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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > La trouille des Français et le rire des élites

La trouille des Français et le rire des élites

Revue_le_debat_n141_1 L’excellente revue Le débat, dont je recommande la lecture à tous ceux qui aiment les idées réfléchies et construites, fait paraître dans son dernier numéro 141, septembre-octobre 2006 (Gallimard, 14,50 €), une série de contributions sur « La France dans l’attente ». La richesse des points de vue est telle que je ne saurais en faire un compte rendu exhaustif. Je vais me concentrer sur l’article d’ouverture, un débat entre Marcel Gauchet, directeur de la rédaction, et René Rémond, historien du contemporain, membre de l’Académie française (et qui vient de publier dans la revue L’Histoire d’octobre 2006 un article sur Jacques Chirac, « Ce que l’histoire retiendra »). Le débat examine le bilan général de la France de ces dernières années, puis les positions respectives de la droite et de la gauche pour les prochaines élections. En cette première note, je ne vais évoquer que le bilan.Repli_sur_soi

C’est « le temps du marasme » qui fait le titre de cet échange. L’avenir fait peur aux Français. Cette peur naît de ce qu’ils doutent désormais de la capacité de la France de faire face aux défis du monde. La frilosité vient du vieillissement démographique ; de l’accélération des bouleversements depuis la chute du Mur de la honte, en 1989 à Berlin, et de la conversion à l’outil capitalisme de pays de masse comme la Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil. Mais, à ces causes, dont j’ai déjà parlé, les auteurs ajoutent surtout l’incapacité des politiciens français au pouvoir aujourd’hui à proposer un quelconque objectif mobilisateur pour établir un semblant de confiance. Ce ne sont que tentatives ratées, du pragmatisme jospinien à l’activisme villepinien. La peur suscite le syndrome de l’huître, bien connu chez les traumatisés comme chez les adolescents en période de mue : le repli sur soi, le refus de tout changement et la nostalgie d’un âge d’or mythique. La « maladie infantile » de la masse votante, issue de la culture Mai 68, a d’ailleurs nettement les symptômes des troubles adolescents, selon Jean-Pierre Le Goff, dans un autre article du même numéro (p.101).

Bof La droite n’a pas compris l’échec des manifestations de fin 1995, ni l’échec de la dissolution ; la gauche n’a pas compris l’éviction au premier tour de Lionel Jospin en avril 2002, ni l’échec du oui PS au référendum européen de 2005. Toutes les réponses traditionnelles ont fait long feu : « Le socialisme dans un seul pays, il a fallu en faire son deuil. La réincarnation européenne, grande promesse mitterrandienne, n’est pas au rendez-vous. Il ne reste, à dire vrai, que la rupture libérale franche et massive, à la Thatcher, devenue du même coup l’objet d’une phobie collective intense, comme Nicolas Sarkozy, un temps tenté par le projet, l’a déjà compris. Elle ne fait pas peur seulement parce qu’elle menace des acquis. Elle donne le sentiment que ce n’est pas nous, que nous ne savons pas faire, que ce serait renoncer à soi sans la moindre assurance de réussite » (Marcel Gauchet). Cette analyse est celle que je défends sur ce blog, ne suscitant que des réactions horrifiées à gauche, ou des réaffirmations de foi, certes sympathiques mais sans aucun débat sur le fond. Une façon de plus de nier la réalité et de reculer le moment - inévitable - où les contraintes vont s’imposer, obligeant à des mesures-rustines sans aucune réflexion, « à la française », serait-on tenté de dire, au vu de ce qui se pratique depuis vingt-cinq ans. Alors qu’apprivoiser le loup offre le temps de trouver des solutions adaptées qui nous conviennent, d’en débattre les compromis acceptables et leurs contreparties, et d’en faire assez tôt la pédagogie. (Il est vrai que toute « pédagogie » a été abolie dans les IUFM où la « spontanéité » des gamins est le préalable requis pour la « gestion » des classes.)

Envie_alain_ducasse

A cette « déprime française », comment répondent les élites ? Souvent en prêchant l’optimisme des « immenses atouts » français qui, s’ils sont parfois réels, ne sauraient excuser en rien le chômage de masse et la désintégration progressive de la société. Cette dérisoire méthode Coué est contre-productive envers la dépression, tout psychanalyste le sait bien. Avec démagogie, en entretenant la confusion : Jacques Chirac comme Laurent Fabius manient cette tactique à merveille en soutenant dans la même phrase tout et son contraire (« Nous devons... Mais je ne dis surtout pas que... »). Le fait est que cette déprime n’est pas prise au sérieux par les élites, « il faut dire que tout va bien pour elles, merci, et que cela ne pousse pas à s’interroger » (Marcel Gauchet). Jean-Marie Le Pen se contente de rassembler des votes protestataires, « la plèbe ne croit pas en lui », et « c’est encore plus vrai s’agissant des fossiles de l’anticapitalisme d’extrême gauche » (idem). « On a beau chercher : on ne voit personne qui soit détenteur d’une autorité morale. Pas étonnant que les Français aient un sentiment d’abandon et se sentent orphelins » (René Rémond). Sacre de l’écrivain ? Culte de l’intellectuel ? Dévotion envers la science ? Foi dans la capacité d’action rationnelle de la puissance publique ? Tout cela, qui faisait l’orgueil des Français, s’est effrité, dilué, fondu dans l’informe et le médiatique. Où sont les « écrivains » aujourd’hui : Nothomb ? Delerm ? Qui sont les intellectuels quand les élites démissionnent : Ardisson, Debouze ? La science voit une désaffection massive des étudiants qui préfèrent les paillettes de la communication ou les sous de la finance. Quant à la puissance publique, entre le désastre de l’école, l’abandon de l’université, l’indigence de la justice, le traitement purement administratif du chômage, l’interventionnisme politique dans les grandes entreprises (la dernière étant Airbus, après la mégalo Crédit Lyonnais et les fantasmes de l’énarque chez Vivendi), les Français mesurent combien elle manque à sa mission. Elle apparaît par rapport aux pays voisins comme trop lourde, trop nombreuse, trop archaïque, trop chère. Sollers_la_closerie_des_lilas_2002_lexpr

Et pourtant, les réformes nécessaires se font, mais toujours par le déni, et non sans les rituelles protestations. « A tel point qu’on peut se demander si la protestation n’est pas un moyen de s’accommoder du changement. Après 1995, le plan Juppé est bel et bien entré en vigueur sans que la gauche jospinienne y touche. Je ne serais pas étonné que le rejet du CPE ait été un baroud d’honneur préparant les voies d’un assouplissement du contrat de travail » (Marcel Gauchet). Décentralisation, regroupements de communes, abandon de la conscription militaire, réforme du statut de La Poste, redistribution des territoires entre gendarmerie et police, privatisations d’entreprises industrielles ou financières (qui ont été effectuées autant à gauche qu’à droite), la nouvelle loi d’adoption du budget par objectifs (LOLF), ce sont de vraies réformes, entrées dans les moeurs. Et pourtant, les Français se sentent plutôt heureux personnellement. Ils consomment plus que les Allemands, font le plus d’enfants en Europe... Alors, quoi ?

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Marcel Gauchet avance une explication : « De 1945 à 1975, (les Français) ont eu la chance de connaître un moment de modernisation exceptionnel, qui s’est révélé être simultanément un moment de confirmation de leur identité historique. L’industrie, la prospérité, la démocratie, et cela grâce à l’autorité de l’Etat et sous le signe de la grandeur nationale. Le réveil de ce moment de rêve, sous la pression des nouveaux impératifs qui relativisent les nations et affaiblissent les Etats, est infiniment douloureux. Il a mis longtemps à s’effectuer. A présent que les divers échappatoires et subterfuges qui ont permis de le différer sont épuisés, les Français en sont à la conviction désespérée qu’ils ne peuvent pas vivre dans cet univers qui contredit leur être intime - alors qu’en réalité ils s’y sont installés de plain-pied sans s’en rendre compte. La tâche qui reste - mais c’est la plus délicate - est d’ajuster la représentation de soi et l’expérience vécue. » Et c’est là, selon la conviction de ce blog, que les élites de plus soixante ans faillissent. Elevées durant les Trente Glorieuses mais sur une discipline datant d’avant-guerre, repues d’honneurs acquis dès l’ENA qui les a consacrées comme nouvelle noblesse, que peuvent-elles comprendre à ce monde neuf qui s’est déstructuré sous le comminatoire « interdit d’interdire » tout en s’ouvrant massivement sur l’international ? Mon avis est que, comme feue l’URSS de l’antédiluvien Brejnev, la biologie va faire son œuvre : le renouvellement des élites et d’une grande part de l’administration va se faire dans les dix ans qui viennent. La France pourra - enfin ! - devenir un pays « comme les autres », régi par le débat politique, et non plus par les anathèmes métaphysiques.


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55 réactions à cet article    


  • gem gem 12 octobre 2006 13:41

    interresante revue de revue. l’iconographie est plus douteuse. une femme à poil (?), un juppé sur le trottoir (pour illuster que « tout va bien pour les élites » ?)


    • DEALBATA (---.---.166.140) 12 octobre 2006 13:47

      « ...régi par le débat politique et non plus par les anathèmes métaphysiques. »

      Aïe ! c’était sympa, on attendait la fin avec impatiente, la solution allait apparaître devant nos yeux avec ce scénario sans faille ... Patatras ! Un canular ! Quel humour ! Anathème pas beaucoup la pétaphysique vous ! Non, sans rire, on a la tête écrasée contre le mur du progrès et il faudrait regarder devant soi. C’est en haut du mur que ça va se passer, le monde moderne va bientôt faire le tour de lui-même pour s’apercevoir qu’il est suspendu par le vide (Cf. le coyotte et bibip). Ce mal de vivre indicible ne relève que d’un malaise existentiel qui ne se mesure pas l’aulne des cotations de bourses et des variations de la consommation. C’est l’indigestion du progrès, on en est juste au début, quand on se retient un peu mais quand on sent que ça va partir. Je peux juste proposer de mettre le doigt dans la bouche histoire d’accélérer le largage ... Après, vous verrez on se sent tellement mieux qu’on jure de jamais recommencer (enfin, on oublie vite aussi. Voir la théorie des Cycles du Védenta)


      • Le francais moyen qui va a carrouf (---.---.131.64) 12 octobre 2006 13:49

        Assez d’accord avec tout ça. Le fait que la france n’est plus gouvernée aujourd’hui par le projet mais par le non-projet, le refus. La peur a remplacé l’entousiasme.

        Je ne suis pas loin de croire que l’éducation donnée depuis 1968 a faconné un génération entiére de « réactionnaires de gauches » frileux à tout changement.

        Je vois que le monde change, et si la forme n’est pas rose d’Irak à la Corée, le fond lui est de mieux en mieux. Les grands pays emergents sortent du tiers monde et permettent à plus de la moitié du monde d’accéder au progres(Inde, Chine, Brésil). il y a de plus en plus de démocraties dans le monde.

        Le monde occidental n’est pas en reste. La croissance Américaine est forte depuis le début des années 90. Celle de l’Angleterre,de l’Espagne l’est aussi.

        En France par contre c’est la crise depuis 1970,(bientot 40 ans). Une trés longue période d’immobilité. En 40 ans aucune réforme de profondeur, aucune réforme de fond. Résultat un FN à 20%. et qui n’a pas finit de progresser.

        Les réformes de fond qui doivent redynamiser la France n’ont que trop tardées. Elles deviennent même urgente.


        • joë (---.---.30.90) 12 octobre 2006 15:07

          Etre libéral :

          1) se moquer comme d’une guigne de la santé, de l’emploi, de la souveraineté alimentaire, de la préservation du vivant et de sa diversité (SAUF SI MON INTERET DEVAIT EN SOUFFRIR).

          2) se moquer plus encore de la démocratie. Voire la craindre, refusant tout débat public et contradictoire.

          3) préférer envahir et dominer le marché par la force et la ruse, par la propagande subreptice qui s’insère et la publicité, dans l’information, dans les activités de divertissement.

          4) c’est vouloir un gouvernement global qui n’a de compte à rendre à personne et qui est son propre juge.

          LES CONSEQUENCES DU LIBERALISME SONT NEFASTES ET VISIBLES : RUINE DES PAYSANS, EXODE RURAL/URBANISATION DEBRIDEE, DEGRADATION DES TERRES, POLLUTION DE L’EAU ET DE L’AIR, DE LA FLORE ET FAUNE DETRUITES, CROISSANCE DE LA PRECARISATION ET DE LA PAUPERISATION, TANT DANS LES REGIONS INDUSTRIELLES QUE DANS CELLES QUI SONT A DOMINANTE RURALE.


          • SilenT BoB 12 octobre 2006 15:45

            je crois mon cher Joë que tu n’as rien compris au liberalisme, tu dois être un bon anti-liberal qui ne sait même pas contre quoi il se bat. Parler de gouvernement global en parlant de libéralisme, bravo tu as tout compris.

            Se moquer de la santé, LOL je crois que n’importe quel humain se préocuppe de sa santé, sauf s’il est à côté de la plaque. Les libéraux pensent simplement que le système de l’assurance étatique n’est pas bon car mal organisé. Les établissments privé peuvent faire mieux (la preuve par l’exemple allez voir IHI, ils remboursent mieux pour moins cher). L’argument du « quand on a le cancer ils vous lachent » ne tient pas, d’un vous avez un contrat, de deux si une entreprise commence à faire cela les gens seront au courant donc ne s’assureront plus chez eux, logique et imparable, si tous le font, alors il y aura un marché pour celui qui le fera pas, donc cet argument tant crié ne tient pas.

            L’emploi ? Encore une fois je crois que tu ne comprends rien au libéralisme, le fait de pratiquer par des lois des barrières à l’entrée ne fait que déservir l’emploi. Le but du libéralisme est de faire en sorte que les hommes s’assument enfin, car qui dit liberté, dit assumer ses actes.

            souveraineté alimentaire ? De qui ? par quoi ? Encore une fois faux, le marché c’est la concurrence, or nous faisons en sorte de pratiquer des prix bas grâce aux subventions. S’ils n’y avait plus de subventions il y aurait une chance pour tous. La subvention agricole, soit dit en passant, n’a fait qu’affaiblir l’agriculture africaine. merci l’Etat !

            La diversité de flore et de la faune ? Est ce que tu pourrais m’expliquer pourquoi le libéralisme s’en fout ? Le libéralisme c’est avant tout le libre choix, si ton choix est de faire en sorte de protéger l’environnement, alors tu le fera, ce n’est pas à coups de lois, mais par la volonté que l’on y arrivera. Si la majorité veux sauvegarder l’environnement, les entreprises créeront des moyens de le protéger, tout simplement. Exemple, il est encore interdit d’utiliser autre chose comme carburant que l’essence dans les voiture (ca devrait changer il semble). Il existe tout un tas de moteurs « écolos » qui auraient pu faire leur apparition si l’Etat n’avait pas créé ce genre de lois ridicules.

            La pub ? je ne vois pas ce qu’il y a de mal avec ça, libre à toi d’y faire attention ou non, libre aux entreprises d’en faire ou pas, c’est donnant donnat non ?

            La propagande ? Attends, quelle propagande ? La propagande est plutôt l’apanage de la gauche extrème, nous pronons simplement la liberté de choix et d’action et une réduction du rôle de l’Etat pour laisser aux acteur de la vie économiquer et la vie tout court de faire ce qu’ils veulent, d’avoir un choix libre et non biaisé par moulte lois liberticides (DADVSI par exemple)

            Un gouvernement Global, alors celle-là sur le libéralisme on ne l’avait jamais sortie. Nous sommes pour la démocratie car la source du libéralisme reste la déclaration des droits de l’homme de 1789, elle est un base au libéralisme, relis-la je pense que cela te fera du bien. Le marché n’est pas un gouvernement global, il n’est pas vraiment considéré comme parfait par les libéraux, mais comme la démocratie nous pensons que c’est le système le moins mauvais.

            Mon cher Joë avant de parler du libéralisme, s’il te plait, je t’en conjure, essaie d’avoir une idée de ce que c’est avant d’en démonter un, mais virtuel dans ta tête.


          • (---.---.117.250) 12 octobre 2006 16:32

            tu devrais arreter avec la graisse...

            Et puis c’est pas la peine de lui expliquer le libéralisme, il ne veut pas savoir.


          • Johan Johan 12 octobre 2006 16:39

            A Silent BOB,

            Maintenant un regard de juriste :

            A.A (pour maintenir leur anonymat :D )est notoirement de très mauvaise foi quand il s’agit de payer leur du à leurs assurés, ils embrouillent le client avec des termes techniques (asymétrie d’information), quand ils n’ont pas tout simplement caché la clause qui tue dans leurs conditions générales et si ça ne suffit pas ils disent au client d’aller en procès. pas de chance, les gens n’ont pas de quoi (rapport de l’UMP sur le sujet).

            « Si tous le fnot, ils y en aura un qui le fera pas » et qui raflera tous les clients. Oui ça c’est quand la concurrence marche. Ce serait nickel. En réalité il y a un effet d’éviction et ça sert à rien de faire mieux parce qu’on te croit pas, ou que c’est moins rentable de faire mieux que d’être un escroc (dans ce cas tu arrives même pas à te financer). Par exemple : les voitures d’occase sont en général mal entretenues. Le gars qui entretient mieux sa voiture a intéret à la garder parceque s’il la vend d’occase le client va croire qu’elle est mal entretenue et la paiera moins cher. La seule chance que pourrait avoir le vendeur c’estde se batir une notoriété, ce qui est impossible quand on se lance ou quand on est un particulier.

            Pour les barrières à l’entrée du marché je suis comlpètement d’accord. Le libéralisme prône la libre entreprise et il a raison. Par contre, c’est pas une raison pour taper sur la régulation qui donne confiance au client et limite l’effet d’éviction. Si j’en ai marre de Saupiquet, je peut essayer une marque moins chère qui sera peut être aussi bien voire mieux. Mais je dois me rassurer : aucun risque que je sois intoxiqué. La régulation peut aider la concurrence.

            Les subventions agricoles sont une cata pour l’Afrique, en effet, et profitent en définitive aux centrales d’achat qui paient les fruits et légumes moins cher que leur prix de production. et les agriculteurs ne vivent que de subventions. Idem pour une redistribution inopportune : les prix vont monter au prix initial plus la subvention.

            Pour l’écologie je ne suis pas d’accord, par contre. Le capital est commun et c’est de la responsabilité des entreprises que de ne pas dégrader le bien commun et la santé d’autrui. Je suis propriétaire de mon corps et de mes poumons, de mes plages et de mes yeux. Aucune raison qu’un producteur ne les dégrade (pour en revenir au sacro saint principe de propriété, dogme libéral).

            La pub, sur des supports privés, passe encore. Mais qu’il y ait une invasion de l’espace public, je trouve ça dégradant. L’Etat ne favorise aucune religion. Il ne devrait favoriser aucune marque : aucune raison qu’il puisse tirer des ressources de ce viol du principe de neutralité.

            La DADVSI, il y aurait beaucoup à en dire. Certains libéraux estiment que la propriété intellectuelle est aussi discrétionnaire que la propriété physique, d’autres qu’elle ne devrait pas exister. Pour concilier les deux, je dirais qu’on ne devrait pas pouvoir empêcher l’utilisation d’un oeuvre, dée ou brevet tant que l’auteur est correctement rémunéré. Le problème c’est que le marché fonctionne dans une hypothèse de rivalité et que du coup il faudrait établir des grilles de rémunération forfétaire, ce qui est très irréaliste.

            Tu es minarchiste, c’est ça ?

            Pourtant le marché a besoin d’être régulé par la loi, ne serait ce que pour garantir une régulation la plus lébérale possible. Le libéralisme pour moi, ce n’est pas déréguler aveuglément. Par contre c’est un grille de lecture très utile :)


          • SilenT BoB 12 octobre 2006 17:22

            exact je suis minarchiste, je pense que la loi n’est qu’une extension du droit, et que seuls les droits naturels sont les vrais droits. Il doit y avoir des lois. Pour ce qui est de la polution bon point pour toi, tu as raison, tu es propriétaire de ton corps et si des entreprises déversent leurs pouritures et causent des troubles à ton corps elles doivent être punies. La loi dans ce cas doit édicter des sanctions. Biens sûr il y aura toujours un minimum de polution difficile maintenant de faire sans, mais on peut faire mieux. Je ne suis pas expert en ce qui concerne l’écologie et le libéralisme, donc mon propos n’est pas top, mais je te donne raison.

            Pour la davsi, j’ai trouvé le parfait contre exemple de ce que les majors pensent. Il y a ici en Bulgarie, une major qui produit le style local de musique appelé chalga, c’est une sorte de dance un peu orientale on va dire mêlée à des sons plutot du coin. Ils ne vendent que peu de disques, mais ils ont, une chaine télé, une radio, un nombre d’artistes assez important, et pourtant font des bénéfices énormissimes, tout le monde est rémunéré (grassement pour la Bulgarie) parce que ça marche ! les concerts sont pleins, la pub fonctionne bien et pourtout tout le monde télécharge et quasiment personne n’achète. C’est bien qu’il y a d’autres moyens de rémunérer les artistes.

            La pub sur un support privé oui(je suis pas un fan de pub loin de la) sur un support public je suis d’accord avec toi ça ne devrait pas se voir, l’Etat n’a pas vocation a être commercial. Par exemple france télévision perçoit la gabelle televisuelle, pourtant c’est innondé de pubs (sauf que le film n’est pas coupé, ouaiiii super !) ça c’est scandaleux !

            En ce qui concerne les contrats, bien souvent les clauses cachés et autre servent à contourner des lois, ces mêmes lois sencées protéger les citoyens. Les libéraux pensent qu’il es nécessaire de ne pas accepter ce genre de choses et pronent la clarté, en gros le libéral est comme tout le monde et ne veut pas se faire entuber smiley

            Sur ta dernière phrase tu as tout a fait raison et je rejoins ton jugement, je ne suis par anarchocapitaliste, je pense qu’il doit y avoir un minimum de règles, mais toutes doivent suivre les droits naturels. Le libéralisme peut offrir à tous le moyen de vivre comme bon lui semble (tant qu’il n’embête pas le voisin), aujourd’hui le voisin a plus de pouvoir sur vous que vous-même.


          • josé (---.---.141.163) 20 octobre 2006 14:30

            @118. Mais c’est tout à fait interessant ce que tu dis. Bravo et grand courage pour expliquer á tes concitoyens ce qui es un libéral mais.... ne t’en fait pas, ils ne veulent absolument pas te comprendre et ils ne feront rien d’autre que de te combatre aveuglement.


          • Ronny (---.---.23.50) 12 octobre 2006 15:23

            Je ne suis pas d’accord avec l’auteur de cet article sur nombre de points.

            Sur le constat, en revanche, je suis plutôt d’accord. Certes, marasme on ressent, et marasme il y a. Certes, pas mal de mes proches vont au boulot à reculons. Certes l’avenir fait peur aux français, et certes la france reste protestataire.

            Mais soyons honnete, quel grand projet nous propose-t-on ?. En France, pas grand chose pour le moment, et a l’étranger encore moins. Car le seul grand destin que l’on perçoit, c’est la mondialisation et les inévitables dérives du capitalisme débridé. On met en concurrence des pays entiers pour aller vers le moins disant social, des fortunes transitent dans des officines louches et des paradis fiscaux sans que personne ne trouve à redire, échappant à tout contrôle d’état. On pollue la planète à tour de bras, tout en échangeant des permis de polluer, qui dissolvent le cO2 et les métaux lourds dans le billet verts... etc. Et vous voudriez qu’on aille bosser en chantant ?

            A quoi tout cela sert-il ? Les gains de productivité faits par la France en général ont été colossaux en 15 ans, donc même après l’épisode des trente glorieuses. Or ces gains ont été « détournées » essentiellement au profit de certaines couches sociales et surtout au profit d’élites financières et de grands groupes industriels. La plupart des français n’ont donc pas bénéficié de leurs efforts, et leur pouvoir d’achat a même baissé sur les 10 dernières années. Et de plus, on voit bien tous les jours des attaques fortes contre les systèmes de protection mis en place pour les plus fragiles, chomeurs (sortie des statistiques), malades (déremboursement des soins), personnes agées (retraite non indexées), employés (casse du droit du travail), etc. Bref le libéralisme est passé par là, et les Français ont bien compris qu’il n’y ont rien gagné.

            Non seulement il n’y a pas de grand projet, mais notre fonctionnement en tant que société est totalement démotivant. Le problème n’est donc pas de redynamiser la France : elle n’a pas manqué de dynamisme. Les gens se sont fait avoir pendant 20 ans, et ils ne « marchent plus », c’et tout. Le véritable problème, c’est de remettre l’économie au service de l’homme et pas l’inverse, comme la tendance lourde du moment le fait. C’est évidemment plus difficile, et c’est bien pour cela que les politiciens couards ou intéressés (la collusion entre les mondes politique et financier est énorme) prefèrent tenter de nous convaincre que l’abandon d’un certain nombre de protections, la perte de nos droits , ne peut que nous être bénéfique, plutôt que de se remuer pour tenter de rétablir un équilibre des bénéfices que nous devrions tous retirer de notre travail.

            Et comme je suis archi motivé, là, je vais allé me voter un café !


            • frma (---.---.7.172) 12 octobre 2006 16:38

              Excellent commentaire ! Je suis totalement en phase.

              (Et pour rebondir sur la dernière phrase, du coup, je me suis motivé pour un carambar !)


            • -noID- (---.---.80.97) 13 octobre 2006 03:13

              Oui tout a fait d’accord !!

              Je salue, de même, ce commentaire rafraichissant !

              En passant, Merci à Mr Argoul pour son article (les liens hypertext étaient vraiments sympas !).

              Je vais me procurer la revue derechef smiley


            • (---.---.162.15) 14 octobre 2006 15:40

              Effectivement, le commentaire de Ronny éclaire cette page très brouillonne. Dommage que nos politiques ne soient pas aussi clairs.

              Am.


            • Johan Johan 12 octobre 2006 15:34

              « Mon avis est que, comme feue l’URSS de l’antédiluvien Brejnev, la biologie va faire son œuvre : le renouvellement des élites et d’une grande part de l’administration va se faire dans les dix ans qui viennent. La France pourra - enfin ! - devenir un pays « comme les autres », régi par le débat politique, et non plus par les anathèmes métaphysiques. »

              Je crois que tu ne sais pas de quoi tu parles. Viens faire un tour dans une fac de Droit ou dans une école (d’ingé ou de de commerce). Rien ne va changer : l’brutissement est complet. Ce qui est le plus probable c’est un clash entre une frange éclairée et un noyau de pouvoir, hérité, obscurantiste et abrutissant.

              Ca c’est pour les élites.

              Mais comme on est formellement en démocratie, la majorité, infantilisée, adulescente (entre ados et adultes), va fuguer le plus loin possible, quitte pour cela à monter de nuit dans une auto repoussante conduite par un borgne inquiétant qui va s’occuper d’elle et laisser son cadavre six pieds sous terre dans les bois.


              • SilenT BoB 12 octobre 2006 15:46

                éclairée dans quel sens ?


              • Johan Johan 12 octobre 2006 16:15

                A Silent Bob,

                Qui se renseigne et réfléchit. Qui réagit et s’intéresse aux arguments de son vis à vis, ne serait ce que pour exprimer de la façon la plus convainquante possible son désaccord.

                Qui ne vote pas à la gueule (ou moins que les autres).

                Qui ne se contente pas de ouï dire.

                C’est déjà pas mal éclairé !


              • Petit 12 octobre 2006 15:50

                Encore un décliniste.

                Sympatyque mais il ne faut pas confondre réforme et sacrifice. C’est malhonnête et celle-ci entraîne logiquement un sentiment de rejet. Ensuite sur le sentiment de peur des français je suis toujours sceptique. Qui sait quoi, comment et pourquoi ? Répondre à cette question avant de lancer de grandes affirmations.

                Pour en revenir à la véritable question qui est donc ; qui va devoir faire des sacrifices et pourquoi ?

                Et là, bizarre l’auteur est plutôt silencieux. Double language ? Pensée non aboutie ? Oubli malheureux ?


                • Hervé (---.---.192.30) 12 octobre 2006 15:52

                  Excellente analyse L’optimistme de la conclusion ne peut toutefois se matérialiser que si, dansr la génération actuelle, il y a émergence d’une conscience fondée sur la culture et la connaissance et non sur la Star Ac’, le Bigdil, les onomatopées des SMS, Fogiel, etc... Autour de moi, certains jeunes ne connaissent même pas l’année de l’appel du 18 juin de De Gaulle, alors quant à savoir ce que « gaullisme » veut dire, n’en parlons pas... Par contre, ils sont tous pour la Sécu...


                  • eresse (---.---.107.66) 12 octobre 2006 16:22

                    Le gaullisme est une notion morte videe de toute substance. Seul quelques vieux fossiles nostalgiques se gargarisent encore de ces termes.

                    Ceci dit, la lutte des classes ne se porte pas mieux, et provoque a peine une legere erection a quelques vieux militants en voie de decomposition.

                    On vit au 21 siecle, et il faudrait EVOLUER et apprendre a dominer ce monde et ses regles.

                    Rien n’est immuable et dans toute evolution, il faut savoir s’adapter a son environnement, ce qu’a toujours fait l’espece humaine depuis le debut.


                  • DEALBATA (---.---.166.140) 12 octobre 2006 15:52

                    « Mais comme on est formellement en démocratie, la majorité, infantilisée, adulescente (entre ados et adultes), va fuguer le plus loin possible, quitte pour cela à monter de nuit dans une auto repoussante conduite par un borgne inquiétant qui va s’occuper d’elle et laisser son cadavre six pieds sous terre dans les bois. »

                    Ouais, la démocrasseuse aussi est repoussante et la vision du borgne est tentante puisqu’il vit au royaume des aveugles.


                    • Celine (---.---.79.197) 12 octobre 2006 17:27

                      Pour approfondir les problematiques je vous propose ce site super ...que J’ai découvert http://seminaire.samizdat.net/

                      Séminaire est un espace de recherche, de confrontation et de développements des nouveaux concepts, idées et expressions.

                      à + C


                      • lss (---.---.20.193) 12 octobre 2006 18:48

                        A propos de libéraux. Il faudrait arrêter de confondre la capitalisme étatique protectionniste des lobbies actuel avec le libéralisme qui repose, généralement, sur trois principes :

                        La responsabilité que porte l’individu de ses actes.

                        Liberté d’action, dans la limite du respect de la liberté et de l’intégrité (cet élément est trop souvent oublié, malheureusement, ce qui fausse la communication) d’autrui.

                        Etat chargé de protéger et garantir le respect des droits et devoirs de chacun.

                        Trop de lois tue la Loi, trop d’Etat nuit à l’Etat.

                        Certains n’ont pas compris qu’un Etat performant, c’est un Etat qui fait honneur aux fonctionnaires et réciproquement. Qu’une société de service publique, c’est une société qui rend service aux citoyens, citoyens qui doivent donc en être fier. Si les citoyens ne sont pas fiers de leurs services publiques, de leur Etat, cela se répercute sur les salariés de ces services qui en subissent le contre coup (ainsi que sur les leaders politiques). Ce n’est pas qu’une question de statut, ça n’est pas une question de rémunération, c’est une question d’image de marque...

                        Est-ce que les services publics, l’administration d’Etat rendent fier les citoyens ? La réponse semble neutre sinon négative. La France souffre d’un déclin réel, celui de son image de marque auprès de ses citoyens, ne serait-ce seulement, de part les lourdeurs administrative, la paperasserie... Et personne parmi les politiciens ne semble l’avoir compris.


                        • jipé (---.---.221.74) 12 octobre 2006 20:20

                          le ’mal français’ des énarques 68 (re)tard(é)s peut se diluer dans la nouvelle génération, mais celui de tous les autres ??? J’ai peu espoir dans un sursaut libéral au sens valorisant comme suggéré. La tentation du repli hexagonal s’ arrètera peut être avant une spirale populiste...Pour dissoudre ce blocage mental, il fudra que les grands principes soient nuancés et leur application pratique améliorée ! Moins d’hypocrisie !


                        • jipé (---.---.221.74) 12 octobre 2006 20:29

                          hypocrisie verbeuse, plus de modestie réaliste...


                        • STEVE (---.---.68.176) 12 octobre 2006 22:12

                          il existe bien dans notre pays un double délire : le délire de la peur : peur du poulet, de la vache folle,des ogm , du chikungugna du sida , de la grippe aviaire ,de l’ exclusion, de l’insécurité , du chomage, des délocalisations ,de la couche d’ ozone ,de l effet serre ,peur de la CHINE de l’INDE DE LA COREE DU SUD DU NORD de l immigration ,préparons- nous à la prochaine.. D’ou le célèbre slogan touche pas à mes acquis, à ma sécu, à mes 35 heures,à ma carte vitale, à mes fruits à mes légumes ,à ma retraite ,à mon sncf etc... le deuxième délire est celui de la victime : tout le monde rêve d’être une victime dans l ordre ou le désordre : les juifs ,les arabes, les noirs ,les jeunes ,les vieux, les arméniens,les blancs , les fumeurs.... Quel plaisir de se voir materner, couconner,cajoler... On va bientôt regretter les années d ’avant ou d ’après guerre avec ses maladies ,ses guerres,son confort,Tino ROSSI,KOPA,PIE XII,MARCEL CERDAN.


                          • Lartiste (---.---.159.49) 12 octobre 2006 22:42

                            Article amusant, avec de jolis contre-pieds. J’ajouterai ceci : Quand on se promène sur le net en tant que français, on est admiré pour la qualité et la spontanéité de nos écrits et de nos débats, vis à vis des québécois notamment.

                            Perso, je suis tout à fait d’accord avec l’idée de cette Messe pastorale qui pousse chaque français à se flageler le matin pour aller travailler.

                            En tant que « jeune », je rencontre un problème de taille, à savoir : l’Outil de production. Il y a des pays où en se battant on peut accéder à ces outils de production d’avant-garde, et d’autres comme la France, où il faut accepter que ces outils soit une « Chasse gardée » réservés aux élites ou aux « minorités ». Je pense aux technologies aéronautiques ou encore à la génétique moléculaire...

                            Donc en réalité ce n’est pas du marasme que nous avons en nous, mais des barrières qui ont été dressées devant nous et qui se transforment en mur avec le plus grand sourire des élites. « Dans ces cas là, il faut apprendre à Voler » smiley


                            • Lartiste (---.---.159.49) 12 octobre 2006 22:51

                              @ Johan

                              «  »Mais comme on est formellement en démocratie, la majorité, infantilisée, adulescente (entre ados et adultes), ---va fuguer le plus loin possible---, quitte pour cela à monter de nuit dans une auto repoussante conduite par un borgne inquiétant qui va s’occuper d’elle et laisser son cadavre six pieds sous terre dans les bois.«  »

                              Excellent, mais en fait je crois que la verité est ailleurs. Laissez moi vous apporter un élément de réponse. Mais d’abord 2 questions :
                              - Quelle est la principale interface de communication formatée ?

                              Réponse : ... le clavier.

                              - Quelles sont les 2 touches fondamentales du clavier ?

                              Réponse : ... Esc (escape) et Enter. Escape c’est la trouille qui fait fuguer plus loin et Enter c’est la jouissance des élites qui voit le profit s’amonceler.

                              Quand on est salarié, on appuie sur Enter quand le patron le décide. Bienvenue dans le meilleur des mondes, il est temps au peuple d’appuyer sur Enter si il veut vivre et non pas mourir.


                            • (---.---.214.147) 12 octobre 2006 23:48

                              Vous la voyez pas la révolution ? Vous la sentez pas ?


                              • Céline Ertalif Céline Ertalif 13 octobre 2006 00:02

                                Bonjour,

                                J’ai trouvé que la fin de l’article est intéressante, en fait la seule partie vraiment intéressante.

                                Il y a une douleur de l’affaiblissement de la nation et de l’État. De Gaulle a été, à mes yeux, un génie politique régressif - ce qui ne diminue pas son génie. Le film de Rotman qui vient de repasser sur la libération de Paris le montre parfaitement. Il a fait croire que la France avait surmonté l’épreuve, que sa résurrection nationale parmi les vainqueurs était une promesse d’éternité. Bravo l’artiste !

                                La France n’a pas d’avenir étincelant, le rôle de l’État français devient celui d’une grosse collectivité locale, Paris est un peu moins le centre de tout, l’élite parisienne est en concurrence avec les autres capitales européennes. Les extrêmes périphéries du territoire sont les moins inquiètes (leur sentiment : et alors ?), les français connaissent un peu mieux le monde et deviennent moins français, mais il y a encore un chemin énorme à parcourir : « en France, ceci », « les français cela »... attendez l’horizon national palit ! et si vous regardez l’avenir toujours dans le cadre national, mais c’est terrible vous allez déprimer grave ! L’avenir n’est pas national, il est moins national, voilà. Cessez de rêver la France et vous irez tout de suite beaucoup mieux !


                                • www.jean-brice.fr (---.---.45.52) 14 octobre 2006 19:11

                                  >Avec un tel raisonnement, on ne risque pas d’aller loin ...


                                • Steffy (---.---.170.158) 13 octobre 2006 02:18

                                  Jean-Marie Le Pen a dit la vérité sur l’évolution actuelle du chômage endémique, de l’immigration excessive et ininterrompue, de l’insécurité grandissante, du déficit public abyssal, de la paupérisation généralisée des classes modestes et des classes moyennes, du fiscalisme spoliateur, des délocalisations catastrophiques, de la corruption et des mensonges d’État, de la dénatalité funeste, de la faillite de l’École et de la Justice, de la crise de la représentation politique, de la perte de notre souveraineté nationale... Il a toujours eu raison, il a toujours parlé franchement.

                                  Les Français peuvent-ils croire réellement qu’ils ont une chance que les choses bougent s’ils élisent le démagogue arriviste de l’UMP ou miss Parti Socialiste ? C’est cela la vraie question et elle est posée au peuple. En 2007, Jean-Marie Le Pen incarnera le recours, la bouée de sauvetage de la France qui souffre en silence, de la France qui travaille, de la France qui subit, de la France qui paie.

                                  Gouverner, c’est prévoir. Telle est la qualité essentielle de Jean-Marie Le Pen pour la fonction présidentielle.

                                  En ce moment, les membres des 20 commissions d’action présidentielle de Jean-Marie Le Pen élaborent un programme actualisé, argumenté, explicité et chiffré.

                                  Les mesures phares du projet présidentiel de Jean-Marie Le Pen seront présentées lors de la Convention Présidentielle des 10, 11 et 12 novembre prochains. Il sera rendu public entièrement en février 2007.

                                  Le site internet de campagne de Jean-Marie Le Pen sera prochainement en ligne à l’adresse suivante : http://www.lepen2007.fr/


                                  • DEALBATA (---.---.166.140) 13 octobre 2006 08:24

                                    @steffy

                                    Hélas, même si JM Lepen a eu des moments de lucidité dans sa longue carrière politique, il n’en reste pas moins qu’un vieux docteur au chevet d’une mourante qu’est la France et plus encore le monde. Son diagnostic n’a pas toujours été clair mais on pouvait sentir dans son inspiration de vagues préoccupations spirituelles. Ses réflexes et instincts de conservations envers celle-ci sont honorables alors que d’autres voudraient pratiquer une sorte d’euthanasie culturelle et identitaire. Mais rien n’y fera, tout est mortel en ce bas monde et surtout en cette fin des temps. Les peuples ou ce qu’il en reste n’ont plus qu’à attendre dans la torpeur cette fin qui les emportera dans la dissolution finale. Et pour chacun d’entre nous, regarder le ciel pour son Salut car c’est de là qu’il viendra tout autre proposition politique, économique ou sociale ne seront, une fois de plus, que des couches d’illusions sur le réel et profond besoin que les êtres ont à regarder le ciel pour retrouver ce qu’ils ont perdu depuis qu’ils sont sur terre.


                                    • O% de mat. g. (---.---.86.50) 13 octobre 2006 09:02

                                      Merci de parler des revues sérieuses qui ont bien du mal à survivre et qui continuent, malgré la « pipolisation » généralisée et la simplification de tout, à produire une analyse indépendante et rigoureuse. D’accord avec vous pour penser que Marcel Gauchet est une des plumes les plus agréables à lire et surtout les plus clairvoyantes de la France d’aujourd’hui.


                                      • www.jean-brice.fr (---.---.24.143) 13 octobre 2006 09:20

                                        Je suis en train de lire cette revue qui démontre que nos élites ne savent plus quoi faire pour résoudre les problèmes qu’elles ont créés . Leur cynisme et arrogance sont largement démontrés, et malheureusement leur ignorance ! voila où mène un anti ou a-gaullisme primaire. Pour en savoir plus, allez sur www.jean-brice.fr


                                        • zorrau (---.---.139.17) 13 octobre 2006 09:30

                                          Bravo pour ton analyse. Je vois que tu as tout compris et que tu parles du coeur du sujet et non pas de l’écume des jours et du prêt à penser pour ideologues et attardés mentaux. Mais fais attention, ta lucidité n’est pas forcément un atout pour trouver du travail : le monde professionnel est moutonnier et accepte difficilement les gens qui pensent par eux mêmes !!!


                                          • Kereven (---.---.197.111) 13 octobre 2006 11:23

                                            Ce qui provoque le marasme en france c’est que les élites politiques ne font plus de politique. Ce ne sont même pas des gestionnaires. La politique aujourd’hui, c’est une affaire d’égos, dominé par quelques loups aux dents longues et aux intérêts particulièrement privés. Il suffit d’un lobby, et une loi dangeureuse sera votée dans l’enthousiasme. L’Europe, ce vaste marché économique pour lobbys et entreprises passionne les européens. Les seuls qui ont eu la chance de s’exprimer sur le sujet ont rejeté l’offre ! A part les Espagnols, mais leur vote n’était qu’indicatif (avec 30% de participation). La suppression des états, des lois, des règles, le libéralisme actuel mène le monde à sa perte : le bilan écologique de 30 ans de mondialisation est dramatique. Le bilan social est aussi intéressant (c’est fou le nombre de sdf dans les rues ces derniers temps...). La sécu privatisée sera la solution : ceux qui ne pourront se la payer, véhiculeront des maladies de plus en plus incurables (SRAS, SIDA....) qui bizarement sont arrivés ces 30 dernières années, soit au moment où la mondialisation a pris son essor, au moment où le climat s’est fortement dégradé, au moment où les droits des peuples ont entamé leur rapide regression... Avant la mondialisation, certes on communiquait un peu moins, certes on n’avait pas d’ipod, mais on vivait simplement mieux. Pas besoin de nostalgie, le monde doit évoluer, mais pas n’importe comment. Or sans états, sans lois, on peut difficilement compter sur le secteur privé pour s’autoréguler. Le privé fait du fric, de la rentabilité, quel qu’en soit les conséquences ! N’oublions pas que les Etats-Unis, premier pays libéral, représentent 35% de la pollution mondiale, les plus fortes disparités, le plus grand nombre de pauvres dans un pays riche. Ca fait plaisir de faire parti de l’espèce animale la plus « intelligente » !

                                            Avec la mondialisation, l’absence de règles, les 30 prochaines années vont voir la population mondiale atteindre les 9 milliards d’individus alors que le réchauffement climatique (dont nous sommes repsonsables depuis ces 30 dernières années) provoquera une remonté des eaux, de 1 à 12 mètres, soit la disparition de la moitié des terres emergées. Petit calcul mathématique : 9 milliards sur 50% des terres ? Ca vous tente ???? C’est dans 30 ans, grâce au libéralisme sauvage et à la suppression des états « liberticides » et au communisme imbécile et irreflechit.

                                            La solution est ailleurs que dans trop ou pas assez de lois. Un juste milieu, un peu plus de reflexion et on pourrait encore nous en sortir, mais c’est hier, qu’il falait commencer à bouger, et non demain. L’économie n’est valable que si la terre peut encore nous faire vivre, que si l’homme n’est pas totalement écrasé par la pauvreté, la guerre et la pollution.

                                            J’attends la réaction des petits libéraux de service, qui en dehors de leurs intérêts privés n’ont rien à proposer, pour notre avenir commun !

                                            le marasme il est là ! Deux générations de perdues, des jeunes analphabètes qui ne peuvent ni bosser ni se loger, ni faire l’amour sans risque ! bel avenir....


                                            • tangoypiano (---.---.245.162) 13 octobre 2006 12:32

                                              pour tous ceux (et ils ne sont pas nombreux) qui suivent les evolutions demographiques depuis quelques decennies, ils auront l’amere satisfaction de voir combien depuis la fin des annees soixantes, Alfred SAUVY nous avait entretenu des lourdes questions qui plomberaient notre futur. en vain... cet article le met un peu plus dans l’officialite, c’est tout. Il n’y a rien de nouveau par rapport a ce qui etait annonce et dont nous etions bien au courant. Pour ceux qui souhaiteraient se faire courageusement une opinion sur l’aveuglement collectif dont nous avons ete complices, quils lisent « la vieillesse des nations » (receuil d’articles cardinaux d’A Sauvy rassembles par le non moins pertinent ( et a lire) Jean Claude Chesnais). l’affaire du CPE est aussi une illustration secrete de ce vieillissement, et plus generalement, la persistence d’un chomage de masse en France. a l’heure ou l’on somme les etudiant de se ranger aux desiderata des entreprises, quels sont les chefs d’entreprise, les DRH qui ont correctement anticipe le depart massif et prevu de contingents concentres sur une generation, de techniciens, ingenieurs, scientifiques etc... Dans les effectifs, les generations n’ont pas ete « roulees » harmonieusement et la culture d’entreprise s’en va, se perd en quelques mois parfois... a moins de trouver vite vite un nouveau diplome avec beaucoup d’experience, qui sait deja tout avant d’avoir commence ! et les recruteurs sont tout heureux d’avoir des oiseaux rares a chasser, car rare, ... c’est cher... et tout le monde y va de sa tirade « vous n’etes pas comme il faut ». faut il remettre son destin dans de telles intelligences et oublier que le risque c’est la jeunesse qui la prend, et cree, si on la met au monde, et que celui qui investit c’est celui qui sait dire oui a la vie. qui seul nous a dit « n’ayez pas peur !! » ?? celui qui avait ete fascine de voir en face notre desir de ne pas donner la vie, de privilegier la mort

                                              cette realite je l’ai quittee. je suis parti de mon pays car je croyais encore en ma possibilite de bouger, d’evoluer, de partager et peut etre... de faire encore des enfants et je regarde de loin mes amis et mes compatriotes qui s’admirent le systeme que le monde leur envie, le pays ou tout le monde veut venir... le pays ou il fait bon vivre (pastis, boule, saucisson beret...) le pays ou l’on dit « regardez comme ce n’est pas parfait aux USA ou il y a aussi pauvrete et violence... » hein ? alors !!! vous voyez bien... pourquoi changer... on est si bien ici !!! que meme les tetes chenues vont habiter au maroc plus de six mois pour aussi payer moins d’impots sans doute, et vivre d’un change allechant, mais percevant les revenus du si beau systeme de repartition (justice sociale) entre les generations. les memes disant (68 etant passe par la) « vous faites des enfants... c’est que vous etes riches !!! » en sciant la branche sur laquelle non pas ILS sont assis, sur laquelle ils obligent les suivant a s’asseoir... nous verrons bien d’ici quelques annees qui defendra un systeme par repartition et d’equite de droit quand le droit a la retraite touchera l’age de l’esperance de vie (les hommes etant donc spolies et engrangeant des faux droits plus evidents) nous verrons....


                                              • JP (---.---.225.231) 13 octobre 2006 12:49

                                                Argoul, Je lisais un article rédigé par un économiste dont j’ai oublié le nom, qui comparait la productivité moyenne d’un salarié américain (USA) à celle d’un français. Toutes les études démontrent sans aucune ambiguïté que le salarié français a une productivité nettement supérieure à son collègue américain. Notre économiste rajoutait que si l’on transposait en France la productivité américaine, l’économie aurait besoin de recruter immédiatement 5 millions de travailleurs supplémentaires...

                                                Il n’y a que les planqués, les nantis, les élites et autres martiens pour ne pas voir que les gens sont de plus en plus pressurisés, pour ne pas voir qu’alors que la productivité s’accroît chaque année d’avantage, leur revenu moyen stagne, baisse, que le nombre de travailleurs pauvres ne cesse d’augmenter, que pendant ce temps les riches deviennent encore plus riches, que l’on établit plus des lois pour amener un plus au pays et à ses habitants, mais pour satisfaire des groupes pressions ; voir la DAVDSI et encore plus récemment la loi incroyable sur la communication et la détention (! !!) du purin d’orties.

                                                Alors les citations, la France du repli sur soi, la France du refus d’évolution, le cruel manque d’envie,... ne sont que de sempiternelles conneries débitées par la population décrite précédemment. Il n’est que de constater les bouleversements énormes auxquels s’est adaptée l’immense majorité des « masses laborieuses » ! Alors mépriser ces gens en les taxant d’immobilisme, faut un sacré culot !

                                                Je suis passé sur ton blog. C’est tout simplement surnaturel particulièrement le passage sur « le libéralisme est le règne du droit ».

                                                Alors vivent les réformes, c’est à dire supprimons ces 35 heures, ces 5 semaines de CA, la retraite et la sécu.

                                                « Entre le riche et le pauvre, entre le puissant et le misérable, c’est la loi qui libère et la liberté qui opprime »


                                                • Argoul argoul 13 octobre 2006 14:45

                                                  Gem - Iconographie : pour moi les images sont destinées à apporter quelque chose de plus au texte. Elles ne sont pas choisies par hasard. Dans ce texte trop sérieux, elles visent à relativiser, à dépasser le blocage du sérieux, en bref à manifester ce que certains appellent l’humour. Je suis mauvais juge du résultat, étant partie à son élaboration. Mais je constate sur le fond que le trollisme et les habituelles « injures » des Croyants de l’antilibéralisme-antiaméricanisme-anticroissance-antitout ne sont pas au rendez-vous des commentaires. Et c’est d’autant mieux pour la qualité des débats. Alors, « femme à poil », pas vraimant, elle est surtout « repliée sur elle-même », donc seuls ses membres se voient ; en Occident on a l’habitude de les laisser nus - peut-être est-ce aussi pour cela qu’hors de l’Occident on nous accuse de pornographie ? Intéressante perspective ouverte par cette image... Juppé en SDF canadien : il s’agit de la dérision d’une dérision, chacun sait que « pour les élites, tout va bien merci » (c’est dans le texte) ; certains ont déplorés ce « pauvre » Juppé (homme que je respecte par ailleurs) exilé au fin fond du Canada (comme si c’était le désert de Gobi, pour les condescendants du bd St-Germain) ; chacun sait désormais (d’autant que c’est fini) que cet « exil » fut plus que doré et ma foi fort agréable (c’est Juppé qui le dit). D’où la dérision de l’image : l’élite chassée ne vit pas comme le lambda chassé de son boulot (avec 425 euros par mois d’ISS) ! Pour le reste, vous ne parlez ni de la citation de Ducasse (en image) ni de l’ineffable Sollers trônant Brasserie des Lilas...

                                                  Dealbata ou Petit - chute : vous attendiez un programme politique ou un nouveau Messie, désolé de vous décevoir. Si j’étais cet homme politique, je m’efforcerais de ne parler que de ce que vous aimez entendre et ne passerais pas mon temps à lire des revues qui fâchent. Si j’étais Messie, je ne ferais aucun effort d’écrire sur Agoravox mais me contenterait d’exploiter les charmantes « images » qui graviteraient autour de mon auguste personne. Non, rien de tout cela. je crois en revanche que la « politique » vaut mieux que la « croyance » pour gouverner une société. Par « politique », j’entends le débat ouvert et l’échange d’arguments sur la vie de la cité. Comme en Grèce ou aux Etats généraux de 1789, quoi, ou même au Sénat français si l’on s’y intéresse. Pas comme les médias et leurs petites phrases. « Apprivoiser le loup offre le temps de trouver des solutions adaptées qui nous conviennent, d’en débattre les compromis acceptables et leurs contreparties, et d’en faire assez tôt la pédagogie. » Voilà ce qu’est la politique : considérer le monde qui change et débattre de comment nous allons nous y adapter pour survivre en gardant ce qui fait ce que nous sommes. Contrairement au jugement péremptoire et non argumenté de Petit : « décliniste » je ne suis pas. Steve a raison : « on » (les politicards) n’expliquent RIEN parce qu’ils préfèrent vivre leurs privilèges et se goinfrer dans le fromage. Question d’institutions monarchiques, je crois, une fois assis, indéboulonnables ! Comme après avoir passé un concours ou pris brevet de « noblesse » à l’ENA. Vous êtes « arrivés » et nul ne peut plus rien contre vous. Ronny : « quel grand projet nous propose-t-on ? » - Justement aucun, c’est là le problème « politique » en France (et Kereven a raison), un immobilisme de vieillards (ce pourquoi je ne peux être d’accord avec le soutien de Steffy à JM Le Pen). Cet article est le premier d’une série de 4, dont les autres ne sont pas (encore ?) parus sur Agoravox. Comme je ne suis pas tout seul à écrire (et c’est heureux) je suis sur liste d’attente pour l’offre politique qui suit cet article général : la droite, la gauche, modifier la constitution. Les impatients iront directement sur mon blog : http://argoul.blog.lemonde.fr

                                                  Joe, IPxxx avec photo (aucun nom !), Johan, etc. - Libéralisme. Toujours le gros mot qui fâche alors que personne ne semble savoir ce que c’est. Le libéralisme a été inventé par les Français avec Montesquieu et Voltaire, peut-être après le Hollandais Spinoza si on en croit certains ; il est passé du politique à l’économique puis au social mais, comme l’a montré Alain Touraine, économique et social ont divorcé depuis une dizaine d’années. Le « libéralisme » économique dit « pur » n’existe que dans les fantasmes des paranos. Nul pays ne pousse aux extrêmes le laisser-faire, laissez-passer, tout le monde il est beau et autres fariboles. Même - et surtout ! - aux USA. Si ce pays était « libéral » ultra, on n’entendrait JAMAIS parler du Président ni de l’Etat, chacun se débrouillerait comme il voudrait dans son petit coin. Lire par exemple ma note sur Agoravox « le capitalisme n’est pas un modèle de société ». http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=4014 ou « qu’est- devenue la jeunesse du monde ? » http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=4231

                                                  Alors, quoi entendre par ce « libéralisme » ? Nous sommes tous d’accord sur 2 points :

                                                  1/ l’initiative individuelle vaut bien mieux pour les libertés comme pour la prospérité que le diktat d’irresponsables d’Etat, la chute de l’URSS et la conversion de la Chine sont là pour le prouver « Chine un capitalisme communiste » http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=4222), alors que le marasme de Cuba (il suffit d’y aller) et la paranoïa aigue de la Corée du Nord montrent à l’envi qu’on a surtout pas envire d’y vivre ;

                                                  2/ le libéralisme « sauvage » n’existe pas. Le fantasme très « guerre froide » du n"importe quoi soutenu par la loi de la jungle des pétroliers texans est pour les gogos. Même aux Etats-Unis, le droit et la loi l’emportent sur les intérêts individuels : pourquoi croyez-vous que la bourse de New-York veuille racheter Euronext ? Parce qu’après les détournements d’Enron, la loi est devenue si tatillonne et les contrôles si fréquents que les entreprises préfèrent la liberté relative européenne aux contraintes de legacy américaine. N’oubliez pas que les USA sont le paradis des lawyers ! L’Etat existe aux Etats-Unis, il suffit de regarder ce que fait George W Bush pour s’en rendre compte. Chez nous, la régulation à nos préférences. Point trop d’Etat mais là où il faut : la justice, l’école, l’armée, la sécurité des habitants. On ne peut que constater qu’avec des prélèvements obligatoires parmi les + élevés d’Europe (et une TVA proche du top), nous avons des prestations d’Etat à peine dans la moyenne européenne. Il y a donc problème ! Les pays scandinaves ont eu les mêmes problèmes, tout comme les Anglais, les Allemands et les Italiens. Tous ont réussi à changer (avec chacun leur style) quelque peu la dérive : sauf nous. Par immobilisme politique, par tabou idéologique, par lassitude de vieillards. Car nous avons AUSSI la classe politique parmi la plus géronte d’Europe ! Ce n’est pas chez nous qu’un chef d’Etat quitte le pouvoir, après 10 ans de règne, et à 54 ans seulement (mais en Angleterre).

                                                  Il y a donc beaucoup à faire et cela démontre que notre classe politique se moque éperdûment des citoyens qu’elle se contente de manipuler par des slogans grossiers.

                                                  Lartiste, Céline - la France pays moyen, les étincelles de l’intelligence française, l’outil de production : eh oui, nous ne sommes plus le nombril du monde comme aux temps de la Révolution (1ère puissance démographique d’Europe !), même si nous gardons un brio intellectuel qui vient de notre passion pour la chose politique et pour l’écrit. Bien que conservant le 2ème réseau diplomatique au monde, juste derrière les USA, nous n’avons même pas le quart de leur puissance, il y a donc divorce entre ce que nous croyons être et ce que nous sommes vraiment. Et là les politicards ont fauté, tout comme l’école qui n’apprend pas grand chose de ce qui importe (les manuels raisonnent toujours en comparaison de tonnes d’acier, comme au temps de l’URSS !). La production crée des outils nouveaux là où des besoins nouveaux apparaissent : pas en France ni dans une Europe repue, au chômage ou vieillsante (on a plus besoin de services maternants que de nouveautés quand on est vieux, on a besoin du minimum quand on chôme, et surtout pas de bagnole, de livres chers ou de disques). Tangoypiano a bien complété la note par son commentaire sur la démographie.

                                                  En revanche, JP, tu te trompes : si la productivité française est en effet l’une des meilleures du monde, la lecture des statistiques est trompeuse. Il s’agit de la productivité PAR TRAVAILLEUR, pas par membre de la population active. Ce qui fait « l’excellence » française dans ces classements ? Mais le CHOMAGGE MASSIF bien entendu ! Plus la faiblesse chronique de l’investissement. Faire le même travail, avec moins de gens et de capitaux investis, c’est ça la productivité. Mais tout économiste ne considère pas cette mesure comme le nec plus ultra d’une économie... C’est plutôt le niveau de vie par tête qui importe. Et la France a choisi de garder à peu près le niveau de vie au prix de la dette. Décourager la création d’emplois par des règlementations plus rigides qu’ailleurs, mettant ainsi les moins de 30 ans, les + de 45 ans et les non-qualifiés au chômage massif, tout en redistribuant des subsides. Comme ça : pas de fâcherie avec la CGT (qui ne défend que les gens à statut public ou les inclus à contrats des grosses boites), pas de grogne des fonctionnaires (voyez, le chômage vous guette si vous quittez le statut, on vous paye peu mais vous êtes protégés, donc fermez-là), pas de muleta agitée devant les extrémistes de gauche qui ont les « manifs de Damoclès » éternellement suspendues au-dessus des têtes socialistes (les chômeurs ne sont pas gauchistes, ils veulent seulement du boulot). Seulement la dette, hein, elle ne peut avoir qu’un temps ! Et il semble que nous y sommes...

                                                  Réponse très longue mais commentaires de qualité. Merci à tous ! C’est assez rare pour le noter.


                                                  • JP (---.---.74.180) 15 octobre 2006 12:36

                                                    « Décourager la création d’emplois par des règlementations plus rigides qu’ailleurs » : Argument si stupide (pris au hasard parmi tant d’autres) que je n’ai même plus envie de débattre avec toi.

                                                    J’ai rencontré des gens aveuglés par leurs certitudes, mais tu dois être un champion toutes catégories. Un conseil (tout à fait amical et sans aucune agressivité) : pose toi des questions sur toi même et ta façon de voir les choses ! Enfin pour info, je suis informaticien dans le privé.

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