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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > La prescription des crimes sexuels commis sur les enfants

La prescription des crimes sexuels commis sur les enfants

La prescription, c’est le délai au-delà duquel il n’est plus possible de porter l’action en Justice. Pour les crimes sexuels les plus graves, au sens de la loi, tels que viols, ce délai est actuellement de dix ans après la majorité de la victime, vingt lorsque le crime est commis par un ascendant ou un proche.

• Parce qu’un crime contre l’humanité qui se construit dans le corps et le psychisme fragile d’un enfant est un crime contre l’humanité tout entière.

• Parce que la révélation de l’abus se fait dans l’immense majorité des cas très tardivement, seul un infime pourcentage des crimes sexuels commis sur des enfants est jugé (moins de 1%), en raison de la prescription qui équivaut à une quasi-impunité des criminels.

• Parce que la reconstruction de la victime, quel que soit le temps écoulé, passe par la reconnaissance de ce qu’elle a subi et par la désignation du criminel qui doit être puni.

• Parce que l’imprescriptibilité, dans la menace qu’elle constitue pour les abuseurs, protègera des enfants.

L’abus sexuel commis sur un enfant va bien au-delà d’un traumatisme physique immédiat. C’est tout son psychisme en pleine édification qui est dévasté. L’abus sexuel exerce des ravages souterrains à long terme, dont les répercussions sont innombrables sur la santé, l’affectivité et le devenir de la victime. L’abus sexuel s’accompagne d’un abus de pouvoir, d’un abus de confiance, et emprisonne la petite victime dans une violence psychique inouïe.
Honte, culpabilité, doute, sentiment de souillure, angoisse, perte de l’estime de soi prennent toute la place. L’enfant ne se sent plus en sécurité, et il redoute que cela recommence. Les fondements de sa confiance en l’adulte et dans le monde sont détruits.

Souvent, pour survivre, dans cette situation, l’enfant se coupe de ses sensations et se dissocie. L’amnésie post-traumatique lui permet de survivre, l’abus est enfoui, refoulé durant des années, des décennies, mais jamais effacé. En profondeur les ravages ne s’arrêteront pas aux seules atteintes subies par son corps. Des états dépressifs s’installent ; beaucoup, même, envisagent le suicide. L’anxiété, l’inadaptation vécues au quotidien, l’impossibilité de se détendre, de vivre pleinement ses émotions, que ce soit de la joie ou de la peine, des difficultés relationnelles majeures, et fréquemment, plus tard, l’incapacité de connaître une relation amoureuse épanouie et de construire une vie de couple.

Divers problèmes de santé surviennent, qui peuvent persister tout au long de la vie d’adulte : dépression, insomnie, cauchemars, phobies, incontinence, dépendances (alcool, drogues...), troubles des conduites alimentaires (anorexie ou boulimie), mutilations, conduites auto-destructrices... Et puis il y a celles et ceux qui semblent fonctionner normalement, mais qui sont prisonniers de leur secret, dans une cruelle solitude, se protégeant tant bien que mal derrière une image qui ne correspond pas à leur réalité : une enfance brisée.
La plupart des abus ne se révéleront que bien plus tard, le plus souvent après des années, voire des décennies, lorsque la victime devenue adulte aura, enfin, un interlocuteur de confiance et les moyens d’exprimer l’indicible.

Pourquoi ? Parce que l’amnésie ou le déni est la seule réponse de survie à l’horreur de l’abus sexuel, et que ce refoulement dans l’inconscient se prolonge chez un grand nombre de victimes jusqu’à un âge avancé, conduisant au-delà du délai de prescription... Parce que le milieu bien souvent protège l’agresseur. Parce que la légende est encore bien ancrée, qu’il faut oublier, et que la plainte n’est que vengeance, alors que nul ne s’offusque de voir déposer une plainte, même tardive, pour un crime financier, par exemple. Parce que la parole de l’enfant, quand elle est possible, est fréquemment mise en doute. Mais aussi parce que l’ampleur des crimes sexuels sur des enfants est telle que la société dans l’ensemble se voile la face.
Entendre la victime et la reconnaître comme telle, désigner le criminel et le reconnaître comme tel, c’est le premier pas dans le processus de reconstruction de l’enfant victime d’abus sexuel. Il n’y a pas de guérison possible sans que la vérité soit dite. Quel que soit le moment où survient la dénonciation de l’abus, la vérité sera toujours synonyme de délivrance. Savoir qu’il y a une Justice, sans prescription, est donc capital.

En effet, comment concevoir qu’un crime, qui laisse des séquelles à vie sur la victime, demeure impuni parce que la plainte survient au-delà du délai de prescription ? Est-ce à dire que la société et l’institution considèrent que le temps a effacé, voire réparé le préjudice ? Pour la victime, quel désaveu ! C’est la renvoyer une seconde fois au silence et à l’oubli ; c’est tout bonnement la condamner au néant. Tandis que l’agresseur, lui, peut tranquillement tourner la page... et recommencer.

Les chiffres de l’ODAS (Observatoire décentralisé d’action sociale) indiquent que le nombre de signalements pour abus sexuels sur les enfants tourne autour de 5500 par an en moyenne, sur les cinq dernières années. Le total de tous les signalements effectués depuis que l’Etat a installé cette procédure ne dépasse donc pas 1% du nombre réel d’enfants victimes d’abus sexuels en France (abus perpétrés le plus souvent au sein de la famille ou par des personnes connues de l’enfant, il faut le souligner).

Notre pétition peut-être signé en ligne à l’adresse suivante :
http://petition-antiprescription.net

Dan



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95 réactions à cet article    


  • miaou (---.---.234.202) 2 juin 2006 13:42

    En m’opposant à ce texte, j’ai conscience de nager complètement à contre-courant (encore qu’une certaine affaire très médiatisée a dû laisser planer un certain malaise) Voilà mes principaux arguements :

    * on assiste à une véritable banalisation de la notion de crime contre l’humanité : ce mélange des genres est pernicieux, il faut maintenir une certaine hiérarchie des crimes. Le viol est certes un acte très grave (surtout s’il est pratiqué sur des mineurs), il l’est moins, quoi qu’on en dise, que la suppression d’une vie.

    * le problèmes des preuves pour un viol est toujours extrêmement compliqué s’il n’est pas déclaré de suite (auquel cas : preuves médicales, ADN...) ; après un certain nombre d’années, cela devient complètement rédhibitoire.

    * le problème du syndome de la fausse mémoire, induit par certaines psychotérapies, d’autant plus prégnant que les faits en cause sont éloignés dans le temps.

    * le problème des dénonciations calomnieuses, facilitées si effectuées très longtemps après les faits.

    * c’est la suite du détricotage de la notion de prescription (qui a déjà commencé) : s’il existe une prescription, c’est qu’il y a de bonnes raisons.

    Si cette suppression de la prescrition devait voir le jour, il faudrait la condtionner à des preuves extrêmement fortes (témoignages crédibles et circonstanciés autres que celui de la victime, éventuelles traces matérielles...) Une fois qu’on a dit cela, il ne s’agit pas de laisser les victimes seules face à leur sort ; il s’agit de les épauler (le judiciaire n’est pas la seule voie)

    Après, pendant des décennies de chape de plomb, avoir complètement négligé les victimes des violences sexuelles, on en arrive maintenant, par retour du balancier, à vouloir introduire des lois d’exception. Il reste aussi à se poser la question de la responsabilité de nos modèles de société. Quel modèle de société est-il susceptible d’exercer le plus de ravages ?

    * la société de libération sexuelle contemporaine (peut, selon les cas faire diminuer au augmenter la pression sexuelle ; susceptible de faciliter certains passages à l’acte)

    * la société traditionnelle (et sa chape de plomb, qui peut induire à dissimuler, mais aussi à inhiber)

    En fait, aucun des 2 n’est exempt de problème.


    • (---.---.32.51) 8 juin 2006 15:59

      N’importe quoi...

      Je me suis fait violée à 8 ans, et je peux vous assurez qu’à cet âge là vous n’en parlez pas. Eh oui, il a fallu que mes 20 ans arrivent pour que j’ai enfin le courage d’en parler à ma famille. Et souvent il faut bien plus longtemps que ça pour accepter l’inacceptable.

      Et certes, le viol n’est pas un crime contre l’humanité, mais un crime épouvantable malgré tout pour lequel la prescription ne doit pas exister.


    • Jeanloup 6 novembre 2013 17:54

      Desolé vous tricotez et tournez autour du probleme.

      Il faut comprendre et admettre ce que la medecine nous apprends : les aggressions sexuelles sont avant tout des aggressions. Et generatrices de stress post traumatique.
      Ainsi le temps ne fait rien a cela et mettre un temps de prescription revient a meconnaitre la physiopathologie des traumatismes.
      Une fois cela connu, la personne qui n est plus ignorante et qui continue a defendre la prescription defend les aggresseurs au detriment des victimes. Et devient tres suspecte elle meme...

    • gem (---.---.117.250) 2 juin 2006 13:55

      vous êtes dangereux vous...
      - il est proprement scandaleux de banaliser la notion de « crime contre l’humanité ». On a inventer ça pour les génocides, quand même...
      - il est stupide et dangereux de militer pour l’impresciptibilité. Tout spécialement dans ce domaine. Comme si 10 ou 20 ans ne suffisaient pas à la victime pour se décider à faire un procès ou non, vous proposez de lui donner la possibilité de ruminer toute sa vie ! Beau progrès... Ou bien vous croyez que la menace d’un procès toujours possible est une vengeance d’un raffinement autrement plus subtile, autrement plus dissuasif, et qu’il faut pouvoir prolonger ça durant toute la vie du coupable ? Ca serait de la folie pure !
      - en plus, c’est parfaitement inutile. Il y a toujours un moment où le temps judiciaire s’arrete. Ne serait-ce que parce que le coupable est mort... Pourquoi laisser au seul hasard la décision ?
      - tout ce que vous racontez s’applique à la totalité des crimes, pas seulement celui qui vous tient à coeur. Et pourtant, la prescription existe. Et c’est une bonne chose : parce que le temps n’efface peut-être pas le crime, mais il en efface les traces, il en rend difficile la preuve, et il devient un élément ineffacable de la trame de l’histoire, impossible à réparer sans commettre une nouvelle injustice (comme faire porter aux descendants innocents le poids de la faute et de la réparation exigée).


      • (---.---.19.50) 2 juin 2006 14:49

        il semblerait cher (e) inconnu que vous ignorez beaucoup de choses sur la vie d’une personne victime d’abus sexuels et notamnent sur la notion de déni ou d’amnesie post-traumatique. Aussi je vous invinte a vous documenter plus longuement sur la problematique de l’inceste et de l abus sexuel Je vous invite également à jeter un coup d’oeil sur notre comité de soutien http://petition-antiprescription.net/soutien.htm et vous pourrez evaluer ainsi la dangerosité des personalités qui le constituent

        Cordialement co-auteur de cette initiative Dan


      • Guillaume AGNELET Guillaume AGNELET 2 juin 2006 15:11

        Il me semble, a tort peut être, que la notion de RECONNAISSANCE de l’abus deviens prépondérante une fois que le temps à passé. ça n’est plus tant la condamnation du coupable que la reconnaissance en place publique de sa souffrance que recherche la victime.

        Personnellement, une fois que le temps a passé... je dissocierai volontiers, la reconnaissance de la souffrance et de la faute... de la necessité de la condamnation.

        Actuellement, un proces d’assise, ne fait AUCUN distinguo. Il ferait même la part belle à la condamnation. Et la portion congrue à la douleur de la victime.

        Apres 20 ans ? Est ce la condamnation de son violeur dont a besoin la victime ? Ou bien est ce la simple reconnaissance de la faute et de la souffrance qui en a résulté ?

        Finalement, ça n’est pas à moi de répondre à cela, c’est à la victime !


      • (---.---.19.50) 2 juin 2006 15:26

        apres 20 ou 30 ans un violeur d’enfant est toujours actif surtout si il n’a jamais été inquiété......

        l’abus sexuel intra-famillial est souvent perpetué sur plusieurs generations

        Alors oui nous voulons bien entendu la reconaissance de la faute mais aussi la comdamnation du coupable ;

        à qui profite le crime ??

        Dan


      • Gnole (---.---.192.187) 2 juin 2006 17:13

        « Finalement, ça n’est pas à moi de répondre à cela, c’est à la victime ! »

        Non ce n’est jamais aux victimes ni aux coupables de dire ou de faire la loi, c’est la base d’un système judiciaire efficace et utile (et c’est loin d’être le cas en France malheureusement).

        On ne peux laisser une victime de quelque acte que ce soit décider des procédures ou des condamnations sinon on passe à un système qui n’es plu judiciaire mais de vengeance... et ce n’est bon ni pour la société, ni pour la victime.


      • JF Lecluse (---.---.72.138) 2 juin 2006 19:48

        " ... Est ce la condamnation de son violeur dont a besoin la victime ? Ou bien est ce la simple reconnaissance de la faute et de la souffrance qui en a résulté ?

        Finalement, ça n’est pas à moi de répondre à cela, c’est à la victime ! ... "

        Tel était le texte en question, il n’est pas dit dans cet extrait que c’était à la victime de faire justice soit même.

        Du moins c’est ainsi que je l’ai compris.

        Salutations


      • ninon (---.---.105.128) 3 juin 2006 10:24

        Bonjour,

        Vous parlez des preuves qui s’effacent, argument préféré des personnes pour la prescription, or il faut savoir que ces abuseurs sont très intelligents et mettent tout en oeuvre pour que les preuves (matérielles)soient inexistantes... Donc que ce soit 3 ans ou 30 ans après, ça ne change rien au problème ! Par contre la possibilité pour la victime de porter plainte change beaucoup dans sa reconctruction... D’autre part vous soulignez le fait que ça poursuivra le bourreau toute sa vie, et la victime, n’est-elle pas hantée par ce traumatisme toute sa vie ? Ne doit-on pas justement l’aider à minimiser ce phénomène ? Enfin, attention aux mots que vous employez qui sont plus que choquants : « il est stupide et dangereux » de quel droit parler de stupidité, pouvez-vous juger ? Alors que ce soit votre avis, soit, mais évitez de dire que les gens qui pensent différemment sont stupides ! « lui donner la possibilité de ruminer toute sa vie », bien évidemment la victime choisit de ruminer !! Ce texte justement est plutôt enclin à favoriser le combat des victimes.


      • Jeanloup 6 novembre 2013 18:22

        Cher gem,

        Lis un peu plus haut et peut etre comprendras tu.
        Le viol est une arme de guerre connue et reconnue durant les guerres pour mieux asservir par la terreur et l humiliation les populations
        Si tu veux mieux comprendre combien tu es dans l ignorance, et si tu es comme je l espere bien intentionné, lis le livre d isabelle Demongeot, ou regarde le site internet « memoire traumatique et victimologie »
        Je sais en tant que medecin l ignorance meme de beaucoup de medecins mais il faut arreter de dire des betises et comprendre que le temps ne fait rien dans ce domaine. Et l on se retrouve avec des victimes qui sont marquees a vie par l oubli et le silence.
        Et puis n oublions pas que les victimes isolees sont rares : dans la majorité des cas, notamment les pedophiles , les victimes sont nombreuses et dès qu elles parlent enfin- parce que enfin on peut les entendre- ellles decouvrent quelles ne sont pas seules. 
        Je connais ainsi une famille qui decouvre que toutes les cousines et petites cousines ont subi des aggressions sexuelles enfant de leur oncle : l aggresseur - pedocriminel c mieux que pedophile- continue sa petite vie, considéré comme un saint, mais nie les faits (sur deja 9 victimes recensees !) et ses propres pts enfants ont ete aggresses par d autres ( cela aurait ete une bonne idee de prevenir les enfants de ce type de risque ...)
        Et c est un comble : on doit se taire au risque de diffamer du fait de la prescription !!!
        Ou comment faire des aggresseurs de pauvres victimes ... !!!
        Ce n est une societe evoluee que celle là.

      • PETER 14 avril 2015 21:06

        @gem
        Bonsoir, c’est des réactions telles que les vôtres qui sont dangereuses. J’ai 55 ans, abusé par mon frère ainé de l’age de 9 ans à 15 ans, j’ai sauvé ma peau à l’époque en m’engageant dans l’armée, Il m’a fallju attendre l’age de 40 ans pour tout dévoiler au grand jour et comprendre ce qui m’était arrivé. Aujourd’hui un pédophile vit en toute impunité grâce à la France.......


      • Coq (---.---.141.18) 2 juin 2006 15:08

        Je suis CONTRE la prescription. Et je remercie Dan pour ce combat qu’il mène.

        Pour reprendre en gros les propos des 2 détracteurs de ce message, qui sont les victimes pour réclamer plus de 10 ou 20 ans de prescription ?

        Un enfant violé par un adulte, à fortiori un membre proche, n’est pas seulement un enfant souillé. C’est aussi une vie gachée. Il ne s’agit pas de ruminer une vengeance, mais d’obtenir enfin la parole, de pouvoir être reconnu, par la justice, et donc par la société comme une victime... Et non comme le complice de ce crime dont il a été victime.

        Plus de 100 milions de stupide dangereux individus au Canada. Pays qui a aboli la prescription pour les crimes sexuels sur mineur.

        Pour reprendre les propos de Miaou, qui sont plus objectifs et sensés que ceux de Gem, il est certain qu’enlever la vie d’un homme est plus grave que de le violer... Ceci dit, je suis pour ma part aussi contre la prescription des crimes de sang.

        Et pour moi, la prescription n’a aucun intérêt si ce n’est celui de proteger l’abuseur. Et ce n’est pas parce qu’un affaire a mal tourné, et qu’elle a été médiatisée à outrance qu’il en est de même pour tous. Il est un peu facile de généraliser une erreur judiciaire à tous les procès pédophiles...

        La seule preuve qu’a un enfant contre son père, son oncle, sa mère, sa grand mère abuseur, c’est sa parole, ses souvenirs... Et rien, pas même 50 ou 100 ans, ne pourront effacer ces preuves là.

        Par contre, il arrive très frequement que l’enfant oubli ses souvenirs, ou soit victime, en plus des abus, d’une pression telle qu’il lui est impossible de se libérer de l’emprise de ses bourreaux avant des dizaine et des dizaine d’années...

        Et, Gem, il faudrait revoir un peu vos cours de droit. Les crimes ne sont pas des dettes ou créances transmissibles aux héritiers. Si demain vous tuez votre voisine et que vous mourrez peu après. Les enfants de votre voisine ne pourront pas porter plainte contre vos enfants. Et ceux, quelle que soit la prescription du crime !

        Bien à vous Coq


        • aziel (---.---.208.95) 2 juin 2006 15:19

          Il est grand temps d’évolué , Faire laisser tomber cette prescription pour que l’enfant qui a subi aie droit a une liberté de se faire écouter car non pas pu le se faire écouter étant enfant . NON , il ne faut plus se taire pour aider la prochaine génération leurs aidés a parler de leur abus qui existent encore trop ....

          Un enfant de 2 a 4 ans qui subie de l’inceste est-ce normal ..... et pourtant cela existe encore en 2006 .

          Faire taire les tabous .......

          Vouloir protéger nos enfants , notre enfance blessé pour notre vie entière

          Un abus seuel est pour un enfant mourrir a petit feu .

          Voilà ce que j’ai subi enfant , et qu’aujourd’hui a 47 ans mon enfer me poursuit encore pour le reste de ma vie ...

          aziel


          • Guil (---.---.170.165) 2 juin 2006 15:44

            La victimisation est bien le pire fléau de notre époque... Non à l’abolition de la prescription, non à l’instauration d’une justice d’exception, non à la sacralisation de certains crimes, non à la victimisation ! Le viol, l’agression sexuelle sont des crimes comme les autres à traiter comme les autres en fonction de leur gravité. Condamner un violeur à une plus grosse peine qu’un tueur est une abbération, or c’est en moyenne ce qui est en train d’arriver... Ce que propose cette pétition n’a rien d’une évolution, c’est une régression vers encore plus de barbarie. Je m’y oppose totalement.


            • Guil (---.---.170.165) 2 juin 2006 16:56

              Pendant des millénaire la justice a été rendue par la victime ou ses proches : oeil contre oeil, dent contre dent, vengeance contre crime. C’est ça, la barbarie. Depuis, on a crée un système pour confisquer la justice des mains de la victime, l’officialiser et la rendre réellement juste. Ca, c’est l’évolution, la civilisation et l’humanité. Remettre en cause ce système en sacralisant les victimes, en leur rendant l’application de la justice ou en faisant des exceptions pour tel ou tel crime, c’est revenir à la barbarie. La violence n’est jamais loin du sacré, ne l’oublions jamais... Vous n’avez pas compris l’ampleur réelle de ce qu’a révélé la catastrophe d’Outreau : vous en faut il d’autres ? Si vous continuez dans cet esprit, il y en aura bien d’autres. Je refuserais toujours ce genre de recul des siècles en arrière.


            • Jojo2 (---.---.158.64) 2 juin 2006 16:09

              « • Parce qu’un crime contre l’humanité qui se construit dans le corps et le psychisme fragile d’un enfant est un crime contre l’humanité tout entière. »

              Pour douloureux que soit un inceste ou un viol, ce ne sont pas des crimes contre l’humanité.

              "Cette catégorie de crimes a été établie pour la première fois en tant que notion proprement juridique par l’article 6, littera (c), de la charte du Tribunal de Nuremberg. Le crime contre l’humanité y est défini comme étant « l’assassinat , l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain commis contre toutes populations civiles, avant ou après la guerre ; ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux, commis à la suite de tout crime rentrant dans la compétence du Tribunal International ou s’y rattachant , que ces persécutions aient constitué ou non une violation du droit interne du pays où elles ont été perpétrées. » D’autres définitions viendront s’ajouter plus tard à celle formulée par l’article 6, littera c, du statut du tribunal de Nuremberg à travers des instruments juridiques internationaux ou nationaux ; la liste des actes incriminés sera également allongée. Mais tous ces instruments ne contribuent pas à rendre la notion plus claire et plus stable, bien au contraire. (Lire les définitions) La dernière définition en date est celle du statut de la Cour pénale internationale (CPI) de 1998. A l’article 7 du statut de la CPI, la nature de chaque acte pouvant constituer un crime contre l’humanité est mieux précisée qu’auparavant, mais cette précision peut aboutir à réduire le champ d’application de l’incrimination. Il est ainsi désormais fait référence à une « attaque systématique dirigée contre la population civile », et à « la conscience de participer à une telle attaque » pour les auteurs de ces crimes. Le lien avec un conflit armé n’est cependant plus exigé, comme c’était le cas dans le statut de Nuremberg. Des développements sur les notions de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité peuvent être trouvés dans les rubriques législation, doctrine et jurisprudence, qui contiennent maints éléments en rapport avec celles-ci."

              Si on doit rendre les crimes imprescriptibles, celà doit être vrai pour tous les crimes.


              • wapiti (---.---.41.248) 2 juin 2006 16:23

                La prescription est une aberration .. la victime se reveillant de son amnésie post traumatique, est condamnée a perpetuité...alors que l’agresseur peut continuer de vivre tranquillement ..

                la parole doit etre libérée .. pour les crimes sexuels commis sur les enfants comme pour tout autre crime ... La justice actuelle donne raison au criminel avec cette prescription ..


                • Gnole (---.---.192.187) 2 juin 2006 17:21

                  Non elle donne raison au fait que 20 ou 30 ans après il est quasi impossible d’établir des faits en dehors des témoignages qui sont trop souvent mis en avant dans la justice en france et qui peuvent ne pas être très fiables après quelques années.

                  Un procès pour viol 30 ans après c’est une victime dont les souvenirs ne peuvent être parfaits, des voisins souvent vieux et qui auront bien du mal à se rappeler et un violeur qui nie... le système judiciaire ne peux pas le condamner sans AUCUNE preuve (ce qui arrivera la majorité du temps dans ces cas la. Et une relaxe du violeur risque d’être infiniement plus destructrice pour la victime qu’une absence de procès.

                  Je ne vois pas comment résoudre cette équation insoluble... le système de la prescription me semble tout de même plus profitable pour la société et pour la victime finallement.

                  Gnole


                • L. Guicharnaud (---.---.152.52) 2 juin 2006 16:35

                  Juriste ET victime d’inceste... Je cumule les tares. Peut-être est-ce pour cela que je dois être stupide et dangereuse à en lire certains. J’ai donc posé les faits et signerai pour ma part sans pseudo. J’assume. Quelle société ? Le débat est ouvert. Ni traditionnaliste ni libertine. Il y a bien d’autres choix et faire oeuvre d’imagination est simplement progressiste. Tout doit sans cesse se construire, se recréer. Une société qui protègerait coûte que coûte et vaille que vaille ses enfants, est-ce si dangereux ? Affirmer dans les lois d’un pays la protection de l’enfance ne poserait problème qu’à la Sainte Famille, coupable dans la plupart des cas et à de nombreux pédophiles qui traquent leurs victimes dans leur entourage immédiat. Mais l’on attaque ici les fondements mêmes de la société française qui vénéra fort longtemps le pater familias. A croire que nos cousins québecquois marchent sur la tête ! Les problèmes de preuve si savamment et complaisamment évoqués ne tiennent pas la route à mon sens. La preuve demeure problématique 5 ans, 10 ans, 20 ans après les faits. Ajouter donc quelques mois ne pose pas davantage problème. Il me semble que le nerf de la guerre est financier tout bonnement,tout bêtement. Cependant personne n’ose l’écrire. Il ne serait pas de bon ton que d’opposer au principe de l’imprescriptibilité l’encombrement des tribunaux.

                  Je répondrai brièvement à gem et à ses considérations psychologiques sur la rumination à vie de la victime. La fermeture d’une procédure judiciaire n’entraîne pas l’oubli, hélas ! Il serait bien de se documenter avant d’écrire.

                  Je finirai sur quelques arguments de miaou. * Le code pénal opte pour une classification en crimes, délits et contraventions. Les crimes incluent de nombreux actes. Parmi eux les crimes de sang (suppression d’une vie) ne sont pas les plus sanctionnés. Le code pénal n’adopte pas le système de valeurs de chaque individu et je pourrais pour ma part considérer qu’avoir été violée de 5 ans à 17 ans est aussi grave que la mort. * les dénonciations calomnieuses n’ont rien à voir avec le problème débattu ici. Je peux accuser mon voisin de tous les délits de la terre ! * Les fausses allégations font recette alors même que ce problème n’a été soulevé qu’aux Etats-Unis (nous parlons de la loi française) et concernent de pseudo thérapeutes évoluant dans des mouvances sectaires. * j’apprécie beaucoup l’argument final : si la prescritpion a été créée c’est qu’il y avait de bonnes raisons. La peine de mort existait il y a peu. Nous aurions dû donc la conserver au lieu d’évoluer.

                  Pour clore mon propos, je terminerai sur la particularité de l’inceste qui produit chez bon nombre de victimes une véritable amnésie. Une recherche sur internet permettra à certains de comprendre la spécificité de ce crime. Il s’agit de modifier la loi de façon à permettre aux victimes de porter plainte au moment où elles se souviennent. De façon idiote, celles-ci ne retrouvent parfois pas la mémoire avant la fin du délai légal.


                  • Jean-François LECLUSE (---.---.18.70) 2 juin 2006 16:39

                    Bonjour :

                    Je cite

                    « ... Ce que propose cette pétition n’a rien d’une évolution, c’est une régression vers encore plus de barbarie... »

                    Ce type de discour participe à l’apologie de la pédophilie et de l’inceste pédophilique.

                    Savez vous que trés souvent une vctime de ces actes porte à vie le poids des actes de son incesTueur pédophile, à vie il paiye les conséquences d’actes dont il n’est pas l’auteur mais la victime.

                    Depuis quand un barbare violeur, donc un criminel, serait-il lui victime d’actes de barbarie si un jour enfin il est jugé et condamné ?

                    Depuis quand les decisions de justices sont comparables à des actes de barbarie ?

                    Quelle serait donc cette justice qui n’ose condamner un criminel de peur de perturber son petit train de vie ?

                    Si vous lisez cette pétition (l’avez vous faits), vous lirez aussi :

                    « ... Parce qu’un crime contre l’humanité qui se construit dans le corps et le psychisme fragile d’un enfant est un crime contre l’humanité tout entière... »

                    L’avenir de l’humanité est dans les mains des jeunes géneration,et non dans celles des adultes.

                    Les crimes sexuel commis sur ces jeunes generations ne sont malheureusement pas des crimes d’exception (en nombre).

                    Par leur gravité, ces crimes sont donc des crimes contre l’humanité, et doivent être considéré comme tel je crois.

                    JFL


                    • Jerome (---.---.20.126) 8 juin 2006 14:12

                      Désolé, quel que soit la violence subie par UNE personne, ce N’EST PAS un crime contre l’humanité, l’humanité etant constitué de plus d’une personne. OK c’est grave, on est d’accord, mais ce n’est pas une raison pour mettre l’humanité à toutes les sauces.


                    • Elisabeth B. (---.---.29.26) 2 juin 2006 16:41

                      Je suis d’accord avec Dan sur son combat, par contre pour ma part je n’ai que besoin que mes agresseurs avouent ce qu’ils m’ont fait, je n’ai plus le besoin de les voir enfermés dans une prison.

                      Par contre les personnes écrivant que c’est débile de vouloir changer les lois ne sont pas des victimes donc pas au courant comment une victime se sent même 40 ans après les faits, donc pas crédible pour discuter sur ce problème.

                      Je ne souhaite à personne ce que nous avons vécu et que nous vivons encore tous les jours mais que ceux qui pensent que ce que nous subissons encore jour et nuit, est une chose du passé et que nous devons oublier, ne comprennent vraiment rien du mal faites aux victimes.

                      Si vous savez qu’un braqueur de banque reçoit toujours une peine plus élevée qu’un violeur d’enfant, que la prescription pour un braquage de banque n’est pas la même que pour un violeur d’enfant, alors est ce normal cela ?

                      Bien à vous

                      Elisabeth B.


                      • L. Guicharnaud (---.---.152.52) 2 juin 2006 18:04

                        A lire certaines choses, je voudrais préciser que le combat mené pour l’imprescriptibilité de certains crimes n’est pas une lutte menée dans le genre Talion. Ne remettant nullement en cause le principe de la non-rétroactivité de la loi dans le temps, je combats non pour moi mais pour les enfants de demain. Il n’est pas inutile de le rappeler. Je note également d’autres confusions qui me gênent. Les victimes n’ont jamais eu la prétention d’être juges et parties. Elles souhaitent seulement être parties et refusent de décider des peines. Ou donc avez-vous lu le contraire ? De plus, je ne me permettrais en rien de m’immiscer dans une procédure judiciaire. Je sais faire confiance aux tribunaux et m’en remets à eux. Il n’est en rien du propos de la pétition de discuter des difficultés probatoires. Je rappelle qu’avant qu’une affaire soit jugée au pénal, c’est le Ministère Public qui a diligenté l’enquête et estimé qu’il avait à conduire le prévenu devant les tribunaux. On n’est pas au civil. La victime est accessoire au procès. Il est ici UNIQUEMENT question de discuter d’un délai.

                        Enfin, cessez de penser pour les victimes. Elles souhaitent simplement avoir le DROIT de porter plainte contre leur agresseur à leur sortie d’amnésie. Etre victime ne signifie pas être incapable d’évaluer une situation et de prendre des décisions.

                        LG


                        • wanda (---.---.20.126) 2 juin 2006 19:02

                          Personnellement, j’ai rencontré un pédophile (un oncle, qui dieu merci habitait loin et que je n’ai vu que pendant une brève période) quand j’avais 10 ans.

                          Et bien, cela n’est revenu dans mon souvenir que cette année seulement. 28 ans de blackout ...

                          Je trouve que la non prescription serait spécialement adaptée aux crimes sexuels survenus sur les enfants, justement à cause de ce mécanisme psychique qui peut avoir pour effet de faire oublier / occulter complètement ce type d’agression.


                          • faxtronic (---.---.183.158) 2 juin 2006 21:06

                            Et dan,

                            Tu sais que c’est un crime contre l’humanité ???? Il sera temps que t’informe. Je n’ai pas lu ton article, et je ne le lirais pas. Commencer un article par un tel amalgame, une telle connerie, c’est un scandale.


                            • JF Lecluse (---.---.72.138) 2 juin 2006 21:34

                              Bonsoir :

                              Comment peut-on apporter un jugement de bonne valeur sur ce que l’on n’a pas lu ?

                              Le scandale c’est donc bien de décider de prime abord que ce que l’on n’a pas lu ou écouter est une connerie, c’est ainsi que l’on rend impossible tout débat.

                              Merci de m’avoir lu.

                              JF Lecluse (co auteur de la pétition citée dans cet l’article non lu)


                            • faxtronic (---.---.183.158) 2 juin 2006 23:41

                              Je ne sais pas si cette article est bon ou pas. Vous galvaudez le terme de crime contre l’humanité. Vous êtes des negationnistes en puissance.


                            • MD Lecluse (---.---.72.138) 3 juin 2006 00:44

                              Bonsoir, Je constate que les arguments de ceux qui démolissent cette pétition -parfois même sans l’avoir lue(!)- s’articulent principalement autour de trois thèses :

                              - impossibilité de prouver les crimes sexuels après tant d’années
                              - définition du crime contre l’humanité
                              - cruauté de « l’épée de Damoclès » que représente une action pénale possible jusqu’au dernier jour de la vie du pédophile/incesTueur

                              Or, ces piètres arguments ressemblent plus à des prises de position passionnelles pour démolir un sujet qu’à des développements construits :

                              PRIMO
                              - s’il est impossible de faire constater physiquement une agression sexuelle après 40 ans, je ne vois pas comment il serait plus aisé d’en donner preuve après 20 ou même 5 ans. Donc en ce cas, pourquoi trouvez-vous un sens et un bien-fondé à l’actuelle prescription que vous défendez avec tant de virulence ? Les traces visibles d’un viol disparaissent parfois entre quelques jours et quelques mois (lésions, possibilité de prélèvement d’ADN...) mais les traces psychologiques n’en sont pas moins des cicatrices à vie, pour la victime, à plus forte raison lorsque celle-ci, enfant, doit se construire avec ce saccage de tous les fondements de son psychisme.

                              - Les constants progrès scientifiques, psychiatriques en particulier, démontrent chaque jour qu’il est d’autres lésions que celles du corps, d’autres traumas que ceux révélés par les examens anatomiques : par l’expertise psychiatrique, par l’analyse des séquelles -et dieu sait si elles sont nombreuses et profondes-. Et que dire des témoignages, des recoupements, du recueil de la parole de la victime par des experts, de la reconstitution, autant de moyens de preuves qui, pour immatériels qu’ils soient, n’en sont pas moins recevables devant un tribunal ?

                              - De plus, une victime qui parle permet souvent la libération de la parole d’autres victimes... mettant fin à leur calvaire et protégeant du coup les victimes suivantes que n’aurait pas manqué de faire l’abuseur. Sachant qu’un pédophile fait presque toujours plusieurs victimes, et ce aussi longtemps qu’il tient debout, l’imprescriptibilité aurait aussi pour effet, en permettant la divulgation de crimes que la prescription oblige à taire à jamais, de protéger les enfants et plus largement la société. Dénoncer un tel criminel, récidiviste potentiel, à quelque époque que ce soit, c’est protéger d’autres enfants.

                              - N’oublions pas en outre que ceux qui commettent au sein de la famille ces abominables crimes sexuels sur mineurs exercent fréquemment leurs ravages sur plusieurs générations... en toute impunité, si les victimes plus âgées ne parviennent pas à porter plainte avant prescription. L’action en justice, aussi tardivement qu’elle survienne, est le seul moyen de mettre fin au massacre.

                              - S’il ne devait y avoir qu’un argument en faveur de l’imprescriptibilité, celui-là me suffirait : elle protégera des enfants contre les monstres dont la prescription est, aujourd’hui, le meilleur allié et le garant de l’impunité.

                              - Certains pays, (Canada, la Grande-Bretagne...) ont adopté l’imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur enfants. En Grande-Bretagne, ce sont tous les crimes sur la personne qui relèvent de l’imprescriptibilité. Des jugements surviennent, 20, 40, 60 ans après qu’aient été commis ces crimes, lors de procès qui replacent la Loi dans son rôle fondamental de protection de la société et garante de la civilisation. Or je ne crois pas que les preuves soient plus difficiles à fournir chez nous que chez les Anglo-Saxons !

                              SECUNDO
                              - puisque l’un des critères de définition de crime contre l’humanité est le nombre de victimes : l’ampleur des crimes sexuels commis sur des enfants est telle, par le nombre de victimes justement, que l’on peut hélas sans exagérer parler d’hécatombe. Génocide à petit feu, discret, silencieux, guerre déclarée à l’enfance ravalée au rang d’objet d’assouvissement sexuel, spoliée de tout droit, sous couvert le plus souvent de familles complices. Toujours au chapitre du nombre de victimes, prenez donc au moins connaissance de cet extrait de la pétition :

                              « Les chiffres de l’ODAS (Observatoire décentralisé d’action sociale) indiquent que le nombre de signalements pour abus sexuels sur les enfants tourne autour de 5500 par an en moyenne, sur les cinq dernières années. Le total de tous les signalements effectués depuis que l’Etat a installé cette procédure ne dépasse donc pas 1% du nombre réel d’enfants victimes d’abus sexuels en France »

                              ...et sur ces signalements, seul un infime pourcentage aboutira à une procédure pénale, pour des raisons qui n’ont que rarissimement à voir avec les fausses allégations !

                              - A noter de surcroît que les notions évoluent, que l’ignominie autrefois honteusement tolérée est aujourd’hui clairement définie comme crime, c’est le cas par exemple pour les innombrables violences faites aux femmes. L’enfant, jadis, n’avait même pas statut d’humanité. Il n’est que de lire les traitements d’esclavage qui lui étaient infligés, sans aucun interdit, il y a moins de deux siècles...

                              - Le temps n’est guère éloigné où le terrorisme, par exemple, figurera également au nombre recensé des « Crimes contre l’humanité ». (Pensez, Mr faxtronic, à mettre vos arguties et votre grossièreté dans la naphtaline jusque là, pour les ressortir opportunément !)

                              TERTIO
                              - les victimes ne connaissent ni répit ni prescription des séquelles de ces actes dont la portée apparemment vous échappe.

                              - Savez-vous que l’abus sexuel commis sur un enfant dévaste les bases mêmes de la personnalité en pleine édification, tout ce qui a trait à l’identité, au relationnel, à l’épanouissement futur de l’être ? Savez-vous seulement de quelle gravité en sont les conséquences, dont nombre de spécialistes font état ? Juste vous donner une idée de ce qu’est la vie d’adulte d’une victime d’abus sexuel dans l’enfance, voici une liste non exhaustive des séquelles de ce crime :

                              - sentiment de honte, de culpabilité dans tous les domaines relationnels · sensation de saleté, d’être porteur d’une marque indélébile · confusion, gêne face à l’autre, incapacité de s’affirmer · incapacité de dire non, ne pas s’en sentir le droit · impossibilité de laisser parler ses émotions, les brider · perfectionnisme obsessionnel, manies, compulsions de propreté · perte de confiance, doute permanent en ses intuitions et ses ressentis · colère, abattement, frustration, absence d’estime de soi · sentiment d’impuissance, d’incapacité, d’infériorité · refus de son image, perception du corps négative · troubles des conduites alimentaires (boulimie, anorexie) · addictions, drogue, alcool, médicaments · automutilation, conduites autodestructrices, suicidaires · sensation d’engourdissement, d’anesthésie dans ses affects · difficultés de concentration, troubles de la mémoire · amnésie traumatique, « trous noirs » dans la psyché · dépression, crises d’angoisse, phobies, phobie sociale · solitude, isolement, repli sur soi · troubles psychiques, somatisation · peur de l’abandon, dépendance affective · troubles du sommeil, cauchemars · croyance qu’on ne mérite pas d’être aimé · évitement ou au contraire hyperactivité sexuelle · difficulté à garder un emploi, à mener à bien un projet...

                              - En regard de ces souffrances, sans esprit de vengeance ni souhaiter l’avènement d’une quelconque loi du Talion, il est pour le moins choquant de lire certains apitoiements sur l’agresseur qui devrait, sans prescription, un jour rendre compte de ses crimes devant la justice (pas devant la victime, mais devant la Loi, je le souligne, les victimes n’ayant à ma connaissance nulle prétention ni volonté de faire justice elles-mêmes, contrairement à ce que laisse entendre le détracteur).

                              - Pour ceux qui sans lire nous démolissent, j’en terminerai pas ces mots : il est inconséquent de parler à tort et à travers de ce qu’on ne connaît pas. Si d’aucuns veulent minimiser l’étendue d’un fléau qui fait chanceler la notion même d’humanité (n’oublions pas que l’inceste en est un des tabous fondateurs), je demande quant à moi que soit entendue, avec respect, la parole des victimes de pédophilie incesTueuse dont j’ai le sombre privilège, pour l’avoir subi, de connaître et partager le sort.

                              Marie-Dominique Lecluse


                            • (---.---.9.7) 3 juin 2006 21:01

                              NE PERDEZ PAS VOTRE TEMPS PRÉCIEUX à DISCUTER AVEC UNE ORDURE QUI TIENT CES PROPOS CAR IL EN FAIT CERTAINEMENT PARTIE ( DES PÉDOPHILES ) ET QU’IL A LA TROUILLE AU C....


                            • Guil (---.---.18.81) 2 juin 2006 21:44

                              « La violence n’est jamais loin du sacré » : je pourrais même dire que le sacré entraine la violence.... Le sacré entraine le fanatisme et donc la violence et la barbarie. Et ça n’arrive pas seulement dans les religions. La victimisation, c’est la sacralisation de la victime : c’est ce qui est en train d’arriver de nos jours, surtout pour les victimes de viol ou d’abus sexuel. Cette sacralisation entraine la violence et la démesure qu’on observe aujourd’hui dans le domaine de la protection des victimes, et qu’on a vu à l’oeuvre grandeur nature à Outreau.

                              Et oui, je parles aussi de véritables victimes - les fausses accusations ne sont qu’un effet de la sacralisation des véritables victimes. A Outreau il y avait bel et bien des victimes d’abus sexuels, c’est bien de là qu’est né la violence contre les désignés coupables.

                              Ce que propose cette pétition s’inscrit dangereusement dans le sens de la sacralisation de la victime. C’est pourquoi je suis visceralement contre.


                              • Daniel Milan (---.---.168.211) 2 juin 2006 21:53

                                Seulement pour dire : Comment peut-on s’attaquer à des enfants et prendre du plaisir avec des gosses ?. Faut vraiment être un monstre et un taré pour se livrer à de tels actes !. Je suis contre la prescription de tels crimes et je pense que les auteurs de tels faits doivent être suivis à leur sortie de prison et être astreints à ne pas approcher les enfants !J’avoue avoir, peut-être, des opinions réactionnaires à l’égard de ces criminels !


                              • L. Guicharnaud (---.---.152.52) 2 juin 2006 22:33

                                Guil,

                                « La victimisation est la sacralisation de la victime ». Jolie phrase qui sonne fort bien et s’avère à l’épluchage bien vide de sens. Qu’est-ce que la victimisation ? Charmant terme qui n’existe pas. De quoi parlez-vous donc ? Il pourrait peut-être s’agir , si la langue française venait à s’enrichir, de rendre victime une personne qui ne le serait pas... Ou de tout autre chose. On théorise ici sur du vide. Ou une personne est victime pour avoir subi un acte répréhensible ou elle ne l’est pas. Le reste est argutie.

                                Vous vous plaisez à citer le procès d’Outreau. je ne m’autorise pas à citer la triste affaire Dils pour la généraliser à l’ensemble du fonctionnement judiciaire français. Et ce n’est pas parce qu’un innocent a été déclaré coupable qu’il faut cesser de poursuivre tous les criminels. Je rappelle pour la petite histoire que l’affaire d’Outreau a permis malgré ses dérapages d’envoyer deux charmants pédophiles dans les prisons. Ils sont étonnamment oubliés par tous ceux qui évoquent ce dossier.

                                Je respecte votre avis. Vous êtes contre la prescription. Il s’agit de votre droit le plus absolu. Mais respectez-moi en tant que victime en argumentant sur des bases solides.

                                J’accepte que l’on m’explique en quoi l’imprescriptibilité de certains crimes est néfaste aux victimes, contraire à l’ordre public, aux bonnes moeurs ou que sais-je encore.

                                Pour mémoire, il a fallu déployer des ruses de Sioux pour arrêter le très cher Emile Louis dont la plupart des crimes étaient frappés du sceau de la prescription.

                                LG


                              • Dan (---.---.19.50) 2 juin 2006 23:21

                                tu as bien raison de ne pas lire...defois que tu puisse y apprendre quelque chose..

                                Dan


                                • Dominique (---.---.184.109) 2 juin 2006 23:25

                                  Au plan intellectuel et moral, l’argumentation d’Aurore, Guicharmaud, Coq, Wanda et des autres victimes est imparable. Par ailleurs, leur retenue, leur courage, l’acuité de leur analyse, forcent le respect.

                                  Or les détracteurs de l’article s’ingénient à les ignorer en persistant dans des démonstrations jargoneuses pseudo-psychanalytiques et idéologiques risibles si le fond n’était aussi grave (la victimisation est la sacralisation de la victime !). Car, que l’on soit pour ou contre la prescription, la décence exige des débatteurs anti-prescription une attention particulière à la position de ceux qui ont souffert et continuent de souffrir, non dans une optique compassionnelle, mais au strict plan du débat d’idées.


                                  • Guil (---.---.18.81) 3 juin 2006 00:35

                                    On m’a demandé de m’expliquer, je m’explique, vous avez le droit de ne pas vouloir comprendre ou de ne pas être daccord smiley Nous sommes bien sur le plan des idées, ne me reprochez pas de ne pas avoir de compassion : un forum d’idées n’est pas fait pour ça.

                                    L’abolition de la prescription juste pour certains crimes serait de la justice d’exception, ça détruirait certains des principes qui fondent notre justice et notre humanité. Pourtant je suis persuadé que vous êtes les premiers à déplorer la « perte des repère » de notre époque dont on nous rabache les oreilles...

                                    Maintenant on peut toujours envisager de supprimer la prescription pour TOUS les crimes : je ne serais pas pour à priori mais au moins ça aurait un sens et j’accepterais d’en discuter. Par contre, vouloir une justice d’exception pour certain crime ainsi que s’engager dans un processus de sacralisation des victimes ou des enfants, avec des discours dangereux qui emploient sans précaution des mots comme pureté, innocence, monstruosité, perfidie, perversité, etc... ça je refuse tout net.


                                    • ninon (---.---.105.128) 3 juin 2006 10:41

                                      Bonjour,

                                      « L’abolition de la prescription juste pour certains crimes serait de la justice d’exception » Je ne suis pas d’accord, chaque crime a une problématique différente et on ne peut pas comparer les crimes commis sur un enfant à un crime qui ne fait intervenir que de l’argent ! Un enfant abusé va mettre du temps, beaucoup de temps avant de se rendre compte du crime ! Lorsqu’il y a agression sexuelle sur un mineur, ça touchee la mise en place de la sexualité future de la victime, or étant enfant il ne sait pas de quoi il s’agit évidemment. Il se rendra compte d’un dysfonctionnement (pour certains) que bien des années plus tard, lorsque justement îl sera confronté à sa sexualité. C’est aussi pour cela que le temps est nécessaire... Enfin ce n’est que mon avis.


                                    • JF Lecluse (---.---.72.138) 3 juin 2006 01:44

                                      Bonsoir :

                                      Je ne crois pas qu’il faille comparer une justice d’exception à un phénoméne de sacralisation, dans ce cas toute justice de ce type, tel que les crimes contre l’humanité actuellement pris en compte serait un acte de sacralisation de ces victimes.

                                      Je ne crois pas qu’adapter la justice à certains type de crime et de victimes soit en faire une justice d’exception.

                                      Dans le cas de l’imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur les enfants, il s’agit de prendre en compte l’état des connaissances et de l’autonomie d’action et de decision que ces victimes ont à l’age où elles sont agressées.

                                      Il s’agit de comprendre la manipulation et l’emprise qu’ont sur elles les adultes agresseurs, et de ce fait le peu de liberté d’action qu’elles ont pour entamer une procédure judiciaire (je ne crois pas par exemple qu’un enfant de 3 ans eduqué au sein d’une famille dysfonctionnelle incestueuse prenne conscience à cet age là qu’il est anormalement victime d’un de ses parents, et qu’il aille de ce pas porter plainte contre son agresseur).

                                      A cela s’ajoute le déni, encore une illustre invention de la part des victimes me direz vous, ou un des ces psycho argument vide de sens.

                                      Et pourtant, pour ma part, victime de mon géniteur à l’âge de 8 ans, j’ai bringueballé tant bien que mal ma « bosse » en solitaire jusqu’à l’age de 40 ans avant de prendre conscience que mon associabilité « notoire » n’était que les conséquences de cet inceste (dur à prouver sans doute me direz vous !).

                                      Pour ma part, et uniquement la mienne, je n’aurais pas tenté de faire nommer le coupable par les tribunaux dés ma sortie du déni, et de plus, la mort l’a mis à l’abri de la justice.

                                      A 40 ans on n’est plus un gamin, et pourtant il m’aurait fallu plus de force pour le faire que je n’en avais.

                                      Mais le problème ne se posait pas car ce crime était prescrit.

                                      Il n’est pas demandé de sacraliser les enfants victimes, et de plus l’imprescriptibilité servirait plus aux adultes qui ont été enfants victimes, il est juste demandé de prendre en compte que l’une des conséquence des crimes de l’inceste et de la pédophilie est justement que les victimes ne sont pas toujours aptes à porter plainte avant la date prescription.

                                      En l’occurrence, les procés de pédophilies (Outreau et autres) qui ont fait couler beaucoup d’encre ne sont pas des cas de crimes prescrits.

                                      Une derniére remarque concernant la sacralisation, croyez moi que la victime adulte de crime de la pédophilie incestueuse qui un jour finit par denoncer au sein même de sa famille le comportement criminel de l’un des siens est trés souvent virtuellement mise au bucher et bannie du clan plutôt que sacralisée.

                                      Pour ce qui est de cette lutte apparemment sectaire concrétisée par cette pétition, elle résulte de la volonté de victimes de l’inceste et de la pédophilie d’avoir accés à la justice.

                                      Elle aurait pu être generalisée à d’autres crimes, nous en laissont la possibilité au législateur, nous nous sommes « contenté » de revendiquer en notre nom pour ce que nous sommes, puisque rien n’est fait en ce sens.

                                      JF Lecluse.


                                      • MD Lecluse (---.---.72.138) 3 juin 2006 02:01

                                        A lire certains commentaires, il est visiblement des gens pour qui l’enfant ne fait pas partie de l’humanité...

                                        Merci Daniel Milan, Dominique... Ca fait du bien de lire des personnes encore capables de s’indigner de l’inhumain et de le dire publiquement.

                                        MD Lecluse


                                        • Guil (---.---.28.239) 3 juin 2006 02:48

                                          tel que les crimes contre l ?humanité actuellement pris en compte serait un acte de sacralisation de ces victimes

                                          Je trouve en effet que là aussi on a tendance à en faire trop... Et là aussi il y a des dangers (comme les lois style Gayssot, etc...) Que la religion judaïque ai sacralisé la Shoah ça peut se comprendre - c’est une religion, après tout - mais je l’accepte beaucoup moins dans les institutions laïques. Le crime nazi est sans aucun doute le plus grave de toute l’histoire humaine, mais le sacraliser mène à s’aveugler sur sa nature profondément ancré dans l’humain, ce qui est particulièrement dangereux. Enfin bon, c’est hors sujet ici smiley

                                          Tout ce que vous dites est applicable à n’importe quel type de crime ou agression violente. Ou du moins, devrait l’être. Si le coté sexuel du viol en rajoute sur le traumatisme, c’est parceque d’une manière générale le rapport de l’homme social au sexe est particulièrement malsain. Là encore, ça tient d’une sorte de sacralisation destructrice du sexe... En traitant le crime sexuel comme un crime à part, non seulement on brise un principe de base de l’équité dans la justice, mais on alimente ce rapport malsain à la sexualité en le rendant plus intouchable encore. C’est un cercle vicieux : plus on considère le sexe à part, plus le crime sexuel est traumatisant et plus il est traumatisant, plus on à tendance à le considérer à part. On ne s’en sortira pas, en tout cas pas sans respecter scrupuleusement les principe dits universels d’équité et de justice. Ce qui veut dire : pas de justice d’exception. Si on abolit la prescription pour un crime, alors on l’abolit pour tous (Pourquoi pas hein, c’est une idée qui se discute en tout cas...)

                                          Sinon, le sacré n’est pas quelquechose de positif ! Le sacré c’est l’intouchable, l’interdit moral absolu pesant sur telle ou telle chose pour des raisons diverses. Le bouc émissaire par exemple fait partie du domaine du sacré : pourtant ce n’est pas du gateau pour ce pauvre bovidé... Si une famille rejette avec véhemence une victime de viol ou d’inceste, c’est bien à cause du caractère intouchable - donc sacré - de ce crime. Si à l’inverse certaines associations boivent sans discernement toute parole d’une victime (cf Outreau, encore une fois...) c’est pour la même raison. Rejet brutal ou adoration d’un phénomène sacré sont d’une même nature violente et destructrice.

                                          Je pense donc sincèrement qu’on ne viendra à bout de la spirale infernale dont je parlais en haut qu’en désacralisant le plus possible le sexe comme le crime sexuel... Si je peux discuter la prescription en générale pour tous les crimes, je ne peux pas discuter de celle du crime sexuel uniquement - surtout pas celui-là !

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