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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Le phénomène du tsunami vu par Pharmaciens sans frontières (PSF) et filmé (...)

Le phénomène du tsunami vu par Pharmaciens sans frontières (PSF) et filmé par Sylvain Godard, incroyable !

Entretien avec : Sylvain Godard, réalisateur producteur vidéo de son film, Le second tsunami.

Pouvez-vous nous expliquer la teneur du film que vous avez réalisé et quelle est votre position par rapport à cette manifestation qui concorde avec le dixième anniversaire de la MRI à Clermont-Ferrand, et quel est le message que vous souhaitez faire passer avant tout ?

Concernant le film sur le tsunami, c’était à l’origine un film commandé par PSF (Pharmaciens sans frontières) qui a pour but de montrer tout ce qui se fait de « pas très bien » dans l’humanitaire. L’humanitaire est normalement une aide, là en l’occurrence, ça s’appelle le second tsunami parce que les gens sur place, en Indonésie, ont estimé que le trop-plein de médicaments, le trop-plein d’aide humanitaire en général devenait en fait un fléau, et pour eux c’était une deuxième catastrophe qu’il fallait traiter. Dans un premier temps, le tsunami qui a tout ravagé, dans un second temps, un manque de moyens, un manque d’infrastructures, un manque d’argent pour se débarrasser de tous les dons humanitaires qui étaient inappropriés. C’était le but du film.

On est arrivés un an après le tsunami, on n’avait pas tellement à montrer tout ce qui s’était passé, les médias l’avaient fait avant nous, pour nous il s’agissait de montrer tout ce qui s’était passé un an après le tsunami, si les choses étaient bien remises, si la construction était bonne. En fait, la reconstruction est assez faible quand on est sur place. A côté de ça, ils souhaitent reconstruire dans les mêmes lieux, au bord de la mer, c’est très clair, c’est leur volonté. Au niveau du don humanitaire, il y a eu de tout, beaucoup d’abus, des abus de toutes sortes, les labos pharmaceutiques qui pour plusieurs raisons défiscalisent. Il est plus facile pour eux d’envoyer des médicaments, ça coûte moins cher, ils font une communication autour, il faut savoir que détruire sur place coûte plus cher (environ cinq dollars le kilo), et à envoyer, trois dollars à peu près.

Quel message peut-on apporter de ce côté-là pour éviter ce manque de transparence et n’a-t-on pas là l’exploitation de l’homme par les mains de l’homme ?

Ce serait de sensibiliser les gens pour faire savoir que certaines ONG travaillent très bien, mais d’autres moins, dont beaucoup d’ONG américaines d’ailleurs qui, elles, envoient des dons humanitaires complètement inappropriés ; on a vu en Indonésie des bonnets alors qu’on sait qu’en moyenne il fait 30 degrés ! Donc aucun intérêt, il y avait des machines à café, des médicaments périmés et beaucoup de choses comme cela. Ce qu’il faut faire, c’est sensibiliser les gens pour qu’ils comprennent qu’envoyer des dons, c’est bien, mais qu’il faut des dons appropriés et pas des « dons poubelles ». La Thaïlande qui est à côté de l’Indonésie est le deuxième fabricant de médicaments génériques, donc ils avaient finalement assez peu besoin de médicaments, on en a envoyé des tonnes et des tonnes. On a envoyé des tas de choses en Indonésie qui ne servaient à rien, et on se sert du don humanitaire comme d’une poubelle, les occidentaux ont tellement cette image, de se dire : nous, on est en Europe, dans des pays industrialisés, les autres pays, c’est tout le Tiers monde, et dès qu’il arrive une catastrophe, ça devient le Tiers monde, alors on se débarrasse de tout ce dont on ne se sert pas, sauf qu’on oublie, au passage, qu’eux non plus ne s’en servent pas... Donc il faut ensuite qu’ils s’en débarrassent...

Est-ce que vous n’avez pas eu le sentiment, lorsque vous êtes arrivés sur ce terrain qui était quelque part miné, que les gens, après le choc provoqué au niveau du 1er janvier, ont ressenti ensuite une lassitude ?

Non, je ne crois pas, parce que les gens sur place étaient quand même contents d’avoir de l’aide, parce qu’ils se trouvaient dans un système qui même un an après, était encore très désorganisé. Au niveau des infrastructures, pas trop, il n’y avait qu’une bande d’un à trois kilomètres pour certaines zones du bord de mer, par rapport au territoire, c’est infime finalement, au niveau du nombre de morts c’est hélas dramatique, Mandatché c’était l’équivalent de Clermont, il n’y a pas un habitant de Manchtché qui n’ait pas un membre de sa famille décédé dans le tsunami. Sensibles au problème, touchés, ils le sont, l’humanitaire, ils l’ont vu venir d’un bon œil pour certaines ONG, je le répète. Je ne crois pas que ce soit un trop-plein de leur part, ils se disent à l’inverse de nous, nous on les prend pour des gens du Tiers monde qui n’ont aucun moyen, alors que l’Indonésie est un pays quand même très développé, et ils se disent qu’on est complètement inculte par rapport à ce type d’actions.

Quel a été votre rôle, vous, en tant que réalisateur, avez-vous eu une position d’intervenant et de prévention sur le terrain ?

Non, en tant que réalisateur, pas du tout, je ne suis resté que trop peu de temps, puisque PSF n’avait pas un budget suffisant pour que l’on puisse y rester deux à trois mois. Lorsque je suis arrivé, l’équipe de PSF était déjà en place et je n’ai pas eu ce rôle-là du tout, contrairement à PSF qui l’a eu pleinement.

Quelle aide peut-on vous apporter dans le cadre de votre réalisation ?

Le mieux est de diffuser le film au maximum, évidemment les grands médias ont plus d’impact, il ne faut pas se voiler la face, mais plus les gens pourront voir ce film, surtout peut-être dans le milieu des ONG, dans le milieu médical, dans le milieu de l’aide humanitaire en général, mieux ce sera, ça évitera peut-être de recommettre ce genre d’erreur, même si on le sait très bien, beaucoup de personnes connaissent ce genre de problème. Malgré tout, ce que l’on a pu connaître en Indonésie on l’avait déjà en Croatie, dans le film c’est dit clairement. On s’est retrouvés quand même en Indonésie avec des médicaments qui venaient du Mexique, parce qu’il y a un turn over des médicaments, parce que les gens envoient des médicaments au Mexique qui n’en a plus besoin, peut-être même déjà périmés en arrivant au Mexique, et la destruction coûtant trop cher, ils sont renvoyés ailleurs.

Cet entretien a eu lieu, lors du dixième anniversaire de la MRI (mission des relations internationales à Clermont-Ferrand) au mois de décembre 2006, dans lequel nous étions partie intervenante.

Observant la célébration des Droits de l’homme, si les organisateurs s’étaient montrés largement à la hauteur, de même que dans la qualité des films projetés, on ne peut que regretter la faible présence du public ainsi que l’absence des élus de tous bords à une manifestation qui, à elle seule, devrait déplacer le cœur de l’ensemble de l’Auvergne, de la France, du monde. Cela au nom de tous ceux qui souffrent avec dignité, sachant faire face au despotisme des dirigeants et des zones où l’argent continue à régner en roi. Peut-on déstabiliser des idées ancrées à-tout-va, cela nous semble difficile. Comme le disait Talleyrand, ou tout du moins lorsqu’au XIXe siècle les Anglais inventèrent le football, les gens ne se reconnaissent que lorsque de façon inconnue ou presque ils peuvent vibrer pour des couleurs qui ne représentent en aucun cas l’usufruit de la liberté. C’est tout à fait à l’image de l’emprisonnement de Nelson Mandela qui dura pendant plus d’un quart de siècle ; de façon symbolique François Mitterrand l’accueillit à sa sortie de prison. Le seul crime de cet homme-là avait été de défendre la valeur de l’idéologie de ses pensées. Nous rentrons en pleine campagne pour faire valoir nos droits, nous pouvons affirmer effectivement que la qualité se doit de primer sur la quantité, nous avons pléthore de candidats aux présidentielles, aux législatives, aux municipales, sachons reconnaître avec la seule arme que nous ayons, notre carton d’électeur, ceux qui arborent la véritable valeur de la dignité de respecter l’autre. C’est là que la phrase souvent attribuée à Voltaire prend toute sa signification : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à mon dernier souffle pour que vous puissiez vous exprimer. »

A ce moment-là, la France avait encore besoin de ses couleurs. Maintenant, elle possède la télévision et sa désinformation.

Le Panda
Patrick Juan


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6 réactions à cet article    


  • Greg (---.---.169.218) 18 janvier 2007 22:56

    Y-a t-il possibilité de voir ce film ailleurs que sous ce format Flash vraiment mauvais (les sous-titres sont quasi illisibles) ? Par exemple Dailymotion Youtube ou autre ? Voir de le proposer en téléchargement ? Merci.


    • Le Panda Le Panda 19 janvier 2007 08:52

      @Greg, bonjour

      Merci de votre commentaire, oui nous allons faie le necessaire afin que tout un chacun puisse voir ce merveilleux film dans des conditions optimales.

      Laissez nous un délai jusqu’à lundi à venir avec toutes nos excuses par cette qualité effectivement compréssé par flash mx pro.

      Cordialement,

      Le Panda.

       smiley


    • Sylvain Godard (---.---.142.128) 19 janvier 2007 15:07

      je viens de lire l’article sur agoravox.fr et je vous remercie pour sa qualité. juste un petit bémol, peut-être dû à un problème d’incompréhension sans doute dû lui-même à mon débit de parole un peu trop rapide... dans la partie :
      - "Au niveau des infrastructures, pas trop, il n’y avait qu’une bande d’un à trois kilomètres pour certaines zones du bord de mer, par rapport au territoire, c’est infime finalement, au niveau du nombre de morts c’est hélas dramatique, Mandatché c’était l’équivalent de Clermont, il n’y a pas un habitant de Manchtché qui n’ait pas un membre de sa famille décédé dans le tsunami.

      en fait, c’est le nombre de morts sur la province d’ACHE qui correspond à clermont et même à son agglo (env 230 000 morts, je n’ai pas le chiffre exacte). et la ville citée est BANDA ACHE ou BANDA ACEH.

      merci encore pour votre article. cordialement.

      PS : Suite à une forte demande de certains internautes, une version en qualité supérieure sera disponible très prochainement. je vous communiquerais l’adresse dès qu’elle aura été crée.


      • Le Panda Le Panda 19 janvier 2007 16:35

        @Sylvain Godard,

        merci d’avoir tenu compte des intervenants et de notre entretien de ce matin.

        Vous avez par ailleurs vous même reçu des contacts directement par e-mails sur votre bal.

        Je vous remercie au nom de tous les lecteurs et de tous ceux ayant visionné l’extrait de votre film qu’ensemble nous ayons pu prendre cette décision. Cela me semble de bon aloi pour tous, en remerçiant l’équipe rédactionnelle d’AgoraVox, mais le 1er à avoir constaté l’erreur fut : Greg

        Cordialement,

        Le Panda

         smiley


      • Sylvain Godard (---.---.142.128) 19 janvier 2007 17:02

        Voilà, si la technologie ne nous fait pas faut bon, le film devrait etre en ligne en mp4 d’ici une heure à l’adresse suivante : http://www.com-une-image.com/page-type/video-institutionnel2.html puis cliquer sur le lien « 2nd tsunami-VF ». Merci de l’interet que vous pouvez proter à ce film et pour vos nombreux commentaires. Encore un grand merci au Panda et à toute son équipe.


        • Le Panda Le Panda 19 janvier 2007 23:56

          @ Sylvain Godard,

          merci d’avoir pu faire le necessaire afin de relancer la valeur de ce reportage, de ce film, des tourments que vous avez vécu pour nous apporter : Le second Tsunami

          Cordialement,

          Patrick Juan

          Le Panda.

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