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Much Loved, paradoxes marocains et faunes bipolaires

 UN FILM REVELATEUR 

 

Nous divaguons et voguons entre le modernisme et les libertés, les tabous, la pudeur et les qu’en-dira-t-on, empreints de moralisme, de peurs et de religiosité. Pris entre les feux de ces valeurs opposées, nous avons des craintes pour nos enfants, pour la réputation politique, comme pour l’économie touristique et l’ouverture de notre pays.

 

Jésus, que la paix soit sur lui, a dit à ceux qui voulaient lapider Marie-Madeleine, incriminée de prostitution : ‘’ Que celui qui n’a jamais péché, lui jette la première pierre ’’ ! C’est rapporté dans les Evangiles. Tous les bonnes gens se sont retenues de caillouter à mort la sémitique catin ! Loin du péché charnel, un film dont j’ai oublié le nom, prétend même que Jésus se serait marié avec cette dame, par la suite ! Grâce et indulgence, résipiscence et magnanimité, dignes de ce prophète des plus proches de Dieu. 

 

AYOUCH ET ‘’ CES FEMMES MAL AIMEES’’

Son film, non sorti en nos salles introuvables, ne laisse personne d’indifférent et pourtant, Sid Essatyre, vous m’invitez, en me défiant, à regarder le film, ‘’Much Loved’’ d’Ayouch, entouré de ma famille, grands et petits ! Je vous réponds par d’autres questions, espérant être lu et bien compris.

Etes-vous sérieux autant que vous êtes poli ? Vous ai-je manqué de politesse ? Non, je ne vous connaissais pas. Et qui plus est, ce ne sont pas mes manières. Ce, même avec les inconnus du Web, non plus. Ces gens qui vous interpellent et vous invectivent, souvent cachés derrière leurs pseudos.

 

AIMER, DETESTER ET INTERDIRE

Forums outrés et remontrances outragées ! Avez-vous vu le film ? Comme moi, je suppose, et seulement de courts extraits ! Avez-vous jamais soigné ou écouté seulement, ou vu des respectueuses ?

Avez-vous vu le film ? Comme moi, je suppose, vous avez zyeuté seulement ces courts extraits ! Avez-vous jamais soigné ou écouté seulement, ou vu des respectueuses ? Malades ou florissantes en santé ?

On sait que lorsqu’un film ou une émission publique sont reversés aux adultes, que c’est bien signalé ! Interdit aux mineurs. On les en chasse, vous comme moi…C’est bien compris. On n’en fait pas la ‘’curée’’ ensemble, avec les petits, ni l’explication du texte et du contenu, non plus. On les regarde, librement, si on veut, quand les enfants se sont endormis. Soit !

Permettez-vous à vos enfants de voir la télé ? Toutes les chaînes paraboliques de télé ? D’aller travailler chez leurs copains ? Et là, Dieu seul sait ce qu’ils peuvent réviser ! Regardent-ils en cachette des DVD ? Pas besoin d’Ayouch pour les leur adresser. Moi, j’ai bien spécifié sur le texto : ‘’ Envoie-moi une copie de ton film...Lol… ‘’ LOL, est dit pour en rire et plaisanter. Les DVD, c’est 5 Dh seulement ! Ou loadés, gratis sur le NET. Pas besoin de les recevoir de chez Ayouch ! Il se perdait en timbres pour répondre aux normaux comme aux plus timbrés

 

NOSTALGIES ET HERITAGES CULTURELS

Nous habitions près de nombreuse mosquées et d’un bordel, Moulay Abdellah, près de la Makina où l’on fête actuellement les musiques sacrées, à Fès. Tout près du palais royal et de beaux jardins, hier encore publics ! Je n’y ai jamais mis les pieds. Je parle du quartier chaud ! C’est une fois adulte que j’ai appris que les français installaient ce genre de villégiatures pour le repos de leur guerriers, les soldats de la Légion et leurs goumiers, comme à Casa et ailleurs. Des noms célèbres où l’on a conçu des petits mulâtres aux yeux clairs !

De nos jours, c’est plus dramatique encore. Il y a des guerres de pouvoir ou de libération, commanditées, armées, entre les peuples de la même religion. C’est à vous fâcher avec eux tous, tant c’est déshumanisé à l’extrême et des plus cruelles sauvageries que l’homme ait connues !

Dans ces cas ‘’extrêmement pieux’’, même les bons musulmans de Daech invitent les femmes au combat. Ce n’est certes pas pour papoter ni pour leur faire porter des armes ! Elles sont naturellement bien armées. Je ne veux pas être hypocrite, mais si j’ai peur, je le pourrais. Sommes-nous ce que nous sommes avec tout ce qui se fait autour de nous ?

 

CHEZ NOS FAMILLES MAROCAINES

Vous invoquiez ma famille. Je suis touché et enchanté ! On a été parfois à la mosquée avec eux, parfois seuls, mais jamais au ciné. On dormait tôt. Pour discuter plus librement, je ne veux pas invoquer mon père, il était artisan et il savait manier le crayon, l’équerre, la scie, le rabot et ses autres instruments aussi. Il avait beaucoup de clients des deux sexes. Ma mère était fille unique de Lafqih Derkaoui. Elle s’est mariée très jeune. Et de leur temps, il n’y avait que des classiques égyptiens au cinéma de Boujeloud Tous sont morts depuis. Ce qui fait que ne saurais pas voir le film d’Ayouch avec eux. A Sidi.

Quant à mes enfants, en classe, ils ont étudié les sciences, la morale et l’éducation sexuelle aussi. Leurs profs leur parlaient de sida et de capotes ! Ils devaient bien savoir comment et à quoi cela servait, sans cachoterie ni hypocrisie. Ça devait les amuser.

 

UN BRIN DE VERITE.

En ce qui me concerne, la pudeur à l’intérieur de la maison est de mise, comme chez vous, vous qui demandiez à Dieu de protéger les vôtres.

Un brin de vérité. Au Maroc, il y a des gens très intègres, pas que des corrompus. Et des gens très religieux qui sauvegardent leurs sexes et qui ne commettent jamais le péché de chair. Ah si jeunesse savait ! Mais, il y a bien des exceptions, la plus grande majorité des hommes et des femmes, qui nous forcent à être réalistes et à évaluer le film en question dans ses données non pas spectaculaires, érotiques ou pornographiques, mais comme j’ai dit de témoignage, filmique, anthropologique et sociologique ! Relisez mon post, SVP !

 

EDUCATION SEXUELLE ET PRATIQUE SENSUELLE

Comparez avec moi le nombre d’hommes mûrs, majeurs, qui n’ont jamais couché, avant d’être mariés…

Franchement, dans les villages et les cités, de notre si beau, si chaud et si religieux pays ! Il y a foison ! Mais la discrétion est de mise. Les ébats intimes, c’est discrétionnaire. En cachette, sans les enfants de quiconque !

Comme le genre de films paraboliques, des anciennes cassettes ou actuels DVD ! Ils ont fait ça, les jeunes et les plus mûrs, comme dans toutes les cités du monde et à toutes les époques. Il y en a même qui avaient des harems, souvent 3 ou quatre femmes à la fois ! Et même des esclaves, chez de pieux musulmans, sans compter…C’était pour le pieu et non pour la piété. Mais, on se libère de ces ménages multiples, on évolue ! Seuls les riches ‘’phénomènes’’ des pays pétroliers et les touristes s’égaient avec les nôtres de garçons et de filles de joies. Sont-elles si joyeuses que ça ?

 

DE LA PROHIBITION NAISSENT LES MAFIAS

Ailleurs, elles sont patentées, surveillées médicalement et elles paient des impôts à l’Etat ! Sont-elles si joyeuses que ça ?

Et c’est là, le problème que pose Ayouch, avec les prostituées, il me semble. Pourquoi lui interdire de commercialiser le film ? Par peur, par respect, pour les jeunes et la religion, certes ! Comme à ce couple de ministres amoureux, démis de leurs fonctions ou renvoyés à leurs pénates ! Mais, la censure pousse à plus de défis et de curiosités ! Faut-il interdire les jeux d’argent ? Et le vignoble ? Néanmoins, ce film documentaire, sera vu par la majorité des gens qui ont une parabole. Va-t-on leur faire la morale ? Ou leur casser leurs antennes, mon respectable monsieur ? Censure et prohibition fabriquent des maffiosi.

Hier encore, et là je le vois en 3D en sculpture, plus qu’en film 2D ! Ce sont ces scènes sexuelles dans différentes positions, sur les façades des temples indous ! Le Kama Soutra livré sous nos yeux en vrac ! Ça vient des disciples de Gandhi ! Ces fresques et ces bas-reliefs sont une forme de civilisation, de culte, chez eux. Ils ne s’en défendent pas et ils ne cassent pas non plus leurs vieux temples ni les statues, comme ces fanatiques qu’i s’en prennent aux vestiges, ces biens immatériels de l’humanité..

Conscience de pères assagis, convictions religieuses et morales, jugements préconçus, préjugés sur le compte des quêteurs d’explications, malédictions sur ceux qui sont en attente d’informations et de vérités, ou simples partis-pris, férus de méchancetés ou de belles religiosités ? Je vous remercie sincèrement pour votre opinion que je respecte et je vous laisse lire mon texte. Sans jeux de mots sur le nombre des consonnes nasales sur nos ‘’annales’’ monsieur Essatyre ! Sans rancune ni censure ou remontrances, qui plus est dans cette polémique apaisée !

 

DR IDRISSI MY AHMED, KENITRA, LE 26 MAI 2015

 


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8 réactions à cet article    


  • Alex Alex 4 juin 2015 19:50
    Votre article est incompréhensible. Vous semblez en effet répondre à une personne dont vous ne citez pas le message qu’il vous aurait adressé. 
    Avant de proposer un article, puis-je vous suggérer de le faire lire par une personne non informée du sujet pour qu’elle vous indique les manques ?

    Je ne peux pas plus que vous parler d’un film dont je n’ai vu que des extraits, et dont mon épouse m’a lu quelques commentaires en arabe sur certains sites sociaux où il fait un véritable buzz, la plupart du temps négatif, et dont le réalisateur est même accusé d’avoir une mère juive...

    Si j’ai bien compris, il décrit une prostitution que la plupart des Marocains connaissent bien, et la chaîne d’intermédiaires qui en profitent (hôteliers, taxis, policiers). 
    Rien de bien neuf : à quelques détails près, on pourrait tourner un film identique à Paris ou dans n’importe quelle autre capitale, qu’elle soit dans un pays musulman (où elle est plus ou moins discrète) ou autre.

    « Seuls les riches “phénomènes” des pays pétroliers et les touristes s’égaient avec les nôtres de garçons et de filles de joies. »

    La différence entre l’Europe et les pays musulmans est que l’on reconnaît que toutes sortes de gens, y compris les locaux – donc pas seulement les touristes et les riches arabes – « s’égaient avec les garçons et les filles de joies, » et que l’on peut en parler librement alors que c’est hachouma au Maroc et dans le monde musulman en général.
    Une hypocrisie bien compréhensible dans des pays pieux.


    • maidoc25 maidoc25 5 juin 2015 01:06
       Merci Monsieur ALEX, 
      de m’avoir lu et tenté de comprendre mes propos. 
      Vous avez raison et voici la référence que je copie plus bas.

       

      A mon avis, question de suprématie ou de pratique religieuse, on ne peut pas accuser ‘’ un pays de piété’’. Les gens si ! Peu ou prou, mais ça regarde tout un chacun. Il y a des pays qui restent culturellement accablés ou enclavés dans les religions ou leurs chiismes ataviques et/ou leurs ‘’ismes’’ bellicistes.

       

      Ces dogmes politiques, militaires ou religieux, sont des ciments intercommunautaires. Ces ‘’ ismes’’ divers expliquent les volontés pouvoir et les enjeux politiques, chez les uns et les autres.

       

      La suprématie des pays ou de leurs modèles, varient. La civilisation n’est pas une, malgré la mondialisation, qui nous y amène !

      Les oppositions et les différences actuelles, entre les pays sont extrêmes et nombreuses. Ce sont des banalités que je vous sors ! Evidemment ces pays n’ont donc pas les mêmes ressources et référentiels comme cultes et cultures.

      Les valeurs modernistes, libérées des uns s’opposent aux manquements et aux manques de démocratie des autres. Ces variables expliquent les divergences et les tolérances.

       

      L’exercice, l’usage de ces libertés se voient donc dans le cinéma. Erotisme, pornographie, libertés sexuelles et au contraire, pratiques pudiques, hypocrite, discrète ou cachée.

       

      C’est le cas ‘’révélateur’’ de notre situation locale qu’on voit dans le sort réservé au film ‘’ Much loved, de Nabil Ayouch .

       

      REFERENCES DE MES ECRITS SUR CE SUJET

       

      http://www.libe.ma/%E2%80%8BLes-prelats-du-web_a62590.html

       

      http://www.libe.ma/Ayouch-et-ses-femmes-si-aimees_a62693.html

       

      http://www.libe.ma/%E2%80%8BPlaidoyer-pour-la-liberte-de-la-culture-et-du-cinema-Simulacres-et-tartuferies-tournent-au-vertige-et-au-vinaigre_a62873.html

       

       

      REFERENCE AU MOT DE CETTE PERSONNE

      https://disqus.com/by/noureddinemhimer/

       

       

      QUI M’A INSPIRE LE TEXTE QUE VOUS AVEZ LU SUR AGORAVOX

      http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/much-loved-paradoxes-marocains-et-167883

       

       

      EN VOICI LA TENEUR QUE JE CITE A PROPOS DE NOTRE DISCUSSION SUR LE FORUM DE ‘’LA NOUVELLE TRIBUNE DU MAROC’’ 

       

      ‘’ Much loved  », film de Nabil Ayouch sur la prostitution, interdit au Maroc’’

       

      SON TEXTE COPIE-COLLE : ‘’

       

      « Docteur Idrissi ! Le jour où Monsieur Nabil Ayouch vous enverra une copie du dit film, j’aimerais que vous ayez le courage de vous entourer de votre grande famille pour le voir, Mr votre père à votre droite, Mme votre mère à votre gauche et autour de vous toute votre honorable famille : frères, sœurs, épouse, beaux-parents, vos enfants filles et fils. Après que vous ayez visionné le film, je vous recommande de discuter ce chef d’œuvre qui restera dans les annales (attendez que je vérifie que j’ai bien écrit le mot annales avec deux ‘’n’’ , j’ai eu peur que je l’aie écrit avec un seul ‘’n’’ du cinéma marocain . Bon spectacle ! »

       

      SALUT 


      • maidoc25 maidoc25 5 juin 2015 17:11

        PS : La hachouma, c’est littéralement la pudeur et la correction, ça me semble positif . Tandis que les cachoteries calculées et pire l’hypocrisie, n’ont pas de patrie.....Si la franchise fait penser au franc parler, à la France, pourquoi pas, son opposé ’’ l’hypocrisie ’’ , ce manque de courage , cette faiblesse , est une des ’’ valeurs humaines,’’ que l’on retrouve partout ! Salut


        • Alex Alex 5 juin 2015 18:26

          Merci pour vos précisions.


          • maidoc25 maidoc25 5 juin 2015 22:53

            PLAIDOYER POUR LA LIBERTE DE LA CULTURE ET DU CINEMA

             Simulacres et tartuferies tournent au vertige et au vinaigre

             

            Quelle culture offrir au citoyen de demain pour forger sa personnalité ?


            Il faut que Mawazine ait lieu dans toutes les villes du Maroc ! Comme ce fut le cas des concerts dans les stades qui animaient la vie artistique à l’époque  de Hassan II. Et ces activités doivent avoir lieu chaque mois. Où est passé le théâtre ? Seulement à la télé. Que sont devenus les cinémas, ces chapelles de cités et autres scènes de quartiers ? Tués par les cassettes, puis remplacés par des DVD. Où sont les lecteurs, quand il y a si peu d’encouragements aux penseurs et aux écrivains ? Où sont les librairies ? Elles sont devenues des papeteries et des immeubles en béton. 

            Culture et bavures contradictoires 

            Il y a deux jours, Jennifer Lopez était en concert à Mawazine à Rabat. Une dynamite époustouflante, qui fut reprise in live, sans censure ni coupure, sur 2M. 
            C’est une plaidoirie sculpturale, au profit du cinéaste, qui a été démonisé. Il y a de quoi rêver, à en rester perplexe et ahuri. Ses déhanchements lubriques, ses extatiques ondulations sur scène, plaisent aux jeunes et plaident pour le «  Much loved » de Ayouch, dont le film est proscrit. Match nul ! 

            Des plages de libertés 

            Il y a là aussi des femmes, en bikini, plus nues encore que la diva. Mais il faut attendre l’été pour les voir, comme des sirènes sur les plages… Dignement, librement, sans entraves ni censure, et qui plus est pour tous, en famille et gratuitement. Mais là, les gens ont le choix, il y en a qui n’aiment pas le soleil et ne le supportent pas, et ils n’y vont pas. D’autres ont leurs raisons, la pudeur religieuse les en empêche. C’est un credo respectable. C’est leur devoir, leur morale et leur droit. 


            Ces exemples plaident en faveur du filmographe, cet artiste, chercheur dans les rues et les bars, explorateur de nos écarts, qui a été sévèrement diabolisé. Si le peuple des bidonvilles et des barmaids parle le langage trash et cru des filles de joie du film de notre cinéaste, ça laisse les bonnes gens échaudés et refroidis à la fois. Faut-il penser que le peuple soit émasculé et sourd aux envies ? Il y a beaucoup de scanneurs de fesses, assis aux abords des cafés. 
            C’est une culture. Faut-il les emmurer pour leur éviter de zyeuter les passantes et les passants ? Car c’est bien désagréable de se sentir suivi par leurs lasers pénétrants. Et, c’est a minima, comme du harcèlement. 


            Faut-il dire de nos gens que c’est un peuple de dévot, de mystiques intimidés, qui ne comprennent rien aux paroles de Jennifer et qui ne lisent que les sous-titres de ses rares vêtements ? Et que seuls les dévoyés et les voyous perçoivent le sens érotique et les contorsions lubriques de J LO. 


            Des mordus, en panne de gémissements, qui s’en excitent et s’enivrent, comme s’il n’y avait pas de vraies femmes au pays pour les rendre heureux ? Sauf que là, près de chez eux, dans la capitale, là sur scène et pour de vrai, ce n’est pas un jeu d’actrice de cinéma, à deux sous, mais une dame onéreuse, une vraie bombe, en chair et en os qui les enchante ! Avec de la musique et de la danse, à la place des mots ! 

             
            Damner le premier et lui permettre de jouir de ses libertés à la seconde, est aux antipodes de l’équité ! Elle, qui a été bigrement honorée, lui quasiment menacé physiquement, est antinomique et partial. Simulacres et tartuferies, gouvernance délicate, cette mascarade tourne au vertige et au vinaigre. Et comme pansements, il y a cette permissivité qui est de louvoyer autour de nos erreurs et de nos fourberies, appelant l’oubli à nous en pardonner ! Et comme résilience, de nous complaire dans nos erreurs, pour nous surpasser et avancer. 
             
            Le loup de Mégarama 

            Les censeurs haletants, s’sont-ils tus ? Je ne le pense pas. Ce film a eu un impact essentiel inespéré ! Social, politique, culturel, alors qu’il n’est même pas sorti ! Pour appuyer mon hésitation, on me réfère au film projeté au Mégarama, à savoir : « Le loup de Wall Street », avec Leonado Di Caprio. J’y ai vu des scènes hautement érotiques, dans ce film qui n’avait pas été interdit. Des prises de vue de fesses nues, striées de poudre que l’acteur sniffait. Argent, drogues, positions lubriques des faunes et des démones de lits, rien ne manquait. 

            Je n’accable personne 

            Je ne juge même pas. J’observe un conflit. On ne comprend plus rien, on ne se comprend pas, non plus. On ne sait plus qui nous sommes, ni où l’on va. On ne sait plus quoi voir ni ce que l’on voit. On ne retient que ce qui est interdit… Attention les mafiosos libertaires sont là. Je fais encore allusion aux années de prohibition… 


            Je réclame un diagnostic, social, anthropologique, scientifique, psychologique, médical, cultuel et politique, à la fois et à froid. Parce que nous sommes destructurés, paumés et déchirés, entre deux clans opposés sur cette question. 


            Cela rejaillit sur l’enseignement, son niveau ou sa nullité, ses horizons, sur les langues usitées, leurs contenus, leurs impacts sur la famille, le travail et la citoyenneté. Donc sur la communauté entière et sur la politique du pays. Tout se confond. La livraison est hypocrite. On ne se comprend même pas. 

             

            Regardez les réunions et comment les harangues des partis politiques, qui profitent des différences, incriminent et diabolisent l’autre en brûlant à mort cet autrui. Ils, les parangons, s’entredéchirent à l’image des injures proférées et des pugilats. Autant de cirques de gladiateurs et de tribuns meurtriers. Pire que du temps des Romains ! Et pour le sentir, il y a ces tweeters et ces textos, envenimés et arrogants, qui ternissent les forums. Et leur ouverture publique, pour la compréhension et l’entendement. 


            • maidoc25 maidoc25 5 juin 2015 22:54

              EN VOICI LA SUITE 


              Les jeunes, de la culture à la politique 

              A la fin des struggles, on livre le Parlement au chômage des absents. Et au silence, le pays, et ce durant des mois entiers. Le choc des Titans, j’en ai assez parlé avant ! Un vide complexe, sinon des attentes sidérées et des simagrées, pour se remplacer, les uns par les autres, bizarrement et n’importe comment. Un échangisme, torride, caricatural et antinomique, simiesque et comique, avec les ennemis d’hier. Des anges démonisés qui deviennent subitement des complices tolérants. Les comparses d’aujourd’hui sont-ils nos amis ou nos ennemis de demain ? Tant mieux, si l’on se regroupe. Mais tout le monde ne saisit pas ces « nuances de Gray », ces diatribes et puis ces assortiments. On ne sait plus où l’on est dans ce pays, le nôtre, aux 40 partis, si opposés et si complaisants ! Alternances, sans crédit pour demain ni pour la continuité. Demain, de quoi sera-t-il fait ? Et le profil du Marocains, qui s’en soucie ? 


              Quoi enseigner comme culture, comme musique, comme art, comme filmologie ? Quels livres donner aux enfants et aux jeunes adultes, en mal de soi, dans leur pays ? Google, le Web, le leur dira, en les formatant ! Au citoyen de demain, quelle culture lui offrir, pour forger sa personnalité ? Sa force, sa fierté, sa dignité, son identité, sont en mal de repères et de principes. Quoi leur enseigner ? La diplopie ! 

               

              Nos jeunes, notre éducation sont à réparer. Leur esprit est ailleurs, il n’est pas dans cette nationalité-là ! Désancrés du pays, qu’ils ne se reconnaissent pas, ils sont attirés par les fantasmes de ces horizons étrangers, qu’ils se revendiquent comme imagos et comme fans. Des horizons, à 15 km, à 15 mn, pour leurs libertés, leur argent et leur modernité. Il est extraverti, le Marocain, il est possédé par un spectre, par ceux qui le chassent, qui le détestent et le haïssent. 


              Leur façon de voir le bonheur, aux jeunes adultes, la signification et le sens de la vie ne sont pas dans ce pays. Ils ont le corps ici et leurs idées ailleurs. A l’Est pour les uns ou au Nord pour beaucoup ! Des complexes colonisés nous rassemblent, nous débilitent et nous usent. Mais on ne peut pas s’empêcher de marcher, ensemble, la tête haute, pour nos libertés et notre personnalité. 


              Dès lors, qu’est-ce qui peut leur convenir ? A nos mutants ! Quels arts doivent-ils pratiquer et l’ado et cet homme, mûri, enkysté et emmuré ? Quels films doivent-ils regarder ? Quelle liberté de choix leur garder et quelles possibilités de création ou de terne passivité ? 

              Populisme ? 

              A quelle dose homéopathique de bonheur doit-on les livrer ? Au kif que l’on veut promotionner et légitimer ? De quoi s’empiffrer. Non seulement au Rif dénudé, mais au Sahara désert et au paradis vidé. Un bel et nouvel alibi pour certains partis qui veulent qu’il y ait des médicaments dans le kif, de quoi soigner les dépits et les angoisses, les douleurs de tous les terriens. Programmes discutables. On est paumés. Prothèse politique ou thèse attractive d’une authenticité pâmée ? Une belle thérapie, qui nous vaut déjà tellement de haines, de malades aggravés et d’ennemis dépravés.

              A côté de chez nous, les braves soumis nous tirent dessus ! On nous descend pour notre régime, pour nos filles de joie, pour ce kif et pour ces relatives libertés. Annihilés, paralysés ou destructurés, nos jeunes, qui s’entretuent aux couteaux et aux « tcharmils » se sabrent. Armes au poing pour un phone ou des « espas » marquées qu’ils veulent arracher ou voler, là sur les abords des collèges, afin de s’acheter de quoi kiffer et s’intoxiquer. Alors, le kif est aussi ce péril de schizophrène. Certains le cultivent ou le vendent illégalement, parce qu’il rapporte beaucoup d’argent à blanchir pour ces gars, ou simplement des maladies et de la prison ! 

               

              Bien de nos jeunes semblent livrés aux fantasmes des drogues. Mais aussi aux fantasmes des images virtuelles, celles des fortunes vite faites. Celles des boat-peoples ne les effraient pas assez ! Celles avec des horizons sanglants, qui interpellent les humains pacifistes, ne les répugnent pas assez. Que faire pour les en décourager ? Comme le témoignent les déchirements du Moyen-Orient, où nos référentiels et nos amis se déchirent, larga manu ! Des images barbares circulent. Celles des têtes coupées, comme des ballons lâchés, ces corps écartelés, ces femmes lapidées, ces fosses communes remplies et explosions à l’envie. 

              Le bug de Ayouch, qui a scandalisé le bon peuple, les éditorialistes, les polémistes des forums, est un révélateur de notre déchirement. De cet état de lambeaux culturels hérités, de notre patchwork cultuel fragmentaire et de pénalités diffractées. Il est la résultante de notre état postcolonial de peuple pacifiste, de terres et de campagnes, encore effritées et colonisées. Il est le reflet de notre bonhommie, de notre personnalité dissonante, aux multiples langues, souvent mal maîtrisées. Sommes-nous des schizophrènes, dépolarisés, extravertis sur deux mondes opposés ou plus ? Et ce phénomène des femmes « Much loved » d’un Ayouch, si mal aimé ? C’est un révélateur sociologique. Il doit, comme film à visiter et non conspuer, ouvrir encore plus de discussions, apaisées… Des vannes des politicards pas seulement, mais aussi des vannes d’idées à ouvrir, pour les exploiter, sans haine ni arrogance préconçue. Et ce afin de changer, d’évoluer sans hypocrisie, ou pour se défendre et s’en vanter. Et se détendre, pourquoi pas ? 

              Les censeurs haletants, se sont-ils tus ? Je ne le pense pas. Ce film a eu un impact essentiel inespéré. Socio-politique, culturel, alors qu’il n’est même pas sorti. Pour appuyer mon hésitation, je me réfère toujours au film projeté au Mégarama, Le loup de Wall Street, avec Leonado Di Caprio et où rien ne manquait. 
              Le film ne résout pourtant aucun problème. Pourquoi le demander à Jennifer ou à Ayouch ? 

               * Président de l’Association des amis des myasthéniques du Maroc


              Par Dr. Moulay Ahmed Drissi *

              Mercredi 3 Juin 2015

               

               

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              http://www.libe.ma/%E2%80%8BPlaidoyer-pour-la-liberte-de-la-culture-et-du-cinema-Simulacres-et-tartuferies-tournent-au-vertige-et-au-vinaigre_a62873.html

              • hans-de-lunéville 11 juin 2015 19:42

                3 articles sur le même sujet, je pense que vous avez déja le DVD non ? :)


                • maidoc25 maidoc25 11 juin 2015 19:53

                  DES EXTRAITS seulement et de mauvaise qualité , Mais assez pour me faire une idée et espérer ne pas m’être trompé dans mon analyse...Quitte à me raviser ! Je n’ai pas pu loader le film. J’ai appris qu’il est d’ailleurs programmé sur plusieurs cinés de l’Héxagone.


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