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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Législatives partielles : un test ?

Législatives partielles : un test ?

L’impayable Copé, maître-ès langue de bois, s’est d’ores et déjà félicité des résultats de l’UMP lors des législatives partielles de dimanche.

Le F.N. crie victoire par la voix de sa Présidente mais est beaucoup plus modéré par celle de son député Collard.

Le P.S. est aux abonnés absents, conscient qu’il était de la médiocrité des résultats de ses candidats compte tenu du climat actuel.

Alors, un test ?

Certainement pas, sachant que les élections partielles profitent généralement aux sortants invalidés. Les commentateurs politiques et autres représentants de partis auront beau mouliner et pérorer dans les médias, ce la ne changera rien et six mois après l’arrivée d’une nouvelle majorité aucun bouleversement n’était attendu avec ces partielles.

Pas de test, donc, mais des enseignements : Les électeurs de l’UMP ont clairement fait savoir à leurs dirigeants que les querelles d’appareil n’étaient pas de mise et qu’ils étaient en attente d’une opposition rassemblée et intelligente. Au passage, le phénomène « baron local » a joué en faveur de l’UMP, parti très bien implanté localement, ce qui est loin d’être le cas du F.N. qui a de tous temps joué sur l’image du chef pour des élections nationales et a toujours négligé l’implantation de terrain.

Dans ce contexte, et dans l’hypothèse où la guerre des égos à l’UMP cesse rapidement (ce qui n’est pas gagné), le P.S. a du mouron à se faire pour les prochaines échéances municipales de 2014.

L’abstention, enseignement principal

Il est vrai que les partielles ne mobilisent pas les foules, mais dans le cas de ces partielles le taux d’abstention est remarquable : 58% dans l’Hérault, 63 % dans les Hauts de Seine et 71 % dans le Val de Marne, c'est-à-dire que la participation a oscillé entre à peine 1 électeur sur deux et un électeur sur trois.

Ce n’est pas une nouveauté et on constate une érosion progressive de la participation à tous les scrutins, sauf peut-être à la Présidentielle en raison du battage médiatique dont bénéficie cette élection et de la trop grande importance que lui donnent les électeurs.

Evolution de l’abstention selon les élections :

Elections

Evolution de l’abstention

Période

Européennes

De 39 à 59 %

De 1979 à 2009

Présidentielles

De 14 à 19 %

De 1981 à 2012

Législatives (1ers tours)

De 29 à 43 %

De 1981 à 2012

Régionales

De 25 à 53 %

De 1986 à 2010

Cantonales

De 44 à 55 %

De 2001 à 2011

Municipales (1ers tours)

De 20 à 35 %

De 1983 à 2008

A quoi peut-on attribuer ce désintérêt croissant des électeurs pour les élections ?

Sans doute à un désenchantement global face à la mondialisation économique et financière qui rogne un peu plus chaque jour le pouvoir d’intervention du politique et qui se traduit par une incapacité chronique à répondre aux attentes des citoyens.

Le désintérêt provient également du spectacle affligeant auquel se livrent les politiques, plus concernés aux yeux des électeurs par la prise de pouvoir que par ce qu’ils feront une fois élus. Le cas actuel de l’UMP mais aussi celui du congrès de Reims pour le P.S. sont là pour nous rappeler que les trajectoires individuelles sont parfois plus importantes que les promesses électorales, d’où des reniements successifs.

On peu aussi attribuer ce désintérêt croissant à la complexité du système politique français qui veut que l’on vote régulièrement (trop, sans doute) pour désigner des représentants selon des modes de scrutins différents (majoritaire, proportionnel, uninominal, liste,…), dans des circonscriptions électorales diverses et variées (cantons, communes, circonscriptions législatives, départements, France entière).

C’est un fait, la complexité du système conjugué avec une perte de culture politique favorisée par les médias qui s’attachent davantage à commenter les petites phrases qu’à faire de la pédagogie, est un élément majeur de la désaffection des citoyens.

Cela ne va pas s’améliorer : là où la simplification et la pédagogie devraient être l’axe majeur pour revivifier la vie démocratique, on assiste à la confiscation du pouvoir par une caste de plus en plus inefficace qui préserve ses petits intérêts électoraux et son petit cumul de mandat.

La crise de confiance est profonde et il n’y a aucun changement à attendre dans les prochaines années, sauf la progression de la courbe de l’abstention aux élections. 


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5 réactions à cet article    


  • Dupont Georges Dupont Georges 12 décembre 2012 11:04

    Peut-être les français votent-ils de moins en moins car ils se rendent compte que de toute manière, peu importe à qui va le vote, la politique mise en oeuvre sera la même, et qu’elle n’est pas décidée par nos élus.


    • Michel DROUET Michel DROUET 12 décembre 2012 16:15

      De Gaulle disait que la politique ne se fait pas à la corbeille de la bourse.... mais c’était il y a longtemps.

      Les Etats sont simplement devenus des variables d’ajustement.


    • Nemrod Nemrod 12 décembre 2012 14:33

      Il me semble que dans ce cas, rien n’est significatif de rien. Rappelons-nous 1982 quand sur quatre élections partielles la majorité socialiste avait pris un 4 à 0. Cela n’a pas empêché François Mitterrand de faire deux septennats.


      • Nemrod Nemrod 12 décembre 2012 16:03

        En 1981 Raymond Barre avait déclaré : « Le pire sera la politique du pire ». Il semble qu’aujourd’hui la droite ne soit pas aussi sage. Empêtrée dans son imbroglio interne, la droite la plus bête du monde ne semble pas prête à s’embarrasser d’une crise majeure, dont elle ne bénéficierait pas, mais qui lui permettrait de redistribuer les cartes.
        Sans doute François Hollande s’est-il montré le maître du rideau de fumée, soit. Mais je ne souhaite pas à mon pays la crise que vous semblez appeler de vos vœux

        .


      • Michel DROUET Michel DROUET 12 décembre 2012 16:18

        Oui, comme quoi, le vote obéit à une obscure alchimie où l’on peut voter parfois pour quelqu’un par simple rejet de l’autre candidat, mais sans illusion...

        De plus, comme je l’indique dans mon billet, l’élection présidentielle tient une place particulière qui relève davantage de la star ac que de la politique. 

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