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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > La représentation nationale en question

La représentation nationale en question

Il suffit de se rendre sur le site de l’Assemblée nationale ou sur celui du Sénat pour rapidement constater que l’âge moyen de nos représentants tourne autour des 60 ans, c’est à dire 58 ans pour les députés et 63 ans pour les sénateurs.

Voilà une répartition du nombre de députés/sénateurs par tranche d’âge :

070114_graph_age_dep_sen_1

Plusieurs remarques s’imposent :

  • A force d’entendre dire que le sénat est la maison de retraite de l’Assemblée nationale, on peut être surpris du faible écart d’âge entre l’activité et la retraite.
  • Au-delà de l’âge moyen, ce graphique met surtout en évidence que 77% de ces élus ont plus de 55 ans, ce qui est déjà plus significatif
  • Enfin, une étude un peu plus approfondie par groupe parlementaire, ne fait pas apparaître de différence majeure. On aurait pu s’attendre par exemple à ce que le parti qui a emporté la majorité de l’Assemblée en 2002 (l’UMP) ait eu en même temps l’opportunité de faire rentrer plus de jeunes dans le jeu. Ce n’est pas flagrant concernant l’âge moyen :
    • les deux principaux partis sont à égalité : UMP & PS 58 ans ;
    • les deux partis dont les bataillons se réduisent inexorablement sont par contre aux antipodes : UDF 53 ans, PC 63 ans ;
    • le reste : 59 ans.

A une époque où la question de la proportionnelle était très discutée, l’idée était véhiculée que l’Assemblée doit être comme la société française en modèle réduit ; un peu comme une carte Michelin représente la France à l’échelle 1/200 000ème. L’élargissement des assemblées ces dernières décennies s’inscrit dans cette logique : les Français sont-ils mieux représentés si leurs représentants sont plus nombreux ? 486 députés en 1981 contre 577 aujourd’hui, 283 sénateurs en 1977 contre 346 prévus en 2010.

Nous constatons pourtant aujourd’hui que la désaffection est allée grandissant dans le même temps. Un récent sondage effectué auprès des 18-24 ans (Ipsos), et qui vaut ce que vaut un sondage, indiquait par exemple qu’à 79 %, ils considéraient que "les personnes qui sont élues pour représenter les Français ne sont pas à l’image de la société actuelle". Si la présidentielle de 2007 fait apparaître de nouveaux visages, les législatives qui suivront seront-elles l’occasion d’un véritable renouvellement ?

Le problème est moins quantitatif que qualitatif.

Le mode de désignation de nos élus est contesté. Etienne Chouard (si si, celui qui s’était fait connaître au moment du débat sur le référendum...) propose par exemple d’introduire une part de tirage au sort dans la désignation de nos élus. A lire, très novateur !

Ensuite il y a la sempiternelle question du cumul des mandats, renouvellement des mandats dans le temps et cumul de plusieurs mandats à un moment donné. Un précédent article a traité ce sujet avec précision.

La question est aussi comportementale comme le montre cette initiative originale d’une Charte de l’élu citoyen  : il s’agit d’un projet de rédaction collective dans un wiki. Le monde politique est devenu un monde à part où les règles de comportement classique ne s’appliquent plus : la manière de parler, de s’écouter...

On serait tenter de légiférer sur tous ces points. Mais aucun de ces points ne sauraient évoluer positivement sans une prise de conscience collective, des élus soit, mais surtout de nous autres citoyens.


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33 réactions à cet article    


  • gem gem 16 janvier 2007 14:33

    cette idée que la « représentation nationale » devrait être un modèle réduit de la société est idiote. Autant jeter l’assemblée aux ordures et passer directement à la sondo-cratie, « par la méthode des quotas »...

    L’idée de tirer au sort les députés n’est pas idiote, par contre : on oublie trop que l’élection est aristocratique, pas du tout démocratique. Et puis ça nous éviterait toute la démagogie, les frais de campagne, et ça réduirait l’influence des partis au strict nécessaire. Pour raffiner : à l’assemblée des citoyens tirés au sort, au sénat et au gouvernement des élus (le système des élections n’est pas si mauvais qu’il faille complétement le jeter !).


    • moscator (---.---.220.123) 16 janvier 2007 18:27

      Ah ! Oui les sondages truques( IFOP et BVA 7% d’ecart en plus sur chacun de leur favori ,bien sur c’est con et naif .Une représentation sociologique avec pouvoirs réels(sexe et professions apparentés) c’est mieux qu’une bande d’apparitchiks aux ordres ,surtout si ils sont controlés par des citoyens tirés au sort.Les politiques(president,ministres elus par liste panachée) appliqueront les decisions de l’assemblée et seront aussi controlés par l’assemblés de citoyens tirés au sort.Voila un exemple de ce qui pourrait se faire mais les conservateurs/profiteurs seront contre.


    • alberto (---.---.246.112) 16 janvier 2007 14:42

      Bien sûr, cher Nicolas, les représentants du peuple français ont cessé depuis belle lurette de les représenter ! Et il n’y à pas que la ségrégation faite sur l’age :

      Combien de femmes députées ou sénatrices ?

      Combien d’ouvriers d’agriculteurs ou d’employés ?

      Comment ensuite s’étonner si nos chers élus s’emmêlent les lacets sur la question de savoir si on est riche avec 2000€ ou 4000€ de salaire, ou quelle est la part du loyer ou des transports dans le budget d’un français moyen... ?

      Voilà des notions qui leurs sont bien étrangères !

      Une part des représentants tirés au sort : pourquoi pas ? On le fait bien pour les jurés des cours d’assises...

      Le problème, c’est que pour réformer tout cela : il faut légiférer ; mais les lois sont faites par le parlement en place qui justement n’a pas l’intention de la laisser (la place !)

      Alors, oui, comme vous dites, il faut prendre conscience du problème, mais je crains que ça ne suffise pas et que système perdure encore un certain temps...

      Alors que faire ?

      Le truc de Ségolène sur les comités de citoyens semblait être une piste : mais je n’en entends plus parler ...

      Voter Le Pen pour foutre la frousse à l’etablishment ? On à vu : ça ne dure pas, les mauvaises habitudes reviennent au galop !

      Que les « jeunes » des banlieues votent pour leurs potes ?

      ... ?


      • armand armand 17 janvier 2007 11:25

        La ségrégation par l’âge est une fausse ségrégation,inventée par une petite meute de trentenaires qui ont un compte oedipien à régler avec leurs soixante-huitards de parents. Ou alors qui sont tellement victimes de la culture de l’instant qu’ils n’ont pas encore compris qu’ils cligneront un oeil et ils auront quarante ans, deux yeux, cinquante. Plus grave, l’oubli que le socle de toute civilisation est la notion psychologique de la « gratification différée ». Patience, les petits, vous serez bientôt vieux comme vos députés.


      • Charles André Charles André 17 janvier 2007 12:02

        Le problème est bien plus grave que la simple question de la représentation des jeunes qui ne le resteront pas toute leur vie.

        Les jeunes sont juste une illustration de la non représentativité de nos...représentants. Cf mon commentaire plus bas : 13% de femmes, pas de « minorités visibles », surreprésentation du public, pas de renouvellement...


      • armand armand 17 janvier 2007 23:13

        Les « jeunes » (ça s’arrête où, d’ailleurs ?) ne sont pas une catégorie. Un jeune prend de l’âge (et pas l’inverse) alors qu’une femme reste une femme, un homme un homme, à moins de passer par la chirurgie spécialisée. Cette catégorisation de l’âge est tout d’abord issue des niches de consommation et des modes lancées dans les années 50 (façon de se fringuer, musique, etc.). Les représentants dans toutes les sociétés du monde ont toujours été des gens qui sont « arrivés » à une certain niveau professionnel. Pourquoi pas un représentant des « ados », alors, puisqu’on vote à 18 ans ?


      • Aymeric (---.---.100.34) 16 janvier 2007 14:59

        En plus de l’assemblé nationale, et peut-être à la place du Sénat (qui ne sert pas à grand chose), celà sera bien de créer une assemblée tirée au sort.

        N’importe quel citoyen pourrait y être appelé, pour une durée assez courte (quelques mois). Pour ces parlementaires « appelés », il faudrait mettre en place un système pour rémunérer l’employeur, afin que l’appelé conserve son salaire, et puisse réintégrer son travail après son service.

        Il faudrait voir ça comme un service obligatoire...


        • gem gem 16 janvier 2007 15:37

          c’est vrai que les « jury » ne sont formés que pour un procés, c’est une bonne idée de proposer des députés « pour une loi ». Mais problème : on se plaint déjà d’avoir une assemblée-godillot, un « parlement-croupion » qui ne sert que de chambre d’enregistrement des projets gouvernementaux, vous imaginez ce qu’il faut s’attendre d’une assemblée aussi provisoire ?

          Et puis le problème de réemploi des députés me semble assez virtuel, j’ai du mal à imaginer qu’un député même médiocre aura du mal à se faire embaucher — ou a faire tourner sa « petite entreprise » — après son mandat (c’est même un problème, car source d’achat de voix sous forme d’offre d’embauche). Solution : on garde les députés longtemps, et on les met directement à la retraite après service (raffinons encore : on en prend 50 chaque année parmi ceux qui ont 55 ans tout pile, et on les garde 10 ans, après quoi on peut les mettre en retraite à 65 ans)


        • Cyrano (---.---.24.132) 16 janvier 2007 15:13

          @ Alberto : tout à fait d’accord .. mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras. L’idée de charte qu’indique Nicolas est une option : permettre aux élus « responsables et citoyens » de faire la différence à travers une charte. Ca évite le coté législation et ça se rapproche d’autres initiatives associatives dans d’autres domaines comme l’environnement.


          • Dominique L (---.---.189.14) 16 janvier 2007 18:36

            Les chiffres qui sont donnés sur le nombre de parlementaires et leur augmentation me font soulever deux points : 1) Au moment où il est impératif de réduire les déficits publics et où l’on parle de ne pas remplacer un fonctionnaire qui part à la retraite sur trois, aucun homme politique ne propose de diminuer le nombre de parlementaires (grassement payés aux frais de la république cf l’article de Dumenil paru ce jour sur agoravox). 2) Une comparaison édifiante sur l’hypertrophie de notre système parlementaire : Les Etats-Unis comptent plus de 300 millions d’habitants (64 millions pour la France) et ont 435 représentants (contre 577 députés) et 100 sénateurs (contre 283 en France). C’est à dire que la France qui a presque 5 fois moins d’habitants a exactement 60% de parlementaires de plus. Est-ce la preuve que notre système est beaucoup plus démocratique ?


            • Nicolas P. (---.---.98.97) 16 janvier 2007 23:15

              Tout à fait d’accord avec votre commentaire Dominique. Et d’ailleurs, tant qu’à augmenter les moyens de nos représentants, mieux vaudrait leur permettre d’avoir une véritable équipe afin d’effectuer les contrôles de l’exécutif qui leur incombe normalement. Encore une fois, moins mais mieux.


            • Internaute (---.---.122.153) 17 janvier 2007 12:26

              Tout à fait d’accord. Il faut supprimer le Sénat qui coûte cher et ne sert absolument à rien. Le Sénat est sensé regarder les lois mais s’il n’est pas d’accord, la loi passe une deuxième fois à l’Assemblée et les députés se fichent de ce que dit le Sénat. A l’heure où tout le monde doit être rentable, productif, efficace, compétitif etc, le Sénat est un archaïsme.

              Le tirage au sort des députés me paraît une idée excellente. Il est surtout important de revenir à un vrai régime présidentiel. Les français élisent leur président et celui-ci gouverne pendant sont mandat. L’Assemblée Nationale doit être affaiblie et comporter moins de députés.


            • Bill Bill 16 janvier 2007 18:46

              Mais de quoi ralons en fait ? Des gens que nous avons élu... Et nous nous plaignons, ah ! Mais ils sont trop vieux ! Ils font tout entre eux, prennent tous les postes, sont malhonnêtes, etc,etc...

              Mais nous nous empressons d’aller les élire ! Paradoxale !

              Cela changera du jour au lendemain. Ils suffit que nous votions différement. Le cumul des mandats n’est pas une mauvaise chose non plus, il suffit que nous dégagions celui qui ne nous satisfait pas, si nous le réélisons pour un autre poste, c’est qu’il est compétent.

              Alors ? De quoi râlons nous ? de l’UMPS !

              Dans une certaine mesure, il serait peut être aussi bon que des représentants « civils » soient présents à l’assemblée pour proposer des lois, mais là je ne sais pas comment. Troublant aussi : l’assemblée vote un texte à l’unanimité quasiment sur le TCE, le peuple la rejette !

              Bill


              • Nicolas P. (---.---.98.97) 16 janvier 2007 23:19

                Oui c’est vrai. D’où ma conclusion... on peut légiférer sur tous ces sujets mais au fond, c’est nous, citoyens, qui avons remis Juppé au pouvoir (je n’habite pas Bordeaux mais par extension...). « Tous pareils » mais nous sans doute aussi smiley


              • Charles André Charles André 17 janvier 2007 11:08

                Je ne comprends vraiment pas gem : non, il ne faut pas de république clientéliste où chaque groupe, chaque corporation, serait en droit d’exiger « son » représentant. Mais tout de même ! A l’Assemblée : 13% de femmes, pas de noirs (hors DOM-TOM) ni d’arabes, une moyenne d’âge de 56 ans, 51% d’agents publics !

                Nous vivons, je vous le rappelle, dans un système représentatif. La fiction du citoyen et de l’intérêt général abstrait ont fait leur temps. Comment voulez-vous que les politiques soient considérés comme légitimes s’ils n’ont à ce point rien à voir avec une grande partie de la population ?

                Or, notre système est aujourd’hui totalement verrouillé. Un parlementaire français enchaîne en moyenne 20 ans de mandats divers, ce sont toujours les mêmes ! Il faut s’en alarmer, quand on voit la hausse de l’abstentionnisme, des votes extrèmes. Quand on sait que depuis 78 les majorités sortantes ont systématiquement été rejetées !

                Bref, notre représentation ne représente qu’elle même et une caste. Or, seuls 17% des députés font leur travail à plein temps, les autres cumulent. Pire, 22% des députés cumulent 3 mandats et +.

                Le cumul des mandats est une des causes majeures de cette sclérose et de la fracture démocratique. Guy Carcassonne estime que sa suppression est « la mère de toutes les réformes »  : http://www.telos-eu.com/2007/01/comment_mettre_fin_au_cumul_de.php

                Tirage au sort ? On envisagera ce pis-aller quand on aura déverouillé le système et que ça n’aura pas marché. gem dit « le système des élections n’est pas si mauvais » ? Vous vous moquez de qui ? L’élection est la base de la démocratie car elle est l’expression d’un choix. Vous ne voulez pas avoir le choix ? Vous aimeriez être représenté par l’alcoolo du coin ou Steevy Boulay ?! Quand on a identifié la source des blocages, mieux vaut agir dessus plutôt que d’envisager de donner à n’importe quel pékin la fonction de représenter les citoyens.

                Ce sur quoi il faut agir, c’est la variété du choix et son impact sur le réel. Alors on arrête de faire les blasés, on se retrousse les manches et on met en pratique une réforme dont on parle sans agir depuis bien trop longtemps. Les politiques ne scieront pas la branche sur laquelle ils sont assis, c’est logique. Seule une mobilisation citoyenne vigoureuse permettra ce changement. Hulot a placé l’écologie en haut de l’agenda des présidentielles, Augustin Legrand en a fait de même pour le logement. A notre tour pour la revitalisation d’une démocratie à l’agonie !


                • gem gem 17 janvier 2007 12:29

                  J’insiste : ben non, le système des élections n’est pas à la base de la démocratie, il est à la base de l’aristocratie (et de la monarchie). Quand on veut faire des réforme de structures politiques, il me semble quand même un minimum de ne pas se gourer à ce point !

                  Un système électif majoritaire écrase naturellement les minorités, faut pas s’en étonner. Personne ne sait combien il y a de juifs à l’assemblée (et ceux que ça interresse sont éminemment suspects, d’aileurs), le fait que vous vous interressiez au nombre d’arabes (sic) est étrange. Les agents publics ont des privilèges et ils ont un intérêt particulier (moralement et pécuniairement) pour la chose public, leur sur-représentation n’est pas étonnante (dans une véritable démocratie, la qualité d’agents public est incompatible avec l’éligibilité et le droit de vote, pour éviter le conflit d’intérêt, le même que celui qui fonde le reproche à l’égard des élus qui se votent leur propre salaire ! et c’est un fonctionnaire qui vous le dit.)

                  Le cas des femmes est particulier : manifestement (et je me souvient avoir vu un enquète qui l’affirmait clairement), les femmes françaises — qui représentent la majorité du corps électoral — préfèrent voter pour des hommes. Ca peut changer. On voudrait nous faire croire que les femmes font de la politique autrement (et, en fait, mieux que les hommes) : il n’y a pas le moindre commencement de début d’indice dans ce sens, et quand on commence à vouloir me convaincre d’un truc douteux sans apporter le moindre argument crédible, j’ai tendance à penser qu’on se fout de ma pomme et que c’est le contraire qui est vrai.

                  La question est de toute façon secondaire : je doute que le sexe, la couleur de peau, ou l’origine ethnique ont la moindre influence sur la qualité des lois votées (la religion peut-être mise à part, car elle est au moins un indice de la mentalité générale et des idées du législateur).

                  « L’alcoolo du coin » et les autres que vous trouvez ringards ont bien le droit de vote : ça ne vous dérange pas parce que statistiquement ils pèsent peu. S’il y en avait quelques uns dans l’assemblée, il n’y pas de raison que ça dérange plus (même si ils restent dans leur état moral initial, ce qui n’a rien de fatal : une désignation à l’assemblée c’est une nouvelle chance). Je ne fais pas plus confiance aux drogués du pouvoir : c’est peut-être moins visible, mais c’est une drogue qui n’affecte pas seulement l’individu concerné car pour avoir sa dose il ne lui suffit pas de l’acheter !

                  Non cumul des mandats ? Idée respectable, mais je doute que ça change fondamentalement la chose : ça a des inconvénients, et en particulier celui de réduire le poids des électeurs en faveur de celui des partis.

                  Tout votre propos (« n’importe quel pékin » : sic) démontre que vous préférez un système aristocratique. C’est permis et c’est même fort respectable et sensé (Montesquieu par exemple préfère ça), mais faut assumer et bannir le terme « démocratie » de votre vocabulaire, parce que c’est de l’escroquerie intellectuelle et morale, et parce que c’est surtout ça qui vous conduit à votre diagnostic de « démocratie à l’agonie » (forcément, comment pourriez vous trouver en bonne santé un système que vous trouvez tout à pas assez démocratique et pas assez aristocratique ? les chèvres-choux en bonne santé ça ne courent pas les rues...)

                  Notre système est malade, mais je pense que c’est moins une question de structures politiques que de mentalités : l’état de droit et les droits de l’homme sont incompatibles avec la légitimation permanente de l’usage de la caisse public pour satisfaire l’électorat (son portefeuille ou sa sensibilité, peu importe). Disons que les gens manquent de « vertu » en général...


                • gem gem 17 janvier 2007 13:11

                  encore un détail concernant l’élection et le tirage au sort : j’estime qu’il faut distinguer selon le genre de décision à prendre

                  - rapide, tranchée, portant sur un point de détail ou de simple exécution d’une règle générale : c’est l’affaire d’une homme seul (éventuellement assisté mais conservant la responsabilité) qu’il faut élire. Parfois, de surcroit, il faut pouvoir être sûr que l’individu dispose de compétences techniques : on peut organiser un parcours électif (tel que le fameux « cursus honorum » romain) — pour éviter les flitres examinatoires qui risqueraient de se transformer en cooptation.

                  - avec du temps devant soi, nuancée, lourde, visant à l’établissement d’une règle générale : on peut et on doit investir dans un processus lourd, collégial, impliquant un grand nombre de gens. Dans ce cas, à défaut de pouvoir consulter tout le monde il faut éviter l’élection, sans valeur ajoutée et générant un fort risque d’achat des voix, pour adopter le tirage au sort pour la désignation des participants.

                  donc, pour faire simple : législatif tiré au sort, éxecutif et judiciaire élus. Mais c’est vraiment pour faire simple, car on peut envisager des truc plus nuancés (ne pas en abuser, car il n’y a rien de tel pour embrouiller les choses et convaincre le peuple qu’on se fout de sa gueule — comme aujourd’hui par exemple).


                • Charles André Charles André 17 janvier 2007 17:42

                  Ne jouons pas sur les mots, svp. L’aristocratie, telle qu’on la conçoit, ne donne pas le choix au peuple : ce sont « les meilleurs » qui choisissent quels sont les « meilleurs » à même de gouverner.

                  La base de ce que je préconise (et l’auteur aussi, me semble-t-il) est la diversification du choix proposé au peuple ; car, si le vote correspond évidemment à la sélection de la « meilleure » personne, il répond aussi (et surtout ?) au souci de la représentation ; considération absente du système aristocratique.


                • Nicolas P. Nicolas P. 21 janvier 2007 15:18

                  @Gem. Je ne comprends votre argument contre le non cumul des mandats : « ça a des inconvénients, et en particulier celui de réduire le poids des électeurs en faveur de celui des partis. »

                  Je ne comprends pas la phrase en fait. Que voulez-vous dire ?


                • Antoine Vielliard (---.---.17.113) 17 janvier 2007 11:58

                  Bonjour,

                  S’il ne faut pas aller à une stricte représentativité sociologique il est tout de même important d’avoir suffisamment de diversité pour que les grands groupes sociaux aient l’assurance que leur point de vue a été entendu dans l’élaboration de la loi. La parité est capitale à cet égard, la diversité des générations et des origines sociales aussi.

                  De nombreuses décisions publiques ces dernières années ont été prises par une génération de papy boomers pour une génération papy boomers (réforme des retraites, explosion de l’endettement de l’Etat par exemple).

                  Il faudra réunir la France pour la faire re-démarrer à commencer par ses générations. Pour réunir les générations il faut cesser de marginaliser la moitié des Français de moins de 40 ans des institutions représentatives de la République.

                  A l’UDF, avec le titre ronflant de Vice Président jeunes candidats, je suis responsable de l’identification de jeunes candidats pour les élections municipales, cantonales et législatives. Dans ce rôle je rencontre beaucoup d’obstacles : 1) les jeunes n’ont pas suffisamment confiance en eux même pour se présenter. Minés par l’insécurité de l’emploi, l’absence de perspectives d’avenir, les dettes accumulées pour se loger, ils hésitent à prendre en plus un engagement politique. Leurs responsabilités familiales avec des couples dont les deux membres travaillent rendent difficile l’engagement politique qui est chronophage. 2) lorsqu’on trouve des jeunes déterminés ils sont souvent dans la dernière ligne droite retirés pour présenter des candidats notables et installés. Cela est un mauvais choix pour les partis car sur le terrain les Français nous expliquent leur soif d’un PROFOND renouvellement des idées, des hommes et femmes et des méthodes. Une campagne se gagne sur la détermination pas sur la notabilité.

                  Une petite remarque sur l’incapacité des partis politiques à se renouveler : 9 députés sur 10 seront à nouveau candidat aux prochaines élections. Cela signifie que si l’on devait compter sur les partis politiques pour le renouvellement, nous changerions de député une fois toutes les 10 législatives c est à dire une fois tous les 50 ans. Heureusement les électeurs sont les moteurs de ce renouvellement.

                  Depuis 30 ans, dans 80% des circonscriptions les législatives sont décidées d’avance : on s’entendait entre partis et les électeurs devaient choisir le candidat que l’on présentait selon qu’ils soient dans une circonscription de droite ou de gauche. Cette année il y aura moins d’accords et plus de choix. Les élections ne seront plus décidées dans des négociations de couloirs mais par les électeurs. Donc probablement nous auront aussi plus de renouvellement.

                  Je suis personnellement candidat en Haute Savoie. Le député actuel est Claude Birraux élu pour la première fois en 1978 face à Maurice Herzog. Son thème de campagne était alors « il faut changer l’eau du bocal ».

                  Antoine Vielliard


                  • Jérôme de Nomazy Jérôme de Nomazy 17 janvier 2007 15:48

                    @Antoine : Bravo pour ton engagement ! Décidemment en Haute-Savoie, les cumulards répétiteurs sont légion. Mais je ne suis pas certain que cette année il y ait moins d’arrangements : regarde le PS avec Chevènement. Il faut donc que les nouveaux candidats qui veulent mettre en avant un comportement responsable et respecteux puissent mettre en avant cette différence, cet atout concurrentiel ! C’est l’idée de ce projet de rédation collective d’une charte Elu-Citoyen.


                  • Nicolas P. Nicolas P. 21 janvier 2007 15:25

                    @Antoine. Oui, c’est bien l’idée de mon article. Il ne s’agit pas de dire que la représentation nationale doit avoir pour âge moyen celui de la population en France. Et par extension, que l’on devrait créer une multitude de critères (âge, CSP, origine éthnique, religion...) contre lesquels on comparerait « l’échantillon national ». On ne fait pas du marketing smiley

                    En revanche, il y a problème lorsque la représentation nationale est de manière trop évidente en décalage avec l’ensemble de la France ; et quand les Français ont perdu confiance dans le système à les représenter.


                  • Frédéric Mahé Frédéric Mahé 18 janvier 2007 11:23

                    Je vois deux problèmes dans votre article (entendez : deux points qui me posent problème).

                    Premièrement, je ne vois pas pourquoi l’Assemblée ou le Sénat seraient représentatifs de la société française, un peu comme doit l’être un échantillon statistique en vue d’un sondage. Les députés ou les sénateurs représentent déjà le peuple français, ça suffit, pourquoi, en plus, les vouloir représentatifs ? On parle volontiers de la sous-représentation des jeunes, des femmes, ou des Français d’origine immigrée, mais sur quels critères va-t-on juger de l’opportunité à être représenté de manière représentative (au sens statistique) ? Par exemple, et les gauchers, n’ont-ils pas droit d’être représentés ? Et si on part dans les religions déclarées, on court à la catastrophe... Ne parlons pas des préférences sexuelles ! Plus trivialement, le pilier de bistrot évoqué plus haut doit-t-il être représenté à l’Assemblée par un authentique pilier de bistrot ?

                    Par ailleurs, et nous touchons là une question très sérieuse, un « jeune » (par exemple, mais j’aurais pu prendre un « vieux » ou un « français d’origine immigrée ») est-il fatalement, de par son statut de « jeune » (« vieux » ou « français d’origine immigrée »), compétent pour discuter des lois ? Lois qui, je le rappelle, ont pour objet l’intérêt général, et pas l’intérêt de tel ou tel groupe de pression.

                    Deuxième point : la proportionnelle est souvent parée de toutes les vertus. Or, il faut bien en être conscient, c’est surtout et avant tout une machine à perpétuer les appareils des partis. Les dirigeants des partis prennent les premières places, puis suivent les affidés, et en dernier, les quotas (femmes, arabes, djeun’s, etc.). Le résultat, c’est que les premiers sont toujours élus. Voir par exemple ce que ça donne pour les municipales des moyennes et grandes villes. Pour les Européennes, c’est en France un machin à recaser les seconds couteaux qui n’ont pas les premières places chez eux, compliqué d’un mode de calcul ubuesque destiné à sauver les intérêts des partis dans l’opération.

                    Mon opinion en résumé, c’est que la représentation : oui, la représentativité : non. L’important, c’est que les représentants écoutent et tiennent compte des représentés, pas forcément qu’ils leur ressemblent.


                    • Nicolas P. Nicolas P. 21 janvier 2007 15:35

                      @Frédéric. Tout à fait d’accord et c’est le sens de mon article. Certaines observations statistiques, comme l’âge évoqué ici, en plus du constat de défiance des Français pour leurs représentants sont des éléments d’analyse. Ce ne sont pas des solutions sur lesquelles nécessairement légiférer dans une perspective de créer une « France en modèle réduit ».

                      Dans cette perspective, je rejoins le point de vue de Charles André ci-dessus qui évoque le non cumul des mandats « comme la mère de toutes les réformes ». C’est sans doute mieux adapté qu’une multitude de quota suivants des critères aussi variés que la France l’est.


                    • Frédéric Mahé Frédéric Mahé 22 janvier 2007 09:20

                      Et ben on est tous d’accord, alors !


                    • Gio (---.---.91.178) 19 janvier 2007 15:52

                      Je crois qu’il manque pour beaucoup de commentateurs et pour l’auteur un minimum de connaissances historiques et constitutionnelles de la France pour comprendre que la majorité des propositions faites se sont dejà avérées encore plus mauvaises.

                      Beaucoup de Yaka et de Foquon, beaucoup de simplisme. En fait, et ce depuis très longtemps, ce manque de connaissances distille un antiparlementarisme assez primaire dans notre pays.

                      Qui vote, qui élit : vous, nous, donc ne nous plaignons pas de nos institutions.

                      Par ailleurs, comme justement dit par un des intervenants, les assemblées n’ont pas à être et ne peuvent pas être des échantillons d’institut de sondage.

                      Un seul point sur lequel je suis d’accord, il faut diminuer le nombre des élus, mais pas seulement au niveau national, aussi régional, départemental, cantonal, commumautés de communes et communal. Nous battons là en France un redoutable et inutile record.


                      • Nicolas P. Nicolas P. 21 janvier 2007 15:46

                        @Gio. Je reste sur ma faim : j’aurais voulu augmenter mon « minimum de connaissances historiques et constitutionnelles de la France ». Dommage... :/)

                        Sinon, vous m’avez mal lu, ou un peu trop rapidemment. « Le problème est moins quantitatif que qualitatif » et l’objet n’est pas de faire de la représentation nationale un échantillon de sondage.

                        En revanche, au constat de la défiance des Français pour leurs représentants politiques, l’analyse de certains éléments comme l’âge (mais il y a d’autres critères...) pourrait aider à trouver des pistes de solution.

                        Je pense notamment que le non cumul des mandats permettrait de faciliter le renouvellement des représentants politiques.


                      • serend (---.---.130.165) 21 janvier 2007 14:08

                        six fois j’ai vérifié la profession des députés socialistes et six fois je me suis retrouvé à l’éducation nationale. Est-ce bien raisonnable,nous sommes dirigés par des fonctionnaires. A tous les niveaux et des vieux en plus,c’est à dire des gens qui pensent et agissent avec leurs artères ,plus pressés des remettre à demain pour finir leur sieste que d’attaquer les problèmes. pour confirmer l’adage que seul celui qui ne fait rien ne fait pas de bétises. Je crains que l’on ne s’en débarrasse pas sans une révolution mais une vraie avec guillotine et tout.


                        • Nicolas P. Nicolas P. 21 janvier 2007 15:50

                          @Serend. Ah le bon vieux temps de la guillotine ! Nostalgie quand tu nous tiens... j’aime votre sens de la mesure et du consensus ! smiley


                        • Senatus populusque (Courouve) Courouve 21 janvier 2007 16:03

                          Voir sur ce lien

                          http://www.assemblee-nationale.fr/12/tribun/csp1.asp#P-1_0

                          la répartition des députés par catégories socio-professionnelles.


                        • Karl (---.---.36.207) 26 janvier 2007 19:14

                          Sachant qu’il existe des barrières d’âges, des barrières sociales, des barrières culturelles, des barrières mafieuses, des barrières politiques, des barrières administratives etc... pour rentrer au Parlement, je me demande comment un jeune citoyen épris des questions politiques qui traversent son pays, peut arriver à faire entendre sa voix et à être élu dans l’une des deux assemblées !

                          Etre au Parlement, cela demande des qualités d’althètes pour sauter au-dessus de tout les pièges que recèle la polique.


                          • bertin gilles (---.---.156.33) 28 janvier 2007 09:49

                            NOUVELLE ORGANISATION DE L’EXÉCUTIF :

                            Le nombre d’élus est réduit de 30% dans toutes les assemblées de la nation.

                            Les votes Blancs et Nuls sont considérés comme des votes exprimés. Pour qu’une élection soit validée, celle-ci devra obligatoirement réunir 38 % des inscrits.

                            Le Parlement : 404 députés

                            Chaque Cantons( ex : Département) éliront Un Député par tranche de XXXXX électeurs inscrits au 31 décembre de l’année précédente ; par un scrutin à deux tours sur la base des recensements communaux ou d’arrondissements, Au premier tour. avec prédétermination des reports des listes au premier tour.

                            Le parlement ne peut être démis que par un vote de défiance. Le Parlement a l’initiative de 30% des propositions de loi. Le Sénat : 232 Sénateurs

                            Chaque Départements est éliront Un Sénateur pour XXXXX électeurs inscrit par un scrutin à un tour à la proportionnelle intégrale sur la base des Régionale ; Le Sénat a l’initiative de 20% des propositions de l

                            Les conseillers municipaux :

                            Cette élection est ouvert a tous les habitant résident dans la circonscription depuis plus de deux ans et dès l’age de 16 ans .

                            Chaque Municipalité ou Arrondissement, Communauté de Communes éliront Un conseiller par tranche de XXXXX électeurs inscrits au 31 décembre de l’année précédente dans la circonscription, par un scrutin à deux tours, avec1/3 de proportionnelle et prédétermination des reports des listes au premier tour. Et un deuxième tour a la majorité absolue des deux candidat arrivé en tête au premiers tour.


                            • pierre2 (---.---.253.11) 14 février 2007 20:02

                              je conteste la légitimité démocratique de notre « représentation nationale »,il faut les appeller « les nouveaux seigneurs »,ils bénéficient de privilèges indus ,ils votent leurs salaires ils s’ octroient des avantages disproportionnés à leur utilité sociale par exemple leur régime de retraite,ils se placent au dessus de la loi en s’auto-amnistiant,le découpage électoral qui permet leur élection est malhonnète car il ne respecte pas la proportionnalité des voix et n’ oublions pas les sénateurs qui sont élus entre copains mais pas par la nation .il sont beaucoup trop nombreux,ils se multiplient:conseils régionaux ,députés européens,ils coutent beaucoup trop cher à notre pays et de ce fait l’ appauvrissent .nous avons des chiffres sur tout sauf sur eux ;pourquoi ?car ils tiennent le volant !!!!!!je propose pour rendre plus clair mon propos d’ appeller le président/ ROI,les ministres/PRINCES,les présidents de régions /COMTES,les députés /MARQUIS,etc...le clergé d’ aujourd’hui ce sont les médias avec leur directions et rédactions inféodés aux meme intérets financiers et de pouvoir que les politiques ;le tiers état c’est moi et vous ,corvéables et imposables ad vitam.voila la messe est dite,beaucoup de gens se réveillent ,il est encore temps de changer ce système ,1 député et 1 sénateur par département élus au suffrage direct ce serait plus clair et moins cher,l’ indexation de leur traitement sur le smic plus sain et leur retraite doit relever du régime général des retraites mais meme ce minimum de décence ils ne le ferons pas .................................................

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