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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Les Murs du Ridicule

Les Murs du Ridicule

« Par dix, par cent, par mille »... Comme Moustaki, Melina Mercouri chantait aussi « Le Métèque ». En fait, les « métèques » nous arrivent maintenant par millions et, s’ils étaient Grecs, on n’en parlerait même pas ! Les millions d’immigrants qui nous arrivent sont de culture bien plus différente que ça de la nôtre, de sorte que, tous ensemble au salon, on n’est plus toujours d’accord sur ce qu’on veut voir à la TV. Il se pourrait que l’on sache de moins en moins quelle société l’on veut... ce qui n’améliorera pas les chances de la bâtir.

On peut aimer ou ne pas aimer le brassage des cultures ; j’en donne souvent le pour et le contre. Ce dont je veux parler ici, ce n’est pas des mérites du multiculturalisme, c’est des mesures à prendre pour que le brassage qu’on souhaite soit bien celui qu’on aura. À chaque pays de choisir la teinte de son colorant, mais si on demande acajou ou châtain, il ne faut pas sortir du coiffeur rose, cuivre, ni platine.

Il n’y a pas qu’en France que l’immigration cause problème. Aujourd’hui, les Américains sont inquiets. 11 millions de Mexicains et autres Latinos sont entrés illégalement aux USA. Ils y vivent, y travaillent, vont à l’école et payent des taxes. On les a laissés faire, ça faisait bien l’affaire. Mais maintenant, aux USA, on a la teinte qu’on voulait. Stop. On parle d’une politique d’immigration, mais qu’est-ce qu’on fait pour qu’elle soit respectée ? Les Américains vont bâtir un mur...

Pour quelques milliards de dollars, les USA vont mettre, entre eux et l’Amérique des métissés au sud, un long mur de béton. On pense déjà à bâtir aussi quelques milliers de kilomètres de mur au nord, à travers forêts et Grands Lacs pour bien dire où finit le Canada. On aura ainsi complété le dispositif de défense du nouveau Yankee Festung. On réfère déjà à la première partie comme à un deuxième "Mur de la Honte" ; pour l’oeuvre finie, l’Histoire retiendra peut-être une expression plus juste : les Murs du Ridicule.

Reprenant le vieux couplé de Hara-kiri, on peut dire que ces murs sont bêtes et méchants. Je ne reproche pas en ce cas aux USA d’être méchants - leurs ennemis s’en chargent ! - mais d’être bêtes, ce qui est le problème de leurs amis... Bêtes, parce qu’une digue n’arrête la marée que si elle est étanche. Une muraille n’interdit l’entrée que si toutes les portes en sont fermées. Elle n’est vraiment efficace que si elle est férocement défendue contre tout venant - comme le fut la Muraille de Chine - et si l’on ne peut pas, comme la Ligne Maginot, simplement en faire le tour. Or, qu’on les dise de la honte ou du ridicule, les murs que va bâtir l’Amérique ne rempliront aucune de ces conditions.

Ils ne le pourront pas, parce que des centaines de milliers de personnes DOIVENT chaque jour traverser la frontière entre les USA et le Canada pour leur travail. Des milliers de camions passent aussi du Mexique aux USA, avec tout ce que l’Amérique y fait produire à vil prix, pour le consommer elle-même ou le réexporter à profit. Incontrôlables. Les frontières des USA sont infiniment poreuses et, si on les scelle, l’Amérique étouffe. Une Forteresse Amérique est une aberration, ultimement aussi indéfendable que la Festung Europa de triste mémoire.

Les Murs de l’Amérique seront plus longs que la Muraille de Chine. On les verra sans doute eux aussi de la Lune, mais, sur la Terre, ils n’arrêteront personne ; ils ne serviront qu’à vendre quelques hectares d’épures et quelques tonnes de béton. Ils seront la version bushiste de la clôture barbelée texane, pour garder le bétail dans l’enclos et les coyotes à l’extérieur. Une Ligne Maginot, mais même pas fortifiée. Ces murs n’arrêteront personne, car pour les franchir il suffit de faire un détour.

Si on veut vraiment arrêter l’immigration illégale, ce n’est pas en cherchant à colmater les frontières physiques qu’on y parviendra, c’est en verrouillant la structure des services. Il faut comprendre, en effet, que ce n’est pas à un territoire que l’immigrant veut accéder, mais à une société. Une société perçue, à juste titre, comme un lieu où l’on donne et reçoit des services. Plutôt que d’interdire l’accès au territoire, une mesure pénible et dont l’efficacité est douteuse, c’est l’accès à la structure de services qu’il faut contrôler. On peut ainsi n’admettre dans la société que ceux qu’on choisit d’y admettre.

Ce contrôle est facile. Il suffit d’exiger la présentation d’une « Carte de Citoyen » - ou donnons-lui le nom qu’on voudra - pour obtenir un emploi, toucher un salaire qui sera pour l’employeur une dépense reconnue, ouvrir un compte bancaire, obtenir un permis de conduire ou une ligne téléphonique, utiliser une carte de crédit, être admis à l’école ou à l’hôpital, toucher une aide sociale quelle qu’elle soit, etc.

S’il faut présenter cette carte et prouver ainsi que l’on est formellement membre en règle de la collectivité pour pouvoir y obtenir des services, il devient alors sans intérêt de s’introduire subrepticement dans un pays pour en devenir illégalement résidant de fait, puisque c’est au palier de l’obtention des services que l’intrus est refoulé.

En restreignant l’accès aux services, on enlève les deux petites étoiles à côté du nom USA, dans le Guide Rouge du bonheur que la rumeur colporte dans les pays pauvres. Sans cet accès aux services, l’Amérique ne vaut pas le détour et l’immigration illégale va rayer l’Amérique de ses plans de voyage.

Plutôt que de bâtir des murs, pourquoi l’Amérique n’adopte-t-elle pas cette solution, de restreindre l’entrée à la structure de services ? Parce qu’en Amérique - où la tradition du Far West veut que quiconque puisse errer incognito et porter un pistolet - exiger une identification pour avoir accès aux services ne semble pas si facile. L’Américain moyen, qui peut aller partout sans papiers, se plaît à penser qu’il est anonyme, protégé par une sorte de « burqa » sociale.

La réalité est bien autre. Le citoyen américain se promène déjà aussi nu qu’un ver, sous l’oeil des caméras et dans le champ des tables d’écoute de la NSA. Mais il l’ignore... Il va falloir montrer à John Doe que l’approche transparente qui consiste à s’identifier clairement serait plus respectueuse de sa liberté et de ses droits, que le contrôle occulte qui en tient lieu et que le gouvernement des USA a mis en place, lequel inclut le suivi de tout ce qu’il fait, la lecture de tout ce qu’il écrit, l’écoute possible de tout ce qu’il dit.

On va le lui montrer et l’on ne tardera pas trop, car la transparence nécessaire pour restreindre l’accès aux services et assurer ainsi un contrôle efficace de l’immigration illégale est aussi de plus en plus nécessaire pour tout et à chaque pas. Une société d’interdépendance ne peut tolérer l’anonymat. On se dévoile... ou l’on n’en est pas. On tardera un peu à le lui dire, toutefois, car il faudra trouver les mots politiquement corrects pour le faire.

On comprend qu’il faille du temps, car on lui a dit le contraire si longtemps... En attendant, on va construire des murs pour ne pas le lui dire tout de suite, s’excuser de lui passer une ficelle au poignet, pour qu’il ne sente pas trop vite les chaînes qu’il a aux pieds et la corde qu’il a au cou.

En Europe, le problème de l’immigration est aussi grave qu’aux USA, mais il peut aussi être parfaitement contrôlé par un verrou posé à la porte de la structure des services. Cette solution y est plus facile à mettre en application, car il y a longtemps en Europe que l’on demande « vos papiers »... Il n’y a pas d’excuse valable pour ne pas le faire.

Évidemment, il faudrait aussi avouer qu’on en sait plus sur les individus que l’on ne prétend en savoir, mais ceci n’est pas en Europe un obstacle, comme ce l’est aux USA. Les Anglais ont appris l’an dernier, lors des attentats du métro de Londres, que dans la seule City 7 000 caméras les espionnaient ! La France est sans doute tout aussi surveillée.

Ce n’est PAS un scandale. Une société d’interdépendance est vulnérable et fragile. Cette transparence est une nécessité incontournable dans un monde complexe, où chacun a un terrible pouvoir de nuire. Il faut l’accepter et le dire. C’est une insulte à l’intelligence de la population de se défendre de regarder par le trou de la serrure, quand il y a bien longtemps que les fenêtres n’ont plus de volets. L’Europe a l’information et les outils nécessaires pour contrôler l’immigration à l’entrée de la structure des services plutôt qu’aux frontières.

Il est urgent de le faire car, aussi longtemps que l’écart entre pays riches et pays pauvres ira s’aggravant, la question de l’immigration va se poser avec de plus en plus d’acuité. On ne pourra que voir de plus en plus de barques à la dérive cherchant à gagner les Canaries, puis la côte espagnole, la Sicile, les îles grecques...

La seule VRAIE solution, ce serait que cet écart se résorbe et c’est ce qu’il faut faire. En attendant, cependant, il faut contrôler les flux migratoires qui s’emballent et, quelles que soient les limites posées à l’immigration, il faut que ces limites soient respectées. Pour l’Europe, pas plus que pour les USA, un contrôle frontalier n’est la solution. C’est en verrouillant la structure des services et en rendant l’Europe moins « attrayante », qu’on parviendra à avoir précisément l’immigration qu’on veut. Pas cuivre, pas platine, juste la couleur qu’on veut.

On donne ainsi un nouveau sens au mot de Guitry. Pour immigrer, il ne s’agit plus seulement « d’y être » mais « d’EN être ». On pourra continuer, bien sûr, à refuser l’entrée du territoire national à ceux dont on ne veut pas, mais il ne sera pas nécessaire de faire une chasse à l’homme. Ceux qui ne pourront pas « en être » n’y viendront plus. Il est temps d’avouer que l’on peut contrôler l’immigration. Si on ne le fait pas, il y aura un flux migratoire incontrôlé croissant, culturellement inassimilable.

La cause des migrations est l’injustice, le déséquilibre des échanges mondiaux, une répartition inéquitable de la richesse. Il faut s’attaquer à ces vrais problèmes. Il faut aussi, cependant, avoir le courage, d’abord, de dire que l’on a ce pouvoir d’arrêter le flux migratoire incontrôlé.

Le courage, ensuite, de choisir la politique d’immigration qui nous convient et de l’appliquer. Il faut que la population soit consultée, que l’on choisisse la mixture sociale qu’on voudra... et que l’État annonce franchement la couleur.

Pierre JC Allard


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140 réactions à cet article    


  • Yves Rosenbaum Yves Rosenbaum 3 mars 2008 11:39

    Le problème, c’est qu’on le fait depuis des années déjà, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le bilan de l’aide au développement est plus que mitigé... Je pense personellement que trouver une alternative au libre-échange représente la meilleure solution globale pour diminuer les inégalités qu’il a renforcé. La preuve en est que l’immigration mexicaine aux US a explosé suite à l’application en 1994 de l’ALENA, l’accord de libre-échange entre USA, Mexique et Canada

    @ l’auteur : très bon article, et fort bien rédigé de surcroît


  • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 3 mars 2008 19:01

    @ Boddidharma : Non seulement je suis d’accord, mais c’est même le thème principal de mes interventions. Il y a diverses approches... qui ont en commun d’être à l’opposé de ce qu’il est considéré aujourd’hui correct de faire. 

     

     PJCA


  • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 3 mars 2008 19:07

    @ Rosenbaum : Ce que l’on appelle notre poltique d’aide n’est que la dernière incarnation de notre politique d’exploitation coloniale. On est passé d’un forme d’esclavage surveillé à une forme de servage. La supériorité de la promesse sur la menace...

     

    PJCA

     

     @ autres commentateurs... Je reviens plus trad


  • Yves Rosenbaum Yves Rosenbaum 3 mars 2008 21:14

    Le lien que vous m’avez suggéré ne fonctionne pas...


  • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 3 mars 2008 22:55

    @ Rosenbaum (2) Je reprends le lien sur les approches "promesse" et "menace" : geocities.com/newsociety_2000/P03.html

     

    PJCA


  • c.d.g. 3 mars 2008 12:17

    une carte ne suffira pas a arreter l immigration.

    en france en theorie vous devez avaoir un numero de securite sociale pour travailler

    Mais les illegaux "louent" a certains de leur compatriotes (legaux) leurs identites

    Et en plus comment vous ferez la difference entre une vrai carte et une fausse ?

    Sans compter le travail au noir qui ne necessite pas de justificatif ...

    Tant que des gens creveront de faim dans certains pays et verront a la TV un eldorado, ils risqueront leur vie pour y parvenir. Tout simplement car ils n ont aucun avenir chez eux

     

    Pour le reste, vous avez raison, nous sommes surveiller bien plus qu on ne le pense (tout ceux qui ont un tel portable peuvent meme etre trace toute la journee a quelques metres pres)


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 3 mars 2008 22:05

      @ CDG : Les cartes a puce sont encore largemenr efficaces. Autrement le système économique s"effondrerait. De nouveaux procédés sont sans cesse en développement. Le proroblème n,est pas technique, mais au niveau de la volonté de contrôle.

       

       PJCA

       


    • Avril 3 mars 2008 12:38

      Si certains sont capables de mourrir dans les océans, alors effectivement un mur n’arrêtera jamais rien.

      C’est une analyse pertinente qui cependant mérite un bémol, les services rendues par les US, ne sont en rien comparables à ceux qui peuevent exister en europe. Certains immigrants illégaus travaillent jusqu’a 15 heures par jours et ne bénéficient pas d’aide, de couverture social et encore moins d’allocations.

      Ce qui est sur c’est qu’ils partent en ésperant avoir une vie meilleur.

      Le seul moins de ralentir ou d’arrêter cette immigrantion est de leur donner l’espoir d’avoir une vie meilleur chez eux. Mais quand on voit les dictateurs, rois et autres à la têtes de ses pays, je me dis l’immagration a encore beaucoup de jour devant elle. Les pays du sud devrait exploiter leur propres richesses ( et elles sont nombreuses) et en faire profiter leur pays mais pour cela il faudrait en plus d’un dirigeant honnête un changement complet de mentalité. 


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 3 mars 2008 22:08

        @ Avril : Oui, la couverture est meilleure en Europe qu’aux USA. La question ici, cependant, n’est pas au plaier de la rigueur dans le droit d’accès aux services.

         

         PJCA


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 3 mars 2008 22:11

        @ Avril : je reprends la fin de ce commentaire qui a mal sorti. Ce qu’on discute ici n’est pas la valeur des services offerts - qui devraient être de plus en plus généreux au rythme de l’enrichissement social - mais la rigueur dont on doit faire preuve pour accorder l’accès à ces services, à la mesure justement de leur générosité.

         

         PJCA


      • JL JL 3 mars 2008 13:48

         

        PJC Allard, votre article est très intéressant. Cependant j’aimerais vous poser une question. Vous écrivez parlant des USA : ""Une société perçue, à juste titre, comme un lieu où l’on donne et reçoit des services. Plutôt que d’interdire l’accès au territoire, une mesure pénible et dont l’efficacité est douteuse, c’est l’accès à la structure de services qu’il faut contrôler"".

        L’on y donne et reçoit des services ? Que voulez-vous dire exactement, ces deux verbes étant opposés ?

        Mais n’est-ce pas plutôt "vend et achète" qu’il conviendrait de dire ? Cette légende que les pays d’immigration seraient des pays de Cocagne est véhiculée par tous les passeurs et les employeurs marrons. C’est pourquoi je vous pose la question : que vouliez-vous dire là, exactement ?


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 3 mars 2008 22:17

          @ JL. Pour tout ce qui est donné. par définition, quelque chose est reçu. Vendre et acheter sont des modalités complémentaires particulières de cet échange, mais tout échange n’est pas nécessairement à titre onéreux - ni les termes d’échange équitales, d’ailleurs. - Ce n’est pas le point en discussion, cependant. je parle ici de l’opportunité de contrôler ces transactions au lieu de la présence ohysique des individus sur le terrtoire.

           

           PJCA


        • JL JL 3 mars 2008 23:01

          @ PJCA, mais j’avais bien compris. Je crains en revanche de ne pas m’être fait comprendre. Sans rancune.


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 4 mars 2008 14:16

          @ JL : Désolé. Expliquez-moi lentement. Je vais de bonne foi essayer de saisir le sens de votre question et essayer d’y répondre au mieux.

           

          PJCA


        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 3 mars 2008 15:53

          Oubliez le côté humanitaire passionnel ? Que sont les USA et le Canada sinon des pays d’immigrés qui ont colonisé des terres amérindiennes avec l’extrème violence que l’on sait ?

          Parlez de l’immigration en oubliant d’où nous venons nous-mêmes est d’une hypocrisie en effet plus que ridicule : odieuse.


        • Dalziel 3 mars 2008 17:19

          "Que sont les USA et le Canada sinon des pays d’immigrés..."

          Mais d’immigrés d’une très grande homogénéité culturelle. A 90 %, des Blancs, de civilisation chrétienne, de culture gréco-romaine et germanique (pour simplifier), issus de deux mille ans de cohabitation continentale, qui n’avaient rien à voir l’hétérogénéité de l’immigration actuelle, qui représente un danger mortel pour les peuples qui la subissent.

          Je considérais l’autre jour, des statistiques de l’immigration au Canada, et bien, si ça continue au train actuel, je ne pas cher de l’appartenance du Québec à la francophonie... Ce que les Canadiens anglais n’ont pas réussi, sera réalisé tout naturellement par l’invasion caraïbe, latino-américaine, africaine et asiatique !

          Je ne sais pas, M. Allard, si vos compatriotes, nos cousins, commencent, ou non, à en prendre conscience... Parce que s’il est déjà tard, il n’est pas encore trop tard....


        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 3 mars 2008 17:59

          Parler, avec mes excuses. Il ne s’agit pas en effet d’une injonction, c’est même le contraire !


        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 3 mars 2008 18:07

          D’une grande homogénéité culturelle faites de sectes et de religions qui souvent se détestaient (catholiques, juifs et néo-calvinistes) , de langues différentes, d’esclaves, de populations du Sud et du nord qui se sont fait une guerre sans merci (600 à 900000 morts) à ce sujet etc, etc..Aux USA, en fait de culture et de visions du monde et de la politique, vous avez tout et son contraire.


        • Dalziel 3 mars 2008 19:02

          D’une grande homogénéité culturelle faites de sectes et de religions qui souvent se détestaient (catholiques, juifs et néo-calvinistes) , de langues différentes, d’esclaves, de populations du Sud et du nord qui se sont fait une guerre sans merci (600 à 900000 morts) à ce sujet etc, etc..

           

           

          En particulier, les musulmans qui, actuellement encore, subissent nos moeurs, nos pratiques, nos fêtes religieuses, etc., etc., etc.

           

          Les juifs et les esclaves font partie des 10 % restants. Maintenant, puisque vous attirez mon attention sur les conflits qui se produisent dans le cadre de l’homogénéité culturelle, je vous invite à réfléchir ce que nous annonce l’hétérogénéité culturelle, lorsque les hétérogènes seront numériquement plus forts...


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 3 mars 2008 22:33

          @ Guruk : J’acquiesce à tout ca. Je ne traite ici que d’un aspect de la question : le contrôle. Pour d’autres facteurs pertinents, voir le lien :  http://geocities.com/newsociety_2000/5170.html

           

          N.B. Pour une raison que je ne comprend pas les liens que j’indique semblent être sabotés dans la transcription. Pour y avoir accès, copier l’adresse en vous assurant que le " html " n’est pas curieusement transformè en " hml" le rendant inopérant.

          PJCA


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 3 mars 2008 22:38

          @ Sylvain Reboul : je déplore aurtant que vous les exactions auquelles a donné lieu la conquête/invasion de l’Amérique et de quelques autres endroits, mais je ne vois pas bien le lien avec ce que je propose.

           

           PJCA


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 3 mars 2008 22:44

          @ Dalziel : Tout en soulignant que la forme d’émigration à laquelle a eu recours l’Europe s’est avérée parfois mortelle pour les populations autochtones, je partage votre opinion qu’à moyen terme celle à laquelle l’Occident est soumise actuellement ne le sera pas moins.

           

          PJCA

           


        • masuyer masuyer 4 mars 2008 09:39

          A Dalziel,

          Mais d’immigrés d’une très grande homogénéité culturelle. A 90 %, des Blancs, de civilisation chrétienne, de culture gréco-romaine et germanique (pour simplifier), issus de deux mille ans de cohabitation continentale, qui n’avaient rien à voir l’hétérogén&e acute ;ité de l’immigration actuelle, qui représente un danger mortel pour les peuples qui la subissent.

          Si je comprends bien l’article, l’exemple choisi est le mur que les USA veulent dresser entre leur territoire et celui du Mexique.

          L’immigration hispanique est bien blanche, de civilisation chrétienne et de culture gréco-romaine. Pouvez-vous m’expliquer où se situe le problème ?


        • Emile Red Emile Red 4 mars 2008 11:25

          @ Masuyer

          Je crois que le problème de l’immigration voile la peur de la pauvreté, le Mexicain là-bas, l’Africain ici sont pauvre et par delà la crainte du multiculturalisme qui a toujours existé, c’est la remise en question de notre statut de riche qui fait peur.


        • masuyer masuyer 4 mars 2008 11:28

          Salut Emile,

          je pense effectivement que c’est une des principales raisons, la peur de devoir partager un "gateau" qu’on aurait reçu en héritage.


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 4 mars 2008 15:49

          @ Emile Red et Masuyer : Bien sur... mais c’est la phase II. Dans la phase I, l’’on établit la distinction entre "eux" et "nous".

           

           PJCA


        • masuyer masuyer 4 mars 2008 16:02

          Pierre,

          supprimez Eux, et il faudra de nouveau effectuer la distinction. Catholiques/protestants, républicains/monarchistes, bretons/parisiens, XVIe arrondissement/ XVIIe. C’est sans fin et toutes les cartes à puce n’y changeront rien.


        • Emile Red Emile Red 4 mars 2008 16:22

          Comment voir une alternative eux c’est nous et nous sommes eux, la race humaine est unique seule la géographie joue la coupure, peut on être aussi simpliste et basique qu’un principe géographique, et comment déterminerez vous les transfrontaliers, les intermédiaires, les métisses ?

          Un bout de plastique, une carte ne déterminent rien que le risque de conflictualiser des rapports, somme toute, naturels.

          Vouloir conditionner un humain à un territoire n’est ni plus ni moins que les prémices de l’apartheid.


        • Dalziel 4 mars 2008 16:34

          L’immigration hispanique est bien blanche, de civilisation chrétienne et de culture gréco-romaine. Pouvez-vous m’expliquer où se situe le problème ?

          Vous mélangez, masuyer, les immigrations "originelles" qui en dépit d’une forte composante italienne, ont généré une identité anglo-saxonne très marquée, dominée par les wasp, et la vague actuelle qui apparaît comme allogène à ceux qui la combattent.

          Votre question repose donc sur un anachronisme absolu, et j’ai peine à comprendre qu’il vous ait échappé...


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 4 mars 2008 21:13

           @ Emile Red (16h22). Cette question de frontaliers et de métissés est hors sujet : je parle de différences culturelles. La pierre de touche est simple. Si, vous établissant quelque part, votre comportement spontané usuel semble gêner vos voisins, vous n’êtes pas au bon endroit. Cessez de les gênes et vous êtes "assimilé" ; insistez pour demeurer comme vous êtes et que eux s’habituent à vous ... vous êtes un emmerdeur. Vous devriez partir. Pour le reste, vous pouvez lire Derrida, Bourdieu, Lacan et le dire en mots compliqués, mais il s’agit alors d’une gratification que vous vous offrez.

          PJCA

           


        • Emile Red Emile Red 5 mars 2008 09:29

          @ PJCA

          "Cette question de frontaliers et de métissés est hors sujet :"

          Bien sûr que non elle n’est pas hors sujet, il y a des centaines d’exemples où deux, voir trois cultures se confrontent et souvent pas des moindres, et la plupart du temps les choses se passent relativement bien tant que chacun respecte les différences, une terre uniformisée n’existe pas nulle part, chaque pays intègre des minorités acceptées et tout se passe bien. Il est clair que les problèmes surviennent lorsque un groupe veut imposer de manière unilatérale son mode de vie sans concession aucune.

          Si vous voulez les deux faces des exemples regardez vers les Balkans où tout y est la paix et son contraire, analysez les tenants et aboutissants et vous constaterez que c’est là où le multiculturalisme prévaut que règne la paix. Jamais il n’est question d’abandonner la culture locale ni la culture entrante mais bien d’adapter celle-ci à la première.


        • lisca lisca 18 mars 2008 22:38

          Ah parce que vous êtes riche, vous ?

          Désolée, je vois mes compatriotes de plus en plus pauvres et souvent débordés de travail et de soucis d’argent. Je vois parallèlement nombre d’immigrés extra-européens, extra-pas-éduqués, extravagants, totalement improductifs, sinon fraudeurs (ils se prêtent leurs cartes de sécu etc.) sauf en ce qui concerne la démographie, qu’ils ont proliférante et dont nous déplorons l’excès au niveau global. Il y en a dans mon pays qui en exploitent d’autres, non ? Alors la compassion, la bisounourserieavecle futur kosovar qui vous pique votre maison, ça devient presque ... non pas criminel, mais en tout cas fort nuisible. Il faudra rendre des comptes, un jour, vous les gentils généreux, et aux jeunes, les nôtres. Les émeutes, les crimes, les famines, ça a existé dans le temps. juste après les grandes invasions.

          Il faut le crier : Attali et ses copains nous envahissent méthodiquement et sciemment de populations qui un jour nous seront hostiles, pour le plus grand malheur des jeunes génératipns autochtones, totalement innocentes.


        • snoopy86 3 mars 2008 15:09

          @ Pierre JC

          Remarquable article qui aborde de façon dépassionnée un problème qui existe des deux côtés de l’atlantique. Une nouvelle fois, un plaisir de vous lire...


          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 3 mars 2008 22:46

            @ Snoopy 86 : Merci pour votre encouragement

             

            PJCA


          • Nobody knows me Nobody knows me 3 mars 2008 15:14

            Merci pour l’article. Très intéressant. Une vue originale.

            Je préconise aussi de rétablir drastiquement une justice entre nord et sud. Trop longtemps que cela dure. Malheureusement, c’est pas avec nos dirigeants actuels en Europe que c’est près d’arriver.

            Sans compter les nouvelles puissances comme la Chine bien partis pour nous imiter.


            • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 3 mars 2008 15:48

              Je suis surpris, venant de vous, par la naïveté "techniciste" de votre regard sur l’immigration des plus pauvres dans nos pays moins pauvres en services (sociaux ?), comme vous dites.

              Si vous étiez dans leur position désespérante , pourriez-vous nous dire que vous n’ essaieriez pas de profiter vous aussi d’un emploi et de droits sociaux qui vont avec, là où ils sont ?

              Mais ce qui me semble curieux c’est que vous en restiez à une vision nationale de l’économie et des services dont vous bénéficiez , alors que ceux-ci ne se comprennent que dans le cadre des échanges internationaux inégaux et celui d’une économie sans frontières, dans un monde où circule sans contraintes les capitaux et les informations. Les entreprises vont là ou elles veulent en vue de profits maximums et vous voudriez empêcher les plu pauvres de circuler et de s’établir alors même que les plus riches peuvent le faire et le font sans restrictions ? le liberté de circuler ne serait-elle qu’un privilège des riches ? Que faire alors des droits de l’homme qui sont au fondements de nos principes démocratiques ?

              Sur ce point, vous semblez oublier que les droits de l’homme et des enfants sont dans tous nos pays ou état de droit au dessus des droits des citoyens en cela qu’ils les fondent (ce que l’on appelle l’humanisme philosophique) , ce qui exclue que l’on refuse dans nos pays, sinon le droit au travail, celui aux soins et à l’éducation à des personnes et des enfants qui ne sont pour ces derniers en rien responsables de leur situation. Tous ces droits dont ces personnes n’ont pas la possibilité de faire valoir chez eux et que la misère et le désespoir font partir dans les pires conditions.

              De plus et je suis en cela réaliste, vous ne pouvez pas faire semblant de ne pas savoir que les économies les plus dynamiques trouvent un intérêt certain dans l’immigration. Dès lors que vous interdisez aux entreprises d’embaucher légalement , elle le font et le feront dans des conditions illégales encore plus avantageuses pour elles ; c’est pourquoi un nombre considérable de décideurs économiques et politiques aux USA et ailleurs refuse le mur dont vous parlez et réclame plus d’immigrés encore, sous la menace des délocalisations. Ce qui veut dire, si l’on veut ne pas être hypocritement cynique, qu’il vaut toujours mieux intégrer ces travailleurs en leur accordant les droits du travail et les droits sociaux , dans le cadre de la société-monde qui s’affirme comme une réalité irrésistible ( sauf à faire de la violence sur les plus pauvres une violence légitime et à accréditer par là les projets terroristes de ceux qui refusent la modernité et la démocratie), voire le droit de citoyenneté dans la durée, que de leur refuser des services qui tiennent aux droits de l’homme, avant même ceux qui relèvent de la citoyenneté.

              Vous ne pourrez refuser, sauf à verser dans la cruauté, à une femme enceinte d’accoucher gratuitement dans nos hôpitaux publics et aux enfants d’aller à l’école au prétexte qu’ils n’ont pas leur carte de citoyenneté.

              Votre mur des services ne tiendra pas plus que le mur en béton dans les conditions d’inégalité dont "bénéficie" l’économie capitaliste mondialisée et dont nous profitons encore plus ou moins. Là où tous les biens et informations circulent, les hommes doivent pouvoir circuler. Là où le capital circule, il est vain d’interdire la circulation du travail, sauf à maintenir des inégalités insupportables qui sont une des sources de cette violence sans visage ni frontière qu’est le terrorisme prétendument religieux. Sinon autant, en effet, prétendre interdire l’inondation d’une fleuve qui déborde et les grandes migrations qui ont été et qui sont une constante de l’espèce humaine et dont nous sommes tous les héritiers (c’est, je pense, particulièrement le cas aux USA et au Canada !)...

              La première règle pour qui veut penser philosophiquement un problème est de se mettre à la place d’autrui et de mettre autrui en position d’égalité dans la réciprocité, y compris à l’échelle de la planète, ce qui n’est pas le cas : vous savez que vous pouvez avec les moyens qui sont les vôtres vous installer quasiment partout dans le monde. De quel droit ,sinon celui de leurs moyens, interdire le même droit aux autres ?

              Reste à gérer et à traiter les effets négatifs et positifs ainsi que les conditions de la mondialisation inégalitaire qui est la source incontournable de l’immigration au bénéfice des plus pauvres, sauf à révoquer l’idée même de justice. Mais c’est une question seconde : l’humanisme de principe est premier par rapport à cette question technique et qui ne peut être politique que parce qu’elle est seconde.


              • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 3 mars 2008 16:03

                Excusez quelques coquilles ; exclut et non pas exclue etc..


              • Dalziel 3 mars 2008 17:26

                La première règle pour qui veut penser philosophiquement un problème est de se mettre à la place d’autrui...

                On ne peut se mettre à la place d’autrui qu’à condition que ce soit notre semblable. Or, ces gens, sont, à tous points de vue, passées les considérations morphologiques, nos exacts contraires !


              • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 3 mars 2008 17:57

                Votre réponse est tout à fait contraire à la position humaniste , et que je défends, à savoir universaliste, et aux droits de l’homme qui en découlent ; je vous remercie de confirmer par cette contre-position la justesse de ma thèse : à savoir que l’on ne peut être pour les droits de l’homme et refuser aux immigrés, même en situation dite irrégulière (et cela change à tout bout de champs et selon les pays) , les services essentiels à la réalisation de ces droits. C’était exactement l’argument de mon intervention.

                C’est à l’auteur de l’article de se situer maintenant clairement sur ma positon ou sur la vôtre. Le débat est clarifié grace à vous, merci encore !


              • Dalziel 3 mars 2008 18:33

                Voir un défenseur à chaux et à sable de la laïcité, sombrer dans la religion des droits de l’homme, est un spectacle dont on ne sait s’il faut rire ou pleurer...

                Je le dis sans ironie ni agressivité. J’ai lu de vous un (fort intéressant) texte sur Bergson - De la logique de la guerre à la mystique de la paix -, qui ne laissait pas soupçonner ce que je considère comme une dérive mystique.

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