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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > « Les élus locaux aux abois »

« Les élus locaux aux abois »

Tel est le titre d’un édito d’un grand quotidien régional daté du 20 janvier.

Les départements ne peuvent plus faire face à leurs obligations et les Régions sont vouées à la même asphyxie programmée et l’investissement est en chute de 30% dans les communes !

La faute à qui ? Celle de l’Etat qui se défausse sur les collectivités territoriales et qui les prive de 28 milliards de dotations sur trois ans !

Voilà pour la présentation : le drapeau noir flotte sur les collectivités territoriales qui vont être « obligées » d’augmenter les impôts locaux, de la faute bien sûr de l’Etat : un bel exemple de défausse et une belle histoire que les citoyens contribuables sont priés d’avaler sans broncher.

540 000 élus !

540 000 élus ce sont autant d’occasions de dépenser de l’argent public. Passons rapidement sur les indemnités en tous genres dont bénéficient principalement les élus de la République, les conseillers généraux et départementaux et les maires et adjoints des communes, en précisant que la majorité des conseillers municipaux exercent leurs fonctions bénévolement (sauf indemnités dans les syndicats intercommunaux) pour s’intéresser à leur action au quotidien.

540 000 élus, c’est avant tout une formidable machine à dépenser en fonctionnement, à investir, à verser des subventions, à verser des intérêts aux banques et à créer des emplois d’assistants, de cabinet ou de chargés de missions.

Tout cela serait bien si la rigueur était au rendez-vous, mais on voit bien que ces élus regroupés dans des partis ou des associations cultivent l’entre soi et surtout sont les fidèles toutous du monde économique auquel ils n’ont rien à refuser : il n’est que de voir le cœur des pleureuses du Medef et des différentes fédérations du BTP ou leurs menaces à peine voilées de licenciement lorsque les collectivités publiques ont l’audace de baisser leurs dépenses d’investissement.

Les entreprises défendent leurs « droits acquis » plus sûrement que les syndicats de fonctionnaires, mais on n’en parle jamais.

La question de l’efficacité des dépenses n’est jamais posée

Ces investissements (ronds-points, aménagements urbains, déviations, partenariats publics privés,…) et ces politiques de subvention sont-ils toujours utiles ou bien sommes-nous dans un système perpétuel de financement uniquement pour faire vivre des activités obsolètes au détriment des investissements d’avenir ?

La réponse est dans la question, d’autant qu’un élu, pour être réélu doit se conformer à deux règles : pas de vagues et faire du visible (bâtiment, route ou bien subvention) en flattant le plus possible les électeurs de sa circonscription.

La question des coûts facturés n’est pas posée

Retranchés derrière la sacro-sainte règle des appels d’offres, les élus détournent leur regard des ententes entre entreprises qui faussent la concurrence (combien de marchés avec une seule offre ou avec des offres bidon ?) quand ils n’organisent pas eux-mêmes le système pour favoriser les entreprises amies ou locales.

Pareil pour le subventionnement des associations qui exercent des missions de service public pour le compte des collectivités locales (dans le domaine du social en majorité) et dont les interventions sont parfois plus élevées que celles de fonctionnaires territoriaux.

Aucun recul sur ces anomalies, sur les lobbies à l’œuvre, les marges exagérées ou le train de vie d’équipes dirigeantes de pseudo associations, qui plombent les comptes des collectivités locales et de l’Etat et vident les porte monnaies des contribuables.

Tout cela grâce à 540 000 élus pris dans le système de la réélection et du cumul de mandats.

Un système à deux vitesses

D’un côté des élus qui veulent continuer à être élus et qui exercent leurs mandats dans les conditions décrites ci-dessus, c’est-à-dire de façon non satisfaisante. Sans parler d’élus corrompus, on peut dire qu’ils n’exercent pas leurs mandats de façon optimale pour le citoyen contribuable, uniquement pour faire carrière et en croyant être des acteurs de la relance économique alors qu’ils ne consacrent que son immobilisme. Le corporatisme patronal fait le reste et tend la sébile en permanence en oubliant de créer des emplois promis.

De l’autre côté, le citoyen contribuable prié de croire ce que les élus et les médias leurs disent en reportant leur vindicte sur l’autre (l’Etat qui serre la vis, mais ce sont les mêmes élus …) ou bien les fonctionnaires, qui, loin d’être le problème sont souvent la solution.

Le piège est refermé

Malgré la volonté initiale du gouvernement qui a été défait en rase campagne par le lobby des élus locaux, la réforme des collectivités territoriales a été enterrée et à part quelques modifications cosmétiques (l’intercommunalité) on a gardé toutes les strates du mille-feuille territorial avec ses 540 000 élus et donc autant de raison de dépenser notre argent parfois de manière inutile et le plus souvent sans contrôle.

La bonne question que devraient se poser les électeurs est la suivante : avec moins d’élus et moins de cumul de mandats serions-nous moins bien administrés. Là également, la réponse est dans la question.


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26 réactions à cet article    


  • cathy cathy 20 janvier 12:51

    Très bientôt les français se retrouveront à la rue parce qu’ils ne pourront pas payer leurs impôts.


    • Michel DROUET Michel DROUET 20 janvier 15:21

      @cathy
      L’important, c’est que le système que je décris puisse perdurer, l’impôt payé par les français étant la variable d’ajustement, rien d’autre.


    • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 20 janvier 12:51

      Il ne s’agit de rien d’autre que de l’aboutissement du processus de régionalisation initié par Deferre et béni par Mitterrand dont le but était de donner aux « parrains » locaux (dont Deferre était le parangon) des marges de manœuvres beaucoup plus grandes de développement de leur clientélisme en échange de leur silence sur les transferts de recettes qui étaient et restent moins élevés que les transferts de charges. 


      Cela s’est fait à travers deux processus :
      - déconcentration de services de l’état administratif
      - décentralisation de responsabilités de l’état politique

      Dans tous les cas, il ne s’agit pas d’un défaussement de l’« état » qui reste l’état (même s’il est décentralisé et déconcentré) et d’argent public, mais d’une magouille entre coquins pour masquer le financement de sinécures et de réseaux sous couvert d"écritures comptables difficiles à analyser.

      Mais les chiffres ont la tête dure et, maintenant que les auteurs du subterfuge ont disparu, leurs héritiers doivent payer les pots cassé... aux frais des contribuables, évidemment !

      • Michel DROUET Michel DROUET 20 janvier 15:17

        @M de Sourcessure
        Le processus de décentralisation n’est pas en soi porteur de dérive, mais c’est ce qu’en font les élus qui pose problème.
        Souvenons-nous l’opposition de la droite et des centristes à l’origine du processus de décentralisation initié par Deferre en 1982.
        Quelques années plus tard, ils se sont bien coulés dans le moule et ont bien vu le parti électoral qu’ils pouvaient en tirer en dévoyant ce processus au profit exclusif de leurs intérêts électoraux.


      • eugene eugene 21 janvier 12:06

        @M de Sourcessure
        Ne parlons pas des emprunts suisse, basé sur la convertibilité euro franc-suisse, qui explosent...J’ai du mal à croire que nos spécialistes locaux des services économiques, n’ont pas été plus ou moins corrompus, pour signer de tels documents, qui ont fait explosé la dette parfois par 2 ou 3, sachant qu’il ne fallait pas être grand clair pour sentir la supercherie. En tout cas accepter de jouer à la roulette russe, ou plutot suisse, le sort des gens s’amalgame à du mépris, de la bêtise, et à la pire irresponsabilité, doublée d’une incompétence crasse. 


      • Passante Passante 20 janvier 13:36

        un demi-million d’Agnès c’est 20 milliards, avant les saalaires 



        • Passante Passante 20 janvier 13:45

          sans rire, ce seul demi-million est une énormité qui signifie rien, vu de loin :

          donc 1 français sur 50 presque (si on enlève les gosses, ados, les nona etc.)
          c’est grotesque.

        • Michel DROUET Michel DROUET 20 janvier 15:12

          @Passante
          Je ne sais pas si l’Agnès Saal peut devenir notre nouvel étalon de la mesure du gâchis provoqué par les élus. Je crois que c’est à part, et cela ne fait qu’augmenter le problème...


        • Michel DROUET Michel DROUET 20 janvier 15:19

          @Passante
          Le plus gros taux européen (voire du monde) « d’encadrement » de la population par des élus...


        • zygzornifle zygzornifle 20 janvier 14:59

          Margaret Thatcher : « Le socialisme ne dure que jusqu’à ce que se termine l’argent des autres »….


          • Michel DROUET Michel DROUET 20 janvier 15:10

            @zygzornifle
            Sauf qu’en l’occurrence gauche droite et tous les autres en croquent...


          • zygzornifle zygzornifle 20 janvier 15:00

            les élus aboient, la caravane socialiste passe ......


            • Pere Plexe Pere Plexe 20 janvier 17:47

              Mais pourquoi donc ces élus se sont ils présentés ?

              Comment ont ils pu décliner sans rire les promesse les plus audacieuses pour être élu ?

              L’auraient ils fait sans connaitre l’état des finances des collectivités qu’ils ont voulu diriger ?

              Dans le genre faux cul celui la bat des records !
              Et encore.
              Pas de doute les économies sont dans ses gènes...

              • Michel DROUET Michel DROUET 20 janvier 18:59

                @Pere Plexe
                J’ai vu ce reportage. C’est le début de mandat. On fait de la com. Comme on dit en campagne :« c’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses »


              • ben_voyons_ ! ben_voyons_ ! 20 janvier 18:22

                Une perte de recette fiscale pour les mairies

                Par ailleurs, le manque à gagner est important pour les communes. D’après l’office de tourisme de Saint-Jean-de-Luz, « environ un tiers des loueurs sur les sites collaboratifs oublient de nous reverser la taxe de séjour »  : "Certains ignorent ces règles mais d’autres, que nous repérons sur Internet, font la sourde oreille malgré nos relances", regrette la directrice.

                L’économie « collaborative » (sic) ou le parasitisme à outrance.

                http://www.sudouest.fr/2016/01/18/au-pays-basque-le-succes-d-airbnb-a-desequilibre-le-marche-immobilier-2245450-705.php


                •  C BARRATIER C BARRATIER 20 janvier 20:58

                  Bon article, il y a quelques élus économes et réalistes, ce ne sont jamais des cumulards. Dès qu’ils sont élus ils ne font que ce qui leur permettra de le faire à nouveau. Ils vont flatter ceux qui peuvent les aider à monter plus haut en les invitant à des prises de parole dans leur salle des fêtes...Les sénateurs sont ceux qui coutent le plus cher, et ils ne servent à rien, ils sont la cheville ouvrière des maires qui maintiennent l’institution. Je les trouve tous cyniques.E n
                  table des news :

                  Elus aux contribuables : Votre argent nous intéresse personnellement

                   

                  http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=223


                  • eugene eugene 21 janvier 00:23

                    Les ronds points n’ayant aucune utilité autre que de vous faire tourner en bourrique en enrichissant l’entreprise de BTP locale n’est qu’une illustration de la tartuferie actuelle. N’oublions pas non plus l’immense « oeuvre d’art » qui se trouve au centre, et subventionnant là un artiste du cru...Cru ou cuit, on vous bouffera jusqu’à l’os, et surtout en toute injustice, étant entendu le transfert d’imposition, traduit souvent par les médias comme une bonne nouvelle, alors qu’elle se solde par une hausse vertigineuse de l’imposition au niveau local 

                    Reconnaissons que pour le coup, les élus locaux n’y sont pour rien, et que l’état les oblige à se substituer à ses missions. Inutile de rappeler que l’impôt locaux n’est pas basé lui sur le revenu, et qu’il s’exerce de façon particulièrement injuste, dans ce relais qui s’apparente à un bottage en touche.. 
                    Tout cela rappelle la « Pol taxe » de Margaret Thatcher, qui était l’expression du libéralisme le plus odieux. 
                    L’argent devient de plus en plus obscène, flagorneur, n’ayant plus aucune pudeur, au sein d’un gouvernement qui pousse l’obscénité à se prétendre socialiste. Mais tranquillement se démaillote l’intéret collectif d’être ensemble, au sein d’un état qui continue à se prétendre jacobin, mais refuse les conséquences de la gestion. Soyons sûrs que nous verrons bientôt resurgir ça et là des volontés d’autonomie, comme en Espagne, ou en Angleterre. 

                    • oncle archibald 21 janvier 10:13

                      @eugene ; « Les ronds points n’ayant aucune utilité ... »

                      Quand je cherchais du boulot un ami me dit : « tu as un bon compas ? » Oui, pourquoi ? « Fais toi embaucher aux services techniques de la mairie, tu feras des ronds points ».


                    • Michel DROUET Michel DROUET 21 janvier 11:18

                      @eugene
                      Globalement d’accord avec votre propos, eugène, sauf en ce qui concerne la distinction entre élus locaux et Etat : ce sont les mêmes qui se partagent à tour de rôle le pouvoir qu’il soit local ou national et ils adoptent la même posture outrée lorsqu’ils sont dans l’opposition, alors que les uns et les autres commettent les mêmes turpitudes lorsqu’ils dirigent l’Etat.
                      C’est de la fausse opposition, un faut débat organisé pour que le citoyen pense qu’il y a encore des différences entre partis et que les choses changeront lors de l’alternance, ce qui n’a aucune chance d’arriver.
                      Pire encore, des députés maires ou sénateurs maires peuvent adopter des postures différentes selon l’endroit où ils siègent.


                    • Michel DROUET Michel DROUET 21 janvier 11:25

                      @oncle archibald
                      Sauf que ce ne sont pas les services techniques qui font les ronds points, ce serait trop simple !
                      Les études sont en général confiées à des bureaux spécialisés généralement en cheville avec les entreprises du BTP qui réaliseront l’ouvrage, d’où l’inflation du nombre et le gigantisme (avec bien sûr « oeuvre d’art » intégrée.
                      Je ne parle pas des petits fours pour l’inauguration...
                      Derrière ce système, il y a des services techniques dépouillés de leurs tâches et de leur cœur de métier, mais « c’est bon pour l’emploi » !


                    • fred.foyn Le p’tit Charles 21 janvier 07:10
                      Toutes les villes de France sont endettées, obligées de rembourser à des taux élevés..Le nouveau système des régions ne change rien au problème de fond...« LA DETTE »
                      Une preuve de plus de l’incompétence du monde politique... !

                      • Michel DROUET Michel DROUET 21 janvier 11:20

                        @Le p’tit Charles
                        A l’incompétence on peut ajouter la soumission au système bancaire qui se goberge sur le dos des contribuables


                      • fred.foyn Le p’tit Charles 21 janvier 13:41

                        @Michel DROUET+++++En effet... !


                      • oncle archibald 21 janvier 10:10

                        Dans ma petite commune de 800 habitants j’ai vu la mairie déménager deux fois. La première fois c’était vraiment utile, le village qui n’avait il y a un demi siècle que 250 habitants grossissait, les viticulteurs vendaient les vignes les plus proches du village en terrain à bâtir et la vieille mairie devenait vraiment trop petite.

                        Elle fut transférée dans l’ancien bureau de poste très vaste mais fermé, qui avait en outre au premier étage un grand logement de fonction. Après travaux la « nouvelle mairie » idéalement située en plein coeur du village sur la place de l’église face au château était très fonctionnelle et de taille idoine. Mais sous prétexte « d’accessibilité aux personnes handicapées à mobilité réduite » le nouveau maire mégalo décida qu’il fallait construire une mairie neuve de plain pied.

                        Il choisit pour cela un grand terrain situé à l’écart qui avait été donné, oui donné, à la commune par l’ancien châtelain pour y faire un terrain de foot qui manquait aux jeunes. Le maire précédent qui détestait le « châtelain » tout autant que le maire actuel, après avoir remercié du bout des lèvres, avait décidé de passer outre la raison de ce don pour en faire un lotissement communal, et la mairie y avait fait construire une dizaine de petits pavillons HLM.

                        Il restait sur le terrain donné pour que les enfants puissent jouer au foot une surface libre suffisante pour y construire « l’hôtel de ville » (je pouffe), en endettant la commune au delà du raisonnable (je ne ris plus). Dont acte. Pour ceux qui ne sont pas adeptes du jogging il faut maintenant prendre sa voiture pour aller à la mairie.

                        Mais que faire de l’ancienne mairie ? Je vous le donne en mille ! Et bien après quelques travaux très simples POUR LA RENDRE ACCESSIBLE AUX PERSONNES HANDICAPÉES elle devient la « bibliothèque municipale » qui était auparavant située dans une des salles du très vaste château lui aussi acheté par la mairie (aie ! ma feuille d’impôts !).

                        Pourquoi n’a t-on pas fait les mêmes travaux de mise aux normes d’accessibilité dans l’ancienne mairie ??? J’ai beau me gratter la tête je ne trouve aucune explication qui tienne la route.


                        • Michel DROUET Michel DROUET 21 janvier 20:47

                          @oncle archibald
                          Vous n’auriez pas fait un bon élu... C’est pourtant simple, encore que, à la réflexion.....


                        • oncle archibald 22 janvier 22:06

                          @Michel DROUET : oui, à la réflexion on se demande si les élus n’ont pas un intérêt direct à tous ces travaux qu’ils décident ..... 


                          Sans aller aux extrêmes comme le maire de La Faute Sur Mer qui a donné l’autorisation de construire dans des zones submersibles connues depuis toujours puisqu’il s’agissait de « prés salés », tandis qu’il était lui même entrepreneur en maçonnerie et sa femme agent immobilier ... 

                          Entre l’intégrité parfaite et ce cas extrême on trouve tout un éventail de « petits avantages » à tirer du tracé des zones constructibles du PLU et de la d’évolution de travaux par la Commune.

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