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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Les Socialistes en intérim avant le retour à la terre

Les Socialistes en intérim avant le retour à la terre

Qu’il était beau le discours de F. Hollande au Bourget ! Son ton enflammé, ses propositions auxquelles on avait envie de croire. Bon, ne boudons pas notre plaisir, le retrait de nos troupes d’Afghanistan est en cours, le Président et les ministres ont diminué leurs indemnités de 30 %, le mariage pour tous est en cours, les rémunérations des dirigeants d’entreprises publiques ont été plafonnées, les emplois d’avenir sont sur les rails et le renforcement des moyens de l’Education Nationale est déjà une réalité.

Mais pour le monde de la finance (l’adversaire du candidat), les fonds spéculatifs et les agences de notation, la fin des paradis fiscaux pour les banques, la suppression des stocks options, on attend encore, de même que pour la fusion IRPP/CSG ou bien l’abrogation de la loi Hadopi.

Pourquoi ces reculs ?

Le procès en illégitimité intenté par la droite et la virulence des propos des ténors de l’UMP ne sont pas pour rien dans cette glaciation du pouvoir, dont témoignent par ailleurs les bourdes commises par les membres du gouvernement mal préparés à la communication en temps de crise ou pour le moins mal entourés dans leurs ministères.

A cette attitude de la droite, exacerbée par le débat interne à l’UMP pour la prise de pouvoir au parti, s’ajoute celle de certains corps intermédiaires ou autoproclamés comme tels, que l’on n’avait pas entendu sous la présidence précédente.

Entre les pigeons qui ont réussi le hold up parfait face à un gouvernement tétanisé, les dindons et autres volatiles, on a vu apparaître des mouvements « spontanés » de certaines organisations ou marques commerciales, s’insurgeant contre la politique menée en matière de fiscalité.

Le « bâtiment en colère », Les « fast food mécontents » ont déjà publié des pleines pages dans la presse pour dire leur mécontentement. Les patrons de l’AFEP (dont Total…) montent au créneau pour dire au gouvernement ce qu’il faut faire en matière de fiscalité (diminuer les charges des entreprises, augmenter la pression fiscale des ménages et sans doute tailler dans la protection sociale). Actuellement ce sont les restaurateurs qui protestent contre un retour au régime normal de la TVA, et demain sans doute on verra monter au créneau d’autres corporations.

Car c’est ainsi, le gouvernement socialiste qui devrait revenir aux fondements de la démocratie et prendre appui sur les citoyens, devient totalement prisonnier des lobbies qui disent représenter le monde économique et menacent chaque jour d’allonger la liste des plans sociaux s’ils ne sont pas entendus. Ils sont accompagnés dans ce travail de sape par M. Copé qui menace de faire descendre les français dans la rue.

Le gouvernement prend donc acte du fait qu’il ne détient qu’une faible partie du pouvoir et navigue à vue, sans cohérence et, sans doute plus grave, en donnant l’impression qu’il écoute moins le corps électoral de qui il tient sa légitimité que les éternuements des agences de notation.

Il se prépare déjà à rendre le pouvoir à la droite au terme d’un mandat fade et insipide fait d’amateurisme, de bourdes et de promesses non tenues, avec à la clé l’émergence future d’une politique à la Romney pour qui l’existence d’un état (fédéral ou autre) et de budgets sociaux est une hérésie.

Il est à craindre qu’un des principaux bénéfices de l’arrivée au pouvoir des socialistes aura été le départ de Sarkozy.

Le retour à la terre

Les socialistes se préparent donc d’ores et déjà à un repli en bon ordre dans leurs fiefs électoraux, c'est-à-dire les Régions, les Départements, les grosses communautés d’agglo et autres syndicats locaux. Il faut savoir que le PS (comme l’UMP, par ailleurs) est un parti d’élus et de notables locaux qui ont tissé leur toile et leurs réseaux depuis des années, et qui à chaque élection ont conquis de nouvelles assemblées locales. Ce capital, ce fonds de commerce local, le PS y tient par-dessus tout et les parlementaires du parti voient dans ce système une voie de repli confortable en cas de non réélection à l’Assemblée ou au Sénat et d’alternance politique.

Déjà l’Elysée et les Ministères sont assiégés par les différents lobbies d’élus locaux régionaux, départementaux, grandes villes et agglomérations… qui promettent tous de participer activement à la relance économique du pays et à la politique gouvernementale d’emplois d’avenir, à condition qu’on ne touche pas à leur échelon territorial alors qu’une réforme d’ampleur serait nécessaire pour mettre de l’ordre dans ce foutoir territorial où tout le monde s’occupe de tout.

Ces braves gens vous diront en cœur que les collectivités territoriales réalisent 75 % de l’investissement public en France en oubliant de préciser que cela ne représente que 4% du PIB. Cet investissement public est payé avec les impôts locaux et comme les dotations de l’Etat vont diminuer, il faut vous attendre à des augmentations sur vos prochaines feuilles d’impôt pour payer les ronds points et autres aménagements urbains ou bordures de trottoirs dont nous sommes déjà saturés.

Il faut savoir anticiper…

On devine par conséquent que la limitation du cumul des mandats sera vidée de son contenu, surtout lorsque l’on voit le peu d’empressement des élus du P.S. à abandonner le ou les mandats de trop malgré les engagements pris par le Parti.

On sait aussi que la décentralisation promise sera un flop et que l’on confortera les mandarins locaux sur leurs territoires : difficile de supprimer un niveau de gestion locale sans supprimer les mandats électifs et les emplois de cabinet qui vont avec et qui sont, rappelons-le, majoritairement détenus par le PS.

Parce que c’est ainsi en France, les élus sont des professionnels de la politique qui veulent durer et par conséquent savent s’adapter, là où la démocratie imposerait que ces notables refassent de temps à autre un retour à la vie active, ne serait-ce que pour apprécier pleinement l’application des lois qu’ils votent.


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11 réactions à cet article    


  • sirocco sirocco 2 novembre 2012 10:33

    « Bon, ne boudons pas notre plaisir, le retrait de nos troupes d’Afghanistan est en cours ... »

    Oui, mais un contingent vient quand même de partir là bas pour la relève... Surprenant, quand on affirme vouloir se désengager... 


    • RETRAITS DES MAIGRES TROUPES DE L UMP...DE TOUTE ELECTION : ILS VEULENT TOUS ETRE CHEFS

      MAFIEUX  !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!incapables....mange-bazar......fraudeurs


    • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 2 novembre 2012 10:50

      Fondamentalement, Hollande croit aux marchés.

      À partir de là, la situation actuelle étant justement due aux marchés, il n’a pas les moyens théoriques d’orienter efficacement sa politique.

      Si les grans patrons le menacent, il va se mettre à genoux, et soumettre le salariat, et les consommateurs, à leur volonté.

      Comme sous NS, producteurs et consommateurs seront tenus par les actionnaires et les grands patrons.

      Dans le débat actuel, la responsabilité du grand patronat, qui a le pouvoir économique, sur l’état de la France, et de l’Europe, n’est évidemment jamais posée.

      Question subsidiaire : à qui appartiennent les médias dominant ?


      • Thorgal 2 novembre 2012 11:16

        C’est tout le problème des gens qui ont de hautes « responsabilités » publiques, ils se sentent investis d’un pouvoir supérieur sur leur communauté et en viennent à confondre les intérêts collectifs avec leur situation personnelle car celle-ci leur donne accès à un tas de privilèges bien souvent dénués de pertinence.


        • Michel DROUET Michel DROUET 2 novembre 2012 11:50

          Autrement dit, ils attrapent la grosse tête et je suis bien de cet avis.

          Ils deviennent des peoples en quelque sorte et ont besoin des médias pour continuer à exister.


        • Thorgal 2 novembre 2012 13:40

          Tout-à-fait.


        • taberleroi 2 novembre 2012 18:37

          C’est le moment de mesurer le poids de notre responsabilité dans la situation actuelle et d’actionner la force de la liberté qui nous reste pour le redressement en faveur du Citoyen.

          - Tous les jours des mauvaises nouvelles de l’action politique, tous les jours des articles critiques contre ceux qui gouvernent, des partis politiques, les corps intermédiaires de l’Etat, des administrations, des banquiers, des patrons, de la crise et son cortège d’actions inhumaines.

          - Tous les jours aussi, par leurs effets d’annonces, les politiques mentent et ils nous manipulent au point d’éliminer toute discussion entre le peuple et le politique ; ils  provoquent la division du peuple et des discussions sans but ni conséquence pour eux relayés par les médias, ils se réjouissent du déchirement, des invectives parfois violentes, du désordre créé dans les idées y compris  des rédacteurs et contradicteurs  internautes. Le piège est trop gros pour ne pas le voir et pourtant nous tombons tous dedans.

          Il y en a assez de passer notre temps à nous répondre entre nous, les internautes par exemple, et de voir nos gouvernants se frotter les mains car, durant ce temps, nous perdons notre temps,  notre énergie et la lassitude nous gagne, le « à quoi bon car je ne peux rien changer seul » nous jette dans les bras de ces gouvernants tant critiqués par nous-mêmes et ainsi rien ne change car la crise et la pauvreté continuent pour le peuple et la richesse continue de plus belle  pour les politiques et ceux pour qui ils travaillent, comme un affront à la précarité et à la misère créées par eux-mêmes.

          Il est facile de renoncer à tout parce qu’on ne peut pas réussir seul mais, faut-il continuer à renoncer à sa légitimité, ses droits et à sa dignité, continuer  à se soumettre et aussi faut-il se culpabiliser et se donner des coups de pieds tout seul, à agir comme des pleutres, se plaindre et dire que c’est toujours la faute des autres ?

          Si vous êtes convaincus que nos élus n’ont pas la légitimé du peuple et ne sont pas légalement élus au regard de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qu’ils agissent comme les patrons du Peuple qui les paye, ce Citoyen trompé et  tous les jours abusé, exploité, accusé de tous les malheurs de la nation ; si vous êtes convaincus qu’il n’est plus possible de continuer dans ces conditions ; si vous êtes convaincus qu’une autre voie est possible alors, il ne faut pas abdiquer !

          Vous en avez assez des pratiques politiques actuelles qui détruisent la cohésion de la famille et de la société en ne respectant pas les valeurs de la république, en utilisant contre le peuple l’arrogance  pour la grandeur, la fermeté  pour  l’humanité et la fourberie pour mieux l’exploiter ; triptyque habituel que les politiques servent au Peuple d’où le vote contre les sortants qui reviennent la fois suivante et ainsi rien ne change sauf l’augmentation de la misère et ses organisations de charité qui se substituent à l’Etat gaspilleur au tonneau des danaïdes et qui petit à petit fermeront faute de donneur.

          Cherchez ceux de droite et ceux de gauche, la plus grande part sortant des mêmes écoles et administrations, vous ne trouverez que des politiques qui gouvernent selon les circonstances les plus favorables pour eux, oubliant ce pourquoi ils sont élus et ceux qui les ont élus devenus leurs otages.

          L’important est de leur retirer la légalité de leur élection volée au peuple car ils manipulent les votes avec leurs lois et le nombre ayant moins d’importance que la manière de les compter, les politiques sont toujours gagnants et le Peuple toujours perdant.

          Non, ne pas voter, voter blanc ou nul n’est pas le renoncement de son droit de vote, mais l’expression de son mécontentement et la volonté de ne pas accorder la légalité aux représentants du peuple, payés par le peuple et devenus les patrons du peuple utilisant tous les moyens y compris la force publique contre le peuple s’il manifeste son désaccord.

          L’important est aussi d’avoir un projet qui oblige le politique à respecter le peuple ou se démettre ou il sera démis et destitué de son mandat de représentant du Citoyen.

          L’important encore est que l’initiative vienne du peuple vers le politique car, dans le cas contraire comma cela a toujours été fait, aucune solution ne sera en faveur du peuple et les pratiques actuelles continueront de plus belle.

          Arrêtons de discuter, philosopher de tout et de rien par rapport aux déclarations politiques et leurs mensonges.

          Arrêtons aussi de nous auto-satisfaire de nos attaques et esquives dans les commentaires et discussions entre internautes ; ne faisons plus le jeu des politiques !

          Arrêtons de vouloir toute révolution avec ou sans bain de sang devant son ordinateur car alors, dans ce cas aussi, la peur incitera le peuple à la survie et non au combat pour le changement.

          Arrêtons d’espérer que les politiques renonceront à leurs privilèges et feront des propositions en faveur du Peuple.

          Le politique n’aime pas les initiatives du Peuple c’est pourquoi il appartient au Peuple de les prendre et de décider de son avenir et celui de ses enfants.

          Pourquoi les groupes de pression arrivent-ils à faire admettre leurs avantages, à faire reculer les politiques et le Peuple des travailleurs bien plus nombreux, n’y arrive pas si la cause n’est pas le fait d’être artificiellement divisé, apeuré et sans projet unificateur ? Oui, c’est ce projet unificateur qui manque au Peuple pour le rendre solidaire, plus fort et faire basculer le pouvoir à son profit afin de  décider par lui-même ; ce projet existe, il est la base de toute action citoyenne en faveur de l’être humain et non des systèmes de toutes sortes et de toutes natures, c’est pourquoi vous trouverez le lien ci-dessous pour en prendre connaissance :

          Le Serment de Citoyen Démocrate Libre et Digne exprime les 10 volontés :

          pour une vie en commun sans discrimination, le progrès pour chacun et pour la dignité humaine ; un document simple, concis, précis, opposable en toutes circonstances, à l’attention de tous et inoubliable.

          Il n’y a pas meilleure action pour atteindre les politiques et leurs comparses, le Peuple peut se passer de toute assemblée constituante, de constitution énième république, de gouvernement de fourbes, de députés et sénateurs fanfarons ne sachant pas ce qu’ils votent s’en remettant aux partis qui les parachute et aux tourneurs de boutons de services, de commissions inutiles et bien d’autres encore pilleurs de l’argent du travail du Peuple à discrétion.

          C’est le seul document venant du citoyen vers et contre les politiciens de tous bords actuels qui chaque jour réduisent la démocratie, la liberté et la dignité des citoyens. Bien réfléchi, sans angélisme béat ni naïf, ce Serment de Citoyen est immédiatement applicable pour commencer dès maintenant le véritable changement en faveur du Peuple.

           Assez de ces politiques qui veulent absolument gouverner le Peuple sans le contrôle du Peuple ET QUI NE FONT JAMAIS RIEN POUR LA DIGNITE DE L’HOMME !

          Unissons-nous sur ce projet concret portant la vision du Peuple utile à la société et non asservi, ses aspirations au bonheur par la liberté, la responsabilité et la prospérité pour chacun ;  employons notre énergie à faire connaître ce projet et alors, la mission de cette fondation sur laquelle nous nous exprimons sera satisfaite et le bienêtre du Citoyen également.

          Le Serment de Citoyen Démocrate, Libre et Digne exprime les 10 volontés du Peuple :

          ===================================================================
          La Démocratie, la Liberté et la Dignité

          personne ne doit les voler au Citoyen
          ==================================================================


        • curieux curieux 2 novembre 2012 21:02

          Pourtant, on avait un appareil à réduire les têtes. Faudrait le ressortir.


        • bel95 2 novembre 2012 15:12

          « Le gouvernement prend donc acte du fait qu’il ne détient qu’une faible partie du pouvoir et navigue à vue »
          2 eme partie OK mais pour la 1 er je comprends pas.
          Les villes, les départements, les régions, les assemblés, le gouvernements, l’executif dans son ensemble sont dans les mains du PS !!!!!

          A moins que votre conclusion est de dire il n’y a pas de volonté politqieu car nous n’avons plus à faire à des politiques, ce en quoi ils sont dangereux.


          • Michel DROUET Michel DROUET 2 novembre 2012 16:34

            Nous avons à faire avec des politiques qui savent qu’ils ne peuvent pas influer le cours des choses au niveau national compte tenu des pressions exercées par le monde économique et financier et qui trouvent confortable de se retirer sur leur terres où ils ont encore le sentiment d’être quelque chose.


          • lulupipistrelle 2 novembre 2012 15:36

            Ils ont gagné les législatives avec 43,71% d’abstentions au second tour... ça en fait des gens capables de s’organiser pour saboter l’action gouvernementale...en plus de l’opposition.

            Donc, à la moindre riposte structurée, il vaut mieux reculer... parce que l’affrontement peut déboucher sur une crise incontrôlable... ha,ha,ha.

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