eric :
A mon avis, qui n’engage bien sur que moi, vous devriez relire la Bible à tête reposée
Vous invoquez deux des vertus théologales, en oubliant apparemment la troisième, mais elle y est en creux.
Je méprise profondément l’Ancien Testament, mais respecte beaucoup les Évangiles. Sans me définir moi-même comme étant croyant, je suis conscient d’être empreint de culture chrétienne (qui plus est, orthodoxe et catholique à la fois). C’est parce que je n’ai pas la foi, et ne prétends appeler personne à la pratiquer, que je ne l’ai pas citée.
Votre sincérité me paraît à priori douteuse puisque la participation sur
internet implique à l’évidence d’être inclus, de participer à ce que
vous appelez vous même avec beaucoup d’à propos le NOM, dans la plus
part de ses dimensions.
Cela implique en effet d’être "inclus", mais comment faire autrement pour simplement se parler ? Lorsque l’imprimerie fut mise au point et employée à grande échelle, les moines et le clergé ont probablement crié à diablerie. Aurait-on du continuer de priver les masses de l’opportunité de lire enfin ? À présent, Internet en particulier, et les réseaux en général, nous donnent l’opportunité d’écrire. Ne laissons pas passer cette chance !
Il n’est pas nécessaire d’être extrémiste, il ne sort jamais rien de bon de cette passion-là. Se priver, volontairement ou non, des outils du progrès technique, c’est retourner à l’âge de pierre. Il n’y a pas lieu de blâmer les avions de chasse, les drones, les techniques de production industrielle, la génétique, la technologie, Internet sous prétexte qu’il en est fait mauvais usage ; pas plus qu’il ne convient de s’en prendre à ceux qui manient toutes ces machines : eux-mêmes, dans une large mesure, sont devenus des machines. Il suffit d’inverser les rôles. C’est l’outil, fût-il le plus perfectionné et le plus "intelligent", qui doit être au service de l’homme, non l’inverse.
Je ne crois pas vraiment à la possibilité de la "simplicité volontaire" ...
Vous n’êtes pas obligé d’y croire, mais si vous essayez, vous y parviendrez. Vous y serez de toute façon contraint, et probablement d’ici moins de deux décennies. Les contraintes écologiques sont réelles ; la valeur des ressources continuera d’augmenter, et celle du travail de baisser, ce qui signifie que de façon implacable, la valeur des choses, surtout les plus nécessaires, continuera d’augmenter et qu’il faudra peiner de plus en plus pour les obtenir.
La prospérité dont nous jouissons à présent est temporaire, et même, "anormale". C’est un accident de parcours dans l’histoire de l’humanité. Notre niveau de confort, notre toute-puissance, notre nombre, même, nous ne devons tout cela qu’aux énergies fossiles. Celles-ci ne sont toutefois pas éternelles, et par ailleurs, nous avons oublié, nous, Occidentaux, que nous n’étions pas seuls sur cette planète. Nous devrons bientôt en rendre des comptes ; qu’aurons-nous à dire, alors ?
... dans le cadre d’une pensée matérialiste, ...
Comment définiriez-vous la pensée grecque ? Matérialiste ou ... spiritualiste ?
... pas plus qu’à un réel
attachement à l’égalité.
Je ne suis pas attaché à l’égalité, c’est un rêve impossible car il se heurte aux réalités. Je suis attaché à l’équité et à la mesure, qui sont tout à fait possibles.
Comme dans un vulgaire christianisme, elle s’appelle "le nom", mais elle est en fait comparable à un dieu païen.
Le christianisme n’est pas vulgaire. Il a servi de base à des civilisations extrêmement raffinées, dont nous sommes issus. Une partie de notre malheur provient de ce que nous avons rejeté nos "bases". Nous ne savons plus d’où nous venons, qui nous sommes et où l’on nous mène. On ne sait même pas exactement qui nous y mène. Dans ces conditions, comment ne pas être perdu ?
Connaissez-vous la pensée confucianiste ? J’ai cru comprendre que d’après Confucius, ce qui compte n’est pas la foi, mais la pratique du "rite" (c’est à dire, des cérémonies, des réunions, d’un mode de vie particuliers). Nous avons, probablement à tort, catalogué cela comme une "religion" et nous nous sommes trompés. Il ne s’agit pas d’une mystique, mais simplement de bon sens.
Votre
frugalité et votre tempérance, sont des armes et non des plaisirs de la
vie.
C’est tout à fait cela, ce sont des armes, par lesquelles je propose de renverser l’ordre social établi, et sans trop de casse, qui plus est. L’idée n’est pas de moi, je vous renvoie au fameux "Discours de la servitude volontaire". Je n’exclus pas d’avoir tort, mais il faudra pour que je le reconnaisse que quelqu’un me le prouve.
Par ailleurs, la frugalité est également un plaisir, on l’a juste oublié. Vaut-il mieux être obèse et pouvoir à peine bouger, ou bien, en bonne forme, et libre de toute drogue ou dépendance ?
Oui, on ne peut pas servir deux
maître, mais placer Mamon au cœur de sa pensée est aussi lui rendre
hommage.
Identifier l’ennemi n’est point le servir. Vous maniez habilement la rhétorique, et vous me comprenez parfaitement, mais vous vous contentez de me tendre des pièges. Est-ce donc qu’à défaut de trouver une faille dans la cohérence, vous la cherchez dans la crédibilité ?
Je vous suis néanmoins reconnaissant de m’avoir offert l’occasion d’exposer plus clairement mon idée. Certains peut-être y trouveront quelque intérêt.