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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > La révolte du pronétariat est en ligne gratuitement sur Internet

La révolte du pronétariat est en ligne gratuitement sur Internet

Comme certains parmi vous le savent, j’ai eu la chance de pouvoir collaborer avec Joël de Rosnay à l’ouvrage La révolte du pronétariat, des mass media aux medias des masses, qui a été récemment publié chez Fayard et qui a donné lieu déjà à plusieurs débats sur AgoraVox.

Dans cet ouvrage, nous avons essayé de décrire les principes d’une économie qui repose de plus en plus sur les relations de « particulier à particulier » (P2P) plutôt que sur la distribution de masse de contenus culturels, typique de l’approche des majors de la musique ou de l’édition. Face à ces derniers se développe en effet un véritable pronétariat, classe d’usagers capables de produire, de diffuser et de vendre des contenus non propriétaires tout en permettant un accès ouvert à l’information.

A juste titre, des lecteurs nous ont souvent fait remarquer que, paradoxalement, nous avions choisi une « distribution classique » (en publiant chez un grand éditeur) plutôt qu’une « diffusion pronétaire » (en utilisant Internet). La réalité est souvent plus nuancée, et comme le montre bien Didier Durand, une collaboration entre infocapitalistes et pronétaires peut être non seulement possible mais également fructueuse, surtout si on arrive à exploiter les synergies entre les deux modes de diffusion (sur Internet et en dehors d’Internet).

C’est ainsi qu’avec l’accord de Fayard nous avons réussi à mettre en libre accès l’intégralité de l’ouvrage (sous licence Creative Commons), quelques mois après son lancement en librairie. C’est suffisamment rare de la part d’une grande maison d’édition pour être souligné. Par ailleurs, nous avons essayé de rendre l’ouvrage accessible de la manière la plus large possible en le déclinant sous différents formats :

A ma connaissance, tous ces choix constituent une première avec un éditeur du niveau de Fayard. Nous sommes également disposés à faire évoluer collectivement l’ouvrage pour une prochaine édition. L’idéal serait d’ouvrir un wiki, mais il faudrait des volontaires pour nous aider à coordonner les actions, car nous manquons tous cruellement de temps. N’hésitez pas à nous contacter si cela vous intéresse. A ce sujet, nous allons très prochainement lancer sur AgoraVox une plate-forme wiki pour mener des enquêtes collectives à plusieurs rédacteurs, mais j’y reviendrai très bientôt dans un prochain article...

Comme vous pourrez le voir, une part importante de l’ouvrage est consacrée au journalisme citoyen (surtout le chapitre 4). A ce sujet, j’en profite pour décrire notre vision de ce qu’est un média citoyen. Et même si le terme ne fait pas l’unanimité, surtout dans l’univers des médias traditionnels d’ailleurs, il a le mérite d’être beaucoup plus intuitif que toutes les autres propositions que j’ai pu entendre jusqu’ici :

« Que recouvre exactement le terme citoyen ? Le journalisme citoyen associé à AgoraVox ne se définit pas par une logique éditoriale dédiée à un thème, à une éthique, à une vision politique, à un engagement militant. Au contraire, il se caractérise par la notion de responsabilité et d’inscription dans la vie de la cité, sans orientation politique prédéfinie ou imposée. Il est important de différencier le journal alternatif qui véhicule une ligne éditoriale précise (animée par une idéologie et orientée par un groupe partisan et militant) du média qui fait uniquement appel aux individus, à leur sens civique, à leur attachement aux valeurs de solidarité et de liberté d’information, à leur capacité à capter, à sélectionner et à diffuser des informations intéressantes dans le but de les partager.

Dans ce contexte, AgoraVox souhaite contribuer à la construction d’une presse interactive, ouverte à toute personne souhaitant participer, collaborer, écrire dans une optique collective et autonome de l’information. »

Si le terme média citoyen ne paraît pas correspondre à cette approche, il est possible de le modifier. Maintenant que La révolte du pronétariat est en accès libre et gratuit, AgoraVox pourrait peut-être se définir comme un média pronétaire...

Joël de Rosnay et Carlo Revelli


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20 réactions à cet article    


  • aurelien 27 juin 2006 11:35

    Bonjour,

    Un média citoyen est, selon moi, un média non idéologiquement dirigé, c’est-à-dire qui ne pose pas d’étiquette sur ces rédacteurs ou commentateurs.

    Qui ne nie pas le passé, mais qui ne fait pas référence au passé pour éluder le présent : c’est-à-dire, un média non conservateur et éducationnel dans le sens large du terme.

    L’idée de média citoyen est intéressante, car elle n’implique pas le nationalisme ambiant sur les médias traditionnels : l’on est citoyen du monde comme citoyen d’une région, en cette ère informationnelle et de communication globale.

    Cordialement


    • JC BENARD (---.---.92.11) 27 juin 2006 15:46

      Carlo, Joêl,

      Je pense que la mise en ligne de votre livre est une excellente initiative.

      Le média citoyen doit à mon sens devenir une composante incontournable sans pour celà devenir un étalon en termes de communication ou d’information.

      Le plus grand danger sera de ne pas céder ce bel outil qu’est AGORAVOX au pouvoirs économiques et politiques tout en lui donnant un modèle économique viable.

      Pourquoi ne pas continuer l’aventure sous forme de SCOOP ou d’actionnariat de lecteurs et rédacteurs. Le pronétariat ne passe-t-il pas par le partage démocratique des outils d’information ?

      Cordialement

      JC B


      • L'enfoiré L’enfoiré 27 juin 2006 16:00

        Bonjour, Tout d’abord, merci de donner accès par Internet à ce livre qui m’intéressait. Je l’ai downloadé et je me lance dans sa lecture dès que j’ai fini « La face cachée du pétrole » en cours. Qu’entendez-vous au juste par « SCOOP ou d’actionnariat de lecteurs et rédacteurs » ? Juste pour info, le mot « pronétariat » est-il un mot créé pour l’occasion ? Je n’ai pas de dictionnaire sous la main et internet pointe évidemment sur votre bouquin. Merci et bonne continuation.


        • JC BENARD (---.---.92.11) 27 juin 2006 18:41

          « Qu’entendez-vous au juste par »SCOOP ou d’actionnariat de lecteurs et rédacteurs«  ? »

          J’entend par là que si les créateurs de AGORAVOX veulent le mettre à l’abri des intérêts financiers extérieurs qu’il pourrait être intéressant pour les citoyens qui le souhaitent de devenir actionnaires. Celà lui donnerait une assise financière indépendante.

          Une autre hypothèse serait de lui donner un statut de SCOOP (société coopérative ouvrière) comme le magazine « Alternatives économiques » dans ce cas, l’idée serait de transformer le journalisem citoyen en entreprise citoyenne gérée démocratiquement (un homme = une voix) mais est ce bien l’ambition que Joel et Carlo ont pour le futur de AGORAVOX


        • Carlo Revelli Carlo Revelli 28 juin 2006 00:19

          La scoop je sais pas mais l’actionnariat des lecteurs et des rédacteurs ça pourrait être intéressant. D’ailleurs, la Wikipédia vit surtout grâce aux dons des lecteurs et des rédacteurs. A réfléchir.


        • alex (---.---.207.51) 27 juin 2006 16:13

          Excellent !

          Cohérent de s’appliquer à soi-même les excellentes analyses et synthèses présentes dans cet ouvrage. Alors, si j’ai bien retenu, la gratuité se combine avec des business models adaptés... et vous me semblez en bonne voie avec vos différentes initiatives à commencer par Agoravox smiley


          • nico 27 juin 2006 17:11

            Félicitations pour cette initiative !


            • pingouin perplexe (---.---.95.109) 27 juin 2006 19:33

              L’initiative est originale et intéressante. J’ai téléchargé l’ouvrage afin d’en avoir une vue plus précise.


              • minijack minijack 27 juin 2006 19:39

                Bonjour,

                Il est en effet très important que ce livre soit accessible à tous. De plus il est parfaitement cohérent qu’il le soit compte tenu du sujet traité. Cependant...

                Doit-il être pris pour exemple ?

                Le fait d’avoir commercialisé ce livre durant plusieurs mois par les voies de l’édition traditionnelle, PUIS, seulement ensuite, l’avoir mis à disposition gratuitement, n’est pas une démarche anodine. C’est une démarche citoyenne, réfléchie, et pragmatique, mais néanmoins dangereuse si on la prenait comme modèle à généraliser.

                (Halte là ! J’entends déjà les protestations s’élever... laissez moi poursuivre SVP !)

                Je veux dire que ce qui est applicable par les uns, et librement choisi par eux, ne l’est pas nécessairement par les autres autres, et il ne faudrait pas croire que vendre un livre pendant une période donnée puis le mettre à dispo gratuitement soit la solution idéale, une sorte de cote mal taillée, pour concilier le droit d’auteur et les droits des internautes.

                Il faut en effet prendre en compte l’état du système éditorial dans son ensemble. Le NET est UNE VOIE d’édition parmi d’autres, rien de plus, rien de moins. Et ce n’est pas parce que dans le monde réel on n’a jamais vu un libraire faire cadeau d’un livre-objet à ses clients qu’en raison inverse un auteur purement numérique devrait, lui, systématiquement en faire cadeau.

                C’est donc une très bonne chose de rendre accessible ce livre (dont j’imagine les auteurs ont déjà par ailleurs touché les droits sur la première édition), mais sa mise à disposition gratuite ne doit être considérée que comme le CHOIX des auteurs, accepté par l’éditeur dont il faut ici saluer le fair play. Ca reste une EXCEPTION particulièrement adaptée au CONTENU de ce livre.

                Il reste à trouver le moyen de rémunérer le droit d’auteur numérique autrement que par un passage obligé de l’impression papier, seule garante actuellement du droit d’auteur.


                • Carlo Revelli Carlo Revelli 28 juin 2006 00:31

                  Le but de cet article n’était pas de nous montrer en exemple ou de généraliser notre démarche. Comme vous le soulignez, chaque cas est en effet différent. Ce qui est sûr c’est qu’il vaut mieux jouer la complémentarité entre les différents canaux de diffusion si le but est de toucher le plus grand nombre. Si le but est de gagner le plus possible d’argent la stratégie sera encore différente. A mon avis, les auteurs ont tout intérêt à trouver des modes de commercialisation rentables directement sur Internet dans les années à venir. Car, soyons honnêtes, sauf en cas de best-seller c’est pas avec les droits d’auteurs d’un bouquin qu’on s’enrichit vraiment...


                • minijack minijack 28 juin 2006 04:04

                  Bien d’accord avec vous. Je ne parlais pas de s’enrichir, mais de gagner au moins de quoi continuer à écrire ou à créer.


                • miaou (---.---.4.145) 27 juin 2006 20:55

                  Quelles sont à l’heure l’actuelle les possibilités du marché en ce qui concerne le livre électronique (je parle de l’objet matériel, servant à la lecture confortable ailleurs que sur l’écran) ? Pourquoi en parle-ton si peu ?


                  • un vieux bonhomme (---.---.119.177) 27 juin 2006 21:26

                    J’ai lu avec intérêt (sur internet) « la rèvolte du pronétariat ».

                    J’y ai découvert l’existence d’ AgoraVox. Certains articles me passionnent ; je conçois et approuve le fait que d’autres aient des goûts ou des opinions différentes.

                    La liberté d’expression me parait éminemment respectable.

                    Mais...

                    Je suis obligé de constater qu’une poignée d’intervenants sont pour le moins encombrants : il m’est arrivé de renoncer à suivre certains fils de discussion parce que des bavards impénitents (ou de grands adolescents) occupent le terrain, commentaire après commentaire, et bien souvent pour ne rien dire !

                    N’est-il pas pensable de demander à chacun de faire un effort pour se limiter à un ou deux commentaires par fil de discussion. N’est-il pas possible, sur un fil donné, d’exprimer l’essentiel de sa pensée en deux commentaires : le reste étant plutôt le genre « discussion de collégiens » qui auront raison... à l’usure !

                    A mon sens AgoraVox gagnerait en crédibilité, donc en « audience » .

                    Longue vie au media pronétaire.


                    • Carlo Revelli Carlo Revelli 28 juin 2006 00:33

                      Merci pour votre message. Je suis d’accord avec vous au sujet des commentaires. Ce que vous demandez est hélas impossible à réaliser. En revanche, on va bientôt mettre en avant les meilleurs commentaires pour chaque article. Bien à vous


                    • par une jeune fille... ;D (---.---.244.52) 28 juin 2006 10:05

                      Merci beaucoup pour votre livre, tout d’abord, et merci d’organiser les commentaires ! Je suis à 100% d’accord avec vieux bonhomme.


                    • bernard29 candidat 007 27 juin 2006 23:51

                      j’ai eu un a priori défavorable ; Votre article m’a fait penser à notre « trés cher d’Attali » qui ancien directeur de la BERD, avec dépenses somptuaires, se permet de faire la morale à tout le monde au niveau mondial sur le micro- crédit. Lui bien sûr recoit pour ce faire des macro-subventions. pensez , un ancien du staff mittérand.

                      En définitive, c’est trés bien votre initiative, bien sûr. Mais vous manquez de temps. c’est aussi évident. le problème c’est que les gens intelligents succombent au productivisme du temps. Donc ceux qui participent ont le temps. c’est désobligeant, mais normal. Les français ne changeront jamais.


                      • Carlo Revelli Carlo Revelli 28 juin 2006 00:35

                        J’ai un peu de mal à comprendre le sens de votre commentaire. Je n’ai pas l’impression d’avoir voulu faire la morale à qui que ce soit.


                      • bernard29 candidat 007 28 juin 2006 02:33

                        De fait, je viens seulement de comprendre PRO-NET’TAIRE. houah, je suis nul.

                        Mais dire que c’est une nouvelle classe, c’est osé ou c’est du marketing ?


                        • Biotope Blogue 2.0 - Geoffroi Garon (---.---.99.14) 2 juillet 2006 23:38

                          Voilà une bonne nouvelle, le tout dernier livre de cet illustre auteur nous est offert en ligne gratuitement, soit : En version en ligne texte et audio : www.pronetariat.com/livre [fr] En version téléchargeable : www.agoravox.fr/pronetariat/Pronet...


                          • Zamenhof (---.---.118.120) 20 septembre 2006 00:15

                            Gratuit en ligne c’est bien, mais c’est quand même nettement plus confortable de lire sur un vrai livre papier, relié. Un livre quoi ! même en payant.

                            Aussi, je ne crois pas que les livres gratuits sur internet causeront la mort de la librairie !

                            En entendant, je cherche où je pourrais acheter « La révolte du pronétariat » sous forme livre ?

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