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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Ne dites plus « province » !

Ne dites plus « province » !

De la province en général... d’un racisme très parisien en particulier...

Marre... Marre d’entendre chaque matin sur ma radio préférée, France Inter, d’entendre journaliste après reporter évoquer cette fichue province... Mais, dites-moi, dites-moi donc ce qui se cache derrière ce mot ? Un paysan mal dégrossi ? Un élu aux cheveux gras qui n’aurait pas inventé Paris-plage ? Un politique pâle de n’avoir jamais vu le soleil, qui, d’un doigt imprécateur, désignerait les limites de son empire pariso-parisien ? Une masse informe de sous-Français affamés d’infos et d’idéaux ?
Les frontières de notre beau pays s’arrêteraient-elles à Arcueil au Sud, et Asnières au Nord ?
Mais jusqu’où iront-ils ? Paris est la capitale de la France... C’est dit... Même dans les manuels d’histoire qui racontent bien d’autres bêtises, cette centralisation est acquise... Mais quels arguments faut-il avancer pour faire comprendre à nos élites, à nos édiles et autres jeunes fougueux journalistes, que la France est un tout qui ne se limite pas au boulevard St-Germain ?
Il y a une vie au-delà du périf. Si, si ! Quand j’étais môme, titi parigot pur jus, passer la dernière station du RER, c’était affronter l’inconnu... Aujourd’hui, frisant la cinquantaine, vivant à la campagne, je n’ai pas l’impression de vivre comme un serf... Paris est loin, mais Paris est proche aussi, comme peuvent l’être San Francisco, Miami, Toulouse, Marseille, Lille, Varsovie ou Bagdad. J’avais franchi le ru... et découvert l’au-delà...

Alors, chers journalistes parisiens - bien souvent nés hors les murs de Paris et d’Ile-de-France, cessez donc de voir le monde par le petit bout de l’Arc de Triomphe, dites-vous que cet ailleurs si éloigné de votre quotidien mérite toute votre attention... Car c’est aussi votre pays, et non un zoo pour le moins exotique... A Marseille,Toulouse, Brive ou Lille, des gens vivent, pensent, agissent... et cela n’a rien d’exotique !

Alors, pour bien débuter votre nouvelle existence de Français "global" : ne dites plus province - bannissons ce mot qui ne signifie plus rien.
Parlez plutôt, simplement, de la ville concernée, de la région, du département de cette France, qui est une et indivisible. Vous savez, cette "province" comme vous dites, ne fait pas mal, ne tache pas, ne refile pas la grippe aviaire...

C’est tout bête, mais pour l’auditeur et le lecteur que je suis, le confrère aussi, cette fichue "province", si prompte à surgir dans vos papiers, dresse un mur entre tous les habitants de ce pays... et de murs nous n’avons pas besoin !


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32 réactions à cet article    


  • (---.---.209.214) 20 janvier 2006 12:07

    Les grêves de transports parisien ennuient les Parisiens c’est donc grave !

    Les grêves à Marseille, c’est folklorique !

    en 1947,Jean-François Gravier parlait de « Paris et du désert français » depuis 60 ans peu d’évolutions. La France du journal de 13h est campagnarde, bucolique pour un parisien qui en rêve mais ne veuix surtout pas quitter le centre de la civilisation. Que les activités culturelles, artistiques, politique ou économiques n’hésitent plus à prendre le train ou l’avion pour profiter des cadres variés de nos régions et que l’on cesse de regarder des banlieues qui flambent ou la culture des olives de la place de l’Etoile !!


    • HKac HKac 20 janvier 2006 13:42

      Bonjour Marc,

      Bravo pour ce magnifique jaillissement. La France ne peut pas se résumer à deux zones « Paris-IdF » et « Province ».

      Pour mémoire, les grecs et romains parlaient de « Barbarie » pour désigner des contrées et des gens situés au-delà des frontières de Rome et des cités grecques.

      Non, les campagnes et les régions ne sont ni des déserts humains, ni des déserts culturels.

      Les médias doivent cesser d’employer des termes aussi réducteurs et galvaudés. Pourquoi ne pas parler de régions ou directement de donner une indication de la ville, le département. Exemple : « A Mézières, dans la Brenne » ! Merci encore pour votre initiative.

      Bonne journée de la part d’un gars qui vit entre deux mondes.

      Pour se documenter : http://www.lettres.ac-versailles.fr/article.php3?id_article=322


      • Ulmo (---.---.254.6) 20 janvier 2006 13:57

        C’est clair, selon la télévision, notre pays, c’est Paris. Et la province, bas c’est le reste...

        Virez les Points Route qui ne sont utiles qu’aux seuls parisient (pourquoi pas un point RATP ?).

        Et aussi, pendant qu’on y est. Arreter de parler du Foot que quand le PSG gagne (heuseusement, c’est pas souvent). Ne parlez plus de foot tant qu’on y est.

        Ya mieux à présenter dans un journal télévisé que du Foot ou la fabrication artisanale du boudin noir en arriège du sud est.


        • caramico (---.---.227.135) 20 janvier 2006 14:49

          N’ayant que peu d’intéret à regarder et écouter ces médias parisiens, j’avoue, moi, provincial, afficher la même commisération envers ces pauvres gens entassés sous un ciel gris qui mettent une ou deux « plombes » pour effectuer un trajet de 10 minutes en province, qui rêvent de venir une ou deux fois par an où je réside a l’année, journalistes et hommes politiques compris.

          Je distingue et je les plains, ceux, provinciaux pour la plupart, qui n’ayant pas eu le choix, vont faire leur chemin de croix professionnel en révant du jour où il pourront retrouver leurs racines.

          Quand à ceux qui ont ce sentiment de supériorité conféré par leur appartenance à cette catégorie de privilégiés qu’on nomme « parisiens », qu’ils restent bien entre eux, nous n’avons pas besoin de ce genre de personnes chez nous, en province, terme qui ne m’inspire aucun sentiment d’infériorité.

          P.S Nous sommes 63 millions de français avec une immense majorité de provinciaux.


          • marc allegre 20 janvier 2006 16:13

            Non pas du tout complexé et même plutôt fier de ma Corrèze (pas natale)... Simplement énervé que la centralisation séculaire de notre beau pays distingue Paris du reste de la France dans un terme aussi réducteur que « province ». Il n’y a pas deux entités, Paris et le reste, mais un grand pays avec 62 millions d’habitants, des villes, des villages, des hameaux et des ces villes, villages et hameaux des gens qui vivent, travaillent, créent, aiment et meurent... Nous ne sommes définitivement plus au XIXe siècle au cours duquel, oui, on considérait que la France était découpée en 2 zones, Paris et la province... Cordialement


          • cat (---.---.60.230) 6 mars 2006 14:31

            Je ne savais pas que les touristes venant visiter notre belle Bretagne étaient tous parisiens ! Il me semble qu’ils viennent de toute la France, non ? La Bretagne, comme toute autre région exposée à une marée noire, a besoin du tourisme pour vivre, mais heureusement que cette « masse » n’est pas que parienne, sinon, adieu le tourisme justement ! Mais j’admet cependant que les touristes parisiens se repèrent plus vite que les autres en Bretagne : ils ont la manie de se ballader partout avec ciré jaune et bottes de caoutchouc ! C’est bien connu, en Betagne, nous ne connaissons ni les escarpins ni les tongs ...


          • Sylma (---.---.179.11) 20 janvier 2006 15:45

            Parisienne ni de coeur ni d’adoption, mais ex-grande citadine accomplie exportée aujourd’hui au pays des corbeaux, dans une contrée reculée au seuil du massif central, je ne rendrais pour rien au monde mon petit coin de verdure pour retrouver les embouteillages, le speed, la vie chère, l’air pollué et les gens de mauvais poil ! Moi aussi tous ces candides parisianistes me fatiguent avec leurs maronniers de pastorale sur les derniers potiers d’aveyron et leurs visions fauves des citées enflammées... Ok, la culture, le shopping, les sorties, les restos, c’est pas la profusion en « province » comme à Parigi... Mais il se passe quand même des choses ici et nous ne sommes pas tous des mort-vivants guettant les lueurs quotidiennes du JT pour nous ouvrir au reste du monde... l’essentiel n’est pas dans le choix en abondance qui m’embarrasse. En fait, j’adore mes petites habitudes de proximité... Et le luxe désormais : me sentir comme à disneyland lorsque je mets les pieds dans une grande ville que je fréquentais autrefois tous les jours... Mais alors dans tout ça, le cliché est bien une question de point de vue... de la campagne qui pue ou de la ville de flippés, qui est du bon côté ?... je crois qu’on devrait juste arrêter de se regarder comme des extra terrestres qui auraient fait le mauvais choix... bref, qu’on se laisse tranquille et soyons désinvoltes...


            • Vrett (---.---.148.3) 20 janvier 2006 20:34

              Une anecdote : il y a 2 ou 3 ans, Claire Chazal, qui présentait le JiTé, avait parlé de la ville de Thiers (56 292 hab.) comme d’un petit village d’Auvergne... alors même qu’elle est native de là-bas !!

              D’une manière générale, les journalistes parisiens aiment à employer ce vocabulaire bucolique riche en petit village, hameau, bourgade... pour citadins stressés et/ou complexés.


              • Yuca de Taillefer (---.---.152.115) 20 janvier 2006 20:55

                Le mot province me laisse assez pantois : car il ne semble pas avoir le même sens dans les différents pays d’Europe ou dans la Francophonie : il est assez commun de parler de « province » pour l’Espagne, l’Italie, en Belgique, ou au Québec sans que cela ne laisse présagé d’un quelconque sens péjoratif ou d’infériorité... De plus en Nouvelle-Calédonie, territoire français, il y a plusieurs provinces !

                Bien sûr en France métropolitaine, grand vieux pays centralisateur, voir même d’absolutisme historiquement parlant, le mot province peu être très très mal perçu... Mais en même temps, employé aujourd’hui dans les grands journaux parisiens comme un moyen de distinguer Paris ou la masse de l’Ile de France (terme là aussi très abusif ! la Région Francilienne n’étant ni la France, ni une île) du reste de la France métropolitaine.

                Le mot province alors en France métropolitaine n’est qu’un vestige du passé, car il n’a aucune existence juridique ou administratif en France métropolitaine.

                La Normandie par exemple, ce fut dans le passé (à partir du jour de l’existence de ce mot désignant un territoire) un Comté, puis un Duché autonome prétant symboliquement allégence au Roi de France (avec la conquête de l’Angleterre tout de même !) puis un Duché compètement rattaché à la France, puis (1469) une Province (avec une assemblée plus ou moins consultative), puis plus rien (1789-1956), puis deux « régions économiques », puis deux régions reconnues comme collectivités, et bientôt (voeu pieu !) une Région à part entière.

                Bref le mot « province » s’il garde une réalité hitorique, n’a plus aucun contenu administratif ou juridique, c’est donc un mot fourre-tout soit pour le langage parlé, soit pour des journalistes aimant provoquer la réaction de leurs lecteurs en écrivant ce doux mot d’antan !

                On ne peut que souhaiter que ce mot disparaisse ou retrouve un sens plus noble si cela est possible !

                « Provincial » = De la province... Qui n’a pas l’aisance que l’on prête habituellement aux habitants de la capitale. Air provincial, il doit venir de la province celui-là ! (extrait du Larousse).


                • (---.---.20.88) 20 janvier 2006 21:50

                  Ben mon gars, faut reconnaître grave la situation, car s’il faut encore expliquer (je te l’accorde), aux français et au médias que la province ne fait pas mal, ne tache pas, ne refile pas la grippe aviaire, que peuvent espérer en reconnaissance ceux qui ont débarqué ou débarquent des quatre coins de la planète dans notre si beau pays. Le racisme par omission


                  • òmedòc (---.---.121.235) 21 janvier 2006 09:59

                    Les mots ne sont pas neutres ou innocents.

                    « province » : il faut rappeler à tous ces peuples vaincus, que c’est Paris qui commande !

                    (latin : un territoire sur lequel un magistrat avit reçu l’imperium pour vaincre (pro vincere) ou pour réduire ses habitants).

                    Rappelons-nous la belle « Histoire de France » de notre enfance et les guerres de conquetes des rois de l’Ile de France.(massacres, bûchers, déportations,...).

                    La colonisation française a commencé aux portes de l’Ile de France (relire Suzanne Citron, Robert Lafont,...). Et Michelet (« la vraie France, celle du Nord »).

                    En fait, de plus en plus nombreux nous disons : en Bretagne, en Occitanie, en Euskadi, en Alsace, en Savoie, en Catalogne...

                    (C’est curieux, la presse ne dit jamais « province » pour la Corse,... Pourquoi donc, serait-ce que les Corses ont su se faire respecter ?).

                    A bientôt dans l’hexagone (?) des autonomies !


                    • Elegy (---.---.26.107) 28 janvier 2006 14:51

                      Excellent commentaire


                    • guillaume (---.---.69.51) 25 février 2006 23:17

                      A votre belle liste, « massacres, bûchets, déportations », probablement vraie (sauf peut-être pour déportations ??), vous oublier les principales raisons de l’agandissement du domaine royal (avant 1789) puis du territoire national (après) : les mariages, comme pour la Lorraine, le consentement de la population (Savoie, Nice) ou en tout cas de ses élites (Normandie, dans un premier temps) les liens féodaux ou les hériages (Bretagne) et les traités internationaux, qui faisaient passer un territoire d’un prince à un autre, sans nécessairement qu’il y ai de guerre ... Tout en étant pas particulièrement jacobin ni centralisateur (bien que je ne m’imagine pas vivre autre part que prêt de Paris ... là où j’ai toujours vécu), le manque de confiance que j’ai dans les élus locaux, des régions, départements ou communes, fait que je suis méfiant, voir hostile, à leur donner trop de pouvoir ... Ceci concerne autant l’Île de France que le reste de la France. Je les trouve, à commencer par le maire de ma commune, trop « féodaux ». Bien à vous ...

                      guillaume


                    • Clovis Tilouliger (---.---.87.38) 21 janvier 2006 18:58

                      merci d’avoir réagi pour moi, car tous les matins je me disais bien qu’il fallait que je me révolte et n’accepte plus ce terme de « province » que j’esgourde, du bulletin météo à l’info du jour (type bagnole cramée à Strasbourg) en passant par Rosny sous bois et son accident de camion en ... province !!

                      J’habite LES régions de France et j’en suis heureux. Quand je pourrai revendiquer la province dans laquelle je vis, alors oui, vous pourrez, si je le veux, me considérer comme un provincial. Et puisque l’opportunité s’est aujourd’hui présentée, dites à Jacques Vendroux que la trilogie des trois cols, c’est largement plus que trois cols....


                      • Sandrina (---.---.49.112) 22 janvier 2006 23:51

                        Moi je suis parisienne et j’avoue que pour rien au monde je n’irai vivre ailleurs en France. J’adore la capitale et sa banlieue, et ça ne me dérange pas d’aller en vacances de temps en temps en province (lol).

                        Cela étant, moi même je me rends compte que les journaux parlent la plupart du temps de chose qui ne concernent souvent que les franciliens et qui ne doivent pas toujours intéresser les autres régions (par exemple les perturbations dans le métro ou d’autres choses bien parisiano-parisiennes).

                        En tout cas, je tiens juste à signaler que quand on parle de clichés envers la province, l’inverse est également vrai. Que ne dit-on pas sur les parisiens stressés et pas heureux dans leurs immeubles tout gris et leur longues heures passées dans les transports... On nous dit pédants, mais moi quand je vais en vacances dans la famille ou chez des amis à Nîmes ou à Poitiers, ils passent leur temps à me dire combien ils sont HEUREUX de vivre loin de paris et de sa pollution (entre autre). Seulement voilà, quand je dis à mon amie que l’hopital est super loin de chez elle, sans parler du supermarché ou même du médecin, elle redescend doucement sur terre et veut enfin bien reconnaitre que j’ai quelques avantages aussi à vivre dans la capitale.

                        Je pense qu’il faut être ouvert et ne pas insulter les autres sans savoir. Je suis parfaitement heureuse à Paris et je n’envie personne.


                        • casiro (---.---.21.95) 23 janvier 2006 15:52

                          Je ne sais pas si tu sais, mais il n’y a pas qu’à Paris qu’on a des hôpitaux des supermarchés et des médecins très proches ! Cela dit, je pense que c’est faut de dire que les parisiens considèrent les autres français comme des bouseux. Cessons de penser que les médias reflètent la pensée collectives et unissons nous, parisiens et régionaux, pour une vraie information...


                        • Elegy (---.---.26.107) 28 janvier 2006 21:03

                          Je ne penses pas que tu ais compris quel etait vraiment le probleme. La question n’est pas de savoir quelle region de France est la mieux equipee en hopitaux, etc. Il est evident que vivre a Paris a d’enormes avantages pour certaines choses, et des inconvenients pour d’autres. C’est tout betement le genre de raisonement « pour/contre » qui incitent certaines personnes a preferer vivre en milieu urbain, voire dans des villes comme Paris ou meme des metropoles encore plus grandes a l’etrange, et les gens pour qui la campagne a plus d’avantages que d’inconvenients. De ton cote, tu vis a Paris, et tu preferes Paris, c’est tres bien, ca veut simplement dire que Paris correspond a ta maniere de vivre, et t’apporte ce que tu recherches.

                          Mais le debat ici concerne cette habitude que les parisien ont de parler de la « province ». Ce mot n’est pas Francais, ce mot est parisien. Il n’est pas employe ailleurs qu’a Paris.

                          Si quelqu’un fait un voyage Marseille-Nice, est-ce qu’il dit ’je vais en province’ ? Il va tout betement d’une ville a une autre. La province, c’est tout betement la France. Et surtout c’est plein de choses differentes, il y a les zones rurales, les zones urbaines, le nord, le sud, des gens, des regions et des coutumes qui n’ont rien a voir les unes envers les autres.

                          Pour t’en convaincre, imagine un peu un americain de base qui vient te dire : « mais oui je sais commment c’est chez toi, je suis deja alle en Europe, ca ne m’a pas plu, je prefere la ville ». Tout ca parce que pour lui, il est alle en Hongrie et a Malte, et il est revenu en disant, l’Europe est comme-ci, l’Europe est comme-ca.

                          Et bien quand les parisiens parlent de la ’province’, c’est l’attitude qu’ils ont. Il resume a un mot une multitude de regions totalement distinctes, qui n’ont rien a voir les unes apres les autres. C’est le principe binaire du racisme. Il y a moi et ceux qui sont comme moi, et il y a les autres, le monde se resume en deux entites. Comme pour l’administration Bush, ils voient le monde comme compose de deux sortes de pays : ceux qui sont pour eux et ceux qui sont contre eux. Encore une fois, une vue binaire des choses. Une enorme etroitesse d’esprit. Prononce le mot province pour designer un endroit est exactement la meme attitude.


                        • anne marie (---.---.137.192) 23 janvier 2006 11:22

                          Pourquoi ne faudrait-il plus dire province ?La province, c’est l’ailleurs et ailleurs ,c’est le rêve d’autre chose que je ne connais pas encore.C’est poétique, la province... Ceci dit j’ai bien aimé votre article. Alors, merci. Car, de fil en aiguille, votre blog est allé grossir le nombre de mes favoris.

                          anne marie


                          • Elegy (---.---.26.107) 28 janvier 2006 13:15

                            Comment ca c’est poetique la province. Ca ne veut strictement rien dire. La province c’est la France a 99%. C’est tres varie. C’est pas juste poetique. Il y a des endroits en France qui ne sont pas poetiques du tout. C’est ridicule de d’affubler un adjectif a une entite aussi vaste, composee d’elements aussi varies et contradictoires.


                          • Elegy (---.---.26.107) 28 janvier 2006 13:19

                            Est-ce que vous croyez que les allemands divisent leur pays en deux (Berlin et la province ?). Vous imaginez, aux Etats-Unis, quelqu’un de Washington dire « Je suis alle en province, c’est tres joli. » ou « c’est tres laid ». Ca dire quoi ? Qu’il n’a pas aime le Dakota ? Ou qu’il faisait tres beau a Los Angeles ?

                            Que les parisiens remplace le mot province par « Non-Paris » et realise qu’il est ridicule de dire que le Non-Paris est ceci ou que le Non-Paris est cela.

                            Si la ville de Toulouse serait rayee de la carte, on continuerait a appeler « France » le reste du territoire.

                            Il en va de meme pour Paris. Tout ce qui est autour de Paris, ca porte un nom : la France.


                          • Izabel (---.---.176.62) 27 janvier 2006 04:24

                            Tiens, je me demande ce que les Français penseraient, si l’ensemble des sièges des médias d’information se trouvaient à Lille, et parlaient d’information à Lille et dans le sud. Après tout, ce n’est pas moins logique, le reste de la france se situe bien au sud (si l’on excepte St Pierre et Miquelon et quelques autres terres).


                            • Florestan (---.---.104.35) 27 janvier 2006 20:36

                              La France a tout simplement la grosse tête : je ne reviens pas sur ce qui a été dit et parfois bien dit ici dans ce débat. Je voudrais simplement dire aux élites politico-médiatiques de la capitale que l’avenir de la France dépendra de moins en moins de ce qui se dit ou pense entre la porte de Versailles et celle de Vincennes... Démographiquement, la pompe refoulante et aspirante de Paris fonctionne de moins en moins : les grandes capitales régionales depuis 15 ans sont bien plus attractives au point de ringardiser certains équipements de la capitale voire certains aspects de sa vie culturelle (la plus belle salle de concert de France est à Metz et toujours pas à Paris...) : Nantes, Rennes, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Grenoble, Saint Etienne,Marseille,Montpellier,Clermont Ferrand, Nancy, Metz, Strasbourg, Lille offrent des opportunités culturelles et économiques bien plus intéressantes et créatives que la capitale victime de sa « macrocéphalie » (en clair : payer un café plus de 2euros en terrasse...). Ce sont des provinces désormais régions qui accroissent leurs compétences que proviendra l’essentiel du dynamisme économique et intellectuel du pays : les régions et les métropoles régionales parient toutes sur la recherche, la culture et l’environnement. Des anciennes traditions, le patrimoine historique, des terroirs actifs et innovants en réinterprétant les traditions (Villedieu les Poelles en Normandie se lance dans le design en cuivre ou l’exemple de la musique celtique bretonne qui permet de vendre des millions de disques)permettent de créer de nouveaux bassins de vie surtout dans les régions touchées par la désindustrialisation : être à une heure, deux ou trois de Paris en TGV voudra de plus plus dire être à une heure, deux ou trois de Lille, Nantes, Rennes, Lyon ou Marseille. Certes, Paris demeurera pour encore longtemps la capitale où siège le pouvoir politique de la France et c’est très bien ainsi : la carte postale de Paris est aussi belle que celle du Mont Saint Michel (qui est normand mais qui est visible de Bretagne...) Et c’est tant mieux qu’une normanocorse à savoir la belle laetitia représente l’image de l’élégance parisienne à l’étranger (joli cliché n’est-ce pas) sauf qu’aujourd’hui Becassine est une diplômée bac +7 sur l’environnement marin de l’université de Brest et conseille les chinois pour dépolluer le fleuve de Shanghaï. De plus en plus de compétences sont en « Province » et un amateur sur 10 des « folles journées » de Nantes a pris son train gare Montparnasse. Le réveil français sera le réveil des régions : cela passera par un approndissement de la démocratie française dans ses territoires au prix de certaines modifications frontalières ou de la simplification des circonscriptions (département, communes) pour que les régions marquées par le technocratisme parisien correspondent enfin aux territoires connus et reconnus par leurs habitants : à l’heure où la population s’accroît désormais dans les villes moyennes ou villages cela devient une priorité politique pour les prochaines années. Par exemple, la réunification par voie référendaire de la Normandie serait le premier grand chantier de cette véritable refondation nationale... Florestan


                              • Elegy (---.---.26.107) 28 janvier 2006 13:19

                                Est-ce que vous croyez que les allemands divisent leur pays en deux (Berlin et la province ?). Vous imaginez, aux Etats-Unis, quelqu’un de Washington dire « Je suis alle en province, c’est tres joli. » ou « c’est tres laid ». Ca dire quoi ? Qu’il n’a pas aime le Dakota ? Ou qu’il faisait tres beau a Los Angeles ?

                                Que les parisiens remplace le mot province par « Non-Paris » et realise qu’il est ridicule de dire que le Non-Paris est ceci ou que le Non-Paris est cela.

                                Si la ville de Toulouse serait rayee de la carte, on continuerait a appeler « France » le reste du territoire.

                                Il en va de meme pour Paris. Tout ce qui est autour de Paris, ca porte un nom : la France.


                                • Florestan (---.---.98.36) 28 janvier 2006 20:47

                                  « si la ville de Toulouse était rayée de la carte » c’est mieux ainsi d’autant plus que je partage votre raisonnement. Cette question « Paris/ Province » ne se posera plus le jour où l’on pourra autant « réussir » à Paris qu’à Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Nantes ou à Saint- Affrique ou à Granville. Il y aura toujours une hiérarchie urbaine mais pour l’avenir de la France il est devenu urgent qu’elle soit beaucoup moins concentrée vers le haut. Ainsi, le coût généré par la gestion de l’hyperconcentration urbaine de Paris et Ile de France est désormais presqu’aussi élevé que les bénéfices que l’on peut en tirer. Paris n’attire plus sauf pour de strictes raisons professionnelles : la vie quotidienne y est bien trop chère et l’espace libre y est un luxe. Depuis 1990 et pour la première fois depuis que l’on fait des recensements réguliers en France, la balance migratoire de l’agglomération parisienne est déficitaire : il y a plus de gens qui quittent la ville capitale que de gens qui viennent y vivre. Ce phénomène s’est renforcé, d’après le dernier recensement : il accompagne le tout récent boum démographique que l’on observe depuis 10 ans à peine dans les petites villes et villages. Dans les régions attractives (c’est à dire correctement désenclavées)le « rural profond » (c’est à dire le mètre carré pas cher, l’espace et un cadre de vie agréable) attire de plus en plus de familles. Après un excès de centralisation (XIX et XXème siècles) la France entreprend un réequilibrage de ses bassins de vie vers les régions tout en restant massivement urbaine (urbanité de la ville moyenne ou de la capitale régionale plus que de la grande mégalopole à dimension internationale). Histoire de retrouver une vieille identité française : celle d’une mosaïque de territoires profondément marqués par le travail des hommes. Reste à savoir si mettre « les villes à la campagne » (Alphonse Allais) est réellement possible à l’heure d’enjeux déterminants pour l’avenir écologique de la planète...


                                  • chiwalog (version gros b ?) (---.---.33.53) 6 février 2006 13:07

                                    Humour :

                                    Le myst ? de la diff ?nce entre les hommes et les femmes enfin r ?lu Tout le monde l’attendait avec impatience, on le savait passionn ?ar la politique et la d ?nse des opprim ?mais on ne savait o ? lire, maintenant c’est...


                                    • Mattbzh (---.---.181.156) 15 février 2006 03:11

                                      Le truc qui est dommage, c’est que l’on a du mal a se défendre vis à vis des médias ou de la société française (dont le centralisme de l’Etat a bien formaté les esprits pour que les gens oublient les pays desquels ils venaient, et surtout, que le peuple craigne la décentralisation « un danger pour la République » que disent certains).

                                      Je les envie les Massilia Sound System quant ils disent « Et oui, tu n’as qu’une alternative, soit des provincial, soit t’es Provençal », le rejet du terme (voir de l’appartenance à la France telle qu’elle est aujourd’hui) passe pour un jeu de mots.

                                      Si moi je dis « soit t’es provincial, soit t’es Bretons » vous allez voir les injures et ragots qui peuvent tomber traitant celui qui pense ça d’arriéré, d’anti français, de gars replié sur lui même....

                                      Dommage qu’en France on ne peut assumer ce que l’on est et les différents peuples qui compose la France.

                                      Après tout, en Grande Bretagne, il y a un terme pour le ressortissant de l’Etat : Brittanique, et un autre pour les différentes nations qui compose cet Etat : Anglais (d’ailleurs utilisé à tort et à travers par les non Brittanique), Ecossais, Mannx, Gallois, Cornouaillais. Pareil en Espagne, où l’Espagnol se décline en Basque, Castillan, Andalou, Catalan, Manchgo, Extremadurien, Asturien, Catambrais, Léonais et Aragonais (qui beneficie de la reconnaissance tacite de leurs nationalités distincte pour certains)

                                      Perso, je me dit Européen, de nationalité Bretonne et ressortissant Français, pourquoi cela pose t’il un problème ? L’identité, même « régionale » est quelquechose de vécue et ne doit pas être normalisée, voire diabolisée par l’Etat... sinon ça fait ARB/ETA/FLNC/FLNKS/ect...

                                      Enfin, une bonne nouvelle pour les 15 000 000 d’Occitans Français : la Generalitat de Catalogne reconnaît la nationalité Occitane, grâce au moins de 20 000 habitants du Val d’Aran, qui parlent occitan et sont les seuls d’Espagne à ne pas avoir une députation provincial, mais un conseil général.

                                      Reconaissons nous pour qui nous sommes et apprécions nous comme tels au lieu de prendre part à une mythomanie généralisée venant d’un Etat qui craint son propre pays et ses propres ressortissants plus que tous.


                                      • jer (---.---.98.36) 15 février 2006 08:26

                                        Le mot « province » semble aussi blasphématoire que les caricatures de Mahomet. Rappel : « Parisien tête de chien, Parigot tête de veau » ce sont bien sûr les Parisiens qui l’ont inventé ! La parisianophobie existe aussi chez les non-Parisiens. Il suffit d’écouter les autochtones (suis-je blasphématoire ?) sur une place de marché « provincial » en été.

                                        Les commentaires ci-dessus sont ridicules comme les auto-collants :« Breton et fier de l’être ». Ceux qui jugent sur le seul fait du lieu de naissance, ou de la filiation (droit du sol ou droit du sang ?) ne méritent que mépris.

                                        Il doit sans doute y avoir statistiquement autant de cons en Bretagne, qu’en Normandie ou ... en Ile-de-France. Encore faudrait-il définir ce qu’est un con !


                                        • Mattbzh (---.---.161.104) 16 février 2006 15:27

                                          Cher Passim

                                          Je suis né en Normandie... si je me dit Breton, ce n’est ni par droit du ni sol, ni par droit du sang, mais par droit du Coeur. Peut-être Breton ou Français ou les deux ou Parisien, ou Occitan ou Normand, ou ect celui qui le souhaite. Il suffit d’apprécier le mode de vie autochtone (non vous n’êtes pas blasphématoire) et de le vivre même à sa propre manière (pourquoi s’enfermer dans des standarts, après tout, je suis Breton, mais je ne mange pas de galettes à tous les repas, ni vais en Festoù-noz tous les soir. ce sont des choses que j’apprécie, mais dont je ne fait pas ma condition de vie de Breton sine qua non)


                                          • vivian (---.---.187.8) 13 octobre 2006 00:03

                                            Je vais d’abord cité sandrina : « Seulement voilà, quand je dis à mon amie que l’hopital est super loin de chez elle, sans parler du supermarché ou même du médecin, elle redescend doucement sur terre et veut enfin bien reconnaitre que j’ai quelques avantages aussi à vivre dans la capitale. ». C’est une plaisanterie ou quoi ? Est ce que cette fille pense reellement que dans les grandes villes de « province » les hopitaux sont « super loins » et qu’on a pas de supermarché ou de médecins ???? Je suis désolé mais meme dans une petite ville de 30 000 habitants on a tout ca !Et vous savez quoi ?? On a meme des bureaux de tabacs !! Incroyable !! Alors je parle meme pas des métropoles genre Toulouse Montpellier ou Marseille...


                                            • the masked one (---.---.240.46) 4 janvier 2007 17:54

                                              Que les Parisiens pensent qu’il y ait Paris et ses faubourgs, entourés de la banlieue, elle-même entourée de la province, le tout entouré par l’étranger, c’est naturel : c’est une réaction autocentrée de l’homme. Le problème c’est que les médias imposent cette vision à l’ensemble de leurs auditeurs qu’ils soient Parisiens ou non. C’est d’ailleurs à se demander si le reste de la France fait partie du public visé par ces médias.

                                              La météo : température minimale, température maximale et température à Paris. Le point route : conditions de circulation quand on vient de Paris ou quand on va à Paris. Les info : « attention il va y avoir telle grève demain à Paris » ou « ça fait trois semaines que telle autre ville de France connait des grèves mais on vous en parle que maintenant ». Les fictions : ça se passe à Paris sauf si il s’agit de grandes saga-terroir où le scénario des familles qui s’entredéchirent n’est dans telle région que pour le pittoresque (viticulteurs des bords du Rhône, bâteliers sur la Dordogne ou oliveraies en Provence) Les variétés : on invite que les pièces de théâtre à Paris ou on présente les tournées comme tel : « Vous serez au Zénith/Olympia/Bercy telle date et en tournée dans toute la France » (il fut une époque où toutes les dates d’une tournée défilait en bas de l’écran... maintenant on ne prend même plus cette peine). Point presse : le Parisien est traité au même titre que les quotidiens nationaux mais rarement un mot sur Ouest-France le premier quotidien français. Mais c’est normal, il faut regarder l’adresse des sièges de Radio-France, TF1, France télévision, M6, canal+ et même la sept-arte (la composante francofrançaise d’arte), le monde, libération, le figaro...

                                              Bien sûr que sur des nombreux points on peut dire qu’il y a Paris et le reste de la France, mais sur de nombreux points il y a une différence entre Strasbourg (ou Lille, Lyon, Marseille, Toulouse, Nantes...) et le reste de la France. Et à part les Strasbourgeois, personne ne réfléchit en une dichotomie Strasbourg/ailleurs, et c’est normal. Alors pourquoi les non-Parisiens devraient vivre en fonction de leur non-apartenance à Paris ?

                                              En conclusion qu’on remplace « province » par « en régions » ou quoique ce soit, ça ne change rien. La France n’est pas coupée en deux : Paris et le reste, mais en de nombreuses subdivisions. Paris est différente de Nice et de Brest, normal. Mais Brest est différente de Paris ET de Nice. Paris n’est pas à opposer à tout le reste mais est un lieu parmi beaucoup d’autre en France. Paris est différente non pas parce qu’elle est exceptionnelle dans une France monotone mais parce que l’ensemble de la France est VARIE !


                                              • Professore (---.---.181.38) 21 février 2007 11:15

                                                Bravo pour votre article, je crois qu’il faut créer d’urgence deux choses liées : un observatoire du parisianisme qui pourrait publier des statistiques par exemple sur le pourcentage de parisiens dans les débats télévisés (pour ceux qui sont intervenus en faveur du oui à l’Europe, c’était 100%), on pourrait créer aussi un prix du parisianisme distinguant une personne qui s’illustre dans le mépris de tout ce qui n’est pas francilien, noms proposés pour 2007 : Claire Chazal, Alain Minc, Guillaume Durand ...


                                                • blondin_des_campagnes blondin_des_campagnes 7 juillet 2010 18:55

                                                  Tout à fait d’accord Professore, puisque nous sommes tous des paysans (82% de la population), traitons les comme du bétail et comptons-les.

                                                  J’essaie vraiment d’éviter le moment stressant du Point Route, où l’ingrat Bison Futé me prouve par N118+A6 que je n’existe pas.

                                                  Ayant vécu à Nice, je certifie que le trafic en PACA, été comme hiver, a une densité équivalente à l’ IdF. Seulement la région PACA est remplie de fumistes qui passent plus de temps à boire du Pastis qu’à travailler, et, pis, ils ont un accent qui fait qu’on ne peut pas les prendre au sérieux. Alors concentrons-nous sur l’important : notre Ile de Fraaaaance à nous.

                                                  Ce que je préfère vraiment dans cette histoire, c’est l’annonce d’évènements culturels. Dans ma bourgade (Lyon) on peut se procurer (pour trois crottes de chèvres) les journaux gratuits avec des encarts pub d’évenements, précisant une date, une salle... mais pas de ville. Les « éditions » de nos journaux gratuits étant lyonnaises, on peut espérer qu’il s’agisse d’un événement local. Bien sûr, les encarts étant fait par des parisiens, l’absence de nom de ville veut forcément dire Paris, vu que rien d’autre n’existe...

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