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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Lettre de Guy Môquet, chronique d’une première fois

Lettre de Guy Môquet, chronique d’une première fois

Suite à la décision prise lors de son investiture en tant que président de la République par Nicolas Sarkozy, la lettre de Guy Môquet a été lu aujourd’hui, 22 octobre, à tous les lycéens de France. Choix adulé ou décrié, il ne laissa personne indifférent. Ou presque. Réactions après cette première fois.

La nouvelle nous est parvenue mercredi dernier, durant notre cours d’histoire. Le professeur nous a prévenu, ou plutôt rappelé, que lundi, à 8 heures, allait avoir lieu la lecture cette fameuse lettre de Guy Môquet. Pour certains, cette initiative est une manière de rendre hommage aux Résistants, à travers un adolescent, patriote et communiste. Pour d’autres, ce n’est qu’un instrument politique de Nicolas Sarkozy, ne servant qu’à lisser son ouverture vers la gauche.

En ce qui nous concerne, aucun commentaire n’émana de la part du corps enseignant. Il en fut pratiquement de même pour la classe. Pratiquement, car une réaction survint dans les esprits de tous. Rater une dizaine de minutes de cours, en ce début de semaine post-vacances.

Ce matin, 8 heures, nous nous rendons donc comme prévu dans le réfectoire, pour assister à la lecture. Bien sûr, nous ne sommes pas la seule classe de ce lycée de près de 1 700 élèves. La salle est pleine à craquer. Du jamais vu pour moi, et pour beaucoup sans doute. Même lors des repas, il y a moins de monde. On apprend que plusieurs lectures auront lieu dans la journée : à 8 heures, 9 heures, et 10 heures. Nous sommes donc les premiers. Mais cela ne nous fait ni chaud ni froid...

Après que tous les élèves se sont installés, le proviseur monte sur l’estrade, pour un petit discours d’introduction. Il nous rappelle la volonté du gouvernement de nous faire lire cette lettre, qui amènera à une discussion avec nos professeurs, après coup. Puis, il nous explique rapidement le contexte de l’époque, la collaboration du gouvernement de Vichy avec les nazis, et en vient à l’histoire du jeune Résistant.

Le jeune Guy, membre des jeunesses communistes, fut arrêté are de l’Est, pour avoir distribué des tracts du parti. Il expliqua que, malgré son acquittement et celui d’autres de ses camarades (de ses « frères », comme il le dit dans la lettre), le jeune garçon reste en détention, à Chateaubriand. Et c’est suite à l’assassinat d’un général nazi, par trois communistes, que le ministre de l’Intérieur de l’époque, Pierre Pucheu, choisit de faire fusiller des otages communistes, afin d’épargner, selon lui « cinquante bons Français ». Guy Môquet et vingt-six autres détenus feront partis de ces cinquantes.

Vint alors le moment de la lecture. Pour éviter, je pense, toutes polémiques au sein du corps administratif, la lettre sera lue, ainsi qu’un poème de Louis Aragon, intitulé La Rose et le Réséda, par les élèves ayant choisi l’option théâtre, afin de bénéficier d’une certaine « mise en scène » de ces textes.

Face à l’auditoire, les orateurs, se sont succédé à chaque vers, en lisant à l’unisson les passages forts de chacun des textes ( « Je vais mourir », pour ce qui est de la lettre ; « Celui qui croyait au ciel, et celui qui n’y croyait pas » pour le poème, par exemple). Des applaudissements polis ont suivi chacune des lectures. L’émotion ne fut pas très palpable. Première fois plus que décevante, même si rien d’exceptionnel n’était attendu. Peut-être était-ce dû à une mauvaise acoustique des lieux. En tout cas, pas de tristesse apparente. Pas de joie non plus. L’esprit d’un lundi matin comme les autres. L’an prochain sera peut-être différent. Quand bien même cette lecture soit au rendez-vous...

De retour en classe, une nouvelle lecture nous a été faites, à la demande de la classe, afin de bénéficier d’une meilleure compréhension. Après quoi, notre professeur d’histoire, car c’est ainsi qu’est fait notre emploi du temps, nous a approfondi les explications du proviseur, en insistant sur le devoir de mémoire de cette lettre. On la fait lire dorénavant le 22 octobre, et non plus seulement lors des cours sur la Seconde Guerre mondiale ou bien du 8-Mai, pour ne pas oublier ces Résistants. Puis, le cours reprit là où il en était.

Cette lecture n’eut donc pas un fort impact sur les élèves. Une heure après, tout le monde pensait à autre chose. Voilà le danger de l’avoir fait lire en dehors de tout cadre historique et scolaire. Car, à mon sens, cette lettre aurait eu bien plus de force, d’impact, si on l’avait fait lire, au milieu d’autres lettres de résistants fusillés, durant un cours sur la Seconde Guerre mondiale. Le contexte historique aurait été bien présent chez les élèves. Au lieu de quoi, on nous l’a lue comme un vulgaire bout de papier, un bout de papier servant à « ne pas oublier ».

Mais, quoiqu’en dise les professeurs, les politiciens ou bien n’importe qui d’autre, le devoir de mémoire ne se fait pas en des jours précis et décrétés par un quelconque arrêté ministériel chez nous, les jeunes. Il se fait constamment.


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86 réactions à cet article    


  • jako jako 23 octobre 2007 09:39

    Oui : « Mais, quoiqu’en dise les professeurs, les politiciens ou bien n’importe qui d’autre, le devoir de mémoire ne se fait pas en des jours précis et décrétés par un quelconque arrêté ministérielle chez nous, les jeunes. Il se fait constamment. » très bien vû merci de votre vision jeune. smiley


    • Abstention 2007 23 octobre 2007 11:28

      Le véritable problème ne réside pas dans l’initiative de Sarkozy. Bien au contraire, souhaitons qu’elle soit maintenue tous les ans et que les gens y participent de manière de plus en plus conséquente.

      Ce qui bloque, c’est la culture de notre époque basée sur l’individualisme, le carriérisme, la soumission aux puissants via le prétendu « esprit d’entreprise », et la culture du « il faut oublier » répandue par Mitterrand-la-Francisque qui avait été jusqu’à poser des gerbes au Maréchal Pétain. Or, qui a poussé Mitterrand à la présidence de la République ? Les mêmes qui à présent dénigrent l’initiative de Sarkozy.

      L’année dernière, Ségolène Royal revendiquait encore la « lignée mitterrandienne », lire par exemple :

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=12532

      On peut, certes, reprocher à Sarkozy d’être aux antipodes de l’heritage de Guy Môquet et de ses camarades lorsqu’il s’acoquine avec les lobbies « pro-européens » ou avec Bush, lire :

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=228

      Sarkozy, Bush, médias, lobbying... et ce qu’on nous prépare (1)

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=235

      Nicolas Sarkozy, capitalisme de choc et alliance impérialiste Europe-USA

      Mais l’ennui, c’est que ni Bayrou ni Royal n’auraient mené une politique différente de celle de Sarkozy. Matière « construction » de l’Europe impérialiste, les deux étaient pires encore que lui oendant la campagne des présidentielles. Sur l’Europe militaire, lire notamment :

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=118

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=148

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=182

      On a d’ailleurs fait beaucoup de caricatures de la commémoration d’hier, mais rappelons encore le texte de la circulaire ministérielle qui à mon sens ne contient rien d’aberrant :

      22 OCTOBRE : COMMÉMORATION DU SOUVENIR DE GUY MÔQUET ET DE SES 26 COMPAGNONS FUSILLÉS

      N.S. n° 2007-138 du 2-8-2007 NOR : MENE0701517N RLR : 554-9 MEN - DGESCO B2-3

      Texte adressé aux rectrices et recteurs d’académie ; au directeur de l’académie de Paris ; aux inspectrices et inspecteurs d’académie, directrices et directeurs des services départementaux de l’éducation nationale ; aux inspectrices et inspecteurs d’académie, inspectrices et inspecteurs pédagogiques régionaux d’histoire et de géographie et de lettres ; aux inspectrices et inspecteurs de l’éducation nationale de lettres, d’histoire et géographie et de lettres-histoire ; aux proviseures et proviseurs

      Le 22 octobre 2007, le président de la République commémorera le souvenir de Guy Môquet, cet élève résistant du lycée Carnot arrêté à 16 ans en octobre 1940, puis fusillé le 22 octobre 1941 après avoir adressé, la veille de sa mort, une lettre poignante à sa mère. Cet épisode n’est malheureusement pas le seul moment tragique de cette période sombre, mais il fait partie des temps forts de l’histoire de notre pays et, à ce titre, mérite de servir d’exemple à la jeune génération.

      La commémoration de la mort de Guy Môquet, de ses 26 compagnons d’infortune et de tous les autres fusillés est en effet l’occasion de rappeler aux élèves des lycées l’engagement des jeunes gens et jeunes filles de toutes régions et de tous milieux qui firent le choix de la résistance, souvent au prix de leur vie. Tous méritent que l’on se souvienne : ainsi Gilbert Dru, cet étudiant de lettres engagé très jeune dans le combat contre l’occupant nazi assassiné le 27 juillet 1944 par la Gestapo ; ou encore Jacques Baudry, Jean-Marie Arthus, Pierre Benoît, Pierre Grelot et Lucien Legros, élèves de première au lycée Buffon à Paris, qui furent fusillés par les Allemands le 8 février 1943 pour faits de résistance accomplis depuis l’âge de 15 ans.

      Tous ces jeunes Français d’alors, passion nément attachés à la liberté au point de sacrifier leur propre vie pour défendre celle des autres, constituent un formidable exemple pour les jeunes d’aujourd’hui. Leur mémoire évoque les valeurs de liberté d’égalité et de fraternité qui font la force et la grandeur de notre pays et qui appellent le sens du devoir, le dévouement et le don de soi. Ce sont ces valeurs que le Chef de l’État a souhaité honorer le jour de son investiture, lors d’une cérémonie au Monument de la Cascade du Bois de Boulogne en évoquant le souvenir de Guy Môquet : “Soyez fiers de vos aînés qui vous ont tant donné ; aimez la France car c’est votre pays et que vous n’en avez pas d’autre”.

      Ces valeurs de courage et d’engagement furent partagées par d’autres, à l’instar de ces jeunes allemands comme les fondateurs de la “Rose blanche”, Alexander Schmorell, Hans et Sophie Scholl décapités le jour même de leur condamnation pour avoir lutté contre le nazisme dans leur propre pays ou de tous ceux qui, un peu partout en Europe, surent faire passer leurs idéaux de liberté et de justice avant toute autre considération.

      Individuelle ou collective, nationale et européenne, la mémoire de la Seconde Guerre mondiale est encore aujourd’hui une condition du vivre ensemble et c’est pourquoi le ministère de l’éducation nationale entend s’associer avec force à la commémoration du 22 octobre. C’est pourquoi je demande aux chefs d’établissements de mobiliser les équipes éducatives autour de ce souvenir et de ce qu’il signifie.

      La commémoration au cours de la matinée du 22 octobre commencera par la lecture, en classe ou en grand groupe selon le choix des établis sements, de la lettre de Guy Môquet. Cette lecture pourra être confiée à tous ceux qui, résistants ou déportés, peuvent aujourd’hui encore témoigner directement des sacrifices consentis. J’invite à cet effet les équipes éducatives à se rapprocher des fondations et associations de mémoire afin d’établir ce lien tangible entre les générations. Il sera également possible de solliciter toute personnalité dont l’engagement, le rayonnement ou la notoriété pourraient sensibiliser les élèves. Cette lecture pourra être suivie d’autres, laissées à l’initiative de chacun et choisies par exemple parmi les textes ci-joints.

      Le programme se poursuivra par une réflexion collective menée dans le cadre de la classe. On exploitera notamment les thèmes liés à la mémoire de la Seconde Guerre mondiale dans les programmes d’enseignement notamment d’histoire, de lettres, de philosophie. Ce sera également l’occasion de mobiliser les équipes éducatives sur l’édition 2008 du Concours national de la Résistance et de la déportation : “L’aide aux personnes persécutées et pourchassées en France pendant la seconde guerre mondiale : une forme de résistance” (B.O. n° 17 du 26 avril 2007).

      Enfin les établissements pourront mettre en place d’autres initiatives à leur convenance (évocation de lieux de mémoire, jumelages interculturels, expositions, productions de documents, etc.). Afin d’aider à la mise en œuvre de ces projets la direction générale de l’enseignement scolaire met en ligne, en partenariat avec l’association Civisme et Démocratie, des ressources pédagogiques dédiées (http://eduscol.education.fr/D0090/parcours_liste.htm).

      J’invite les chefs d établissements à adresser, à titre d’information et à fins de valorisation, copies ou descriptifs de leurs projets à la direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO B2-3, 110, rue de Grenelle, 75357 Paris SP 07).

      Je remercie l’ensemble des équipes éducatives de s’associer à cette commémoration et je demande aux corps d’inspection territoriale de suivre avec attention les modalités de sa mise en œuvre.

      Le ministre de l’éducation nationale

      Xavier DARCOS


    • alexis-LON 23 octobre 2007 12:37

      Eh oh, faut arreter de faire l’apologie de Sarkozy dans ce domaine la ! C’est etonnant cette capacité selective de la mémoire chez certains quand meme. Donc un petit rappel et il n’est pas vieux, c’etait en mars 2007 :

      http://www.dailymotion.com/featured:by/rachelmini/video/x1n371_sarkozy-insulte-lallemagne

      S’il y a des sous-titres allemands c’est parce que ce sont des Allemands qui l’ont traduit ... Et ca se passe de commentaire. Car que ca plaise ou non, le gouvernement officiel de la France c’etait celui de Vichy et c’etait un gouvernement de collabo. Heureusement pour les generations futures qu’il y avait la resistance et De Gaulle.


    • Ingrid du Midi 23 octobre 2007 12:58

      Je ne pense pas qu’Abstention 2007 ait fait une quelconque apologie de Sarkozy. Sans doute, Sarkozy avait en tête la « crise des banlieues » et a voulu faire passer un message « exemplaire » comme quoi on peut faire mieux que brûler les voitures des voisins. Mais après tout, ce n’est pas faux.

      Dénoncer Ségolène Royal et François Bayrou, ce n’est pas pour autant épargner Nicolas Sarkozy. Vous ne pouvez pas accuser de faire l’apologie de Sarkozy quelqu’un qui vous renvoie à ces deux articles :

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=228

      Sarkozy, Bush, médias, lobbying... et ce qu’on nous prépare (1)

      Grand tapage et peu d’informations lorsque Nicolas Sarkozy et George Bush se sont rencontrés le 11 août. Surtout, les médias français nous parlent peu : des transactions entre compagnies pétrolières qui se trouvaient en toile de fond de cet entretien « informel » ; de la politique de militarisation de l’Europe ; de l’alliance Europe - USA en vue de la domination de la planète ; des conséquences des délocalisations... Il y a, en revanche, une vaste publicité sur le nouveau « couple de l’Elysée » et sur la « dissidence » supposée de Cécilia Sarkozy, ainsi qu’une avalanche d’articles du genre « ça va très mal ». Il y aurait, semble-t-il, une « crise financière » et une « faible croissance » en France et en Europe. Une « hausse des prix » serait inévitable suite à la « flambée des cours des matières premières », etc... Sous-entendu, pour la France : « il faut que Sarkozy fasse quelque chose » très prochainement. Apparemment, le forcing législatif du mois de juillet n’a pas suffi. Quant à la « gauche » et aux directions syndicales, elles ne s’opposent guère à la politique du nouveau Président de la République. A la rentrée, qu’on nous prépare déjà, il faudra s’attendre au pire.

      (...)

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=235

      Nicolas Sarkozy, capitalisme de choc et alliance impérialiste Europe-USA

      On entendait dire jadis : « attention, dans les périodes de calme apparent, le capitalisme finit toujours par reprendre ce qu’il avait dû céder sous la pression des mobilisations populaires ». Après plus de trois décennies d’activité intense des réseaux capitalistes et impérialistes, et de dégénérescence des organisations ouvrières et citoyennes, le bilan est très sombre et le sursaut citoyen plus nécessaire que jamais. L’intervention de Nicolas Sarkozy à l’Université d’été du MEDEF, la plus influente organisation du patronat français, ne fait que confirmer cette ancienne constatation historique.

      (...)

      [fin des citations]

      Mais Abstention 2007 a raison de dire que le rappel de Guy Môquet et des jeunes résistants fusillés par les occupants tranche par rapport à l’enseignement de plus en plus individualiste, arriviste, réac, pro-débrouillardise... que le jeunes reçoivent depuis deux décennies, autant de la part de leurs parents que des institutions, du patronat...

      C’est sans doute là que le projet de Sarkozy a profondément dérangé. Malheureusement, Guy Môquet n’est pas l’exemple que la majorité des parents de l’an 2000 souhaitent pour leurs enfants. Ce n’est pas, non plus, celui que prêchent au quotidien les entités de toutes sortes, publiques comme privées. Mais c’est malgré tout le bon exemple.


    • Ingrid du Midi 23 octobre 2007 13:02

      Il faut d’ailleurs lire le livre « La main droite de Dieu » de Faux, Legrand et Pérez, Seuil 1994, pour comprendre la gravité du virage qui s’est opéré dans le pays depuis l’élection de Mitterrand en 1981. Il y a cet extrait en ligne :

      http://michel.delord.free.fr/maindroite.pdf


    • Sans buffet ni culotte 23 octobre 2007 13:26

      Malheureusement, avec le « message » permanent que la télé nous administre, l’endoctrinement patronal sur le lieu de travail, l’opportunisme des syndicats... il ne faut pas s’étonner si, sans doute, la plupart des parents auraient préféré qu’on lise à leurs enfants une lettre de Bill Gates au moment de fonder sa boîte !!!

      Félicitons-nous, donc, de cette initiative de Sarkozy sur la lecture de la lettre de Guy Môquet, quels qu’aient pu en être les mobiles.

      Allez voir un responsable syndical honnête (pas de ceux qui font de la lèche) et demandez-lui ce qu’il pense de l’évolution de la mentalité des « jeunes en entreprise » depuis les années 1980.

      Lisez aussi ce numéro mensuel d’Enjeux - Les Echos (octobre 2007) intitulé : « Comment l’entreprise nous change ». Evidemment, c’est autre chose que la lettre de Guy Môquet...


    • Ingrid du Midi 27 octobre 2007 23:15

      « Malheureusement, avec le »message« permanent que la télé nous administre, l’endoctrinement patronal sur le lieu de travail, l’opportunisme des syndicats... il ne faut pas s’étonner si, sans doute, la plupart des parents auraient préféré qu’on lise à leurs enfants une lettre de Bill Gates au moment de fonder sa boîte !!! »

      Oui, mais en même temps il ne faut pas croire que des articles comme celui-ci soient représentatif des élèves.

      Dès lors qu’Agoravox censure des articles comme ceux-ci :

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=79

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=87

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=217

      pour ne pas parler des commentaires cachées plus haut, cela signifie que, par rapport à une question aussi « sensible » que celle de la lecture de la lettre de Guy Môquet, les articles que l’on trouve sur ce site sont davantage réprésentatifs de ce que les modérateurs d’Agoravox veulent voir « passer » que de ce que pensent vraiment les jeunes.

      Quant aux syndicats d’enseignants, ils sont beaucoup moins progressistes qu’ils ne l’apparentent. Avec l’affaire de la commémoration du 22 octobre, ils ont poussé des hurlements. Mais en 1981 et 1988, lorsque Mitterrand a été chercher les voix des ancien putschistes d’Alger et de l’extrême-droite pour se faire élire, on ne les a pa vu s’en plaindre.

      Evidemment, un ancien de Vichy comme Mitterrand, qui fut le seul politique français à défendre publiquement le Maréchal Pétain pendant son procès et qui avait commencé sa carrière politique d’après-guerre avec le soutien de l’ancienne éminence grise de la Cagoule Eugène Schueller, ce n’est pas pareil qu’un « petit coco stalinien » comme Guy Môquet, n’est-ce pas ?

      D’ailleurs, ces mêmes syndicats « courageux » n’ont pas levé le petit doigt contre les sessions extraordinaires du Parlement de juillet et septemb-octobre. Ne dispersez pas vos forces, gardez-les pour vous en prendre à Guy Môquet... Rien de surprenant si Sarkozy a couru satisfaire au bon vouloir de ces « braves militants ».


    • alberto alberto 23 octobre 2007 09:46

      Merci pour ce témoignage de l’instant vécu et du peu d’émotion ressentie.

      J’ai aussi bien aimé votre conclusion

      Bien à vous.


      • JL JL 23 octobre 2007 09:51

        Contexte évoqué «  »Et c’est suite à l’assassinat d’un général nazi, par trois communistes, que le ministre de l’Intérieur de l’époque, Pierre Pucheu, choisis de faire fusiller des otages communistes«  ».

        Je laisse aux lecteurs plus érudits que moi le soin de commenter ce ’contexte officiel’.


        • .TAL.L 23 octobre 2007 09:58

          Dans le contexte de 40-45, les saloperies de ce genre étaient banalissimes. Je ne vois pas ce que ça peut apporter de constructif de ressortir ça en 2007. Sarko compte envahir l’Allemagne ?


          • .TAL.L 23 octobre 2007 10:18

            Sans oublier le re-re-re-re-retour de la Bayroute.


          • Deneb Deneb 23 octobre 2007 10:30

            le devoir de mémoire ne se fait pas en des jours précis et décrétés par un quelconque arrêté ministériel chez nous, les jeunes ...

            J’en ai la chair de poule et les larmes aux yeux. Tes parents peuvent être fiers de toi. Bravo, Cyril


            • Prosper Prosper 23 octobre 2007 10:54

              Tiens, enfin un article sans faute d’orthographe...

              Je ne comprends pas ce concept de « devoir de mémoire », espèce de refrain laudatif du politiquement correct comme « principe de précaution », « cellule de soutien psychologique », « fumer tue », etc.

              On ferait mieux de parler de « devoir d’histoire », ce que vous semblez justement espérer. Mais nous sommes depuis quelques mois dans l’émotionnel, le spontané, l’anti-science.

              Cette lettre n’apporte rien d’un plan historique (son versant privé est lui tout-à-fait exceptionnel certes). Au contraire, elle brouille les cartes :

              - à 17 ans, Guy Moquet ne voulait pas particulièrement sauver la France, il voulait vivre le bonheur de la jeunesse. Est on sérieusement engagé à 17 ans ?

              - Guy Moquet ne voulait pas se sacrifier, il a été assassiné par une bande de porcs, français ou allemands.

              - les communistes ont profité du calendrier de ce martyr pour faire accroîre que les communistes étaient résistants avant la rupture du pacte germano-soviétique.

              Reste le témoignage (individuel donc) d’un courage inouï. Je crois que c’est la lettre elle-même plus que les faits de résistance de Guy Moquet qui en fait un grand homme, qui nous réconcilie un peu avec nous mêmes.


              • LE CHAT LE CHAT 23 octobre 2007 12:16

                @prosper

                erreur :fut arrêté are de l’Est était ce donc dans une pâture ? smiley


              • Meiline13 26 octobre 2007 14:04

                Sans fautes d’orthographe ?


              • Meiline13 26 octobre 2007 14:32

                « Le devoir de mémoire ne se fait pas en des jours précis et décrétés par un quelconque arrêté ministériel chez nous, les jeunes. Il se fait constamment. » Hum ! Nous ne devons pas connaître les mêmes jeunes !

                Mais je suis d’accord sur l’inutilité de la lecture de cette lettre sortie de son contexte. Arrêtons de créer un jour de commémoration pour chaque événement qui NOUS semble important, au risque de faire oublier d’autres tragédies ! Il n’y a pas de vérités en histoire ! De plus, un jour de « devoir de mémoire » risque de cautionner l’oubli le reste de l’année ! Mais d’un point de vue politique, c’est bien joué ! Quel malin, ce Sarko !


              • Gazi BORAT 23 octobre 2007 13:20

                @ Aegidius Rex

                Vous avez été marqué par le précédent « Minou Drouet » ?

                http://fr.wikipedia.org/wiki/Minou_Drouet

                gAZi bORat


              • .TAL.L 23 octobre 2007 11:48

                Ce qui serait « drôle » c’est de retrouver le témoignage d’un résistant communiste liquidé par des résistants non-communistes. Ou l’inverse, car il y a eu les 2. Et c’est dans les tous les pays pareils en temps de guerre. Il ne faut pas croire que les Français ont été pires que les autres.


                • CAMBRONNE CAMBRONNE 23 octobre 2007 14:14

                  MON CHER TALL

                  Une chose est certaine et connue : L’Abwehr (Services de renseignements allemands) une fois la défaite évidente s’est rapprochée des réseaux de résistance non communiste .

                  On a beaucoup écrit la dessus et beaucoup pensent que Jean Moulin a été trahi dans ce contexte parce qu’il était ou était supposé être un agent d’influence de moscou dans la résistance .

                  Beaucoup de faits restent obscurs et contestés mais la stratégie allemande est incontestable dans ses grandes lignes car elle est appuyée par des documents. Certains résistants anti communistes ont donc certainement fait un bout de chemin avec les allemands en pensant à l’après guerre .

                  Vive la république quand même .


                • Gazi BORAT 23 octobre 2007 16:08

                  @ CAMBRONNE

                  Vous avez raison concernant l’Abwehr dont le jeu à cette époque, lui aussi, n’était pas des plus clairs..

                  L’Abwehr n’était pas le SD..

                  Bastion de résistance de l’aristocratie prussienne à l’égard du nazisme, l’Abwehr s’impliqua dans la tentative de putsch du 20 juillet 1944 contre Hitler et l’amiral Canaris joua gros à cette occasion..

                  gAzi bORAt


                • CAMBRONNE CAMBRONNE 23 octobre 2007 16:51

                  GAZI

                  Que pensez vous des accusations portées contre Henri Frenay créateur du réseau combat ? Je précise qu’on (Certains)l’accuse d’avoir été complice de René Hardy dans la trahison de Jean Moulin .

                  Le fait que Renè Hardy ait trahi n’est pas prouvé non plus .

                  C’est justement à propos de cet épisode que la thèse d’une entente entre la résistance Gaulliste et l’Abwehr pour éliminer les communistes est née .

                  Je suis persuadé qu’il y a eu des cas mais sur cette affaire précise je n’ai pas d’opinion établie .

                  Salut et fraternité .


                • Gazi BORAT 24 octobre 2007 07:27

                  @ CAMBRONNE

                  Je suis gêné d’avoir à donner un avis sur cette affaire sans preuves confondante mais, instinctivement, j’aurais tendance à croire que c’est un hypothèse sérieuse..

                  J’avais été choqué toutefois, dans le film « Lucie Aubrac » de la scène du guet-apen de Caluire où, grossièrement à mon sens, est montré un gestapiste visant délibérément à côté de René Hardy qui s’enfuit..

                  Lucie Aubrac a été présente tout au long du film et montre sa version des faits qui, à ce jour, n’est pas plus recevable que celle que produit René Hardy. Elle aurait pu s’en abstenir..

                  La défense de René Hardy tient sur ce point : il prétend que Raymond Aubrac, à l’occasion de son arrestation pour « marché noir » aurait été retourné par Barbie..

                  Le film est une hagiographie classique comme il s’en tourna à la grande époque du gaullisme mais je rêve d’un film où les deux versions de cette affaire auraient été confrontées, ce qui aurait pu être passionnant..

                  gAZi bORat


                • CAMBRONNE CAMBRONNE 24 octobre 2007 09:46

                  GAZI

                  Merci pour votre réponse . Le drame est que la chose filmée tient lieu de vérité pour la plupart des gens .

                  Lucie Aubrac est parfaitement dans un contexte de guerre civile même lorsqu’elle s’exprime sur un plateau de télé .

                  Son témoignage n’est pas plus recevable que ceux de l’autre bord mais Lucie Aubrac c’est le pape de la résistance française.

                  Bien à vous .


                • meuzky 23 octobre 2007 11:48

                  2 points me genent dans cet article :

                  1) je ne pense pas qu’une lecture de cette lettre noyée dans un cours déjà riche sur la seconde guerre mondiale est un impact réel, alors qu’avec ce 22 octobre, tout le monde connait désormais Moquet et son histoire.

                  2) Si « le devoir de mémoire ne se fait pas en des jours précis », pourquoi critiquer le fait qu’il se fasse en marge du programme d’histoire ? Ca serait plutot à mettre au crédit de votre conclusion.


                  • Cyril Cyril 23 octobre 2007 13:56

                    Je ne suis pas d’accord avec vous...

                    1) Certes, aujourd’hui tout le monde connait Guy Môquet et son histoire, mais j’ai peur que le fait d’avoir une « journée Guy Môquet » fasse oublier les autres résistants ayant donné leurs vies pour la France (car, ne l’oublions pas, au moment de son arrestation, le PCF n’était pas encore vraiment engagé dans cette « guerre de capitaliste »).

                    2) Je ne critique pas le fit que le devoir de mémoire se fasse lors des cours d’histoire. Ce que je critique, c’est que cette lecture n’est pas en rapport avec le cours d’histoire... En effet, la seconde guerre mondiale n’est traitée, pour ce qui est des bacs L-ES-S (je ne connais pas les programes des bacs technologiques), qu’en fin de première (et encore, il s’agit pas de la seconde guerre mondiale dans son ensemble, le programme se terminant vers 1940), et en début de terminale. Donc, un élève de seconde devra assister à trois lectures avant d’attaquer le chapitre sur la seconde guerre mondiale... Ce qui est un peu lourd, vous en conviendrez.


                  • Yves Rosenbaum Yves Rosenbaum 23 octobre 2007 11:55

                    Bon niveau d’écriture pour ton âge et juste conclusion. Puissent tous les lycéens partager ta vision afin de discerner le devoir moral de l’instrumentalisation politique.


                    • LE CHAT LE CHAT 23 octobre 2007 12:22

                      je suis d’accord avec toi , en effet peu de jeunes sont capable de sortir un papier de cet accabit ! alors chapeau à l’auteur !

                      j’ai encore trois enfants scolarisés , un seul a eu droit à la lecture dans sa classe de terminale où la pluspart des élèves n’étaient pas dupes de la manoeuvre propagandiste de sarko .


                    • Steph71 23 octobre 2007 12:38

                      Bonjour, Cet article est interessant, mais la conclusion me chagrine un peu, alors je tenais à réagir. Tout le monde est différents, certes, mais en grandissant, on se rappelle très bien de ses moments là, comme je le pense, cette lecture de le lettre de Guy MOQUET, on se rappelle de ce moment qui marque, qui touche, même si sur le coup, le moment ne paraissait pas solennel, avec le temps, la réfléxion, on se rend compte de l’importance de la chose. Je suis désolée, je ne suis pas journaliste, et n’écrit pas très bien, mais je souhaitais signaler ceci, sur cettte article très interressant. Merci


                      • Loic 23 octobre 2007 12:43

                        Merci pour cet excellent article.

                        J’espère que les motivations de nos dirigeants pour faire lire ce texte ne sont pas toutes de nature nationalistes, parce que bientot on nous fera lire le « Horst Vessel » sous pretexte que c’était un chant patriotique. smiley


                        • Leonard R. 23 octobre 2007 13:12

                          Bonjour, je m’associe aux commentaires précédents pour vous féliciter de votre belle plume et du fond intelligent de votre article.

                          Sur le fond justement, il n’est pas très étonnant que la lecture de la lettre n’ait pas suscité d’émotions particulières, étant donné que tout un chacun ressent la confusion du sens « symbolique » de cette lettre. Symbole de quoi, on se demande : de l’amour filial ? du courage devant la mort ? de l’attachement à la patrie ? De l’engagement contre l’injustice ? a priori...

                          Moi lire publiquement une lettre intime, ca me met plus mal a l’aise qu’autre chose. Si on lit la lettre seul(e) on peut se mettre a place de G Moquet et etre ému(e), pourquoi pas ? Mais si on entend lire la lettre dans un réfectoire avec des centaines de copains, c’est le cynisme qui fuse et le caractere larmoyant du texte qui saute aux oreilles.

                          Sarkozy est maitre dans l’art de la confusion, là comme ailleurs. La manipulation de symboles contradictoires, c’est toute sa force rhétorique. Ce qui me dérange, c’est me dire qu’il n’a pas choisi au hasard ce texte, mais le connaissant, qu’il l’a choisi pour les mauvaises raisons.

                          En effet, analysons le texte, qu’y entend-on ? L’évocation de :
                          - La famille : "Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé..." ... Un phrasé vieillot et limite pathétique.
                          - L’étude, le travail : « Un dernier adieu à tous mes amis et à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme. » ... Faut bosser pour être un homme.
                          - Le sens de « l’économie durable » : « J’éspère que toutes mes affaires te seront renvoyées, elles pourront servir à Serge, qui je l’escompte sera fier de les porter un jour. »... Rien ne se perd, tout se transforme, faut pas gâcher.
                          - Le « courage »... avec une certaine vanité : « Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c’est d’être courageuse. Je le suis(...) » ... Bon, on peut penser qu’il ne veut pas faire de peine à sa mère en lui disant qu’il est courageux et qu’il affronte la perspective de la mort sans s’écrouler. mais enfin, c’est un peu vaniteux quand même de dire de soi-même qu’on est « courageux ».
                          - Le sens de l’intérêt commun : « (...)ce que je souhaite de tout mon coeur, c’est que ma mort serve à quelque chose. » ... On peut penser qu’il espère que sa mort en martyr servira de carburant moral aux autres pour résister à la tyrannie. Mais ce n’est qu’une supposition, ca reste bien flou (on ne peut pas lui en vouloir).

                          Bref, c’est tout Sarkozy, le flou, la confusion... L’évocation de valeurs fondamentales qui peuvent néanmoins prendre un sens très réactionnaire, et qui dans la forme fleurent bon la France d’antan (ca rassure). Etant donné que ca vient d’un communiste, c’est inattaquable sur le plan de l’ouverture politique et du progressisme ! La boucle est bouclée, le poisson est dans le filet.

                          Quel sens politique, notre cher président.


                          • Max 23 octobre 2007 13:30

                            L’URSS ayant signé un pacte de non-agression avec les nazis, les communistes français s’opposent à la guerre dès la fin des années 30’(considérée comme une guerre impérialiste contre les intérêts de la classe ouvrière). De nombreux militants communistes, dont le père de Guy Môquet, sont donc arrêtés par le gouvernement français de la IIIème république, avant la défaite, sous l’accusation de sabotage, démoralisation de l’armée, bref, pour avoir affaibli les arrières.

                            Guy Môquet est arrêté à seize ans le 15 octobre 1940 au métro Gare de l’Est par trois policiers français dans le cadre du décret-loi Daladier du 26 septembre 1939 interdisant la propagande communiste (loi de la IIIème république votée car les communistes sont alors considérés comme passivement ou activement alliés de l’ennemi Allemand).


                            • .TAL.L 23 octobre 2007 14:08

                              Extrait du lien ci-dessus ( Wikipédia )

                              Un poème, saisi sur Guy Môquet le jour de son arrestation, contenait le quatrain suivant :

                              1. Les traîtres de notre pays
                              2. Ces agents du capitalisme
                              3. Nous les chasserons hors d’ici
                              4. Pour instaurer le socialisme.

                              Quelle ironie de voir Mr Sarkozy, grand défenseur du capitalisme, récupérer de la sorte la mémoire de ce jeune homme. C’est comme si on le fusillait une 2e fois.

                              PS : je ne suis pas communiste, je ne crois pas aux idéologies.


                            • Max 23 octobre 2007 15:47

                              Ce que je soulignais par un apport de faits historiques, c’est que le pauvre Môquet a été instrumentalisé par une idéologie totalitariste, le communisme. Il n’a pas été arrêté en 1940 en défendant la liberté, la démocratie, la France, mais en militant pour une idéologie totalitariste, à l’époque notamment représentée par l’URSS de Staline, et alliée d’un autre totalitarisme, le nazisme, dans une France occupée par l’ennemie...

                              Sinon, paix à son âme...


                            • .TAL.L 23 octobre 2007 17:05

                              Ce que vous dites, c’est exactement ce que pensaient ceux qui l’ont condamné à mort. Extrait de votre lien :

                              Le ministre de l’Intérieur du gouvernement de collaboration de Pétain, Pierre Pucheu, sélectionne des otages communistes « pour éviter de laisser fusiller cinquante bons Français » : dix-huit emprisonnés à Nantes, vingt-sept à Châteaubriant et cinq Nantais emprisonnés à Paris

                              Mais à part ça, paix à leur âme comme vous dites.

                              Je le répète, je ne suis pas coco, mais ce cynisme hypocrite me fait gerber, de quelque bord qu’il vienne.

                              Pour moi, le résumé humain est le suivant : ce gamin croyait à son truc, on l’a flingué, et on récupère ecnore sa mort dans un sens qu’il n’aurait pas accepté. Toujours dans votre lien :

                              Arrêtée le 13 août 1941 avec un groupe de dix-sept jeunes dont elle était la seule fille, elle parvient à s’évader trois ans plus tard. Actuellement, Madame Odette Nilès... est présidente de l’Amicale de Châteaubriant... Interviewée par Libe-Labo en octobre 2007, elle déclare que la lecture de cette lettre tous azimuts, c’est « dévaloriser la valeur de ce qu’était Guy Môquet » et que celui-ci « serait fou de voir tout ce que l’on peut faire en se servant de son nom. »


                            • Loic 23 octobre 2007 17:30

                              @ Max ^^

                              De la a etre d’accord avec le gouvernement Daladier sur le fait que les communistes étaient alliés des Allemands, sous pretexte du pact de non agression signé entre eux....c’est un peu gros.

                              Rappelons que Daladier ou son homologue anglais Chamberlain, ont laissé Hitler réarmer la Rhénanie, violant ainsi encore plus le traité de Versailles, et ont sacrifié la Tchécoslovaquie lors des accords de Munich en offrant les Sudettes à Hitler, pour éviter la guerre.

                              Si on veut vraiment jouer au con, on peut alors affirmer que Daladier était tout aussi collaborateur que Staline, dans le but lui aussi d’échapper à un conflit...

                              Continuez comme ça...et on mettra fin à la repentance Française, c’est sur ^^

                              Merci Sarko smiley


                            • Max 25 octobre 2007 14:22

                              Extrait d’un Edito de l’hebdomadaire Marianne : certains « voulaient faire oublier le pacte germano-soviétique et ces mois de refus de lutte contre l’occupant de la part de nombre d’apparatchiks [du PC] pour ne plus laisser le souvenir que du parti de la résistance. C’est une autre raison du malaise des enseignants ; on leur demande de célébrer la mémoire d’un jeune communiste qui fut un martyr davantage qu’un héros. Le père de Guy Môquet, Prosper, était un député qui fut interné à l’époque par le gouvernement français pour intelligence avec l’ennemi parce qu’il appartenait à la direction du parti qui soutenait le pacte germano-soviétique. »

                              Pour rappel, le pacte Von Ribbentrop-Molotov, également appelé pacte germano-soviétique, qui fut signé le 23 août 1939 entre les ministres des Affaires étrangères du Troisième Reich (Joachim von Ribbentrop) et de l’Union soviétique (Viatcheslav Molotov).

                              Dans « Deux ans d’alliance germano-soviétique », Angelo Tasca, le fondateur du Parti communiste italien, membre du Komintern écrit : « L’idée d’un accord germano-russe n’était pas d’origine allemande, mais russe. Elle a été lancée par Staline dans un discours du XVIIIe Congrès du PCUS [note : en mars 1939]. »

                              En plus de la clause de non-agression, le pacte comportait plusieurs protocoles restés longtemps secrets. Notamment, un partage de la Pologne était déjà prévu, anticipant l’invasion allemande du 1er septembre 1939 et celle, consécutive, de l’Armée rouge le 17 septembre 1939. Les deux armées occupèrent alors chacune une moitié du pays, un protocole stipulant que les deux parties avaient l’obligation de prendre des mesures pour prévenir et empêcher toute action de la Résistance polonaise, allant même jusqu’à prévoir des consultations mutuelles à propos de toutes les actions répressives qui sembleraient utiles : « aucune des deux parties ne tolèrera sur son territoire d’agitation polonaise quelconque qui menacerait le territoire de l’autre partie. Chacune écrasera sur son propre territoire tout embryon d’une telle agitation, et les deux s’informeront mutuellement de tous les moyens adéquats pouvant être utilisés à cette fin ».

                              Ces moyens font l’objet d’échanges constants entre la Gestapo et le NKVD, durant tout l’hiver 1939 - 1940, moment à partir duquel chacun des deux occupants s’appliquera à se débarrasser des élites polonaises. Les Allemands mettent en avant des critères raciaux et les Soviétiques des critères de classes.

                              D’autres clauses secrètes attribuaient à l’Union soviétique le contrôle des pays baltes et de la Bessarabie (actuelle République de Moldavie), en échange de quoi Staline livrait à Hitler de nombreux réfugiés antifascistes allemands et autrichiens réfugiés en Union soviétique (ce fut notamment le cas de Margaret Buber-Neumann et du fondateur du Parti communiste autrichien, Franz Koritschoner).

                              Notons que la direction et les dirigeants du PC français étaient très respectueux de la ligne politique et des consignes émanant de l’Internationale communiste (IC ou Komintern).

                              La Troisième Internationale était dirigée par le Parti communiste de l’Union soviétique, bien que ce dernier entretînt toujours la fiction qu’il n’en était qu’une section parmi d’autres. Elle était théoriquement sans rapports avec l’État soviétique, bien qu’elle fut de plus en plus mise par Staline au service des intérêts de ce dernier. Si les directives étaient élaborées à Moscou, la plaque tournante du Komintern était Berlin jusqu’à l’avènement de Hitler en 1933, puis Paris.


                            • 5A3N5D 23 octobre 2007 13:52

                              Un film sera diffué sur France 2 le 25 octobre. Il est disponible à cette adresse :

                              http://www.france2.fr/STATIC/video/infrarouge/index-fr.php


                              • .TAL.L 23 octobre 2007 19:03

                                J’ai vu la 1ère minute : pure propagande. On le dépeint comme un anti-fachiste, résistant de la 1ère heure et bla bla bla ... alors que c’est un communiste de la 1ère heure résistant d’abord au gouvernement de l’époque. Respectant ainsi la ligne du PCF qui lui, respectait le pacte de non-agression de Staline ( au moment de son arrestation ).

                                Pour moi, le service com’ de Sarko a foiré là. Il fallait choisir un vrai héros de la Résistance ( il y en assez ). Grosse erreur. Ici, au contraire, on remet à l’ordre du jour les vilains règlements de compte entre les communistes français et leurs opposants.

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