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Manifestation et débordement à Poitiers...à la poursuite de l’ennemi intérieur ?

A la manière de la romancière Joan Wilder, dans le film "A la poursuite du diamant vert", les faits et points de vue que nous rapportent presque tous les médias classiques sur les évènements qui ont eu lieu le samedi 11 octobre 2009 à Poitiers semblent indiquer, encore une fois, une cible bien précise : "l’ultra-gauche".

-  "Une manifestation de "l’ultra-gauche" extrêmement violente et très organisée", a expliqué à l’Associated Press la directrice de cabinet du préfet, Anne Frackowiack.

- « Ce qui était au départ annoncé comme un « rassemblement festif » a tourné à l’opération commando. » selon France-Soir.

- « Cagoules, masques, drapeaux noirs et compagnie, ils avaient tout l’attirail habituel », décrit Simon Hiernard.

- « C’est simplement un mouvement anarchiste très organisé qui a utilisé la nouvelle prison comme prétexte à leurs actions », assure Alain Claeys, député maire (PS) de Poitiers.

- « Quand les saccages ont commencé, certains ont retiré leur masque pour se désolidariser du mouvement », relate Simon Hiernard.

Et nous revoilà donc retombés, 11 mois presque jours pour jours après Tarnac (11.11.2008), dans les méandres de « l’ultra-gauche » et des « anarchiste très organisé ».

Pourquoi aucun média ne reprend ne serait-ce que quelques lignes d’une des déclarations faite, via le net, par le Collectif contre la prison de Vivonne ou le communiqué de l’Organisation communiste libertaire Poitou ?

Dans un soucis d’égalité et d’information, il me semble important que ces communiqués soient proposés sur des sites d’information comme Agoravox.

Communiqué sur la manifestation du 10 octobre à Poitiers

Nous, collectif contre la prison de Vivonne, tenons à revenir sur les événements qui se sont déroulés lors de cette journée anti-carcérale du 10 octobre lancée à notre initiative. Avant toutes choses, il nous paraît important de rappeler à tous nos détracteurs que la manifestation n’était pas le centre de la journée. Nous invitons ainsi tout le monde à relire le programme de cette journée qui appelait outre la manifestation festive à des débats avec intervenants extérieurs sur des thèmes tels que le sécuritaire ou les luttes anticarcérales... ainsi qu’à des concerts le soir même. Par ailleurs les débats qui ont eu lieu avant la manifestation, contrairement au reste de la soirée qui a été annulé par les forces de l’ordre, montrera peut être par les apports qui en sortiront que la réflexion sur le sujet n’était pas exempt de la journée. Les déclarations de tous les “citoyens” et “journaleux” qui ont pris hâte de faire passer ce collectif comme un prétexte pour organiser une “émeute” et étant “une cellule d’ultra gauche” nous paraît donc d’une stupidité sans nom, d’un mensonge et d’une volonté politique des plus réactionnaires. Encore une fois nous assistons à l’utilisation d’outils médiatico-politique récurants ces derniers temps au même titre que les étiquettes “d’anarcho autonome” et “d’ultra gauche organisée”.

Bien que solidaire de tous les interpellés et n’ayant aucun intérêt à juger en bien ou en mal les actes commis, nous pouvons toutefois dire que les pratiques utilisées ne correspondaient pas à nos attentes et qu’un bilan de la stratégie politique émanera de ces événements. Nous rappelons que, bien qu’ayant appelé à cette manifestation, nous ne sommes en aucun cas responsable des actes qui y ont été commis. Mais parler d’une violence à sens unique nous paraît inexact en vue de la gestion policière qui a suivi la manifestation : occupation policière massive de tout le centre ville (mise en place d’un quasi “couvre-feu”), arrestations arbitraires, opération policière au numéro 23 de la porte de Paris (local culturel), où devait se dérouler la suite de la journée, digne d’une ère ancienne ... Le numéro 23, qui n’avait aucun lien avec les événements de la manifestation a ainsi vu une perquisition des plus violentes. Les personnes présentes ont ainsi subit diverses violences (coups de tonfas), humiliations (face contre terre les mains sur la tête) et contrôle abusif des identités (photos et question...) pendant près de 4h ! De plus les policiers présents ont volontairement dégradé le matériel sono loué ou prêté pour l’occasion (estimation à plusieurs milliers d’euros) !!!

Ainsi il nous semble que le moment n’est pas à la dénonciation mais bel et bien à la solidarité avec les militants inculpés !

Libération des manifestants en garde à vue !

Le collectif contre la prison de Vivonne
.

Communiqué Organisation communiste libertaire Poitou

Il n’y a pas eu plus d’émeute à Poitiers le 10 octobre
que de socialisme en France en mai 1981

Quelques poubelles qui brûlent, quelques vitrines brisées (celles de banques essentiellement, ainsi que de Bouygues Télécom – le maître d’œuvre de la nouvelle prison à Vivonne –, et d’un journal local), quelques fumigènes, le tout mettant aux prises quelques dizaines de personnes avec la police pendant une petite heure, cela ne fait pas encore une émeute !
Une émeute, c’est, rappelons-le, un soulèvement populaire mis en œuvre par une partie importante et significative de la population dans un espace politique donné.
En revanche, l’intrusion policière couverte par le procureur de la République, à huit heures du soir, dans un lieu privé, bien après et loin du lieu de la manifestation, pour procéder au contrôle d’identité des 100 personnes présentes pour un débat, un repas et un concert (toutes choses qui ne purent avoir lieu de ce fait), cela ressemble fort à un état de siège interdisant toute réunion la nuit venue ! Tous et toutes au sol, mains sur la tête en plein air pendant cinq heures, cela n’est pas encore si banal que l’on ne puisse en faire grand état.

La journée anticarcérale du 10 devait être l’occasion – en profitant du transfert, prévu le lendemain, des prisonniers de la vieille prison de Poitiers vers la neuve de Vivonne, à quelques kilomètres – de poser la question cruciale de la prison dans une société où le sécuritaire et l’enfermement sont les deux pivots du maintien de l’ordre capitaliste.
Un premier débat s’est tenu en début d’après-midi, parfaitement introduit par une militante de l’Association pour le respect des proches des personnes incarcérées (ARPI). Il fut l’occasion d’aborder de multiples questions dans une ambiance d’écoute et de réflexion assez rare sur ces sujets particulièrement sensibles. Quel sens donner à l’abolitionnisme ? Quelle population croupit dans les prisons ? Dans une société « libertaire », quel sens aura la déviance ; faudra-t-il ou non « punir », pourquoi, comment ? Bref, autant de questions guère débattues en public. Une réussite.

Ensuite, départ pour la manif « festive ». Mais s’il y a eu problème alors, ce n’est pas tant dans les événements décrits succinctement plus haut – qui, répétons-le, ne furent en rien une émeute, et dont la responsabilité revient essentiellement aux forces de l’ordre – que dans l’ambiance qui y régnait. Des groupes de militants, ceux que nous appelons « hors-sol », ont, de fait, pris le contrôle de la manifestation, qui regroupait environ 300 personnes, imprimant leurs décisions, leur rythme, leur manière d’agir et leurs fantasmes à l’ensemble des manifestants (sans se préoccuper des retombées sur l’environnement local). A disparu alors tout souci d’expliquer le pourquoi de cette manifestation – pas de tract clair, pas de slogans lancés, des banderoles vides de toute inscription (!). Or, quand de tels messages sont absents, il ne reste plus que celui des vitrines brisées comme but en soi et unique non-message ! Comme si l’objectif de la journée, qui était de sensibiliser un peu une frange de la population à l’absurdité de la prison, devenait secondaire par rapport à, par exemple, l’inscription du slogan le plus imbécile de l’année : « La plus belle jeunesse est celle qui est en prison », ou encore à s’affronter avec la police. Bref, une ambiance pas trop démocratique (il n’est pas de démocratie que bourgeoise !) et un avant-gardisme rappelant de sinistres heures du gauchisme militaro que l’on croyait renvoyé aux poubelles de l’Histoire. Une manifestation où la peur et l’angoisse devant des visages figés par des masques et des uniformes sombres nous plaçaient aux antipodes des yeux dans les yeux et de la communication colorée et festive prévue.

Ce n’est pas la première fois que cela se produit, et il est urgent que les pendules soient remises à l’heure, afin que le sens des mobilisations en cours ne passe pas au second plan en nous faisant entrer dans un cycle permanent de violence-répression où notre énergie s’usera au nom de la solidarité (« malgré tout », puisque ce sera un choix forcé). Autrement, les sempiternelles obligations antirépressives risquent de devenir pour nous le pendant des journées d’action rituelles de la CGT.

O
CL-Poitou

Il me semble, après lecture des communiqués de ceux qui avait organisé un rassemblement pacifiste lors de cette journée d’information sur les centres de rétention que les débordements ne font pas partie de leur moyen d’action.

A vous de faire le tri, en toute objectivité, entre les infos que vous donnent les médias locaux et nationaux dépendants des recettes publicitaires et les communiqués des comités de soutien des deux articles postés au-dessus dont font partie des gens qui, comme vous, ont des enfants, des responsabilités et surtout rien à gagner à ce que leur moyen d’action pour rendre l’opinion publique attentive se solde par une action violente.

A qui profite cette "enfumage" médiatique ?

A ceux qui voulaient une manifestation festive et amener des débats sur des thèmes sécuritaires ou les luttes anti-carcérales ?

Certainement pas.

Par contre, M. le Préfet de Poitou-Charentes emploie des termes juridiques assez précis : "objets à destination d’armes" et fait un amalgame avec les violences commise à Strasbourg en avril 2009 lors du Contre-Sommet de l’Otan :

"Ils sont extrêmement bien organisés, extrêmement bien formés. Je dis ça vu les méthodes employées, les objets à destination d’armes qu’ils ont utilisés, c’est donc des ultra-violents,(...) qui peuvent sévir partout en France sur des opérations de type commando", a dit le préfet de Poitou-Charentes, Bernard Tomasini, sur France Info...Ces violences font écho, pour les autorités, à celle du sommet de l’Otan en avril à Strasbourg, où des militants de la gauche radicale surnommés les "black block", également armés et masqués, avaient ravagé un quartier de la ville"...

La chasse aux sorcières continue ?

Sur les dix-huit personnes interpellées au n°23, neuf d’entre-elles sont encore en garde à vue.

Source article de presse :

France Soir :

Poitiers sous le choc après les violences

Nouvel Obs :

Dix huit interpellations après les violences à Poitiers

Le livre "l’ennemi Intérieur" de Mathieu Rigouste

entretien-interview avec Mathieu Rigouste

 

 

 

 

par E-fred (son site) lundi 12 octobre 2009 - 72 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Marcel Chapoutier (xxx.xxx.xxx.41) 12 octobre 2009 13:10
    Marcel Chapoutier

    Je voudrais bien qu’on m’explique comment le péripate peut avoir 10 points en 5 mn, je sais bien qu’AV est souvent investi par une bande de trolls du FN mais quand même, il y a de la triche dans l’air...

  • Par Marcel Chapoutier (xxx.xxx.xxx.41) 12 octobre 2009 13:02
    Marcel Chapoutier

    Cette affaire est pour le moins suspecte, on peut soit y voir (sans avoir mauvais esprit) une petite bande d’ados boutonneux énervés par des montées d’hormones et encouragés par des ainés infiltrés venant tout droit de la préfecture selon la bonne vieille recette de la provocation policière amenant sans tarder une répression sauvage. Cette fausse émeute, faudrait tout de même que nos autorités et médias apprennent à faire la différence entre une émeute et une opération commando ciblée, de plus ce qui est bizarre c’est que seuls 2 participants à cette "opération" ont été arrêtés, les autres arrestations ont été effectuées "au hasard" bien après les évènements. Cette affaire a permis d’interdire et de réprimer sans ménagement le programme de festivité du mouvement anticarcéral, ce qui fait bien plaisir à Mam et au ministre de la police (celui qui trouve qu’il y a trop d’ auvergnats en France...)

    http://juralibertaire.over-blog.com/article-la-police-travaille-a-poitiers-37321146-comments.html

    L’affaire de Marseille n’a rien à voir, c’est un débordement classique, un après match de foot que l’on voit 10 fois par an en Europe, bien sûr les réacs style FN comme l’autre Bulgroz en profitent pour étayer leur racisme aussi viscéral que nauséabond...
  • Par morice (xxx.xxx.xxx.4) 12 octobre 2009 13:43
    morice

    Ce matin, comme par hasard, le maire de Poitiers annonce à la radio de renforcer le contrôle de ces groupes d’ultra gauche... samedi à Lille, il y avait une manif du même tonneau ; mais avec en face comme par hasard une goupe de crânes rasés surgis tous en même temps du métro, d’après la presse locale, qui raconte les avoir vus ailleurs avant : plutôt la trentaine tous, entraînés par un ancien du service d’ordre du FN, tenant bistrot en banlieue lilloise : le journal annonce une blessée au final... il semble que l’on mélange pas mal de choses là, et que l’extrême droite profite autant du marasme mais n’est jamais citée par le gouvernement comme étant aussi dangereuse que l’ultra gauche : et il semble surtout que ça tombe bien ces casses à un moment où le pouvoir ressort les discours sécuritaires.. avec comme porte-parole un ministre qui se fait discret et qui ne veut pas qu’on lui rappelle qu’il maniait la barre de fer quand il était jeune : Hervé Novelli, venu fort étrangement donner des leçons de civisme le lendemain des événements de la Gare du Nord, sur les lieux mêmes.... 


    Allez donc voir le Figaro, qui, pour ouvrir un article sur ces mouvements ouvre par une photo où les casseurs munis de bâtons on la trentaine bien tassée devant des gamins ayant 10 ans de moins. 

    regardez-ça :


    à gauche, Parka de l’armée, djean et le sourire aux lêvres... un "djeune"...

    Dans beaucoup de manifs, ces derniers mois, des casseurs d’un nouveau genre sont en effet apparus : bizarrement, ils sont tous quasi quadragénaires et entraînent des gamins de 20 ans ou moins.. Des sites les ont pris en photo : or certains reviennent de manifs en manifs... sans donc faire partie du groupe au départ de la manif... qui sont-ils ces faux loubards ??? 

    Je pose donc simplement une question : ces mouvements d’ultra gauche auraient des chefs ayant parfois la cinquantaine d’année ? (un de ceux arrêtés à Poitiers aurait cet âge dit la presse). Etrange, les 3/4 des manifs de cette sorte sont le fait de jeunes. Qui sont ces VIEUX ? des passéistes ? Qui en devenant vieux ne se seraient pas calmés ?? Je m’en étonne... l’arthrite gêne le lancement de pavés, non ?

    En résumé, en ce moment, on a un GROS problème de VIEUX dans des manifs de jeunes... avec des vieux au gouvernement qui "tapent" sur les jeunes... comme par hasard...

    Félicitations, E-Fred, vous êtes ici un peu notre veilleur de jour... on vous félicite donc pour ce boulot de fond. Le fascisme est latent, il commence toujours comme ça : par montrer du doigt une jeunesse qui bouge. Je ne soutiens en RIEN les dégâts commis, ne partage en rien ni de soutiens en rien les actes de Poitiers, je trouve simplement que cet acte débile AIDE surtout une répression qui pourrait devenir bien plus embarrassante après, et surtout ne montre du doigt que l’extrême gauche, alors que l’extrême droite a pignon sur rue désormais en France : en ce sens, les propos du maire de Poitiers me semblent un peu avoir été.... téléguidés...

    En résumé, on attend les images de Poitiers qui vont nous montrer combien de VIEUX menaient la barre de fer là-bas. Si on me montre qu’il n’y avait que des jeunes, je prendrais pour compte les "analyses" actuelles. Pour l’instant, je reste dubitatif...
  • Par Le péripate (xxx.xxx.xxx.211) 12 octobre 2009 12:15
    Le péripate

    Oh, une petite fête qui a débordé par la faute de la police.

    Les fascistes nous prennent vraiment pour des cons.

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