Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > La pauvreté des idées et le conformisme des candidats à l’ENA (...)

La pauvreté des idées et le conformisme des candidats à l’ENA expliquée…

Le jury de l’ENA se livre à une charge sur la « pauvreté des idées » et le « conformisme » des candidats à l’ENA, pour la plupart issus de Sciences Po Paris et des IEP, après avoir décortiqué leurs copies.

Morceaux choisis :

La majorité des copies pêchent par « excès de prudence plus encore que par manque d'imagination", et se satisfont de "pensées et de références stéréotypées". 

Tendance au name-dropping, à l’usage de mots-valises ("impacter", "acteurs", "systèmes") pour camoufler l’absence de prise de position.

Sur les questions européennes, "Les candidats donnent le sentiment de présenter l’Union européenne comme un ordre établi qui ne pourrait être différent. La plupart d’entre eux témoigne d’une absence de sens critique et d’une incapacité ou d’une absence de volonté à imaginer d’autres modes de fonctionnement. De plus, nombreux sont ceux qui expriment des idées préconçues ne correspondant pas à l’Europe réelle."

"Consternation devant ceux dont la pauvreté des idées, la faiblesse de l’engagement et du jugement n’égalaient que la volonté de plaire".

"Trop souvent soucieux de ne froisser personne, d’être politiquement corrects, confondant consensus et résultat équilibré, mal à l’aise dès qu’il s’agit d’émettre un jugement, timide face à un quelconque engagement, le candidat moyen semble chercher à « passer partout ». De fait, le jury se montre très dubitatif sur leurs aptitudes à manager, à prendre des risques et des décisions.

(Source : site de l’Obs).

Voilà, tout est dit ! Ceux qui aspirent aux plus hautes fonctions administratives puis politiques, voire à pantoufler ensuite dans l’industrie ou la banque ou les institutions internationales cherchent à être le plus transparent possible, à surtout ne pas émettre des critiques qui pourraient les disqualifier dans leur recherche d’un plan de carrière.

Génération spontanée, conformisme ou formatage ?

La peur du lendemain, la crainte de ne pas réussir sa carrière peut bien sûr expliquer l’absence de prise de risques. Cela voudrait dire que, malgré les enseignements dispensés dans ces formations de prestige, au final, le candidat torturé entre la volonté de se singulariser et la crainte qu’on le lui reproche ait choisit la seconde option. Cela laisserait un espoir de changement futur, bien mince, je le concède, mais l’espoir fait vivre…

Le formatage, comme une évidence…

La lecture d’un édito de Christian Lequesne, professeur à Sciences Po dans Ouest-France du 7 avril, aurait tendance à nous faire basculer dans la logique du formatage.

Après une définition sans nuance du populisme - le peuple contre les élites – sans jamais décrire ce qu’est « l’élite », l’auteur de l’édito brosse un portrait binaire du populiste (un homme plutôt qu’une femme, blanc, doté d’un niveau d’éducation élémentaire, qui occupe un emploi modeste ou est sans emploi et qui abhorre les élites), sans jamais s’intéresser aux déclassement subit par la classe populaire ou aux renoncements politiques qui font qu’elle fuit désormais les partis traditionnels pour se réfugier dans l’abstention ou le vote protestataire, sauf à dire que les capacités d’adaptation de la classe moyenne a permis à cette dernière de s’adapter.

La principale raison de la montée du populisme selon l’auteur serait la mondialisation économique avec ses effets positifs qui permet à chacun d’acheter des biens importés bon marché (« Produire des tee-shirts bon marché en France n’a plus de sens par rapport aux faibles coûts vietnamiens ou mexicains »). Aucune analyse, là non plus sur l’impact écologique de cette économie mondialisée, sur les conséquences sociales dans les pays fournisseurs ou bien encore sur la multiplication des marges des chaînes qui vendent ces produits et le corolaire de la concentration des richesses mondiales entre les mains de quelques-uns seulement ainsi que les dérives des paradis fiscaux.

C’est juste comme ça est ça doit le rester, et la seule voie de progression dans notre pays sera la production à haute valeur ajoutée et du numérique, selon l’auteur, et pour redonner espoir aux « perdants », « le traitement social ne sera pas suffisant », et « la solution de long terme est dans l’adaptation à des modes de production et à des emplois qui n’ont plus rien à voir avec ceux d’hier ».

Après avoir lu cet édito, on reste confondu devant l’absence de regard critique sur la situation de notre économie, la banalité des propos et le conformisme aux idées délivrées chaque jour dans les médias. On reste confondu devant ce discours sans nuances de ce professeur de Sciences Po (le perdant/populiste et les classes moyennes et supérieures qui savent s’adapter) et on ne s’étonne plus de la charge du jury de l’ENA sur la pauvreté des idées des candidats, leur manque d’imagination, leur excès de prudence et leur volonté de plaire.

Le populiste, c’est toujours l’autre, celui qui ne comprend rien

C’est le titre d’un édito de Joseph Macé-Scaron dans Marianne du 18 mars.

Il parle de formule creuse et paresseuse et à la mode tant on en use et on en abuse

Citons ce passage éclairant  : « Vous manquez de temps pour analyser le contexte historique, l’environnement politique, l’idéal social que porte ce dernier ? Ne vous embarrassez pas, qualifiez le de populiste, si possible avec une légère moue de dégoût pour faire comprendre à votre interlocuteur qu’il vient de pénétrer dans l’antichambre du nazisme. Cela ne coûte rien et vous permettra d’avoir votre rond de serviette à « C dans l’air ».

Le journaliste de Marianne ajoute : « Mais, elle sert surtout (la notion de populiste) aux gouvernants, aux établis, à disqualifier un mouvement qui s’oppose à leur politique ou à leur mode de gouvernance ».

On aura compris que le formatage des idées dans nos grandes écoles (et je ne parle pas des écoles de commerce qui sont le complément indispensable des IEP et de Sciences Po) participe de la volonté des « élites » à discréditer toute ambition de remettre en cause le modèle qu’ils ont mis en place et qui leur convient si bien. 


Moyenne des avis sur cet article :  4.87/5   (15 votes)




Réagissez à l'article

51 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 8 avril 12:48

    Pourquoi s’étonner que la société -le système en place- formate des jeunes gens afin qu’ils puissent servir les intérêts du même système économico-politique en place ? Comment pourrait-il continuer et se maintenir sans serviteurs zélés ?
    Leur objectif -pas forcément toujours formulé- sera toujours de « maintenir l’ordre établi ». L’obéissance à cette règle va déterminer leurs choix lorsqu’ils auront une fonction.


    • Pere Plexe Pere Plexe 9 avril 11:55

      @Alpo47
      La belle hypocrisie de cette « prise de conscience... »

      Ce sont ceux qui mesurent la conformation au moule de l’institution qu’est l’ENA des candidats qui en dénonceraient les travers... ?
      Bien sur que les bêtes à concours qui se présente vont docilement rester dans le consensuel, le conventionnel, la langue de bois( ou ils excellent !).
      C’est une des clefs du succès,une indispensable marque de soumission au système si vous voulez y prendre un poste décisionnel.
      C’est ainsi que l’ écrasante majorité des postes a responsabilité sont confiés à des gens à la culture littéraire/juridique au détriment des scientifiques. 
      Qu’importe leurs erreurs : ils trouveront les mots...

      Que ces jurys retiennent des candidats atypiques, qu’ils valorisent l’indépendance d’esprit et la créativité et les candidats s’adapteront !

    • Aristide 8 avril 13:27

      C’est toute de même assez bizarre de voir suinter dans vos propos ce que vous reprochez aux candidats à l’ENA.


      En entamant la lecture, je croyais trouver une vision nuancée, pleine de modestie, exempte de suffisance, ... je croyais que l’on allait analyser l’évolution des candidats, leurs origines, les diplômes qui ouvrent la voie à cette école, enfin, une analyse fouillée du constat ... incontestable du NouvelObs. Il faut noter que les rédacteurs de cet article sont surement issus des mêmes écoles, IEP et autres SciencesPo ... enfin, il est toujours savoureux de voir comment un candidat qui a échoué à un examen juge ceux qui ont réussi.

      En place de ces attentes bien naïves, un jugement des plus entendu sur les énarques formatés et leur absence de « convictions fortes ». 

      Et comme cerise sur ce gâteau indigeste, un extrait du grand penseur de Marianne « Macé Scaron », le plagiaire « romancier », qui n’a pas son rond de serviette à « C Dans l’air » mais ne manquait pas de chroniquer en manche courte et tatouage bien bobo au Grand Journal de Canal+.

       

      • Michel DROUET Michel DROUET 8 avril 14:03

        @Aristide
        Pour tout vous dire je m’attendais à ce genre de réaction.
        Juste pour vous dire d’aller faire un tour sur mon profil : autodidacte et issu de l’apprentissage après avoir quitté le collège en fin de 4ème : je suis sans doute moi-même le profil type du populiste aigri et envieux de l’élite. Eh bien non, j’ai eu une vie personnelle et professionnelle très riche, mais c’était avant... avant votre conformisme.


      • Sozenz 8 avril 17:04

        @Michel DROUET
        j ai beaucoup ri de votre réponse .
        et merci pour votre article que je trouve très réaliste .
        le conformisme touche toutes les classes , tous les secteurs .
        ce n est non la peur d être différent,. tout le monde le revendique . mais la peur d ’ être à l écart de .. ;


      • Michel DROUET Michel DROUET 8 avril 17:52

        @Sozenz
        C’est un phénomène moutonnier bien connu, hélas !


      • Aristide 8 avril 20:01

        @Michel DROUET

        Comment reprocher le conformisme en vantant les grands mérites des autodidactes contres le conformisme des énarques ? 

        C’est assez savoureux de vous voir pédaler dans tous les poncifs, les uns comme les autres sont avant tout des personnalités différentes, des parcours, des expériences, ... Il n’est rien de définitif à la seule mise en avant de son profil de formation. mais, c’est tellement simple et puis facile ...

        Bon, continuez, vous avez aussi les arabes voleurs de mobylettes, les turcs sont forts et les militaires tous d’extrêmement droite. Pour faire bon poids, les fonctionnaires des collectivités locales des fainéants en congé maladie, vous êtiez bien placé. Cette dernière n’est pas de moi, elle est d’une autre qui n’a pas peur des poncifs, Mme Verdié Molinié, la vraie tailleuse de costard en chef pour tout ce qui n’est pas libéral.



      • Michel DROUET Michel DROUET 8 avril 20:28

        @Aristide
        Vous avez une capacité phénoménale à interpréter mes propos juste pour que je rentre dans votre jeu et que je vous réponde en me justifiant : raté !


      • Aristide 8 avril 21:17

        @Michel DROUET

        Pas grave, vous ne dites rien. Jamais. Tellement le propos est convenu, entendu, plat et sans relief ...

      • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 8 avril 15:20

        Que les candidats au formatage soient déjà formatés, ça s’appelle un pré-formatage !


        Ce que ne dit pas l’article, c’est dans quel état les candidats admis et bénéficiaires de ses enseignements sortent de cette école supérieure !

        Si l’institution les a transformés en esprits critiques et a ensemencé un terrain vierge qui ne cessera de se cultiver, l’ENA a fait du bon travail.

        Mais il ne semble pas que les impétrants soient d’un autre modèle que celui des postulants.

        • amiaplacidus amiaplacidus 8 avril 17:45

          @M de Sourcessure qui écrit "Si l’institution les a transformés en esprits critiques et a ensemencé un terrain vierge qui ne cessera de se cultiver, l’ENA a fait du bon travail.".

          Arrêtez, arrêtez, je n’en peux plus, je me pisse parmi.


        • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 8 avril 17:59

          @amiaplacidus

          Vous auriez dû lire la phrase suivante...
          Mais je ne voudrais pas être responsable de pollutions nauséabondes.

        • Michel DROUET Michel DROUET 8 avril 18:04

          @M de Sourcessure
          J’en ai bien peur également


        • thomas abarnou 8 avril 15:35

          Pour connaître un peu ce milieu, tout est paradoxal. Les meilleures copies de l’ENA sont celles qui sont les plus érudites et qui citent à foison auteurs et articles. Une dissertation, une bonne dissertation c’est le juste équilibre entre une copie bien argumentée et riche d’idées et des références maitrisées. Du coup forcément qu’on ne pense pas forcément par soit même. L’ENA a beau critiquer le conformisme des étudiants elle ne recrute pas moins ses élèves sur des copies classiques et parfaitement maitrisées. C’est un concours, un jeu, rien de plus. 


          Quoi qu’on en dise les élèves qui présentent et réussisent l’ENA sont globablement bien plus cultivés, instruits et rédigent infiniment bien mieux que la plupart des autres étudiants. C’est un fait. Dommage qu’il n’y ait pas de renouvellement ou si peu social de ces élèves. Ce sont souvent des gens de la haute c’est vrai. Mais on trouve des exceptions fort heureusement. Ca reste la crème de la crème. Ce n’est pas très glorieux de dire ça mais l’ENA est élitiste. C’est une grande école qui est au sommet de la hiérarchie avec Sciences Po ou Normal Sup. L’Etat pioche des élements brillants pour ses cadres. Si les enarques deviennent conformistes il y a fort à parier que l’immense majorité des autres étudiants le soit aussi. Ils ne sont simplement, les enarques, que les meilleurs élèves de ce système conformiste qu’est notre société. 

          • Michel DROUET Michel DROUET 8 avril 18:01

            @thomas abarnou
            Les concours servent à sélectionner et les épreuves n’ont pas souvent grand chose à voir avec la réalité du terrain et c’est souvent là que ça se gâte. L’élément brillant au concours peut s’avérer un piètre manager ou un cadre bien tiède.
            En fait, oui, les énarques sont les meilleurs élèves de ce système conformiste qu’est notre société et cela ne me rend pas optimiste pour la suite.


          • exocet exocet 8 avril 18:57

            @thomas abarnou
            "Ca reste la crème de la crème. Ce n’est pas très glorieux de dire ça mais l’ENA est élitiste. C’est une grande école qui est au sommet de la hiérarchie avec Sciences Po ou Normal Sup."
            .
            Un seul exemple parmi des milliers en France :
            Ségolène Royal, énarque et haut fonctionnaire d’origine, a coulé en 10 ans la région Poitou-Charentes, aujourd’hui en situation de quasi-faillite.......la crème de la crème...
            .
            Et aux primaires socialistes, une question d’un journaliste a fait apparaître le fait qu’elle ne connaissait pas la différence entre un salaire net et un salaire brut...(le smic à 1500 euros).
            .
            La crème de la crème on vous dit , les énarques, c’est grâce à eux, d’ailleurs, que notre Pays la France, s’en sort si bien : pas de dettes, pas de chômage, de bons salaires, on est les rois du Monde.
            .
            Bravo, Habbarnou, pour votre lucidité !


          • Michel DROUET Michel DROUET 8 avril 19:04

            @exocet
            C’est le glissement de l’ENA vers la vie politique qui provoque ce genre de situation. Ajoutons à cela la longueur de la vie politique ainsi que le cumul des mandats et la volonté de toujours faire plaisir aux électeurs et on obtient ce que vous décrivez


          • Aristide 8 avril 20:12

            @Michel DROUET


            En fait, oui, les énarques sont les meilleurs élèves de ce système conformiste qu’est notre société et cela ne me rend pas optimiste pour la suite.

            Il parait même que nos médecins, chirurgiens et autres chercheurs en médecine sont tous des gagnants de ces concours tant décriés. Idem pour les grandes écoles, les Mines, Centrale et autres Polytechnique. Bizarre ce mépris pour les élites, serait ce donc qu’il faille se contenter de futurs autodidactes pour diriger notre pays. Comme si cette qualité en soi était garante d’une quelconque compétence.

            Vous avez une fois essayé d’utiliser ce que le nomme : la mesure, le bon sens. Qu’il y ai des cranes d’œuf ou Ségolène dans les énarques et quelques incompétents en médecine ne remet pas en cause le principe même de la sélection par la compétence, les concours.

            Même pour les profs des écoles, les agrégations, actuellement des milliers de candidats pour quelques centaines de place par département se préparent à ce concours sélectif. Surement de futurs incompétents aussi.




          • exocet exocet 8 avril 22:12

            @Aristide
            "Qu’il y ai des cranes d’œuf ou Ségolène dans les énarques et quelques incompétents en médecine ne remet pas en cause le principe même de la sélection par la compétence, les concours.« 
            .
            J’ai justement eu l’occasion de débattre il y a quelques temps avec des élèves de math sup des concours.
            Le souci pour les concours, c’est qu’un concours n’a d’utilité que s’il sélectionne, c’est à dire si sont reçus seulement les X pour cent meilleurs de ceux qui se sont présentés.
            .
            Or, l’essentiel de la sélection se fait à partir du collège, non sur des critères d’intelligence, mais sur des critères géographiques qui vont décider en fonction de la carte scolaire, et du lieu d’habitation, si l’élève va aller dans un bon collège ou bien un collège pourri style ZEP.
            Ces critères sont corrélés avec la situation sociale des parents (pauvres=bas loyers=quartier de zep).
            .
            Ensuite en fonction de ce collège lui est assigné un lycée, personne n’a le choix (bon collège-bon lycée / collège pourri - mauvais lycée).
            .
            Tous les élèves filières générales de bons lycées, ou a peu près vont en prépas, littéraires, économiques, ou scientifiques, ou ils s’en sortent en général bien, ayant été bien préparés dans l’ambiance studieuse du bon collège, puis du bon lycée.
            .
            Tandis qu’en ZEP, les bons étudient au milieu des cancres, des voyous, et des psychopathes dans des classes d’un niveau merdique, au milieu d’un chahut infernal, affublés de l’étiquette défavorable du regard des autres élèves nazes.
            Essayez d’étudier au milieu des gros cons vindicatifs, des abrutis et des attardés, vous m’en direz des nouvelles.
            je sais mon vocabulaire peut choquer, surtout ceux qui n’ont jamais mis les pieds là dedans, et qui ont fait des études de fils à papa.
            .
            Du coup, même pour les rares lycéens de ZEP qui vont en classes préparatoires, l’échec presque assuré est au bout : ils n’ont pas été correctement préparés.
            .
            Les autres, du bon quartier, vont en prépas, à moins vraiment de souffrir d’un gros manque intellectuel (auquel cas ils vont en fac...), et en prépas tous quasiment décrochent au moins un concours.
            .
            Ces concours de classes préparatoires se bornent donc à classer entre eux les rejetons de la bonne bourgeoisie, en excluant 80% de ceux qui auraient pu y participer.
            .
            Le systeme des concours est donc tout, sauf sélectif.
            En tous cas, si on parle de l’ENA, je serais curieux de connaître le quotient intellectuel de quelques énarques.
            Celui de Ségolène Royal, on peut l’approcher, si on analyse un peu ses interventions télévisuelles (et des remarques de ses proches dont son ancien directeur de campagne qui trouvait que le plus difficile c’était de l’empêcher de parler car »elle disait une con....e à chaque phrase).
            Pourtant Ségolène Royal, elle a réussi le concours d’admission à l’ENA et elle en est sortie diplômée, comme tant d’autres de nos hauts fonctionnaires et hommes politiques à peu près aussi intelligents et aussi compétents qu’elle.


          • Aristide 9 avril 10:27

            @exocet

            Il s’agit d’un tout autre problème que celui énoncé ici par l’auteur. Il s’agissait ici, je crois, de cataloguer les candidats à l’ENA en les affublant tous d’un conformisme et d’une absence complète de courage. Il était assez savoureux de voir cet ancien directeur d’une administration départementale qui démontre sa pesanteur et son conservatisme, donner ici des leçons de risques.

            Maintenant, si je soutiens que la sélection par les concours est le moins mauvais système, je sais que ce système ne peut combler les inégalités sociales. Il n’est en rien responsable de l’inégalité sociale dans la formation.

            En effet, il y a une reproduction des élites qui est à mon sens inévitable, en partie au moins. Comment éviter que ces enfants bénéficient des meilleurs conditions, l’environnement familial en premier lieu. Bien sur que l’on peut regretter que les enfants n’aient pas tous les mêmes chances, il existe très peu de parcours d’excellence pour aider ces enfants doués à être accueillis dans des structures plus adaptées à leur talents. Peut être, faudrait il faire entorse à ces règles géographiques qui encouragent cet état de reproduction sociale, interdit la mixité et surtout désavantage des enfants comme vous le dites.

            Sur Ségolène, je crois que l’on est d’accord sur le constat, sa sortie sur NDD et les experts alors qu’un référendum est prévu pour essayer de sortir de l’ornière est assez révélateur d’une co..... bien établie depuis longtemps, je ne suis pas sur que l’ENA y soit pour quelque chose. Mais est ce que Ségolène est vraiment représentative de ces énarques tant décriés, je ne crois pas. C’est un cas très intéressant qu’il serait utile de fouiller pour voir comment on peut arriver à être candidat à la présidence avec un tel handicap. 



          • thomas abarnou 9 avril 10:43

            @exocet

            Ce que vous soulignez c’est autre chose : c’est la coupure des élites politiques avec la réalité. Mais tous les énarques ne sont pas politiques et tous les politiques ne sont pas énarques. Il n’empêche que ceux qui réussissent ce concours sont les meilleurs élèves du système scolaire français. Ca n’empêche aucune bourde par la suite. Je veux dire ce ne sont pas les plus intelligents mais scolairement les plus brillants. Pour autant, ils sont majoritairement assez compétents. On les retrouve aux plus hauts postes de préfets et de diplomates. Souvent on entend jamais parler d’eux. La politique, c’est autre chose. Mme Royal a passé sa vie en mandat politique, oubliant la vie du français moyen. Pas étonnant qu’elle dise n’importe quoi. 

            Enfin, interrogez vous sur la méthode journalistique. Tout le monde peut se planter à ce genre d’exercice, y compris moi, y compris vous. Personne ne sait tout. Ce n’est pas une excuse que je donne à Ségolène, c’est un fait. Il faut savoir faire la part des choses. Vous ne la faites pas. Attention aux grossières caricatures. 

          • Jean Pierre 9 avril 12:55

            @Aristide
            Vous parlez de la « compétence » sélectionnée objectivement par les concours. Désolé d’enfoncer des portes ouvertes, mais les gagnants des concours sont par définition les plus compétents à ces mêmes concours. Toute la question est de savoir qu’elles sont les compétences à mettre en avant pour réussir un concours. Détecte-t’on les capacités à enregistrer massivement des notions de culture générale ? Détecte t’on des capacités d’expression orale ou écrite ? Détecte t’on des capacités d’analyse, des capacités critique, des capacités d’innovation ? Des capacités d’empathie ? Des capacités à faire carrière ? Des capacités à mentir ? A cacher ses lacunes derrière des banalités ? Des capacité à entrer dans un moule ?

            Suivant la forme et les critères du concours ont sélectionnera certaines compétences et ont en éliminera d’autres. Les compétences sélectionnés par les concours des grandes écoles sont elles les plus utiles à l’intérêt général ? Les grandes écoles étant financées par la collectivité, la question mérite d’être posée. Et c’est un peu ce que fait cet article. Il me semble que vous passez à coté de cette question.

          • Aristide 9 avril 18:44

            @Jean Pierre


            Vous posez un tout autre problème que l’auteur. Lui se contentait de répéter ce que l’on entend partout et de tout temps sur la qualité des énarques, leur conformisme et le manque de prise de risques. Un discours entendu et assez loin de la réalité, il me semble abusif de cataloguer ainsi des centaines de personnes à partir d’un jugement largement contestable.

            Que les concours sélectionnent par définition les compétences choisis par ceux qui les ont créés me parait incontestable. Que les valeurs soient celles qui sont les plus à même de répondre à l’intérêt général est assez ... discutable, je vous l’accorde. Maintenant je ne crois pas qu’il soit possible de sectionner sur cette aptitude tellement diffuse aussi simplement que sur les matières connues tel que les maths, le français, les langues, la littérature, les sciences, ....

            Par contre, je crois que l’on sélectionne plus les candidats sur leurs aptitudes de travail, d’analyse et de synthèse, leur méthodes et leurs capacités de compréhension que sur leur culture. Même si celle ci est le support essentiel pour juger de ces aptitudes nécessaires. 

            L’intérêt général est une notion assez difficile à cerner, il me parait utopique que l’on puisse sonder les « âmes », savoir ce qui anime une personne, est ce que la bonne volonté et le désir de bien faire, l’anticonformisme est plus à même de répondre à l’intérêt général qu’une personne arriviste et compétente. Je ne suis pas sur que la seule motivation consistant à souhaiter le « bien public » soit suffisante.

            Je passe effectivement à coté de cette question qui consiste à juger de la « motivation » mais je crois que je ne suis pas le seul. Ce n’est pas une excuse, mais comme je n’ai pas d’idée peut être en avez vous pour répondre et ne pas passer à coté ? Comment peut on modifier ce mode de sélection pour qu’il arrive à sélectionner des candidats qui seront de vrais serviteurs du peuple, conscient du seul interet général et qu’à aucun moment il ne pense à leur personne, leur place dans la société ? 

            Une question à mon tour : croyez vous que les mieux intentionnés, les plus conscients de l’intérêt général soit les mieux placés pour atteindre les objectifs nécessaires pour que l’on passe du projet à la réalité ?
             

          • René Bellérophon René Bellérophon 8 avril 15:50
            Le Politophore Générateur de discours politiques par Christian Feron

            Travailleuses, travailleurs, camarades et amis,

            Tout d’abord, je ne crois pas à la fatalité.

            Je ne m’attarderai pas à rappeler que l’augmentation de la délinquance amène certains d’entre nous à demander (et c’est bien naturel…) plus de transparence sur la politique du gouvernement.
            De même, qui n’a pas remarqué cela : la conjecture actuelle liée à la mondialisation nous demande, plus que jamais, de rester particulièrement attentifs et vigilants.
            De plus, je constate que la montée de la précarité est une problématique qui n’est pas nouvelle, et qui perdure depuis des années.

            Qu’est devenue la volonté populaire, expression démocratique des peuples à décider de leur avenir ? Ce constat est sans appel : encore faut-il être capable de renforcer la cohérence de la politique nationale.

            Dès lors, je déclare avec une conviction sincère que l’augmentation de la délinquance pose la question de l’égalité des chances, en prenant le temps d’aller écouter les autres, prendre le temps d’aller les comprendre. Ce temps n’est jamais perdu, avec plus d’égalité dans le partage des fruits de la croissance.
            Également, sans la moindre hésitation, j’ai la profonde conviction que la conjecture actuelle liée à la mondialisation doit s’intégrer à une vision plus globale, en s’attaquant à certains dossiers concrets, avec une conception de la politique basée, plus que jamais, sur la responsabilité, la cohérence et le respect des grands équilibres.
            Enfin, profondément attaché aux valeurs de la République, je ne m’attarderai pas à rappeler que la montée de la précarité nous montre que la seule voie possible est d’amplifier notre action, en défendant des services publics forts, avec un projet de société allant vers plus d’égalité, de progrès et de justice.

            Pour conclure, j’aurais à cœur de citer Jean Jaurès qui disait : « il faut aller à l’idéal en passant par le réel ». La volonté populaire doit devenir, plus que jamais, une réalité.

            L’avenir est porteur d’espoirs pour chacun d’entre nous avec un programme plus humain, plus juste et plus fraternel. Tous ensemble, marchons vers l’avenir !

            Travailleuses, travailleurs, camarades et amis, je vous remercie de votre attention.


            • Pascal L 8 avril 16:05

              A l’époque de mes études scientifiques, dans les années 70, je fréquentais un foyer d’étudiants du 6ème arrondissement. Parmi les 150 étudiants du foyer, une cinquantaine usait ses pantalons sur les bancs de Sciences Po et 4 ou 5 par an réussissaient le concours de l’ENA. J’ai du fréquenter entre 20 et 25 futurs énarques, mais je ne me souviens que d’un seul et pourtant nous partagions nos repas à la cantine du foyer. En fait, je ne supportais pas discuter avec la plupart d’entre eux. Pour un scientifique, la vérité est un graal, on la recherche sans la connaître mais pour un futur énarque, la vérité est quelque chose de relatif qui peut changer en fonction de l’humeur ou des circonstances. En plus, comme futur ingénieurs, nous étions tourné vers l’avenir en essayant d’imaginer des solutions aux problèmes du présent mais l’avenir n’intéresse pas les futurs énarques. Ils passe leurs journées tournés vers le passé comme des comptables. Ils sont par contre très brillant pour analyser, synthétiser ce passé mais ne voient l’avenir que comme une extrapolation linéaire de ce passé.

              Ayant observé le processus de sélection entre l’écrit et les oraux, j’ai pu constater que ceux qui sont choisi avant le grand oral ont des connaissance encyclopédiques et une capacité de synthèse remarquable, mais le grand oral n’est pas un processus de sélection mais d’élimination. Sont éjectés, tous ceux qui ne ressemblent pas aux énarques en place et un avantage est donné à ceux qui s’intéressent le moins à la vérité.

              • Michel DROUET Michel DROUET 8 avril 17:58

                @Pascal L
                J’ai eu l’occasion de travailler avec des énarques et avec des ingénieurs et j’ai toujours tiré quelque chose du brassage des idées et des cultures. Le problème, c’est souvent l’absence de prise de risque qui dissout considérablement l’efficacité de ces brillants cerveaux.


              • Aristide 8 avril 20:16

                @Michel DROUET


                La prise de risque ? Un exemple de votre expérience de directeur dans une région, me met déjà l’eau à la bouche.

                Maintenant de brillants cerveaux, le glissement sémantique est votre spécialité d’autodidacte ?


              • Michel DROUET Michel DROUET 8 avril 20:25

                @Aristide
                Dans un département, pas une région...
                Pour le reste vous faites partie des commentateurs « qui n’ont pas encore renseigné leur profil » et qui n’ont rien écrit et qui s’attaquent davantage aux rédacteurs qu’ils ne commentent leurs articles.
                Des trolls, quoi...
                Continuez sans moi !


              • Aristide 8 avril 20:34

                @Pascal L

                Ils sont par contre très brillant pour analyser, synthétiser ce passé mais ne voient l’avenir que comme une extrapolation linéaire de ce passé.


                Il me semble que la politique supporte assez mal les innovations mal maîtrisées, que l’enseignement des expériences anciennes est le plus important dans la détermination des actions à mener. 

                Est ce que la prise de risques dans ces domaines est tolérable, pour moi la politique ne supporte pas cette fuite en avant des grands « sauveurs » qui tous se vantent d’avoir la solution, ici les anti Euro, ailleurs les anti croissance, ...

                Pour ma part, je suis assez rassuré que ces « élites » sachent tirer expérience et synthétiser, il n’y a pas de formation qui prépare à l’innovation, à la prise de risques. Il s’agit le plus souvent d’un mouvement collectif, le résultat d’un partage d’expériences. Pour tout vous dire je ne crois en rien à la création individuelle, elle est simplement l’expression d’un mouvement souvent collectif.

                Sont éjectés, tous ceux qui ne ressemblent pas aux énarques en place et un avantage est donné à ceux qui s’intéressent le moins à la vérité.

                La vérité ? Il me semble que cette notion assez floue se heurte souvent à la relativité de sa conception. Comment donc un système, le notre, pourrait raisonnablement sélectionner des candidats sur une seule vison de LA vérité, alors que le travail essentiel qu’auront à faire ces élites consistera justement à choisir entre toutes les vérités que l’on leur présentera.

                Une petite remarque, sur la reproduction des élites, il me semble que cette particularité n’est pas spécifique des énarques. Les ingénieurs centrale et autres, les médecins, les profs d’ecole, les plombiers, les routiers, ... ont tous un petit air de famille. Est ce qu’ils se ressemblent parce qu’ils sont choisis, ou sont’ils choisis parce qu’ils se ressemblent ? Peut être un mélange des deux , non ?



              • Aristide 8 avril 20:37

                @Michel DROUET


                Vu le niveau de votre prose, je ne perds pas grand chose : quand la suffisance concurrence la fatuité du discours.


              • exocet exocet 8 avril 22:25

                @Michel DROUET
                Bonjour, Michel Drouet, je viens de voir votre profil :
                comment peut-on être autodidacte et ancien Directeur dans la fonction publique territoriale, sachant qu’il faut avoir les diplomes ad hoc et réussi les concours de la fonction publique territoriale ?
                pistonné ?
                Ne vous vexez pas, mais je suis curieux de savoir...


              • Michel DROUET Michel DROUET 8 avril 22:34

                @exocet
                C’est bien naturel : c’est la voie du concours interne en vigueur dans la fonction publique et qui permet à des agents avec une certaine ancienneté de se présenter au concours d’attaché sans conditions de diplômes puis de passer comme tout le monde, diplômé ou pas, cette fois, l’examen d’attaché principal et enfin être nommé Directeur.
                Aucun piston dans tout cela, juste l’application des statuts en vigueur.


              • leypanou 8 avril 23:27

                @Michel DROUET
                et qui n’ont rien écrit et qui s’attaquent davantage aux rédacteurs qu’ils ne commentent leurs articles.
                Des trolls, quoi...
                Continuez sans moi !
                 : une fois que l’on les a repérés, on ne se laisse plus avoir.

                Ils sont quelques-uns comme çà sur ce site.


              • Pascal L 9 avril 00:33

                @Aristide

                Etes-vous énarque ? En tous cas, vous devriez l’être, vous disposez de toutes les caractéristiques que j’avais déjà eu l’occasion d’observer.

                « l’enseignement des expériences anciennes est le plus important dans la détermination des actions à mener. » 
                L’innovation est un état d’esprit qui n’est pas le votre. Ce n’est pas un reproche, que serait la société s’il n’y avait que des ingénieurs, mais souffrez au moins que tout le monde ne soit pas construit sur votre modèle de pensée et que d’autres modèles sont également possibles et souhaitables. 
                Aujourd’hui, nous nous enfonçons dans la troisième crise financière. Des solutions monétaires sont possibles mais ne serons jamais mis en œuvre parce que personne ne les a utilisées auparavant (en fait, cela s’est fait partiellement). Mais pour les mettre en œuvre, il faut comprendre comment la monnaie scripturale s’est imposée progressivement depuis la fin du siècle dernier et il faut comprendre la relation entre la dette et la monnaie scripturale, ce qui ne s’enseigne pas à l’ENA. Ces éléments n’existaient que marginalement auparavant mais transforment progressivement le fonctionnement de l’économie. Si on se base uniquement sur le passé, on ne peut pas comprendre comment ces transformations auront des répercussions dans notre avenir. Nous avons déjà eu deux crises et personne ne fait rien pour corriger alors que c’est possible ! Je ne soutiens aucun des projets que vous décriez, car ils sont tous issus de personnes qui ne comprennent pas l’évolution en cours. La solution est technique, ce ne peut en aucun cas être une posture.

                Il n’y a pas deux vérités, il n’y en a qu’une, mais elle n’est pas toujours accessible. Il faut beaucoup d’humilité et de persévérance pour l’approcher et ce n’est jamais un compromis.

                Sur la reproduction des élites, je connais aussi pas mal d’ingénieur imbus de leurs prérogatives, mais je connais aussi beaucoup d’ingénieurs que l’on dit atypiques mais qui ne le sont pas tant que ça. On ne les entend pas mais il travaillent. Ceux-là font voler des avions, nous fournissent de l’énergie, mettent au point des systèmes complexes et sans eux la vie serait beaucoup plus difficile. Pour faire voler un avion, l’ingénieur ne définit pas les lois de l’aérodynamique à sa convenance. S’il ne les suit pas, l’avion ne vole pas. Aujourd’hui, je travaille sur des technologies complètement immatérielle avec un modèle économique basé sur le partage du savoir sans aucun capital financier (ils ne comprennent pas de toutes façons). La société qui sera créée à partir de cette techno ne sera pas basée en France, tout simplement parce que c’est possible sans enfreindre aucune loi et je trouve plus facilement des modes de fonctionnement adaptés ailleurs.

                En étant entièrement tourné vers le passé, l’Etat français se tire une balle dans le pied et ruine notre avenir. En vivant au cœur de la transformation numérique de notre société, j’ai une bien meilleure vision de l’avenir que toute une promotion d’énarques.

              • Michel DROUET Michel DROUET 9 avril 09:23

                @leypanou
                Oui, et je pense même qu’une fois leurs petites manœuvres éventées (toujours les mêmes techniques d’attaque du rédacteur avec de temps en temps un commentaire sensé pour essayer de regagner en crédibilité), ils abandonnent leur pseudo et repartent avec un nouveau.


              • Jean Pierre 9 avril 13:23

                @Aristide
                « L’enseignement des expériences anciennes est le plus important dans la déterminations des actions à mener ».

                Si je regarde le mouvement général de nos sociétés, ses orientations principales, j’ai l’impression que nos élites politiques, économiques et médiatiques refont largement les erreurs faites dans les années précédents la grande crise des années 30 : dérégulation financière, scandales politico-financiers à répétition, montée des inégalités, concentration des médias par le monde financier, relations incestueuses entre la sphère économique et la sphère politique, corruption des élites
                Ces conditions ont conduit à l’effondrement économique puis à la montée des populismes. A la libération, des gardes-fous contre ces errements avaient été mis en place. Progressivement, ils ont tous disparus.
                Contrairement à votre point de vue, nos élites actuelles ne tirent aucune leçon du passé. Dans leur discours majoritaire, elles déplorent certes, et même vigoureusement, la montée des populismes. Mais elles créent simultanément toutes les conditions de leurs montées (possiblement incontrôlable).

              • Aristide 9 avril 19:08

                @Jean Pierre


                L’idée assez communément admise selon laquelle les mêmes faits provoquent les mêmes conséquences n’est peut être pas aussi évidente que ce que vous avancez ici assez abruptement.

                En premier lieu je répondrai avec prudence tellement la prévision est difficile, Pierre DAC ajoutait même « surtout lorsqu’elle concerne l’avenir ».

                Pour ma part, je crois que les conditions dans lesquelles ces faits se réalisent sont plus influents sur les conséquences que les faits eux même. Je ne crois pas aux retours des populismes qui pourraient nous conduire aux errements que vous avez décrits. C’est une prévision mais je crois que les révolutions technologiques et économiques que nous vivons ne sont que les premises de changements bien plus profonds, les économies sont en train de se réguler par une « harmonisation » des conditions, même si nous souffrons le plus de cet alignement mondial, il se fait pour le moment par le bas, poussé par les économies chinoises, indiennes, ... Il ne manquera de se poser le problème du partage des richesses dans ces pays comme il s’est posé dans le notre. Cela ne sera pas un long fleuve tranquille, c’est sur que cela passera par des crises successives.

                Pour ce qui est de nos politiques, je crois qu’ils sont conscients de leur inaptitude à réguler le monde économique, au mieux il peuvent légèrement en influencer les effets en mettant en place des systèmes de sauvegarde, et encore, on voit qu’ici même ce modèle est mis en cause.

                Le pire est à mon avis de croire qu’il existerait des politiques aptes à faire ceux qu’ils annoncent dans leur discours de tribune. La Grèce nous a largement démontré que l’action exige des compromis, et que si l’on n’en fait pas, on s’en va. Qui est pour vous le vrai politique, Varoufakis ou Tsipras ? Je sais qu’il est plus commode de taper sur celui qui agit, se compromets dans la discussion avec les instances internationales, ... en face un professeur de bonne conduite qui a quitté le pouvoir au premier coup.



              • Jean Pierre 10 avril 00:21

                @Aristide
                Très beau discours. Vous auriez du faire l’Ena en premier et de la politique ensuite. Au fil de votre carrière, vous nous auriez alors appelé à voter pour de grands traités internationaux prometteurs de lendemains radieux. Quelques années plus tard, vous nous auriez expliqué que le monde avait changé, qu’il était ouvert (en raison de ces grands traités internationaux) et qu’ils nous faudrait nous adapter et faire des sacrifices. Puis, que les politiques et donc vous même, n’ont plus de pouvoir réel en raison des grands traités qui leur lient les mains et des abondons de souveraineté qu’ils ont eux même promu. Puis que vous n’étiez pas élu par des électeurs pour réaliser un programme, mais pour faire des compromis avec des instances élues par personne. Etc, etc. Et finalement comme homme politique vous seriez aujourd’hui tout étonné du mécontentement populaire et du rejet des élites. Pour sauver votre carrière il ne vous resterait plus qu’a traiter de populiste ou de démagogique toute critique de cette même carrière. Ça peut remplir une vie un truc comme ça. J’ai même plein d’exemples haut placés.




              • Michel DROUET Michel DROUET 10 avril 07:38

                @Jean Pierre
                Bonjour Jean Pierre

                Très bon commentaire sur le dénommé Aristide !


              • Aristide 10 avril 10:00

                @ Jean Pierre


                Sur le fond de mon commentaire, rien à dire. 

                Vous avez une imagination que le petit directeur départemental trouve impressionnante, c’est dire la qualité de votre scénario. J’adore ces rêves éveillés de ces quelques spécialistes auto proclamés en lucidité, en histoire, en économie, en science sociale, ... enfin tous ces génies ignorés qui hantent les couloirs de nos administrations.

                Heureusement, ils ne constituent qu’une ultra minorité souvent placardisée qui croit que leur exil est du à la singularité de leurs convictions. Ici, deux spécimens de première bourre de cette engeance administrative qui confond incompétence et anticonformisme.

                Voilà donc réunis les deux compères qui savent ce qu’il faudrait faire dans ce monde complexe. Raillant tout et tous ce qui ressemble à des décideurs, les voilà ancrés comme des moules à leur rocher, ne cherchez pas un seul exemple de leurs propositions, il suffit de bêler avec la troupe les discours rabâchés par une médiacratie qui se targue d’avoir les solutions à tous nos problèmes.

                Savoureux couple de nigauds inutiles, heureusement la reproduction de telles médiocrités est peu répandue dans nos contrées.
                 




Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès