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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Les Indignés peuvent-ils réussir sans nous, les 99% ?

Les Indignés peuvent-ils réussir sans nous, les 99% ?

De toute part, et notamment d’ici même, sur Agoravox, fusent des appels à changer ce monde usé jusqu’à la corde par tant de mensonges, d’injustices et de violences accumulées depuis la nuit des temps. Nous ne voulons plus du mensonge des guerres justes ou des printemps révolutionnaires orchestrés par la CIA et ses valets. Nous ne voulons plus du mensonge des politiques qui protègent les lobbies empoisonneurs de la terre, de l’eau et de l’air. Nous ne voulons plus du mensonge de ces dettes illégitimes au travers desquelles les élites financières rendent les foules citoyennes comme les nations esclaves des gangs banques. Nous ne voulons plus de cela mais la question est : comment en sortir lors même que notre pseudo-démocratie se trouve cadenassée par le nouvel ordre européen, son alliée supposée, la presstituée n’ayant plus la moindre prise sur le pouvoir, possédée qu’elle est par les marchands de canon, les grands groupes et leurs amis banksters ? Comment chacun de nous pourrait-il encore se réapproprier le pouvoir citoyen qui est le sien pour contribuer à la refondation d’une démocratie digne de ce nom quand notre temps de cerveau disponible est de plus en plus consacré à la consommation de la con-formation télévisuelle impériale ? Le cyberespace apparaît comme le dernier refuge de la liberté de parole et de pensée. Mais, outre qu’il disparaîtra peut-être comme il est né — grâce aux bons offices du Pentagone — le cyberespoir du grand soir peut-il véritablement impacter le réel ? Ce n’est pas ce que semblent croire les Indignés en général, les OWS en particulier qui privilégient l’action concrète et se méfient du clicktivism. De fait, leur présence sur la toile et dans les réseaux sociaux apparaît seulement informative ou à fin de coordination de l’action dans le « réel ». Ils ne semblent pas voir le web comme pouvant être le lieu d’une action citoyenne proprement révolutionnaire. Or, comment les Indignés pourraient-ils réussir s’ils ne sont pas rejoints par les 99% ? Et où peut se réaliser cette rencontre si ce n’est dans le cyberespace ?

Le pouvoir du monde est dans nos esprits, nos corps, nos mains. S’il nous semble que nous en avons si peu, c’est que depuis toujours nous l’avons délégué, nous l’avons aban-donné à des élus ou des élites qui n’ont eu de cesse de le conserver en nous donnant une représentation mensongère de la réalité, ce que d’aucuns appellent un « hologramme  » et que nous pourrions aussi nommer la « matrice  ».
 
La guerre comme démagogie
 
Le meilleur exemple de cela a toujours été les guerres. Combien d’entre nous ont conscience que bien davantage qu’un moyen de conquête — ou de destruction destinée à la relance de la production —, elles ont d’abord été un moyen de contrôle et d’asservissement des peuples à leurs dirigeants.
 
Car en envoyant leurs enfants au sacrifice suprême pour lutter contre le monstre haineux qui en voulait à leurs « libertés, valeurs, religion et mode de vie », les nations du monde se sont toujours panurgiquement ressoudées derrière leurs gouvernants. Peu importe alors pour le pouvoir que l’accusation soit un grossier mensonge, peu importe qu’il y ait des morts sans nombre, pourvu que le peuple, prêt à tous les sacrifices, renonce à sa liberté et, soumis à ses chefs, dans une belle « servitude volontaire », marche droit vers l’enfer abrutissant de la guerre, du travail pour échouer dans la consommation à outrance avec crédit revolving sur la tempe.
 
Depuis la nuit des temps, les agents de cette « fabrique du consentement » ont su con-tenir le bon peuple par des mensonges présentant une réalité préfabriquée basée sur l’accusation de certains — généralement les plus faibles car ils font les meilleurs boucs émissaires — pour permettre aux autres de se sentir... :
 
a) des victimes innocentes en grave danger,
b) des victimes légitimement en droit de répliquer
c) donc prêts à la guerre
d) donc prêts à tous les sacrifices qui font le prix de la guerre
e) donc prêts à obéir, à renoncer à leur liberté de parole et d’action.
 
L’Histoire s’est ainsi trouvée façonnée par une succession de storytelling infernaux narrant les fictions nécessaires à la manipulation des peuples qui en ont fait leur réalité simplement parce que... tout le monde y croyait.
 
Il y a là un mécanisme d’une simplicité biblique car basé simplement sur le fait que les masses ou la foules (même passivement) unanimes, constituent la pierre philosophale qui transforme le plomb de la propagande dans l’or 24 carats de la réalité sociale du moment.
 
La construction mimétique de la « réalité »
 
Actuellement, ce mécanisme mimétique qui nous fait adhérer à une représentation simplement parce qu’il nous semble que tous y adhèrent (nous désirons ce qui est « vu à la TV », nous croyons ce qui est vu ou lu dans un journal à forte audience) fonctionne mieux que jamais grâce à la concentration, la consanguinité et le plagiat généralisé dans le monde des médias. En effet, l’unanimité ou le consensus entre les sources semble maximal et nous n’avons plus de raisons de douter de ce qui nous est présenté comme étant LA « réalité ».
 
Songeons par exemple à l’équipée libyenne de l’OTAN, présentée comme une libération « humanitaire » du peuple libyen alors qu’il s’agit d’une « réplique » de l’invasion de l’Irak réalisée dans les coulisses et sous les auspices d’un « printemps arabe » lui aussi super « hypé » par les médias alignés parce que, précisément, il a très bien servi les visées de l’Empire.
 
Heureusement, face à ces puissants outils de « fabrication du consentement » ou du consensus, il existe un village global qui résiste, le cyberespace. Il constitue un formidable bouillon de culture et de dissidence. Des pensées divergentes viennent de toute part nourrir notre liberté de pensée et notre libre arbitre. La diabolisation dont il fait l’objet de la part des « idiots utiles » de la presstituée suffit à en dire la valeur, c’est-à-dire, le potentiel de présentation d’une réalité alternative, source d’une dissonance dévastatrice pour la propagande impériale.
 
Toutefois, aussi réjouissante que soit l’existence d’un tel espace et le potentiel qu’il représente sous le rapport de la liberté, comment ne pas se demander si le cyberespace peut encore avoir le moindre impact sur « la matrice » vu que celle-ci ne cesse de se renforcer au point qu’elle peut à présent complètement occulter ou, au moins, discréditer tout sujet susceptible de bousculer l’histoire officielle de l’Empire, comme par exemple, les incohérences de la V.O du 11 septembre 2011.
 
Le problème fondamental
 
Après Pearl Harbor, le golfe du Tonkin, le Kosovo, le 11 septembre, l’Afghanistan, l’Irak, à présent la Lybie, probablement la Syrie et peut-être à nouveau l’Iran ou le Pakistan, la machine à fabriquer du consensus-pour-la-guerre marche mieux que jamais et la question reste de savoir comment nous allons faire pour qu’elle cesse de nous détourner du problème fondamental qui peut, je crois, se formuler comme la mise en esclavage des peuples par l’argent-dette au bénéfice d’une élite mondiale (de plus en plus) possédante ? Les Indignés de par le monde, et en particulier les Occupy Wall Street (OWS) ont-ils la moindre chance de réussite ? Cette dernière pourrait-elle, devrait-elle passer par le cyberespace ?
 
On me pardonnera de poser ainsi le problème un peu à la hache, sans toutes les nuances nécessaires et en laissant dans l’ombre un macabre cortège d’injustices et de violences qui attendent toujours d’être reconnues pour ce qu’elles sont.
 
Disons que j’essaie de me tenir à l’essentiel, à ce qui est le plus actuel : la question de la création monétaire usurpée par les banques aux peuples qu’elles asservissent ensuite par la dette. J’essaie de porter l’attention sur ce dont notre avenir à tous dépend radicalement et qui, de fait, est à l’origine de l’ensemble des difficultés insupportables qui motivent le mouvement mondial des Indignés.
 
Cette question est ancienne, elle a une histoire, étonnante, en ce qu’elle ne pouvait que fatalement nous mener là où nous nous trouvons. Sa mécanique est particulièrement diabolique dans la mesure où la catastrophe qui vient offre l’occasion d’une « stratégie du choc » destinée à instaurer un nouvel ordre économique et financier avalisant la victoire d’une élite mondiale sur une sorte de bétail humain asservi par l’argent-dette. Comme l’a si bien dit Naomi Klein le 6 octobre dernier en s’adressant à l’assemblée des OWS à Freedom Plaza :
 
« S’il y a une chose que je sais, c’est que les 1% [l’élite] adorent les crises. Car le moment idéal pour satisfaire l’agenda politiques des grands groupes, c’est quand les gens sont paniqués, désespérés et que personne ne sait quoi faire : privatiser l’éducation et la sécurité sociale, démanteler les services publics et se débarrasser des dernières entraves au pouvoir des oligarchies. C’est ce qui est en train de se passer dans le monde entier à l’occasion de cette crise économique. » (Lien)
 
Warren Buffet n’a-t-il pas affirmé : « Il y a une lutte des classes ..., bien sûr, mais c'est ma classe, la classe des riches qui est en guerre. Et nous gagnons.  » [1] ?
 
Toutefois, les bouleversements monétaires, financiers et économiques qui s’installent dans notre quotidien ont des enjeux tellement élevés qu’il importe peu dorénavant de savoir si, pour les expliquer, il nous faut invoquer une hypothèse LIHOP, MIHOP ou SNAFU [2]. Il n’est plus temps de chercher à régler des comptes ou redresser des torts. Nous sommes confrontés à des puissants armés jusqu’aux dents pour tirer un maximum de profits [3] à court, moyen et long terme de ce qui vient et il est douteux qu’ils laissent la piétaille faire désordre et troubler la monstrueuse orgie qu’ils en attendent.
 
Sortir du « parc humain » ?
 
Dès lors, même s’il ne faut jamais renoncer à comprendre et donc à reconstituer l’histoire des violences économiques ou autres qui nous ont menés où nous sommes à présent — en chute libre dans le gouffre —, il importe de rechercher sans perdre de temps comment empêcher les 1% de l’élite mondiale d’amener les 99% restants à franchir les dernières étapes vers le « parc humain » du Nouvel Ordre Mondial qui nous a été concocté et dont nous pouvons déjà pressentir qu’il accentuera dramatiquement les misères, les injustices et les violences du monde actuel au point de fermer peut-être définitivement la porte à l’espoir.
 
Encore une fois, la question est de savoir si le cyberespace peut réellement contribuer à la nécessaire révolution ou s’il ne produira jamais qu’une vaine agitation des souris, un clicktivisme de masse aussi futile et désespérant que l’hébétude télévisuelle de nos contemporains.
 
La question mérite d’être posée comme lorsqu’au début de la bulle internet on s’interrogeait sur la valeur des compagnies « click » (cyberespace) face aux compagnies « mortar » (béton) qui apparaissaient plus réelles et donc plus solides.
 
L’histoire a montré, notamment avec Google, que les sociétés du cyberespace pouvaient devenir des poids lourds de l’économie. Mais peut-on en déduire que les révolutionnaires virtuels du cyberespace peuvent devenir de véritables acteurs de la révolution dont nous avons besoin ?
 
Vu le rôle joué par les réseaux sociaux dans le « printemps arabe », on pourrait penser que la chose tient dorénavant de l’évidence. Sauf que, il faut y insister, nous avons eu connaissance de ces mouvements populaires non par le seul internet, mais avant tout par les médias alignés qui ont mis toute leur puissance au service d’une dynamique téléguidée par l’Empire.
 
Les réseaux sociaux ne sont apparus comme utiles que parce qu’on a bien voulu les laisser voir comme tels. Il y a ici une réalité construite pour les besoins de la cause (prétendument démocratique) et il est douteux qu’il en aille de même pour les dynamiques populaires du cyberespace dont l’Empire ne voudrait pas entendre parler. Le cas du 11 septembre est ici exemplaire. La chape de plomb a été et reste omniprésente, très efficace puisqu’aussi contestée et même laminée qu’elle soit dans le cyberespace, la « pure fiction » de la V.O. tient toujours dans les médias et, plus que jamais, dans le discours officiel.
 
De sorte que nous restons avec un public inerte, comme dans Les nouveaux habits de l’empereur, la fable d’Andersen dans laquelle les membres de la foule, bien qu’informés par leurs propres yeux de la nudité du souverain, restent silencieux ou font même mine d’approuver, car nul ne veut connaître le rejet et les violences que subit inévitablement « celui qui dit la vérité ».
 
Ainsi qu’on a pu l’observer avec Meyssan, Cotillard, Kassovitz ou Bigard, c’est s’exposer aux plus graves dangers que de tenter de rompre le consensus impérial, aussi artificiel ou infondé qu’il soit.
 
Cela découle logiquement de ce que nous avons évoqué plus haut, à savoir, le fait que c’est lui, ce consensus, qui détermine la « réalité » dans laquelle nous vivons, l’ « hologramme », que produit la « matrice » de l’Empire et qui, fonction numéro un, rassure tellement le troupeau bêlant. Ce dernier constitue en fait le véritable consomm’acteur, l’alpha et oméga de la bouc-émissarisation restauratrice des faux-semblants, le demandeur autant que le validateur du storytelling mythique qui fonde, précisément, le rassurant rassemblement, le consensus, dont il a besoin.
 
En considérant les choses ainsi, c’est-à-dire, d’un point de vue constructiviste de la réalité, nous pouvons mieux situer les enjeux de la question posée : la destruction de l’ « hologramme », la bascule dans une réalité authentique, c’est-à-dire, la Révélation, — donc l’Apocalypse au sens étymologique du terme — qui constitue le geste révolutionnaire par excellence, pourra-t-elle advenir grâce au web social ou devra-t-elle, au contraire, se réaliser sans lui, voire contre lui ? Les OWS ont-ils raison de faire comme s’ils pouvaient s’en passer ?
 
Forger un cyber-consensus...
 
Poser la question ainsi, c’est y répondre immédiatement dès lors qu’on a bien compris que lorsqu’on parle de construire une nouvelle réalité, on parle d’abord et avant tout de faire émerger un consensus qu’il s’agit donc... :
 
a) d’élargir (viralement si possible)
b) d’amener à la conscience collective.
c) c’est-à-dire, à la conscience du collectif...
d) et donc à la conscience de sa force !
 
Car ne nous y trompons pas, sans cette conscience, ainsi que le montrent encore une fois les attentats du 11 septembre 2001, un simple consensus « de fait » (par exemple un sondage) reste totalement impuissant à changer l’ordre des choses. Bien qu’une large majorité de la population mondiale rejette la V.O. celle-ci reste encore et toujours la norme de pensée. Comme dans le conte d’Andersen, le public occidental est composé d’individus isolés qui, faute d’avoir déclaré et constaté leur communauté de vue sur 9/11, restent désunis, sans solidarité, sans force, et donc sans effet. 
 
Si les consciences individuelles restent isolées et ne viennent pas à la conscience du collectif, si elles ne se savent pas partie intégrante d’un large et donc puissant collectif, elles seront vaines, futiles, inutiles. Car nulle réalité nouvelle ne pourra émerger avant qu’elles ne se rassemblent dans la conscience d’elles-mêmes.
 
C’est bien pour cela que les révolutions se sont toujours appuyées sur des foules, c’est-à-dire, un collectif actif, uni dans une action qui vise avant tout à construire une conscience collective dissidente suffisamment vaste pour...
 
a) pour frapper les esprits,
b) faire prendre conscience de l’existence d’une « autre réalité » et donc,
c) faire ipso facto s’écrouler « l’hologramme » qui ne tient que par la croyance en un consensus que l’existence même d’une dissidence crédible anéanti.
 
Bien entendu, les foules sont toujours folles (conspirationnistes etc., et donc peu crédibles) au regard du pouvoir qui s’affole de leur pouvoir. Mais peu importe, c’est la loi du genre, tout le monde sait à présent que les foules peuvent être intelligentes, et les révolutions de velours. La seule chose qui compte, c’est le nombre, qui conditionne la visibilité. A partir d’un certain seuil, les médias même alignés ne pourront pas ne pas en faire mention.
 
Quoi qu’il en soit, j’espère qu’il devient à présent suffisamment clair que notre question initiale a trouvé sa réponse : oui, le cyberespace peut et doit contribuer à la nécessaire révolution. Car il s’agit de rassembler les 99% autour des Indignés et, pour cela, nous n’avons pas d’autre espace que le cyberespace. Il s’agit bêtement de faire nombre et ce n’est pas dans la rue que nous pourrons le faire. Ce n’est pas pour rien que le web social s’est affirmé comme un formidable outil de fabrication de foules intelligentes sources de nouvelles perspectives, de nouveaux consensus, donc de nouvelles réalités.
 
Le web social n’est pas comme les médias traditionnels un simple outil de diffusion ou de propagation. C’est un outil d’action, parce qu’à l’exemple d’Agoravox, c’est un espace public chacun peut venir librement opérer cet acte citoyen qui consiste à déclarer sa position, ses aspirations, ses choix et où, par conséquent, la conscience du consensus, de la communauté de vue, de la solidarité, peut se déployer avec la même intensité que lorsqu’on se trouve physiquement au milieu d’une foule enthousiaste.
 
Il semblerait insensé de vouloir passer à côté de ce moyen, mais c’est pourtant ce à quoi incite malheureusement le site Adbusters, instigateur du mouvement OWS, pour des raisons qui tiennent davantage de la poésie que de la rationalité.
 
Réunir OWS et 99%
 
Quoi qu’il en soit, il devrait être clair pour tout le monde que les Occupy Wall Street n’ont aucune chance de réussir s’ils ne trouvent pas un moyen d’amener la population se rassembler avec eux sur le mode de la foule solidaire, unie et non pas sur celui du public bienveillant qui donne sa bénédiction le temps que les médias alignés consentent à évoquer le sujet.
 
La jonction, que dis-je, l’unité entre les OWS et les 99 % doit absolument devenir réelle, palpable, c’est-à-dire, connue et reconnue de tous, sinon ils sont perdus... et nous aussi.
 
En effet, ils n’occupent l’espace public qu’au prix d’une admirable discipline de non-violence dont on se demande combien de temps encore elle pourra être tenue. Car il ne faut pas s’y tromper, l’occupation concrète, réelle d’un espace public durant des jours et des semaines ne peut pas ne pas être perçue ici ou là — notamment par le voisinage —, comme une forme de violence, ce qui suscitera de la violence en retour. Par ailleurs, si tant est qu’ils réussissent à garder cette droite ligne, jusqu’à quand sera-t-elle tolérée par l’Empire dès lors qu’elle ne lui offre aucune prise ? Il sera facile d’envoyer ici et là des « agents provocateurs » qui feront entrer, aussi peu que ce soit, l’insurrection dans le cycle de la violence de manière à la disqualifier aux yeux du grand public.
 
Au demeurant, comme pour Fukushima, quand l’Empire voudra faire de ces occupations un non-événement, il y aura toujours assez d’actualité brûlante de par le monde pour réaliser un complet black-out sur ces bandes interlopes d’hurluberlus irresponsables.
 
Si, par contre, il devait apparaître qu’une foule immense, nationale et internationale est en train de se rassembler derrière les OWS pour exiger avec eux la mise au pas de la finance mondiale, il en irait tout autrement.
 
Comme le dit si bien le journaliste engagé Chris Hedges (Prix Pulitzer) avec le titre d’une de ses remarquables analyses du mouvement OWS : « Occupiers Have to Convince the Other 99 Percent  ». Mais cela ne suffira pas, car être convaincu est une chose, agir en est une autre, agir efficacement encore une autre.
 
Agir efficacement veut dire « être avec » les OWS d’une manière « visible », publique, qui puisse frapper les consciences et amener ces dernières à rejoindre dans un mouvement qui deviendrait alors irrésistible.
 
Comment réaliser cela ? Dès lors que, nous le savons bien, nous n’irons pas rejoindre physiquement les OWS à New York — ou dans les centaines de villes où ils ont essaimé — et nous ne les imiterons pas en nous rassemblant devant le palais Brognard.
 
Le cyberespace est le seul lieu où nous, les 99 % pouvons nous solidariser avec ce mouvement. Il faut l’occuper sans tarder. Mais comment faire pour ne pas seulement agir pour se donner bonne conscience à peu de frais ? Comment agir efficacement, en vue de contribuer à rien moins que la réussite du mouvement ? Parce que c’est cela que nous voulons, pas seulement la bonne conscience.
 
Encore une pétition ? Non merci !
 
La première impulsion pourrait être de signer des pétitions et, en particulier, celle proposée par Avaaz.org qui, vu la puissance et les succès passés de cette organisation, a le plus de chance d’avoir un impact.
 
Le fait est qu’ils en sont actuellement (le 30 octobre à 17h) à 796 730 signatures et ils visent le million. C’est très bien, mais lisez de près cette pétition, que dit-elle ? :
 
« Aux citoyens qui occupent Wall Street et à tous les gens qui protestent dans le monde entier :
 
Nous vous soutenons dans cette lutte pour une réelle démocratie. Ensemble, nous pouvons mettre fin à la corruption et à l'emprise qu'exercent de riches élites et entreprises sur nos gouvernements, et contraindre nos responsables politiques à servir l'intérêt général. Nous sommes unis, le temps du changement est venu ! »
 
Il n’y a rien là qui ne puisse intégrer le discours d’Obama ou d’un candidat de l’UMPS. Le moment venu, la récupération pourra se faire comme une lettre à la poste.
 
Je ne fais pas de procès d’intention à Avaaz. Ce n’est pas le lieu. J’ai signé leur pétition, j’en ai signé par le passé et j’en signerai d’autres — avec prudence toutefois, car je les soupçonne quand même un peu d’être au service de la bien-pensance avec laquelle l’Empire nous ballade. Ainsi, je m’en veux beaucoup, j’ai, sans mesurer la portée de mon acte, participé à leur action pour soutenir la résolution 1973 de l’ONU. Errare humanum est ;-(
 
Disons que c’est simplement les modalités de leur pétition et de toute pétition en général que j’interroge à présent. En signant la pétition d’Avaaz en soutien à OWS, j’ai, à un instant donné, déclaré faire mien un message assez vague pour qu’il soit communiqué à un moment donné (que je ne connais pas) à un(e) (entité) responsable dont j’ignore tout encore.
 
Supposons que cette pétition parvienne à un autiste gouvernemental comme il y en a partout dans le monde ? Où finira-t-elle ? A la poubelle, la vraie ou dans celle du recyclage (récup) lors d’une cérémonie de remise avec grand tralala et presstituées à gogo.
 
Dès lors, même s’il est incontestable que l’existence de cette pétition constitue d’ores et déjà un encouragement pour les OWS, ne serait-ce qu’au travers de l’affichage live réalisé à Zuccotti Park, il est douteux qu’elle puisse être autre chose qu’un sympathique appoint.
 
Si nous sommes sérieux une seconde, nous savons qu’il ne s’agit pas seulement d’avoir un impact, même significatif, il ne s’agit pas de nous abandonner à la première impulsion qui nous donnera satisfaction et bonne conscience comme on se soulage d’une envie pressante. Nous parlons de renverser l’Empire (qu’ils en soient pleinement conscients ou non, c’est le projet affiché par les contestataires d’OWS), et croyez-vous qu’on le fasse avec une pétition d’un million de signatures ?
 
Combien de personnes sont descendues dans les rues en Europe lorsque l’Empire a voulu se faire l’Irak ? Des millions personnes en Italie, en Espagne, en Angleterre n’ont pas fait plier leurs gouvernements respectifs. Alors un million de signatures... vous rigolez ?
 
La pétition est une voie sans issue. Elle est vouée à l’échec par manque d’ambition. Même deux, voire trois, millions de signatures feront bien rigoler Lloyd Blankfein — le patron de Goldman Sachs, quasi propriétaire de la Réserve Fédérale et du gouvernement U.S, qui est tellement conscient de l’immensité de son pouvoir qu’il a prétendu faire « le travail de Dieu » !
 
Cybermanifestation : le temps qu’il faudra, la taille qu’il faudra...
 
No limits ! Si nous voulons adhérer à l’esprit des OWS, c’est la première chose à intégrer. Nous ne sommes pas ici pour faire salon, pour faire un bon chiffre, mais pour la victoire. Tout comme les OWS projettent d’occuper l’espace public « le temps qu’il faudra », peuvent-ils viser moins que la réalisation du « rassemblement qu’il faudra » ?
 
Nous ne savons pas quelle taille le mouvement OWS-99% devra atteindre pour s’imposer aux médias et obliger les politiciens à prendre les mesures révolutionnaires et libératrices que le monde attend.
 
Nous ne le savons pas mais cela n’a aucune importance car nous savons qu’il suffit de se mettre en route et ne pas cesser de se rassembler autour des OWS pour que, fatalement, mathématiquement, vienne le moment du point de bascule, le « tipping point », quand la croissance implacable du mouvement (ah quelle joyeuse croissance que celle là !) apparaîtra irrésistible et que les 1% commenceront à prendre conscience que les murs de Wall Street ne peuvent résister à cette vague.
 
Ce point existe. Si nous marchons de manière déterminée en sa direction, nous ne pouvons pas ne pas le rencontrer.
 
Alors la question n’est plus que de savoir où nous pourrions réaliser ledit rassemblement. Dans le cyberespace, certes, pas à New York. Mais où exactement ? Où l’unité des citoyens du monde pourrait-elle se donner à voir clairement, incontestablement, irréfragablement ?
 
Pas dans une pétition, pas dans quelque vague sondage préformaté, mais dans l’accord unanime, massif, irrésistible autour, non pas d’un projet de société, d’un idéal, d’un programme politique ou d’un vœu pieu mais bien de quelques revendications très précises, peut-être même une seule, la « revendication‑clé » qui ouvrira toutes les portes, parce qu’étant essentielle, elle ne cessera jamais de susciter l’accord, qui est tout ce dont nous avons besoin.
 
Alors oui, je sais, le diable est dans les détails et le problème des OWS est, précisément, que depuis un mois que le mouvement a démarré, ils n’ont toujours pas de demande bien identifiée.
 
Comme il faut savoir finir un article, je vais aller droit au but : il me semble que les OWS ne peuvent demander rien moins que la pleine récupération de la souveraineté populaire sur la création monétaire. S’il y a une demande clé, c’est bien celle-là vu que le moteur de l’Empire tient tout entier dans l’intérêt de la dette que les banques privées ont eu licence de créer ad libitum depuis ce coup d’état qu’a été la création de la FED en 1913. Je ne dis pas que qu’il s’agit de la seule demande. Il me semble seulement qu’elle doit être la première. Elle est incontournable.
 
Supposons, pour le moment, que cette demande fasse consensus parmi les OWS, supposons qu’elle soit audible et intelligible par les 99%, où pourrait alors trouver à s’afficher l’unité entre les uns et les autres ?
 
Encore une fois, aucune manifestation des 99% qui battrait réellement le pavé ne peut espérer avoir la taille et la durée nécessaire. Nous, les 99%, nous ne sommes pas capables des sacrifices et de la liberté que s’autorisent les OWS. Et c’est n’est pas nécessaire.
 
Pour réussir, nous avons seulement besoin que des citoyens du monde simplement identifiés par leur nom et leur ville puissent rejoindre à tout moment une manifestation virtuelle qui, jour après jour, et le temps qu’il faudra, portera les revendications des OWS.
 
Une cybermanifestation permanente qui ne cesserait de croître tout en tournant inlassablement autour de Wall Street ne pourra manquer de passer le cap à partir duquel les murs de la finance mondiale se fissureront et s’écrouleront comme ceux de Jéricho.
 
Voyez-vous un obstacle à la réalisation de ceci ? A part nous et notre inertie, il n’y en a pas. Nous avons ce pouvoir.
 
Comment concrètement le mettre en œuvre ? Pas en imaginant constituer une monstrueux groupe Facebook car cette société a déjà montré sa servilité vis-à-vis de l’Empire. Le groupe pourrait être fermé à tout moment.
 
Il nous faut une plateforme indépendante. Alors, ou bien les OWS la conçoivent, ou bien c’est à nous, les 99% qu’il revient de le faire. Mais quoi qu’il en soit, c’est le seul lieu où les uns et les autres peuvent espérer se rencontrer, s’unir et donc réussir. Pardonnez-moi d’y insister peut-être maladroitement, mais sans cette union OWS-99% tout est perdu. Il n’y aura pas une seconde chance. La voie institutionnelle, politique, via des élections supposément démocratiques n’est plus qu’un leurre pour gogos qui ne voient pas que bonnet noir remplace blanc benêt et réciproquement ; aucun intérêt, aucun espoir (cf. la belle analyse de Thierry Meyssan sur le système électoral étasunien)
 
C’est pourquoi il faut agir maintenant. Sans tarder. Tant que les OWS tiennent le haut du pavé et que les rigueurs de l’hiver ne les ont pas fait fuir. Car sans eux, sans l’entrée dans le réel physique qu’ils constituent, une cybermanifestation serait orpheline et probablement impuissante. La résonance et donc la solidarité entre les OWS et les 99% est indispensable. C’est comme pour un iceberg : le haut n’émerge que parce qu’il est porté par la partie immergée. Sans cette unité, il n’y aura pas de visibilité.
 
Dans un article à suivre, j’ouvrirai une réflexion sur la manière de mettre en place une telle plateforme. Car si les OWS n’y viennent pas, c’est au 99% d’aller à leur rencontre, n’est-ce pas ? Tous ceux qui pensent pouvoir y aider sont d’ores et déjà bienvenus de se signaler !

L’esprit des OWS c’est qu’il n’y a pas de leader. L’intelligence est collective. Tout se fait dans la transparence. Tous les points de vue sont donc légitimes a priori. L’échange permettra de faire le tri. Alors merci d’avance, déjà, pour vos commentaires et contributions.


[1] Voir New York Times, November 26, 2006 et CNN Interview, May 25 2005.
[2] SNAFU veut dire : « Situation Normal : All Fucked Up ». Voir http://en.wikipedia.org/wiki/SNAFU
[3] Même s’il n’est pas une référence, le trader Alessio Rastani a dit les choses de manière très justes ici

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88 réactions à cet article    


  • Patrick Samba Patrick Samba 31 octobre 2011 11:26

    Bonjour,

    puisque vous nous remerciez d’avance pour nos commentaires, j’ai bien envie d’être un peu sarcastique, ce que je n’aurais pas été sinon.

    Vous écrivez : " De fait, leur présence sur la toile et dans les réseaux sociaux apparaît seulement informative ou à fin de coordination de l’action dans le « réel ». Ils ne semblent pas voir le web comme pouvant être le lieu d’une action citoyenne proprement révolutionnaire. Or, comment les Indignés pourraient-ils réussir s’ils ne sont pas rejoints par les 99% ? Et où peut se réaliser cette rencontre si ce n’est dans le cyberespace  ?« 
    Cette question ne serait-elle pas l’expression de la pensée révolutionnaire... d’un révolutionnaire en pantoufle ?

    Et vous poursuivez : »Le pouvoir du monde est dans nos esprits, nos corps, nos mains. S’il nous semble que nous en avons si peu, c’est que depuis toujours nous" ... ne quittons pas nos pantoufles  !  smiley

    Les Indignés ne craignent pas d’aller dans la rue, sur les places, et cela même quand il fait froid... Parce qu’ils savent que s’ils ne le font pas, et de manière non-violente, il ne se passera en réalité pas grand-chose...


    • dom y loulou dom y loulou 31 octobre 2011 13:10

      et vous, patrick Samba, que faites-vous ?


      les pantoufles, on avait compris.

    • Patrick Samba Patrick Samba 31 octobre 2011 13:28

      « ... on avait compris »

      car « la vérité est prise entre des dents souriantes » et c’est pourquoi « je dis que même au sein d’une illusion il vaut mieux avoir son mot à dire »..............

      « On » parfois est ...

      Bon courage !


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 31 octobre 2011 17:18

      @ Patrick Semba

      No problemo avec les sarcasmes. C’est la loi du genre. On ne vient sur une agora en pensant pouvoir en faire l’économie...

      Merci pour votre point qui a le mérite de la franchise. Grosso modo vous retrouvez la thématique de Adbusters qui dénigre le clicktivism.

      Mais vous faites dans le simple et robuste : toujours cette même rengaine sempiternelle qui oppose les purs, les braves, ceux qui en ont quelque part, et les dégonflés, les pantouflards, les mièvres, les lâches, etc.

      Je ne dis pas que ce distinguo n’a pas lieu d’être parfois. Mais le fait que vous soyez satisfait de le mettre en avant me permet de mesurer l’immensité de mon échec à rendre clair cette idée que, j’y insiste, si les OWS ne sont pas rejoints par les 99% dans le seul espace où cela est possible, le cyberespace, ils sont perdus et nous avec.

      Vous avez envie de croire qu’occuper physiquement la rue le temps qu’il faudra suffira pour produire le résultat escompté sauf que même si Freedom Plaza ne désemplit pas durant l’hiver, vous n’aurez pas l’effet Tahrir pour la bonne raison que là-bas le rassemblement avait des accents révolutionnaires que tout le monde savait en résonance avec les aspirations d’un peuple en dictature depuis des lustres et qui ne demandait qu’une chose : le changement de pouvoir.

      A Freedom Plaza, les OWS n’ont pas de revendication claire, ils ne peuvent être soutenu par le peuple quelque soit la sympathie que l’on peut avoir à leur égard. Cette sympathie a déjà été exprimée par Obama, qui, ce faisant les a récupérés.

      Ils ne sont pas des pantouflards, ils sont courageux, ils sont admirables, je vois ce qu’ils font comme enthousiasmant et même beau.

      Mais s’ils ne construisent pas la résonance avec les 99%, je le répète, ils sont perdus et nous avec.

      Et cette résonance, cette unité ne se construira nulle par ailleurs que sur la toile.


    • Patrick Samba Patrick Samba 31 octobre 2011 22:31

      « ...dans le simple et robuste » ?     Vous me flattez !


    • caramico 6 novembre 2011 09:43

      1% d’oligarques, 1% d’indignés, 1% qui utilisent le « cyberespace » pour s’informer, 47% pour s’envoyer des blagues salaces et du cul, et 50% qui ne savent même pas ce que c’est et qui pensent que TF1 est le nec plus ultra en matière d’information.
      Voilà à quoi se résume la population de la France dans mon esprit, le peu d’indignés à la Défense, la deuxième journée de « solidarité » que l’état veut nous mettre au propre et au figuré résume bien la mentalité d’esclave avec laquelle plus personne ne réagi.
      Cette passivité me révolte, jusqu’où baisseront-ils l’échine ?


    • zelectron zelectron 6 novembre 2011 10:58

      Article 1er
       trop de revendications tuent les revendications
      Art 2
      Le système actuel des représentations des citoyens est parfait, hors de question d’y toucher, pour l’instant ...
      Art 3
      5, 10, 50 retraités (non rémunérés seulement défrayés ?) désignés au sort pour 1 an, accompagnant chaque élu pour l’aider mais aussi le faire mettre jusqu’à une éventuelle garde à vue et placer sous séquestre ses biens y compris ceux de ses collatéraux étendus.


    • Montagnais Montagnais 31 octobre 2011 11:57

      Vous posez : « Or, comment les Indignés pourraient-ils réussir s’ils ne sont pas rejoints par les 99% »


      Vous l’avez presque bien perçu pourtant : « on veut pu, c’est tout, on veut pu ».. De quoi être optimiste !

      Eh ! ça suffit ça, il est là le succès, elle est la la solution à toutes les contradictions ! 

      Suivez bien. ; l’Oligarchie à besoin de 2% 3% l’an, minimum, c’est elle qui le dit, pour faire durer ses sortilèges.

      On sera jamais 99%.. 99% c’est une coquetterie, une manière de style, une provocation jubilatoire, vous savez bien. 

      Nous sommes 3 à 4 %, d’expérience, mieux que sondage opiniononion-way, 3 à 4 %, on a pas besoin des autres, les masses élevées au spectron (comme on élève des poulets aux hormons).

      3 à 4 % qui appliquent du clair et simple sans concessions : 

      - Grève générale de la surconsommation (on vit frugal et joyeux, libérés)

      - Halte à toute forme de collaboration (et même, si on peut, on passe le fardeau D..) 

      - Révolution, cette fois, c’est l’Oligarchie et ses valets qui sont en délicatesse, qui peut compter ses abattis.

      Mimile-Jonathan-Kevin joue foot et rubgy, sautille et dansote, courre en ski, fait vroum-vroum.. On a pas besoin de lui. Il se réveillera plus tard.

      De façon subsidiaire, entre deux canons, on se relaye au campement.



      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 31 octobre 2011 17:23

        Gentil programme.
        Moi j’appelle ça se bercer d’illusions.

        L’action collective a ses lois.
        Si vous ne les respectez pas, vous n’arriverez à rien...
        que des voeux pieux !


      • kemilein 31 octobre 2011 17:24

        vous qui relevez justement question de la masse critique.

        l’auteur se base sur un principe « démocratique », en gros, la majorité a décidé, soumet toi !
        si on y regarde de près quelle est cette majorité ? une extrême minorité qui choisi en conscience et une foultitude qui se laisse guider sans broncher, sans se poser de question.

        la majorité est une illusion, ce sont des gens peureux, lâche et paresseux, qui n’ont ni le temps ni l’envie de s’intéresser. (c’est pour cette raison que les journaleux ne font que du Zaping, pour que personne ne puisse leur parler assez longtemps)

        cette majorité par sa passivité a scellé SON sort, devons nous en supporter nous aussi les conséquences ?

        la véritable révolution peut se faire sans « majorité », elle ne sera donc pas « démocratique », il faut faire sécession.


      • Montagnais Montagnais 31 octobre 2011 17:38

        Bien vu, prôner la sécession, la désertion de cette nef des fous.. 


      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er novembre 2011 06:54

        Oui, sauf que vous désertez pour aller où ?

        Il me semble que nous sommes dos au mur et qu’il est temps d’affronter avec les moyens dont nous disposons.
        D’abord ceux de la vérité, notamment sur la création monétaire et ce qu’elle signifie d’exploitation et de mise en esclavage lorsque le peuple en est privé au profit des gangs banques.

        Je suis d’accord que ceux qui bougeront AU DEBUT seront une minorité. C’est ce que sont les indignés.

        Je dis seulement qu’ils ne réussiront que s’ils entraînent les 99% à leur suite.

        Et les 99% ne vont pas bouger physiquement.
        Ils le peuvent seulement en prenant position dans le cyberespace.
        D’où l’idée d’une cybermanif, qui contrairement à une pétition, n’est pas limitée dans le temps et n’est aux mains de personne : c’est juste le lieu où l’accord donc l’unité du peuple, donc sa solidarité, donc sa force se donnent à voir, et d’abord à lui-même.


      • Tiberius Tiberius 31 octobre 2011 12:07

        Les indignés ne sont indignés parce que qu’ils n’ont pas d’argent !

        Tout le reste n’est qu’habillage et artifice pour camoufler l’extrême trivialité des revendications.

        Le monde est en crise, ces gens n’ont pas de boulot et pas de revenus suffisants pour se payer des Ipad et autres merveilles de l’industrie capitaliste, ils s’indignent, quoi de plus normal ?! 

        Fournissez-leur à présent du boulot et suffisamment de pognon et vous verrez qu’ils n’en auront strictement plus rien à faire des empoisonneurs de la terre et de l’air et qu’ils s’accommoderont même très bien de l’existence de Wall Street quand ils boursicoteront sur l’Internet. 

        Les grands idéaux qui ne se manifestent qu’en période de crise ne sont jamais aussi nobles qu’on le veut le faire croire...


        • BHL=MST 31 octobre 2011 12:38

          Bel exemple de mentalité d’esclave. 


        • Patrick Samba Patrick Samba 31 octobre 2011 13:08

          "Fournissez-leur à présent du boulot et suffisamment de pognon et vous verrez qu’ils n’en auront strictement plus rien à faire des empoisonneurs de la terre et de l’air"

          apparemment vous non plus vous n’avez pas ôté vos pantoufles, parce qu’ à l’évidence vous ne les avez pas rencontrés, les Indigné(e)s...


        • Tiberius Tiberius 31 octobre 2011 14:43

          Quand les entrepreneurs s’indignent du poids des charges qui accablent leur malheureux petit business, ils mettent toujours en avant leur désir altruiste de créer des emplois. Quand les médecins manifestent pour une revalorisation de leurs honoraires, ils mettent toujours en avant la qualité des soins et leur désir sincère de consacrer plus de temps à leurs patients. Et quand les indignés s’indignent de ne plus avoir de boulot, ils disent vouloir offrir à la postérité un monde plus juste.

          Il n’en demeure pas moins qu’au bout du compte, tous ces gens ne réclament qu’un chose, DU POGNON, eh oui !!!


        • Patrick Samba Patrick Samba 31 octobre 2011 15:15

          Et je le répète : vous ne les avez pas rencontrés. Eh oui !!!


        • Tiberius Tiberius 31 octobre 2011 16:01

          Bien sûr que si, j’en ai déjà rencontrés !

          Trois pour être précis. 

          C’est peu, mais il faut dire qu’ils sont plus tapageurs que nombreux...


        • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 31 octobre 2011 17:27

          @ Tiberius

          Ce que vous dites me paraît difficilement contestable.
          Je dirais même que c’est très juste.

          Mais j’ai envie de dire : et alors ?
          Si ceux qui reprendraient bien la pillule bleue ne retrouvent que la rouge, qu’importe !

          L’important est qu’à un moment donné, au présent donc, ils voient l’ignominie du monde dont ils se seraient satisfait s’il avait continué à les satisfaire.

          Il ne l’a pas fait, alors qu’il périsse !


        • Tiberius Tiberius 31 octobre 2011 23:26

          @ Luc-Laurent Salvador

          La grande majorité des citoyens de ce pays a encore bien trop à perdre pour renoncer au capitalisme et il faudrait que la crise mette plus de 50% des Français bien longtemps au chômage avant qu’une telle désespérance ne s’installe. D’ailleurs même après cela, encore faudrait-il que se manifeste une alternative suffisamment crédible au modèle capitaliste pour rendre l’espoir au peuple. Or, de mon point de vue, ce n’est pas avec une vieille chose usée comme le collectivisme que l’on risque de susciter à nouveau l’enthousiasme des masses. 


        • TigerSean TigerSean 1er novembre 2011 05:59

          Pour une fois, je suis d’accord avec Tiberius...

          Même si j’applaudis l’initiative des indignés, je reste persuadé que sans crise financière, sans perte d’emploi, on en aurait moins entendu.

          Ceci dit, c’est un bien pour un mal : Si ne pas avoir d’argent permet de voir la réalité de la vie tant mieux ! Peut-être que ce mouvement permet aux protagonistes de se rendre compte de tous les problèmes accumulés depuis les débuts du super-capitalisme, et rien que pour ça, j’encourage ce mouvement jusqu’à une révolte radicale !


        • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er novembre 2011 07:00

          @ Tibérius & Tigersean

          S’ils ont encore trop à perdre, il ne faudra pas attendre longtemps pour qu’ils en aient beaucoup moins, donc, comme Tigersean le dit très bien, ce qui se passe, comme toujours avec les crises, c’est qu’un mal est aussi un bien, celui de la prise de conscience de ce qui va de travers.

          Il est vain de disputer sur le fait de savoir si nous avons là maintenant franchi telle ou telle limite (entre le beaucoup à perdre et plus rien à perdre). Ce qu’il importe de voir, c’est que le processus est en cours, il a démarré et il importe de l’accompagner.

          Nous, les 99% ne pouvont le faire physiquement. Mais nous pouvons le faire sur internet, si la plateforme existe... !


        • Tiberius Tiberius 1er novembre 2011 11:30

          Le principal problème de ceux qui veulent changer le monde n’est pas de convaincre les 99% des tares insurmontables du capitalisme, mais de leur présenter une alternative enthousiasmante à celui-ci.  

          Si j’avais le sentiment que la destruction du capitalisme peut me mener à un avenir meilleur, ce serait avec ferveur que j’accompagnerais le mouvement. Mais détruire pour détruire n’a pas de sens. Ce qui importe c’est de savoir par quoi nous remplacerions la quête du profit pour susciter de l’humanité le travail nécessaire au maintient de la vie en société. Or de solutions nouvelles nous n’en avons AUCUNE.Toutes ont déjà été testées et nous en connaissons les limites aussi bien que celles du marché.

          Voilà pourquoi les indignés ne sont en réalité que 1% et non pas 99%.


        • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er novembre 2011 12:09

          @ Tiberius

          A l’évidence vous n’avez pas pris connaissance de la question de la création de l’argent. On se fout de savoir quelle étiquette donner à ce qui est souhaitable.
          Il importe juste de savoir ce que l’on veut et ce que l’on ne veut pas.

          La restauration de la souveraineté populaire intégrale sur la création monétaire (hypothèse 100% monnaie, avec des banques comme simples officines d’une véritable banque centrale seule abilitée à la création monétaire) constituerait un bouleversement aussi important que la révolution d’Octobre 1917 tout en laissant tout le reste inchangé.

          De sorte qu’on pourrait encore reconnaître comme un capitalisme ce qui resterait, sauf que les travaillistes pourraient aussi y reconnaître un « travaillisme » (où la valeur, c’est le travail) et ce serait même sûrement plus socialiste que ce que propose les dinosaures de l’UMPS.

          Des alternatives au capitalisme de la finance dérégulée, nous en avons des montagnes. Nous n’avons que l’embarras du choix.
          L’important est de sortir de ce capitalisme porté par les banques et les hedges funds qui corrompt absolument le tissu social et les mentalités qui plus est.

          Donc les 1% d’indignés ont raison de croire qu’ils représentent les 99% d’exploités, même si ces derniers ne savent pas tels.
          Ils ont raison de se rebeller et de demander la sortie de ce garrot de l’argent-dette par lequel les banques asservissent les peuples.

          Vis-à-vis de cette dimension du problème, votre argumentaire désabusé ne tient pas.
          Il y a une alternative très claire, et elle marche, l’histoire l’a montré.

          Elle est simplement très courageuse, car le péril est grand à affronter ces puissances de l’argent, l’histoire l’a montré : trois présidentes zuniens assassinés pour cette question de la création monétaire, c’est une indication sérieuse je crois !

          bref, les OWS ont raison, s’ils vont bien dans ce sens, si, au final ils se font bien porteur d’au moins cette revendication. Ils changeront le monde.

          Mais ils ne le feront pas sans nous, les 99%

          Il nous faut donc les rejoindre.
          D’où la réflexion de cet article...


        • Tiberius Tiberius 1er novembre 2011 16:13

          Oui, merci, je connais les mécanisme de création de la monnaie et si je pense qu’effectivement une réforme du système financier mondial pourraient garantir un meilleur fonctionnement futur du capitalisme, je sais en également que c’est loin d’être la solution absolue à la crise. Ce serait d’ailleurs  confondre comme on dit en médecine le mal et le symptôme. La crise des subprimes n’aurait jamais débouché sur la crise des dettes souveraines si les pays occidentaux n’avaient pas été de plus longue date malades et affaiblis par un autre mal plus pernicieux. Ce qu’il y a, c’est que notre modèle économique n’est plus adapté à la donne économique mondiale. Nous avons mis rustine sur rustine pour éviter de prendre les mesures difficiles qui s’imposaient et aujourd’hui, elles sautent les unes après les autres nous entraînant dans autant de crises successives. 

          C’est l’arrivée sur la scène économique mondiale d’un nouvel acteur, la Chine, qui a mis notre modèle en échec. Or ce pays ne nous domine pas par la supériorité technologique de son industrie mais par le faible coût du travail de ses citoyens. Ce n’est pas la technologie chinoise qui déferle sur le monde et détruit nos industries, ce sont les travailleurs chinois qui s’approprient le travail que suscite la technologie occidentale. Nous avons longtemps et pour diverses raisons voulu ignorer ce problème et nous avons contracté bien trop de dettes pour financer notre train de vie alors que notre croissance économique était naturellement en berne. Ne nous y trompons pas, toutes nos misères découlent de là !

          Si nous voulons résoudre la crise, il faut résoudre ce problème avec la Chine. Et là, il n’existe qu’une seule façon d’y arriver. Non, la fuite dans la démondialisation n’est pas la solution, ce qu’il faut c’est libéraliser notre marché de l’emploi. Plus de smic, plus de durée légale du travail et plus de contraintes au licenciement qui sont en réalité autant de contraintes à l’embauche. Il n’est pas supportable à long terme que la technologie occidentale ne suscite des emplois qu’en Chine. Ce problème de compétitivité doit être résolu ne serait-ce que pour forcer enfin les Chinois à s’engager chez eux dans une politique sociale plus responsable.


        • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 2 novembre 2011 03:47

          Ah je vois... le loup sort du bois !

          Je ne sais pas pour quelle idéologie ou quel lobby vous parlez, mais il est évident que la souveraineté populaire sur la création monétaire, ça ne peut vous parler...

          Dommage !


        • Tiberius Tiberius 2 novembre 2011 11:44

          Eh bien oui, j’ai quelques connaissances en économie et comme vous pouvez le constater, j’ai aussi quelque inclination pour le libéralisme. Est-ce utile pour autant de m’insulter en faisant de moi un vulgaire propagandiste d’une prétendue internationale libérale ? Après tout peut-être êtes-vous vous-mêmes un porte-parole d’un mouvement communiste mais cela m’importe peu. Car c’est à l’homme que vous êtes que je me suis adressé pas à une organisation quelconque.

          Ceci dit vous avez raison, oui les libertés individuelles et en l’occurrence la liberté d’entreprendre me parlent davantage que la dictature du peuple. Oui je crois au marché et au libre jeu économique pour améliorer continuellement la condition humaine. Et ce n’est pas une simple idéologie c’est une opinion fondée sur des connaissances et des réflexions et que je peux donc défendre par l’esprit.

          Maintenant si je vous fais peur et que vous voulez me voir comme un loup ou la version libérale d’un propagandiste communiste, libre à vous.

          Merci quand même pour cette conversation. smiley


        • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 2 novembre 2011 12:01

          Désolé si je vous ai laissé cette impression, mais je ne pense vraiment pas vous avoir insulté.

          L’image du loup ne saurait poser problème puisque vous assumez des positions très libérales (donc loi de la jungle).
          Et par ailleurs, j’ai juste évoqué l’alternative idéologie ou lobby sans qu’un des deux termes soit obligé.

          Dès lors que, encore une fois, vous revendiquez l’idéologie néo-libérale, je ne vois pas où pourrait se situer l’insulte et le « vulgaire » dans ce que j’ai exprimé à votre égard.

          Car il va de soi que même fondée des « connaissances » et des « réflexions », la position néo-libérale me paraît au mieux un « corps doctrinaire », une « idéologie ».

          De toute façon la pseudo-science économique n’a rien proposé de mieux que cela, des doctrines, qui passeront quand leur temps passera.

          Quant à moi, vous pouvez me soupçonner de tout ce que vous voulez. Pas de risque de susciter autre chose que le rire ou le sourire. Je ne sais pas me classer moi-même, alors toute tentative en ce sens a la vertu de m’amuser.

          Je n’ai jamais été communiste, bien au contraire, mais j’avoue me sentir depuis quelques années de plus en plus marxiste, mais si j’en vois aussi les limites au plan conceptuel.

          Merci aussi à vous pour cet échange


        • Andromede95 Andromede95 31 octobre 2011 12:41

          Bravo pour ce tissu de désinformation : «  Car ne nous y trompons pas, sans cette conscience, ainsi que le montrent encore une fois les attentats du 11 septembre 2001, un simple consensus « de fait » (par exemple un sondage) reste totalement impuissant à changer l’ordre des choses. Bien qu’une large majorité de la population mondiale rejette la V.O. celle-ci reste encore et toujours la norme de pensée. »


          Parce que dans le monde réel, comme le montrent deux faits récents, les conspirationnistes du 11 septembre 2001 n’existent que sous la forme de groupuscules :
           - aux Etats-Unis, une pétition pour la réouverture d’une enquête, clôturée ce 28 octobre, a fait à peine plus d’un millier de signatures, pour 5000 minimales requises,
           - en France, selon un récent sondage commandé par reopen911, « 58% » des Français doutent de la version officielle paraît-il. Sauf que ce sondage a été manipulé par son commanditaire avec des questions très orientées. Décryptage ici :http://leplus.nouvelobs.com/contribution/191255 ;11-septembre-non-58-des-francais-ne-croient-pas-a-la-theorie-du-complot.html

          La réalité sur le terrain, c’est une « grande » manifestation organisée à Paris à l’occasion su 10è anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 :
          http://www.youtube.com/watch?v=rHjqhAx7P4c (soit une centaine de personnes occupant les 33.000 m2 de l’Esplanade des Invalides...).

          Allez les conspirationnistes, continuez de prétendre combattre la manipulation en pratiquant vous-même la manipulation. Mais foutez la paix aux Indignés. Leur cause n’a rien à voir avec la vôtre. En tentant de vous accrocher aux Indignés avec vos procédés malhonnêtes, vous risquez surtout de leur faire du tort.

           

          • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er novembre 2011 07:13

            @ Andromède95

            Vous vous accrochez à la V.O. comme au Père Noël ? Pas de problème, dans la vie, chacun fait ce qu’il peut. Nous n’allons pas débattre de la chose ici.

            Je retiens de votre message cette idée très simple : les mobilisations dans la rue ont, en Occident au moins, fait leur temps, elles ont montré leurs limites, en particulier en 2003, avec l’Irak et les retraites.

            Les gouvernants savent qu’il suffit de faire le dos rond et d’attendre. ça passera, ça se tassera.

            Une cybermanif sur 911 ne passerait pas, elle ne cesserait de croître jusqu’à la réouverture d’une enquête internationale

            Une cybermanif OWS-99% pareillement, pourrait durer autant que nécessaire pour atteindre le point de bascule qui est forcément sur son chemin.


          • dom y loulou dom y loulou 31 octobre 2011 13:00

            j’approuve en partie votre texte


            ce que je me demande quand même TOUS LES JOURS

            c’est pourquoi, au nom du ciel, continue-t-on à se tourner vers les politicards, à revendiquer précisément auprès de ceux qui montrent qu’ils n’ont plus AUCUN pouvoir décisionel et qu’ils suivent béatement des ordres qui les damnent

            qu’est-ce que quiconque veut donc encore demander à ces gens ?

            je dis qu’il faut leur tourner le dos et entrer dans un nouveau paradigme CULTUREL où les politicards eux-mêmes seraient obligés de suivre le mouvement et cela demanderait d’oeuvrer enfin sur d’autres voies que celles proposées par la machine systémique et collectiviste et en cette essence absolument déshumanisante.

            lisez donc THEMES ou les veiles du magister ludi, j’y ai mis toute la vision que vous réclamiez il y a dix ans et il fallut dix ans de révélations et quarante cinq ans de collection pour y aboutir.

            Car en l’essence il n’y a que l’esprit qui puisse nous rassembler

            encore faut-il se mettre d’accord sur lequel et ne pas croire qu’ils sont infinis quand il y n’y en a que deux de « courants »

            l’unilatéralisme collectiviste du common wealth avec ces armadas de machines, d’armées et de bourrage de crâne et les stéréotypes d’action « reconnues » par le nombre

            tout aussi fatal en-dehors des super-marchés que dedans

            et celui de l’eau, le courant spirituel organique, celui qui nous dépasse, celui qui nous explique où nous sommes juste MAINTENANT, appelant les aom à rester de vrais aom et à se dresser dans LA JOIE DU MONDE VIVANT pour approfondir leurs connaissances de l’univers et d’eux-mêmes.

            au lieu de se visualiser dans des rues crasses et mornes et à brandir des pancartes devant des gens qui pissent contre en retour et nous envoient des matamores

            quelle perte de temps et d’énergie inouie

            après l’immense gâchis qui fut orchestré par la machinerie de wall street

            recréer l’attrait de la place de village et les productions artisanales familiales, l’entraide en-dehors du système, mais en reprenant les espaces publics pour des Ludus, des jeux de perles de verre qui pousseraient nos esprits à regarder le ciel au lieu de s’assombrir devant la surdité du système qui apparait tel qu’il est en réalité, d’une surdité tyrannique.


            sans ce mouvement de l’esprit, d’ailleurs, il n’y aurait que des robots qui acquiescent à toutes les monstruosités déjà maintenant

            Il n’y a pas de temps à perdre


            voir Ludus - le jeu de perles de verre

            et THEMES ou les veilles du magister ludi

            sur lulu.com

            • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er novembre 2011 07:24

              Les politiques n’ont jamais fait que suivre. Ils se tordent le cou dans tous les sens pour savoir où va la foule et ils font de leur mieux pour se placer devant.

              le problème est que la foule suit malgré tout les politiciens. Même ceux qui la suivent.
              De sorte que plus personne ne sait où l’on va.

              Pour ce qui est de la révolution culturelle que vous proposez, moi je la verrais plutôt comme devant être spirituelle. La culture n’est que la sédimentation de nos habitudes.
              Ce qui compte, c’est à quoi on croit, ce qui a de la valeur pour nous, car c’est cela qui forge nos habitudes.

              Je ne connais rien de ce que vous évoquez. Plutôt qu’un livre, n’avez-vous pas un texte en ligne à recommander ?


            • Hijack Hijack 31 octobre 2011 13:01

              Arrêtons de nous indigner ... c’est prévu (et prémédité) par ceux contre lesquels vous pensez vous indigner ... il faut simplement se révolter !!!


              • JL JL1 31 octobre 2011 13:39

                La différence entre une révolte et une révolution,
                 
                c’est que la première a vocation a être réprimée, la seconde à changer les choses.

                Une révolution, ça ne s’improvise pas comme ça, une révolte c’est spontané : l’oligarchie actuelle, cette sorte de Big brother a mille têtes, ne craint ni l’une ni l’autre, vu qu’elle sait mater les révoltes - cf. ses polices, ses armées - et prévenir les révolutions - cf. ses services secrets, ses ’grandes oreilles’ et ses fichiers divers.


              • Hijack Hijack 31 octobre 2011 13:54

                JL1,

                OK, mais ne dit pas que les révolutions n’ont rien changé ???

                Sans juger ni commenter ... et liste non exhaustive :
                - La révolution des vietnamiens contre l’agression US ...
                - La révolution d’Algérie.
                - La révolution iranienne.
                - La révolution cubaine.
                Ont bcp changé !

                Les révoltes, c’est la Tunisie, Egypte ...

                La Libye, c’est une colonisation ... directe !


              • Hijack Hijack 31 octobre 2011 13:55

                Ça veut dire qu’on peut certes mater quelques révolutions ... à condition qu’elles se déroulent dans le pays contre lequel les gens sont révoltés.


              • JL JL1 31 octobre 2011 14:21

                non !

                En d’autres termes, les révolutions sont préméditées, structurées, planifiées, organisées, et en fin de compte, soit victorieuses, soit vaincues . La révolte c’est spontané, désordonnée, anarchique, et en fin de compte, toujours réprimée : il n’y a pas de révoltes victorieuses ; cf. les révoltés du Bounty.

                Les révolutions arabes sont des révoltes instrumentalisées par des pays tiers qui en ont fait des révolutions par le fait qu’elles ont été victorieuses et ont abouti à des changements ; Mais pas nécessairement au profit des révoltés. C’est pour ça que l’on peut parler de révolte au départ.

                Par exemple, si des snipers tuent des soldats, des militaires ; si le pouvoir répond par une répression cruelle ; si la répression entraine une révolte ; il se peut que cette révolte soit instrumentalisée en révolution victorieuse et aboutisse à la fin du Régime en place.

                C’est un peu ce qu’il se passe en Syrie.


              • Hijack Hijack 1er novembre 2011 00:03

                JL1 ,

                Pour la Syrie, je suis tout à fait d’accord avec toi.

                Tu dis : « Les révolutions arabes sont des révoltes instrumentalisées ... »
                Oui ... sauf pour l’Egypte ... sauf si j’ai loupé un sacré épisode !


              • TigerSean TigerSean 1er novembre 2011 06:03

                Les révolutions sont des révoltes réussies...


              • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er novembre 2011 07:29

                @ Hijack,

                S’il n’est pas sûr que la révolution égyptienne ait été téléguidée ou instrumentalisée, il est sûr qu’elle a été récupérée.

                C’est pas du meilleur présage pour les OWS qui s’en sont inspirés (après les Indignés espagnols qui ont eux aussi échoué).

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