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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Le patriotisme économique au service de la France

Le patriotisme économique au service de la France

La mondialisation à donné aux Français le sentiment aigu d’être dépossédé de leur outil de production et donc menacés de perdre le contrôle de leur destin. D’où les appels répétés du gouvernement au « patriotisme économique ». Seul problème. Comme d’habitude, notre cher Etat veut tout régenter, et une fois de plus il ne veut pas faire appel à la nation. Avant de se faire David devant Goliath, monsieur de Villepin aurait mieux fait de relire les paroles de l’Assemblée constituante, invitant les citoyens à s’armer contre l’ennemi, et surtout à protéger la patrie.

La question essentielle à se poser ici est de savoir pourquoi il y a des délocalisations. La réponse, tout le monde la connaît : la mainmise de plus en plus des fonds de pension étrangers sur nos entreprises. Par conséquent, ce n’est pas en donnant plus d’aides à nos entreprises, pour qu’elles restent en France, qu’on va vaincre le fléau de la délocalisation. Quand on s’attaque à quelque chose, il faut chercher la tête. Quand la police cherche à démanteler un réseau de drogue, elle « remonte » la filière, pour trouver le maillon fort... Elle ne se contente pas d’arrêter les intermédiaires. Quand on soigne une personne, on regarde bien sur son corps, mais on veille à ce que la personne ait la volonté de guérir. Ici, c’est très exactement la même chose. Si on veut que nos entreprises restent en France, et donc conservent des emplois, il convient de s’attaquer à l’élément principal du problème, et non à ses affidés. Par conséquent, il faut redonner une voix française dans nos entreprises. (Cela ne signifie pas que les patrons français auront plus de sollicitude pour la France, mais si la plupart des actionnaires sont français, on a plus de chances de voir ces derniers favoriser l’implantation en France, plutôt que si ce sont des investisseurs étrangers, qui eux, ne verront jamais les problèmes sociaux que cela peut provoquer).

Comment ? En incitant les Français à acheter des actions dans leur entreprise, ou dans les entreprises françaises en général, ceci pour, sinon prendre la tête de l’entreprise, tout au moins s’assurer de la non hégémonie des fonds de pension étrangers dans le processus décisionnel. Pourquoi est-il urgent de le faire ? Non seulement, ainsi, on conservera nos emplois chez nous, mais en plus on évitera que les fonds de pension s’approprient les technologies, les brevets, les innovations de nos entreprises. L’Etat peut faire jouer la golden share dans le cas d’entreprises jugées très stratégiques, il ne peut cependant pas toutes les protéger... Le citoyen a donc un rôle important à jouer ici.

D’ailleurs, mettre le citoyen au service de l’entreprise, et cette dernière au service du citoyen, permettra de souder les entreprises françaises et les Français, au lieu de constamment les opposer. Où trouver l’argent ? Dans l’épargne française, qui est, et de loin, bien plus importante que l’américaine. (Les Français ayant tendance à être plus fourmis que cigales... Ce qui en soit est une bonne chose)

Comment le mettre au service des citoyens et des entreprises ? Actuellement, l’épargne des ménages français (et notamment la fameuse assurance vie plébiscitée par les Français) est en partie détournée des actions pour être orientée vers le financement de la dette publique (on comprend mieux ainsi le cercle vicieux : l’Etat trouvant toujours des créanciers disponibles, il n’a pas lieu de vouloir diminuer la dette...Même si cependant on peut trouver appréciable qu’une partie des Français, du fait de leur position de créanciers, soient ainsi paradoxalement capables d’assurer une certaine indépendance financière de la France).

En France, les professionnels de la gestion de l’épargne achètent beaucoup moins d’actions que leurs homologues américains ou anglais. C’est aussi l’Etat qui fait tout pour encourager l’épargne de court terme à rendement faible mais sûr (livret A, Codevi, PEL, etc.) sans dire, évidemment, à ceux qui préfèrent ce type d’épargne que les sommes collectées sont surtout destinées à financer la dette publique... En clair à augmenter encore les dépenses de fonctionnement ! Et les déficits !

A cet égard, le « patriotisme économique » le plus efficace consisterait à faire appel aux épargnants français pour qu’ils reprennent le contrôle de leurs entreprises ! Vu le volume de l’épargne française, ce serait facile et, en même temps, rentable pour les épargnants dans la mesure où, en longue durée, le placement en Bourse est le meilleur des placements.

Les Français, des capitalistes cachés ? Quand on parle de la France, on a souvent tendance à croire que ses habitants, fidèles soutiens de la cause intermondialiste, sont des soviétiques qui s’ignorent. La réalité est toute autre. Ainsi, en 99, la France pouvait se vanter que la part des actions détenue dans le patrimoine financier des ménages des Français étaient de 38%... Contre 22% aux USA, 18% au Royaume-Uni, et 16,5% en Allemagne ! En 1982, 1,7 million des Français possédait des actions dans des entreprises cotées... En 2006, ils sont 7,2 millions (soit une hausse de 323,53% !)

Les Français (c’est-à-dire au moins les autres 7,8 millions de travailleurs du privé, mais aussi les 5,5 millions de fonctionnaires qui sont peut-être bien plus « libéraux » qu’on ne pourrait le croire de prime abord) sont-ils prêts à investir leur épargne dans les actions, ne sont-ils pas « frileux » ?

Contrairement à ce qu’on peut penser, beaucoup de ménages français utilisent les capacités des marchés financiers pour arrondir leur fin de mois, de manière plus ou moins conséquente. Par ailleurs, les Français trouveront une motivation à la fois économique (mon intérêt à moi) et social (l’intérêt collectif) dans l’achat d’actions d’entreprises françaises... Or, sachant les succès enregistrés par des entreprises associant valeurs économiques (faire du profit) valeurs sociales, et maintenant environnementales, on peut dire que le penchant généreux des Français favorisera ces investissements.

Enfin, les Français ont montré il n’y a pas si longtemps leur intérêt pour la grande machine boursière. N’y a-t-il pas eu un succès considérable lors de la pénétration en Bourse de EDF ? Faire des citoyens les propriétaires de leur économie, n’est-ce pas la forme la plus élaborée du « patriotisme économique » ?


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25 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 27 mars 2007 09:51

    « La Mondialisation à donner aux Français le sentiment aigu d’être dépossédé de leur outil de production et donc menacés de perdre le contrôle de leur destin. D’où les appels répétés du gouvernement au « patriotisme économique ». »

    C’est la logique économique libérale de rechercher le coût le moins cher dans des pays à moindre protection sociale.

    Perdre son destin c’est être perdu,mais les français n’ont jamais été perdu.

    C’est le gouvernement de J.Chirac qui à imposé cette politique du "patriotisme économique » qui n’a aucun sens mais qui lui à donné un contenu uniquement verbale,tant son programme industrielle était vide et c’est son gouvernement qui était perdu !

    La France vient de traverser 5 ans de desert sans de vrais réformes économiques et sociales et c’est en cela que les français ont un sentiment d’abandon


    • LaEr (---.---.126.214) 27 mars 2007 10:09

      En plus de patriotisme économique en tant d’investissement financier, je me suis toujours demandé pourquoi l’état ne créerait pas un label « Made In France » avec un certificat de garantie que 80% du produit est fabriqué en France (Chiffre donné TOTALEMENT au hasard).

      Cela ne coûterait pas grand chose à l’Etat, permettrait de mettre en avant notre économie, et de responsabiliser le consommateur qui est la première victime et le premier bourreau de son économie...

      On l’a fait pour la viande à une époque de vache folle (n’étant plus en France, je ne sais pas si cette pratique a toujours court), pourquoi ne pas le faire pour le textile et autres produits... En éduquant un peu le consommateur par quelques spots de pub pendant le lancement du label, on pourrait, je pense, obtenir des effets similaires au succès rencontré par le label « commerce équitable » de Max Avelar....


      • (---.---.62.23) 27 mars 2007 10:34

        La mondialisation n’a rien avoir avec les problémes de la France. Si les « moyens de production », en clair les riches, se barrent, c’est à cause des impots (ISF, CSG, RDS, Etc, etc.) qui frappe deux fois plus le capital en France que dans le reste de l’Europe. Ajoutons aussi l’épaisseur des Loi, le bordel et la lenteur de l’administration, la médiocrité de l’enseignement donc du personnel, le mentalité « J’aime pas les riches », la faible taille du marché, le faible pouvoir d’achat des français (grand amateurs d’impots), les altermondialistes, les 35 heures, les discours de l’extréme gauche, et bien, il faut vraiment être tarré pour rester en France si on a un peu de bien !


        • parkway (---.---.18.161) 27 mars 2007 15:30

          « il faut vraiment être tarré pour rester en France si on a un peu de bien ! »

          ou alors intelligents et solidaires ?

          y’a pas que des tarés qui soient riches,

          il y a aussi des français dans le tas !

          si t’aimes pas la france,tu la quittes !

          si t’es nanti, t’auras pas de gros problèmes pour aller vivre deans les pays anglo-saxons.

          Tu verras comme la vie est belle là-bas !


        • Tristan Valmour 27 mars 2007 10:43

          Le patriotisme économique est un gadget, un leurre, un piège, et peu m’importe que ce soit un patron français ou étranger qui possède une maison de 1000 m² en Floride. Ce qui m’importe, c’est que ce soit possible quand d’autres n’ont pour rêve qu’une tente sur les bords de Seine. Nous naissons libres et égaux en droit, mais certains perdent cette qualité plus vite que d’autres. Ce n’est pas un problème de mondialisation. Voir les ouvrages d’Histoire économique sur les Révolutions industrielles. Nous en vivons une en ce moment. Rien de nouveau.


          • ni-ni (---.---.216.46) 27 mars 2007 11:32

            bah petit rappel d’histoire... le socialisme est internationalisme.... marx disait que les ouvriers n’avaient pas de patrie, ce qui, entre autre les differenciaient des radicaux (patriotes) ; les rares fois ou des socialismes ont virés vers le nationalisme ce fut pas glorieux (mussolini et hitler) ; faudra il changer le non du Parti Socialiste Francais en parti National-Socialiste Francais ??? smiley un peut de descence s’il vous plait ! après les jury populaires (vieux reste de toutes les dictatures du même nom) voici le parti nazi (contraction de national-socialiste) français....... Sego pour que ca change fort !!! smiley ah pour changer ça change !! on passe de l’humanisme social démocrate au populisme des années 30 !!


            • parkway (---.---.18.161) 27 mars 2007 15:35

              pourquoi ne bloque-t-on pas le prix des actions ?

              comme de toutes façons, les comptes sont truqués, le prix de l’action ne représente plus rien, ou pas grand-chose ?

              Imaginez que les financiers ne puissent plus spéculer !!!!

              ouahh ! le pied !


            • Stephane Klein (---.---.19.227) 27 mars 2007 11:59

              L’auteure se targue d’ausculter efficacement le malade mais ses oeilleres l’empechent de voire un fait bien reel : s’il y a delocalisation c’est aussi du pouvoir de choix du consommateur qui veut des produits a meilleure qualite/prix, soit souvent au prix le plus bas.

              Et la, l’actionnaire n’y est pas pour grand chose.

              Quoi qu’il en soit, il serait que nos nombrilistes nationaux sortent un peu et regardent ce qui se passe dans d’autre pays, tout aussi ouverts a la mondialisation que nous : 4.5% de chomage au RU, 5% aux Pays-Bas, 3.5% en Suisse, tous pays liberaux tant en terme de fonctionnement des entreprises que du marche du travail....aucune relation de cause a effet bien sur quand dans le meme temps les pays europeens au plus fort taux de chomage sont ceux qui sont les plus rigides.

              Ne vous deplaise, je reprendrai une phrase de Nicolas Sarkozy : « le malheur n’est pas de perdre des emplois mais de ne pas en recreer assez ».


              • parkway (---.---.18.161) 27 mars 2007 15:44

                à klein,

                comme d’hab, klein-klein, t’es à côté de la plaque.

                si on achète moins cher, c’est pas trop par envie mais surtout par obligation.on n’a pas le choix !

                avec 1000 € par mois, dis moi comment on fait pour acheter une voiture à 15000€ ?( ce qui n’est pas un prix énorme encore pour les nantis.

                c’est comme pour la nourriture, un steak à 15€ le kg, ben c’est pas toutes les semaines. Poutrtant, il faut manger, alors on achète du mouton d’australie à 5€/kg. Ben oui, nous sommes des salauds de pauvres, c’est à cause de nous la mondialisation.

                Quant à tes chiffres du chômage, ils sont truqués.

                En france ils doivent friser les 17% ( va voir sur le site de NAIRU).


              • Darkfox (---.---.141.125) 27 mars 2007 12:22

                Je pense que votre cheminement n’est pas complet , il faudrait mettre en avant que les société bénéficiant d’aide devront les redonner en cas de déplacement (en intégralité !) De plus, pourquoi des délocalisations parce que main d’oeuvre chère ! Enfin bon, mais il faudrait que ce soit les propres salariés qui achète des actions de leurs entreprises. De plus, la création de groupement d entreprise made in france. Que les produits francais soient mis en avant ( fabriqué en france et non assemblé !) Retaxé les importations chinoises au niveau européens déjà ...

                Bref plein de petites choses... et surtout diminué les taxes afin de continué à promouvoir l achat d action .. pour les PEA .. ca fait tres mal les taxes sur bénéfices..


                • Philippe MEONI Philippe MEONI 27 mars 2007 13:00

                  Bonjour à toutes et tous,

                  On parle beaucoup des « grandes entreprises », cotées en bourse, cependant, trop peu à mon goût des autres, les petites et moyennes, commerce, artisanat, qui représentent toutefois plus de 70 % de l’activité économique de notre pays...

                  Si l’dée de l’auteur concerne les solutions en faveur de l’emploi, il serait plus simple de décharger très signicativement les TP-ME, laisser aux jeunes entrepreneurs la possibilité de se constituer un vrai salaire avant de penser à les taxer...

                  Il existe en Espagne le « régime des travailleurs autonomes » où l’ensemble des charges sur l’activité n’excède pas 26,5 % (contre plus de 50 % rien que pour l’URSSAF en france)

                  Ici,en espagne, le fisc ne prélève l’impôt que sur le revenu de l’emploi principal et permet d’exercer, sans restrictions de temps de travail, d’autres activités lucratives totalement défiscalisées...

                  Une piste à suivre... ?


                  • Tristan Valmour 27 mars 2007 14:14

                    Absolument d’accord avec vous Philippe. Il faut créer un environnement économique favorable aux TPE/PME. Elles seules sont capables de créer une véritable dynamique. Pourtant non seulement elles subissent de plein fouet les charges sociales qui les gangrènent, mais également elles sont broyées par la concurrence des grandes entreprises et leurs pratiques immorales. Et que dire des impayés, de plus en plus fréquents ? De plus, il faudrait développer un programme ambitieux d’aide aux créateurs d’entreprises afin de donner la possibilité aux jeunes (et moins jeunes) de se lancer sans pour autant disposer de fonds propres. Car aujourd’hui, le ticket d’entrée dans la création d’entreprise est trop élevé. Dans le secteur du commerce et de la distribution, plus largement le Tertiaire, la franchise est devenue le seul modèle. Mais qui peut se payer une franchise ? Bref, inutile de créer son entreprise si on ne dispose pas d’une trésorerie conséquente. Alors, oui, aidons les petits et moyens entrepreneurs.


                  • parkway (---.---.18.161) 27 mars 2007 15:58

                    bien évidemment que les tp-me subissent de plein fouet les charges des impôts.

                    les politiques favorisent les grosses entreprises car elles leurs rapportent plus en dividendes et en pouvoir politique que les autres.

                    Ca n’intéresse ni les financiers, ni leurs sbires politiques, une petite entreprise, la plupart n’étant pas côtées en bourse ;

                    Et n’oublions pas qu’il faut conserver un chômage à 10% pour conserver le joug de la peur sur les salariés et éviter ainsi la montée de l’inflation, génératrice de bien-être pour les salariés mais pas pour les financiers.

                    Souvenez vous des années avnt 1981 : 16% d’inflation avec un pouvoir d’achat jamais revu depuis...


                  • Tristan Valmour 27 mars 2007 16:03

                    Ce que j’observe mon cher Philippe, c’est que les petits patrons travaillent énormément, qu’ils ont un rôle très utile, qu’ils n’ont droit à rien, ont très peu de pouvoir dans la Société, qu’ils sont les derniers de leur entreprise à être payés, qu’ils prennent beaucoup de risques, qu’ils n’ont pas le temps de revendiquer quoi que ce soit (etc.)

                    Si on dit que la moyenne des patrons gagne 4000 euros par mois, ce n’est qu’une moyenne. Combien vivent sous le seuil de pauvreté ? Sans avoir le droit au RMI ? Je peux vous dire que cela en fait beaucoup. Dans un article (la Société d’Economie Solidaire), j’ai donné une certaine vision d’une entreprise solidaire et sociale. Dites-moi ce que vous en pensez (en commentaire), comme économiste très estimé.

                    L’une des réalités du terrain, c’est qu’un entrepreneur est obligé de payer des charges - importantes - alors même qu’il ne se verse aucune rémunération. Il y a un minimum de 4000 euros par an à verser (environ)aux différentes caisses sociales pour la personne du gérant. Et ils n’ont le droit à rien du tout. C’est une situation intolérable.

                    Que l’Etat alloue aux TPE/PME une grande partie des aides octroyées aux multinationales, toute l’économie de notre pays ne s’en portera que mieux. Je le répète, il y a urgence à créer un environnement économique favorable à ce type d’entreprise. Elles sont porteuses de vertus dont les multinationales sont dépourvues.

                    Amicalement


                  • parkway (---.---.18.161) 27 mars 2007 16:04

                    reneve, vous avez mille fois raison.

                    L’impôt, c’est pas une punition, c’est un besoin vital pour une nation.

                    que ferait peugeot sans des autoroutes et routes en bon état ?

                    c’est pas peugeot qui finances les routes, c’est limpôt, qui sert aussi à peugeot.

                    tout le monde doit payer, non ?

                    ah, oui mais peugeot paye de trop : la preuve c’est qu’il font des bébnéfices et qu’il licencie ...

                    y’en a marre de ces arguments à la gomme...


                  • parkway (---.---.18.161) 27 mars 2007 16:09

                    valmour, qu’il faille aider les tpe-me, bien évidemment,

                    mais il faut taper sur les financiers et les grosses entreprises en bénéfices qui délocalisent et licencient.

                    c’est un problème de décisions politiques, et aucun des trois présidentiables ne les prendra...


                  • parkway (---.---.18.161) 27 mars 2007 16:21

                    excellente réponse de renève !

                    je crois que les participants à ce débat ont des idées préconçues sur la valeur de l’état et de ses fonctionnaires et que pour eux, moins d’état, c’est plus de profits pour l’entreprise.

                    1) si les profits générés allaient démocratiquement vers tous les acteurs, ce pourraît être un argument.

                    2) regardez toutes les entreprises nationales privatisées : quand elles ne disparaissent pas, elles sont obligées d’augmenter leurs tarifs (gdf)

                    3) les entreprise privées sont capables d’irresponsabilités (air bus)

                    4) de nombreuses entreprise d’Etat ont été les fleurons de notre économie (edf-gdf,ariane,...)

                    5) et pourquoi les fançais sont-ils si attachés à leur fonction publique ?

                    ben,oui la fonction publique, c’est pas rentable.

                    Les financiers y z’aiment pas.

                    c’est réciproque, moi j’aime pas les financiers.


                  • www.jean-brice.fr (---.---.156.129) 27 mars 2007 16:22

                    GLOSER sur la mondialisation ne sert à rien, tant qu’on ne voudra pas regarder les CAUSES de la crise actuelle : je vous conseille de lire ou de cliquer RUEFF Jacques qui est le SEUL à avoir dit la VERITE à ce sujet. Bien sur, les anglo-saxons ont le raisonnement exactement CONTRAIRE ! Si l’on veut s’en sortir, il faudra RESISTER à cette DESINFORMATION pernicieuse dont les puissants de ce jour se servent en utilisant le privilège EXORBITANT de battre monnaie pour la terre entière ... Pour en savoir plus, allez sur www.jean-brice.fr (lettre publique à Jean-François KAHN)


                    • parkway (---.---.18.161) 27 mars 2007 16:32

                      jean brice,

                      je suis un de vos fervents défenseurs depuis janvier 2005...

                      cordialement,


                    • (---.---.213.123) 27 mars 2007 17:01

                      Auteur.

                      L’auteur « masqué » se nomme Odile, ne fait pas partie d’un groupe de « puissants » (puisque c’est là, je suppose, ce que vous pensiez)

                      Mon article repose, il est vrai, beaucoup sur la notion de citoyenneté, et du rapport de ceux ci avec l’entreprise.

                      Bien sur, l’Etat peut faire des choses, mais l’Etat n’est pas Dieu, et ses moyens, notamment en raison des engagements antérieurs, et de la situation financière désastreuse de la France, sont limités.

                      Le rôle de l’Etat, bien sur, est de « donner les conditions » à un environnement favorable, tirant vers l’intérêt général, ce qui pour moi, en termes je le conçois fort bien, simplistes, signifie de la Liberté pour les entreprises, de l’Egalité pour les salariés, et les citoyens en général, et de la Fraternité, pour éviter de laisser des personnes sur le coté.

                      Néanmoins, je pense que si l’Etat doit donner les conditions, les citoyens n’ont pas à rester inactifs, en attendant finalement que l’Etat se débrouille. casser un système est difficile, et il ne suffit pas que la France s’avance à Bruxelles en disant « çà suffit les financiers » pour que soudain les 24 autres membres de l’UE nous accompagne dans la lutte contre les super profits.

                      Le citoyen est quelqu’un qui selon moi doit être responsable. Cela ne signifie pas que l’Etat ne doit pas intervenir, pour le protéger, un peu comme un bouclier, mais je pense que si l’Etat joue le rôle du bouclier, le citoyen doit lui savoir de temps en temps tirer l’épée du fourreau.

                      Une des personnes ayant mis un commentaire dit ceci :

                      « Mettre le citoyen au service de l’entreprise, et cette dernière au service du citoyen, permettra de souder les entreprises françaises et les Français ». En premier lieu, pourquoi le citoyen serait-il au service de l’entreprise privée, dont le seul but est de maximiser les bénéfices dont disposent ses seuls propriétaires ? La confusion des genres entre citoyenneté et économie est plutôt étrange ; pourquoi alors ne pas nationaliser ?"

                      Pourquoi un citoyen se mettrait il au service d’une entreprise privée ? Peut être déjà pour garantir son emploi, mais aussi l’économie de son pays, qui et j’en suis désolée pour certains, provient directement de l’activité des entreprises, qu’elles soient d’ailleurs privées ou publiques, des entreprises publiques qui, et là aussi j’en suis désolée, parce qu’elles sont entreprises, recherchent elles aussi le profit...Pour l’Etat (du moins elles essayent) Remarquez...Pour ma part je préfère qu’elle recherche le profit, en assumant leur mission de services publiques, plutot que le déficit !

                      POurquoi ne pas nationaliser ? Parce que nous n’avons plus les sous pour ! Et que visiblement, si on en croit le modèle URSS, ce n’est pas viable !

                      La France mérite mieux, selon moi.


                      • Tristan Valmour 27 mars 2007 19:04

                        @ Philippe Renève, Léon et Parkway

                        D’accord avec vous. L’Etat et les fonctionnaires doivent avoir un rôle de régulateur, et les impôts doivent être payés. D’ailleurs les pays qui ont réussi (et le nôtre en fait partie) sont ceux où les impôts et taxes ont pu être collectées. Voir l’état économique des pays africains qui provient en partie d’une imposition faible (hors droits de douane), comme d’une impossibilité à les collecter(corruption). Et d’un autre côté, il faut vraiment favoriser la création d’entreprises et encourager les entrepreneurs par des mesures adéquates. Parce qu’ils en ont besoin.

                        Je rappelle qu’historiquement une entreprise n’avait pas vocation initiale à faire du profit, mais de la valeur ajoutée, par la constitution d’un organe juridiquement reconnu comme alliant un ensemble de compétences au service d’un objectif précis. Désolé pour la longueur de la phrase.

                        De même, la bourse avait vocation à favoriser le développement des entreprises par l’apport de capitaux externes. Là encore, cette mission a été dévoyée. Ah qu’il est simple lorsqu’on a beaucoup d’argent, de jouer sur les heures d’ouverture des différentes bourses et gagner à coup sûr !

                        Les multinationales représentent un danger pour les démocraties dans le sens où elles ont acquis un pouvoir exorbitant. Elles ont aujourd’hui la capacité de se constituer des milices, des agences de renseignement, etc. Bref, des pouvoirs régaliens. Le rôle qu’elles exercent en Irak ou en Afrique (j’ai été le témoin direct de leurs pratiques en Afrique)en est l’exemple le plus flagrant.

                        Et il faudrait également se poser la question de leur utilité. A part de grands projets industriels (style Airbus), je ne vois pas. Je ne crois pas non plus qu’il soit utile qu’une banque puisse aussi être assureur, qu’un assureur puisse aussi être une banque. Si on limitait l’activité de chaque entreprise à un seul code APE, ce serait déjà pas mal.

                        Certains lecteurs vont sans doute se dire que je raconte n’importe quoi lorsque je mets en garde contre la capacité de nuisance de ces multinationales. En voilà un exemple tout récent. L’une de mes connaissances, un entrepreneur, voulait vendre son entreprise. Son acheteur était l’entreprise X (une grosse PME). Mais l’entreprise Y (une multinationale), concurrente de l’entreprise X dans cette rue a fait pression sur la mairie (qui en raison de la situation dudit commerce avait son mot à dire). Résultat : la multinationale a gagné, le commerçant n’a pas pu vendre. Cette pratique est illégale, mais courante. C’est ça le monde des affaires ! Alors cautionner cela en achetant des actions.... chacun sa conscience.

                        Dernier exemple (mais j’en ai des centaines), raconté par un élu. Dans une commune de Bretagne, un important dirigeant d’une multinationale veut se faire construire une maison sur le littoral, et a besoin d’un permis de construire. Le maire refuse. Ladite multinationale exerce son activité sur ladite commune. Que fait le dirigeant pour obtenir son permis ? Il menace le maire de transférer son établissement dans une autre commune. Et voilà, le tour est joué.


                      • Tristan Valmour 27 mars 2007 20:38

                        @ Philippe Renève

                        Je maintiens ma définition historique de l’entreprise. Il s’agissait de donner une personnalité juridique distincte des individus ; la quête du profit était secondaire, la valeur ajoutée, ce qui était recherché. D’ailleurs outre l’apport en numéraire, il y a l’apport en nature et surtout l’apport en industrie, qui constituaient une pratique courante. Et outre l’entreprise individuelle, l’entreprise en commandite a été l’une des premières formes d’entreprise. Mais ce que j’énonce soulève un problème de vocabulaire dans le sens où il est difficile de transposer ces notions d’une époque à l’autre car le signifié a changé. Mais on comprend l’idée générale. Bon, je vous laisse car j’ai un peu de travail. Bonne soirée.


                      • Jason Nicolas 27 mars 2007 19:38

                        Bonjour,

                        « Pecunia non olet », l’argent n’a pas d’odeur. Que l’actionnaire soit français ou pas, employé de l’entreprise ou non ne changera rien à l’affaire. Même en instituant des comptes épargne genre CODEVI (je crois) et autres mesures qui privilégient les investissements dans des firmes françaises, cela ne changera pas le fait que le capital circule librement et qu’en un clic d’ordinateur on peut transférer des milliards (ça se fait tous les jours) à l’autre bout de la planète en laissant les employés que cela représenterait sur le trottoir.

                        Je comprends votre sentiment qui fait appel au patriotisme pour résoudre le problème que continue à connaître la France dans la perte de certaines de ses entreprises, mais le problème, énorme, ne se trouve plus, je dis bien plus, dans ce pays.

                        La nécessité de réguler les marchés financiers au niveau international constitue bien le fond du problème. Par ailleurs, l’Allemagne se tire très bien d’affaire en ce moment et est soumise à peu près aux mêmes règles que nous en matière de législation commerciale et fiscale.

                        Il va falloir se creuser les méninges, innover, trouver de nouveaux créneaux, faciliter le fonctionnement économique des entreprises, utiliser les marges de manoeuvre que nous laissent encore l’OMC et l’UE, simplifier et stabiliser les contrats de travail, revoir les niches fiscales (au nombre de 400 en ce moment), alléger et rendre moins injuste la TVA, innover encore, expérimenter et avoir le cadre juridique et fiscal pour cela. Encourager la création de PME en facilitant l’emprunt et en appliquant des mesures économiques pour certains secteurs (remanier les niches fiscales, éviter les effets d’aubaine). Bref, il faudra de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace.

                        Les fonds de pension, les groupes financiers continuent à user de leurs droits au nomadisme économique pour diriger leurs énergies vers les gisements de richesse les plus avantageux pour eux au niveau de la planète. Ce n’est malheureusement pas la France qui changera cet état de choses. Ramener les richesses au sein des sociétés qui les créent, et les maintenir en place autant que faire se peut sans tuer l’incitation à investir, là est le véritable défi.


                        • cdg (---.---.228.110) 27 mars 2007 20:15

                          @l auteur

                          votre raisonnnement a un porbleme majeur

                          Il suppose que un actionnaire francais se comporterait autrement qu un actionnaire etranger ?

                          Pourquoi donc ? Supposons deja que l actionnaire le soit directement et non via un groupement quelconque genre SICAV, fond de pension ...

                          Dites a quelqu un qu il peut gagner beaucoup mais qu en echange son voisin va y perdre. Qu est ce que vous croyez ? 80 % des gens vont accepter Et le nombre sera encore plus elever si on considere que les perdants seront les « autres » (pas la meme categorie sociale, autre region ....)

                          L important pour un actionnaire c est le rendement de son placement, et sur une echelle assez courte

                          Le probleme c est que les societes sont diriges par des financiers et a court terme. Peu importe la nationalite des dirigeants

                          PS : 1) je possede moi meme des actions, je ne suis donc pas un dangereux gauchiste smiley 2) actuellement porsche desire racheter Volkswagen pour justement eviter un eventuel demantellement par des financiers (porsche a pas mal de partenariats avec VW/Audi)


                          • Philippe MEONI Philippe MEONI 28 mars 2007 00:24

                            Re bonsoir à toutes et tous,

                            Celà fait 4 ans que je suis trader indépendant ; J’ai une mise de fond initiale ridicule de 1 000 euros que je place en CFD « day trading » ; En moyenne, tenant compte des leviers financiers dont je dispose, je réalise une moyenne de 200 euros de bénéfice par jour ouvré... Sachant le risque de perdre l’intégralité de mon investissement en cas d’erreur de jugement ;

                            Après déduction de mes assurances sociales et retraite volontaires en Espagne, je dégage à peu près 2 500 euros de salaire net mensuel qui me suffit à vivre correctement avec ma famille...

                            Pourtant, en qualité « d’actionnaire sporadique » des entreprises sur lesquelles je « mise » au jour le jour, je suis très loin des considérations « sociales » de telle ou telle société qui ne reste pour moi qu’un outil de travail.

                            D’autre part, au lieu de manifester quand une unité de production ferme ses porte et licencie en masse, il existe des formes juridiques, telles les « scoop », qui permettraient aux salariés de reprendre leur outil de travail et conserver leur emploi... non ?

                            Merci de votre attention, cordialement

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