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Lettre ouverte à Madame la Ministre de la Santé et à Madame la Ministre de l’Education Nationale

Madame la Ministre de la santé

Madame la Ministre de l’Education Nationale

 

Je m’adresse à vous afin de vous parler de mon fils Maxime, 8 ans et demi, souffrant d’un handicap mental et lâchement abandonné par l’Etat Français qui a érigé au rang de principe constitutionnel, le droit à l’éducation pour tous. La Convention Internationale des Droits de l’Enfant signée par la France le 26 janvier 1990 promulgue dans son article 23 : « L’enfant handicapé a le droit de bénéficier de soins spéciaux ainsi que d’une éducation et d’une formation appropriées pour lui permettre de mener une vie pleine et décente, dans la dignité, et pour parvenir au degré d’autonomie et d’intégration sociale le plus élevé possible ».

24 ans après, où en sommes-nous ? Une loi a été votée par le parlement français, la fameuse loi du 11 février 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ». Selon le site du ministère de l’Education Nationale, cette loi « affirme le droit pour chacun à une scolarisation en milieu ordinaire au plus près de son domicile, à un parcours scolaire continu et adapté ». Mais dans la pratique, cette loi n’est pas appliquée et les droits de nos enfants sont bafoués dans une totale indifférence. Facile de savoir combien d’enfants sont scolarisés dans les CLIS et les ULIS, il y a des statistiques pour cela mais impossible de savoir combien d’enfants handicapés sont déscolarisés et exclus du système médico-social en France. Un rapport du Sénat datant de 2012 évaluait ce nombre à 20000. Mais cela reste une évaluation car aucun outil statistique n’existe en 2014 puisqu’il mettrait à jour l’incompétence de l’Etat dans ce domaine.

Dans le cas de mon fils, après 4 ans de classe en maternelle, l’Education Nationale l’a déclaré « non scolarisable » histoire de s’en débarrasser et de se décharger sur le secteur médico-social. Commence alors le chemin de croix que constitue la recherche d’un établissement pouvant l’accueillir. C’est à ce moment que l’on vous inflige la double peine. Apprendre le handicap de votre enfant est une chose abominable qui vous brise à jamais mais voir de quelle manière les handicapés sont traités en France est peut-être pire encore. Vous vous retrouvez noyés sous la paperasse et vous vous heurtez de plein fouet au mur de l’administration dans toute sa grandeur. Vous devez constituer un dossier auprès de la MDPH qui mettra des mois à être traité. Cet organisme va envoyer le dossier à des IME qu’elle sait saturés par les demandes.

Nous pensions avoir plus de chance en habitant en région parisienne, à 10 km de Paris mais malheureusement, nous avons vite déchanté. Les IME sont libres de choisir si tel ou tel enfant est digne de rejoindre leur établissement au terme d’entretiens et de semaines de tests dignes des plus grandes écoles de commerce. Vous vous retrouvez devant des parterres de pédopsychiatres et psychologues qui vous bombardent de questions afin de juger si leur établissement à la capacité d’accueillir votre enfant. Ils se basent sur des critères qui leurs sont propres bien qu’ils soient financés par l’argent public. Car le vrai problème au centre de tout cela est d’ordre financier. En effet, aucun organisme ne contrôle l’utilisation de ces fonds publics, ni l’ARS, ni les Conseils Généraux, ni même les MDPH. 

Tout est noyé dans un système opaque mis en place il y a des dizaines d’années et que personne n’a eu le courage ou même le désir de réformer. Sur les 20 établissements contactés en cette rentrée 2014, la quasi-totalité a rejeté nos demandes, sans avoir vu Maxime et en se basant sur un simple dossier vide venant de la MDPH qui ne connaît pas notre fils et n’a aucune idée de ses capacités.

En bout de chaîne, vous trouvez des enfants et des familles laissées à l’abandon dans le dénuement le plus total qui, après avoir essuyés 15 refus d’établissements pour d’obscures raisons, se voient répondre par la MDPH : « Avez-vous envisagé la Belgique ? ». En effet, notre beau pays préfère financer des prises en charge à l’étranger plutôt que de créer des structures adaptées en France sans aucun véritable contrôle de l’accueil et des soins proposés dans ces établissements.

Quand votre enfant se trouve exclu de « l’école de la république » et des établissements médico-sociaux il vous reste une seule solution si vous ne voulez pas l’enfermer dans un hôpital psychiatrique, c’est de vous débrouiller seul et arrêter de travailler. Il faut bricoler afin que votre enfant continue à progresser malgré tout, en dehors de toute structure spécialisée. Pour cela, il faut de l’argent, malheureusement.

Donc, il faut remplir un nouveau dossier pour demander à la MDPH, toujours la même, le versement de la PCH, la prestation du Handicap qui est censée couvrir les frais engendrés par la déficience de l’Etat. En effet, un enfant handicapé pris en charge dans un bon établissement coute moins cher à l’Etat. En fait, le plus navrant dans l’histoire, c’est que nous ne demandons pas d’argent mais simplement l’application de la loi. Malheureusement, personne ne nous écoute, nous n’avons aucun poids.

Allons-nous être obligés de saisir la justice administrative pour obliger l’Etat à assumer son rôle et respecter ses engagements européens et internationaux comme le font de plus en plus de parents ?

Maxime souffre énormément de cette situation car il comprend qu’il est différent, que les autres enfants partent chaque matin retrouver leurs camarades de classe avec leurs beaux cartables alors que lui reste seul. Le contact avec les autres enfants lui manque.


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4 réactions à cet article    


  • Garance 22 octobre 2014 11:50

    J’ai un ami dont le fils à un handicap de naissance : il lui manque sa main droite


    Il a 36 ans aujourd’hui : figurez-vous que depuis sa naissance ses parents doivent reconstituer de A à Z le même dossier attestant de cette infirmité tous les 5 ans

    Le Mur de l’administration imaginant que cette main pouvait comme par enchantement lui pousser dans cet espace de temps

    Certaines pièces du dossier demandant 2 ans de « traitement » le fait est que quand est reconnu l’handicap par le Mur le dossier est pratiquement à recommencer

    Chaque nouveau dossier à faire apportant son lot de nouveaux « justificatifs » à donner 

    Las...la main ne repousse toujours pas....

    Un voyage à Lourdes s’impose : mon ami y songe

    L’administration est faite de multiples Murs des Cons

    Qui font même des petits : n’y-en-a-t-il pas un chez les juges syndiqués ?

    • zygzornifle zygzornifle 22 octobre 2014 16:22

      c’est comme pour nous les cotorep, il faut refaire tout le dossier tous les 5 ans comme si on allait s’autoréparer....


    • OMAR 22 octobre 2014 18:56

      Omar33

      C’est comme ça que je t’aime et te plussss Garance...

      Tu vois, tu peux dénoncer la véritable crapulerie et montrer de l’humanité, quand tu veux....

      Pour ça, je te fais même un bisou...


    • zygzornifle zygzornifle 22 octobre 2014 16:19

      encore des lettres archivées par une secrétaire avec une réponse stéréotypée......

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obendisdonc


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