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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Mariage pour tous : sous la polémique, le véritable débat

Mariage pour tous : sous la polémique, le véritable débat

Puisque le Gouvernement a invité la population française à débattre du projet de loi sur le « mariage pour tous » (bien que rappelant que de toute façon ça ne changerait rien - mais enfin, la démocratie parfaite n’existe pas, ne soyons pas trop exigeant), j’ai décidé de prendre ma plume pour apporter ma modeste contribution à l’édifice. L’objectif principal de cet article n’est toutefois pas d’indiquer si je suis personnellement « pour » ou « contre », mais d’essayer de recadrer un peu le débat qui prend des tournures véritablement détestables qui rappelle les plus belles heures de l’Affaire Dreyfus. Dans les 2 cas en effet, il s’agit d’une affaire qui devrait pouvoir être discutée en termes objectifs et rationnels (y a-t-il des preuves irréfutables contre Dreyfus, oui ou non ; est-il justifié de modifier le mariage civil pour assurer les mêmes droits aux couples homosexuels, oui ou non) ; dans les 2 cas aussi, hélas, le débat a dégénéré en une véritable querelle idéologique qui a divisé la France entière, non pas entre citoyens raisonnables partageant des opinions différentes, mais entre 2 camps idéologiques engagés dans un combat d’une extrême violence (l’accusation d’ « homophobie » remplaçant simplement celle d’ « antisémite »).

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Ils en ont parlé (du mariage pour tous !)
Caricature de Caran d’Ache, retouchée par mes soins

Cadre intellectuel et philosophique du débat sur le « mariage pour tous »

Pour bien comprendre les enjeux-clefs de ce débat sur le « mariage pour tous », ainsi que les positions et réactions des uns et des autres, il faut donc prendre un peu de recul et, comme on dit, replacer les choses dans leur contexte : celui, plus que bimillénaire, qui oppose 2 conceptions fondamentales de l’être humain : être naturel ou être artificiel.

Selon une première conception, en effet, l’homme fait partie intégrante de la nature : s’il y occupe une place indéniablement particulière, il ne la transcende pas ; certes animal particulier, il reste animal malgré tout. La recherche du bonheur consiste dès lors à comprendre en quoi consiste l’identité naturelle de l’être humain, et à adopter des modes d’organisation sociale qui s’y conforment. Il existe ainsi un « ordre naturel  » qui doit constituer la norme de la justice et du droit, et l’organisation et le fonctionnement de la société doivent en dériver sous peine de dérèglements et d’insatisfactions. Mais, selon une conception opposée, l’homme transcende la nature : seul parmi les espèces vivantes à disposer d’un libre-arbitre, il est capable de se libérer de ses contingences biologiques et de décider en toute autonomie ce qu’il veut être. La recherche du bonheur consiste donc non plus à se conformer à un ordre naturel contingent, mais à définir ex-nihilo une identité artificielle de l’être humain, et à adopter des modes d’organisation sociale qui tendent vers la matérialisation de celle-ci. C’est à l’homme d’inventer un « ordre artificiel », et l’organisation et le fonctionnement de la société doivent s’efforcer de se diriger vers cet idéal pour assurer le plus grand bonheur de tous. Selon la première conception, toute modalité d’organisation sociale qui s’est ancrée dans la tradition d’un peuple sera considérée comme naturelle, car produit d’une forme de « sélection naturelle », et donc souhaitable et positive. Au contraire, toute volonté de changement soudain et dirigé « par le haut » sera accueilli avec beaucoup de réticence car ayant de fortes chances d’être contraire à l’ordre naturel, et donc d’écarter la société de son optimum naturel. A l’inverse, selon la seconde conception, tout ce qui peut venir du passé, de la tradition, constitue une entrave de la nature, non souhaitable et négative, et dont il convient de se libérer pour permettre l’avènement du nouvel ordre artificiel défini comme un idéal à atteindre.

Cette dialectique entre « ordre naturel » et « ordre artificiel » anime l’histoire de la pensée humaine depuis son origine. On peut en voir les prémisses dans les débats internes de la philosophie grecque entre les « idéalistes » (Pythagore, Platon), selon lesquels la véritable réalité du monde se situe dans une dimension transcendante, métaphysique, d’ordre intellectuel (celle des Nombres, Essences ou Idées), et les « matérialistes » (Démocrite, les Sophistes, les Epicuriens…) selon lesquels la seule réalité est au contraire celle de la matière et de la nature phénoménale, à laquelle il est souhaitable de se conformer pour atteindre le bonheur. On en suit l’actualisation entre les philosophes chrétiens puis Descartes, pour lesquels l’homme est la seule créature dotée d’une âme et d’un libre-arbitre, et des penseurs monistes comme Spinoza qui voient une forme d’ « esprit » jusque dans la matière inanimée. On la retrouve ensuite entre Kant et son « monde nouménale », et Nietzsche, qui brise les idoles de tous ces « arrières-mondes » métaphysiques, de Platon à Schopenhauer. Sur le plan politique, on la retrouve en particulier à l’époque de la Révolution française, lorsque les Philosophes des Lumières, de Rousseau à Robespierre, se feront les hérauts d’une « table rase » et de la construction d’un « homme nouveau », projet révolutionnaire auquel s’opposeront au contraire les partisans de l’ordre traditionnel « naturel » de l’Ancien régime. Sur le plan psychologique, enfin, on la retrouve tout particulièrement dans la fameuse « Théorie du Genre », issue des milieux féministes d’extrême-gauche américain des années 60, selon laquelle l’identité sexuelle d’une personne n’est pas définie par la biologie, mais peut être choisie librement par chacun en fonction de ses propre « orientations ». 

Les termes du débat sur le « mariage pour tous »

Ce cadre général étant posé, comme s’y inscrit le débat sur le « mariage pour tous » ? Résumons d’abord les termes du débat : une partie de la population revendique l’ouverture du mariage civil à des couples du même sexe, tandis qu’une autre partie y est opposé. Quels sont les arguments des uns et des autres ?

Pour les partisans du « mariage pour tous », le mariage est avant tout l’union de 2 personnes qui s’aiment et souhaitent inscrire leur engagement amoureux dans un cadre juridique qui leur assure un certain nombre de droits (réduction fiscale etc.) et protections (partage des biens en cas de décès ou séparation…), ainsi qu’aux éventuels enfants de l’un et/ou l’autre des conjoints (héritage…). Cette définition ne dépend en aucun cas du sexe des conjoints : 2 hommes ou 2 femmes sont tout autant capable d’éprouver de l’amour l’un envers l’autre qu’un homme et une femme, tout autant désireux de s’engager l’un envers l’autre, et tout aussi capable d’élever des enfants pour fonder une famille harmonieuse. Dès lors, le fait de limiter le mariage civil à l’union de 2 personnes de sexes différents constitue une inégalité de traitement sans autre motif que l’orientation sexuelle des demandeurs, c’est-à-dire de nature discriminatoire. Il convient donc, pour corriger cette situation de discrimination et d’inégalité injustifiable, de permettre le mariage civil de 2 personnes du même sexe.

Pour les opposants du « mariage pour tous », le mariage est avant tout l’union d’un homme et d’une femme qui souhaitent fonder ensemble une famille naturelle, c’est-à-dire issue de leur procréation. Le mariage civil constitue un cadre juridique offert par la société qui leur accorde un certain nombre de droits et protections centrées principalement sur la question de la filiation et de l’héritage. Ces droits ne sont toutefois que la contrepartie d’un engagement pris devant la société, qui est de donner naissance à des enfants pour contribuer au renouvellement des générations. Or, seules 2 personnes de sexes opposés peuvent procréer : seul un couple hétérosexuel peut donc prendre l’engagement de fonder une famille naturelle, et donc seul un tel couple peut bien évidemment se voir octroyer les droits et protections qui en constituent la contrepartie. Dès lors, il est parfaitement juste que les couples du même sexe ne puissent avoir accès à ce contrat : il ne s’agit en aucun cas d’une inégalité ou d’une discrimination, mais d’une différence de traitement due à une différence de situation. 

Le mariage civil est l’expression du droit naturel

Or, que dit la loi française du mariage ? Eh bien, sans ambiguïté, elle définit le mariage civil comme l’union d’un homme et d’une femme souhaitant fonder une famille naturelle, c’est-à-dire procréer (1). Ceci a été en particulier rappelé de façon particulièrement motivée par l’Arrêt de la Cour d’Appel de Bordeaux confirmant l’annulation du mariage civil entre 2 hommes célébré en 2004 à Bègles par Noël Mamère. Cet Arrêt contenait en particulier les arguments suivants (je souligne) :

« La spécificité, et non pas discrimination, provient de ce que la nature n’a rendu potentiellement féconds que les couples de sexe différent et que le législateur (cf Discours Préliminaire sur le Projet de Code Civil) a désiré prendre en compte cette réalité biologique et “déterminer ses formes” en englobant le couple et sa conséquence prévisible, les enfants communs, dans une institution spécifique appelée mariage, choix législatif maintenu dans le temps. […] Certes les couples de même sexe, et que la nature n’a pas créés potentiellement féconds, ne sont en conséquence pas concernés par cette institution. En cela leur traitement juridique est différent, parce que leur situation n’est pas analogue. »

Cette analyse démontre ainsi pleinement que le mariage civil nait bien de la volonté de conformer l’ordre social à l’ordre naturel, ou du moins de tenir compte de la réalité biologique pour définir l’ordre social  : c’est parce que les couples hétérosexuels sont biologiquement différents des couples homosexuels en matière de procréation qu’il est normal et légitime d’adopter un traitement juridique différent entre ces 2 catégories de couples. Le mariage civil apparaît également comme une « institution », c’est-à-dire une modalité d’organisation sociale correspondant aux attentes spontanées de la population et de ce fait « maintenue dans le temps », comme le souligne l’Arrêt.

Les couples homosexuels ont-ils les mêmes droits que les couples hétérosexuels, et si non comment faire pour y remédier ?

Le même arrêt de la Cour d’appel de Bordeaux souligne le fait suivant (je souligne) :

 « [Il existe aujourd’hui] de multiples possibilités d’organisation de vie en couple, avec ou sans enfant, la loi assurant une égale protection pour tous, avec jurisprudence adaptée, droits égaux pour les enfants, si bien que la cour ne découvre aucune discrimination dans le droit de fonder un couple, de vivre en couple, de même sexe ou de sexe différent, ni de fonder une famille librement choisie naturelle ou légitime, avec possibilité d’adoption […]. Mais [bien que ne pouvant se marier civilement, les couples du même sexe] disposent par ailleurs du droit de voir reconnaître leur union dans les mêmes conditions que tous les couples de sexe différent ne désirant pas se marier, si bien que la distinction résultant de cette spécificité est objectivement fondée, justifiée par un but légitime, et respecte un rapport raisonnable de proportionnalité entre les moyens utilisés et le but visé. »

Il semble donc, selon cette analyse, que dès aujourd’hui les couples homosexuels disposent déjà des mêmes droits que ceux accordés aux couples hétérosexuels qui ne se marient pas. Dès lors, l’éventuelle « inégalité » ou « discrimination » ne se situerait qu’au niveau de certains droits prévus dans le mariage civil, et donc accessibles aux couples hétérosexuels, mais pas dans les autres modalités d’union prévues par la loi, et donc non accessibles aux couples homosexuels (qui ne peuvent par définition pas se marier) ou aux couples hétérosexuels qui ne souhaitent pas se marier. Admettons effectivement que les contrats actuels accessibles aux couples homosexuels ne confèrent pas tout à fait les mêmes droits que ceux accordés aux couples hétérosexuels mariés, et admettons qu’il est justifié d’accorder tout ou partie de ces droits aux couples homosexuels (mais tout aussi bien aux couples hétérosexuels non mariés). Deux solutions sont logiquement possibles : d’une part, renforcer les modes d’union existants déjà pour les couples homosexuels, voire créer un nouveau type d’union ; d’autre part, modifier les conditions d’accès au mariage civil pour permettre aux homosexuels d’en bénéficier.

La première solution pourrait paraître intuitivement comme la plus logique, et la plus simple également : elle permettrait d’assurer une véritable égalité des droits entre couples hétérosexuels et homosexuels, sans toucher à l’institution du mariage civil décrite ci-dessus. Elle répondrait aux attentes des couples homosexuels souhaitant fonder une famille sociale, tout en conservant dans la loi française une modalité d’union spécifique pour les couples hétérosexuels souhaitant fonder une famille naturelle. Il y aurait ainsi 2 modalités d’union différentes, qui se justifieraient par l’existence de 2 situations biologiques différentes, celle des couples hétérosexuels pouvant fonder une famille naturelle, et celles des couples homosexuels ne pouvant que fonder une famille sociale. Le dispositif juridique garderait finalement un certain lien avec l’ordre naturel et biologique en maintenant la reconnaissance de l’existence d’une différence entre « famille naturelle » et « famille sociale »

Ce que réclament finalement véritablement les militants du « mariage pour tous »

Pourtant, c’est la deuxième solution qui est réclamée par les partisans du « mariage pour tous » : permettre aux couples du même sexe de se marier à la Mairie. Or, cette solution ne peut être appliqué qu’en modifiant la définition même du mariage civil (à savoir « l’union d’un homme et d’une femme souhaitant fonder une famille naturelle ») : car du simple fait de cette définition, les couples homosexuels, qui ne peuvent fonder une famille naturelle, en sont bien évidemment exclus. Il faut donc supprimer de la définition du mariage toute référence à la « famille naturelle », pour remplacer cette dernière notion par celle de « famille sociale ». Pourra alors se marier civilement tout couple désireux de fonder une « famille sociale », c’est-à-dire une cellule parents + enfants dans laquelle le lien de filiation biologique qui structurait le mariage civil actuel serait remplacé par un lien de filiation social ; mais la fondation d’une telle famille sociale n’étant plus conditionnée à la procréation, et donc à la différence de sexe des parents, il n’y aura plus aucune raison d’en réserver la reconnaissance juridique à des parents de sexes différents : voilà enfin, par simple changement de définition, le « mariage pour tous ». Les parents mariés d’un enfant ne seraient plus ses « parents biologiques », mais ses « parents sociaux » : le mot « parent » lui-même ne résulterait plus d’une réalité biologique (parents géniteurs) mais sociale (personnes à qui la société reconnaît le rôle de tutelle et d’éducation). Bien entendu, dans cette optique, les mots de « père » et « mère » ne seraient plus vraiment nécessaires, ou alors pourraient être également définis sans référence à une contingence biologique (l’identité sexuelle biologique des 2 parents), mais seulement en fonction d’un choix social (l’identité sexuelle que chacun des parents s’est librement choisie vis-à-vis du reste de la société). « Parent », « enfant », « Père », « Mère », deviendrait ainsi des termes juridiques définis sans aucun rapport avec la biologie (un homme plus une femme qui engendrent ensemble un enfant), mais exclusivement par convention sociale (2 adultes qui élèvent ensemble un enfant) ; la « famille » elle-même ne serait plus le cadre naturel de conception et d’éducation d’un enfant, mais le seul cadre social d’éducation d’un enfant dont l’origine de la conception naturelle n’aurait plus aucune véritable importance. Le dispositif juridique n’aurait finalement plus aucun lien avec l’ordre naturel et la biologie en supprimant toute référence à l’existence d’une différence entre « famille naturelle » et « famille sociale » (l’existence d’une telle différence biologique étant supposée pouvoir être dépassée par l’être humain autonome).

Au bout de cette analyse, on voit que finalement la revendication du « mariage pour tous » ne peut se justifier que dans la perspective de la Théorie du Genre. En effet, a moins de refuser de reconnaître toute différence entre « famille naturelle » et « famille sociale », il n’y a aucune raison de ne pas considérer comme acceptable la première solution consistant à maintenir le mariage civil en l’état et à renforcer les autres modes d’union accessibles aux couples homosexuels, c’est-à-dire d’assurer une égalité de protection entre famille naturelle et famille sociale tout en reconnaissant la différence biologique qui existe entre elle. Ceci montre bien que la véritable revendication derrière le « mariage pour tous », ce n’est pas l’égalité des droits (qui pourrait être obtenue sans modifier le mariage civil), mais la suppression dans la loi de toute référence à la nature et à la biologie. Il ne s’agit pas tant de construire une modalité de protection de la « famille sociale » qui assurerai l’égalité avec la « famille naturelle » encadrée par le mariage civil, mais de déconstruire toute modalité de famille faisant référence à la nature.

Cette conclusion, obtenue par la réflexion, est confirmée par les faits : en effet, les principaux leaders médiatiques et « théoriciens » du « mariage-pour-tous » se revendiquent précisément de la Théorie du Genre, c’est-à-dire, plus largement, de la philosophie de l’ordre artificiel. Citons en particulier, pour les plus présents sur la scène médiatique, Clémentine Hautain (qui a déclaré que «  la théorie du genre, ça fait partie du socle des valeurs  »), Caroline Fourest (qui nous explique la « théorie du genre pour les nuls ») et Najat Najaut-Belkacem (qui souhaite appliquer cette théorie dès la crèche), ou encore Pierre Bergé et Elisabeth Badinter. Pour ces idéologues, l’objectif est bien de construire un nouvel ordre social ou sociétal purement artificiel, déconnecté de toute contingence naturelle : telle est précisément cette «  réforme de civilisation  » qu’appelle de ses vœux Christine Taubira : le passage de l’ordre naturel à l’ordre artificiel. Toute référence à la nature, à la biologie, doit être supprimée, éliminée, effacée, par l’organisation sociale ; tout doit fonctionner comme si les déterminations biologiques n’existaient pas ou n’avaient aucun impact sur la libre volonté de l’être humain de choisir librement ce qu’il veut être. Ainsi en est-il de déterminations aussi fondamentales que le sexe ou la parenté : tout ceci doit être effacé de la loi, au profit d’une définition purement conventionnelle, constructiviste, selon laquelle la société décide d’accorder à chacun le titre d’ « homme », de « femme », de « père » ou de « mère » en fonction de ce qu’il en aura décidé lui-même.  

Conclusion et opinion personnelle

Nous arrivons donc à la conclusion suivante  : l’égalité des droits entre homosexuels et hétérosexuels n’est qu’un prétexte, car le véritable projet derrière le « mariage-pour-tous » est d’ordre idéologique : le remplacement d’un ordre naturel, incarné par le mariage civil actuel, par un nouvel ordre artificiel, basé sur la Théorie du Genre, et remplaçant le « mariage naturel » traditionnel par un « mariage social » conventionnel.

Bien entendu, je ne prétends pas que l’ensemble des quelques 50% de français qui se déclarent en faveur du « mariage pour tous » sont des adeptes de la Théorie du Genre : la grande majorité estime sans doute sincèrement que le mariage n’est qu’une affaire d’amour et que, dès lors, la loi française est aujourd’hui bel et bien discriminatoire envers les couples du même sexe en ne leur accordant pas la possibilité de se marier alors même qu’il s‘aiment. Or, nous l’avons vu, le mariage civil n’a rien à voir avec l’amour, mais seulement avec la procréation biologique ; d’autre part, il est tout à fait possible de renforcer les autres modes d’union existante pour accorder de facto les mêmes droits et protections aux couples du même sexe, y compris dans le cas où l’adoption leur serait ouverte. J’estime pour ma part que si on expliquait clairement cela à la population française, une bonne partie de ceux qui réclament le « mariage pour tous » se satisferait pleinement d’une union civile renforcée ou toute autre modalité juridique qui assurerait de facto l’égalité des droits, quand bien même dans le cadre de contrats aux noms différents. Mais aujourd’hui ces quelques faits élémentaires ne sont hélas tout simplement pas mentionnés dans le débat médiatique, ou à la marge, de la part d’individus immédiatement taxés d’ « homophobie » ouverte ou latente.

Mais ceci est bien simple à comprendre : car les militants inconditionnels du « mariage pour tous » savent bien que, devant ces arguments sommes toutes simples à comprendre, la majorité suivrait probablement la solution de bon sens, à savoir renforcer les droits offerts dans le cadre des unions civiles accessibles aux couples homosexuels (à ceci s’ajoute sans doute le fait qu’une partie de nos dirigeants actuels, bien que peut-être pas tout à fait adeptes de la Théorie du genre, voit dans cette revendication idéologique la possibilité de vendre un supposé « progrès sociétal » qui permet de faire oublier leur impuissance persistante en matière de progrès économique…). Or, l’objectif de ces militants est bel et bien la suppression dans la loi de toute référence à un ordre naturel dont ils veulent s’émanciper, de toute reconnaissance implicite ou explicite que la parenté ou la filiation biologique, ce n’est PAS la même chose que la parenté ou la filiation sociale. La seule solution, dès lors, pour forcer l’adhésion, c’est de manipuler et instrumentaliser la revendication légitime d’une partie de la population pour la détourner de son véritable objectif, qui est l’égalité des droits, pour la diriger vers le véritable objectif idéologique, qui est la destruction de toute référence au « mariage naturel » dans la loi. Et, quand bien même l’adhésion deviendrait trop fragile, de « passer en force » au nom de l’ « éthique » (pour reprendre le terme utilisé par notre Ministre de la justice) ou d’un « progrès » qu’il serait justifié d’imposer contre l’avis même de la majorité. 

A titre personnel, je suis farouchement opposé à la philosophie constructiviste de l’ « ordre artificiel ». Je considère que cette idéologie de la « table rase » et de l’ « homme nouveau », qui était celle des Jacobins, des Bolchéviques et autres Khmers Rouges, est à l’origine des principaux mouvements totalitaires de l’histoire humaine. J’estime donc que le projet constructiviste de la Théorie du Genre, celui de la construction d’un « homme nouveau » détaché de toute contingence naturelle, est d’essence totalitaire, et je m’y opposerais viscéralement tant qu’il sera possible. Etant arrivé à la conclusion que la revendication du « mariage pour tous » n’était rationnellement défendable qu’à condition d’adhérer à un projet idéologique de nature totalitaire, je ne peux que m’y opposer radicalement  !

Nota Bene

Cette analyse n’a bien entendu rien à voir avec une quelconque « homophobie » de ma part. Elle ne dépend même pas de la position que l’on peut avoir sur le bien-fondé ou non de l’adoption par des couples homosexuels (qui est un tout autre débat que je ne souhaite pas soulever ici, car impossible à trancher objectivement en l’état de la connaissance scientifique). Sa conclusion reste en effet valable quand bien même le droit d’adoption serait accordé aux couples du même sexe. Dit en d’autres termes : dès lors que, si ce droit leur était accordé, il serait possible de garantir la même protection de l’enfant adopté que celle accordée aux couples de sexe opposé sans avoir besoin de toucher au mariage civil actuel, l’acharnement à vouloir détruire la référence au biologique dans le mariage civil ne pourrait s’expliquer que pour les mêmes motivations d’ordre idéologique.

Nota bene 2

Echaudé par l’expérience d’un article précédent, je ne répondrai pas aux commentaires laissés sous cet article, sauf en cas de besoin de précision, clarification ou complément de l’un ou l’autre des points d’analyse qui y sont exposés, ou pour répondre à un contre-argument courtoisement avancé. Inutile donc de m’insulter et de me traiter d’ « homophobe », « réactionnaire », « intolérant », « catho » ou « de droite » (je ne réponds du reste à aucun de ces qualificatifs) : I won’t feed the trolls.

Notes

(1) Dans ce cadre, je considère à titre personnel qu’il est anormal d’accorder le mariage civil à un couple ne désirant ouvertement pas avoir d’enfants, ou bien à une femme ménopausée. Le cas d’un couple stérile est plus compliqué, car ils voudraient concevoir un enfant, mais ne peuvent hélas pas ; dans ce cas, je suis d’avis que l’adoption est légitime, et que le mariage l’est également pour protéger l’enfant adopté.


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316 réactions à cet article


  • Dwaabala Dwaabala 22 janvier 2013 10:19

    Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches...

    Le mariage pour tous ayant été promis par le candidat F. Hollande en campagne, tout semblait aller comme sur des roulettes, sauf qu’il avait omis le détail suivant : pourquoi le mariage ?

    Est-ce pour faire plaisir à ceux qui s’aiment, mais dont ils savent très bien se passer depuis la nuit des temps ?

    Ou serait-ce l’élément structurant fondamental de la famille ?

    Même si celle-ci est actuellement en décomposition, le mariage ne demeure-t-il pas un élément de référence, voire un point cardinal ?

    En tous cas la réforme mise en route tendrait à accréditer cette thèse

    Il appert que la question de la famille et de la filiation étaient implicitement contenues, mais dissimulées de façon couarde par cette offre démocratique alléchante.

    Elle a donné lieu à des débats surréalistes en Commission parlementaire, présidée par Mme Taubira, pour l’élaboration du texte de la loi.

    En bref, la revendication de l’égalité aboutit dans sa réalisation à la création de l’inégalité et à la discrimination au regard de la procréation pour les individus engagés dans le nouveau mariage.

    Summum jus, summa injuria.


    • La mouche du coche La mouche du coche 22 janvier 2013 21:02

      Tiens ? L’auteur est un expert travaillant pour les banques, et comme par hasard, il est POUR le mariage homo, comme les médias et les politiques. Quel hasard smiley


    • NICOPOL NICOPOL 22 janvier 2013 21:30

      A qui vous adressez vous, la Mouche ?

      Si vous parlez de moi (« l’auteur »), je ne travaille pas dans la banque et je suis contre le mariage pour tous. Vous avez donc du lire un peu de travers.


    • La mouche du coche La mouche du coche 22 janvier 2013 22:29

      Oups. J’ai lu un peu trop vite en effet . smileyCet article ressemblait à tant d’autres qui nous expliquaient que le mariage gay pouvait s’inscrire dans le droit. Aussi, il est trop long. On ne voit plus où vous voulez en venir ; smiley


    • NICOPOL NICOPOL 23 janvier 2013 00:18

      Ah ben ça alors ! Comme ça, vous lisez un article suffisamment en diagonale pour en comprendre l’exact contraire de ce qu’il dit... et ce serait de la faute de l’article, qui serait trop compliqué ?

      Alors qu’au vu de la majorité des commentaires il a l’air d’avoir été parfaitement compris par les autres intervenants, et que ses conclusions sont écrites noir sur blanc et en caractère gras ?

      C’est c’là, oui...


    • Onecinikiou 23 janvier 2013 02:57
      Bravo pour votre article, vous avez vu juste :

      « En bref, le mariage pour tous consacre la théorie du genre »



    • Sebdu31 Sebdu31 23 janvier 2013 15:05

      @ NICOPOL

      Bonjour monsieur,
      Jai pris beaucoup de plaisir à lire votre article qui a le mérite de poser clairement le débat,

      Mais je ne partage pas du tout votre vision qui réduit « l’ordre social » à la théorie du genre. A mon avis ce raccourci est trop simpliste.

      Un exemple dans votre conclusion :

      A titre personnel, je suis farouchement opposé à la philosophie constructiviste de l’ « ordre artificiel ». Je considère que cette idéologie de la « table rase » et de l’ « homme nouveau », qui était celle des Jacobins, des Bolchéviques et autres Khmers Rouges, est à l’origine des principaux mouvements totalitaires de l’histoire humaine…

      Je ne porterai pas de jugement sur votre opposition à la philosophie constructiviste, par contre je ne suis pas du tout d’accord avec la suite de votre affirmation.
      L’émancipation de l’ordre naturel au privilège d’un ordre social ne conduit pas de fait au totalitarisme, je ne comprends pas comment vous pouvez affirmer une telle radicalité.
       Pour moi l’homme doit avoir la faculté de pouvoir s’extraire des conditions naturelles que lui impose le hasard de sa naissance : sociales, culturelles, religieuses, physiques, géographiques etc … et même conditions sexuelles.
      Et si vous voulez mon avis, c’est l’inverse qui impose le totalitarisme : Figer l’homme dans un état naturel qu’il ne peut dominer.

      C’est pour cela que je soutiens avec enthousiasme la disparition du droit naturel dans notre code civil, vieux reste d’avant 1905.


    • NICOPOL NICOPOL 23 janvier 2013 16:33

      @ Sebdu31,

      Merci pour votre critique tout à fait pertinente.

      Sur le fond, j’ai déjà répondu sous cet article à une critique similaire de la part de Mycroft (en évoquant le 3ième ordre de l’ « ordre spontané » ou « auto-émergent »), je me permets de vous renvoyer à la réponse que je lui ai faite et vous invite à y répondre directement.

      Une petite précision : lorsque vous me faites dire que je « réduit l’ordre social à la théorie du genre », ce n’est pas vrai : la théorie du genre n’est que l’une des manifestations possibles de la philosophie de l’ordre artificielle, cette philosophie ne se réduisant bien entendu pas à la théorie du genre.

      Bien à vous,


    • Mor Aucon Mor Aucon 27 janvier 2013 12:27

      La théorie du genre - qui d’ailleurs n’existe pas mais ça vous le savez déjà puisque ce sont des néo-rétro-conservateurs comme vous qui ont inventé le terme pour mieux fustiger une certaine élite intellectuelle, périmée depuis longtemps, soit dit en passant - critiquée par la théorie de l’ordre naturel, ça pue le théisme fasciste à plein nez. Alors, prenez un grand bol d’air frais et rendez-vous compte que le vrai problème, ce sont les anti-tout-ce-qui-bouge-et-pense-d’une-autre-manière-qu’eux comme vous, qui le provoquent.
      Intolérance, incohérence idéologique, violence autant verbale que physique, Frigide Machin contre un cadre homosexuel en costard poussiéreux... Qu’est-ce qu’on se marre, grâce à vous. Enfin, ceux qui peuvent se marrer en attendant leur tour, car derrière les anormaux sexuels, y’a tous les autres porteurs de déficiences d’adaptation à l’ordre naturellement ringard que les loustics comme vous veulent nous imposer, qui attendent leur wagon. Les déficients politiques, culturels et ethniques : communistes, anarchistes, nomades, trop bronzés, circoncis, nez crochus, racaille, zazous dans le métro, hop.

      Merci quand-même, d’autant oser faire l’oiseau décomplexé, comme on dit maintenant. Les rues sont plus animées grâce à vous. Bientôt Carnaval. Ça va pas être triste, cette année. Merci l’artiste. Fait comme un naseau....


    • Mor Aucon Mor Aucon 27 janvier 2013 12:58

      Nota bene : vous auriez pu prendre la peine d’ouvrir le bouquin de Pinker au lieu de vous contenter de citer le titre. Vous vous seriez aperçu que dans La Table Rase ( The Blank Slate : The Modern Denial of Human Nature ), il expose les deux théories dominantes, bien antérieures à celle de la Tabula Rasa qui, elles aussi, ont produit une vision du monde et de notre espèce conduisant à la répression de la nature Humaine, telle qu’elle apparaît maintenant à la lumière des études du comportement sous les IRM : les théories du Fantôme dans la Machine et du Bon Sauvage.
      Mais je comprends que vous ne soyez pas très intéressé par la critique du dualisme ni par celle de l’ordre naturellement bon pour l’homme. Ça empêche de planer.


    • Ornithorynque Ornithorynque 22 janvier 2013 11:06

      Article très intéressant de par ses références juridiques..

      Un seul ajout : la Théorie du Genre, théorie politique et idéologique ne reposant sur aucun fondemnet anthropologique a été entièrement réfuté par les scientifiques de toutes les disciplines anthropologiques : Sociologie, médecine, Biologie etc... depuis une dizaine d’années.

      En Norvège (N°1 mondial des pays pour la question de l’égalité homme-femme), il a été décidé de stopper toute subvention ou habilitation d’état aux instituts de recherche sur le genre suite à différentes enquêtes ayant mis en valeur la vacuité scientifique de cette théorie, et l’approche de type sectaire de ses défenseurs, incapables, tels des clercs, de réfuter le moindre argument scientifique sur leur « foi ».

      La France comme d’habitude, a une petite trentaine d’années de retard !

      Et les défenseurs de la théorie du genre sont ringardisés par tous les scientifiques qui en parlent avec un bon sourire condescendant, au même titre que les soucoupes volantes.


      • NICOPOL NICOPOL 22 janvier 2013 15:59

        Bonjour,

        Merci pour ces intéressantes précisions et ces commentaires de bon sens.

        Cordialement,


      • Anthony 22 janvier 2013 18:39

        Il y a juste un petit soucis, tout petit : la théorie du genre n’existe pas...
        C’est un peu que si vous parliez de la théorie de la religion pour englober toutes les religions et croyances (déistes, animistes...).
        L’amalgame est causé en parti par un problème de traduction... mais aussi parce que l’on aime bien tout regrouper dans une même catégorie : mais la simplification dénature.
        Parmi les partisans du Genre il y a des fanatiques, comme partout, mais il y a aussi bon nombre de chercheurs de tous les horizons (sociologie, psychologie, biologie...).


      • mechelf 24 janvier 2013 16:35

        Cher Ornithorynque,


        Vos affirmations me paraissent totalement gratuites car vous ne faites aucune référence à des articles/sites pour prouver ce que vous avancez.

        ça me déplaît d’autant plus que je partage à 100% les opinions de l’auteur de l’article.

        Sans rancune smiley 


      • rubicon rubicon 24 janvier 2013 20:02

        Cher Mechelf,


        Je pense que l’information citée par Ornithorynque est présente dans un article AV vieux de deux mois, dont la vidéo est très intéressante et étaye l’information.

        Est-ce dont vous vouliez parler en disant « Vos affirmations me paraissent totalement gratuites car vous ne faites aucune référence à des articles/sites pour prouver ce que vous avancez. » ?

      • mechelf 26 janvier 2013 21:14

        Merci Rubicon pour ce lien vers cette vidéo.

        Honnêtement, lorsque j’ai lu l’article Agoravox que vous citiez, je m’attendait au pire : le style est agressif, l’auteur se moque de ses adversaires comme un bourin, référence débile (cassée !)...
        Heureusement, la vidéo sauve tout smiley


      • mechelf 26 janvier 2013 21:29

        Cher Anthony,


        Il faut que vous nous expliquiez ce que vous avancez par quelques preuves. 
        J’ai essayé de faire quelques recherches sur Internet.

        Est ce que vos références sont ici :




      • Kookaburra Kookaburra 22 janvier 2013 11:40

        Avec la théorie du genre, il s’agit de se définir, voire de se créer soi-même, à partir de rien, et si dans cette perspective toutes les déterminations de la nature ou de la culture ne sont que d’odieuses brimades, alors on se demande pourquoi s’arrêter en si bon chemin. Que l’on soit à sa guise homme ou femme est le moindre préalable au choix de son espèce puisque, après tout, imposer à quelqu’un qui ne l’aurait pas expressément demandé le statut d’être humain relève d’une contrainte abominable. La civilisation radieuse qui nous attend demain aura à cœur de laisser à chaque individu la libre décision de son statut. On pourra à sa guise s’affirmer veau, mouton, âne, voire porc. Le spectacle des agissements de nos dirigeants montre d’ailleurs que cette théorie de l’espèce est déjà entrée dans la pratique.


        • Martha 22 janvier 2013 12:17

          Belle analyse. C’est toujours bon de remettre les points sur les i.
           Le saccage du mariage est programmé (qu’en reste-t-il encore dans notre société qui se déglingue à tout va ?) : ce nouveau concept, « contre-nature », que l’on veut nous imposer en sera la fin.

          Tout à fait d’accord avec vous :
           * « J’estime donc que le projet constructiviste de la Théorie du Genre, celui de la construction d’un »homme nouveau« , détaché de toute contingence naturelle, est d’essence totalitaire.
           Etant arrivé à la conclusion que la revendication du »mariage pour tous« n’était rationnellement défendable qu’à condition d’adhérer à un projet idéologique de nature totalitaire, je ne peux que m’y opposer radicalement ».

           Le procédé qui a été utilisé pour nous l’imposer en est la preuve et il est particulièrement ignoble : avions-nous par notre vote la possibilité d’élire Hollande pour virer Sarkozy tout en disant non à ce projet idiot et inacceptable ?
           Le plus urgent était de virer Sarkosy qui nous avait trahi plusieurs fois : traité de Lisbonne, dilution totale dans l’OTAN, guerre criminelle contre la Libye.
           C’est là où votre démonstration trouve sa preuve :
           du fait du « bipartisme » que les médias nous ont présenté comme étant le seul système « démocratique » possible. Nous somme replongés dans le même système crypto-néo-facho : un Président aux ordres d’une oligarchie financière et une assemblée tout autant « godillot » majoritaire à « gôche », cette fois, qui fera passer tous leurs projets en disant cyniquement qu’ils représentent : « le choix de la Nation ».
             Qui pourra maintenant empêcher que cette loi débile et contre nature - je le redis, parce que je tiens à cette notion - soit imposée aux Français, alors que dans leur grande majorité il n’en veulent pas.

          Nous sommes sur la mauvaise pente et ça dérape.


          • NICOPOL NICOPOL 22 janvier 2013 16:02

            Bonjour,

            Vous avez tout à fait raison d’utiliser l’expression de « contre-nature ». Je voulais l’utiliser moi-même, mais j’ai vu ce que cela déclenchait comme amalgame fumeux (« vous écrivez homosexualité = contre-nature ? nazi ! »). Mais dans le même temps, ce sont les partisans de cette idéologie qui se réclament eux-mêmes du contre-nature, donc, étymologiquement, le terme est parfaitement,nt approprié.

            Cordialement,


          • Anakin Anakin 22 janvier 2013 23:30

            bonsoir tous

            C’est étonnant que l’on utilise le terme « contre-nature » pour une chose qui n’est que culturelle.

            Le mariage est culturel ! Et contrairement à ce que disent beaucoup de défenseurs du mariage tel qu’il est aujourd’hui, il n’a pas toujours existé.

            On veut lui donner un caractère sacré, issu du mariage religieux alors même que de moins en moins de gens se marient religieusement.

            Les mêmes qui se plaignent de la perte de valeur , du mariage refusent cette valeur et ce mariage à ceux qui le demandent.

            J’ai du mal des fois à suivre les arguments des opposants. Mais tout ce débat m’a permis de changer d’avis. J’avais plutôt l’idée que c’était réservé aux couples « classiques » et que les autres avaient suffisamment de droits pour vivre « comme si » .

            Et les débats, les insultes et autres arguments des opposants m’ont ouverts les yeux sur le fait qu’il y a vraiment des poids deux mesures en France, que des citoyens ne sont pas considérés comme égaux dans la loi.

            La perte des valeurs traditionnelles n’est pas du fait des homosexuels mais bien des hétérosexuels. Étonnamment, aujourd’hui ce sont les minorités qui revendiquent ces valeurs.


          • Aldous Aldous 23 janvier 2013 10:54

            Ben voyons... les animaux vivipares ne se mettent pas en couple et n’élèvent pas leurs petit ?


            Vous racontez n’importe quoi.

            Si les couples homos étaient féconds, la société les aurait inclus depuis longtemps dans le mariage.

            mais comme les couples homos sont inféconds, la société n’a pas besoin de les reconnaitre au sein d’une institution.

            Il faut rappeler tout de même en quoi consiste cette institution : devoir de fidélité, de soutien mutuel, de prendre part aux besoins de la famille, de pourvoir a l’éducation des enfants. C’est à dire devoir de constituer une famille stable pour la sécurité des enfants à naitre.

            cette institutionnalisation qui met le droit du coté de l’époux ou l’enfant spolié.

            En quoi les couples homosexuel étaient ils concernés ?

            Il ne s’agit pas de faire un outing face au maire ou de montrer au monde son amour.


            La parentalité, quoique vous en disiez n’a pas besoin de société pour s’exprimer.

            Vous qui aimez les exemples animaliers quand il vont dans votre sens, que faites vous de tous ces animaux qui montre un dévouement touchant pour leurs petits.

             J’ai assisté à des cours de vol prodigué par une maman mouette à son petit trop peureux pour voler, sur les toits de Nice.

            Elle avait déniché une canette vide qu’elle faisait rouler sur le toit en pente pour inciter le petit à courir après. Ca a dure des semaines et au final le petit peureux a fini par prendre son premier envol, au grand soulagement des voisins qui ne pouvaient plus faire la sieste... 

          • hgo04 hgo04 23 janvier 2013 13:17

            «  »« Le plus urgent était de virer Sarkosy qui nous avait trahi plusieurs fois : »«  »

            Ben maintenant, va falloir virer en urgence celui la, parce que question promesses non tenues, il est champion...

            Mais dans tout cela, puisque tout le monde donne son avis, alors voici le mien :

            Des couples homo avec enfants ? cela existe déjà. Que l’enfant bénéficient de la même protection que ceux des couples hétéros : tant sur la transmission de patrimoine, que sur d’éventuelles pensions alimentaires (car couples homos ne veut pas dire personnes intègres etc etc.. ils feront comme les autres...).

            Donc, vous constaterez que je n’ai rien contre l’égalité des droits mais aussi devoirs.. (tiens on n’en parle pas des devoirs, vous remarquez ???)

            Par contre, hors de question que ce gouvernement, ou cette bande, touche au code civil. Mme TAUBIRA se voit déjà en train de changer la civilisation ?? mais ils ne sont même pas capable, de faire une loie fiscale qui tient la route !!!!!

            Ensuite ;, pour l’auteur : le MARIAGE est un mot, une union, un engagement inventé par l’église... Cessez donc de parler de mariage civil, ce dernier n’existe pas. Il s’agit d’un contrat signé devant un officier d’état civil, rien d’autre !!!!

            Que les homos se rendent en mairie pour signer un contrat établi en tenant compte de leurs spécificités (couple de même sexe...), avec tous les flons flons, qu’à cela ne tienne.. Mais pas touche aux articles écrits depuis deux siècles et régissant la famille pere - mere - enfant...

            Voila, c’est ma position, et si référendum en l’état actuel des choses je dirai non.. mais si cela ressemble à ma vue des choses, je voterai oui...

            Mais je me répète, hors de question de voir des gens sectaires décider pour tout le monde, sans autre débat que leurs nombrils !!!


          • Rémy Mahoudeaux 24 janvier 2013 15:25

            Martha, Je partage en gros votre pessimisme, mais quand vous posez la question « Qui pourra empecher ... ? » je n’ai qu’une seule réponse : vous ! 

            - avez vous écrit à votre député, au président, à votre maire pour dire toute le mal que vous pensez de cette loi ? 
            - avez vous manifesté le 13 janvier, y retounerez vous le février ? 
            - avez vous fais de la retape parmi vos amis, vos relations, sur les réseaux sociaux pour que la mobilisation soit enccore plus grande ? 
            La cécité et a surdité du pouvoir aura forcément une limite. Cela passe par de l’engagement. 
            Ne croyez pas que je souhaite vous donner une leçon, mais il est l’heure pour tous de retrousser ses manches. Bon courage et à bientôt.

          • Martha 25 janvier 2013 10:04

            @ Rémi Mahoudeaux :
             A la question « qui pourra empêcher... ? », je n’ai qu’une seule réponse : vous !
            Pour faire bref : je suis allé deux fois voir mon député : la première fois avant la grandguignolade de la motion de censure, lorsque Sarkosy nous à plongé et dilué à 100% dans l’OTAN et fait de nous tout à fait plus rien, avant de nous rendre criminel, comme il l’a fait en Libye et en Syrie (+ C.D’I.). Vous avez vu la suite et le résultat sur le plan électoral en 2012....
             La deuxième c’est après les législatives 2012, notre nouveau député m’a reçu, mais cette fois-ci, seulement, par l’intermédiaire de sa deuxième secrétaire. Il est évident maintenant que lui aussi est « aligné » et suivra toutes les directives du « parti » roi (tout petit roi, à la Hérode....). Vu ses réactions au sujet du « mariage pour tous » et de l’aéroport de Notre-Dame -des-Landes.... Nous avons vu, d’autre part, comment le parti au pouvoir, maintenant règle ses problèmes internes ; cf Ségolène. Donc tout autant que lors du mandat précédent la directive de parti est : tous alignés, on ne veut voir qu’une seule tête ! Mollir c’est périr !
             Les pétitions signées « sur » internet qui en tient compte ?
             Pour les manifs anti « mariage pour tous », il y a de la réserve : ce n’est pas toujours facile de se libérer de ses obligations familiales et de rejoindre Paris pour s’exprimer : emploi du temps, prix, difficultés diverses. J’ai suivi de très près la manifestation du 13 janvier, nous savions que ce serait une réussite. Nos dirigeants feraient bien de considérer ces faits pour bien mesurer son ampleur et sa signification.
             Pour ce qui est de l’engagement, je vous invite à cliquer sur mon « mémo ». Vous verrez, c’est magique, tout ce qui est dit sur « Ago » est classé par intervenant : c’est beau la technique.... Vous comprendrez que s’exprimer par cette voie là donne une très bonne courroie de transmission à la « vox populi » : l’effet « feedback » est excellent. Mais en contre-parti on se sent « repéré ». Par les temps qui courent, ce n’est pas rien.


          • JL JL 25 janvier 2013 11:33

            Bonjour Martha,

            vous pourriez svp, m’en dire plus au sujet de ça, je vous cite : "Pour ce qui est de l’engagement, je vous invite à cliquer sur mon « mémo ». Vous verrez, c’est magique, tout ce qui est dit sur « Ago » est classé par intervenant : c’est beau la technique"


          • Martha 25 janvier 2013 11:53

            @ R.M.
             C’est tout à fait fortuitement que j’ai découvert cette voie de « navigation ». Cliquez sur votre nom, en tête de votre commentaire, vous aurez l’historique de tout ce que vous avez écrit sur « Ago », depuis le début. Cela permet de retrouver immédiatement les textes pour lequel vous vous êtes exprimé : il suffit de cliquer « sur » le titre de l’article.
             C’est super ! Du magique ****, immédiat et tout ça.... Ne reste plus qu’à espérer qu’il ne s’agit là que de l’oeuvre d’un bon Génie et que cela ne tourne pas au tragique.
             Dans les histoires que l’on raconte aux enfants on sait très bien qu’il suffit de peu pour que celle-ci tourne très mal...


          • JL JL 25 janvier 2013 12:06

            Martha,

            en effet, et je connais ça depuis longtemps. Je croyais que vous faisiez allusion à autre chose.

            Merci quand même. Cordialement.


          • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 22 janvier 2013 13:07

            C’est surtout que ceux qui sont hostiles au mariage homosexuel le sont pour des raisons essentiellement religieuses ( Frigide Barjot comprise) parce qu’ils pensent que leur divinité ne veut pas de ça : tout le reste c’est du baratin plus ou moins intelligent pour tenter de masquer ce fait.

            Evidemment, ceux qui sont vraiment athées ( contrairement à d’AUCUNS qui se prétendent athées alors qu’ils sont en réalité des musulmans fanatiques et haineux ) ont du mal à accepter ce genre d’arguments vu que pour eux les religions sont des fumisteries.

            Ces débats pour ou contre n’ont dés lors pas de raison d’être puisqu’il s’agit d’un conflit de croyances non compatibles entre elles et que les protagonistes ne changeront pas de point de vue.

            Soit la loi passe soit elle ne passe pas mais , en tout état de cause, elle a d’ores et déjà provoqué une fracture nouvelle et délétère dans la société entre les croyants et les athées au niveau des partis de gauche.

            A l’avenir, un certain nombre de croyants s’abstiendront de voter pour les partis de gauche puisque ces derniers offensent volontairement leur(s) divinté(s) et comme les élections se jouent à plus ou moins 5 % des suffrages il va y avoir des boulversements électoraux en perspective.

            François Hollande vient involontairement ( du moins on peut l’espérer ) de rendre un immense service à la droite !








            • Martha 22 janvier 2013 13:33

              @ A.F.
               Ce n’est pas une question de croyance, c’est l’évidence.
               Vous ne voyez donc pas : le mariage consacre l’union d’une femme et d’un homme, un point c’est tout. Il est naturellement fécond.
               Il ne peut pas être autre chose.

               Ne voyez-vous donc pas à quel point vous êtes manipulé. De toutes les façons, il est tout aussi évident que cette loi va nous être imposée de force, par une manipulation de nos institutions. C’est peut-être cela qui est le plus intolérable !


            • TicTac TicTac 22 janvier 2013 13:34

              Non, ceux qui sont hostiles au mariage pour tous n’y sont pas, dans leur immense majorité, opposés pour des raisons religieuses.

              On peut être attaché à l’histoire de sa civilisation sans être pour autant religieux.

              La seule question qui vaille pour moi est de savoir pour quelle raison obscure les partisans du mariage pour tous veulent cette union et pas une autre.
              Serait-ce là aussi idéologique ?

              Parce qu’entre nous, ouvrir aux concubins ou au pacsés des droits identiques aurait rempli son office d’égalité, paravent de la revendication, et ce sans provoquer tout ce barouf.

              La question n’est pas de savoir s’il faut accorder aux homos des droits identiques, pour ce qui me concerne, c’est acquit. La question est de savoir si le mariage doit évoluer pour devenir une union protéiforme dans laquelle toute forme d’amour aurait sa place.

              Et là, vous me pardonnerez de considérer qu’il ne s’agit pas d’égalité mais d’idéologie.

            • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 22 janvier 2013 13:52

              Le mariage civil est un contrat civil donnant lieu à des droits et des obligations entre les parties qui le contractent et auquel on peut mettre fin au moyen du divorce.

              Il faut obligatoirement être croyant dans une divinité ( ou plusieurs ) qui rejette le mariage homosexuel pour être hostile au mariage homosexuel sinon cela n’a aucun sens d’être contre la conclusion d’un contrat qui n’engage que les parties qui le contractent.

              C’est juste un contrat entre deux adultes consentants qui ne change rien pour les autres.

              Ceux qui sont hostiles au mariage homosexuel le sont par fidélité à leur(s) divinté(s) , attitude qui est protégée par ailleurs par la convention de sauvegarde des droits de l’homme qui prévoit entre autre la liberté de conscience en matière religieuse ainsi que la liberté d’expression, mais on a également parfaitement le droit de ne pas être d’accord avec ces croyances.

              C’est ça aussi la démocratie.







            • TicTac TicTac 22 janvier 2013 14:00

              Parfaitement inepte.

              Le mariage est à la fois un contrat et une institution.
              Et la démocratie, c’est permettre à ceux qui sont opposés à une modification de cette institution de le faire savoir sans qu’on leur renvoie à l’archaïsme et à l’homophobie.

              Il existe par ailleurs en droit des interdictions à contracter, et notamment concernant le mariage entre collatéraux.
              Le seul fondement de cette interdiction est un fondement lié à des conceptions de l’ordre du tabou dont je ne vois personne qui en conteste la pertinence.
              Il s’agit aussi d’amour et au nom de l’égalité, accepteriez-vous que l’on y mette fin ?

            • TicTac TicTac 22 janvier 2013 14:02

              La polygamie pourrait aussi être évoquée...


            • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 22 janvier 2013 14:15

              La polygamie viendra à condition qu’on puisse établir un consentement juste et non vicié de la part d’une des parties.

              C’est juste un contrat civil si on en exclut les religions.

              Une institution c’est quelque chose de théorique et d’abstrait qui est par essence modifiable à l’infini.


            • Aldous Aldous 22 janvier 2013 14:52

              c’est fou ces gens qui prétendre savoir ce qui se passe dans le cerveau de tous ceux qui ne sont pas d’accord avec eux.


              Alois, commencez par comprendre ce qui influence vos propres raisonnement avant d’analyser celles des autres.

              pour vous aider je vais vous donner des pistes : identification victimaire, réassurance par le conformisme, novatorisme (idealisation du nouveau) 

            • NICOPOL NICOPOL 22 janvier 2013 16:06

              Bonjour,

              Je voulais vous répondre, mais je m’aperçois que ça reviendrait à écrire à nouveau l’article, donc, relisez-le, merci d’avance.

              Amalgamer opposants au « mariage pour tous » et « croyants » est d’une malhonnêteté intellectuelle affligeante, bien que cette tactique nous soit servie à toutes les sauces par les soi-disant « progressistes » de tout poil et leurs affidés médiatiques.

              Si je prends l’exemple que je connais le mieux, en l’occurrence moi : figurez-vous que je suis totalement incroyant, moniste et nietzschéen. Pourtant, je suis contre. Vous m’expliquez alors ?

              La fracture sociétale que provoque cette loi n’est pas entre croyants et athées, mais entre la « France normale » et la poignée d’idéologues extrémistes qui en manipulent une partie.


            • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 22 janvier 2013 16:40

              Je n’ai pas l’impression que les pays qui ont accepté le mariage homosexuel soient sur le point de s’effondrer : quelques homosexuels sont mariés et parmi eux certains sont déjà divorcés tandis que leurs sociétés continuent de fonctionner normalement.

              Ceci étant dit, on est en démocratie et vous avez parfaitement le droit de dire ce que vous avez envie et même de vous opposer à une loi qui vous déplait sans devoir recourir à des arguments anthropo-je-ne-sais-quoi étant donné que vous n’êtes pas tenu de justifier vos choix.

              Vous feriez mieux de vous borner à dire que vous êtes contre parce que cela vous déplait.

              Moi aussi, je n’hésite pas à dire que quelque chose me déplait sans me sentir obligé de devoir me justifier.




            • NICOPOL NICOPOL 22 janvier 2013 17:56

              Voilà bien l’un des commentaires les plus ridicules que j’ai reçu depuis que je suis sur AV !

              On me reproche maintenant d’argumenter mes prises de position !!

              Cela vous dérange sans doute que l’on puisse être contre le mariage pour tous de façon rationnelle et argumentée, c’est plus difficile de vous disqualifier en vous traitant d’ « homophobe »... Désolé.


            • TicTac TicTac 22 janvier 2013 18:49

              Personne n’a prétendu que les pays ayant voté le mariage homo étaient en déliquescence.

              Pas plus, d’ailleurs, que ne le sont ceux qui n’ont pas opté pour ce choix.
              Argument sans valeur, comme tous ceux en faveur d’un droit au mariage (et non aux droits découlant d’une union homo).
              Je précise d’ailleurs que :

              l’Allemagne a institué un partenariat réservé aux personnes de même sexe (2001) ;
              le Portugal a refusé l’adoption et la PMA ;
              L’Espagne a autorisé l’adoption pour les femmes ;
              la PMA est autorisée en Espagne, au Portugal, en Belgique aux Pays-Bas et en Suède pour les femmes ;

              Vous voyez donc qu’au-delà du mariage proprement dit, les traitements sont différents pour PMA et adoption.

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