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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Les banlieues, ça n’va pas mieux

Les banlieues, ça n’va pas mieux

Rien ne semble aller mieux dans les banlieues. Une mission d’information transpartisane sur les quartiers en difficulté, présidée par le sénateur Pierre André, vient de publier son rapport.

Les principaux enseignements de ce document ne sont, en première lecture, pas fulgurants :

  • les émeutes, c’était marginal
  • certains endroits, comme Vaulx-en-Velin, vont mieux grâce à une politique de la ville efficace (grands espoirs dans l’ANRU de Borloo)
  • l’école a décroché
  • le développement économique est la clé.

On peut toutefois saluer le fait que le rapport cible particulièrement la Seine-Saint-Denis, sur laquelle les efforts doivent être concentrés [vous vous rendez compte : la Seine-Saint-Denis, avec un PIB équivalent à celui de la Grèce, est le 2e département le plus riche de France, et en même temps celui où l’on trouve le plus de personnes vivant sous le seuil de pauvreté].

On peut aussi applaudir le fait qu’un sénateur UMP prône la création d’une véritable police de proximité, avec moyens et pouvoirs, représentative de la société dans toute sa diversité.
Je félicite aussi la mission d’avoir souligné la nécessité d’attirer les fonctionnaires les plus aguerris dans les quartiers difficiles.

[On peut entendre le sénateur Pierre-André, rapporteur de la mission, présenter son diagnostic et ses conclusions ici. Un gars de soixante ans pour une approche nouvelle des banlieues, ça me laisse a priori sceptique ; mais le bougre a du coeur, cela se sent, et ne se cache pas derrière la langue de bois].

Ce qui me chiffonne le plus, c’est ce que le rapport annuel que l’Observatoire national des zones urbaines sensibles adressera vendredi aux parlementaires et qui est alarmant :

  • un taux de chômage (22 %) deux fois supérieur à la moyenne nationale, et qui a progressé de 2 points entre 2003 et 2005 alors qu’il était stable dans le reste du territoire
  • 42% des jeunes en recherche d’emploi
  • seule la moitié des diplômés du supérieur résidant dans ces zones accède à des postes de cadre ou de catégorie intellectuelle supérieure (alors que dans les autres quartiers, la proportion est de 2/3)
  • même le bilan des zones franches est mitigé : si le nombre d’entreprises créées dans ces zones a augmenté de 9%, la moitié d’entre elles n’emploie aucun salarié...

Une nuance dans ces constats assez sombres : les deux rapports n’ont pas pu véritablement prendre en compte ce qui a été fait depuis les émeutes. Mais bon, pas sûr que grand-chose de concret ait été accompli...(c’est en tout cas l’impression que j’ai quand je lis le Bondy-Blog ou quand je discute à droite à gauche...).

Ok, le collectif AC Le Feu a présenté le 25 octobre les doléances (petit reportage ici) recueillies après un long tour de France des quartiers. Ces doléances, si elles portent un certain espoir dans la pression qu’elles peuvent mettre sur les responsables politiques pour que la France des banlieues soit une donnée importante du débat électoral (chapeau, d’ailleurs, à Guy Sorman pour avoir considéré dans le dernier Ripostes que l’intégration des banlieues était le problème n°1 que la campagne présidentiel devait traiter), sont hélas illisibles telles qu’elles sont présentées sur leur blog, et paraissent si idéologisées qu’elles décrédibilisent certaines revendications concrètes et légitimes...

Jusqu’ici tout va bien, évidemment, mais mon petit doigt me dit que ce n’est pas d’un Grenelle, de ZFU ou de doléances illisibles que les banlieues ont le plus besoin. Nos banlieues regorgent de talents et de créativité, exploitons-les ! De véritables clusters (ou "pôles de compétitivité") paraissent à même d’y valoriser l’immense potentiel qu’elles représentent.


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90 réactions à cet article    


  • ZEN zen 9 novembre 2006 10:31

    Article intéressant et équilibré, qui nous change des sempiternels appels au feu et des caricatures bien formatées.Une note d’espoir bien venue...J’ai trouvé moi aussi Guy Sorman intéressant à « Ripostes », malgré tous les préjugés plutôt négatifs que j’avais sur lui.


    • Charles André Charles André 9 novembre 2006 10:41

      Effectivement, Sorman est parfois agaçant quand il affiche ses certitudes. Mais le fait est qu’il est un des rares « intellectuels » français à confronter ses valeurs à la réalité, en étant avant tout un grand reporter : il cherche des faits.

      A la différence de l’intellectuel archétypique français, short on facts, long on conclusions...

      Son essai Le Capital, suite et fin, écrit il y a plus de 10 ans je crois, est un bon exemple de salutaire intellectualisme d’investigation...


    • T.B. T.B. 9 novembre 2006 10:47

      Guy Sorman est un journaliste, un philosophe et écrivain libéral français né en 1944 dans le Lot et Garonne. Il a rédigé différents livres qui prônent la Créativité et la Raison alliées d’une vision libérale du monde.

      Il rentre à l’IEP de Paris dès ses 18 ans (1962) et en sort diplômé en 1964. Il effectue dans le même temps un cycle de formation à l’école des langues orientales vivantes, en japonais de 1961 à 1964.Il intègre l’ENA en 1966 (Promotion 1969).

      Il devient fonctionnaire à la sortie de l’ENA mais quitte la fonction publique pour se consacrer à l’écriture et à la réflexion et à l’entreprise de presse qu’il a fondée (Les éditions Sorman, qui éditent quinze magazines et lettres d’information professionnelles pour les élus locaux). Il est le fondateur en 1979 de l’organisation non gouvernementale Action Internationale contre la faim qui deviendra Action contre la faim. Il préside l’Organisation humanitaire internationale contre la faim. Il est chroniqueur régulier dans de nombreux journaux prestigieux : le Figaro, Wall Street Journal, Jornal da Tarde (Sao Paulo), Valeurs Actuelles, Asahi (Tokyo).

      Il a enseigné et enseigne dans de nombreux établissements parmi lesquels l’Institut d’études politiques de Paris de 1970 à 2000. Il est ainsi professeur invité à l’Université de Pékin, à l’Université pontificale de Santiago du Chili, à l’Institut Hoover où à Stanford.

      De 1995 à 1997, Guy Sorman a été le Président de la mission de Prospective auprès du premier ministre. Le ministre des Affaires étrangères lui a par ailleurs confié une mission de réflexion sur l’action culturelle de la France et l’a nommé en 1997, au Comité stratégique de l’action télévisuelle extérieure ; chargé de conseiller le gouvernement sur les grandes orientations de la politique extérieure en matière audiovisuelle : Lancement d’une chaîne française d’information en continu (France 24).

      Il s’est également impliqué dans la politique au niveau local en étant maire adjoint de Boulogne depuis 1995, délégué à la culture.

      Guy Sorman défend dans ses ouvrages une solution libérale aux problèmes actuels de notre société, passant par un état minimum. Dans Le Progrès et ses ennemis, Guy Sorman veut dénoncer les peurs que tenteraient de nous inoculer les verts et les adversaires de la pensée rationnelle en général. Tout y passe, des OGM au nucléaire, en passant par le clonage et le sacro-saint principe de précaution devenu le leitmotiv de nos sociétés occidentales allergiques à tout risque. Pour Sorman, la Science et la pensée rationnelle sont les meilleures réponses pour contrer un totalitarisme vert de plus en plus prégnant.

      Bref, c’est un catho libéral pour les OGM et pour le nucléaire. Tout à fait sympathique le personnage quand on fouille un peu. Je vous disais bien, sur un autre commentaire, que Chirac avait mis ses « hommes » à la tête de toutes nos institutions. Côté infos : son ami deux carreaux lisses dirige FranceTélévisions (France2, 3 etc) et son ami Bouygues TF1 et LCI notamment. Son ami Lagardère le Figaro etc etc etc. Tout est verrouillé.


    • ZEN zen 9 novembre 2006 11:16

      @T B

      Merci pour ces précisions. Je connais aussi le bonhomme et ses thèses, plutôt libertariennes..« Guy Sorman défend dans ses ouvrages une solution libérale aux problèmes actuels de notre société, passant par un état minimum », dis-tu avec raison.Ce qui m’a étonné c’est la teneur de son intervention dimanche soir .Double jeu ? Double je ?


    • T.B. T.B. 9 novembre 2006 11:52

      Oui Zen double jeux et double je. Sa pensée ne représente pas le 10ème de la pensée des français (être à la fois catho militant et contre les principes de précautions, ce qui fait bien ricaner d’ailleurs). Le problème c’est que ce genre de personnage innonde les émissions ou les débats ou les questions / réponses rapides des JT. Il y a en France une vraie crise de représentativité. Nous sommes pourtant dans une « démocratie » qui se dit représentative !!! Elle ne l’est pas et le ne sera jamais tant que les référendums d’initiatives citoyennes ne figureront pas dans la Constitution en tant que pouvoir exécutif.

      Il est nécessaire de donner la parole à tous : cathos, athées, boudhistes, pro-nucléaire, anti-nucléaire, boursicoteurs, anti-boursicoteurs, partisans de la croissance, partisans de la décroissance ... Voter sur tous ses sujets brûlants de société et bien d’autres et accepter la voix de la majorité + 1 voix, vote blanc considéré comme suffrage exprimé. Mettre en oeuvre ce principe au sein de la communauté européenne et on s’apercevra alors qu’on n’a nul besoin de passer par la case TCE ou pas TCE qui nous a été imposé. Cest cela la démocratie. Les autres systèmes ne sont que des supercheries, une usurpation du mot démocratie.


    • Marsupilami (---.---.93.189) 9 novembre 2006 10:47

      Bon article.

      Notons quand même que certaines revendications d’AClefeu exhalent un détestable parfum de communautarisme comme celles-ci :

      7. Religion

      L’islam est sali par les médias, des personnalités « intellectuelles » ou politiques. Dans les cahiers de doléance, ceux qui s’expriment sur la religion parlent de l’islam. Si certains regrettent la loi d’interdiction du voile à l’école, l’essentiel des cahiers sur ce sujet évoquent l’inégalité que subit l’islam en France (concernant les lieux de culte, les cimetières...), les effets secondaires de la loi sur le voile en terme de regard social, de discrimination dans le monde de l’entreprise ou à l’embauche, et surtout, l’amalgame permanent entre islam et islamisme, islam et terrorisme, et l’idée sous-jacente que les musulmans ne seraient pas loyaux à la France et à la République. Beaucoup font le constat du nombre insuffisant de mosquées et par conséquent, du développement anarchique de salles de prière dans des lieux inadaptés, ce qui pourrait laisser le champ libre aux mouvements les plus radicaux. Il en est de même de l’absence de cursus de formation des imams en France. Si une partie des doléances regrette la place « marginale » des religions dans la société, une autre estime à l’inverse que la religion devrait rester strictement confinée au domaine privé. Les principales propositions des cahiers de doléances.

      • Lutter contre les obstacles multiples mis à l’acquisition des terrains nécessaires à la construction de mosquées, d’établissements scolaires religieux, et contre la rétention de permis de construire et des autorisations d’ouvrir.

      • Favoriser les moments d’informations et d’échanges sur les religions, les actions œcuméniques afin de faire connaître les points de convergence et surtout de lutter contre les amalgames, en particulier dans les médias.

      • Harmoniser les pratiques religieuses de manière nationale.

      • Appliquer strictement la loi de 1905, qui garantit parfaitement la liberté de culte et protège l’espace public et les athées.

      AH BON ? IL FAUT PROTÉGER LES ATHÉES ? DE QUI ???


      • Marie Pierre (---.---.140.106) 9 novembre 2006 11:10

        Effectivement, j’avais lu les doléances d’AC Le feu et la teneur des propos m’avait choquée. Que des droits (des exigences plutôt), aucun devoir et le tout basé sur l’Islam. Ça laisse un peu perplexe.

        Cela dit, bon article.


      • bryanferry (---.---.24.221) 16 novembre 2006 13:27

        et oui des mosquées des priéres des mosquées des priéres des madrassas des mosquées des priéres !!mais que disent ils dans leurs priéres !!!!des mosquées des madrassas


      • ZEN zen 9 novembre 2006 11:09

        @Marsu

        Salut

        « IL FAUT PROTÉGER LES ATHÉES »,certes l’expression n’est pas heureuse, mais quand on voit le peu de place réservé à la libre pensée (sous toutes ses formes) le dimanche matin par rapport à la sempiternelle et longue messe catho, la résurgence de l’intégrisme arrogant et obscurantiste,quand on regarde la déferlante des sectes qui s’introduisent insidieusement dans beaucoup de secteurs de la vie où elles s’avancent masquées...on est en droit de se poser quelques questions dans notre République laïque.Il n’y a pas de contre-poids à la mesure des dangers

        Cela dit, je répète que je suis contre une quelconque révision de la loi de 1905


        • Marsupilami (---.---.93.189) 9 novembre 2006 11:19

          @ Zen

          Ce n’est pas que l’expression n’est « pas heureuse », elle est tout simplement SCANDALEUSE. Vu le caractère conncret, détaillé et systématique des propositions d’AClefeu, on ne peut imaginer une seconde que cette expression soit là par hasard ou par l’effet d’un lapsus involontaire.

          Pour le reste d’accord avec toi : les culs-bénis de toutes religions (surtout l’islam actuellement, mais il n’est pas du tout impossible qu’on voie naître en Europe une rechristianisation identitaire-réactionnelle dont il n’est pas impossible que Benoît papam ait l’intuition prophétique, et même la volonté de l’organiser) commencent à dépasser les bornes du supportable.


        • gem gem 9 novembre 2006 12:51

          Faut dire aussi que les bouffeurs de curés qui causent dans le poste le dimanche sont nullissime, à coté la messe (que je zappe aussi) est un monument de pensée et d’ouverture d’esprit. Alors faut pas s’étonner de la place de la « libre pensée » quand on vois quels zozos la défendent...


        • Marsupilami (---.---.93.189) 9 novembre 2006 12:55

          @ Gem

          J’ai pas la télé donc j’échappe à ces supplices, mais je suis d’accord avec toi : les sacristains rationalistes athéistes de la Libre Pensée sont aussi insupportables et intolérants que des ayatollahs, et il y a des chrétiens plus ouverts et plus tolérants qu’eux, c’est un fait...


        • Petit 9 novembre 2006 13:24

          C’est surtout qu’il n’y a pas de dogme officiel de la libre pensée, alors chacun essaie de tirer la couverture à soi. Bien sûr les plus spectaculaires et agressifs sont plus à même de se faire une place dans l’espace médiatique.


        • Paul M (---.---.42.149) 9 novembre 2006 17:41

          @ Marsu

          En effet, on voit des signes inquiétants de montée en puissance d’une certaine forme d’intégrisme chrétien. Le pape, de plus en plus de caincains ( dont des scientifiques !!! lol) qui nous disent que la terre n’a que 6000 ans.... Ça dérape un peu je trouve. Est-ce une réaction épidermique à ce qui se passe ... en face ?


        • Marsupilami (---.---.93.189) 9 novembre 2006 17:47

          @ Paul M

          Il y a sans doute de la réaction épidermico-identitaire à ce qui se passe en face. Mais aussi l’écroulement des idéologies de substitution, qui favorise le retour du religieux. D’ailleurs, je me suis remis à potasser le latin de cuisine que j’avais appris quand j’étais enfant de chœur, c’est dire...


        • simplet simplet 9 novembre 2006 11:23

          article interressant neutre et non partisan, çà change...

          les problèmes soulevés ne sont pas neufs mais font ressortir les attentes des gens vivant en banlieu.. ils veulent ( pour la plupart ) travailler mais ou.. ?? qui veut bien embaucher un jeune habitant dans le 93 et surtout pour certains quartiers, comment s’y rendre sur son lieu de travail...

          pour ce qui est de relans communitaristes, l’Islam doit être traité comme toute religion en France, il faut vivre avec son évolution démographique mais ne pas laisser quelque place que ce soit à une religion dans tout ce qui est pouvoir de l’Etat... chacun à sa place.

          Beuacoup se rejoignent, par contre quand il s’agit de mettre l’Islam au même rang que le Catholicisme, plus personne ne dit oui... si on refuse les voiles à l’école on sort aussi toutes les croix qui trainent dans les salles de classes ( en alsace on en trouve encore bcp... )


          • c florian (---.---.162.39) 9 novembre 2006 15:38

            l’alsace est un cas à part en france car la loi de 1905 ne s’y applique pas, mais apparemment cela ne géne pas grand monde dans la république une et indivisible. la laïcité n’est pas applicable partout.


          • sweetsmoke (---.---.241.2) 9 novembre 2006 11:40

            il manque un article 44 à cette loi 1905 > http://www.1901.net/laligue/laicite-laligue/pdf/loi.pdf

            article 44

            - les citoyens « de la république une et indivisible qui ne reconnait aucune religion » qui n’ont pas choisi de mendier le ciel pour obtenir une hypothétique vie éternelle, ont le droit à la liberté de vivre et de circuler sur le territoire français sans être pollué de manière sonore (clochers), visuelle (foulards, kipas et croix). Les comportements communautaristes individuels ou collectifs (manifs religieuse, défilés d’actup...) destinés à diviser le peuple de françe pour le morceler en communautés (politique, religieuse, sectaire) seront sevèrement sanctionnés.


            • Sacha Guitry (---.---.123.162) 9 novembre 2006 11:48

              En effet, le chômage des jeunes dans certaines zones atteint 40%. J’ai beau être d’un naturel omptimiste je crains que rien ne puisse avoir de l’effet avec un taux pareil. 10 ans après les zones franches urbaines, l’heure d’un bilan honnête a sans doute sonné et en effet je crois qu’il est urgent d’accèlerer des « clusters » de cité. Je me souviens d’un projet de « Cinecita » de Besson en Seine-Sait-denis. Quelqu’un sait-il ce qu’il en est advenu ?


              • Charles André Charles André 9 novembre 2006 12:12

                Oui, un bilan synthétique des ZFU s’impose. J’aimerais bien savoir si ces 49% d’entreprises qui y sont installées sans employer quiconque sont tenues par des gens vivant dans les quartiers dans lesquels elles sont implantées... Espérons que le rapport de l’Observatoire des ZUS, publié demain, nous permettra d’en savoir + à ce sujet.

                Sur la cité du cinema de Besson, le projet suit son cours, le permis est déposé. Cf notamment le suivi par la communauté d’agglo de Plaine Commune (sur les travaux et l’urbanisme) : http://www.plainecommune.fr/page/p-72/art_id-/

                ou encore : http://www.ville-saint-denis.fr/jsp/site/Portal.jsp?page_id=152

                Ca peut apporter beaucoup...

                9-3 en force !


              • David Adel 9 novembre 2006 12:00

                Merci Charles pour cet article intéressant, bien documenté, partial et non partisan. Cela change !

                Diagnostiques, constats, stigmatisations, doléances, chiffres et analyses à tout va et toujours rien de concret, du moins jusqu’à « l’après » des élections présidentielles...

                Pour le moment, tout le monde s’en sert et à volonté.

                Après, on trouvera bien d’autres priorités...Comme d’hab...

                Bien à toi

                David Adel


                • Charles André Charles André 9 novembre 2006 12:02

                  - Sur Sorman : le mieux est de répondre sur son terrain, par l’exemple, plutôt que d’invectiver par l’idéologie... Entendre le personnage que vous décrivez considérer que l’intégration des banlieues dans la vie de la cité est le problème majeur que la présidentielle devra traiter, avouez que c’est louable, non ?

                  - Sur la laïcité : c’est étonnant, l’article parle des banlieues, vous réagissez sur la religion... OK, ACLEFEU a laissé une légère traînée de poudre en évoquant la religion dans les doléances présentées.

                  Mais je m’inscris en faux avec l’affirmation de Marsupilami : le « communautarisme » que vous évoquez n’est présent que dans le chapitre consacré à la religion et n’est pas si présent que cela : pas d’exigence d’abrogation de la loi sur les signes religieux à l’école, pas de demande de traitement spécifique de l’islam, pas de demande de viande hallal dans les écoles...

                  Quand on en arrive à l’article 44 prôné par sweetsmoke, j’ai l’impression que certains auraient aimé vivre dans la Chine maoïste. Vous voulez aussi interdire aux gothiques de s’habiller en gothiques ?

                  - simplet : l’Alsace a un régime tout particulier (encore celui du Concordat napoléonien) : la loi de 1905 ne s’y applique pas (les curés sont par exemple encore payés par l’Etat...). On peut évidemment douter de l’opportunité du maintien de cette spécificité (archaïque), surtout depuis que le voile (et les « grandes croix », certes !) est interdit à l’école...

                  - Marie Pierre : des doléances revendiquent des droits, des créances de l’Etat envers les individus/groupes, pas des devoirs.


                  • Marsupilami (---.---.93.189) 9 novembre 2006 12:10

                    @ L’auteur

                    Je maintiens que les revendications religieuses n’avaient pas leur place dans ce catalogue, et qu’elles sont très clairement communautaristes, puisqu’il y a toutes sortes de religions représentées dans les banlieues et qu’une seule, l’Islam, est mentionnée dans ce texte.


                  • Charles André Charles André 9 novembre 2006 12:18

                    La sociologie des banlieues (en tous cas telle que je l’ai observé et telle que, je l’espère, toute personne de bonne foi l’observerait...désolé, je ne peux m’appuyer sur des statistiques, interdites en la matière) semble expliquer légèrement pourquoi l’islam y est plus présent que dans un patelin vendéen... Or, ACLEFEU portait les revendications des habitants des « quartiers »...

                    Je suis partisan de la laïcité, mais le fait est qu’il n’est pas facile d’être musulman par les temps qui courent.


                  • Marie Pierre (---.---.140.106) 9 novembre 2006 14:36

                    Charles André,

                    Mais en lisant les doléances de ACLEFEU, je ne vois pas en quoi elles ne seraient que l’émanation des habitants des « quartiers ». Je veux dire qu’il n’y a pas que cette population qui est confrontée aux difficultés. Cela ressemble, à part justement le chapitre des religions, à un programme de Besancenot !


                  • Marsupilami (---.---.93.189) 9 novembre 2006 14:52

                    @ Marie Pierre

                    Il faut dire que Besancenot fait partie de ceux qu’Islam hante...


                  • La Taverne des Poètes 9 novembre 2006 12:15

                    Le sénateur Pierre André a publié son rapport (Un parent à vous ? smiley. Deux autres sénateurs qui étaient chargés de contrôler la mise en place de l’Anru (l’Agence nationale pour la rénovation urbaine) - Les sénateurs (UMP) Philippe Dallier (Seine-Saint-Denis) et Roger Karoutchi (Hauts-de-Seine)- avaient déjà dans leur rapport sur le financement de l’ANRU mis en garde contre les difficultés à venir, en appellant à une participation plus forte des régions et des départements.

                    ça bosse dur chez les sénateurs ! smiley


                    • Sacha Guitry 9 novembre 2006 15:31

                      Deux points, le sénateur n’est pas parents de l’auteur qui s’appelle de son nom exact Charles-André Choupinet. smiley deuxio, je ne sais pas si les sénateurs bossent beaucoup mais leur etudes de législations comparées sont clairement ce qui se fait de mieux en la matière. http://www.senat.fr/elc.html


                    • Charles André Charles André 9 novembre 2006 15:37

                      Chouchount, buese ! C’est un coup porté en dessous de la ceinture ça...

                      @Taverne des poètes : les noms en prénom, notamment André, il y en a à la pelle : enfants de la DASS, juifs ayant voulu franciser leur nom notamment aux 18ème-19ème, aristos couards pour se banaliser lors de la Révolution...

                      Ah, si mon ancêtre avait choisi Chouchounet, il aurait fait preuve d’une sacrée élégance...


                    • Vilain petit canard Vilain petit canard 9 novembre 2006 12:20

                      J’ai peur que le problème ne soit pas tant de désenclaver les « banlieues » que de désenclaver les « favorisés ». Il y a un autre article sympa de JC Bénard sur le thème des banlieues ici, avec mon commentaire développant cette idée, je ne veux pas faire du copier-coller et surcharger inutilement Agoravox.

                      Quant à l’avis et au parcours de Guy Sorman, franchement, est-ce que ça intéresse vraiment quelqu’un ?


                      • gem gem 9 novembre 2006 12:46

                        c’est un bon article ; mais quand je le lis je me dis que, justement, y’a du mieux dans les banlieues. Petit mieux, certes, mais mieux quand même. Alors pourquoi ce titre négatif ? C’est pour « vendre », pour se couler dans l’air du temps catastrophiste ? Et c’est sincère ou c’est une bonne grosse antiphrase mûrement réfléchie ?


                        • Charles André Charles André 9 novembre 2006 19:55

                          Vous avez partiellement raison. J’ai eu le tort d’écrire le titre avant d’avoir rédigé la totalité de l’article. Or, c’est le déplorable bilan dressé par le rapport annuel de l’Observatoire des ZUS qui m’avait inspiré au départ cet article.

                          Le mieux concret est tout de même très léger et se résume à quelques réussites de l’ANRU. Si on observe la situation de l’emploi, etc., c’est loin d’aller mieux, c’est même pire.

                          Et je crains que les mesurettes mises en oeuvre depuis la crise des banlieues ne change pas grand chose à l’affaire.

                          En revanche, le potentiel de mieux est grand. Mais il n’est, à ce jour, asbolument pas exploité. La banlieue, aujourd’hui, c’est sparadraps sociaux vs répression policière... avec des problèmes identitaires récupérés à tout va pour couronner le tout.

                          Tant qu’on n’est pas sorti des débats cosmétiques, ça n’ira pas mieux.

                          Energies2007 s’efforce de mettre les chantiers fondamentaux et structurels au coeur du débat, pour que la campagne qui s’engage soit l’occasion d’un véritable sursaut...


                        • Sam (---.---.155.167) 9 novembre 2006 12:54

                          à l’auteur

                          Jusqu’ici tout va bien, évidemment, mais mon petit doigt me dit que ce n’est pas d’un Grenelle, de ZFU ou de doléances illisibles que les banlieues ont le plus besoin. Nos banlieues regorgent de talents et de créativité, exploitons-les ! De véritables clusters (ou « pôles de compétitivité ») paraissent à même d’y valoriser l’immense potentiel qu’elles représentent.

                          Tu as été précis dans ton article et tu dénonces à bon escient, mais sur la fin tu nous fais un coup de discours du Parti de la Mort typique. Dommage.

                          Quelques éléments qui me semblent important dans le cas des quartiers pauvres.

                          Déjà éliminer cette terminologie « quartiers sensibles », « quartiers ». Ca fait territoire réflexif, grand corps malade, ou zone dont l’horreur ne peut être qualifié que par la mention nue de ce nom : quartier.

                          Oui, la banlieue à besoin d’un Grenelle, oui la banlieue à besoin de moyens financiers pour l’architecture, la rénovation, l’implantation d’entreprises qui embauchent sur place.

                          Elle aussi besoin de règles. Et pas seulement pour les mineurs qui deviennent délinquants, ou les habitants qui répondent par une violence urbaine à la violence institutionnelle.

                          Règles pour les décideurs, donc : obligation de passer, dèja, pour les maires, dans les quartiers. J’ai vécu quelques années au Plateau, à Sartrouville, pour ceux qui connaissent. Le maire, je l’ai jamais vu parce qu’il est jamais passé.

                          Règles de concertation avec présence obligatoire des élus dans les réunions d’associations citoyennes des quartiers, dans les conseils d’école, où les responsables souvent ne viennent pas ou envoient un sous-fifre dont les notes lorgnent tout de suite la poubelle.

                          Règles d’attribution de HLM par les Travail, Famille et P..et autres SCI...Qu’il n’y ait pas de quotas déguisés, que les logements soient à des niveaux de loyers bas (pour attirer bcp de gens, des jeunes notamment, des couples ouvriers, employés..)

                          Parcs et jardins entretenus et pas indigents (je me souviens que les mosaïques, ainsi que les rares arbrisseaux et pelouses de la ZUP ou j’étais, ne faisaient pas l’objet de dégradations. Et j’y suis resté dix ans.)

                          Que les « innovations » genre digicode, et boites aux lettres plus « sécurisées » soient présentées, discutées avec les habitants. Qu’on leur demande leur AVIS, et qu’on respecte leur DECISIONS. Ceci pour la Poste et tous ces boites qui se beurrent avec de nouvelles machines etc. avec la complicité des gestionnaires et responsables, sans faire autrement qu’informer (s’ils le font) des changements. Changements de boites, de poubelles, d’horaires, de serrures, qui mine de rien malmène les habitudes, la convivialité, la mixité, et toutes ces choses qui font que vivre ensemble, c’est pas simplement avoir son petit appart, sa petite villa â coté de celle d’un étranger.

                          Que les ados ET LES ADULTES aient un local d’animation culturelle.

                          Les habitants lambdas ont autant besoin que les jeunes de se retrouver, de faire une vie de quartier, de penser qu’ils sont des habitants avec un territoire, une mémoire de vie citadine et non pas, seulement, pour les obsédés du pouvoir, du zonzon et de la tonfa, des bêtes à soumettre.

                          Voilà quels éléments que je voulais donner et qui me semblent plus parlants que « valoriser le potentiel », ou « clusters ».

                          Moi, des clusters, j’en ai sur ma bécane, c’est tout. smiley


                          • Charles André Charles André 9 novembre 2006 19:59

                            Si des clusters étaient mis en place dans les banlieues (que je nomme ainsi par simple souci de commodité de langage), cela signifierait de facto que l’on ne vit plus dans un système banlieue vs centre ville, ville vs campagne.

                            Des clusters dans les banlieues signifieraient des banlieues intégrées, puisqu’on fonctionnerait par grappes et non plus sur un mode centralisateur étouffant et bloquant.

                            Avez-vous lu La croissance ou le chaos, de Christian Blanc ? C’est vivifiant...


                          • Sam (---.---.145.134) 9 novembre 2006 23:26

                            Charles André

                            Pôles de compétitivité, donc...

                            A peu près aussi efficace que d’installer un hyper dans un désert.

                            On parle de lieux relégués, de territoires où la misère est la norme commune, la dépréciation coutumière, la désespérance une compagnie, la surveillance policière un mode de vie et la convivialité une connivence désespérée.

                            On parle de relever, de ramener des territoires et des gens au minimum vital.

                            Et toi tu viens vanter l’excellence capitalistique façon Marne-la-Vallée qui serait le remède des mouroirs type le Plateau à Sartrouville. Sous l’égide intellectuelle de Christian Blanc, le ci-devant ex PDG, c’est bien celui-là ?..

                            C’est une vrai romance que tu nous proposes, finalement, à la bien comprendre avec tes précisions technopolistiques. Mais elle ne m’emeut pas plus qu’elle ne me fait rire. Quoique.


                          • Charles André Charles André 10 novembre 2006 10:41

                            Des pôles installés sur ces territoires signifierait des universités revalorisées et amenant à l’emploi car rapprochées des entreprises. Or, le rapport de la mission d’information sénatoriale ainsi que celui de l’Observatoire des ZUS mettent bien en exergue le fait que c’est surtout en matière économique, d’emploi, que les banlieues souffrent. Vous pouvez mettre tous les services sociaux que vous voulez et déployer d’intenses efforts urbains, sans emploi, rien. Je ne connais à ce jour rien de mieux que l’université pour faire accéder les outsiders à des positions dont ils sont exclues aujourd’hui.

                            Je ne veux pas d’une société où les positions sont figées. Regardez ce petit beur qui est devenu le fer de lance, à 14 ans, des adeptes du peer-to-peer. S’il avait vécu proche d’un cluster, c’est peut-être Youtube qu’il aurait lancé...

                            Christian Blanc est un ancien PDG, so what ?


                          • Sam (---.---.212.55) 10 novembre 2006 21:12

                            Tu es bien optimiste sur la puissance des universités ; à Cergy-Pontoise il y a une université, ça n’empêche pas que c’est un territoire en difficultés.

                            Par ailleurs, Blanc, tu crois sincèrement qu’il se préoccupe vraiment de pallier la misère dans les quartiers pauvres.. ?


                          • lebaron (---.---.230.20) 9 novembre 2006 13:41

                            article sympathique cependant ne pourrions nous pas envisager un retour à l’ancien régime cette époque ou la plus part de nos serfs n’avaient pour soucis que de travailler, c’était une époque de plein emploi, quand aux sarrassins venus de contrées : trans-méditerranéennes, trans-alpines ou trans-pyrénéennes la royauté àa toujour su comment leur rendre l’envie de rentrée chez eux....Je vous le dis votez pour un retour à la monarchie le seul régime en mesure de vous protèger....


                            • Bill (---.---.76.11) 9 novembre 2006 13:44

                              Tout cela est vraiment louable et après tout qu’AC le feu prenne un peu les choses en main et que cces gens-là s’expriment, on ne peut que s’en féliciter ! Je suis par contre d’accord avec Marsupilami sur les droits et les devoirs !

                              Mais je reprends ce que j’ai écrit un autre jour : Je ne crois pas un instant que les solutions que vous préconisez puissent fonctionner. Cela fait longtemps que la psychologie et la sociologie se mêlent de résoudre la « crise » des banlieues sans résultat. A mon avis ce n’est bon que pour les crises des petits bourgeois. Je regrette que sans arrêt on parle de ses « pauvres jeunes » en oubliant les autres ! Dans une cité en Seine Saint Denis, une femme un jour sortait de son hlm vers 5 ou 6h00 du matin avec son môme sous le bras et elle s’est fait racketter à la sortie par une bande de ses pauvres jeunes justement. Pourquoi était elle là si tôt ? Je n’en sais rien, je me dis qu’elle est femme de ménage et qu’elle partait travailler. Pourquoi est ce que ça lui est arrivé ? Uniquement parce qu’elle vit là et qu’elle n’a pas les moyens de s’installer ailleurs... Qu’en a pensé son gamin ? Alors ces pauvres jeunes là m’indifférent, je le dis comme je le pense !

                              Il y a bien d’autres solutions pour régler cette crise, il faut que l’impunité cesse ! Comment voulez vous trouver un travail avec un bas de pantalon (survet) relevé, en mettant des zyva à chaques fins de phrases ? Ils doivent faire un effort sur eux-mêmes, on ne peut pas tout leur donner comme ça ! Le fait qu’il y ait plus de chomage dans ces quartiers est une évidence !S’ils travaillaient tous et s’ils avaient des revenus corrects ils n’habiteraient pas là !

                              Aussi quand quelqu’un n’a pas de moral, la seule façon de lui enseigner le respect des autres et des choses, c’est de l’y contraindre, par la force s’il le faut. Ce qui est navrant dans tous ça, c’est qu’en mettant les plus sauvages d’entre eux en « valeur », ceux qui pourraient bien s’en sortir sont « aspirés » par le mouvement.

                              Et pour compléter , c’est du plus mauvais effet de « donner » sans contrepartie ! Les gens dites vous ont du talent dans ces cités ? Alors pourquoi leur donner quoi que ce soit ? Par mépris ? Ils s’en sortiront les doigts dans le nez une fois débarrassé des sauvages qui vivent près d’eux...

                              Et croyez vous qu’un employeur va s’amuser à embaucher un personnel revendicatif pour un oui ou pour un nom ? Si j’étais patron je voudrai des employés sérieux et qui jouent le jeux !

                              Ceci dit je suis d’accord avec vous : il y a du talent dans ces cités et leur seul véritable entrave c’est le laisser-faire des politiciens ou plutot le laisser pourrir !


                              • seb59 (---.---.180.194) 9 novembre 2006 14:08

                                @bill

                                Comme d’habitude, tes reflexions sont tres realistes.

                                Respect !

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