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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Les pauvres n’aiment pas la formation professionnelle (...)

Les pauvres n’aiment pas la formation professionnelle !

Depuis 2004 le Droit individuel à la formation (DIF) aurait dû permettre à la formation professionnelle de se recomposer en France. Le DIF ouvrait les portes de la formation tout au long de la vie à tous ceux qui en étaient privés depuis 1971 : salariés peu qualifiés, précaires, saisonniers, intérimaires, femmes, seniors…

Malheureusement depuis 5 ans l’immobilisme a succédé aux belles paroles : profitant d’une lente appropriation de ce dispositif complexe et totalement nouveau, les entreprises ont globalement refusé de le déployer. Elles n’ont, pour la plupart, pas joué le jeu de la formation tout au long de la vie arguant du fait que le législateur les avait dotées du pouvoir arbitraire de refuser le DIF (ce qui est totalement faux)

Si les entreprises ne sont pas contraintes de la mettre en œuvre dès cette année, de 5 à 7 millions de salariés risquent de perdre définitivement leur emploi, leur employabilité et l’espoir de rebondir dans cette crise qui n’en finit plus de remettre en question nos mauvaises habitudes.

« Les pauvres n’aiment pas apprendre » c’est le discours communément admis et partagé par le milieu de la formation professionnelle (entreprises, responsables formation , DRH ou organismes de formation). Leurs piètres performances passées dans le système scolaire attesteraient de leur incapacité à développer leurs compétences, leurs connaissances et à apprendre tout au long de la vie.

A écouter ces notables de la formation, le DIF serait un dispositif inutile (tout comme la VAE), dispendieux (13 milliards d’€ par an selon une estimation fantaisiste de la Cour des comptes) et bien incapable de rattraper les écarts qui se sont creusés depuis l’enfance entre les salariés qualifiés et les autres.

Nous nous inscrivons totalement en faux face à ce discours (destiné à conforter toutes les impuissances et à justifier l’immobilisme). En mai 2008 une étude conjointe de l’ANACT et de l’AFPA nous apprenait pourtant que 80 % des salariés (même les moins qualifiés) souhaitaient en fait se former (y compris hors temps de travail).

Quelques exemples que nous avons rencontré depuis 3 ans :

- La responsable formation d’une grande usine dans l’agro-alimentaire (800 salariés) en juillet 2007 : « je vais lancer une campagne DIF (« le mois du DIF ») sur des formations en bureautique, je suis persuadée que seules 20 ou 30 personnes vont s’inscrire et que ça ne marchera pas » .
Le bilan en septembre 2007  : « c’est incroyable, nous avons été submergés par les demandes à tel point que nous avons dû clôturer les inscriptions et contingenter les formations »

- Un grand bailleur social pour ses 170 gardiens d’immeubles en Ile de France : il était proposé durant le printemps 2008 un catalogue DIF avec un délais d’un mois pour répondre et un planning assez contraignant (formations durant les vacances d’été) : Résultats : 30 % d’inscrits en quelques jours et des salariés ravis qui demandent à continuer leur formation cette année (anglais, informatique et français)

- Une grande société dans les loisirs : « nous avons lancé une offre de bureautique sur 42 h de DIF couplée à la fourniture gratuite d’un ordinateur portable (le stagiaire peut garder le portable en fin de formation s’il a été assidu). En quelques heures toutes les sessions (ouvertes aux personnels sans aucune qualification) ont été remplies »

- Un exemple de vraie politique DIF dans une société américaine en France (2000 salariés)
 « En 2004 une commission a été chargée de construire la politique DIF de l’entreprise, en 2005 les premières formations DIF ont été lancées (avec une communication soutenue via l’intranet mais aussi des documents papier).

Une équipe de 4 personnes s’occupe du DIF : une responsable et son adjointe, une attachée administrative pour le suivi des actions et une gestionnaire pour la facturation. Un comité de suivi se réunit tous les 6 mois, évaluant les actions menées et construisant le plan pour le semestre suivant.

En 2005 les managers ont été formés aux entretiens professionnels, l’OPCA est régulièrement rencontré. Plus de 600 personnes sont parties en DIF en 2007 et l’objectif est de doubler ce nombre en 2008 en portant plus particulièrement les efforts sur les personnels ouvriers qui ne se sont pas totalement saisis du DIF. »

Comme l’ont démontré toutes les études et enquêtes menées depuis 2005, le DIF atteint sa cible (y compris les petites entreprises) dès lors que l’entreprise joue le jeu du développement des compétences et ouvre grandes les portes de la formation pour tous. Mais les quelques rares entreprises apprenantes dont nous citons le témoignage ne doivent pas cacher l’immense majorité d’entres elles qui ont fait le pari d’un abandon du DIF et font semblant depuis 2004 de le mettre en œuvre.

Dans notre société méritocratique d’héritiers (de l’argent ou du diplôme) il ne fait pas bon avoir pris un mauvais départ. Notre pays est le champion de la première (et unique) chance : celui qui n’assimile pas très vite les canons de l’école républicaine, qui ne s’adapte pas à ce système scolaire, déphasé et conformiste, celui-là n’aura quasiment jamais une deuxième chance : à lui les mauvais emplois, les systèmes de formation déclassés, la précarité ou les jobs à temps partiels. Pour les gagnants de la compétition scolaire, toutes les portes de l’emploi et de la formation resteront toujours grandes ouvertes : fonctionnariat, concours, carrières et au final une assurance emploi définitivement acquise lors de la primo-éducation. 

Si donc nous voulons changer ce système basé sur la défiance, le conformisme et l’injustice éducative, si nous souhaitons sortir des discours incantatoires et offrir de réelles chances de développement professionnel, il faut construire dans les meilleurs délais un DIF contraignant pour les entreprises, financé pour tous sur un compte épargne formation et transférable tout au long de la vie professionnelle. 

 

Didier Cozin

Auteur des livres « Histoire de DIF » et « Reflex DIF »


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24 réactions à cet article    


  • faxtronic faxtronic 20 février 2009 12:39

    Il faut ouvrir, comme en Flandre, des centres de formations continues ouvert a tous.


    • ndididju 20 février 2009 22:11

      Je ne connais pas le système en place en Flandre, mais le problème actuel est moins l’accès à tous à la formation que l’information des dispositifs existants : les salariés, en particulier ceux des PME et des TPE ainsi que ceux dans les plus bas échelons de la "hiérarchie" de l’entreprise (les petites mains qui apparaissent ici et dans certains commentaires sous la dénomination de "les pauvres") ne connaissent du DIF que le nom, ce dispositif reste très abstrait, et donc fait d’autant moins l’objet de demande des salariés qu’un bon nombre d’employeurs n’en font pas la publicité. Si déjà ceux qui ont le droit au DIF en profitaient, ce serait un pas énorme en avant, aussi bien dans le secteur de la formation que pour les salariés eux-mêmes, car une fois qu’ils sont familiers avec ce dispositif, ils en redemandent...


    • Fergus fergus 20 février 2009 12:51

      Prétendre que "les pauvres n’aiment pas se former" est évidemment caricatural et assez largement faux.

      Il n’en reste pas moins, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire en commentant l’un de vos articles, que l’appétit pour la formation est directement proportionnel, dans la plupart des entreprises, à la position des employés : plus l’on descend dans la hiérarchie, moins la demande est forte ; plus on monte, plus cette demande est pressante.

      Il s’agit là d’une constante que j’ai pu observer lorsque j’étais en fonction dans ce domaine d’activité, y compris au sein d’un Fongecif dont j’étais administrateur.

      Et cette réalité vaut non seulement dans le privé, mais également dans les services publics où les responsables hiérarchiques sont pourtant nettement plus légitimistes et beaucoup mieux disposés à donner suite aux demandes qui leurs sont présentées par les employés ou par les élus.

      Ce point précisé, je suis n’en suis pas moins d’accord avec la nécessité sinon de rendre le DIF obligatoire mais d’obliger les entreprises à en faire connaître les modalités et les finalités à leur personnel.

       


      • ndididju 20 février 2009 23:19

        Oui, les premiers échelons de l’entreprise ne font pas les premiers pas vers la formation en général, et le DIF n’est pas une exception..
        J’ai pu constater différentes situations :

        - Bas échelon, "bas" niveau d’"études" (je mets des guillemets à cause de phénomènes tels que le syndrome du "je n’ai pas mon bac" qui affectent des gens qui se retrouvent incapables de s’évaluer eux mêmes de relativiser l’absence de diplôme, et se dévalorisent énormément et refusent d’aller en formation)

        Dans cette catégorie, on retrouve un certain nombre de gens avec des difficultés soit avec la lecture, soit avec l’écrit. Le problème est que demander à faire un DIF pour pallier ces lacunes, c’est admettre publiquement ET à sa hiérarchie, de surcroit, que l’on a des difficultés à écrire ou à lire.

        De manière plus générale, il y a une appréhension que la demande soit associée à un aveu de faiblesse ou d’un manque qui nuirait soit à l’image, soit au poste ou encore au fonctionnement au quotidien (genre sobriquets, vannes et autres...)

        C’est dans ce cas que la "politique" de l’entreprise devient absolument clé, si un traitement spécial n’est pas accordé à la communication et rien n’est fait pour donner confiance à ces salariés, jamais eux n’iront demander de formation...
        Le problème, particulièrement en PME et TPE, c’est que c’est le genre de trucs qui prennent du temps à mettre en place et coûtent -en salaire et en temps pour celui ou celle qui va devoir s’occuper du dispositif. Or malheureusement peu de PME ont les ressources nécessaires, l’habitude en France étant bien souvent de travailler le plus à flux tendu que possible pour réduire les coûts et optimiser les heures de travail des salariés. Donc, à moins que ce soit un thème vraiment cher à la direction, pas de "cellule" DIF, pas de demandes...

        C’est là ou la proposition de faxtronic d’ "ouvrir des centres de formation continue ouverts à tous" prend tout son sens. Malheureusement, pour ça, il va falloir persuader un max d’électeurs de mettre un coup de volant à gauche, car à priori, ça ressemble fort à une augmentation du nombre de fonctionnaires... (ouh le gros mot de l’année ! je l’ai dit ! smiley ) On peut oublier dans le futur proche...

        Deuxième cas :

        - Bas ou Moyen échelon, niveau d’études non pertinent, entreprise qui "pousse" ses salariés sur des DIF limités en choix (1 ou 2 correspondant à un besoin perçu par la direction, mais pas reconnu par les salariés (à tort ou à raison d’ailleurs), comme je subodore être le cas auquel est confronté notre ami Hal man =>cours d’informatique en milieu hospitalier, si j’ai bien compris)
        Là, généralement, on constate : la demande ne vient plus du salarié (première abbération pour la formation, et le DIF en particulier vu que c’est le Droit INDIVIDUEL à la Formation qui est concerné !), mais c’est bien uen "demande" de la direction, sur laquelle se greffe un sentiment d’obligation ("pff, faut que je me "farcisse" le stage à la *%§"
        (’@ hal man, je ne pense pas que les salarié(e)s de l’hôpital sont entré(e)s en se disant "c’est chouette, comme ça je pourrai bénéficier de stages d’informatique, à l’embauche smiley ),

        Ce qui explique un manque d’intérêt , voire même un rejet du stage (car bien malheureusement, pour que la coupe soit pleine, l’amélioration des aptitudes du salarié après 21h de stage n’est pas souvent vraiment visible, donc pas source de reconnaissance ni de la direction, ni des collègues et encore moins de "récompense" financière à la clé -
         "Eh, faut pas déconner non plus, déjà qu’on leur paie un stage, en plus, faudrait les augmenter !!! Z’êtes malades smiley Ca ne pousse pas sur les arbres, les sous !!. Ils devraient déjà nous remercier de leur offrir des "vacances" payées à ne pas être à leur poste !" (oui, je caricature, mais bon... smiley

        Le problème, c’est que si le salarié n’est pas "acteur" de son DIF, ne fait pas partie prenante, où que la dynamique du dispositif se passe de lui et qu’il se sent traité comme un vulgaire poulet de batterie, il y a déjà peu de chance que le stage "prenne" et pratiquement aucune que les demandes augmentent...


        Enfin, pour finir, on ne redemande que ce que l’on connait ou qui nous est familier : quelqu’un qui a connu une formation initiale qui l’a intéressé(e), ou qui a fait un stage qu’il (elle) a vraiment apprécié sera bien plus facilement à l’écoute, réactif(ve), ou encore aura plus de chance de "repérer" un stage (-ou même un droit à un stage !) que quelqu’un pour qui le scolaire est associé à "l’échec" ou à des mauvais souvenirs.

        Mais je peux vous garantir que quelque soient les personnes, lorsqu’on réussit à leur faire prendre goût à ce qu’ils font dans le stage, ce qui n’est pas une mince affaire (plutôt même souvent de l’ordre du "miracle"), ils repartent avec une pêche d’enfer et s’informent presque toujours sur la possibilité de faire des stages dans leur ville, leur quartier...Que du bonheur quand ça arrive !


      • Fergus fergus 21 février 2009 09:04

        Merci, Ndididju, d’avoir pris le temps de développer ces constats qui confortent les miens.


      • La Taverne des Poètes 20 février 2009 14:36

        "13 milliards d’€ par an selon une estimation fantaisiste de la Cour des comptes" : Ce n’est vraiment pas dans les habitudes de la Cour des comptes d’être fantaisiste. Pouvez-vous argumenter et surtout mettre le lien ?

        Les pauvres qui ont gardé de mauvais souvenirs scolaires n’aiment pas les formation qui font trop scolaires. Cela les renvoie à leurs échecs et à leurs complexes. Or, des formations de ce type, ça existe. A croire que c’est fait pour dégoûter ces personnes et pour ne justifier l’utilisation des crédits de formation.
        Or, comme vous le soulignez, beaucoup de gens sont demandeurs de formations. A condition qu’elles ne soient pas démotivantes ni dévalorisantes.


        • Halman Halman 20 février 2009 18:05

          Oui mais pourquoi ont ils gardé un mauvais souvenir de leur scolarité ?

          Ils décrètent que l’école c’est nul, ça ne sert à rien, c’est uniquement pour les em****r pour que les parents ne les sachent pas trainer dans la rue.

          Alors ils mettent le souk dans la classe.

          Et mauvaise foi à baffer disent que les cours sont nuls et que cela ne sert à rien.

          Comme tout le monde, le collège et le lycée j’ai connu.

          Crise d’ado oblige, ils décrètent que même les profs les plus passionnants sont des "bouffons". Mettre tout sur la faute de l’autre pour ne pas voir la poutre qu’on a dans l’oeil...

          Et après ils viennent pleurer qu’ils n’ont pas le niveau scolaire et qu’ils se retrouvent dans des secondes de rattrapage ou des cap dont ils se moquent éperdument et s’en prennent à la société.

          Le nombre de mes collègues qui me serinent des "ah si j’avais su à l’école j’aurais mieux travaillé".

          On connait le refrain.



        • ndididju 21 février 2009 00:13

          "à condition qu’elles ne soient pas démotivantes, ni dévalorisantes"
          Là dessus, on est bien tous d’accord : respect et dignité pour tous avant toute chose, mais juste une petite remarque :

          Pour info, données de 2006 pour la formation professionelle continue (organismes privés) :

          env. 60 000 formateurs pour environ 49 000 non formateurs
          chez les formateurs, seul 36% sont déclarés à temps plein, les autres sont à temps partiel, en cdd, en CDII (contrat intermittent) ou "occasionnels" (à la "pige", pour faire très court)

          Donc un métier bien précarisé, quoi d’étonnant à voir que 73% des formateurs sont.... des formatrices (encore un secteur majoritairement féminin ET précaire ! Quelle surprise ! Ca en dit long sur la société française d’aujourd’hui et de l’ironie du MEDEF de nommer une femme à sa tête !!!)
          71% des formateurs payés aux minima conventionnels de la branche sont dans le premier échelon pour les formateurs : 10.71€ de l’heure brute en 2008.
           (source : FFP )

          Pourquoi ces chiffres ? Pour vous rappeler que la qualité et l’investissement des formatrice(-eur)s dans la formation n’a des chances d’être vraiment présente que si ceux-ci en ont les moyens, en temps comme en argent de vivre et non pas de survivre en courant d’un site à l’autre jour après jour...Ou pour faire plus simple : les formateurs sont souvent précarisés et mal payés, demandez-leur combien ils gagnent par mois si vous ne me croyez pas, vous verrez par vous même...Comment s’étonner que les formations ne soient pas souvent tip-top... ?

          PS : Les syndicat patronaux mettent en ce moment un maximum de pression afin de supprimer l’obligation d’accorder un temps de préparation de cours rémunéré aux formatrice-eurs, s’ils obtiennent gain de cause, la qualité des cours baissera encore plus, pas seulement parce que les cours seront moins préparés, mais aussi (et surtout) que ce temps "libéré" sera utilisé pour donner plus de cours aux formatrice-eurs, l’idéal révé par les patrons étant d’avoir des formateurs qui dispensent minimum une trentaine d’heures de cours par semaine sur des amplitudes allant de 8h à 20h00 du lundi au samedi, avec annulation des cours notifiée plus de 24h avant ni payées ni remplacées, avec un planning de travail transmis aux formatrice-eurs 48h avant sa mise en place ! smiley

          Bref, le retour du travail à la demande


        • William7 23 février 2009 11:45

          Voilà un ramassis de clichés contre lesquels on ne peut rien. Un discours généraliste et pourtant anti-sociologique basée sur son expérience et son observation (donc vrai bien entendu) et qui, bien que relevant de la plus pure idéologie (conservatrice, moralisatrice, libérale) se cachera sous le "bon sens". Une belle manière de dépolitiser des questions sociales et complexes.

          "Mange ton steak mon petit"
          "Quand on veut, on peut".


        • Internaute Internaute 20 février 2009 14:47

          Les riches non plus. Avez-vous vu un député suivre une formation en Histoire de France ou en économie par exemple ?


          • titi 20 février 2009 17:46

            " les entreprises ont globalement refusé de le déployer. Elles n’ont, pour la plupart, pas joué le jeu de la formation tout au long de la vie "
            Je ne peux pas vous laisser dire celà.

            Le DIF prévoir que l’employeur paie la formation mais que ces heures sont prises en dehors des heures de travail.
            Le cout de la formation est intégralement pris en charge par l’OPCA de l’entreprise.

            En clair le DIF ne coute rien à l’employeur. Il coute du temps au salarié.

            Pensez vous vraiment que ce sont les employeurs qui trainent les pieds ?


            • ndididju 21 février 2009 00:50

              Je m’aventurerai à répondre affirmativement et catégoriquement au moins dans les PME et les TPE !
              (Allez, soyons un peu fous ! smiley
              D’abord, une petite correction : les modalités du DIF n’imposent pas que la formation se fasse sur le temps libre du salarié, c’est la situation "par défaut" et en fait, c’est la direction qui décide des modalités après consultation des élus DP ou CE.
              Le DIF peut avoir lieu sur les horaires de travail et être payé comme tel ; en revanche, s’il a lieu en dehors des heures de travail, il est rémunéré à 50%, donc en plus du salaire de base si le salarié a fait ses heures contractuelles, donc premier coût d’au moins 50% de l’heure.
              Deuxième coût : celui de la mise en place du dispositif, et c’est là son talon d’achille jusqu’ici !
              En effet, il faut déterminer aussi bien les besoins éventuels de l’entreprise à combler en termes de compétences que de connaître également ceux des salariés (ou également leurs envies, leurs préférences)
              Cela demande un minimum de préparation (récolte et analyse des informations sur le dispositif en lui même, contacter entre autres l’OPCA, les DP/CE) ensuite il faut trouver des formations qui correspondent à des tarifs qui correspondent aux possibilités de financement offertes par l’ OPCA , à des horaires/périodes disponibles qui soient compatibles avec le fonctionnement de l’entreprise ou adaptées aux possibilité des salariés...etc.

              Bref, rien de bien réjouissant pour un patron de PME ou TPE (lambda, j’entends, il y a des exceptions bien évidemment) qui a généralement d’autres chats à fouetter et d’autres soucis que de s’embringuer dans une montagne de paperasse en plus et toutes les petites misères qui vont avec (l’employé qui revient sur sa décision, qui est jaloux de la formation de son collègue, qui revient de son DIF pas satisfait, j’en passe et des meilleures..)
              Le coût principal de départ n’est pas pour le salarié, mais bien pour la direction, en terme de temps et d’énergie (à minima, car bien souvent il faut demander à quelqu’un de prendre en charge le dispositif et coordonner le tout, ce qui peut très vite engendrer des heures sups !) , et il est bien difficile de leur faire comprendre que ce "coût" est valable essentiellement la première fois qu’ils mettent en place le dispositif et qu’ensuite ce coût est très réduit. smiley

              Sans compter que bien souvent, qui dit formation, dit amélioration des connaissances, diplômes, reconnaissance de compétences, donc porte ouverte à des demandes d’augmentation de salaires et autres joyeusetés que comme tout un chacun sait chaque responsable, directeur, employeur attend avec délectation, plaisir, impatience... :->  smiley
              Et comme les salariés ne savent pas trop à quoi correspond cet OVNI là, ils n’incitent pas non plus leur direction à faire l’effort de mettre le DIF en route dans de très nombreux cas.


            • Halman Halman 20 février 2009 17:55

              En tant que formateur informatique dans un hôpital il n’est pas totalement faux de dire que les pauvres n’aiment pas apprendre.

              Lorsqu’en fin d’année on sort les statistiques des élèves par catégories professionnelles, les inscrits, les présents, c’est assez édifiant.

              Plus on va vers les agents et et le sommet de la hiérarchie plus l’absentéisme aux formations est important.

              Leurs argumentations vont de "on a pas le temps", "on est crevés", "ça nous gave", et le clou du clou : "ça sert a rien on s’en sert pas on nous fait c***r avec ces c*******s", pour finir par "pendant les cours on s’endort".

              Avec les aides soignantes on a systématiquement 50 % d’absentéïsme aux cours. C’est bien simple, pour remplir la salle de formation on en convoque 15 sachant que seulement 7 viendront afin d’avoir un agent par poste informatique.

              Pour les infirmières et les secrétaires médicales, rien à voir. Elles sont vraiment interessées. Même celles qui ont déjà pratiqué le logiciel ou un autre logiciel du même genre dans un autre hôpital sont assidues et posent énormément de questions.

              Les cadres des services sont présentes systématiquement à 100 % et apportent énormément aux contenus des cours, tout comme les infirmières qui font remonter des tas d’informations de la part des utilisateurs.

              Par contre les médecins, c’est une catastrophe. C’est du j’en foutisme grandiose. De l’impolitesse, du mépris insultant. On en convoque 14 et quand on en a 2 présents on est heureux.

              La base et le sommet se rejoignent dans le j’en foutisme des formations.


              • ndididju 21 février 2009 01:25

                mwouarf warf warf !

                - 1. Formation imposée "obligatoire" (comme la visite médicale en 6è/5e pour vérifier que les Rou...euh, bref, comme... aller faire le contrôle technique de la caisse ou demander un remboursement aux assedics...) smiley

                - 2. pour un public qui n’en voit pas l’intérêt ni le besoin d’un point de vue professionnel (voire sans doute même pire pour les agents : comme une menace de dégradation des conditions de travail : "t’fa vwar ! D’abord ils nous forment sur leur *%$ de logiciel, ensuite, y nous disent : "ah, ben maintenant que vous savez l’utiliser, c’est vous qu’allez vous en occuper à présent, comme ça les X du département Y seront plus libre de faire Z !" et sans payer un rond de plus ou nous donner du temps...Ca puire l’arnaque, j’vous dis !" :->
                Quand au sommet de la hiérarchie, ils ont de la valetaille pour faire ce genre de truc, ou ils font appel à un spécialiste (comme un agent "formé") en cas de besoin...Alors, la motivation du stage relève plus du spectacle qu’autre chose ... "tiens, j’ai rien à faire, je vais aller voir le petit jeune s’enthousiasmer sur son clavier et sa souris une heure, ça va me détendre un peu- et puis l’autre *%$@ ne viendra pas me casser les pieds !"

                - 3. J’imagine que les stages se font sur place (genre 2h par semaine ou version analogue) donc sur le lieu de travail, sur le temps de travail => oubli du cours, priorités professionnelles ("Saperlipopette ! j’ai oublié de trouglouter le bitonio du 3è ! Bah, tant pis, j’irai au cours la semaine prochaine !" :/) ou "quoi, c’est MWA qui présente le dossier cet aprem’ ?!! smiley même résultat !)

                Pour changer ce genre de problème, il faut commencer par travailler le/la DRH en priorité, ce sont eux qui éventuellement peuvent taper du poing sur la table pour dire que ça représente une masse de sous qui est jettée par les fenêtres, que si ça continue, les absents seront mis en dernière position de liste d’attente pour les autres formations ou évènements organisés par leur département etc...Les menaces quoi !

                Ensuite de votre coté, il faut impérativement trouver un ou des trucs, angles d’approche pour apprivoiser les publics concernés et leur montrer l’intérêt, ce qu’ils ont à y gagner avec ces stages, quitte à faire dans le cabotin (genre petits gateaux ou astuce bonus pour épater les souris avec ses connaissances en informatique...) bref, les appâter à vouloir apprendre...
                Et là c’est du boulot, et qui n’est pas garanti, car c’est vrai qu’il y certaines têtes de mules qui ont des quenottes de tigres aux dents de sabre !!!
                En revanche, chaque converti(e) est une fierté en plus à mettre à ton tableau de chasse et souvent t’as des petits "cadeaux"...Une reconnaissance...


              • Halman Halman 21 février 2009 11:20

                Ndididju, c’est justement avec des comportements comme cela que les formations sont annulées.

                Les élèves se foutent de la formation, alors on ne voit pas pourquoi on se fatiguerait et on dépenserait du fric pour ces bouffons là.

                Résultat ce sont les élèves sérieux qui trinquent et qui sont déçus.

                Et la qualité du boulot dans les services qui se dégrade.

                Super intelligent comme comportement mon gars.

                Vous êtes encore au collège ?


              • ndididju 21 février 2009 13:15

                alors, dans l’ordre : "Les élèves se foutent de la formation" "Vous êtes encore au collège ?" primo, en formation professionnelle, les termes sont "formateurs" et "stagiaires" et non pas comme au collège ou les termes sont "professeur / élèves"
                Deuxio, le fait qu’une majorité de stagiaires ne vient pas en stage ou "s’en foutent" comme vous dites ne signifie en rien que ce sont des "j’m’en foutistes" ou des "bouffons" comme vous le dites, mais plutôt qu’il y a un sérieux problème qui provient le plus généralement :

                - soit dans le choix effectué par les DRH sur les publics concernés en leur imposant un stage qui sur le papier fait très joli mais ne correspond pas du tout ni aux besoins, ni au travail sur le terrain ni aux préoccupations ou attentes des stagiaires.

                - Soit dans la communication : les stagiaires ne voient pas l’intérêt du stage, ce que cela leur apporte que ce soit d’un point de vue personnel ou professionnel.

                - Soit avec le stage lui même et la façon de mener le stage par les formateurs.
                Je vous fiche mon billet que vos cours concernent plus directement les infirmières et les aides soignantes que les autres catégories, si c’est le cas, il ne faut pas s’étonner de l’absentéisme sur ces dernières...

                En bref, au delà de 10% d’absentéisme chronique, le premier réflexe c’est de se remettre en question et voir si le problème n’est pas systémique plutôt que de cracher sur ceux qui ne viennent pas en les considérant comme des abrutis, ils ont probablement leurs raisons, et c’est en comprenant ces raisons que l’on a une chance de résoudre le problème.

                Pour ce qui est de supprimer des formations, je dirais que faire faire un stage à un salarié histoire de justifier son budget formation ou le fait qu’on a fait une action est totalement improductif, inutile et cher. J’ai même vu des stagiaires que l’on contraignait à prendre des cours de langue à 6 mois de leur retraite alors qu’ils n’en voulaient pas !
                Une autre chose : le taux de présence aux stages est également proportionnelle à la valeur "attribuée" ou "estimée" du stage, je m’explique :
                Soit un stage de 35h décliné sous deux formules : l’une en intensif (une semaine de stage de 35h dans un organisme privé à l’extérieur) l’autre en extensif (2h de stage pendant 20 semaines sur le lieu de travail, pendant la journée)
                Vous constaterez systématiquement que le taux de présence au stage intensif sera toujours supérieur, et de très loin, à celui du stage extensif, parce que "rater" deux heures de stage sera toujours considéré comme "moins grave" que de rater une journée complète (et beaucoup plus discret), il en résulte que si le/la DRH ne met pas les points sur les i pour ce qui concerne la présence aux stages, les stagiaires sècheront.
                Et là, il n’y a pas trop de secret, c’est généralement à la baguette que ça marche. Vous noterez en outre que ceux qui ne viennent pas gaspillent le budget formation qui n’est pas utilisé pour d’autres demandes de formation (comme le DIF par exemple) et dans ce cas oui, le budget pourrait être utilisé à bien meilleur escient en supprimant certaines formations qui sont "inadaptées" aux stagiaires.

                Et au passage, je n’ai jamais entendu un seul stagiaire en 11 ans de formation me dire "on s’endort pendant les cours", non pas parce que je fais des stages "géniaux" (pffrt ! Il y a les jours avec et les jours sans d’une, et de deux, je suis formateur en langues, ce qui est plus sexy et souvent considéré moins rasoir que l’apprentissage d’un logiciel pour des néophytes...)
                Mais surtout parce qu’ils ne se permettraient jamais de me sortir un truc pareil, ne serait-ce que par respect pour moi et mon travail (et de toutes façon, je ne les laisse pas dormir, ceux qui piquent de l’oeil après le déjeuner, je leur dit d’aller me chercher un verre d’eau et ils en profitent pour se passer un coup d’eau sur le visage)
                Peut-être que se remettre en question serait une bonne chose à ajouter à l’ordre du jour ?

                PS : [mode coco le haricot=on] t’es gentil, mais je ne suis pas ton "gars"...Quand à la mention collège, c’est du n’importe quoi dans le genre "vanne des bacs à sables"[mode=off] et c’est dautant plus inapproprié que si vous aviez pris la peine de lire entre les lignes, vous auriez compris que ce n’était pas une attaque de ma part, mais plutôt des pistes pour trouver des solutions aux problèmes auquels vous êtes confronté, comme tous les autres formateurs, et qui ne sont pas aisés à résoudre, pour ma part, ces solutions ont résolus la majeure partie des problèmes de présence...
                Ah, dernier conseil très efficace : quand 5mn après le début du stage, je constate qu’un stagiaire est absent, je l’appelle directement pour lui demander s’il s’agit d’un oubli et leur faire comprendre que s’ils sont absent, la moindre des choses, c’est de me prévenir, ne serait-ce que 5min à l’avance, ça marche nickel dans 90% des cas...
                Sur ce, bonne journée et bon courage ! smiley



              • Halman Halman 20 février 2009 18:21

                La VAE, validation des acquis professionnels, c’est un peu spécial à la bonne volonté des employeurs quant aux modalités.

                La VAE est un bon motif pour l’employeur à ne pas payer de formation, ou des formations à l’ultra rabais en pretextant que les agents sont déjà formés sur le tas.

                Hors en étant formés sur le tas, d’un service à l’autre, d’un hôpital à l’autre, les niveaux et les expériences sont très inégales.

                Dans les hôpitaux, pour former des aides soignants à l’ultra va vite, on a décidé de 90 heures de cours pour les agents ayant une certaine ancienneté. Ainsi la drh s’imagine que 90 heures de cours suffisent à apprendre les bases acquises par 14 mois de formation intensive des aides soignants, sanctionnés maintenant par un diplôme d’état reconnu.

                VAE est donc sinonyme dans ce cas là clairement de formation au rabais, de dévalorisation du diplome d’aide soignant.

                La sélection disparait aussi. On foure tout le monde dans la VAE. Même les agents ayant des problèmes comportementaux. Alors qu’au concours d’entrée en école les tris de l’expérience, du niveau et du comportement sont faits, assurant auprès du patient une sécurité et une compétence bien meilleure.

                On se retrouve ainsi avec des aides soignantes aux niveaux les plus disparates. Posant ainsi des problèmes auprès des patients. Une aide soignante à qui on doit apprendre à se servir d’un thermomètre tympanique ou à noter ses transmissions écrites dans le dossier médical, est ce normal alors qu’il s’agit de la base de la formation d’aide soignant ?



                • William7 23 février 2009 11:48

                  L’idéologie anglo-saxonne, toujours un peu prédicatrice, distinguait les pauvres immoraux et les deserving poor — les pauvres méritants — dignes de la charité. À cette justification éthique est venue s’ajouter ou se substituer une justification intellectuelle. Les pauvres ne sont pas seulement immoraux, alcooliques, corrompus, ils sont stupides, inintelligents. Dans la souffrance sociale, entre pour une grande part la misère du rapport à l’école qui ne fait pas seulement les destins sociaux mais aussi l’image que les gens se font de ce destin (ce qui contribue sans doute à expliquer ce que l’on appelle la passivité des dominés, la difficulté à les mobiliser, etc.). Platon avait une vision du monde social qui ressemble à celle de nos technocrates, avec les philosophes, les gardiens, puis le peuple. Cette philosophie est inscrite, à l’état implicite, dans le système scolaire. Très puissante, elle est très profondément intériorisée. Pourquoi est-on passé de l’intellectuel engagé à l’intellectuel « dégagé » ? En partie parce que les intellectuels sont détenteurs de capital culturel et que, même s’ils sont dominés parmi les dominants, ils font partie des dominants. C’est un des fondements de leur ambivalence, de leur engagement mitigé dans les luttes. Ils participent confusément de cette idéologie de la compétence. Quand ils se révoltent, c’est encore, comme en 33 en Allemagne, parce qu’ils estiment ne pas recevoir tout ce qui leur est dû, étant donné leur compétence, garantie par leurs diplômes. (Bourdieu)


                • Christoff_M Christoff_M 20 février 2009 19:03

                   j’ai travaillé sept ans dans un grand groupe canadien de l’imprimerie, je n’ai eu droit qu’a deux semaines de formation, il a fallu que j’attaque à la fin pour récupérer mes droits et leur imposer de financer mon DIF...

                  la plupart des cadres français n’ont pas trop envie de voir leur subalterness évoluer... peur de collégues mieux informés et éventuellement futurs rivaux... la mentalité est différentes dans des boites étrangères...
                  mais l’esprit petit chef et c’est moi le patron, persiste en France...

                  c’est bien de débloquer des budgets mais s’il n’y a pas la volonté au niveau des derniers échelons et l’investissement humain, l’argent est jeté par les fenetres ; ou alors il y a le stage bouche trou qui permet de liquider un budget !! mais l’intéret des employés est souvent laissé de coté... le grand patronnat français nous a montré depuis longtemps ou était son intéret...


                  • phil2nim phil2nim 21 février 2009 08:26

                    Faux problème et faux débat:anée
                    la vérité, c’est que c’est l’administration du DIF qui décide en dernier lieu. Or tous les budgets ont été orientés depuis des années vers des personnes sans qualification aucune, les travailleurs niveau BEP, BAC, BTS se voyant globalement rejetés par les commissions ad hoc, bien que leur DIF soit accepté et financé en théorie.
                    Le dispositif est devenu un palliatif de plus aux carences de lEducation Nationale qui jette chaque année des centaines de milliers de jeunes sans qualification sur le marché du travail.
                    Quant à la VAE, trouver une filière qui corresponde à des savoirs faire appris en entreprise, c’est une gageure. Ce qui marque la totale inadéquation du système éducatif et du contenu des diplômes par rapport aux besoins professionnels.


                    • ndididju 21 février 2009 11:19

                      Il me semble que vous confondez avec le fongécif, car le DIF est un dispositif qui n’a pas de régime. Il n’y a pas une contribution spécifique adossée à l’obligation de former-sur 20 heures par an- chaque salarié. On peut financer sur le « 0,9% » (le plan de formation géré par l’entreprise) ou sur le « 0,5% » (les fonds des OPCA, lorsque les formations sont prioritairement éligibles ou lorsque ce DIF est intégré à une période de professionnalisation) ou encore sur le « 0,2% » (utilisé par le FONGECIF lorsqu’il y a désaccord marqué entre le salarié et son employeur).

                      Encore que ces deux derniers moyens de financement ne soient pas directement à la disposition de l’entreprise. Il n’existe pas d’autre caisse, pas d’autre contribution, il va falloir que le DIF entre dans ce cadre.


                    • xray 21 février 2009 10:30

                       

                      Les pauvres n’aiment pas la formation professionnelle. Les riches non plus ! 

                      HYPOCRISIE du SYSTÈME, L’emploi, et le chômage face à la productivité.
                      http://echofrance36.wordpress.com/2008/10/30/hypocrisie-du-systeme/ 



                      • ndididju 21 février 2009 13:52

                        @l’auteur :
                        Dites, il a l’air carrément bien votre site ! Beau travail et merci !


                        • iris 23 février 2009 11:14

                          moi profession libérale j’en sait assez !! je préfère aller au golf !!

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