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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Les prix : comment ça marche ?

Les prix : comment ça marche ?

Cet été, en me promenant en Espagne, j’ai eu de la peine en voyant des Français s’entasser dans des supermarchés construits spécialement pour eux pour y acheter de l’alcool moins taxé, ou gagner dix centimes sur le litre de gazoil, soit 5 euros sur un plein (ce qui suppose d’habiter à moins de 16 km pour le rentabiliser !). Cela m’a fait réfléchir sur le sens du prix des choses et sur la portée politique de l’acte d’acheter.

Le prix n’est autre que cet artifice qui permet de réguler l’offre et la demande. La valeur d’un objet, d’un service... ou d’un homme est donc très arbitraire. Cette simplicité ne représente pas les vrais coûts, sociaux, environnementaux, énergétiques... C’est pourquoi il est primordial d’analyser ce qui se cache derrière un prix.

Cartier ou Lidl, on ne connaît pas le coût réel

Fabriquer un produit coûte de la main-d’oeuvre, de l’énergie, du transport, des intermédiaires... ces éléments étant eux-mêmes régis par le rapport entre offre et demande. En revanche, certains coûts ne sont pas inclus et sont d’ailleurs très difficiles à chiffrer. Comment chiffrer les coûts sociaux, les maladies professionnelles, le stress ? Sur le plan environnemental, comment chiffrer le réchauffement climatique que vont générer les intrants et l’énergie utilisés ? L’épuisement de cette énergie aura des impacts également non chiffrables. Les emballages gourmands en matières premières polluantes seront éliminés avec des coûts chiffrables mais non entièrement à la charge du fabricant. Les infrastructures routières pour les bateaux, camions ainsi que les hôpitaux et pompiers également impliqués sont aussi une variable à prendre en compte. A l’inverse, on peut se demander si les subventions publiques sont bien répercutées directement sur le prix final.

Pensez-vous que les bijoux présentés ci-contre (boutique Cartier, Paris 8e) coûtent réellement le prix affiché ? Pensez-vous que les ouvriers qui ont extrait les diamants soient très bien payés ? Que l’environnement ait été vraiment protégé dans la mine ? Rien n’est moins sûr, et les mêmes diamants seront peut-être vendus dix fois moins cher dans un autre magasin moins "select". Ce prix monstrueux n’est que le reflet de la rareté d’un produit destiné à des gens très riches. Le prix est alors surestimé par rapport au coût.

A l’inverse, les produits "discount" sous-estiment les coûts cachés. Ceux qui les fixent font souvent travailler les employés dans des conditions plus que moyennes, utilisent des procédés polluants notamment en agriculture ou du moins ne se soucient pas plus que ça de l’impact sur le milieu, le prix étant plus important que tout.

Plus ça revient cher, moins c’est vendu cher

Les coûts cachés sont le plus souvent supportés par l’argent public à travers les impôts, dont ceux payés par les entreprises, il est vrai*. Seulement, nous importons de plus en plus de produits qui sont fabriqués à l’autre bout du monde, ont été transportés dans des navires et par camions, ont été fabriqués par des personnes exploitées et dans des usines loin de respecter les mêmes normes environnementales et loin de payer les mêmes impôts qu’en France. Les coûts devraient en théorie être plus élevés, mais le rapport offre/demande permet l’inverse. Magique.

Magique ? Enfin pas tout à fait, car cette sous-estimation, ou cette non-prise en compte de certains coûts, ne fait qu’augmenter une dette environnementale pour les générations futures et pomper l’argent public.

Bien entendu, il est extrêmement difficile de calculer le vrai coût dans cette échelle macro économique, mais il est tout de même possible de faire attention à ses achats.

Régulièrement nous voyons des sondages dans lesquels les Français se disent prêts à payer un peu plus s’ils ont la garantie que les conditions de travail des ouvriers seront respectées ou que l’environnement sera préservé. Mais qu’en est-il ?
Aujourd’hui, le prix est devenu pratiquement le seul paramètre qui influence l’achat. On voit fleurir les "hard discount", chacun chasse la bonne affaire... J’ai d’ailleurs remarqué qu’on a toujours besoin de se justifier lors d’un achat : "C’était en réduction, je l’ai eu moins cher, je l’ai trouvé sur un super site pas cher", comme s’il était honteux de payer un prix décent. D’ailleurs la décence du prix d’un produit, on ne la connaît plus, on est par exemple habitué à payer le kg de tomates 1,5 euro, et l’on trouve des billets d’avion à 10 euros !
Qu’est-ce qui motive les personnes qui payent un produit un peu moins cher, quitte à ne pas payer les taxes à la Sécu ? (ces gens-là doivent être ravis que 248 spécialités pharmaceutiques soient prochainement déremboursées ou moins remboursées  !)
Je pense qu’il faudrait que les habitudes d’achat changent, et que le prix brut ne soit plus le seul critère d’achat. C’est sans doute utopique, mais il suffit de réfléchir un peu pour voir le bien-fondé d’un tel comportement.

En effet, en suivant le raisonnement précédent, si j’achète les patates les moins chères chez Lidl, seront-elles vraiment les moins chères, en comparaison des bio achetées sur le marché ? Les patates bio ont bénéficié de moins de subventions de la PAC (qui viennent des d’impôts que j’ai payés) ; elle ne pollueront pas le sol et éviteront de construire des usines d’eau potable hyper perfectionnées, ne contiendront pas de pesticides ni de nitrates qui sont cancérigènes et éviteront des soins hospitaliers chers ; elle feront vivre une exploitation agricole plus extensive et plus de paysans qui sont attachés à la terre et au maintien des paysages, feront économiser du pétrole avec lequel sont fabriqués les engrais et pesticides et qui sert au transport ; elles économiseront les dividendes sur actions et les stocks options aux actionnaires et PDG des multinationales agro-alimentaires et des grandes surfaces qui les distribuent. Et j’en ai sansdoute oublié...

La patate bio locale du marché doit coûter moins cher que celle de chez Lidl produite en culture intensive à mille kilomètres

La consom’action est réservée à quelques bobos friqués, nous dit Renaud dans sa dernière chanson, mais je remarque qu’on voit des 4X4 sur les parkings de Lidl, que ceux qui vont au moins cher ne sont pas forcément les plus pauvres. Réfléchir à la portée de ses achats n’est pas une histoire de moyens, mais surtout de conviction et de volonté. Il est nécessaire en effet de sortir de la logique : "Il me faut le dernier écran plat, même à crédit."

Espérer que tout un chacun fasse systématiquement le raisonnement précédent lors de son achat n’est bien entendu pas réaliste. Moi-même je ne le fais pas pour tout et jusqu’au bout...

Nous venons de le dire, seul le prix a un impact réel sur nos habitudes, alors pourquoi ne pas imaginer de taxer les produits en fonction de la distance qu’ils ont effectuée, en fonction des réglementations sociales et environnementales des pays d’origine, en fonction des techniques de fabrication ? La patate bio locale du marché doit coûter moins cher que celle de chez Lidl produite en culture intensive à mille kilomètres !
A terme, le commerce équitable devrait être la norme. Voilà un bon moyen de rupture, un mot très présent dans la bouche de certains, en ce moment !

* Sur le total des impôts perçus par l’Etat et les collectivitées locales, la taxe professionnelle = 6,2% et l’impôt sur les bénéfices des sociétés et leurs contributions sociales = 10,1% (source Alternatives économiques 10/2006)

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Les prix : comment ça marche ? Les prix : comment ça marche ?

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41 réactions à cet article    


  • pierrarnard (---.---.86.85) 2 novembre 2006 10:52

    Bonjour, escellent analyse !!!!

    En complement (paraphrase, meme )je me permet une petite histoire authentique que j’ai déja narrée sur un autre débat : En rentrant tout les soirs chez moi je vois un troupeau de moutons dans le champs d’à coté .Un soir il n’y a plus de moutons.Je me dis qu’ils ont été à l’abattoir et que je passerai demain au supermarché d’à coté pour manger un bout de ces excellents moutons elevés naturellement.

    Le lendemain, au supermarché de Morlaix je vais donc au rayon boucherie et y cherche mes moutons. Mais le gigot qui s’y trouve, me dit le chef de rayon, viens d’Italie et est passé par l’Allemagne pour y etre abattu parce que la bas les taxes d’abattage sont moins élevées qu’en Italie et qu’en France. Le gigot a donc parcouru 1700 km en camion pour passer de Milan a Morlaix via par Francfort.Sachant qu’un 38 tonnes consomme environ 70 litres aux cent (et sans catalyseur) on arrive à 1190 litres de gasoil pour ramener 30000 kg de mouton ce qui nous fait 2 bons verres a moutarde de gasoil brulés dans la nature par kilo de mouton.

    Donc avec chaque kilo de mouton 3km en gros 4x4 !!!!Et je parle meme pas des fraises d’Afrique du sud ou des melons de Guadeloupe ou des crabes vivants de mer de chine....

    Et tout cela parce que ces opérations stupides reviennent moins cher que d’aller d’acheter le mouton du champ d’a coté. Sans tenir compte des paramètres bruit, pollution et sécurité. 80% du traffic poids lourd est généré par des « economies » du genre de celle ci. Et effectivepment, au bout du compte c’est moins cher dans mon porte monnaie. Mais c’est une fuite en avant.....


    • (---.---.223.189) 2 novembre 2006 16:14

      bonjour , un ami marin m’a avoué avoir piloté un bateau chargé de SALADES VERTES du Havre jusqu’au Maghreb ou elles étaient lavées par une main d’oeuvre à « pas cher » puis ramenées en France ...


    • pierrarnard (---.---.86.85) 3 novembre 2006 09:45

      Et pour pouvoir tenir aussi longtemps fraiche la salade est ionisée.... Un jour j’ai acheté une salade en sachet que j’ai entamée puis oubliée dans le bac a légumes. Trois mois plus tard (je vous promet que c’est vrai....)je retrouve le sachet ouvert (je me sert peu du bac a légumes...) et la salade dans un état de fraicheur tout à fait correct.Une fois lavée je n’ai jeté qu’un petit paquet de feuilles avant de la servir et personne n’a été malade. Mais entre nous, et ce bien raisonnable ????


    • Johan Johan 2 novembre 2006 11:50

      Les prix, comment ça marche ? Et surtout comment ca marche pas.

      1 Le prix varie entre le prix de production et le prix de monopole.

      2 La position par rapport à l’un ou l’autre dépend de la concurrence, qui est une pression à la baisse.

      3 Le prix n’intègre pas les externalités (effets collatéraux).

      4 Le prix n’intègre pas l’éthique.

      5 Le prix dépend de la capacité à s’abstraire des règles du marché (en jouant de sa puissance économique lors de la fixation des prix, qui induit la répartition des marges : les tomates sont payées en dessous de leur seuil de rentabilité pour être vendues jusqu’à 3 euros le kg chez ED pour les tomates en grappe !).

      Les prix seront injustes s’ils ne sont pas régulés, ou si les consommateurs et producteurs ne s’organisent pas à l’échelle des distributeurs.


      • Forest Ent Forest Ent 2 novembre 2006 17:33

        Très bonne synthèse. Plus clair que l’article, en fait. Les prix ne reflètent pas exactement les coûts directs ni indirects.


      • Johan Johan 2 novembre 2006 12:27

        Il faut voir comment la concurrence marche en Angleterre. C’est un truc de fou. Sur Piccadily Circus il y a de nombreux magasins de vêtements de sport (y compris Lilly White’s) qui cassent les prix.

        En France, le niveau de consommation est quasi incompressible : les gens achètent tout dans les discount et les produits de luxe qu’ils ne peuvent pas s’empêcher d’acheter à cause du marketing. Du coup, les prix tendent vers le prix de monopole.


        • Roland (---.---.77.91) 6 novembre 2006 01:34

          acheter sur le marché ! où à l« arabe du coin » . aumoins vous achèterez dans des commerces à visages humain.

          Et laissons tomber les super-, hyper- et discount - marchés. « L’homme ne vit pas que de pain » disais déjà un certain J-C Il y a d’autres valeurs, qui sont actuellement piétinées par le jeu des prix tel qu’il est pertinemment décrit par cet article.


        • nebuchadnezzar (---.---.145.178) 2 novembre 2006 14:00

          je suis d’accord pour le principe, les denrées alimentaires produites localement devraient etre moins chères pour le consommateur. Et de mon point de vue , c’est à l’etat de faire en sorte que soit le cas en renversant l’equilibre (soit en taxant les moyens d’importation, soit en subventionnant les producteurs locaux, ou un peu des deux).

          En tout cas , dans l’etat actuel des choses, etant un jeune diplomé fraichement arrivé sur le marché du travail, je suis donc obligé de faire tres attention a mon budget alimentation avec mon petit salaire, et je ne pense pas etre le seul dans ce cas, quant aux « riches » (identifiés par leur grosse 4x4) ne sont clairement pas une majorité dans les magasins « discount ». Enfin je ne parlerais meme pas de cette « arnaque marketing » des produits etiquettés « BIO » ou de la connerie des gens qui ne sont pas capable de se retenir d’acheter a credit des biens de consommation. moi je m’en tient a mon principe « je ne depense jamais plus que ce que j’ai » sauf pour des prêts « intelligents » qui me permettent d’investir et non consommer.


          • jlouis (---.---.206.161) 3 novembre 2006 06:44

            Mon point de vue est different du votre en matiere d’intervention de l’etat.

            Essayer de faire converger l’attitude de certains dans une direction voulue au moyen de la taxation ne donne presque jamais les effets escomptes. Au contraire, les taxes provoquent un frein a l’entreprenariat local, surtout dans le monde globalise dans lequel nous sommes aujourd’hui. Augmenter les taxes invitent les entrepreneurs (petit et gros) a aller voir ailleurs et du coup a foutre le camp avec tous le capital et le savoir faire acquis en France.

            Je pense qu’il faudrait se tourner plutot vers des methodes visant a reduire les situations de monopoles de certaines entreprises dont le pouvoir est suffisamment important pour imposer leur prix. Savez vous par exemple que les 3 premiers supermarche en France se partagent plus de 80% du marche ? Quand est il des pompes a essences ? des parfums ? des telephones mobiles ? des CD ? du beton/ciments ? de l’assurance maladie ? Les medias ? Il n’est pas difficile de s’entendre sur les prix lorsque l’on est un petit nombre. Eh oui, nous avons en France un bon nombre d’oligopoles.

            Par le passe, certains etats ont deja pris des mesures pour contrer les situations d’oligopole (ex : lois anti trust aux USA). C’est ce qu’il faudrait faire en France. Mais ce ne sera certainement pas le PS ou l’UMP qui le feront vu qu’ils sont aux mains de ces multinationales...

            Le liberalisme ne peut pas permettre qu’un petit nombre decide des choix et des comportement d’autrui, que ce soit une entreprise d’etat, ou une entreprise privee.


          • Chitah (---.---.11.235) 2 novembre 2006 14:27

            Bien que je trouve votre article intéressant, je ne peux m’empêcher d’y relevé un certain nombre d’erreurs et parfois même, pardonnez-moi, d’inepties. Voici mes commentaires, bienveillants pour la plupart.

            >>Cela m’a fait réfléchir sur le sens du prix des choses et sur la portée politique de l’acte d’acheter.

            Déjà, ceci me laisse perplexe. Pourquoi vouloir TOUT politiser à tout prix ? Est-ce que la façon de s’habiller est politique ? Les goûts musicaux ? Si on aime Wagner, alors on est nazi, et si on écoute Mickey 3D, on est écolo ?

            >>>Cette simplicité ne représente pas les vrais coûts, sociaux, environnementaux, énergétiques...

            Si, les coûts énergétiques sont inclus dedans, croyez-vous que l’essence est gratuite, et que l’electricité l’est aussi ?

            >>Comment chiffrer les coûts sociaux, les maladies professionnelles, le stress ?

            Soyons cyniques et simples : cela se chiffre en productivité perdue (le travailleur stressé travaille moins bien que le travailleur épanoui), et en journées de travail perdues, ce qui fait augmenter les prix d’autant.

            >>>Sur le plan environnemental, comment chiffrer le réchauffement climatique que vont générer les intrants et l’énergie utilisés ? L’épuisement de cette énergie aura des impacts également non chiffrables.

            Encore faudrait-il démontrer que ce fameux réchauffement climatique existe. Voir l’article de Claude Allègre dans le Monde de vendredi, où il cite une pétition signée par dix-sept mille scientifiques qui réfutent plus ou moins cette thèse farfelue.

            >>>Les emballages gourmands en matières premières polluantes seront éliminés avec des coûts chiffrables mais non entièrement à la charge du fabricant.

            C’est encore mieux que cela : une filière de recyclage s’est développée, et des industriels gagnent de l’argent rien qu’en recyclant ces emballages usités. Pour en faire de la pâte à papier par exemple. Le meilleur exemple est celui de l’aluminium, qui a une propriét" extraordinaire, il peut être recyclé quasiment à l’infini.

            >>>>Pensez-vous que les bijoux présentés ci-contre (boutique Cartier, Paris 8e) coûtent réellement le prix affiché ? Pensez-vous que les ouvriers qui ont extrait les diamants soient très bien payés ? Que l’environnement ait été vraiment protégé dans la mine ? Rien n’est moins sûr, et les mêmes diamants seront peut-être vendus dix fois moins cher dans un autre magasin moins « select ».

            Il faut demander cela aux gouvernements corrompus qui ont donné les concessions de ces gisements à des sociétés amies. Encore une fois, le gouvernement est l’instrument de l’oppression des individus.

            >>>A l’inverse, les produits « discount » sous-estiment les coûts cachés. Ceux qui les fixent font souvent travailler les employés dans des conditions plus que moyennes, utilisent des procédés polluants notamment en agriculture ou du moins ne se soucient pas plus que ça de l’impact sur le milieu, le prix étant plus important que tout.

            Tout cela ne sont que des généralités sans fondements, des « peut-être que ».

            >>>>Les coûts cachés sont le plus souvent supportés par l’argent public à travers les impôts, dont ceux payés par les entreprises, il est vrai*. Seulement, nous importons de plus en plus de produits qui sont fabriqués à l’autre bout du monde, ont été transportés dans des navires et par camions, ont été fabriqués par des personnes exploitées et dans des usines loin de respecter les mêmes normes environnementales et loin de payer les mêmes impôts qu’en France.

            Non, c’est faux : Tous les produits (français ou étreangers) sont astreints à la TVA, qui est l(impot qui rapporte le plus (environ 50% des recettes)

            >>>Aujourd’hui, le prix est devenu pratiquement le seul paramètre qui influence l’achat. On voit fleurir les « hard discount », chacun chasse la bonne affaire... J’ai d’ailleurs remarqué qu’on a toujours besoin de se justifier lors d’un achat : « C’était en réduction, je l’ai eu moins cher, je l’ai trouvé sur un super site pas cher », comme s’il était honteux de payer un prix décent. D’ailleurs la décence du prix d’un produit, on ne la connaît plus, on est par exemple habitué à payer le kg de tomates 1,5 euro, et l’on trouve des billets d’avion à 10 euros !

            C’est absolument faux, le prix est très très loin d’être le critère primordial. Il existe même une pratique humaine, très complexe, qui s’appele le marketing, et qui a pour but de tenter de provoquer l’acte d’achat. Et baisser les prix n’est qu’une des techniques utilisées, c’est très loin d’être la seule, je vous invite à consulter des ouvrages de marketing pour vous en convaincre.

            >>>>elles économiseront les dividendes sur actions et les stocks options aux actionnaires et PDG des multinationales agro-alimentaires et des grandes surfaces qui les distribuent. Et j’en ai sansdoute oublié...

            Tiens donc : lorsque l’on possède une entreprise, on n’a pas le droit d’en toucher les dividendes ? Si vous etes propriétaire d’un logement par exemple, vous seriez-prêt à me le louer gratuitement ? C’est un raisonnement très curieux, je trouve.

            >>>Nous venons de le dire, seul le prix a un impact réel sur nos habitudes, alors pourquoi ne pas imaginer de taxer les produits en fonction de la distance qu’ils ont effectuée,

            Ils ont DEJA payé la distance effectuée, et en plus ils ont DEJA payé l’essence pour faire le trajet, qui est DEJA le produit le plus taxé existant sur Terre (80% en France, du prix à la pompe revient à l’Etat) Vous voulez ENCORE PLUS taxer tout cela ????

            >>>> en fonction des réglementations sociales et environnementales des pays d’origine, en fonction des techniques de fabrication ?

            Bonjour l’usine à gaz. Pourquoi ne créeriez-vous pas une association de labellisation des produits d’importation, en alertant le grand public sur telle ou telle chose qui vous choque ? Pourquoi vouloir que l’Etat s’en occupe ?


            • Johan Johan 2 novembre 2006 16:07

              A Chitah,

              « Est-ce que la façon de s’habiller est politique ? »

              Oui

              « Si on aime Wagner, alors on est nazi, et si on écoute Mickey 3D, on est écolo ? »

              Pas forcément, mais s’habiller en skinhead laisse entendre que l’on a certaines opinions, même si on ne les partage pas réellement.

              « Soyons cyniques et simples : cela se chiffre en productivité perdue (le travailleur stressé travaille moins bien que le travailleur épanoui), et en journées de travail perdues, ce qui fait augmenter les prix d’autant. »

              Par exemple la productivité journalière peut être augmentée en sacrifiant sur la qualité de la vie de famille : comme on a pas forcément à assumer tous les inconvénients d’une gestion des ressources humaines... on peut faire peser une charge supplémentaire sur la vie privée plutôt que sur les prix.

              « Encore faudrait-il démontrer que ce fameux réchauffement climatique existe. »

              La fonte des calottes glacières prouve incontestablement que le réchauffement climatique existe. A la limite on peut discuter de ses causes (pollution ou cycle).

              « Il faut demander cela aux gouvernements corrompus qui ont donné les concessions de ces gisements à des sociétés amies. Encore une fois, le gouvernement est l’instrument de l’oppression des individus. »

              C’est juste, mais il n’y a pas que les gouvernements qui permettent l’exploitation de l’homme par l’homme. Combien sont prêts à brader leur force de travail, simplement pour pouvoir vivre ?

              « Tout cela ne sont que des généralités sans fondements, des »peut-être que« . »

              Je crois que tu as raison : pas plus les discounts que les autres. Je sais pa s’il vaut mieux être stagiaire ou bosser dans un discount.

              « Non, c’est faux : Tous les produits (français ou étreangers) sont astreints à la TVA, qui est l(impot qui rapporte le plus (environ 50% des recettes) »

              Les libéraux s’attachent au principe de responsabilité. Donc au pollueur payeur, puisque la pollution, pour être diffuse, reste un dommage. Va appliquer le principe du pollueur payeur en Chine. En France il se superpose à la TVA.

              « je vous invite à consulter des ouvrages de marketing pour vous en convaincre »

              Précisément M. Chirouze, mon prof de marketing, nous dit que les gens n’apprécient plus le ratio qualité prix : ils font confiance au discount et consomment ce qui les tente trop pour le reste.

              « Bonjour l’usine à gaz. Pourquoi ne créeriez-vous pas une association de labellisation des produits d’importation, en alertant le grand public sur telle ou telle chose qui vous choque ? Pourquoi vouloir que l’Etat s’en occupe ? »

              C’est une bonne idée, et la normalisation fait son bonhomme de chemin. Cependant avoir recours à l’Etat (via des taxes douanières) permet à l’entrepreneur respectueux des lois de son pays de ne pas être concurrencé par une firme étrangère qui pratique le dumping environnemental.

              D’ailleurs, c’est Maurice Allais qui le propose.


            • Algunet (---.---.210.32) 2 novembre 2006 17:01

              Ca c’est du commentaire et j’y adhère totalement, je n’aurais su répondre à l’article aussi clairement.

              L’offre répond voire anticipe (ou créée) la demande, c’est la règle immuable des échanges commerciaux (et autres). Tout les règles qui interfèrent ces échanges, pour des raisons louables ou crapuleuses, crééent un surcoût qui augmente très souvent le coût de l’offre en contrepaties qui sont censées être au profit de la demande. A force de rajouter des réglements et des réglements on arrive à des abérrations telles celles citées dans l’article au détriment de la demande. C’est l’effet pervers d’une société ou les instances dirigeantes sont trop interventionnistes.


            • Mjolnir Mjolnir 2 novembre 2006 17:24

              @Algunet « A force de rajouter des réglements et des réglements on arrive à des abérrations telles celles citées dans l’article au détriment de la demande. »

              Donc il ne faut pas réglementer donc plus de lois pour limiter la pollution, protéger les salariés, etc.

              Tout cela au détriment de qui en fin de compte ?


            • (---.---.107.66) 2 novembre 2006 17:56

              ">>>Cette simplicité ne représente pas les vrais coûts, sociaux, environnementaux, énergétiques...

              Si, les coûts énergétiques sont inclus dedans, croyez-vous que l’essence est gratuite, et que l’electricité l’est aussi ?"

              Ce que l’auteur veut dire, si je ne m’abuse, c’est que le coût de l’essence, par exemple, est largement inférieur à ce qu’il devrait être raisonnablement compte-tenu des dégats qu’il occasionne (effet de serre, etc...), des services qu’il rend (rouler en Twingo revient à peu près à posséder 500 esclaves qui pédaleraient comme des forcenés pour nous déplacer, cf ici) et de sa future pénurie (cf ).

              « Encore faudrait-il démontrer que ce fameux réchauffement climatique existe. Voir l’article de Claude Allègre dans le Monde de vendredi, où il cite une pétition signée par dix-sept mille scientifiques qui réfutent plus ou moins cette thèse farfelue. »

              Si c’est de l’article du jeudi 26 octobre 2006 que vous parlez, Claude Allègre ne cite rien de tel (pétition de 17000 scientifiques ???). Il parle de 80 scientifiques canadiens, mais c’est bien tout. Vous pouvez d’ailleurs vous référer à la critique de cet article en guise de mettage de points sur les i au sujet de cette thèse farfelue, d’après votre avis avisé.


            • Algunet (---.---.210.32) 2 novembre 2006 20:02

              @Mjolnir smiley

              En relisant mon commentaire et ta réponse, je me suis rendu compte qu’il ne reflétait pas correctement ma pensée. En effet, s’il faut des règlements, trop de règlements aboutisent, par leur multiplicité et leur incohérence, à rajouter des coûts pour des résultats opposés à ceux attendus (côté pervers). smiley


            • albert (---.---.102.40) 2 novembre 2006 15:08

              Votre réflexion est justifiée etmontre l’influencedes taxes diverses sur les prix (fonction du choix politique du moment:encourager ou non telle production,pénaliser telle autre)Du rapport des monnaies aussi !De plus il faut ,me semble t il,prendre en compte les délais de paiements(je crois 90 Jours fin de mois) par rapport à la rotation du produit en vente (le produit peut être vendu plusieurs fois avant d’être payé au producteur -un souvenir du à mon âge Il y a quelques années on implorait le producteur ( première 4 cv Renault=2 ans d’attente) MAINTENANT LEPOUVOIR est passé du producteur au distributeur ,avec toutes les techniques de marketing Est ce un progrés ? Y a t il un équilibre ? A vous lire Cordialement


              • fred_tik (---.---.102.128) 2 novembre 2006 15:18

                Le marketing joue beaucoup et pas que pour les produits de luxe : il y a un Lidl près de chez moi, et je doit constater que les produits vendus ne sont pas tous forcément moins cher qu’ailleurs (la moitié des produits que j’ai acheté sont moins chers à Auchan, Leclerc...), mais « ça fait » discount : pas de musique de fond, pas de choix, une ambiance lugubre... Ca doit donner l’impression aux bobos d’acheter « discount » et c’est le plus important (je suppose).

                J’ai un prof qui m’a donné un jour une définition d’un prix de marché que je trouve assez juste : c’est le prix que les clients sont pret à payer !


                • (---.---.107.65) 3 novembre 2006 10:06

                  « Ca doit donner l’impression aux bobos d’acheter »discount« et c’est le plus important (je suppose). »

                  Est-ce qu’il serait possible de ne pas tout ramener tout le temps aux bobos ? C’est complètement ridicule... On ne peut pas trouver un article d’agoravox sans que quelqu’un fasse un commentaire déplaisant sur les « bobos ». Va-t-on être obligé d’en venir à attribuer des points Bobodwin ?


                • Roland (---.---.77.91) 6 novembre 2006 01:30

                  Pas de musique de fond c’est un bien ! parce que si c’est pour nous assomer de rock anglophone et nous enfoncer encore plus dans l’empire américain....

                  Capitalisme sauvage, flics privés et langue anglaise vont touours de pair ! Les gens qui à Budapest découvrent le nouveau « West Center » (la Hongrie s’européise ! - humour noir -) en savent quelque chose


                • Internaute (---.---.251.132) 2 novembre 2006 16:13

                  Bon article qui montre une fois de plus que le commerce international est un véritable fléau qui n’existe que pour détourner les réglements nationaux. A la délocalisation des emplois il faut opposer la localisation des ventes. Que le mouton élevé en Italie soit vendu et mangé en Italie.


                  • bj33 2 novembre 2006 17:02

                    Il y a aussi un autre élément (non négligeable) : ce que les vendeurs appellent le « prix de marché », c’est à dire le prix que subjectivement l’acheteur est prêt à mettre pour avoir/profiter du bien. Cela m’a permis, lors d’un stage étudiant de m’entendre dire par un responsable de la boîte : on fabrique la plus mauvaise qualité vendable, c’est à dire qu’il fallait pour un « prix de marché » donné, produire au moindre coût : on ne calcule plus le prix de vente à partir du prix de revient....


                    • Chitah (---.---.247.4) 2 novembre 2006 17:04

                      A Johan,

                      Je suis étonné que tu dises que la façon de s’habiller est politique mais soit : je tenais juste à faire remarquer que l’invasion du politique dans la sphère privée est une tragédie.

                      >>>C’est juste, mais il n’y a pas que les gouvernements qui permettent l’exploitation de l’homme par l’homme. Combien sont prêts à brader leur force de travail, simplement pour pouvoir vivre ?

                      Si, il n’y a que le gouvernement qui peut t’obliger à accepter un travail sans que cela soit illégal. En revanche, une entreprise ne peut absolument pas t’obliger à accepter n’importe quel travail contre ton gré, sauf à verser dans la séquestration et l’esclavage, et cela relève des tribunaux et du pénal. Mais pas pour l’Etat, étrangement.

                      >>>>Les libéraux s’attachent au principe de responsabilité. Donc au pollueur payeur, puisque la pollution, pour être diffuse, reste un dommage. Va appliquer le principe du pollueur payeur en Chine. En France il se superpose à la TVA.

                      Si le principe que tu énonces n’est pas respecté en Chine, c’est parce que la notion même de propriété, de droit de propriété, n’a été écrite dans leur « constitution » qu’en 2001 (ou un peu après je ne sais plus). Ainsi, et on l’observe tous les jours, toute propriété publique, collective, finit par devenir sale, polluée. Ce qui n’arrive quasiment jamais avec les propriété privée. Si je possède une forêt, et que tu installes à côté, sur ton terrain, une usine dont les relents abîment mes arbres, tu devras me payer des dommages et intérêt. Dans le cas de la propriété collective, cela ne marche pas.

                      >>>>C’est une bonne idée, et la normalisation fait son bonhomme de chemin. Cependant avoir recours à l’Etat (via des taxes douanières) permet à l’entrepreneur respectueux des lois de son pays de ne pas être concurrencé par une firme étrangère qui pratique le dumping environnemental.

                      Si les droits de propriété étaient effectivement respectés, il n’y aurait pas de problèmes de pollution.

                      >>>>D’ailleurs, c’est Maurice Allais qui le propose.

                      Pas terrible comme libéral ce type, mais bon c’est un autre sujet encore.


                      • Chitah (---.---.247.4) 2 novembre 2006 17:12

                        >>>>Il y a aussi un autre élément (non négligeable) : ce que les vendeurs appellent le « prix de marché », c’est à dire le prix que subjectivement l’acheteur est prêt à mettre pour avoir/profiter du bien. Cela m’a permis, lors d’un stage étudiant de m’entendre dire par un responsable de la boîte : on fabrique la plus mauvaise qualité vendable, c’est à dire qu’il fallait pour un « prix de marché » donné, produire au moindre coût : on ne calcule plus le prix de vente à partir du prix de revient....

                        Ceci n’est vrai, et valable, que dans les industries de biens indifférenciés. N’éxagérons rien tout de même.


                      • Mjolnir Mjolnir 2 novembre 2006 17:19

                        « En revanche, une entreprise ne peut absolument pas t’obliger à accepter n’importe quel travail contre ton gré, sauf à verser dans la séquestration et l’esclavage, et cela relève des tribunaux et du pénal. Mais pas pour l’Etat, étrangement. »

                        Une entreprise, sans doute pas mais les entreprises peuvent créer une situation de chômage où les salariés sont obligés de se brader voire d’accepter n’importe quel travail sous peine de se retrouver sous un pont.

                        Un exemple concret ? Dans le domaine du graphisme/PAO, il n’y a plus que des offres de stages non rénumérés. Il y a un besoin de PAOistes mais les entreprises refusent d’embaucher, de payer. (Est il nécessaire de préciser que ces offres stipulent que les « stagiaires » doivent maîtriser les outils et leur art et donc qu’ils ne sont pas là pour apprendre ?)


                      • Chitah (---.---.247.4) 2 novembre 2006 17:30

                        >>>>Une entreprise, sans doute pas mais les entreprises peuvent créer une situation de chômage où les salariés sont obligés de se brader voire d’accepter n’importe quel travail sous peine de se retrouver sous un pont.

                        Et réciproquement, les salariés peuvent crééer une situation où telle boite est littéralement boycottée car elle a mauvaise réputation, l’obligeant soit à changer, soit à augmenter les salaires d’entrée.

                        >>>>Un exemple concret ? Dans le domaine du graphisme/PAO, il n’y a plus que des offres de stages non rénumérés. Il y a un besoin de PAOistes mais les entreprises refusent d’embaucher, de payer. (Est il nécessaire de préciser que ces offres stipulent que les « stagiaires » doivent maîtriser les outils et leur art et donc qu’ils ne sont pas là pour apprendre ?)

                        Je sais que ce secteur est difficile, j’ai moi-même des amis qui débutent et qui ont galéré au début. Mais la question à se poser n’est pas « qu’est-ce que les entreprises ont fait pour en arriver là ? », qui fleure trop la recherche de boucs émissaires, mais plutôt « comment vais-je faire pour exploiter au mieux mes compétences et connaissances, et parvenir à vivre de mon activité ? »


                      • Mjolnir Mjolnir 2 novembre 2006 17:40

                        Citez moi des exemples où une entreprise serait boycottées par des salariés. Le rapport de force n’est pas le même.

                        En ce qui concerne le PAO, je ne cherche pas de bouc émissaire mais je constate :

                        - il y a très peu d’offre d’embauche dans certains domaines.

                        - il y a beaucoup de propositions de « stage » non rénumérées.

                        - il y a des boîtes qui ne fonctionnent qu’avec des stagiaires (cf les manif des stagiaires il y a plusieurs mois).

                        C’est de l’esclavagisme moderne.

                        Le patronat est prompt à parler de « mérite » et de « travailler plus pour gagner plus » mais quand il s’agit de rénumérer un travail, ils ne sont plus là ! N’y aurait il pas là une grande hypocritie ?


                      • Chitah (---.---.247.4) 2 novembre 2006 17:49

                        >>>Citez moi des exemples où une entreprise serait boycottées par des salariés.

                        Parlez-moi plutôt de cette organisation du chomage dont vous me parlez, en quoi consiste-t-elle exactement ? Tous les patrons se donnent le mot pour ne plus recruter de graphiste PAO, afin ensuite de les payer au plus bas prix ? Quand de telles manoeuvres ont-elles eu lieu ? Votre propos est métaphorique, et ne semble pas raccroché à une quelconque réalité.

                        >>>Le rapport de force n’est pas le même.

                        Dans certains métiers, comme ceux du bâtiment, le rapport de force est clairement, mais alors clairement du côté du salarié. Je ne parle même pas des métiers artisanaux.

                        >>>il y a très peu d’offre d’embauche dans certains domaines. il y a beaucoup de propositions de « stage » non rénumérées. il y a des boîtes qui ne fonctionnent qu’avec des stagiaires (cf les manif des stagiaires il y a plusieurs mois).

                        Peut-être s’agit-il de compétences dont personne ne veut ? N’y-a-t’il pas trop de graphistes ? Ce marché est-il bien structuré ? Pourquoi ne pas vous mettre à votre compte ?

                        >>>C’est de l’esclavagisme moderne.

                        Les mots dépassent votre pensée, si vous avez un dictionnaire, je vous invite à aller jeter un oeil à la définition. Et du reste, je vais être brutal : si vous ne trouvez pas de travail dans tel domaine, sachez qu’il n’existe AUCUNE obligation pour qui que ce soit de vous embaucher. A ceux qui n’en trouvent pas de se remettre en cause un petit peu, pour une fois. Si leurs compétences sont si préciseuses, pourquoi ne trouvez vous pas de taf ?

                        >>>Le patronat est prompt à parler de « mérite » et de « travailler plus pour gagner plus » mais quand il s’agit de rénumérer un travail, ils ne sont plus là ! N’y aurait il pas là une grande hypocritie ?

                        Le « patronat », ça n’existe pas, si vous pensez au MEDEF, sachez que cela représente quelques % des entreprises.

                        De même que les salariés sont peu syndiqués compte tenu de la très mauvaise qualité des syndicats en France, les petits « patrons » ne le sont pas plus non plus.


                      • franfrichon 2 novembre 2006 17:54

                        Je ne partage pas vos avis, je ne cherche pas non plus de bouc émissaire, mais je constate :

                        - certains secteurs ont une faible demande
                        - un certain nombre d’étudiants choisissent une voie parce que c’est « sympa », sans se préoccuper des débouchés
                        - une offre largement excédentaire par rapport à la demande conduit invétablement à une baisse des prix


                      • franfrichon 2 novembre 2006 18:21

                        Je partage certaines des idées de l’auteur, surtout le fait qu’un achat a une part de politique. Dans ce monde où l’on déplore la société du fric, les multinationales, etc..., la société de consommation représente en soi le système le plus démocratique qui existe. Vous n’aimez pas telle société car elle emploit des salariés sous-payés au Cambodge, vous n’avez qu’à boycotter ses produits. Si les entreprises au comportement douteux font du profit, c’est bien parce que notre société l’approuve puisque nous sommes les principaux consommateurs.

                        Le capitalisme a ceci de magique que s’il y a une véritable volonté de la société, elle sera dans un délai plus ou moins bref repris par des entreprises qui se positionneront sur le nouveau marché.

                        Sinon, pour l’exemple en tête d’article, je ne connais pas votre voiture, mais si vous consommez 5 euros de carburant pour 32 km, je vous conseille de changer de voiture. Moi avec un plein de 50 euros, je suis plus près des 600 km que des 320, pourtant je n’ai qu’une BX essence de 15 ans...

                        Ensuite pour l’exemple de Cartier, je suis surpris de voir que la valeur d’un produit qui se rapproche de l’art (souvent le cas pour la joaillerie de luxe) se rapporte aux prix des matières premières. Combien pour la Joconde ? 100 euros ?

                        Enfin pour la différence des prix des produits alimentaires, je vous présente le système le plus injuste au monde : la PAC. Il est interdit d’importer des produits agricoles à un prix inférieur au prix des producteurs européens (la différence est perçue en taxe par l’Europe), mais nous pouvons exporter nos produits aux prix du marché mondial, la différence avec le prix du marché européen sera complété par l’Europe à l’aide des taxes perçues sur les produits importés...


                      • Sébastien Bosvieux Sebos31 2 novembre 2006 19:46

                        Je vois que les commentaires ont largement abordé la chose politique droite/gauche.
                        - On a d’un côté ceux qui pensent que le main invisible veille et permet une régulation parfaite du libre échange et que l’interventionnisme étatique est le grain de sable qui enraye la mécanique. le libéramisme permet ainsi de réguler plein emploi, environnement, égalité... De l’autre côté, le mien, la bonne marche de la société ne peut qu’être assuré par une instance régulatrice. L’entreprise dividuelle llant vers sont intérêt personnel qui n’est pas forcément celui de la communauté.

                        Actuellement on observe un monde qui se scinde entre nord et sud et même au sein des pays du nord les inégalités se creusent, un environnement qui se dégrade. La régulation actuellement n’est pas suffisante et les problèmes cités sont d’une telle importance que leur résorbstion doit être la priorité de l’économie. Celle-ci doit être au service de l’homme et non l’inverse.

                        - A propos de l’environnement, le réchauffement climatique fait consensus (voir le film d’Al Gore ) sauf pour M. Allègre dont je vous voici une réponse à sa tribune du Monde par JM Jancovici, http://www.manicore.com/documentation/serre/ouvrages/allegre.html) Au passage la pétition, dans laquelle je n’ai pas vu le nom d’Allègre, est contre la ratification du protocole de Kyoto par les USA car l’augentation du CO2 est bénéfique pour l’humanité http://www.oism.org/pproject/s33p41.htm !!!

                        - Le premier post illustre bien mon article. D’ailleurs l’incendie du tunnel sous le Mont Blanc a été causé par un camion qui transportait des papates hollandaises. Celles-ci allaient être lavées et découpées en Italie pour être vendues en frite en Hollande.... ce trajet pour des raisons économiques. Combien a couté l’incendie du tunnel du Mont Blanc ? Qui a secouru ? Qui a payé les réparations (on me répondra les assurances mais comment gagnent-elles leur argent ?)Combien sont relarguées de tonnes de CO2 par les camions qui font ce parcours ? Cela a un cout... sans parler du malheur des familles qui ont perdue un proche dans l’accident.

                        - Pour ce qui est du laxisme environnemental du hard discount, je l’ai vu dans mon métier dans l’agroalimentaire avec la fameuse réplique aux élus et à l’Etat : vous acceptez qu’on pollue les eaux (ou vous payez la dépollution avec l’argent public) sinon on déménage...

                        - Une personne n’était pas d’accord sur le fait de tout politiser mais il faut s’entendre sur le sens du mot politique. Pour moi ce n’est pas UMP ou PS mais plutôt l’aménagement de la société, son organisation. Consommer est en ce sens un acte politique de la même manière que s’habiller permet souvent de faire passer un message (le baggy, le costard sont des signe d’appartenance qu’on le veuille ou non). La musique peut aussi l’être. il n’y pas le même public pour Johnny et pour Dub Incorporation !!!

                        Finalement le prix est bien une mesure unidimmensionnelle très arbitraire.


                      • Mjolnir Mjolnir 2 novembre 2006 20:50

                        @Chitah

                        Primo : je ne suis pas graphiste mais j’en connais beaucoup autour de moi.

                        Je pense que les entreprises ne se sont pas mises d’accord formellement pour créer du chomage mais si quelqu’un veut embaucher et qu’il constate que les autres patrons ne proposant que le smic ou des stages et croulent quand même sous le nombre de CV, il ne va pas proposer plus. Se crée ainsi un cercle vicieux (pour les salariés et vertueux pour les patrons)

                        En ce qui concerne le domaine du graphisme, je ne pense pas qu’il y en ait trop puisque ceux qui sont en poste travaillent jusqu’à minuit (je n’exagère pas), le tout pour un SMIC. (les heures sup ne sont pas payées évidemment). Quand les employés sont obligés de faire plusieurs heures supplémentaires (quand ce n’est pas travailler le WE), je pense qu’il pourrait avoir plus d’embauches.

                        Bon, résumons, ces graphistes ont payé très cher des écoles privées qui leur ont « appris » qu’il est « normal » de travailler sans compter dans ce secteur, le tout pour un SMIC une fois sur le marché, n’est ce pas une forme d’esclavagisme dans le sens où une fois engagé dedans, ils ont le choix entre ça ou RIEN ?

                        (J’avais parlé d’esclavagisme MODERNE, une nouvelle forme donc, pas la même que celle qui a existé il y a des siècles)

                        En ce qui concerne le freelance, ce n’est pas mon domaine mais je suppose qu’il faut avoir un bon carnet d’adresses pour réussir...


                      • Guilhem (---.---.91.97) 2 novembre 2006 18:09

                        Il est vrai qu’une salade venant d’Espagne et consommée en Allemagne a brûlé plus d’énergie en gasoil que son propre apport énergétique.

                        Pour un plat cuisiné les ingrédients font le tour du monde entre l’endroit ou sont produits les ingrédients, l’endroit ou ils sont lavés, l’endroit ou ils sont coupés ...

                        Comment cela est il possible, comment cela peut-il être rentable ?

                        C’est simple, c’est la collectivité et les générations futures qui payent pour le plus grand profit des multinationales (c’est donc bien politique !!!).

                        Le coût des morts et des blessés sur les routes pour cause de circulation intensive de poids lourd, le prix de maladies (asthmes et autres cancers), le prix du réchauffement climatique (récemment chiffré par un économiste).

                        Hors que nous propose t on comme solution ?

                        Un impôt vert pour les ménages (vous avez bien lu ménages), il est bien sûr hors de question de toucher aux profits des principaux pollueurs faisons donc payer les ménages, désolé mais c’est vraiment politique.


                        • Sébastien Bosvieux Sebos31 3 novembre 2006 09:19

                          Nous n’avons la même conception de l’organisation de la société du point de vue rôle de l’Etat est c’est tant mieux !!! Pour ce qui est des oligopoles, ne pensez-vous pas que cette situation est le résultat d’un manque de contrôle et de régulation d’une bonne concurrence ?

                          Le libéralisme actuel tent à concentrer les groupes et à créer des situations d’oligopole voire en grande distribution de monopole dans certaines villes. L’Etat n’intervient donc pas assez.

                          Quant aux taxes elles permettent d’orienter les achats et de réguler une situation que le libre échange ne pourrrai pas faire. Je suis par exemple pour l’augmentation de la TIPP car réduire nos rejets de CO2 est une urgence.


                          • (---.---.77.91) 6 novembre 2006 01:06

                            Excellent article !


                            • Roland (---.---.77.91) 6 novembre 2006 01:19

                              Et tout ça nous ramène entre autres ) à ce qui se passe au Banglandesh, le pays où des enfants fabriquent de vêtements qui viennent ensuite dans les supermarchés des riches qui les achètent parce que « c’est une affaire ! » quoi que s’ils étaient vendus au pri coutant ce serait encore moins cher !!... vu que le salaire de ceux qui ont concrètement fabriqué le produit re présente 1,50% du prix de vent au détail !!... (devinez où passe la différence)

                              Et donc ce la nous ramène au problème général des « grandes surfaces » et à leur rôle nocif, anticitoyen (les gros coupables d’« incivilités » ce sont eux !) antiécologique, antiéconomiqe (oui ! il serait temps de penser en terme de VRAIE économie, et non d’"économie monétariste et spéculative, qui n’est qu’un avatar et une dégradation de l’économie au sens noble et sérieux, antidémocratique, et puis, pour dire les choses, emmerdeurs de pauvres gens obligés de faire des kilomètres en bagnoles pour s’achter les nécessités de chaque jour, at à qui on saloppe leurs villes et leurs paysages.


                            • Norbert Poucand (---.---.32.71) 6 novembre 2006 08:36

                              Je suis globalement d’accord avec cet article. La patate écologique devrait être logiquement moins chère que la patate industrielle. Le choix de l’origine d’approvisionnement de la patate nous échappe, à l’évidence. Voilà à mon avis une situation économique qui fait fi de tous bons sens. Le bon sens et les patates ont quelque « chose » en commun. Faut-il que cette « chose » commune soit perçue, entendue et comprise. Les capacités d’analyses sont-elles présentes chez la majorité des consommateurs ? Les consommateurs sont formatés pour la plupart pour être des « sujets » dociles. Hélas ! Lire un prix et le comprendre, n’est donc pas donné à tout le monde. J’aurai donc tendance à penser que cette situation n’est pas le fruit du hasard économique ; mais l’objet d’une magistrale orchestration.


                              • Internaute (---.---.4.245) 7 novembre 2006 12:49

                                Pire que cela. Non seulement le choix de l’origine nous échappe mais en plus c’est le fruit d’une politique européenne longuement pesée. La réglementation de l’étiquettage a été changée afin d’interdire au consommateur de savoir d’ou vient le produit qu’il achète et lui retirer la liberté de choisir.

                                Tout ceci, bien sûr, pour la sauvegarde de nos libertés, de la démocrtaie et des droits de l’homme.


                              • dna 7 novembre 2006 12:38

                                Très bon article même s’il souffre de quelques imprécisions et contre-vérité.

                                Nous vivons dans une société de consommation ou l’équilibre est fragile. Si l’intervention de l’Etat est nécessaire il ne faut pas oublier que chaque intervention, chaque règlementation amène son lot d’« effet de bord ». Direct (en particulier sur l’emploi) ou indirect (en particulier sur les prix, car les contraintes sont réintégrés dans le prix de vente final).

                                Il n’y a pas de solution magique, malheureusement. Il faut influer par petite touche, chacun à son niveau, en consommant de manière rationnelle.

                                Pour ma part j’essaye d’acheter directement au producteurs locaux les produits frais de la région et pour le reste je passe par la grande distribution.

                                NB : Pour pousser la réflexion posez vous la question « quel sont mes revenus qui ne découlent pas de la société de consommation ? » La réponse nous en dit long sur notre dépendance ...


                                • Melian (---.---.215.58) 8 novembre 2006 15:03

                                  Je trouve cet article interessant, cependant quelques petites choses m’échappent. Qu’est ce qui me prouve en qu’en payant plus cher un produit les normes écologiques et sociales sont mieux considérées ? Il y a les labels « bio » et « commerce équitable » mais ils sont très controversés. De même, les produits « discounts » sont-ils forcements les mauvais élèves à ce niveau ? Il y a d’autres moyens de faire « moins cher » que d’économiser sur ces points. Un magasin situé dans un quartier chic de Paris vendra sûrement plus cher car il répercutera le coût de son loyer sur ses prix, cela n’empèchera peut-être pas à ses employés d’être souspayés. Quant au discounter internet il pourra vendre moins cher car il aura peut-être moins de stock. Ce que je veux dire c’est que le prix n’est pas forcément un bon indicateur du respect ou non des hommes et de l’environnement. Les grandes marques chères ne sont-elles pas les premières à soustraiter dans des pays à bas salaires malgré leurs prix exhorbitants ?

                                  En tant que consommatrice, comment puis-je donc savoir ? C’est une vrai question.


                                  • Sébastien Bosvieux Sebos31 8 novembre 2006 16:39

                                    Tout à fait, le prix brut ne veut rien dire.

                                    Concernant le label bio et le commerce équitable (il n’y aucun label dans l’équitable, juste des marques issues d’association comme Max Havelaar) je ne pense pas qu’il faille les rejeter au titre qu’il y a peut-être quelques rares brebis galeuses. Le bio et l’équitable sont l’aboutissement d’un démarche intellectuelle qui va dans le sens de mon papier avec pour objectif le respect de l’homme et de la nature. Rien à voir avec un label rouge par exemple qui est signe de qualité du produit lui même.

                                    Parmi les actes il y a pour moi
                                    - la bio
                                    - l’équitable
                                    - les circuit courts et le plus directs possibles (AMAP, réseau de Cocagne, achat direct au producteur)
                                    - le petit commerce (éviter la grande distribution)
                                    - réduire les emballages et regarder où est fabriquer le produit

                                    Ce ne sont que des conseils pratiques qui valent ce qu’ils valent...

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