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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Le patriotisme n’est plus ce qu’il était...

Le patriotisme n’est plus ce qu’il était...


 

Un Président de la République peut-il être normal  ? 
Rien n’est plus malsain pour notre pays que l’élection du Président de la République au suffrage universel direct. Institué par la Constitution de 1958 : Article 6 : « Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Les modalités d’application du présent article sont fixées par une loi organique ». De cette sorte de monarchie constitutionnelle instaurée par Charles de Gaulle élu de cette façon en 1962, l’Histoire dira probablement que tous les Présidents successifs qui ont accédés à cette fonction, ont été des usurpateurs. 

Ce que Pierre Mendès-France, sans le soutien de son ami…François Mitterrand qui avait d’autres visées, sentant le danger, a vainement tenté d’éviter. Mais la guerre d’Algérie réclamait un homme fort. De Gaulle l’incarnait : il s’est alors doté de pouvoirs spéciaux (article 16) et d'une légitimité plus forte grâce à un système électoral quasi plébiscitaire, comme cela l'avait été sous Napoléon III. Inutile d’insister sur ce qu’ont été depuis les derniers septennats et quinquennats que nous avons connus depuis, sans compter celui en cours : des tentatives plus ou moins vaines de « redresser la France » comme le promettaient les candidats depuis 40 ans au moins. En dehors de l’anomalie que constitue la concurrence entre deux légitimités de même niveau, celle du Président et celle de l’Assemblée nationale dont le pouvoir est également issu du suffrage universel direct, il y a une grave distorsion politique dans le fait que peu de temps après l’élection du dernier Président de la République, on entre à nouveau en campagne pour l’élection suivante, Ce qui dévie les actions entreprises en favorisant le parti ou la classe auxquels appartiennent les futurs candidats, façon de conserver la même oligarchie au pouvoir. 

On le voit avec la médiatisation excessive des mêmes hommes politiques connus, ce qui obère l’arrivée de femmes et d’hommes nouveaux. Rien n’est plus malsain donc que cette dérive qui entraîne, un éloignement des politiques des vrais problèmes sociaux-économiques. Par exemple celui de faire le bon choix sans consulter le peuple pour combattre la crise et ses conséquences. Il est vrai que ce bon peuple est méprisable, car la majorité de ceux qui le compose n’est pas suffisamment diplômé pour comprendre…. L’écran de fumée est permanent. Depuis des décennies, la France est gagnée par la gangrène de la médiocrité. Aidé en cela par certains nostalgiques du pouvoir qui se laissent manipuler par un Président, trop petit pour sa fonction, mais grand en machiavélisme. 

Alors que faire ? Il suffirait qu’un prochain candidat réellement patriotique aux présidentielles s’engage solennellement à remodifier au moins la constitution sur ce point, afin de revenir au mode d’élection présidentielle traditionnel d’avant 1962. Il faudrait qu’il s’engage à démissionner dans les premiers mois de son arrivée au pouvoir s’il n’y arrive pas. Il faudrait de toute façon, profiter de cette occasion pour amender l’article 89 de la présente constitution qui ne permet pas au peuple ainsi méprisé, de modifier lui-même sa constitution par référendum : Art. 89 : « L’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de la République sur proposition du Premier ministre et aux membres du Parlement ». 

Et le re-rédiger ainsi : « L’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de la République sur proposition du Premier ministre ou d’au moins 200 membres de l’Assemblée nationale OU APRES PETITION, D’AU MOINS 10% DE LA POPULATION EN AGE DE VOTER, SI ELLE EST PROPOSEE DIRECTEMENT PAR LES CITOYENS. 
La révision est définitive après avoir été approuvée par référendum » 

Puisque cette initiative n’appartient donc en final qu’au Président de la République, on bafoue la démocratie, qui, chacun le sait, doit donner le pouvoir au peuple souverain et non à des oligarchies partisanes. 

Mais disent les politiques, si l’on fait un sondage, on constate qu’une majorité de la population aime bien ce type d’élection, qui effectivement semble lui donner un pouvoir souverain au moins à cette occasion. A ceci près que, naïvement, il ne se rend pas compte, ce bon peuple, conditionné par les médias, qu’il s’agit d’un plébiscite, qui peut s’avérer dangereux. De toute façon un sondage ne peut être un argument politique. Mais l’habitude prévaut, et les générations actuelles ne savent pas qu’il est possible de changer ce type d'élection. Rien n’empêcherait de revenir au système précédent de l’élection du Président de la république par le Congrès (Constitution de 1946) Par exemple :

TITRE V – « Article 29. - Le président de la République est élu par le Parlement. Il est élu pour sept ans. Il n'est rééligible qu'une fois ». 

D’autres articles limiteraient ses pouvoirs (www.voiescitoyennes.fr)

En faisant confiance au peuple souverain, la clarification des pouvoirs serait assurée. Il faut absolument que le peuple ouvre les yeux. Il en va de notre République qui perd constamment ses repères, et se laisse enfoncer dans la décrépitude.

Il y a une explication à cette thèse sur l'imposture légale des Présidents de la République après de Gaulle : la constitution de la Ve a été rédigée pour de Gaulle, de façon très hiérarchisée, ce qui n'est pas étonnant de la part d'un chef militaire, mais principalement conçue pour lui de façon quasi monarchique. 

Même Michel Rocard, - qu’on l’aime on non -sur ARTE le 3 août 2009 à 23 h 50 (la démocratie des Moi) a avoué s'être trompé pendant 40 ans sur le principe de l'élection du président de la République au suffrage universel direct. Il Le considère comme "catastrophique pour la France". Certes en tant qu’homme dit de gauche, il est contestable, mais pas forcément nul. En tant que professionnel de la politique il doit avoir des arguments. Malheureusement il ne les a pas évoqués. 

Certes, les députés de la IVe élus « à la proportionnelle », en contrôlant l’Exécutif comme sous les IIIe et IVe Républiques, donnaient à celui-ci une instabilité permanente préjudiciable à des actions de long terme. Pour de Gaulle et ses partisans, il s’agissait de remédier à état de fait, d’autant préjudiciable que la guerre d’Algérie et les décolonisations difficiles en soulignaient la faiblesse. Il pouvait espérer que les présidents de la République dont les pouvoirs seraient renforcés par une nouvelle constitution pourraient reprendre le flambeau d’une France forte, tel qu’il l’avait repris lui-même avec son gouvernement provisoire en 1945. 

Malheureusement ses successeurs n'ont pas eu cette ambition, il est vrai au-dessus de leurs capacité. Aucun n'a eu sa stature. Ils ont tous fait passer leur ambition personnelle avant tout, en se faisant catapulter par un parti politique, de gauche ou de droite. Système partisan que de Gaulle considérait comme secondaire, sinon néfaste. En acceptant telle quelle une fonction présidentielle trop grande pour eux, tous les présidents de la Ve ont trompé le peuple. C’est pourquoi je qualifie ces actions d’imposture et même d’usurpation, bien qu’elles soient légales. Ce que de Gaulle voulait, c'était un Président arbitre souverain, sauveur de la France éternelle, comme il l’a été, au-dessus de la politique politicienne. Impossible évidemment à trouver après lui. 

La conclusion qui s’impose : revenir à la situation classique saine d'un président purement représentatif, et un Premier ministre (ou Président du Conseil), responsable devant le peuple·, alors qu'une élection à caractère plébiscitaire telle qu'on la connaît lui donne une légitimité qui institue un double pouvoir, celui du président élu de cette façon et celui de l'Assemblée nationale. Pouvoirs issus du suffrage universel direct, mais fausse séparation, qui déséquilibre notre système démocratique en faveur d’un système partisan, celui d’un régime présidentiel quasi totalitaire, qui n’ose pas dire son nom. Peut-on espérer que les partis politiques qui vivent pour et par ce type d’élection, appuient cette revendication ? Ou un vrai Président, par vrai patriotisme change au moins les articles qui lui ont donné ses pouvoirs quasi absolus. Les pressions de la Rue, les pétitions, et quelques rares médias pourraient y parvenir mais ça risquerait de faire désordre...

 

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8 réactions à cet article    


  • César Castique César Castique 24 janvier 2014 18:32

    «  OU APRES PETITION, D’AU MOINS 10% DE LA POPULATION EN AGE DE VOTER, SI ELLE EST PROPOSEE DIRECTEMENT PAR LES CITOYENS. »


    2 %, soit 800’000 signatures environ serait un maximum déjà très difficile à atteindre et nécessitant de gros moyens logistiques. 

    • HELIOS HELIOS 24 janvier 2014 20:40

      ... et si on commençait par avoir un parlement representatif.... ????

      par exemple il y a la solution d’elections proportionelles, mais pas seulement.
      Il y a election par scoring, aussi qui est bien efficace...

      Mais il y a d’autres solutions pour que les representants des citoyens les representent vraiment, comme divers controles en cours de mandature...


      • HELIOS HELIOS 25 janvier 2014 00:45

        votre solution entraine deux types de « choisis » sur la liste....

        - Ceux qui joueront le jeu, au debut beaucoup, puis rapidement de moins en moins...

        - Ceux qui vont, dés leur prise de fonction, magouiller un max, parfois en homme de paille d’autres, pour se faire un max de fric et de pouvoir dans leur tranche de temps.

        Connaissant les hommes, la seule mesure possible, peu importe la maniere dont le « representant » acccede a la fonction, est un controle strict de son activité., avec les garde-fous necessaires et les sanctions qui vont avec.


      • HELIOS HELIOS 25 janvier 2014 19:16

        ... ne soyez pas moqueur Démosthène...

        je dis simplement que les députés sénateurs actuels pour environ 10 a 15% sont probablement sincères et honnetes (mais manipulés).
        C’est donc le même taux de gens « jouant le jeux » qui se retrouveront dans le syteme de tirage que vous citez, ou n’importe quel autre d’ailleurs : 15% de sincères, les autres....

        ensuite, vous faites semblant de ne pas savoir ce qu’est un homme de paille, en fait un « representant de paille ». je fais un mini effort pour vous dire que les puissants, ceux qui aujourd’hui nous mêment par le bout du nez, meneront de la même maniere nos representants choisis. Dés leurs premiers jours de fonction ils seront contactés et rapidement corrompus car tout homme a un prix et vous le savez bien. Ils prooseront, voteront ou rejeteront ce qu’on leur dira de proposer, voter ou rejeter !

        Enfin vous doutez (pour le moins) d’un contrôle efficace.
        Oui, malgre la corruption ambiante, nous pouvons installer des mecanismes de controles suffisament efficaces et punitifs pour « moraliser » et rendre plus sûr pour tous, le systeme representatif dans son fonctionnement. Je ne m’tendrai pas la-dessus c’est un autre sujet, mais même si ces controles peuvent eventuellement laisser passer quelques forfaitures pontuelles, ce sera mieux que ce qui se passe aujourd’hui.

        je pense que le systeme representatif est le moins mauvais actuellement, même si c’est vrai qu’avec les technologies actuelles nous pourrions beaucoup mieux gerer la souveraineté des citoyens qui entrent apres chaque election dans un tunnel dictatorial de 5 ans.

        Il faur revenir a une constitution moins devoyée par de multiples modifications politiques mal dimensionnées ni opportunes pour l’interet de la France... et facilité l’acces à la... et le controle de la... classe politique par tous ET en s’assurant mais, je crois que c’est la l’élément le plus difficile, qu’il n’existe aucune force, au moins interieure, plus puissante que l’état !


      • RaphN RaphN 24 janvier 2014 23:23

        « Oui, la patrie est une baliverne
        Un sentiment doublé de lâcheté

        Ne deviens pas de la viande à caserne
        Jeune conscrit, il vaut mieux déserter »


        • christophe nicolas christophe nicolas 25 janvier 2014 00:25

          La patrie est un métaxu, ignare.


          • Ruut Ruut 28 janvier 2014 13:13

            Le concept du tirage au sort des représentants, pourquoi pas.

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