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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Machine à voter open-source, une solution ?

Machine à voter open-source, une solution ?

Nous sortons d’une période d’intense activité électorale. Certain d’entre vous ont peut-être eu à utiliser une des machines à voter mises en place dans certains bureau de vote.

Le sénateur UMP Philippe Dallier (UMP) a proposé un texte de loi visant à les interdire. Penchons-nous sur les avantages et inconvénients de ces appareils.

Coté avantages, on citera essentiellement la rapidité du dépouillement. Plus de longues et fastidieuses séances de dépliage de papier, de comptage et de pointage. On presse sur un bouton et c’est fini. Coté inconvénients, la sécurité et la sincérité des résultats donnés par la machine ne sont pas garanties. Aucune législation n’existe non plus sur les conditions de stockage et de maintenance des machines entre deux votes. Comment peut-on garantir que la machine n’a pas été altérée ?

On le voit rapidement le gain potentiel mis en regard des craintes et des doutes qu’engendrent ces machines ne pèse pas lourd. J’ai eu l’occasion de faire un dépouillement pour la première fois de ma vie lors du premier tour des législatives. Force est de constater que le système manuel est simple et permet à tout citoyen qui le souhaite de s’assurer que les chiffres de son bureau de vote ne sont pas falsifiés.

Certes, le système papier a connu des défaillance et diverses méthodes de fraudes ont été inventées : bourrage d’urnes par l’ajout d’enveloppes, échange des enveloppes des centaines lors du dépouillement, etc. Cependant elles sont difficiles à réaliser à grande échelle et sont souvent découvertes ou fortement visibles. On se souvient des élections présidentielles en Ukraine en 2004 qui avait conduit à le Révolution Orange.

Aux USA , les deux dernières élections de 2000 et 2004 ont été fortement empreintes de doute sur la régularité des votes et de leur décompte. Les machines à voter sont très utilisées là-bas. Un rapport du GAO (Government Accountability Office) du gouvernent américain de mars 2007 tire la sonnette d’alarme sur le système de vote. Un retour à la version papier ou tout du moins à la conservation d’une trace du vote sous forme papier est envisagée. En cas de doute, on recompte les papiers. Une association aux USA milite pour le retour au vote papier : BlackBoxVoting.

Je ne rejette cependant pas le principe de la machine à voter. Elle pourrait permettre d’organiser plus souvent et plus régulièrement des consultations de la population française.

Si nous souhaitons aller dans ce sens, une solution pourrait être de lancer un projet open-source sur la fabrication et la mise au point d’une machine à voter. Tout citoyen qui le souhaiterait et qui en aurait la compétence pourrait contrôler la façon dont la machine a été conçue et détecter d’éventuelles failles de sécurité. Dans le monde du logiciel libre, beaucoup de composants logiciels de cryptage et de sécurité sont développés selon ce mode collaboratif et ouvert. Leur robustesse est rarement mis à mal.

Des projets de ce type ont déjà vu le jour. On peut citer en Australie l’Electronic Voting and Counting System (eVACS) expérimenté en 2001, mais dont le projet a l’air quelque peu abandonné. Aux USA, un autre projet "open-source" Open Voting Consortium a été lancé pour les élections de 2008. Le 5 juin dernier la commission électorale de San Francisco a même adopté un texte destiné à privilégier l’utilisation de solutions "ouvertes" au public ce qui revient à de l’open-source.

En France, vous pouvez consulter le site de l’Association de citoyens et d’informaticiens ordinateurs-de-vote.org qui regorge d’informations.

Même si nous ne sommes plus en période électorale, il est souhaitable de ne pas se désintéresser du sujet. L’important, c’est que quel que soit le système retenu, le citoyen doit avoir la possibilité de vérifier la sincérité du scrutin. Il ne faut pas laisser quelques industriels avides de marchés publics nous pousser trop vite vers leurs solutions opaques et soi-disant sécurisées. L’open-source représenterait à mes yeux la meilleure solution, car elle serait celle du citoyen. Dans l’immédiat le mieux est de s’abstenir de machines à voter.


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15 réactions à cet article    


  • jpv 9 juillet 2007 12:49

    et pourquoi ne pas revenir à la toute première invention de l’informatique : la carte perforée ? les machines capable de les compter existent depuis bientôt un siècle. elle a été inventée pour le recensement américain par celui qui devait plus tard fonder ibm.

    lors du dépouillement, on ouvre l’urne et on met le tout dans un lecteur rapide résultat en 10 minutes. après, on peut recompter tranquillement pour valider le résultat plus tard. si la machine et les hommes sont d’accords, on recycle les cartes pour la prochaine élection.

    les recettes de bonne fame, ça a du bon.


    • RilaX RilaX 9 juillet 2007 15:20

      Ces cartes perforées n’étaient elles pas a l’origine de la polémique sur la première élection de Georges Walker Bush Junior ? Certaines cartes mal perforées, difficultés pour les gens ayant une vision relativement faible (portent des lunettes quoi) etc ...

      Je pense que le système papier actuel est, et restera le plus sur et donc le plus démocratique.

      Le système de vote par ordinateur qu’on nous a proposé jusqu’à maintenant revenait à privatiser notre démocratie (c’est une entreprise privé qui est en charge de la machine a voter ...) Par contre si le logiciel embarqué est libre, c’est vrai que ça pourrait ouvrir beaucoup de portes ... les pires (parceque l’élection serait informatisé) comme les meilleures (parceque libre et donc innovant) à mon avis.


    • jpv 9 juillet 2007 15:36

      il n’y a pas de problème, que des solutions. pourquoi ne pas concilier les deux. les balots litigieux de l’élection américaine étaient, pour certains, mal fichus et imprimés de travers. en plus, lors de leurs élections, ils votent pour 36 trucs à la fois, donc pas de comparaison avec nos élections.

      bon, disons : pourquoi ne pas mettre une carte perforée par candidat (donc, les trous sont déja faits). on peut lire sans erreur ce qui est écrit dessus. la machine a des trous bien faits. tout le monde est content.

      oh et puis merde, hein. vote à main levée et bagarre générale à la fin. ça se passe tout le temps comme ça dans astérix.


    • guillaume 3 août 2007 12:28

      Effectivement, c’est ce type de système, vérifiable (ne serait-ce que psychologiquement) hors informatique qui paraît le plus intéressant. On aurait ainsi les résultats tout de suite.

      A part ça, il est clair qu’on peut faire une système informatique avec un appareil nettement plus sûr que le vote à bulletin. Le seul problème c’est que ce système devra non seulement être vérifié par des spécialistes (avec mult contre-expertises), être open-source bien sûr, mais tous les appareils et le réseau devront être vérifiées, et survellés par des experts et contre-expeets pour garanti sa viabilité.

      Je penses qu’on devrait avoir recours à ces système pour des référendums de niveau non constitutionnels, et qu’alors on pourrait les enchaîner, en remplacement des assemblées locales et nationales. Pratique pour fairetrancher sur des choix très polémiques.


    • Halman Halman 23 août 2007 11:47

      Oui, et même pourquoi ne pas revenir au système de calcul des votes par un antique ordinateur Univac à cartes perforées, qui, au début des années 1950 avait prédit très éxactement le score de l’élection présidentielle sur une base de seulement quelques milliers de votants pris au hasard.

      Détecter une fraude sur quelques milliers de votant serait considérablement plus facile que sur des millions.


    • adam0509 adam0509 9 juillet 2007 19:29

      le papier (recyclé), il n’y a que ça de vrai !!!

      Même si on doit attendre 2h les résultats définitifs...


      • badaud 9 juillet 2007 19:55

        la limitation des machines à voter électroniques est surtout qu’on ne peut pas savoir si notre vote a bien été pris en compte. et le seul moyen de le vérifié sur ces machines serait de faire une croix sur le secret du vote !

        je ne vois pas comment concilier cela...


        • jako jako 9 juillet 2007 20:18

          Grrrrrrr personne ne peut defendre les machines à voter personne donc urgent de rester comme avant


          • Dilettante 9 juillet 2007 20:23

            Ni les cartes perforées, ni les logiciels open source ne sont de bonnes alternatives, car toutes deux laissent encore la place à trop d’incertitude. Je vais tenter d’expliquer cela pour les logiciels open source, c’est aussi valable pour les cartes perforées.

            Tout d’abord, pour vérifier qu’un code source fait bien ce qu’on attend de lui, il faut pouvoir le comprendre, et seule une minorité de la population en est capable. Les labels et certificats d’organismes indépendants n’ont aucune valeur pour celui qui choisit de ne faire confiance à personne, de ne croire que ce qu’il voit. Si des gens ont besoin de personnes compétentes pour comprendre ce que fait le programme, alors il y a toujours un risque de fraude bien plus élevé que par la méthode habituelle.

            D’ailleurs, le fait d’être open source n’est pas une contrainte suffisante : c’est un détail mineur, mais si le code n’est pas parfaitement commenté, documenté, ou certaines sections sont incompréhensibles, seuls les plus motivés et les plus compétents sauront le comprendre.

            Cela va sans dire, il faut aussi que la totalité du code soit open source, et qu’il ne fasse pas appel à des routines ou des pilotes de périphériques dont la source n’est pas accessible.

            Mais le plus important, c’est qu’il faut être sûr que le programme qui tourne dans la machine est bien celui qu’on y a mis. Il est très facile concevoir une machine de sorte qu’elle ait le comportement promis jusqu’à ce qu’un évènement interne ou externe lui fasse exécuter un programme caché à la place du programme officiel. Nul besoin de briser les sceaux : une connexion sans fil ou une minuterie peuvent très bien faire l’affaire. Ou alors on peut très bien faire s’exécuter le programme attendu, jeter son résultat à la poubelle et le remplacer par celui de notre choix. Les possibilités sont immenses, autant au moment du vote qu’au moment du décompte ! J’insiste sur le décompte, car c’est à mes yeux là que se trouve toute la différence entre la méthode manuelle et informatique.

            Il faut donc d’une part être capable de garantir à chaque instant que le programme exécuté est bien celui qu’on attend (ce qui est loin d’être évident), d’autre part être capable de garantir que la machine sur lequel il tourne n’aura pas de comportement irrégulier (un hardware open source en quelques sortes...), et je ne cite qu’un échantillon des contraintes à respecter.

            Il existe des réponses à ces contraintes, qui passent souvent par un contrôle par internet. Là encore, ça réduit l’universalité du système de vote et de contrôle.

            L’idée des machines à voter open source part d’un bon sentiment, j’y étais moi-même favorable à une époque, mais techniquement, ça ne supprime que peu d’obstacles à leur adoption. Surtout, je vois d’un mauvais oeil le principe de devenir tributaire d’un moyen technique pour exercer l’une de nos principales libertés, lorsque ce moyen technique est loin d’être universel, lorsque son mode de fonctionnement est inaccessible au profane et lorsque seul un petit nombre d’organisations est capable de fournir la technicité requise.

            Mais pourquoi utiliser une machine à voter ? Le dépouillement est fastidieux, mais aisément contrôlable, et c’est un moyen pour le citoyen de participer au fonctionnement de la société, donc de prendre un peu plus sa vie en main s’il le souhaite. Le désintérêt que l’on dit croissant pour ces évènements ne doit pas nous pousser à en abandonner le contrôle.

            Qu’est-ce que deux heures dans un quinquennat ?


            • JL JL 9 juillet 2007 22:41

              Tout a déjà été dit de cette discussion qui tourne en rond, où les adversaires au système donnent leurs arguments dans l’abstrait. Débats stériles car procédant du renversement de la preuve.

              Il appartient aux partisans de proposer une solution concrète, et de prouver qu’elle est fiable. Aucun fabriquant n’a réussi, et je gage qu’il n’y arrivera jamais, nous pourrions dormir tranquilles, si cela suffisait.

              Il faut seulement être fermes et refuser ces machines.


              • Jameba 10 juillet 2007 07:20

                David Lapetina a interrogé François Elie et Nicolas Barcet sur la possibilité d’utiliser des logiciels libres pour résoudre la problèmatique des machines à voter. Tous deux s’accordent pour dire que cela ne peut pas constituer une solution.

                Voir : http://www.betapolitique.fr/spip.php?article0629


                • Chantal Enguehard Chantal Enguehard 19 juillet 2007 17:39

                  Voir aussi l’nterview de Richard Stallman, fondateur de la FSF (Free Software Foundation) par David Lapetina.

                  http://www.onirik.net/spip.php?article3276


                • skalagrig 16 juillet 2007 18:44

                  Un article intéressant histoire de relancer le débat :

                  http://brestoiseries.blogs.letelegramme.com/archive/2007/05/25/vote-%C3%A9lectronique-les-absents-ont-toujours-tort.html

                  Vote électronique : les absents ont toujours tort

                  « Les partisans du vote papier crient qu’ils défendent la démocratie et que le pourcentage d’erreur est plus important avec les ordinateurs de vote qu’avec le vote papier. La question posée mérite attention et débat. J’eusse aimé cependant que cette véhémence s’exprimât également dans la participation à la tenue des bureaux de vote.

                  A chaque scrutin, je passe une partie de la journée du dimanche dans les bureaux de vote en tant qu’assesseur ou président. L’ambiance y est souvent confraternelle puisque tout le monde est là en tant que « prisonnier volontaire ». Lors des deux tours de l’élection présidentielle, plusieurs personnes au sein du bureau de Dukas, que je tiens dans le quartier de Kérédern, ont affirmé leur refus du vote électronique, le visage fermé, les dents serrés, le regard noir. Parfois même on nous reprochait directement cette procédure. Toujours avec cette froideur qui ne sied pas à ceux qui s’auto-érigent comme les seuls partisans de la démocratie. Et en l’absence de tout signe de respect pour ceux qui passent dix heures à vérifier des pièces d’identité, tamponner des cartes d’électeur et dire bonjour et au-revoir.

                  Ce type de comportement est inadmissible quand on sait qu’aucun représentant des partis ou organisations appelant à un moratoire sur le vote électronique n’était présent dans ce bureau ni dans beaucoup d’autres. Et je le dis avec d’autant plus d’humilité que le mouvement que je représente, l’UDF, n’est certainement pas un modèle en la matière.

                  Depuis quinze ans que je participe à ces opérations électorales, j’ai vu passer le nombre de tables de dépouillement de trois par bureau à une seule sur la fin avant la mise en place du vote électronique. La vraie question qui se pose aujourd’hui n’est pas celle d’un moratoire mais la suivante, plus provocatrice, jusqu’à quand serons-nous assez nombreux pour tenir les bureaux les jours d’élection ? »


                  • Chantal Enguehard Chantal Enguehard 19 juillet 2007 17:47

                    Merci pour votre engagement citoyen, sincèrement.

                    Mais je ne parviens pas à me souvenir de la dernière campagne de sensibilisation pour inciter les gens à venir tenir les bureaux de vote et/ou dépouiller.

                    Suis-je bête, je ne m’en souviens pas, parce qu’il n’y en a jamais eu. C’est tout simple : si on ne cherche pas les gens pour participer à la tenue des journées de scrutin, et bien, on ne les trouve pas !

                    Invitons les municipalités et le Ministère de l’Intérieur à mobiliser les citoyens pendant les scrutins !

                    Je rêve d’une campagne avec des slogans du style :

                      Les élections, c’est VOTRE affaire

                      inscrivez-vous pour tenir un bureau de vote !

                     smiley

                    Mais, peut-être que je rêve...


                  • alain49 alain49 19 juillet 2007 09:30

                    Je me risquerai à dire que ces ordinateurs de vote sont un recul dans la démarche citoyenne que représente un vote papier. J’ajoute qu’il m’arrive de participer activement au fonctionnement du bureau de vote de mon quartier. Il suffit au président d’un bureau de vote de demander des bénévoles et cela ne pose aucun problème. Je n’ai certainement pas compris tout l’acharnement de certains élus a vouloir imposer ces ordinateurs soumis à des aléas de dysfonctionnements. Comme disait André Malraux : « Juger, c’est ne pas comprendre, parce que, si l’on comprenait, on ne jugerait pas ». J’aimerais tout comprendre ; il paraît que ça me rendrait plus indulgent !.

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