            Bien mieux que DSK en tout cas !

            Une canne, un bon jarret, une barbe mal taillée, voilà qui vous forge un caractère et une sympathie, au niveau de la foule.

            Après avoir si bien maitrisé l’art du boomerang, pourquoi après ça ne pas se lancer dans la politique.

            Un conseil : Evitons le Sofitel.

             Déjà trop de remakes.

             Faire dans la nouveauté, le saut à l’élastique ! 


          • alinea alinea 20 mai 2014 09:22

            Moi aussi bakerstreet !! Je me suis dit qu’il savait des choses que j’ignorais, vu que je n’ai absolument pas suivi cette histoire, sauf incidemment il y a peu et que j’ai entendu ce que j’ai écrit plus haut ! C’est sans doute le fait qu’un banque de cette importance joue l’ignorance - alors que c’est faux et de toutes façons impossible- qui rend Kerviel victime. De toutes façons, tous ces trafics de fric sont abjects ; il faudra me virer ça fissa !!


          • rocla+ rocla+ 20 mai 2014 16:00

            Comme il y a deux articles sur Kerviel je poste aussi cette 

            question ici :

            Quel est le montant du solde positif gagné par les traders 
            en une année pour les banques ?

            • alinea alinea 20 mai 2014 16:12

              Vous voulez dire : qu’est-ce qu’il a fait gagner avant de faire perdre ? Oui, ça me parait une bonne question !! smiley


            • bakerstreet bakerstreet 20 mai 2014 17:40

              Pas assez informé pour prétendre que Kerviel est une exception, s’il a perdu un peu la boule à force de jouer des martingales hasardeuses. Tout de même, la perte est si édifiante, qu’on est en peine de croire que le risque couru ne l’a pas été fait de sa propre décision. N’a pas t’il déconnecté des systèmes de contrôle, débridé la machine, retiré les fusibles ?.

              La logique du personnage est à l’œuvre dans le parcours médiatique qu’il poursuit actuellement, une diagonale médiatique avec retours sur intérêts. N’importe qui ne devient pas trader. il faut sans doute avoir les capacités d’analyse, mais le profil.

              Cela débouche sans doute sur une certaine paranoïa, une certaine ivresse des sommets, déjà sans doute naturelle à l’homme qui ne fait pas ce métier par hasard, mais qu’on flattera, après avoir repéré des gens assez doués pour répondre aux initiatives : Goût du risque, adrénaline, capacité à prendre des décisions rapides, en se déconnectant de tout sentiment et capacité d’analyse morale.

               Le gout du sang n’est pas loin, et la correspondance avec d’autres activités est assez tentante : Pilote de drone, tireur d’élite, ou appartenance à des unités de commandos, dont les agissements ne sont pas toujours couverts par la hiérarchie, quand ils se font prendre.

              Alors, bien sûr, les traders font gagner beaucoup d’argent aux banques, dans la conception actuelle de l’économie, qui tend à transformer ce qui était hier une activité de prêts aux agents de production, à des forces totalement spéculatives.

              Et en même temps, ils nous mettent sur la paille....

              Cet argent, tant qu’il n’est pas investi dans le travail, et répond uniquement à la gloutonnerie d’actionnaires, ne signifie rien, si ce n’est l’omnipotence de forces centrifuges, propres à « dégraisser », à aller chercher de plus en plus le profit, jusqu’à la moelle des os.

              Le débat sur la responsabilité des agents d’exécution est toujours patente, dés qu’un système se bloque, ou révèle sa fonction prédatrice, à la faveur d’un scandale, ou d’une défaite guerrière....C’est tout le débat qu ’Anna Arendt avait si mal conclu, à propos du procès Eichman, et de la banalité du mal.

              On sait bien comment l’ancien SS tenta de cacher sa vrai nature, en se déguisant en simple exécutant, en simple travailleur, tentant de faire le mieux possible son travail, au sein d’une organisation, dont il avait mal compris les agissements.


            • bakerstreet bakerstreet 20 mai 2014 18:06

              Impossible comme beaucoup l’ont déjà fait de ne pas comparer notre époque à cette troisième république, dont a justement traité si justement Zola.

              S’il était vivant, peut être nous ferait il une nouvelle saison 2 des Rougon Macquart, cette secte de politico financiers plus ou moins véreux, ou misérables, dans sa branche « dégénérée...

              On aurait croisé DSK dans »Nana« , et je vois bien un personnage comme Kerviel, dans le rôle de Sicard. Il faut voir dans la curée comment il se démène pour investir, prendre des risques calculés, afin de se faire une fortune tout en faisant des allégeances.

              Mélenchon serait ce syndicaliste qu’on rencontre dans »germinal", tentant d’éclairer la lanterne des mineurs, avant qu’ils ne prennent un coup de grisou.

              Pour le reste, je vous laisse trouver des concordances. J’ai lu dernièrement un interview d’Edgar Morin, disant combien la relecture de Zola le ravissait. C’est aussi mon avis : Style, analyse, critique, regards multiformes, comme autant de prismes, mais aussi une certaine forme Célinien avant l’heure.

              Bon, dieu, comme tout ces gens se prennent au sérieux, des missionnaires en exercice, même quand ils se font prendre la main dans le pot de confiture. Ils parviennent toujours à s’en sortir, à crier plus fort que les autres. Des paranoïaques vous dis-je 


            • alinea alinea 20 mai 2014 18:28

              Absolument d’accord avec ça bakerstreet ! le fait est qu’il serait plus intéressant de parler de cette possibilité qu’ont les banques ; de ce monde de l’argent ! de ces spéculations hallucinantes pendant que certains crèvent littéralement !
              On finit par tout admettre à regarder un point précis d’un monde absurde !!!


            • bakerstreet bakerstreet 20 mai 2014 18:47

              Alinea

              Voilà le vrai débat : La spéculation, la magouille, l’arrogance d’un coté, tentant de se justifier, de prendre des positions vertueuses, inversant l’ordre du débat, et de camoufler les causes de l’aberration, en gueulant, en se transformant en camelot, voir en archange de la vérité.

              Quand certaines personnes sont tétanisées par une catastrophe, d’autres ont vite fait de se relever, et de faire tant d’agitation, qu’on est troublé par leurs paroles, alors que ce n’est que culot et opportunisme.

               Regardez le parcours d’Hitler après qu’il ait fait son petit séjour en prison, durant lequel il écrira « Mein Kampf ».

              Quant il se rend à son procès, il existe déjà un tel courant de sympathie pour lui, qu’il sait que cette épreuve deviendra sa force....

              Les graines du fascisme ne sont pas loin : Exploitation de l’image, de la force, du discours simple. Montrer ses muscles, sa force de résilience, jouer du menton.

              De bons mollets de marcheur peuvent avoir la même force évocatrice que des biceps brandis 


            • rocla+ rocla+ 20 mai 2014 16:31

              Bonjour Alinéa ,


              Si on connaissait le total des gains en une année par les 
              traders Français on pourrait évaluer le pourcentage de pertes 
              rapport rapport au total gagné . 

              Ce serait un genre mettre les pendules dans l’ horloge .

              • panpan 20 mai 2014 17:15

                On va le faire taire. 3 ans au trou. Les Français oublient si vite. Plus personne ne se souviendra de lui. Il est déjà à l’isolement.

                http://www.panamza.com/190514-kerviel-11-septembre


                • bakerstreet bakerstreet 20 mai 2014 17:53

                  Joyeusetés

                  A vous lire, au procès de Nuremberg, il aurait fallu juger uniquement un quarteron de généraux.

                  Quant à la société générale, ses prédations sont liés à des décisions politiques en amont ; celle par exemple de ne plus séparer les activités des fonds d’investissements, avec les fonds spéculatifs, comme ça se faisait naguère.

                  La justice est tout à fait suggestive, c’est vrai, et répond à des intérêts puissants....« Selon que vous soyez riche ou misérable ;........... »

                  Reste que transformer Kerviel en oie blanche est un peu fort de café équitable.

                  Il arrive que dans ce monde de traders, ressemblant à une publicité pour Dior, ou pour Hugo Boss ( le couturier qui a dessiné les uniformes nazis du troisième reich) quelque chose se grippe. Alors de façon exceptionnelle, une tête tombe, qu’on aurait tort cependant de regarder avec trop de compassion, au vue de sa situation et de sa responsabilité.

                  Ca a été le cas de DSK, dans un autre domaine, c’est le cas de Kerviel. Les exceptions ne confirment pas la règle d’une justice évidemment plus clémente avec les puissants, ne serait ce que par rapport aux avocats qu’ils ont, et à la leur connaissance du milieu, et de ses accointances.

                  On peut toujours relire « le bucher des vanités » de Tom Wolfe, avec profit : Grandeur et décadence, ne dépendent parfois que d’un petit caillou qui vous fait trébucher.

                  Notons que ce monde fou est bien le révélateur de notre folie, et de notre capacité d’auto destruction.


                • tf1Groupie 20 mai 2014 18:13

                  @Joyeusetés

                  Si vous comparer maladresse et escroquerie vous allez bientôt prendre la défense de cahuzac.

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