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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > La Suisse politique peine à condamner la torture

La Suisse politique peine à condamner la torture

Plus d’un tiers du Parlement helvétique, dont son vice-président, pense que l’usage de la torture n’est pas si condamnable.

C’est une enquête de l’ONG Amnesty International (Suisse) qui le révèle : plus d’un tiers du Parlement helvétique, dont son vice-président, pense que l’usage de la torture n’est pas si condamnable. En Autriche, la même enquête avait été menée par l’ONG, sauf que, dans ce pays, le Parlement avait unanimement condamné l’usage de la torture.

En Suisse, Amnesty a en effet demandé aux députés nationaux de signer une pétition condamnant l’usage de la torture. La même pétition réclamait la ratification du protocole, facultative à la Convention de l’ONU contre la torture, un protocole que la Suisse n’a pas encore signé à ce jour. A l’heure où les images d’Abu Ghraib en Irak ou celles de Guantanamo sont dans toutes les têtes, on pouvait penser que la démarche d’Amnesty n’allait pas susciter grande opposition. Et pourtant, il y a parfois des surprises dans ce monde. Ainsi, 99 députés sur 246 ont refusé de parapher le document en question. Pour l’essentiel, il s’agit des 64 députés de l’Union démocratique du centre (UDC), le parti de la droite nationaliste libérale dont le chef est l’actuel ministre de la justice et de la police, C. Blocher.

Sur fond de politique d’asile
Pour comprendre cette attitude, il faut savoir que l’UDC surfe depuis quinze ans sur le thème de l’immigration et des "abus" en matière d’asile. Dans le document d’Amnesty figurait une clause condamnant le renvoi de requérants d’asile déboutés en direction de pays pratiquant la torture, comme la Birmanie ou la Chine. Pour l’UDC, cette clause est incompatible avec son orientation politique de limitation drastique de l’asile. Beaucoup pensent ici que c’est cette raison qui a fait que la direction du parti a ordonné le rejet de l’initiative d’Amnesty. Reste que pour bien des observateurs politiques en Suisse, l’attitude de l’UDC n’est pas très surprenante.

L’attitude la plus curieuse est cependant venue d’autres élus de droite, notamment du Parti démocrate chrétien (PDC), un parti conservateur lié aux campagnes et à l’église catholique. Plusieurs de ses élus ont en effet refusé de parapher le document d’Amnesty. Une attitude à peine ambiguë, lorsqu’on connaît l’engagement chrétien du PDC et d’une grande partie de ses membres.

No comment

Le piètre résultat de cette pétition n’a pourtant pas fait l’objet d’articles de presse, au mieux quelques brèves, ici ou là, dans les marges des quotidiens suisses. Chose d’autant plus étrange qu’on connaît l’activisme débordant de la Suisse officielle et de sa ministre des Affaires étrangères, M. Calmy-Rey, en faveur des droits de l’homme. Avant de se profiler à l’extérieur comme le pays de la défense des droits de l’homme, la Suisse politique devrait en effet balayer devant sa porte.


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3 réactions à cet article    


  • folamour (---.---.179.33) 31 mars 2006 00:52

    Merci de relayer cette information : les masques tombent.

    Pour ajouter un peu de lecture, faute de plus de commentaires, un site très riche au contenu édifiant, qui remet en perspective cette (absence de) prise de position face à l’un des nombreux dangers qui menacent ce qu’il nous reste de démocratie et d’humanité, en dévoilant la logique de cette régression programmée : Stratégies planétaires.


    • Scipion (---.---.1.146) 31 mars 2006 09:14

      De toute façon, la démocratie est au bout du rouleau.

      - L’alternance systématique rend impossible les réformes de longue haleine ;
      - le bipartisme rend les choix illusoires, tant les différences entre les grandes formations sont minimes - la grande coalition allemande montre que voter pour la droite, c’est voter pour la gauche, et inversément ;
      - il a suffi qu’on soumette les modalités de la construction européenne pour qu’elle soit durablement stoppée...

      Il n’y a donc pas régression, mais sclérose inhérente au système.


      • dom (---.---.40.155) 9 avril 2006 12:18

        Comme c’est navrant de voir un pays se renier lui-même en toute conscience, répétant vis-à-vis des vols de la CIA les mêmes erreurs qu’avec les convois monstrueux du troisième reich. Mais qui soutient encore les parlementaires UDC en suisse quand le peuple les a expulsés lors des législatives en romandie ? Leurs scores ne sont pas plus brillants en suisse-allemande. Les parlementaires UDC vont être remplacés par les coalitions de gauche. Nul doute que le peuple suisse lui n’approuve aucunement la torture et que ce n’est que la couardise du monde politique envers le pentagone qui est en cause dans cette frilosité extrême de ne pas monter aux barricades contre l’abus des dirigeants, des médias à la solde du pentagone, continuant de dire que le souci majeur des européens serait la lutte anti-terroriste. Je suis tombé sur un de ces sondages qui doivent aider les dirigeants à suivre « l’opinion » des citoyens pour baser une politique internationale. C’est scandaleux ces sondages où on fait dire n’importe quoi aux gens sous prétexte qu’on leur aurait demandé leur avis et on prend ces résultats comme s’ils pouvaient égaler des votes référendaires.

        Le plus grand organisme de sondage s’appelle LH2 (anciennement Louis Harris... qui était-il ? on va chercher plus avant) et voici comment se présente cet organisme payé par des gouvernements pour faire de la propagande qu’on appelle aujourd’hui sondages :

        « Ce nom, LH2 révèle notre attachement à ce qui nous a construit et fait aujourd’hui de notre institut un vrai partenaire des décideurs. »

        C’est marrant un vrais partenaire des décideurs que les citoyens n’ont ni pu avaliser ni contester, des sondages qui se donnent des airs de sacro-sainte vérité... par exemple le LH2 avance que pour plus de 60% d’européens l’avancée majeure qu’ils espèrent de l’europe est la guerre contre le terrorisme... on n’est pas loin de la torture psychologique par un organisme qui n’a aucun droit légitime ni politique à faire ce genre de propagande sur le dos des citoyens, un outil de propagande de l’OTAN hein. Si les démocraties ne veulent pas s’approfondir en démocraties directes elles n’existent déjà plus, car les politiques n’ont plus cet aveugle soutien des populations sur lequel ils pouvaient faire ronronner leurs bonniments, toujours les mêmes phrases creuses qui semblent intelligentes parceque personne ne les comprend et parceque celà fait longtemps que les gouvernements ne sont plus autonomes, ceci en vertu de la mondialisation de l’oppression économique et industrielle occidentale. Aujourd’hui leur plus puissant allié s’est mué en vaste empire oppreusseur et le silence est tonitruant. CLOSE GUANTANAMO !!! GET OFF IRAK !!! YANKEE STAY HOME !!!

        et puis au moins en suisse personne n’attache d’importance à des sondages, c’est les votes qui font loi. On peut bien chercher à discréditer un peuple en pointant des parlementaires trop peureux pour signer une pétition, ce qui est honteux effectivement, mais essayez-donc de lancer une initiative en faveur de la torture ou de la peine de mort en suisse et vous verriez l’écrasante majorité du pays balayer ce genre de folies et ce n’est pas la honte de quelques parlementaires trop peureux pour discréditer le mal là où il se produit qui y changera quelque chose.

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