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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Le redressement de l’éducation nationale n’est pas pour (...)

Le redressement de l’éducation nationale n’est pas pour demain

Ma Pré-rentrée, comme si vous y étiez …

Il est 9 h 27, la séance inaugurale de notre pré-rentrée ordinaire est enfin lancée après un café papotage qui a traîné en langueur. Madame la Principale égraine la litanie prévisible des tâches administratives qui nous tombent sur la tête. Nos supposés ancêtres les Gaulois avaient bien raison de se méfier de ce qui pouvait choir du ciel !

Comme de coutume, l'équipe de direction se présente en se repassant le microphone avec un art consommé de l'usage de cet instrument. Les professeurs viennent de recevoir le livret de rentrée et tels de mauvais élèves se plongent dans sa lecture sans trop écouter des discours fort convenus. Puis le personnel administratif et les agents sont présentés par le grand chef à la cantonade avant d'être renvoyés explicitement à leurs bureaux et leurs fourneaux. Comme s'ils n'avaient pas à connaître les professeurs …

Le tour des acteurs éducatifs se poursuit par les personnes que l'on désigne de l'heureux vocable de ressource. C'est toujours notre Principale qui tient le micro avant de donner la parole aux enseignants qui se passent d'amplification. Le message tonne, il est concis. Quelques uns osent la pointe d'humour, un nouveau papa invite l'assemblée à un apéritif. Il est heureux de constater que tous ces professionnels du discours n'ont pas perdu le sens du message bref mais audible ...

Après les salutations d'usage, l'assemblée débute dans le dur. Le bilan de l'année passée n'est pas glorieux, la cohorte précédente étant qualifiée gentiment de « difficile ». Les objectifs académiques n'ont pas été tenus, nous devrions nous couvrir le visage de honte. Car, dans ce cas-là, ça ne peut être que de la responsabilité des enseignants. La statistique est souveraine désormais et fixe la norme, qu'importe le contexte …

Le collège fait le plein. Il n'est d'ailleurs pas le seul puisque les établissements voisins sont également dans ce cas. Des inscriptions du secteur se sont avérées impossibles tandis que des appels à heures supplémentaires sont envoyés ici ou là pour assurer tous les services. On nous dira naturellement dans les médias, que la rentrée se déroule parfaitement. La maison éducation continue de plier sous les coups de la politique de lessivage du gouvernement précédent. Quant au suivant, il y a loin des intentions prochaines aux actes immédiats…

Les mauvaises nouvelles visent surtout notre section, victime déjà d'une discrimination intolérable en étant reléguée dans des locaux vétustes et très à l'écart d'un collège flambant neuf. On ne mélange pas les mauvais élèves et les enfants du Centre ville dans notre bonne ville. Pour ajouter un peu au sentiment d'abandon, il manque 10 heures d'enseignement (pour 70 élèves et seulement 4 heures au collège pour 480 élèves) et un poste de secrétaire. La rentrée sera largement influencée par ces carences qui affectent prioritairement les élèves les plus démunis. Heureusement, leurs parents ne se plaignent pas et le scandale continue dans l'indifférence de tous !

Une nouvelle conseillère principale d'éducation vient briser la léthargie ambiante. Elle évoque des changements radicaux, des mesures nouvelles qui brisent les habitudes et les représentations habituelles de la séparation des tâches. C'est le brouhaha, une petite bombe certainement à retardement qui promet de belles querelles.

Une photographie de groupe est proposée à la joyeuse troupe enseignante. Pendant que les uns posent, les agents récurent afin que tout soit prêt à l'heure. Certains se cachent pour échapper au cliché. Quant à moi, je refuse clairement cette parodie d'équipe alors qu'il manque une partie des adultes et que nous, les intervenants de la Segpa, nous sommes relégués le reste de l'année dans nos vieux bâtiments où les huisseries laissent passer tous les courants d'air du mépris de nos élus.

Le retour au calme s'impose car il nous faut examiner les dispositifs d'aide aux élèves. C'est la foire aux sigles et j'avoue y perdre mon latin, d'autant que bien souvent, ces noms disparaissent ou changent d'appellation avant que nous ayons le temps de les connaître. PPAI, PPDys, PPRE, … sont autant d'usines à gaz plus sûrement ronflantes qu'opérationnelles. Pour indispensables et utiles qu'ils puissent être, ils sont accompagnés d'une surenchère de paperasse dont le seul mérite réel est de rebuter les parents en difficulté. Je caricature à peine, hélas, c'est là qu'est l'os … Bien des mesures profitent ainsi le plus souvent aux seuls enfants qui sont très bien encadrés par des familles très au fait de leur droit !

Nous nous retrouvons une petite heure entre intervenants de notre section. C'est un temps enfin utile, loin des généralités qui ne nous concernent pas. La pause méridienne passée, nous nous retrouvons à nouveau confrontés aux informations du collège. Le cahier de texte électronique, les salles informatiques, l'inénarrable B2I, autant de choses si loin de la réalité de notre modeste paillote ! Pourquoi avoir à subir ce discours ? L'ennui gagne dès le premier jour ….

Ce sentiment de n'être pas du même établissement ne cesse de s'imposer à nous. Tout cela, parce qu'un Conseil Général, dans son immense souci d'équité, a reconstruit un collège en omettant d'y intégrer une section pour enfants sauvages, comme on disait à l'époque. Cette forfaiture étant passée inaperçue, pourquoi se gêner ?

Pendant cet exposé parfaitement technique, incroyablement soporifique au sortir du repas, immanquablement abscons pour ceux qui ne fonctionnent pas selon les mêmes modalités, je crois ne pas être tombé bien loin de la vérité lorsque j'écrivais le matin même ce petit commentaire :

« J’aimerais que des témoins extérieurs à notre grande maison assistent à ce moment si convenu, si vide, si ennuyeux, si indiscipliné pour comprendre à quel point il faudrait tout revoir dans notre système éducatif. Nous allons être noyés d’injonctions administratives, de papiers, de formulaires, de dossiers, de fiches à remplir ou à saisir, à proposer ou à anticiper sur l’année scolaire. Autant de lettres mortes, lues et exploitées par personne mais qui donnent à notre métier consistance et crédibilité aux seuls yeux d’une hiérarchie qui n’a que ça à faire ...

Alors, j’enrage de cette journée perdue quand il faudrait apprendre ce que devrait être le travail en équipe ! Face à un mammouth qui se transforme souvent en serpent de mer, on ne peut lutter et j’attends avec impatience le moment où je fermerai (pas forcément d’ailleurs) la porte de ma classe et où j’en aurai fini avec la litanie des tâches obligatoires, fastidieuses, répétitives et si ennuyeuses du début d’année. »

Voilà, vous savez tout d'une journée qui ne devrait pas être ordinaire et qui demeure si prévisible dans son déroulement insipide. Nous devons subir ce pensum avant que d'attaquer vraiment ce qui serait un magnifique métier s'il était épuré de toutes ces fadaises. Je devine que l'on va encore me taxer, à juste titre sans doute, de mauvaise foi. La modernité, l'évolution devraient constituer des aides, des outils facilitateurs. Au lieu de quoi, ils sont entraves et lourdeurs, injonctions et tracasseries, obscurité technique et langage ésotérique, affaire d'initié et secrets de spécialistes . Rien n'a changé, nous pouvons commencer l'année !

Dyscolairement leur.


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48 réactions à cet article    


  • non667 4 septembre 2012 15:38

    hors sujet par rapport à l’article mais en préventif par rapport à l’actualité qui ne va pas manquer de se manifester bientôt ! c’est la notation pédagogique des profs par les chefs d’établissements  (qui ont déja la notation administrative qui compte pour 2/5 dans l’avancement ) . il est à noter que l’inspection peut être faite a l’initiative de l’inspecteur ,a la demande de l’intéressé ou du chef d’établissement . dans tout les cas l’inspecteur rencontre informellement le chef d’établissement avant l’intéressé  ! si bien que l’on peut dire que la note est mise avant l’inspection ! alors pourquoi l’a confier officiellement au chef d’établissement  ??????????
    la seule explication plausible qui cadre avec toutes les autres réformes de l’ E.N. est que l’on la sabote (*) pour justifier la privatisation par l’autonomie des établissements et un recrutement /maintient des profs par le chef d’établissement (plus de recrutement par concours national anonyme mais recrutement à la carte politique ou piston ! )
    (*) = arrêt des notes....etc...


    • Abou Antoun Abou Antoun 4 septembre 2012 22:12

      si bien que l’on peut dire que la note est mise avant l’inspection !
      C’est ce que j’ai toujours soupçonné sans jamais pouvoir en apporter la preuve.


    • C'est Nabum C’est Nabum 4 septembre 2012 22:14

      non667


      Je sais le comportement d’un chef d’établissement éclair qui est totalement inqualifiable.
      Elle s’arroge tousles pouvoirs et se permet des propos qui dans une entreprise ordinaire lui vaudrait la porte. Elle refuse l’idée d’avoir une section spécialisée et fait tout pour la fermer et elle organise la réussite aux examens par une pression folle auprès des professeurs.

      Alors l’autonomie, vous savez ...

    • Taverne Taverne 4 septembre 2012 16:01
      « Le redressement de l’éducation nationale n’est pas pour demain ». Certes non. Pas avec « Peillon moins ». (Comme payons moins les professeurs")

      • C'est Nabum C’est Nabum 4 septembre 2012 22:15

        Taverne


        Ce n’est pas une affaire d’homme mais de vision claire pour notre institution.

      • Le péripate Le péripate 4 septembre 2012 16:35

        Le coût par élève a explosé entre 1985 et aujourd’hui. Alors que les élèves sont moins nombreux. Et que les résultats sont dégradés chaque année plus.
        Source.


        • C'est Nabum C’est Nabum 4 septembre 2012 22:17

           Le péripate


          Il faudrait se mettre d’accord sur les statistiques concernant cette maison. On dit tout et son contraire et j’avoue n’en rien savoir....

        • Le péripate Le péripate 5 septembre 2012 08:30

          Les chiffres seraient ceux du ministère même, vous trouvez qu’il faut se mettre d’accord ?

          Et entre temps de plus en plus de parents choisissent de mettre leur rejeton dans le privé, malgré le contingentement des places, malgré le fait de payer deux fois.

          Si l’Education Nationale était une entreprise normale elle aurait fait faillite depuis longtemps.


        • C'est Nabum C’est Nabum 5 septembre 2012 08:53

          Le péripate

          Vous savez qu’on fait dire ce qu’on veut aux chiffres.

          Je pense qu’il faudrait une analyse indépendante de ce dossier pour examiner
          Le taux d’encadrement
          le coût réel par élève
          Les gaspillage structurels
          ...

          En dehors du ministère


        • Le péripate Le péripate 5 septembre 2012 11:13

          Vous êtes doté d’une capacité au déni assez remarquable, bien que cette autisme soit général.

          Donc on fait dire aux chiffres ce qu’on veut, dites-vous. Sincèrement je n’ai rien contre vous mais je me demande comment vous abordez la science en cours, sans parler des questions morales.

          Car les chiffres ont un sens... pour les gens instruits.


        • C'est Nabum C’est Nabum 5 septembre 2012 12:54

          Le péripate


          Vous avez la chance d’être un être supérieur et vous ajoutez à ce privilège le mépris que méritent les gens de basses castes.

          Merci, celui qui n’est pas instruit vous remercie de lui avoir ouvert les yeux

        •  C BARRATIER C BARRATIER 4 septembre 2012 16:38

          Avec un prof comme l’auteur de cet article, non seulement il n’y a pas redressement, mais des plombs bien lourds qui coulent l’école. En voilà un qui à son âge attend encore qu’on le fasse travailler en équipe, incapable qu’il est de se joindre à d’autres pour le faire. Salarié d’une entreprise, il ne ferait pas long feu, ni boulanger, ni charcutier, menuisier, maçon, ingénieur, etc...Le mammouth est vraiment un refuge de ratés....heureusement minoritaires.
          Car ce que je sais des enseignants autour de moi, c’est qu’ils redémarrent en retroussant les manches, en se regroupant, et qu’ils vont apporter autre chose aux enfants que l’aigreur et l’image d’un échec...


          • C'est Nabum C’est Nabum 4 septembre 2012 22:18

            C BARRATIER


            Rassurez vous je ne suis qu’un humble, un médiocre qui prend en charge ceux dont personne ne veut.
            Je ne vaux pas plus qu’eux sans doute et vous, vous êtes un phare !

          • C'est Nabum C’est Nabum 4 septembre 2012 22:19

            Sabine


            Merci ! 

          • Giordano Bruno 5 septembre 2012 09:08

            C Barratier, vous n’avez rien compris à cet article. Manifestement, les difficultés de lecture ne sont pas l’apanage des écoliers, mais concernent également parfois le personnel censé l’instruire.


          • Ariane Walter Ariane Walter 5 septembre 2012 11:18

            Coucou nabum !

            Tu sais,barratier appartient à ces vieux bonzes d’Avox qui sont toujours suoérieurs à celui qui écrit. Quand tu regardes leur dossier tu t’aperçois qu’ils vont donnant des leçons à tous et partout.
            ce sont desdominants ratés qui se consolent ici.
            je trouve son intervention plus que limite.méprisante. le pire.
            rassure-toi : ton témoignage est justement très humble, très clair et ces « rentrées obligatoires » ont toujours été des pensums sans efficacité.
            Le secret de l’éducation nationale : peu d’élèves avec un prof passionné qui a en face de lui des élèves intéressés et pas assommés par des heures et des heures d’écoute.. Une quizaine par classe pas plus . Avec des rencontres interclasses. Des actions sociales dans la ville. Ce qui est un engagement politique. Oui. C’est le lien humain qui es tà revoir avec un personnel multiplié par 5. Au Moins.

            Qunat à l’argent qu’on donne en salaire , on le donne à la machine économique qui ainsi fonctionne.
            Les banques inventent de l’argent. le peuple doit faire de même mais là, ça servira..
            mais on y va.
            Notre monde est riche.
            cette richesse est à partager pour le bien de tous.


          • Lamouet 5 septembre 2012 11:41

            Le secret de l’éducation nationale : peu d’élèves avec un prof passionné qui a en face de lui des élèves intéressés

            Tiens, Ariane a inventé l’eau chaude !  smiley

            avec un personnel multiplié par 5. Au Moins.

            Quelle rigolade ! Ramener les problèmes de l’éducation aux seuls effectifs est irresponsable !

            Au fait, la Groupie ne mélanchonne pas aujourd’hui ?  smiley


          • C'est Nabum C’est Nabum 5 septembre 2012 12:52

            Ariane Walter 


            Grand Merci.

            Quant à ce monsieur, je voudrais lui dédier mon premier cours : Le monde merveilleux des mots. Mais je doute qu’il puisse comprendre. 

            Je vais donc le mettre imméditement en ligne pour lui dédier la prose d’un imbécile.

          • Abou Antoun Abou Antoun 4 septembre 2012 22:15

            La décapilotade de l’Éducation, ce n’est que la partie visible de l’iceberg.
            Pour qu’il y ait un redressement de l’E.N. il faudrait qu’il y ait un redressement de la maison France, on ne le voit pas poindre.


            • C'est Nabum C’est Nabum 4 septembre 2012 22:20

              Abou Antoun


              Je crois sincèrement que tout peut partir d’un grand mouvement éducatif.

              Mais je ne vois rien venir car les prérequis sont absurdes !

            • Abou Antoun Abou Antoun 4 septembre 2012 22:27

              On peut dire que l’École est le reflet de la société et , a contrario, que l’École fait la société. La seconde assertion est vraie quand il y a une volonté politique, nous sommes à présent dans le premier cas de figure.


            • C'est Nabum C’est Nabum 5 septembre 2012 06:34

              Abou Antoun


              Je crois hélas que nous sommes parfaitement d’accord et que nous déplorons l’absence réelle de volonté politique pour changer la société à partir d’une véritable refonte du projet scolaire.
              Le PS n’a aucune vision d’avenir (en dehors du Nucléaire, c’est dire !) et cherche simplement à se concilier un électorat.
              Où sont Jules Ferry et Jean Zay ?

            • Giordano Bruno 5 septembre 2012 09:19

              C’est Nabum, je suis hélas plus sombre que vous. Vous déplorez une absence de volonté politique pour changer la société à partir d’une refonte du projet scolaire ? J’ai bien peur au contraire que ce que vous observez ne soit le résultat d’une volonté politique qui atteint très bien les buts qu’elle se fixe : fabriquer des crétins comme dirait Brighelli, développer des travailleurs/consommateurs, et non des citoyens, limiter les connaissances et le développement des capacités cognitives afin d’éviter l’autonomie intellectuelle.

              Si comme je le pense, l’Education Nationale atteint parfaitement les objectifs de ceux qui la contrôlent, il n’y a aucune raison que les choses changent dans le sens que vous souhaitez.


            • C'est Nabum C’est Nabum 5 septembre 2012 06:38

              Slee


              Je vais essayer de rester correct !
              Venez prendre la place là où j’exerce ! 

              J’ai déja tenu des emplois à près de 50 heures par semaine et je peux vous assurer que ça n’a aucun rapport. Vous poursuivez l’œuvre de dénigrement et de mépris du gouvernement précédent, sans vous rendre compte que vous participez à la casse de la jeunne et nn de l’école.

              Mais vous devez être fier de votre saillie, alors continuez avec vos certitudes ...

            • Abou Antoun Abou Antoun 5 septembre 2012 07:29

              Slee ne fait que colporter des vieux poncifs.
              Il écrit clairement ce que malheureusement trop de gens pensent tout bas. Mais après tout pour être enseignant la recette est simple IL SUFFIT DE PASSER UN CONCOURS (pour l’instant). Donc si les grandes vacances vous intéressent, au boulot !
              PS : On se demande pourquoi aujourd’hui on n’arrive pas à trouver suffisamment de candidats intéressés par le farniente. Slee , vous avez votre chance !


            • C'est Nabum C’est Nabum 5 septembre 2012 07:34

              Abou Antoun 


              Avbec Slee, le poncif est souverain
              On devine où vont ses préférences en matière d’école ...

            • Abou Antoun Abou Antoun 5 septembre 2012 07:48

              Les sorties du genre de celle de Slee proviennent en général de gens qui n’arrivent pas à s’en sortir avec un ou deux gosses à la maison, mais qui pensent qu’ils sont capables de maîtriser la situation avec une quarantaine et qui plus est de leur apprendre querlque chose. En bref, des cons !


            • C'est Nabum C’est Nabum 5 septembre 2012 08:15

              Abou


              Je ne me permettrai pas ce genre d’interprétation.

              Ce qui est clair c’est que ce discours est général, qu’il circule dans la population en reproduisant les anathèmes d’une droite mercantile et méprisante qui a l’ambition de faire de l’enseignement un secteur totalement marchand.
              Ceux qui s’en font l’écho ignorent sans doute ce que deviendrait la société sans service public d’enseignement. D’autres aspirent franchement à une société segmentée et inégalitaire dés le plus jeune âge.

              Je ne sais où se situe notre interlocuteur mais je le plains franchement.

            • Giordano Bruno 5 septembre 2012 09:23

              Les profs font généralement plus de 35h par semaine. Pourquoi souhaitez-vous diminuer leur temps de travail hebdomadaire ? Ne serait-ce pas préjudiciable pour les élèves ?


            • C'est Nabum C’est Nabum 5 septembre 2012 10:00

              Giordano Bruno

              Je crains que votre interlocuteur soit hermétique à ce genre d’humour !

              Il est hostile au corps enseignant par principe


            • eilahtan117 eilahtan117 5 septembre 2012 11:12

              Par Abou Antoun(xxx.xxx.xxx.80)5 septembre 07:48

              Les sorties du genre de celle de Slee proviennent en général de gens qui n’arrivent pas à s’en sortir avec un ou deux gosses à la maison, mais qui pensent qu’ils sont capables de maîtriser la situation avec une quarantaine et qui plus est de leur apprendre querlque chose. En bref, des cons !

              Voyons voir... Etant donné que j’en ai 7, que j’ai déjà géré des groupes d’enfants (un trentaine) et d’adultes, qu’à ma connaissance les classes de 40 élèves ne sont pas courantes, et que pratiquant l’instruction en famille, je fais moi-même mes cours et mes corrigés... Et que pourtant je suis d’accord sur le principe de l’égalité en terme de temps de travail et de congés, cela fait de moi quoi ?

              Le problème, c’est l’inégalité : un instituteur qui fait 32h + soutien, et qui corrige ses copies chez lui en plus, on trouve cela normal, mais un prof qui en fait 18, refuse les soutiens (c’est pas son boulot !) et corrige chez lui, est payé plus que l’instituteur, on ne devrait pas lui demander de travailler plus ? Pourquoi, parce qu’il a fait plus d’études ?

              Enfin, beaucoup d’enseignants passionnés par leur métier et qui eux pour le coup s’en fiche qu’on égalise, sont dégoutés et finnissent par baisser les bras : eux ce qu’ils veulent c’est avoir les moyens de travailler, et c’est ce que ce monsieur dans l’article nous dit ! Hors ils sont tirés par le bas par ceux qui ne veulent pas qu’on touche à leur statut, sont absents régulièrement, n’honorent pas les rendez vous avec les parents ou encore refusent toute ouverture d’esprit sur leur méthode de travail... Eux ont envie d’aider les élèves, qu’ils soient dans la « norme » ou pas !

              En conclusion, en vous lisant, je constate que vous qui fustigez les préjuger sur les profs en allant jusqu’à être insultant, êtes finalement plus intolérat que la personne que la personne que vous critiquez !

              Il y aurait beaucoup à faire comme remettre l’élève au centre du débat, réduire les inégalités, valoriser les enseignants qui se décarcassent et sanctionner sévèrement ceux qui font l’inverse, leur redonner une certaine autonomie, etc...

              Et pour réformer, il faut concilier les idées des uns et des autres dans le respect et l’ouverture d’esprit, et non défendre un camp : tout est question d’équilibre ! J’éspère qu’un jour, nous serons tous assez intelligents pour cela...


            • JP94 5 septembre 2012 11:23

               1) Le service devant la classe est de 18 heures
              A cela s’ajoute 1,5 h soit 1h30 d’après les décrets de 1950 .
              Un prof a donc officiellement 2,5 x 18 = 45 heures hebdo de travail programmé
              S’il a 2 heures supplémentaires , il fera 2,5 x 20 = 50 heures hebdo .

              Un prof a donc un horaire hebdo supérieur à l’horaire légal , et non pas moins . Ne parlons pas des conditions , de la tension inhérente à ce travail : les élèves sont des enfants , ils ne sont pas sages comme des images et on doit les faire bosser tous , du matin au soir  : faire travailler , c’est du boulot ! On doit corriger les copies , c’est fastidieux , y compris pendant les vacances .

              De plus , on ne compte que les heures de travail effectives . Le temps de pause - souvent pour faire les taches administratives , rencontrer les parents etc ... s’ajoute au temps pédagogique .

              2) Pourquoi cet horaire légal supérieur mais aussi ces vacances ? Pourquoi ce salaire bas ?

              En fait les 2 mois de vacances ne sont pas payés : on touche 10/12 de salaire annuel réparti sur 12 mois . Mais les autres vacances non plus : elles sont « compensées » en jouant sur le salaire et la durée hebdo de travail .
              De plus l’obligation de durée légale de travail est en fait à la base de 45 heures hebdo avec 1 seule semaine de congés payés annuels , car la pratique en 1950 était de 1 semaine chez les salariés . Cela a donc été mis en place et n’a pas changé pour les enseignants , y compris lorsqu’il y a eu les 3 semaines , les 4 semaines et les 5 semaines de congés payés et 35 heures hebdo pour les autres salarié(e)s .
              L’obligation légale a été établie à 48 heures hebdo pour compenser les vacances scolaires : une forme d’annualisation du temps de travail .
              L’Etat n’applique même pas le Droit pour ses fonctionnaires .
              En conséquence , le salaire est bas du fait des vacances non rémunérées , du fait de la non revalorisation du salaire pour compenser les Droits acquis par les autres salariés ... les enseignants ne sont sans doute pas assez mobilisés pour leurs propres droits .

              Du fait de la diminution d’horaire pour ... les élèves , un prof a plus d’élèves à charge , donc plus de travail mais l’élève en a moins pour se former . C’est le contraire qu’il faudrait . Un prof disposant de plus de temps à consacrer à ses élèves doit avoir moins d’heures devant la classe . Les heures dégroupées ont été très largement supprimées : si un prof , 1 fois par semaine , donne cours en 1/2 groupe , cela permet aux élèves d’avoir plus accès à des explications , mais cela signifie que le prof , avec le même service aura 1 classe de moins ! ce que les gouvernements à la sauce libérale ne veulent pas payer ! 25 % d’enseignants en plus .. incompatible avec le TSCG et le verrouillage budgétaire européen .

              Les vacances , tant décriées ( avec en perspective la culpabilisation du salarié dans la crise ), sont un moment d’épanouissement irremplaçable ... surtout pour ceux qui en ont les moyens . Toutefois , restreindre les vacances est aussi contrôler plus l’individu . Les vacances sont du temps libre ... et bien perçues comme telles .


            • Ariane Walter Ariane Walter 5 septembre 2012 11:33

               Corriger des copies dans un lycée n’a rien à voir avec corrigerdes copies dans un collège.
               Quand vous allez chez le garagiste vous payez plus cher si le gars reste deux heures et non une heure sur votre bagnole.
              Et quand vous allez voir un spécialiste en médecine vous payez plus cher que si vous allez voir un généraliste. parce qu’il a fait des années de plus d’études.

              Arrêtez de tenir des discours à la Le pen !
              (Je fais ici allusion à sa dernière interview avec Bourdin où son grand mot est « il faut que les maîtres retrouvent leur autorité ! »
              Quel programme !
              C’est le gouvernement qui va édicter un décret pour qu’ils aient de l’autorité ????
              Ils ont moins d’autorité depuis qu’on sait que les études mènent surtout au chômage...Et qu’ils ont 45 gosses par classe. et que les gosses sont moins attentifs parce qu’éduqués avec des moyens qui ne demandent par d’exercice de mémoire. Et que les parents prennet le parti de leur enfant.

              ca en fait des choses à changer Mme le Pen !
              « Il faut que les maîtres retrouvent leur autorité !!!! »
              Et que la pluie tombe quand la terre est sèche !


            • Lamouet 5 septembre 2012 11:47

              les enseignants ne sont sans doute pas assez mobilisés pour leurs propres droits .

              Ben non, ils sont restés infantilisés, passant du rang d’élève à celui de prof, sans s’être réellement frottés au monde extérieur ; c’est bien connu, un enseignant, ça se repère tout de suite en société.  smiley

              à la CASDEN, on les appelle des « casse-dents »  smiley


            • Lamouet 5 septembre 2012 11:55

              Et qu’ils ont 45 gosses par classe.

              Misérable mensonge. Consultez les dernières statistiques :
              29 élèves en moyenne par classe en lycée d’enseignement général
              25 en collège

               smiley


            • C'est Nabum C’est Nabum 5 septembre 2012 12:39

              JP94


              Il y a beaucoup de choses vraies dans ce que vous voulez expliquer à des gens qui n’ont nullement envie de les entendre.

              APR contre votre argument sur les vacances est maldroit car pourquoi serions nous les seuls à disposer un temps d’épanouissement personnel ?

              Je crois que cet avantage est la pierre d’achoppement et qu’elle constitue l’ancrage de toutes les attaques. Soyons très prudents dans ce domaine.

            • Guy BELLOY Guy BELLOY 5 septembre 2012 10:58

              elle organise la réussite aux examens par une pression folle auprès des professeurs

              Quel genre de pression ?


              • C'est Nabum C’est Nabum 5 septembre 2012 12:34

                Guy


                Je sais un établissement ghetto qui a favorisé la réussite au DNB pour entrer dans des objectifs absurdes en dehors de toute réalité de terrain. Surveillance relâché, consigne de sur-notation, retrait des statistiques des absents ... Tout est possible quand le pourcentage fait office d’élement unique de référence.
                Le contexte existe et l’échec n’est pas toujours signe d’insuffisance pour les enseignants.

                L’humain devrait toujours échapper à la nomre et aux nombres !

              • kalagan75 5 septembre 2012 11:08

                le métier d’enseignant ne peut faire l’objet d’une généralisation comme le font ici certains critiques : comment comparer une enseignante de segpa dans un collège difficile et un agrégé ayant à rendre 14H /semaine avec uniquement les meilleures terminales dans un beau lycée !

                Pour davantage de justice dans ce métier, les enseignants ayant accès aux « meilleurs publics » devraient donner un nombre d’heures de cours supérieurs à ceux exerçant dans un environnement difficile .
                Quant aux agrégés, officiellement plus compétents, ne devant donner que 15H/semaine, ils devraient être alignés sur les certifiés, c’est à dire 18H/semaine : que leur salaire soit supérieur , c’est logique, que leur temps de travail soit réduit , nous devons être le seul pays au monde à pratiquer ce système .


                • JP94 5 septembre 2012 11:38

                  Pourquoi pas les certifiés à 15 heures avec revalorisation d’indice ?
                  C’est ça qui serait juste .
                  Vous savez ce que c’est que de bosser 18 heures devant une classe , avec toutes les préparations , dont la durée a augmenté depuis l’informatisation des taches , de même que celle des taches administratives ?

                  Un certain nombre de collègues - dont le conjoint a un salaire plus conséquent - optent pour un temps partiel justement égal à 15 heures ... Pour bien travailler , 18 heures classes actuelles c’est trop . Allonger le temps de travail des uns ne peut améliorer les conditions de travail des autres .
                  Le métier n’est jamais facile . Il peut être pénible .

                  La justice ne peut pas constituer en un allongement de la durée de travail alors qu’elle n’a jamais été réduite lors des réductions successives depuis 1950 .

                  Que les agrégés travaillent 15 heures classes , c’est très bien aussi pour l’Emploi .
                  Certains profs et notamment les agrégés poursuivent des recherches .

                  Libérer du temps de travail peut favoriser le travail de recherche . Cette piste n’est pas du tout envisagée ni favorisée .

                  Un prof qui veut passer l’agrég la prépare en plus de son boulot accaparant et ses 18 heures classes . Rien n’est fait pour permettre à un prof de se former réellement . Pourquoi pas des mi-temps formation rémunérés 100% à la condition d’être assidus à la formation ?

                  Voila encore des propositions qui me paraissent plus progressistes qu’augmenter un temps de travail bien occupé .

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