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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Manger moins de viande par solidarité

Manger moins de viande par solidarité

Saviez-vous qu’il y a une façon toute simple d’améliorer l’alimentation, tout en contribuant à l’avènement d’une agriculture qui puisse combler les besoins en nourriture de toute l’humanité ? Il suffit de réduire progressivement la consommation de viande d’élevage.

D’abord les faits : l’élevage nécessite 50 fois plus terrains cultivés que l’agriculture pour l’équivalent en nourriture. Plus de 80 % des cultures servent à nourrir les animaux d’élevage. Un tiers de la pêche est destiné à la nourriture des animaux d’élevage.

La surconsommation occidentale de viande draine une quantité démesurée de la production végétale.

Dans un rapport soumis au Congrès mondial des Nations Unies sur l’alimentation en 1974, le grand économiste agronome René Dumont était catégorique  : « La surconsommation de viande par les riches engendre la famine chez les pauvres Technorati Tag World. Cette forme peu rentable d’agriculture doit changer... »

Depuis, le monde a changé, mais pas le modèle d’une agriculture intensive destinée à nourrir les animaux.

Ce modèle s’étend même à la Chine, qui augmente sa consommation de viande à mesure que sa population s’enrichit.

Cette tendance transformera l’agriculture en Chine, voire à l’échelle mondiale. Certains agriculteurs américains prévoient que dans l’avenir, l’agriculture intensive (occidentale) permettra d’alimenter la production animale en Chine.

Tim Lang. Politique alimentaire au XXIe siècle : à la fois radicale et raisonnable ?

La surconsommation de viande dans les pays riches Technorati Tag World cause un détournement de l’agriculture, autant dans ces pays que dans plusieurs pays en voie de développement Technorati Tag World.

L’institut de recherche américain Earth Policy Institute soulignait, en mars dernier, le caractère absurde de la situation.

If the Chinese consume resources in 2031 as voraciously as Americans do now, grain consumption per person there would climb from 291 kilograms today to the 935 kilograms needed to sustain a U.S.-style diet rich in meat, milk, and eggs. In 2031 China would consume 1,352 million tons of grain, far above the 382 million tons used in 2004. This is equal to two thirds of the entire 2004 world grain harvest of just over 2 billion tons.

Lester R. Brown. Why the Western Economic Model Will not Work for the World.

La catastrophe venue d’Asie, ce ne sera pas la grippe aviaire, mais bien la formidable demande de productions agricoles destinées à nourrir le cheptel chinois.

Et dire qu’il est plus économique, et tout aussi nourrissant, de manger moins de viande...

Comment s’explique notre entêtement à préférer la viande ?

Une des explications est le monopole qu’exercent les sociétés transnationales sur les secteurs de l’alimentation et de l’agriculture.

Produire du grain qui va nourrir du bétail qui va nourrir les humains, c’est beaucoup plus rentable que de nourrir les humains avec ce même grain. En somme, la chaîne du profit décide des maillons de la chaîne alimentaire des humains.

Dans cette chaîne alimentaire créée artificiellement pour nos besoins, il y a en ce moment environ 1 milliard de porcs, 1.3 milliard de vaches, 1.8 milliard de chèvres et de moutons et 15.4 milliards de poulets. (The global benefits of eating less meat. Mark Gold et Jonathon Porritt).

Mangez moins de viande, et vous sauverez la planète.

Pour commencer votre nouvelle alimentation, c’est par ici (en anglais).


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8 réactions à cet article    


  • Hkac (---.---.242.109) 24 novembre 2005 12:27

    Je ne peux que partager votre point de vue. Je consomme de la viande pratiquement une fois par jour. Je sais pourtant qu’un tel apport de protéines animales n’est pas indispensable pour bien vivre. Par exemple un repas fait de salades composées, de légumes et de fruits exclusivement pourrait de temps en temps remplacer sans dommages un repas à base de viande.

    De même, sans tomber dans l’ésotérique, on peut imagine que manger un repas uniquement fait de riz « plain » (nature), comme le font des millions de gens au quotidien ne ferait pas de mal non plus.

    Finalement, faire un jeûne d’une journée toutes les x semaines ne ferait pas grand mal non plus.

    Tout l’enjeu est de diminuer ses besoins pour arriver à une sorte « d’optimum ». L’optimum, c’est ne prendre rien de plus que ce qui est strictement nécessaire. Adopter « l’optimum attitude » évite le gaspillage et la gâchis.

    Mais voilà, l’humanité, en se développant, promeut la « hubris » (la démesure des anciens grecs). La sur-consommation, l’accéleration des cycles d’échanges avec la nature, le pillage de la biosphère vont probablement avoir un impact sans précédent sur tout le système vivant et en particulier sur l’être humain.

    Je ne suis pas très optimiste concernant le devenir de l’être humain, il introduit trop de perturbation dans son milieu et contribue à rendre le système vie imprévisible et instable.

    PS : vous savez aussi que le développement de l’élevage accentue l’effet de serre (dégagement de méthane).


    • Emmanuel Delannoy (---.---.172.139) 24 novembre 2005 12:34

      Tout à fait sur la même ligne que toi sur ce point, Michel.

      Le rendement à l’hectare pour produire une calorie « carnée » est désastreux par rapport à celui d’une calorie d’origine végétale.

      Quand on en est à déboiser l’Amazonie pour faire pousser du soja qui engraissera les porc et les boeufs américains et européens, il y à urgence à réagir.

      Et sans mettre en péril notre équilibre alimentaire (au contraire), nous avons une marge de progrès facile à atteindre. En particulier chez les adultes (je suis encore réservé sur l’attitude de certains végétariens qui mettent leurs enfants au même régime).

      Emmanuel, Mammifère omnivore mais raisonnable


      • Chris (---.---.248.31) 24 novembre 2005 15:14

        Personnellement, mon environnement familial m’a toujours poussé a consommer de la viande à tous les repas ... et je trouvais celà « normal ». Si mes parents me le disent, c’est que çà doit être bon pour moi ! Puis, un jour j’ai rencontré une collègue de travail qui était végétarienne. Quelle fille bizarre ! Ne pas manger de viande, quelle idée ? Et puis, elle doit avoir des carences, manquer de protéines, être « faible »... et puis, c’est chiant de toujours devoir trouver quelque chose à manger « sans-viande » dans notre quotidien ! Un jour, elle m’a confié un livre sur le végétarisme (dont je n’ai pas le titre sous la main, désolé !), qui tient vos propos plus beaucoup d’autres sur la souffrance des animaux. A propos, vous connaissez « l’anti-spécisme » ? Un petit tour sur google pourra vous renseigner. Bref, ce livre m’a un peu « ouvert » l’esprit et depuis je ne consomme plus de viande, ni de poisson. Au début, il m’a fallut un petit temps d’adaptation pour faire mes repas mais je vous assure que l’on peux avoir des repas variés et équilibrés en étant végétarien (après tout, balancer son morceau de steak dans un plat pour le faire chauffer, ce n’est pas un peu facile ?)... Comme je fais beaucoup de sport, je m’inquiétait sur d’éventuelles « carrences » que j’aurai pu avoir mais après avoir pris plein de renseignements (privilégier l’association légumineuses/céréales par exemple ...) j’ai vu qu’il n’en était rien et je vous l’assure : je ne me suis jamais senti ausi bien que depuis que je suis végétarien... Alors, pourquoi ne pas pousser l’étude ouverte par cet article un peu plus loin, ... et ne plus consommer d’aliments incluant la souffrance animale ?


        • Marie (---.---.10.80) 24 novembre 2005 20:35

          Tant que les éleveurs seront sous perfusion communautaire et refuseront l’élevage raisonné (fourrage), quantité de bétail e cheptel à taille humaine,nous n’en sortirons pas. Les éleveurs et producteurs altdernatifs sont encore trop peu nombreux.

          Enfin, je consomme de la viande entre 3 à 4 fois la semaine, je m’en porte très bien. Un petit budget utilisé avec raison : une bonne boucherie qui achète de la « vraie » viande et je vous assure la différence est de taille. Allez retour au vrai goût !


          • (---.---.131.216) 24 novembre 2005 23:56

            Bravo, voici encore une page qui va dans ce sens !

            Alimentation : notre écologie interne et ses conséquences externes, où comment une idée simple, si elle est largement adoptée, suffirait par elle-même à sauver l’humanité et à régénérer notre planète pour nos enfants.

            En Français, Anglais et Espagnol

            http://sens-de-la-vie.com/Archepages/020_alimentation_juste.htm


            • (---.---.248.42) 25 novembre 2005 02:40

              Moi personnnellement, je mange moins de viande depuis que mon supermarche qui avait une filiere qualite viande, a quand meme vendue de la viande folle (ca ete retire des rayons, mais c’est reste dans ma memoire). Et ma foi je me porte tres bien. a+


              • (---.---.162.15) 28 novembre 2005 11:34

                Merci pour cet article qui fait réfléchir. Je suis un mangeur de viande ou poisson tous les midis, rarement le soir. Je pense qu’il est très difficile à un adulte de changer ses habitudes alimentaires, c’est tout de même possible par touches. Par contre nous devrions faire un effort pour ne pas transmettre nos mauvaises habitudes. Cessons de forcer les enfants à manger de la viande !

                Am.


                • Sam (---.---.107.230) 29 novembre 2005 05:29

                  Voici des liens qui vous feront réfléchir :

                  VÉGÉTARISME ET SURVIE DE LA PLANÈTE L’industrie de la viande est une catastrophe écologique pour notre planète et une source de souffrance autant pour les humains que pour les animaux. La viande est un gaspillage d’eau, de céréales. Elle est liée à une dégradation des sols, à la déforestation, à la contamination des eaux par les nitrates, les engrais, les pesticides et à la destruction des forêts tropicales . Elle a un impact sur l’effet de serre par les gaz polluants des élevages d’animaux provoquant ainsi de graves changements climatiques. L’industrie de la viande affame les plus pauvres , contribuant à la famine et à une mauvaise répartition des ressources. http://www.ass-ahimsa.net/ecologie.html

                  UN SIMPLE HAMBURGER Il y a plus d’ingrédients dans un hamburger de 115 grammes que l’on ne peut le voir d’un simple coup d’œil. Pour commencer, 8000 calories d’énergie issue de combustibles fossiles sont utilisées dans la production agricole d’un hamburger de 400 calories, sans compter le petit pain. Selon des estimations on détruit 17 mètres carrés de forêt tropicale abritant 75 kilogrammes de plantes et d’animaux vivant pour produire un steak haché de bœuf en Amérique Centrale. Dans leur ensemble, la terre, le combustible et l’eau utilisés pour élever le bétail et transporter le bœuf de la ferme à l’assiette impliquent une dépense d’énergie beaucoup plus grande que le hamburger ne fournit à la personne qui le mange. Si l’on ajoute les à côtés tels que la pollution de l’eau, l’hypertension artérielle et les maladies cardio-vasculaire, les aspects négatifs du hamburger surpassent de loin leur valeur nutritive. World Watch http://www.delaplanete.org/article.php3?id_article=150&var_recherche=hamburger

                  RIEN DE PERSONNEL ! Mais que cela vous plaise ou non, le fait de manger de la viande devient un problème pour nous tous sur la planète. World Watch http://www.delaplanete.org/article.php3?id_article=148&var_recherche=viande

                  LES CONSOMMATEURS DE VIANDE POMPENT L’EAU MONDIALE - The Guardian http://www.veganimal.info/article.php3?id_article=190

                  ÉCOLOGIE ET VÉGÉTALISME http://www.veganimal.info/article.php3?id_article=9

                  NUTRITION ET SANTÉ HUMAINE http://www.veganimal.info/article.php3?id_article=10

                  L’AGRICULTURE INDUSTRIELLE DANS LE MONDE EN DÉVELOPPEMENT Sur certains points fondamentaux, c’est bien loin d’être un progrès. Danielle Nierenberg est chercheuse à l’Institut Worldwatch http://www.delaplanete.org/article.php3?id_article=83&var_recherche=viande

                  POPULATION MONDIALE, AGRICULTURE ET MALNUTRITION L’augmentation de la production de nourriture par hectare de terre ne va pas de pair avec l’augmentation de la population, et la planète n’a virtuellement plus de terres arables ou d’eau douce en réserve. En conséquence, la surface de terre cultivable par personne a diminué plus que de moitié depuis 1960, et la production par personne de céréales, la nourriture de base, est en baisse partout dans le monde depuis 20 ans. http://www.delaplanete.org/article.php3?id_article=156

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