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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > La société de l’écart-type

La société de l’écart-type

Ecart-type : l’écart-type est la mesure de dispersion, ou étalement, la plus couramment utilisée en statistique lorsqu’on emploie la moyenne pour calculer une tendance centrale. Il mesure donc la dispersion autour de la moyenne (article Wikipedia).

Dans un article fameux paru en juin 1989 dans la revue National Interest et intitulé « The End of History ? » (Voir cet article pour le texte original, l’article sera repris et traduit dans la revue Commentaire #47 ; on notera que la majorité des citations de cet article occultent le point d’interrogation du titre), l’économiste et politologue américain Francis Fukuyama annonçait la victoire finale du libéralisme (« Western liberalism »), envisagé comme système politico-économique de régulation de nos sociétés. A l’époque, l’effondrement du bloc communiste semblait apporter une confirmation éclatante de cette théorie, qui depuis a été vivement contestée, dans le contexte de la fureur qui anime ce début de millénaire.

Or, paradoxalement, on pourrait se demander si Fukuyama n’avait pas raison - à son corps défendant - en annonçant non pas la fin de l’histoire, mais la fin d’une histoire, celle du capitalisme telle qu’elle s’était déroulée depuis le début du XIXe siècle. Cette histoire du capitalisme dans les sociétés occidentales au cours de cette période, on pourrait la caractériser en parlant d’histoire de société de la moyenne. Pendant des décennies, l’ensemble des membres de ces sociétés ont connu une amélioration constante de leurs conditions de vie, caractérisée par une évolution positive et permanente d’un certain nombre d’indicateurs : hausse de l’espérance de vie, augmentation du pouvoir d’achat et des revenus, accès démocratisé à l’éducation et à la santé, diminution de la pénibilité du travail... Dans ce paradigme, les inégalités existaient et pouvaient temporairement se creuser, mais leur perception était tempérée par deux facteurs : la certitude d’une amélioration de son sort au fil du temps, et la conviction que ses enfants bénéficieraient à leur tour d’un avenir meilleur. Par ailleurs, il existait un continuum social entre les différentes couches de la population, et l’on pouvait penser que le passage - toujours ascendant - sur l’échelle sociale était possible, voire probable, et que de proche en proche, on pouvait d’ailleurs atteindre « les sommets ». Si la situation d’un individu ou celle d’un groupe s’améliorait, il était quasiment certain que celle de l’ensemble du corps social faisait de même, et réciproquement. La meilleure représentation des individus ou des groupes composant une société pour mesurer des phénomènes quantitatifs était alors une courbe, ou une droite - figure linéaire, continue, sans rupture -, et la moyenne (la moyenne est une manière de représenter un ensemble de valeurs avec une valeur unique) était un indicateur pertinent pour évaluer les fluctuations de ces phénomènes. Utiliser le PNB par habitant, un taux de scolarisation global, ou encore un taux d’emploi moyen était signifiant pour appréhender et décrire une société. Ces moyennes arithmétiques utilisées comme descripteurs de la réalité représentaient de façon métonymique l’essor des classes moyennes, principales composantes et figures actives de ces sociétés capitalistes occidentales. La société de la moyenne était une société des classes moyennes.

Notre intuition est que, depuis une vingtaine d’années, cette société de la moyenne n’existe plus ; sous l’effet de nombreux changements qui ont été abondamment décrits par ailleurs - phénomène de mondialisation et de globalisation, avènement d’un capitalisme financier dérégulé, accélération des problématiques de mutation technologique - et qui font l’objet d’une critique au travers des mouvements dits altermondialistes, nous avons basculé dans la société de l’écart-type. Ici, nous sommes désormais en présence de phénomènes de rupture, de dispersion accrue, de non-linéarité dans la représentation graphique des individus. La société ne peut plus être décrite par une fonction continue, mais par des nuages de points comme éclatés sur toute la surface du spectre social. Dans cette société de l’écart-type, les anciennes certitudes ont disparu : mon sort ne s’améliorera pas forcément, et celui de mes enfants non plus ; en outre, la notion de continuité dans l’espace social, avec ses promesses de progression, tend à disparaître, et je suis comme assigné à résidence dans ma position sociale de départ. Dès lors, les inégalités ne reculent plus - par exemple, alors que la population pauvre en France est passée de 15% en 1970 à 7,6% en 1984, elle s’est stabilisée autour de 7% depuis... voir La documentation française, de même que le coefficient de Gini, qui mesure l’ensemble de la disparité des revenus, augmente dans de nombreux pays de l’OCDE depuis le milieu des années 1980, voir OCDE, notamment la troisième feuille de calcul). La moyenne n’est plus alors un indicateur pertinent pour décrire nos sociétés, car son évolution cache des disparités très fortes au sein de sous-groupes. La richesse globale d’un pays et le PNB par habitant* peuvent par exemple augmenter, mais une infime proportion de la population en bénéficie réellement (voir, par exemple, l’évolution contrastée de la répartition des revenus ou du patrimoine aux USA, ou encore d’autres données sur le sujet à partir des données du US Census Bureau). De même le chômage peut-il reculer, mais sa réduction masque des disparités importantes au sein de sous-ensembles (plus de 50 ans, jeunes, femmes...). La moyenne, symbole de cet ancien capitalisme, devient alors impuissante, et inopérante pour représenter ce nouveau monde. En effet, la société de l’écart-type est une société de la dispersion, où le contact entre les individus tend à se dissoudre - même dans sa formalisation graphique-, où le lien s’étire sans cesse, où les groupes s’atomisent, se fragmentent, et où les anciennes représentations sociales n’ont plus cours, notamment avec la désagrégation des classes moyennes.

Une traduction concrète de ce changement est par exemple fournie par Robert Reich (voir, par exemple, son article : « The new rich rich gap », du Newsweek du 28/11/2005 - lien non disponible), ancien secrétaire d’Etat américain du travail et professeur d’économie, dans sa description de la division mondiale du travail, avec notamment l’émergence d’une classe transnationale de « manipulateurs de symboles ». Cette classe élitaire (une caste ?), formée par les cadres dirigeants de grandes sociétés, les avocats ou banquiers d’affaires, n’est plus rattachée à une origine géographique ; elle se caractérise par des effets de réseaux - fréquentation des mêmes MBA, des mêmes clubs, aéroports-, une concentration extrême de pouvoirs et de richesses, une culture de type managériale (et anglo-saxonne). Ce sont quelques points dispersés dans le panorama social, inaccessibles et lointains pour l’immense majorité des populations, même pour ceux qui sont des « manipulateurs de symboles », mais à l’échelle nationale, et Reich, en utilisant le mot gap (fossé) est tout à fait juste. La société de l’écart-type, en dissolvant les anciennes appartenances, notamment territoriales, est une société de pertes des repères.

Si notre analyse est juste, la première chose à faire est de renoncer à nos indicateurs, si typiques de la société de la moyenne. En continuant à appréhender le réel avec de mauvaises lunettes, nous ne pourrons ni le comprendre, ni le modifier. Ce qui s’énonce bien se conçoit clairement. Ainsi, la semaine dernière, le rituel mensuel habituel autour de la publication des chiffres du chômage avait quelque chose de surréaliste, alors que tout le monde sait que ce chiffre est un constat d’enregistrement bureaucratique et se révèle inopérant pour mesurer l’exclusion globale du monde du travail et les forts écarts entre populations dans ce rapport au travail. Forger de nouveaux outils pour appréhender ce qui nous entoure est donc fondamental.

Enfin, à moyen terme, il convient de s’interroger sur les conséquences d’une société de l’écart-type qui continuerait à se développer sans garde-fou : à long terme, elle conduirait sans doute à une société totalement atomisée, encore plus individualiste, où le politique n’aurait donc plus de prise car aucune représentation sociale commune ne pourrait plus être partagée. En somme, une société de l’anomie, avec ses promesses de révoltes et de violences, ou encore un monde sans pitié.

* Les références utilisées renvoient le plus souvent à des données sur les revenus ; on peut considérer que ces données sont corrélées de façon positive avec d’autres variables socio-économiques citées (espérance de vie, accès à l’éducation, à la santé, aux loisirs...).


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26 réactions à cet article    


  • Marsupilami (---.---.183.75) 2 mai 2006 11:25

    Ouaf !

    Bravo pour cette excellente analyse. Très bien vu... Mais que faire ?

    Houba houba !


    • Antoine (---.---.16.155) 2 mai 2006 11:50

      Que faire... ?

      euh....qu’une cause naturelle ou extra-naturelle change la donne ?


    • (---.---.64.62) 2 mai 2006 22:43

      Que faire... ?

      euh....qu’une cause naturelle ou extra-naturelle change la donne ?

      pour masquer la lâcheté du monde occidental et sa cupidité ?


    • Antoine (---.---.16.155) 2 mai 2006 11:48

      bravo, très bonne approche.

      je re-pique ceci : « Enfin, à moyen terme, il convient de s’interroger sur les conséquences d’une société de l’écart-type qui continuerait à se développer sans garde-fou : à long terme, elle conduirait sans doute à une société totalement atomisée, encore plus individualiste, où le politique n’aurait donc plus de prise car aucune représentation sociale commune ne pourrait plus être partagée. En somme, une société de l’anomie, avec ses promesses de révoltes et de violences, ou encore un monde sans pitié. »

      Et je dirai que cela a parfaitement commencé comme processus.

      je ne sais plus qui a dit que les espérances multiples tuent l’espoir ....


      • louis_philipp (---.---.184.123) 2 mai 2006 14:16

        L’introduction traduit malheureusement une assez profonde incompréhension de la pensée de Fukuyama, notamment ce qu’il appelle « libéralisme ». Il faudrait plutôt y voir une référence à l’esprit des lumières, donc notamment à la liberté du commerce et de l’industrie mais pas seulement. Partant de ce biais, la suite s’en trouve forcément teintée d’un peu d’idéologie, même si le fond du message a quelque chose de vrai. Comme trop souvent dans le discours français, il en découle un flot d’incantations un peu inutile, de mon point de vue. Au fond, c’est toujours le marxisme qui revient sous des formes renouvelées. Un discours utile reviendrait au contraire à expliquer quelle est la structure des incitations économiques dans la société contemporaine, puis à voir dans quelle mesure on peut rendre cette société plus équitable sans produire des incitations contre-productives. Le discours ambient est encore loin d’un tel degré de maturité.


        • Marsupilami (---.---.189.254) 2 mai 2006 14:35

          Ouaf !

          C’est grave, « un peu d’idéologie » ? Qui ne fait pas d’idéologie, sans le savoir ou en le sachant ?

          Houba houba !


        • louis_philipp 2 mai 2006 15:11

          Là n’est pas la question, je le crains. Quand un article passe à côté de la question parce qu’il interprète mal le sujet qu’il traite et quand il s’ensuit un propos erroné, le rôle des commentateurs est de le signaler. Que mon propos vous choque, soit, d’une certaine manière j’en suis ravi puisque vous ne me paraissez pas être un modèle d’ouverture d’esprit. En revanche, il me paraît absurde de critiquer les biais de tous les commentaires qui signalent un biais. Effectivement, vous n’en avez pas fini. (Il me semble que je n’ai pas besoin de signaler les vôtres, on les aura aisément compris...)


        • Antoine (---.---.250.19) 2 mai 2006 17:47

          en effet, dés lors que l’on s’exprime, on définit une vision de monde et donc de l’homme et une forme d’idéologie.

          On n’y échappe pas...mme un marsupial !


        • Antoine (---.---.250.19) 2 mai 2006 17:51

          oui, la fin du capitalisme est une idée marxiste, fin qui serait liée à la production infinie comme auto-suffisante et auto-productrice (je vais peut être un peu trop loin, mais on peut voir cela comme cela).

          Fin du capitalisme mais pas fin de l’histoire....

          La situation perverse des effets de richesse ! smiley)


        • Chem ASSAYAG Chem ASSAYAG 2 mai 2006 17:55

          L’article de Fukuyama va bien au delà de la simple référence aux Lumières (ne serait-ce que parce qu’il se situe dans une perspective hégelienne de « fin de l’histoire »). Quant à l’analyse marxiste dans son volant économique elle est tout à fait d’actualité ; Marx reste un grand penseur économique. Les sytèmes politiques qui s’en sont réclamés ont été des échecs retentissants mais il n’y a pas identité entre les deux. Enfin à aucun moment je ne dis que « l’économie de marché » n’est pas un mode de régulation pertinent ; et il l’a été de façon satisfaisante jusqu’au tournant des années 80/90. Vous pouvez être en déasccord avec l’analyse sur que je développe les années écouléesdepuis lors mais il me semble que la critique du biais idéologique peut vous être retournée. Cordialement,


        • Marsupilami (---.---.190.29) 2 mai 2006 18:18

          Ouaf !

          Bien dit Chem.

          Marx n’était pas marxiste - lui-même le disait contre l’avis de ses thuriféraires communistes - et les idéologies ne mourront jamais, contrairement à ce que voudraient nous faire croire les croyants en la « main miraculeuse du marché » qui n’est qu’une foutaise idéologique parmi d’autres, et qui n’a pour crédibilité que celle d’être actuellement le credo économiquement dominant.

          Ceux qui se réclament d’un quelconque « pragmatisme » (ouaf !) au nom de l’idéologie ultralibérale qu’ils professent et imposent au monde depuis un quart de siècle doivent savoir que cette idéologie est comme toutes les autres : mortelle...

          Houba houba !


        • Antoine (---.---.250.19) 2 mai 2006 19:12

          « la main invisible qui régule le marché ».... ?

          Cette main invisible à parfois des absences visibles smiley)


        • Daniel Milan (---.---.168.124) 2 mai 2006 22:51

          Servil... ou insultant, je reconnais bien là un certain type d’animal peu ragoutant !


        • gem (---.---.117.249) 2 mai 2006 18:31

          Je n’adhère pas du tout à l’analyse, mais ça reste intéressant.

          Je ne sais pas si la moyenne a jamais été vraiment représentative de quoi que ce soit, et par conséquent si la « société de la moyenne » n’est pas autre chose qu’un reflet des instruments de mesure plus que de la réalité. Je crois que l’accès à l’écart-type est surtout révélateur de nos moyens techniques actuels. Mais ça reste pertinent de se poser la question.


          • Chem ASSAYAG Chem ASSAYAG 2 mai 2006 18:40

            Paru aujourd’hui dans Le Monde un article sur le même sujet et assez convergent ! http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-767406@51-767499,0.html


            • Antoine (---.---.250.19) 2 mai 2006 19:10

              je retiendrai surtout de cet article, lu en vitesse, le rift beant, la stagnation de la société française (mais là, c’est vrai pour d’autres pays européens), bref cela conforte ce que l’intuition propose : il y a un « blème » pour parler simple.

              Je ne suis pas optimiste à moins d’un changement que personne ne peut anticiper pour l’instant.


            • Louis-Philippe Carrier 2 mai 2006 22:31

              Hmm, il faut apparemment que je précise que je ne rejette pas l’article en bloc. Simplement je mettais en évidence des erreurs factuelles (le libéralisme qu’évoque Fukuyama n’est pas ce que vous décrivez - si je me souviens bien, il fait explicitement référence à des auteurs comme Kant ou Montesquieu, et en tout cas c’est cela qu’entendent les Américains par « idées libérales ») et des lacunes dans le raisonnement. Si les inégalités croissent, c’est parce que le mécanisme des prix le permet. Et il le permet parce que suffisamment d’individus dans la société acceptent la structure des prix telle qu’elle est : prix faible des ressources naturelles, rémunération forte du capital - qu’il soit matériel, immatériel, ou humain. Une majorité d’individus bénéficient ou croient bénéficier de ce système, et la plupart des autres sont trop ignorants pour le critiquer. Pour corriger les inégalités, il faudrait incorporer dans les prix des biens sur le marché tous les prix des biens considérés comme « hors marché » (paix dans le monde, harmonie sociale, santé publique, environnement préservé...), afin que les riches contribuent aux problèmes de tous et pas seulement à ceux des riches. Néanmoins, quand on voit les français gémir chaque fois que le prix du pétrole augmente, j’ai du mal à croire qu’ils soient prêts à se sacrifier ainsi pour leur prochain. Ce que je veux illustrer, en tout cas, c’est que le problème est infiniment complexe. C’est un problème microéconomique que l’on ne peut résoudre par des incantations. On peut davantage contribuer à sa résolution en informant et en s’informant, car l’information s’intègre dans les prix. Un exemple de cela est le commerce équitable, qui attribue une prime au développement durable : le citoyen du monde riche paie un coût spécifique pour les biens publics globaux auquel il contribue, en plus du prix qu’il paierait pour un produit standard. Mais ces initiatives sont dérisoires au regard des failles qui persistent dans l’information des masses (électorales, consommatrices...) mais aussi dans l’information des spécialistes (notamment les analystes financiers...). Accuser le capitalisme de tous les maux ne résout rien. Il faut le comprendre et en utiliser les outils à de bonnes fins. Les outils les plus efficaces sont parfois les plus austères : à quand une vraie comptabilité environnementale ? A quand une fiscalité qui tienne vraiment compte des enjeux sociaux (e.g. crédits d’impôts plutôt que RMI) ? Amis anti-capitalistes, gardez à l’esprit que l’alternative ne serait pas meilleure : la comptabilité publique n’est pas moins opaque que celle des firmes, au contraire. L’Etat interventionniste s’empêtre forcément dans des conflits d’intérêt, puisqu’il est juge et partie (voir le cas du nucléaire, par exemple...). Etc. Etc. Une petite proposition *pragmatique* : et si les Français se mettaient enfin au benchmarking, au lieu de donner des leçons au monde entier sur ce qu’il faut faire ?


              • Chem ASSAYAG Chem ASSAYAG 2 mai 2006 22:43

                Au risque de vous décevoir dans son article de 1989 Fukuyama ne cite ni Kant ni Montesquieu, mais Marx, Hegel et Kojève (voir le lien dans l’article). Vous avez me semble-t-il une approche purement économique et rationnelle (notamment quand vous insistez sur les mécanismes de formation des prix) que les gens n’ont pas (vous insistez en revanche à juste titre sur les problèmes de symétrie d’information par exemple). Mon propos consiste justement à dire que les individus n’accepteront pas indéfiniment l’évolution actuelle du partage de la richesse (déformation de la valeur ajoutée au profit du capital notamment). Cela ne veut pas dire qu’il faut changer du tout au tout - et encore une fois le système a relativement bien marché jusque il y’a une vingtaine d’années . Quant aux mesures à prendre elles feront l’objet d’autres débats smiley

                Cdt,


              • Antoine (---.---.200.21) 2 mai 2006 23:15

                Je ne suis pas tout a fait d’accord avec vous principalement sur l’efficacité du commerce équitable et son efficacité ds l’optique du développement durable...

                Par contre, là où je vous suis c’est sur la question de la gestion des « externalités » liées à l’industrialisation et au développemment, exemple : comment quantifier la valeur liée à la pollution et qui devient un coût puisqu’il suppose une politique de santé publique ou qu’il crée une altération de la ressource. De même, qu’il ne suffit pas d’avoir un bon systeme de sécurité sociale si ds le mme temps il y a un cout social à l’acivité...

                mais là c’est déjà un autre débat.


              • Louis-Philippe Carrier 4 mai 2006 10:50

                Pour les citations, au temps pour moi, je vous avoue que je n’ai pas touché à du Fukuyama depuis fort longtemps. Votre article est une bonne occasion de m’y replonger et je vous en remercie au passage. Je reviens cependant à ma critique initiale qui portait sur le sens du mot « libéralisme ». Je maintiens que vous l’utilisez dans un sens inapproprié, qui n’est pas celui auquel se réfère Fukuyama. Etant étatsunien, il emploie le mot « libéral » dans un sens à mon avis plus logique que celui qu’on lui attribue souvent ici (et qui n’a pas une grande cohérence). J’ai rapidement cherché un lien pour étayer ceci. Vous y retrouverez les références à Kant et allii : http://www.wesjones.com/eoh_response.htm


              • Thrin (---.---.128.24) 6 mai 2006 18:41

                Fukuyama a développé sa pensée dans l’essai « La Fin de l’Histoire et le dernier Homme » paru en 1993 (et réédité par Champs Flammarion en 2003).

                Fukuyama y reprend le thème abordé dans l’article comme la victoire de la « démocratie libérale ».

                Il y parle également des problèmes d’égalité, ce qui rejoint les propos d’écart-type de Chem et y décrit ce qui viendra après la fin de l’Histoire avec l’avènement du dernier Homme.


              • Louis-Philippe Carrier (---.---.184.123) 7 mai 2006 12:04

                Effectivement, le libéralisme dont il est question est une vision des rapports politiques, la volonté de promouvoir la démocratie libérale, celle décrite par Rosanvallon et d’autres. Il ne s’agit pas du libéralisme dont parlent tout le temps la CGT et le PC, et qu’on ne voit nulle part dans ce pays. La question de la justice sociale n’entre pas directement en jeu ici, même si la démocratie pose à moyen terme le problème de l’égalité, comme le soulignait Tocqueville. A mon avis, d’ailleurs, pas besoin d’interpréter Fukuyama sur ces questions, Tocqueville avait tout dit (explicitement) sur la question, un siècle et demi auparavant. Une lecture qui devrait être incontournable pour tout citoyen consciencieux.


              • Maximilien FRICHE (---.---.156.164) 2 mai 2006 22:40

                Le problème est bien plus grave que ne le présente votre article. Ce n’est pas seulement la société de l’écart type, mais la mort certaine de l’homme moyen remplacé par du vide. Il est de plus en plus différencié de son voisin, de plus en plus pareillement différent, soucieux d’avoir sa propre personnalité, capable de produire des raisonnements plutôt que de recevoir la morale d’ailleurs, expert en tout, et surtout consommateur de culture et donc de lui même. Le libéralisme, comme nihilisme rampant, n’a trouvé aucune résistance dans nos crânes, contrairement aux nihilismes terroristes que sont le communisme et le nazisme, et a permis d’achever leur projet : vider l’homme. Depuis les lumières et leur relativisme absolu jusqu’à l’homme consommateur de lui même, flatté comme l’anthropophage qui trouve du goût à sa langue, inconscient de la mort, l’homme se vide d’âme. Soyez en sûrs, nous nous consommons, nous nous consumons.


                • totor63 (---.---.167.177) 5 mai 2006 21:33

                  et si l’on revenai à une base : je suis tout con sans revenir à l’origine de la démocratie, ma reflexion , voir mon analyse de base : politique : 500 parrainages pour etre candidat aux présidentielles, cela par des élus..... un conseil constitunionnel n’ayant pas de légitimité démocratique (l’on me stipulera ...) un sénat ... (que je juge illégitime), vue la démocratie. que l’on référence .... etc tout les autres systemes amicaux permettant un suivi qui n’est pas encore « inacceptable » à la reflexion humaine je souhaite, voir, j’ai l’espoir d’une modification radicale : suppression du conseil constitutionnel, du sénat , du conseil général, voir modification de la communauté de commune, ..... je ne sais si je réve, mais un mandat par personne, un seul, renouvelable une seule fois. et évidemment, cette personne retrouve la vie civile, sans aucun avantage antérieur de sa fonction (il/elle subit l’acte de son accord) pensez vous que je suis idéaliste, réveur, inconsistant, marginal, idiot, ...... pourquoi ne pas l’imaginer, avant de le vivre ? Vous avez peur pour vous ?


                  • Aurélien (---.---.149.47) 6 mai 2006 10:55

                    N’est-ce pas Jean-Claude Vandamme qui a dit qu’il fallait : « être aware » ? :))


                    • Chem ASSAYAG Chem ASSAYAG 14 octobre 2006 18:23

                      Le sociologue Louis Chauvel publie ces jours ci « Les Classes Moyennes à la Dérive », Seuil, 10,50 €, un ouvrage qui propose une analyse (concordante) sur le même sujet.

                      Cdt

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