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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Le tirage au sort : un pas vers la réelle démocratie

Le tirage au sort : un pas vers la réelle démocratie

« Le tirage par le sort est de la nature de la démocratie ; le suffrage par le choix est de celle de l'oligarchie » Montesquieu (Esprit des lois, livre 2 chapitre 2)

« Il est démocratique, par exemple, de tirer au sort les magistrats ; oligarchique de les élire » Aristote (Les politiques, livre 3, chapitre 9)

Lorsque les révolutionnaires des 17ème et 18ème siècles en Angleterre, aux USA et en France ont mis en place le régime d'élections que nous connaissons encore aujourd'hui, ils ne voulaient pas instaurer une démocratie.

« Il faut écarter le peuple en corps du gouvernement » pour créer un « corps choisi de citoyens » appelés à devenir « une classe de professionnels de la politique » écrivait notamment l'abbé Siéyès qui a inspiré toutes les constitutions de la période révolutionnaire (propos de l'abbé Siéyès sur la question du veto royal en 1789)

Si le droit de vote a un aspect démocratique de part l'égalité des suffrages, force est de constater qu'il contribue à donner des résultats inégalitaires : les élus ne ressemblent pas à leurs électeurs.

L'élection, évidemment, sélectionne préférentiellement :

- ceux dont la communication est la plus efficace

- ceux qui paraissent les meilleurs, les plus compétents

- ceux qui disposent de temps, d'argent, de relations et sont portés par un grand parti

- ceux qui disposent de certaines caractéristiques (comme le fameux « charisme »)

Et lorsqu'il y a plusieurs degrés d'élections, le principe « distinctif » est démultiplié (voir le Sénat).

La notion de représentativité a été inventée par les monarchies anglaises, puis françaises aux 12ème/13ème siècle : en faisant élire des représentants dans les corporations, les monarques avaient constaté que les impôts rentraient mieux.

Ces élus faisaient une promesse d'obéissance au pouvoir.

Dans le système moderne de démocratie représentative, la promesse d'obéissance a changé de camp.

Ce ne sont plus les élus qui obéissent au pouvoir (je rappelle que démocratie signifie « pouvoir au peuple »), ce sont les citoyens qui obéissent aux élus.

Le citoyen ressent un sentiment d'obligation d'accepter le résultat, d'abord (même quand la faiblesse de la participation est telle que l'élection devrait être purement et simplement déclarée caduque) , puis de s'incliner devant les décisions prises par ceux qui ont été élus « démocratiquement ».

L'élection permet ainsi de mieux garantir l'obéissance populaire à une « aristocratie » élective, composante de l'oligarchie, se partageant les postes de pouvoir dans un jeu de chaises musicales.

Cette aristocratie élective fait accepter, avec l'aide d'autres pouvoirs comme celui de certains médias, des décisions favorables à l'oligarchie, comme les privatisations, les baisses d'impôts des plus favorisés, tout en tenant compte, par des discours manipulateurs, des désinformations, des absences d'informations, d'une possible future sanction électorale.

La collusion des élites, régulièrement et justement évoquée, n'est pas un dysfonctionnement à dénoncer, mais bel et bien une norme à prendre en compte et à contrecarrer.

Il n'est ni possible, ni même souhaitable de supprimer l'élection.

L'important est de ne plus définir l'élection comme étant la seule, l'exclusive légitimité politique.

Le tirage au sort est un mode de désignation intrinsèquement démocratique.

Il a beaucoup d'avantages et un seul inconvénient.

Évacuons immédiatement l'inconvénient : l'incompétence éventuelle du désigné.

Remarque  : être élu ne garantit ni la compétence, ni la connaissance absolue des domaines dans lesquels des décisions vont être prises, n'est-ce-pas ? Un élu s'entoure de conseillers et de collaborateurs, demande l'avis d'experts, n'est-ce-pas ?

Ce problème de l'incompétence peut être résolu par le volontariat (le désigné peut refuser le poste en exposant ses motifs), des méthodes de discussions informatives, consensuelles, et en réservant le tirage au sort à la constitution d'assemblée(s)... Si ce n'est l'assemblée nationale ou/ et le Sénat, alors une assemblée populaire ayant un pouvoir décisionnel et en mesure d'exercer un contre pouvoir à la classe politique (composante élective de l'oligarchie) et à la finance (composante, non élective, de l'oligarchie).

Les avantages  :

1 - Le tirage au sort est automatiquement représentatif de la population.

Un échantillon sélectionné au hasard ressemble à l'ensemble, contrairement à un échantillon sélectionné par tous autres moyens (concours, cooptation, ou élection).

Paul Diels, père de la théorisation des conférences du consensus, employait cette métaphore, en 1970 : « Si l'on souhaite connaître ce que pense ou veut le peuple, la première démarche est donc de convoquer un peuple en miniature, de la même manière qu'avec une cuillère dans un pot de confiture... le contenu prélevé a exactement la même composition que le contenu du pot »... Et c'est bien de cette méthode que s'inspirent les sondeurs.

2 – Le tirage au sort garantit mieux l'impartialité des décisions et limite la corruption.

Un échantillon sélectionné sera plus apte à résister à des considérations extérieures à l'intérêt général comme peuvent l'être les élus soucieux de leur carrière politique et soumis à la procédure élective

.Le risque de corruption est limité, lui, en raison de la volatilité des désignés ; la corruption s'ancre dans les positions établies alors qu'il est plus difficile de corrompre quelqu'un qui n'est que temporairement en poste.

3 – Le tirage au sort organise le partage du pouvoir.

Il implique une rotation des postes (le désigné siège un temps relativement court : en général un an) et la reconduction, si elle n'est pas interdite, sera due au hasard, donc exceptionnelle.


4 – Le tirage au sort est plus égalitaire

Le citoyen n'est vu que comme un sujet du choix (son choix de vote) et non pas comme un objet du choix (sa chance d'obtenir un poste dans l'appareil politique).

Combien de ceux qui s'intéressent à la politique, dans le sens noble du terme « s'occuper des affaires de la cité », ne peuvent passer à travers des philtres trop nombreux de la politique organisée et de l'élection (appartenance à un parti, réseaux d'influence, moyens financiers, …) ?

Contrairement à l'élection, le tirage au sort offre à tous l'égalité des chances d'accéder au processus décisionnaire de la démocratie.


5 – Le tirage au sort stimule le sentiment d'appartenance à une démocratie.

Savoir qu'on peut être désigné un jour ou l'autre incite à s'intéresser à la politique, à s'informer (vraiment), à éveiller son civisme, à cultiver son esprit critique, à participer à « la vie de la cité »,....


6 – Le tirage au sort responsabilise (alors que l'élection infantilise)

Le désigné devra prendre des décisions, il sera partie prenante dans le système démocratique, il deviendra ainsi un citoyen « adulte ».


7 – Le tirage au sort apaise les tensions.

« Nul n'est affligé par le choix du sort » Montesquieu (encore lui).

Le tirage au sort évite les querelles de factions, renforce la cohésion sociale (les désignés seront ouvriers, employés, cadres, chômeurs, précaires, jeunes, vieux, etc...), règle les problèmes de parité homme/femme, …

************

Les anciens athéniens ont inventé le tirage au sort après avoir inventé l'élection. Ils avaient constaté que les aristoï (= les bons, beaux, riches, honnêtes (!) qui ne travaillaient pas) occupaient tous les postes de décisions.

Ils ont alors eu recours de plus en plus souvent au tirage au sort.

C'est ainsi, par exemple, qu'à partir du IV ème siècle avant JC, seuls des tribunaux tirés au sort avaient le pouvoir de modifier les lois.


A notre tour : « inventons » le tirage au sort après avoir « inventé » l'élection !

En route vers la réelle démocratie !


***********

Nota : ce billet est très, très largement inspiré d'un texte inachevé de Michel Simonin. Merci à lui.
 


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Réagissez à l'article

44 réactions à cet article    


  • miha 6 septembre 2011 10:14

    On a beau se lire et se relire, on laisse toujours passer des erreurs.

    Excusez-moi pour :

    2 fautes pourtant flagrantes :

    - « Si le droit de vote a un aspect démocratique de PAR (et non »part« ) l’égalité des suffrages »

    - « Combien de ceux qui s’intéressent à la politique, dans le sens noble du terme « s’occuper des affaires de la cité », ne peuvent passer à travers des FILTRES (et non »philtres« ) trop nombreux de la politique organisée

    et l’oubli de la majuscule dans ’les anciens Athéniens »


    • Kalki Kalki 6 septembre 2011 15:48

      La démocratie politique est d’abord ECONOMIQUE DANS UNE ALLOCATION UNIVERSELLE  ! et quand les ressources et la productions ( et qu’il n’y plus aucun travail meme dans le tertiaire )


    • miha 6 septembre 2011 15:59

      Ben, non... moi, je ne veux pas de la croissance, sauf si on parle de la croissance de l’intelligence, du bon sens, de la responsabilisation... de la réelle démocratie.

      La croissance telle qu’on la comprend généralement ne profite qu’aux plus riches. Il serait grand temps de s’en rendre compte.

      nota : savez-vous que écrire des phrases en majuscules veut dire que l’on crie et cela donne la désagréable impression d’être agressé ?


    • zelectron zelectron 6 septembre 2011 20:27

      @miha
      Vous avez un lien (ou plusieurs) en ce qui concerne Michel Simonin ?


    • miha 6 septembre 2011 20:47

      @Zelectron : non, je n’ai pas de lien ; il s’agit d’un ami d’un ami, je ne le connais même pas personnellement.

      J’ai demandé l’autorisation de me servir de son texte pour faire mon article ; texte que je n’ai pas transcrit en entier et auquel j’ai ajouté ma propre façon de voir les choses.

      En gros, j’ai fait le tri et ajouté plusieurs grains de sel de mon cru.


    • bnosec bnosec 6 septembre 2011 11:03

      Vous ne listez que les avantages.
      J’attendais un chapitre « les désavantage » puis une conclusion.

      Enfin bon vu que le principe même de tirage au sort est complètement con, j’avoue avoir survolé l’article...


      • miha 6 septembre 2011 11:18

        Survolé, en effet.

        Le tirage au sort ne présente qu’un inconvénient, que je mentionne, on ne fait pas une liste avec un seul élément.


      • HELIOS HELIOS 6 septembre 2011 12:11

        Attention, mode Troll : ON

        ben voila, notre nouveau ministre de l’interieur a été « tiré au sort ». Nul doute que ses décisions, deduites de ses nombreux conseillés et experts qu’il aura choisi vont etre pertinentes...

        - expert en sécurité routiere : Karim, qui reussi a voler une BM en moins de 3 mn...
        - conseillé en immigration : Abdoul, qui connait bien les passeurs de Gibraltar et qui a fait venir toute sa famille de Casa...
        - etc...

        ah, j’oubliais, le nouveau ministre s’appelle Momo, c’est lui qui fait la shouffe a l’entrée de la cité pour detecter les keufs....

        Je vous assure, que le tirage au sort sera bien representatif de la societe française. Personne ne doute que les decisions de Momo, avec les conseils de ses experts, seront moins mauvais pour la France, que ceux d’un quelconque Hortefeux.

        Il reste juste a savoir, si lorsqu’on met la cuillere dans le pot , on ne recupere pas le noyau du fruit qui rend la confiture si bonne lorsqu’elle est cuite avec ....

        euh... Mode Troll : OFF

        eh, eh....


      • miha 6 septembre 2011 12:22

        il ne s’agit pas de tirer au sort un ministre (d’ailleurs, ils ne sont pas élus non plus)

        Il s’agit de constituer une assemblée... dans laquelle, en effet, on retrouvera un mélange de tous ceux qui forme la population.

        Quant à la « virginité » judiciaire de nos élus... il y aurait beaucoup à dire.


      • HELIOS HELIOS 6 septembre 2011 12:56

        ... bien sûr, c’est de l’humour’ destiné a montrer la complexité du probleme.

        Je suis personnellement tenté par ce type de designation des representants du peuple...

        Sauf que, quel que soit le mode de selection, cela reste toujours un systeme « representatif » avec un « tunnel » pendant la durée du mandat, permettant a l’elu, le choisi... d’apporter une nuisance certaine.

        Donc, mon propos est bien de mettre en place le systeme de controle citoyen limitant l’effet tunnel au maximun et redonnant au peuple le choix de ses decisions au plus proche de sa volonté... et cela peut se faire independament du mode de designation. L’important etant la democratie.


      • enréfléchissant 6 septembre 2011 13:58

        Justement, on ne tire pas au sort des représentants, pas des gens qui décident et dirigent, mais des gens qui appliquent les décisions du peuple(assemblées générales), que l’on peut contrôler, ce sont des délégués. 



      • miha 6 septembre 2011 14:01

        Merdi de m’avoir devancé pour répondre.. en plus, je n’aurais pas mieux dit.


      • YVAN BACHAUD 6 septembre 2011 16:20

        SI les tirés au sort exécute les décisions des AG ? Ils sont inutiles il y a l’administration pour appliquer les lois.

        Pour moi pour gouverner il faut un projet sur plusieurs années . Il faut donc des élus qui se présentent sur un projet globales que l’on élit pour un temps.
        Et le RIC pour arbitrer sur certaines lois.

        Avec des gens tirés au sort il y a aura des majorités différentes sur chaque sujet ! Il faudra chercher la majorité sur chaque projet et cela ne permet pas une politique cohérente.

        En revanche c’est super pour faire une Constitution avec quelques options et on la soumet à référendum quand elle est finie.


      • miha 6 septembre 2011 17:17

        Si vous pensez que c’est super pour une constituante, et je suis d’accord, ça l’est donc aussi pour une assemblée populaire de surveillance et de controle, non ?

        Mieux que d’obtenir la majorité : le consensus.

        Des études démontrent que le consensus est possible dans un groupe de 50 personnes et que, après les tiraillements inévitables de début de débat, les efforts pour y parvenir donnent lieu à des échanges riches et innovants..

        L’assemblée populaire pourrait donc travailler par groupes de 50 personnes traitant chacune d’un sujet différent.

        Les désignés n’ayant pas é défendre les idéologies et les prises de position d’un parti, comme c’est le cas pour les élus, sont bien plus libres de parler et de décider.


        • miha 6 septembre 2011 12:48

          Très bon article, en effet, merci de le relancer.

          C’est Etienne Chouard qui m’a permis de réfléchir à ce sujet, depuis des mois, voire des années et de comprendre qu’il a raison de prôner ce sytème le plus démocratique qui soit.

          Le tirage au sort, méthode ancienne qui a pourtant fait ses preuves, paraît être un concept nouveau qui « heurte » encore les habitudes et va à l’encontre de cette aberration inscrite dans les cerveaux des populations qui voudrait que la démocratie se limite au seul droit de vote.

          Beaucoup de travail à faire pour réveiller l’esprit critique autour de nous...

           


        • zelectron zelectron 7 septembre 2011 01:16

          Chouard a une orientation de gauche alors qu’il s’agit d’être neutre politiquement parlant sur ce sujet, de plus sa video dure, dure, dure... A croire qu’il a oublié "ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mot pour le dire arrivent aisément«  !
          En deux mots : des »élus« contrôlés* par des »jurés" disposant d’un droit (devoir) de sanction et désignés par tirage au sort.


        • miha 7 septembre 2011 14:09

          @Zélectron :

          « En deux mots : des »élus« contrôlés* par des »jurés« disposant d’un droit (devoir) de sanction et désignés par tirage au sort. »

          C’est un bon résumé et ce serait un bon début : un pas vers la réelle démocratie.

          Etienne Chouard est neutre, me semble-t-il.

          Même de gauche, ce n’est pas comme un politicien qui se sent obligé de suivre les ordres de son parti sans aucun recul.


        • Moïse Moïse 6 septembre 2011 12:58

          Remarquable ton article, dans sa construction et le développement des idées.


          Tu as réellement un talent sur le plan de la mise en forme des idées.

          Félicitations.

          Pourrai-tu jeter un regard sur le blog club des cinq millions et venir nous aider à mettre en forme nos idées, de façon anonyme ?


          • Giordano Bruno 6 septembre 2011 13:18

            Merci pour cet article. L’instauration d’une démocratie devient chaque jour plus pressante.

            Vous écrivez : L’élection, évidemment, sélectionne préférentiellement : ...

            Je rajoute 2 éléments très importants à cette liste :

            - Les tricheurs plutôt que les personnes honnêtes.
            - Ceux qui veulent le pouvoir, plutôt que ceux qui font preuve d’humilité.


            • miha 6 septembre 2011 14:10

              Merci de votre merci.

              L’ambition, en politique, n’est une mauvaise chose que lorsqu’elle est personnelle et non tournée vers l’intérêt général. Malheureusement, en effet, elle est surtout personnelle.

              Les tricheurs... voir la « communication » : les candidats à une élection se vendent comme un paquet de lessive : c’est à celui qui lavera plus blanc que blanc ... quand ce n’est pas transparent smiley


            • niberta 6 septembre 2011 15:10

              J’ajouterai que dans notre système les Elus ne pensent qu’à leur ré-election et non à s’occuper des réels problèmes de la nation, au moins au-delà de l’horizon des prochaines élections, on le subit cruellement en ce moment ou l’on a un gouvernement qui ne prendra aucune décision d’importance de peur de perdre les élections, car il faudra bien prendre des mesures peu populaires.




            • miha 6 septembre 2011 15:30

              @Niberta :

              Exact et en pensant à leur ré-élection, les politiques font de la démagogie, pas de la démocratie.


            • Sébastien Arnal 6 septembre 2011 14:03

              Excellent article, il manque juste un renvoi vers les séminaires de C. Castoriadis qui explique de manière magistrale combien le tirage au sort était l’âme de la démocratie grecque. Mais pour remettre cela en place, il faut avoir des citoyens, et donc une éducation politique.
              Je rappelle également que le peuple grec a gagné de ses mains le droit d’être représenté à l’Agora lors de la bataille de Salamine. Pour être un homme libre, il ne faut pas « trembler devant la mort », selon la belle formule d’Hegel.
              Il faut enfin savoir que ce que l’on nomme l’Administration, y compris la haute administration, avait, sous le régime grec, le statut d’ « esclave »...


              • miha 6 septembre 2011 14:16

                Une éducation politique... oh ! Que oui !

                Nous aurions beaucoup à apprendre d’étudier les anciennes démocraties.


              • Frabri 6 septembre 2011 15:16

                En attendant le tirage au sort, une étape , c’est de « déprofessionnaliser la politique »

                http://www.bing.com/search?q=%22d%C3%A9prof%C3%A9ssionnaliser+la+politique%22&qs=HS&sk=&pq=%22d%C3%A9&sp=1&sc=8-3&form=QBLH&filt=all

                Pour cela il faut un seul mandat a la fois non renouvelable.

                Être élu-e n’est pas une profession un métier, il n’y a pas d’école où on apprend à être un-e élu-e, avec un diplôme a la fin de la formation. 


                • miha 6 septembre 2011 15:28

                  Exact : déprofessionnaliser la politique est hautement souhaitable.

                  Le tirage au sort en est un des moyens.


                • YVAN BACHAUD 6 septembre 2011 16:44

                  Bonjour,
                  Quand je veux réagir au message cela affiche un autre article je copie donc ce à quoi je veux répondre.
                  L’article est très bien fait et argumenté sur les principes.
                  Mais PASSONS AUX RÉALITÉS...
                  miha approuve ceci
                  °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
                  Justement, on ne tire pas au sort des représentants, pas des gens qui décident et dirigent, mais des gens qui appliquent les décisions du peuple(assemblées générales), que l’on peut contrôler, ce sont des délégués.
                  °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
                  Je voudrais bien savoir QUI élabore les LOIS ?
                  Comment sont constituées les A.G pour faire les lois ?
                  Tout cela est bien vague...
                  Il n’y a plus de chambre élue ?
                  Il faudrait présenter une organisation des institutions nationales pour gouverner le pays,non ?


                  • miha 6 septembre 2011 17:08

                    Qui élabore les lois ?

                     Le gouvernement (qui n’est pas tiré au sort) et l’Assemblée Nationale.

                    L’assemblée populaire composée de citoyens tirés au sor, elle, pourra décider de les accepter ou non en se basant sur ce critère : Cette loi remplit-elle bien son rôle : protéger les plus failbes des abus des plus forts ?

                    Si on garde, ou tant que l’on garde une Assemblée Nationale la constitution des AG pour faire des lois ne changera pas.

                    Si, il y a encore une chambre élue si l’on garde l’Assemblée Nationale.

                    Le gouvernement continuera à gouverner le pays, sous le contrôle et la surveillance de l’Assemblée populaire..

                    Il ne s’agit pas d’éliminer toutes formes élections, il s’agit de faire un « mix » d’élus et de désignés... pas dans la même assemblée.

                    Une assemblée, pour être cohérente, doit comporter des membres tous issus du même processus. 


                  • De la hauteur 6 septembre 2011 17:58

                    Article raisonnable d’un hurluberlue de politique fiction.
                    Aller voté est un problème de conscience, et il serait temps en France ce qui vote. arrête de voté par affinité politique, ce qui explique le nombre de plus en plus croisant incompétents, carriéristes, magouilleurs.

                    Idéalement il serait bon de voté pour celui incarne en amont l’élaboration de ses lignes directives avec l’ensemble des électeurs et qui refuse de se soumettre aux programmes prédigérés des parties Politiques.

                    La majorité des français qui ne sont pas dans les parties demande à ce que nos hommes politiques arrêtes de nous vendre des boniments auto proclamés.

                    Nous vivions l’acquîtes de la conscience, et cette conscience demande à ce que la Liberté de Pensé soit respecté, et que les conséquence de ses actes aussi.


                    • Caleidoscophase Caleidoscophase 6 septembre 2011 18:51

                      Mr Etienne Chouard a surement raison d’évoquer la Grèce antique ainsi que le tirage au sort , mais deux siècles de mise en oeuvre de ce processus n’ont pas donné que de bons résultats !

                      On peut (on pourrait ) ,tout aussi bien imaginer un mix avec des élections à la proportionnelles à un seul tour , pour une assemblée représentative composée de la multitude des partis ( non professionnels , non cumulards et avec des salaires raisonnablement décidés par une commission ) commission composée de personalités et de citoyens tirés au sort précisément ( selon leur compétence ainsi que leurs facultés... et évidemment en tenant compte de leur volonté à servir l’état ) ;

                      Donc, d’un coté ,une commission consultative composée de citoyens tirés au sort la plus universelle possible et qui aurait les pouvoirs d’intervenir sur les décisions et orientations du pays en proposant réfferendum (RIP ) chaque fois que nécessaire et le plus souvent possible ,donc... !

                      D’un autre coté , des représentants de tout bord et de toute sensibilité élus et payés pour mettre en forme les décisions de la commission susnommée . ( les divergences politiques auraient de fait vite fait de disparaitre ainsi que le bipartisme ou l’apparatchisme )

                      quelle différence avec ce qui nous est proposé depuis des lustres ?

                      - la différence , c’est qu’un certain nombre de citoyen commenceraient à s’intéresser à la politique ainsi qu’à la vie du pays , donc, principe éducatif !!!
                      - le deuxième point , c’est bien évidemment l’irruption du concept de démocratie participative , ce qui veut dire que chacun aurait son mot à dire et le mot de chacun serait pris en compte  !

                      quoi... trop compliqué ... c’est mieux de se faire enfumer d’un bout à l’autre de l’année par de pseudo spécialistes de la chose qui accumulent bourdes et saletés à l’encontre de l’intérèt des citoyens , allez ,allez ... fissa ! un changement de paradygme ne pourrait pas nous faire de mal , j’aurais du dire un changement d’avenir ,non ?

                      Et sur la lancée , une ENORME votation sur l’avenir de la France au sein de l’Europe afin d’en sortir et fissa ! ( si l’on doit en baver ,autant en baver mais dignement car pour l’instant l’Europe représente une bévue considérable et un boulet incontrolable !!!





                      • Caleidoscophase Caleidoscophase 6 septembre 2011 19:19

                        le scrutin à la majorité induit le bipartisme et celui-ci nous rend esclave d’une minorité appelée aristocratie de pouvoir ,généralement aisée et décomplexée !
                        Il nous rend esclave d’une moitié de la population qui s’est trompée par manque d’éducation politique (délégation -représentation) , il nous rend esclave de nous-mèmes par manque d’horizon ( 2002- Chirac élu à 80% pour rien finalement ) Il nous rend esclave et doit étre d’autant plus combattu , qu’il (le bipartisme) induit le résultat du réfferendum sur l’Europe ou les français ont été particulièrement niés ,ignorés dans leur choix profond ! 

                        l’émulation ou disons la mayonnaise est en train de prendre , rassurez-vous ,ils sont mal dans leurs baskets ,c’est maintenant que nous devons mettre le paquet en communicant tout azimut ,en créant blogs et sites sur internet avec liens et vidéos ,et tutti quanti ,et dans les proportions de chacun « un peu honnète » s’exprimant ici ou dans le cercle convivial de la famille ,des amis,du boulot , c’est maintenant !


                        • Axel de Saint Mauxe Axel de Saint Mauxe 7 septembre 2011 20:44

                          Autant que le suffrage universel, le tirage au sort donne leur chance aux médiocres.


                          • miha 8 septembre 2011 02:10

                            Quelle vision médiocre de la démocratie !

                            Alors quoi ? Ni élections, ni tirage au sort ?

                            La dictature ?


                          • Jean 11 septembre 2011 09:56

                            Et l’ élection leur chance aux escrocs.


                          • Djapaskero Djapaskero 11 septembre 2011 13:26

                            « (...) Alors, bien sûr, la première objection au tirage au sort tient souvent à la crainte de tirer au sort des personnages indésirables ou même dangereux. 

                            D’abord, il ne s’agit pas de mettre quelqu’un »aux manettes«  : en démocratie, ce ne sont pas les représentants qui décident, c’est le peuple lui-même réuni en assemblée.

                            Mais aussi et surtout, les Athéniens, exactement comme nous, avaient très peur de tirer au sort des incapables, des malhonnêtes, des abrutis, des salauds... Et pourtant, j’attire votre attention sur le fait que, malgré cette peur, ils ont pratiqué le tirage au sort pendant 200 ans avec succès... On peut donc penser qu’ils avaient trouvé des institutions complémentaires capables d’apaiser ces craintes.

                            Effectivement, on trouve dans les institutions athéniennes toute une série d’institutions protectrices qui servaient à « border le système » et empêcher les abus de pouvoir (voir en bas à droite du schéma (K)) :

                            Les 6 institutions complémentaires qui protègent des faiblesses du hasard

                            • Avant le mandat, le volontariat (L), d’abord, permettait une forme d’autocensure puisque ceux qui ne se considéraient pas eux-mêmes comme capables s’excluaient d’eux-mêmes. Ce point est aujourd’hui discutable, à mon avis : il serait bon d’inciter tout le monde à participer (y compris et surtout les personnes justes qui ne se soucient pas de gouverner, dixit Alain) ; avec possibilité de refuser, bien sûr.

                            Par ailleurs, la docimasie (M), sorte d’examen d’aptitude (mais pas de compétence puisque l’égalité politique était de principe), examen qui permettait d’éliminer les bandits et les fous, était un autre barrage contre les indésirables avant tout mandat.

                            Enfin, l’ostracisme (N) (importante institution qui n’avait pas, à l’époque, de connotation péjorative, au contraire) permettait de mettre au ban (temporairement) un citoyen considéré comme effrayant (sans le tuer, sans le ruiner, et sans même le déshonorer) : chaque citoyen pouvait graver le nom d’un personnage jugé dangereux sur un ostracon, fragment de poterie, et celui qui était le plus souvent cité était éloigné de la vie politique pour dix ans.

                            • Pendant le mandat, les tirés au sort étaient révocables (O) à tout moment, par un vote de l’assemblée.

                            • En fin de mandat, les tirés au sort devaient rendre des comptes (P) et cette reddition des comptes était suivie de récompenses (honorifiques) ou de punitions éventuellement sévères. Montesquieu soulignait à ce propos que la combinaison entre le risque de punitions et le volontariat permettait de filtrer efficacement les citoyens désignés et rendait le tirage au sort intéressant pour le bien commun : grâce au risque de punitions, il y avait moins de volontaires fantaisistes ou dangereux.

                            • Après le mandat, même, deux procédures d’accusation publique ex post (Q) permettaient de mettre en cause après-coup des acteurs éventuellement fautifs : le Graphe para nomon et l’Eisangelia : l’une pour réexaminer une décision de l’Assemblée (et éventuellement punir un citoyen qui aurait induit l’assemblée en erreur en défendant un projet finalement nuisible), l’autre pour mettre en accusation un magistrat.

                            Tout cela est infiniment plus protecteur qu’un système d’institutions reposant sur l’élection qui, elle, fait comme si on pouvait compter sur la vertu de certains acteurs, meilleurs que les autres.

                            Le tirage au sort, lui, est au centre d’institutions qui assument les conflits et les imperfections individuelles en se fondant sur la défiance et en prévoyant des contrôles à tous les étages.

                            Ne pas oublier que

                            le tirage au sort ne désigne pas des chefs, mais des serviteurs. »

                            (source)


                          • Djapaskero Djapaskero 11 septembre 2011 13:34

                            @Axel

                            Doute tout à fait légitime que vous avez !

                            Heureusement, il ne s’agit pas de simple tirage au sort, mais de tirage au sort philtré et structuré.

                            cordialement.


                          • Djapaskero Djapaskero 11 septembre 2011 13:42

                            ...« filtré »


                          • miha 11 septembre 2011 14:29

                            @Djakaspero :

                            merci beaucoup pour toutes ces précisions.

                            C’est après avoir écrit cet article que j’ai constaté que j’avais oublié de préciser qu’il faudrait aussi pouvoir récuser un désigné en avançant des motifs valables et pas seulement qu’un désigné ait la possibilité de refuser, toujours en donnant des motifs valables.

                            Encore merci pour vos éclaircissements.

                             

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