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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Nicolas Sarkozy se méfie trop des autres et pas assez de lui-même, son (...)

Nicolas Sarkozy se méfie trop des autres et pas assez de lui-même, son meilleur ennemi

La dernière idée en date de Nicolas Sarkozy en matière de réformes consiste à réserver aux enfants des harkis, en dédommagement des injustices subies par leurs parents, 10 000 postes dans l’administration. Sur le fond, la dette envers les harkis, ces fidèles de la République, ne se discute pas, mais remarquons tout de même que, même si cela correspond à une promesse faite récemment, envisager une réparation un demi-siècle après a quelque chose de surréaliste. Sauf à penser que la France attendait Nicolas Sarkozy pour le faire. Les harkis apprécieront.

Qu’y a-t-il de vrai derrière cette annonce ? Assurément une constante dans la pensée de Nicolas Sarkozy, et ce projet confirme opportunément, si l’on en doutait, que ce que d’aucuns ont appelé un lapsus commis par le chef de l’Etat lors de son show télévisé du 24 avril dernier, tenait davantage de l’aveu. Qu’on en juge. S’adressant à Mme Auger, Nicolas Sarkozy a dit :

"Vous savez Mme Auger, j’ai bien conscience que dans les critiques qui me sont faites celle qui m’a le plus touché, celle qui m’interpelle le plus c’est celle qui voit une partie des Français se dire : au fond il fait une politique pour quelques-uns et pas pour tous. Si les Français croient ça, et ils ont raison de le croire, je dois en tirer les conséquences immédiates" (transcription au mot pour mot).

En disant :"les Français croient et ont raison de croire" il confirme implicitement qu’il le sait bien, lui, que sa politique est faite pour quelques-uns et pas pour tous, et il nous dit aussi en même temps qu’il découvre que les Français le savent aussi. Mais remarquons qu’il n’a pas dit : je vais donc changer de politique, je vais faire plus de justice sociale. Non, il a dit "je dois en tirer les conséquences immédiates". Chacun pourra vérifier qu’à chaque fois qu’il a reconnu avoir fait une erreur, ce n’était pas à une erreur de politique qu’il faisait allusion mais à une erreur de communication. Il n’a pris aucun engagement politique sinon celui implicite de changer de discours, d’expliquer mieux et davantage.

Parmi les erreurs de communication, il y a eu ce qu’on a appelé les couacs. Ces couacs s’expliquent par le fait que Sarkozy décide de tout : il prend, a-t-il dit, une décision toutes les 10 minutes. Parfois une équipe est en train de plancher sur un projet alors que la décision a déjà été prise par lui. Quel chef d’entreprise, quel directeur de labo, quel dirigeant d’équipe agit ainsi ? Personne ! A la tête d’une équipe il faut un leader capable de coordonner les individus et déléguer les tâches vers un but connu et accepté de tous. Or le talent extraordinaire d’avocat de Nicolas Sarkozy a toujours été mis au service unique de la cause du candidat Sarkozy pour conquérir le pouvoir. Il est habitué à ne faire confiance à personne, lui qui sait trop bien ce que trahir veut dire. Pour défendre sa propre cause, il n’y a en effet qu’une seule personne qui puisse décider, c’est lui-même.

Parmi les autres erreurs reconnues par lui, il faut également comptabiliser tous ces projets annoncés à grand tapage et abandonnés devant les mécontentements sectoriels. Nicolas Sarkozy est l’inventeur du jeu des « chaises musicales » en politique, qui consiste à procurer aux uns ce que l’on retire aux autres, à l’instar du RSA au détriment de la prime pour l’emploi, si ce n’est de prendre à tous pour donner à quelques-uns, tel ce projet des heures supplémentaires défiscalisées ou du bouclier fiscal. Le fin du fin étant de provoquer subtilement des dégâts collatéraux dans la protection sociale, comme par exemple ce projet de permettre le cumul d’une retraite et d’un salaire et susceptible de pourrir les mécanismes de la retraite par répartition. Ces dégâts collatéraux, coups de canif dans nos institutions, c’est évidemment le cap que le parti de la presse et de l’argent a donné à Sarkozy et qu’ils appellent « la Rupture » et qu’Alain Badiou désigne dans son ouvrage Ce dont Sarkozy est le nom (1).

Pour en revenir à ce projet de discrimination positive, il y a quelque chose de choquant, dans le temps où l’on réduit implacablement les effectifs dans l’administration, à réserver 10 000 postes aux enfants de harkis et par ce fait, à instituer inopportunément une discrimination positive à grande échelle en France. D’une part, parce que le concept de discrimination positive est un miroir aux alouettes, un concept aussi pervers que démago qui jette la suspicion sur les bénéficiaires, que le projet aboutisse ou finisse à la corbeille, les enfants de harkis risquent d’être bien déçus. D’autre part, les discriminations, fussent-elles positives, fondent nécessairement des inégalités en même temps qu’elles donnent bonne conscience aux plus puissants. Enfin, parce que la discrimination positive, parce qu’elle s’oppose à l’équité, peut devenir rapidement un poison pour la démocratie.

Cette façon de faire de la politique qui consiste à prendre aux uns pour donner aux autres au détriment de nos règles et valeurs, cette alternative qu’il nous impose d’avoir à choisir entre faire obstacle à un projet humaniste dont on craint les effets pervers ou accepter l’enfoncement de ce coin dans la justice sociale confirme une fois de plus que le chef de l’Etat continue délibérément de diviser pour régner et que ce faisant il sert les intérêts des puissants en même temps qu’il sape inexorablement les fondements de la République.

 

(1) «  La "rupture", c’est quoi ? Le démantèlement des acquis sociaux, le fait que les riches paient moins d’impôts, qu’on privatise de façon rampante l’université, qu’on donne les coudées franches aux affairistes. Cette façon de déguiser une soumission au capitalisme mondialisé en révolution nationale relève en soi du "pétainisme", au sens formel. » (Alain Badiou)


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135 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 5 mai 2008 10:14

    Sarko Sarkosi lupus ?

    Même ses ministres et collaborateurs ne s’y retrouvent plus...

    Quand on homme joue en solo , il est voué à un échec retentissant...

    Un prochain Sedan ?

    http://www.bakchich.info/article3197.html


    • impertinent3 impertinent 5 mai 2008 10:47

      Je pense que Napoléon le petit, c’est encore trop grand pour lui. Pour moi, je vois mieux une analogie avec le général Boulanger ( http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9n%C3%A9ral_Boulanger ), ses aventures sentimentales en tout cas y font irresistiblement penser.


    • Gazi BORAT 5 mai 2008 10:38

      "10 000 postes dans l’administration"

      Ces emplois étant promis à une certaine catégories de "jeunes", on peut craindre, en fait de postes administratifs, qu’il ne s’agisse de contrats "d’insertion" à mi temps, d’une durée de six mois, ultime avatar des TUC, Emploi Jeunes, Contrats d’Avenir, etc...

      La seule nouveauté serait ici une discrimination positive à grande échelle mais même ce fait ne serait malgré tout pas nouveau puisque les descendants de "harkis" bénéficient déjà d’avantages particuliers par le biais du Secrétariat d’Etat aux Rapatriés (financement de formation, etc...).

      gAZi bORAt


      • tvargentine.com lerma 5 mai 2008 10:42

        Arrêtons un peu de faire du TSS primaire,car comme vous le faites cela revient à remettre en cause le suffrage universel du choix de français.

        Le gouvernement est en fonction depuis 1 an et déjà énormément de réformes sont passées et seront effectivent dans le temps pour améliorer le fonctionnement de l’administration.

        Vous considerez que "la prime pour l’emploi" est un acquis ,mais non seulement ce n’est pas un acquis social mais il est bien souvent source de discrimination.

        Il suffit de poser la question autour de soit pour chercher à savoir pourquoi tel personne faisant le même métier au même salaire touche la prime et pas son voisin.

        De plus,cette prime est une subvention de l’Etat sur des salaires du privé principalement et elle permet à des entreprises de proposer des salaires tirés vers le bas et bien souvent cela enferme le travailleur dans un cercle qui l’aménera à devenir un travailleur pauvre

        Cette prime doit être supprimé au même titre de que les aides aux emplois "jeunes" alors que 500.000 offres d’emplois permettraient de permettre à un jeune d’avoir un boulot (même mal payé)

        Quand allez vous comprendre que ce sont ce type d’aide de subventionnement par l’Etat des salaires qui tire les salaires vers le bas.

        L’Etat dans ce type de politique économique n’avait qu’un objectif,rentre le prix du travailleur français plus "compétitif" avec l’entrée de la Chine dans l’économie mondialisé du commerce internationnal.

        Cette politique n’a rien de socialiste elle est REACTIONNAIRE car elle induit pour un poste de travail donné l’impossibilité de voir son salaire progresser si en plus,il est enfermé dans une organisation du travail (35h) qui empêche toute évolution des salaires

        Votre article est encore et encore et soyons certain encore pendant 9 ans  du TSS primaire !

         


        • Gazi BORAT 5 mai 2008 10:56

          @ LERMA

          "cela revient à remettre en cause le suffrage universel du choix de français"

          Après un an d’expérience de sarkozisme appliqué, une dégringolade dans les sondages, une défaite aux élections municipales, il semblerait que nombre d’électeurs déçus par les promesses d’un candidat vibrillonnant prêt à tout pour conquérir des voix, reviennent sur leur aveuglement.

          Un volume conséquent d’électeurs de Nicolas Sarkozy semblent regretter leur choix.. Il serait donc temps de changer le couplet que vous chantez à chaque fois que votre maître à penser se trouve (justement) critiqué..

          gAZi bORAt


        • impertinent3 impertinent 5 mai 2008 11:02

          @Gazi Borat et par ricochet @Lerma

          Vous dites : "que votre maître à penser se trouve (justement) critiqué.."

          Sans vouloir le moins du monde critiquer votre orthographe, je vous rappelle que pour les ânes, on écrit : que "...votre maître à panser se trouve (justement) critiqué..


        • T.REX T.REX 5 mai 2008 11:06

          Dites donc Lerma,

          Vous dîtes cela "sur la prime pour l’emploi" parce que ce n’est pas SARKO qui l’a créée ?

          Car le RSA lui aussi risque de tirer les salaires vers le bas et est une forme d’assistanat  ! Pourtant, là vous trouvez ça bien, uniquement parce que c’est SARKO qui le propose.

          Allez ! avouez le ...vous êtes un inconditionnel !


        • roOl roOl 5 mai 2008 11:28

          rhaaaaaaa le kiff complet d’etre le 15eme a cliquer, et de voir la connerie du lerma se replier, n’offrant plus au lecteur que l’insulte de ce nom : Lerma.


        • Charles Ingalls Charles Ingalls 5 mai 2008 11:33

          (Lerma) "comme vous le faites cela revient à remettre en cause le suffrage universel du choix de français."

          Remettre en cause le suffrage des Français serait, par exemple, comme les faire adhérer à un traité européen qu’ils auraient rejeté ?


        • ficelle 5 mai 2008 13:25

          Sauvez Lerma !


        • superesistant superesistant 5 mai 2008 13:40

          c’est sans doute totalement inutile d’en rajouter après un commentaire éclairé comme celui de Lerma, mais pour trouver quelque manip que ce soit pour rendre "le salarié plus compétitif face au travailleur chinois" relève de l’utopie économique.. c’est purement et simplement impossible de rivaliser avec des taux horaires 40 fois moins élevés que les notres...

          avec des soutiens de ce calibre, Sarko n’a pas besoin d’ennemis !


        • hihanhihanhihan hihanhihanhihan 5 mai 2008 15:33

          @Ingalls

          - A partir du moment où le malade, comme il est en train de le faire actuellement avec l’avant projet de loi Balladur, s’apprête à massacrer l’article 3 de la Constitution sur la souveraineté nationale du peuple par la voie du référendum,

          - Je considère qu’il n’y a plus lieu de se plier à la décision du suffrage universel.

          - Il y a même lieu à désobéissance civique.

          - Se faire élire pour retirer au peuple sa souveraineté, ce n’est rien d’autre que de la haute trahison.

          - Tu me retires ma souveraineté, je te retire ma reconnaissance. Je ne te respecte plus.

          - Et même depuis le Traité Européen !


        • Traroth Traroth 5 mai 2008 17:24

          Vous n’êtes pas un démocrate, Lerma.

          On vous a déjà dit X fois que le suffrage universel n’était pas un chèque en blanc et que la critique d’un élu était parfaitement légitime et même salutaire en démocratie.

          Pourtant vous vous obstinez à répéter constamment et sans fin les mêmes foutaises.

          On peut en conclure que seul l’effet propagandiste vous interesse, et que vous ne vous intéressez pas aux réalités démocratiques. Ca démontre que vous êtes quelqu’un de dangereux, à l’inverse de ce que beaucoup affirment sur ce site, voulant faire de vous une espèce de mascotte plus stupide que méchante.

          Je trouve les idées que vous répandez nauséabondes et perverses.


        • Traroth Traroth 5 mai 2008 19:13

          C’est étrange, je n’ai jamais de réponse de Lerma. C’est dommage, j’aimerais vraiment connaitre son avis concernant mes réactions sur ses commentaires. Ca suscite un certain nombre de questions :

          -Est-ce une tentative de me traiter par le mépris ? Je dirais, comme dirait Courteline, que "passer pour un idiot aux yeux d’un imbéclie est une volupté de fin gourmet"

          -Ne revient-il jamais lire les réactions à ses commentaires ? Vu sa mentalité volontiers pontifiante, ça ne serait pas étonnant

          -Ne sait-il pas quoi répondre ? Vu les énormités qu’il affirme, ça ne serait pas étonnant nonplus

          Quelle est la véritable explication ? L’énigme reste entière !


        • Anto 6 mai 2008 10:15

          ses commentaires sont toujours hors sujets. Pourquoi attendre une réponse ? A moins d’etre un psy, discuter et débattre avec Lerma mettrait en danger votre santé mentale


        • str13 8 mai 2008 12:54

          décidément, pauvre lerma je me demande si vous avez un cerveau ou si vous le faites exprès. Savez vous seulement lire ? (ce n’est pas déchiffrer les mots les uns derrière les autres, c’est en comprendre le sens). J’en doute. Vous êtes toujours à côté de la question. Le sujet n’étant pas la prime pour l’emploi. Mais puisque vous en parlez, vos arguments n’ont aucun sens. vous êtes affligeant !


        • Le péripate Le péripate 5 mai 2008 10:50

          Reserver des places dans l’administration à une fraction de la population est bien évidemment une mesure bien peu libérale, qui prolonge forcément les inter-minables disputes entre bénéficiaires de la solidarité coercitive.


          • Le péripate Le péripate 5 mai 2008 13:27

            Pensez vous sérieusement que j’écrive pour n’être pas compris ?

            Et ne voyez vous pas que l’alternative à la solidarité coercitive n’est pas la charité individuelle, mais la libre association, la mutualisation ?

            Vous parlez du pouvoir sur l’autre acquis par le biais de l"aumone". Et qu’en est -il du pouvoir de quelques uns acquis sur tous au nom de la défense des plus pauvres, qui, dans le réel, ne voient jamais le résultat de la redistribution ? Et qu’en est-il quand une aide qui devrait être transitoire est vu comme un dû, et exigée et détournée par les classes égoïstes ?

            Allons, la solidarité étatique montre dans le réel ce dont elle est capable, c’est à dire pas grand chose, sinon de favoriser tels ou tels. Des associations libres existent, qui font un travail remarquable, il n’y a aucune raison de penser qu’elles disparaitraient si la solidarité coercitive était ramenée à un niveau raisonnable, bien au contraire.


          • JL JL 5 mai 2008 13:28

            Léon, je dois dire que Péripate m’épate : "solidarité coercicitive", il fallait le trouver, Péripate l’a fait


          • JL JL 5 mai 2008 13:34

            Léon, finalement, je me demande si je ne préfère pas voir Péripate dans ce camp là : question de point de vue. Il est en pleine lune de miel avec ses nouveaux amis, ça se voit. Je lui souhaite bien du bonheur.


          • Le péripate Le péripate 5 mai 2008 13:44

            Je suis ravi de vous amuser. Et c’est réciproque, tant il est drôle que de voir des partisans de l’intervention de l’Etat critiquer cette même intervention. Il est vrai que ce n’est pas votre gamelle qui est remplie. L’intervention étatique suscite bien sur des disputes sur le partage du gâteau, des digressions sans fin sur ce qu’est l’intérêt général.


          • Le péripate Le péripate 5 mai 2008 13:51

            Misère de la pensée manichéenne... "dans ce camp là", nouveaux amis". On dirait du Bush.


          • Le péripate Le péripate 5 mai 2008 14:20

            Ah, c’est donc ça, pour vous, penser, Renève : donner des gages à des amis, pour espérer en tirer quelques avantages. Je comprends mieux, maintenant. . Disputez vous donc la gamelle, amoureux éconduits de la donzelle sarkozienne...


          • JL JL 5 mai 2008 16:02

            Le Péripate, ce n’est sûrement pas la solidarité coercitive étatique qui conduit les pubs à fermer en Angleterre. Ceci dit, tant que ce ne sont que les pubs qui ferment, moi vous avez ...


          • Le péripate Le péripate 5 mai 2008 16:24

            Ca, c’est une très mauvaise nouvelle...Qu’est -ce que je lis dans le lien que vous me fournissez gentiment :Mais la goutte qui fait déborder la pinte, c’est la hausse de 6% des taxes sur l’alcool décidée en mars par le ministre des Finances, Alistair Darling, dans le cadre du budget 2008.

            Que faut-il en conclure ? Que les taxes ont tués les pubs ? Je vous laisse la responsabilité de cette grave accusation.


          • JL JL 5 mai 2008 16:45

            Il faut bien augmenter les taxes puiqu’on baisse les impôts. Malgré toutes leurs contorsions et restrictions des services, les gvt même les plus libéraux ont besoin d’argent.


          • JL JL 5 mai 2008 17:00

            @ Le Péripate : ceci dit, il faut peut-être voir là une illustration de la courbe de Laffer dont on parlait il y a peu sur un autre fil.


          • Traroth Traroth 5 mai 2008 17:51

            "la libre association, la mutualisation" : Mais qu’est-ce donc ? A l’évidence, les riches n’ont aucune raison de s’associer aux pauvres, et les pauvres peu d’intérêt à s’associer entre eux. C’est tout simplement une nouvelle forme de stratification de la société, que vous proposez.

            La solidarité est coercitive, parfaitement. C’est d’ailleurs ce qui fait sa force : l’Etat oblige les riches à donner une partie (infime) de leur richesse pour aider les pauvres. On comprend donc qu’elle n’est pas coercitive pour n’importe qui. Et que la "libre association" dont vous parlez est simplement un moyen pour les riches de rester entre eux sans plus être enquiquinés par ces gêneurs de pauvres.

            Qui n’ont plus qu’à crever...


          • Le péripate Le péripate 5 mai 2008 19:22

            Traroth. Bon, au moins, avec vous, c’est clair et sans équivoque. Et, je suis d’accord pour que l’ensemble de la société soutienne les plus pauvres. Au prix, s’il le faut, d’une entorse à la liberté, si elle est légère.

            Mais, ce n’est pas ce que l’on observe. Ce que l’on observe, c’est que la majorité, les classes moyennes, ou les classes égoïstes comme je les appelle, puisent dans la poche des riches pour elles mêmes, et que la pauvreté perdure. Pire, les classes égoïstes se protegeant des aléas, elles ferment l’entrée du travail, de l’épargne, aux vrais pauvres, et avec bonne conscience en prime.

            On a perdu sur tous les plans, la liberté, et l’équité.

            C’est intolérable.

             


          • JL JL 5 mai 2008 19:29

            @ Le péripate, peut-être devrait-on s’écouter un peu plus mutuellement.


          • Le péripate Le péripate 5 mai 2008 19:52

            Je ne demande que ça !


          • sisyphe sisyphe 5 mai 2008 21:53

            "solidarité coercitive", "classes égoistes" : de peripate de haut niveau, ce soir !


          • sisyphe sisyphe 5 mai 2008 21:56

            par Le péripate (IP:xxx.x65.128.110) le 5 mai 2008 à 13H44

             
              L’intervention étatique suscite bien sur des disputes sur le partage du gâteau
             
            Des miettes du gateau, cher peripate, des miettes !
            Le gateau, lui, il y a longtemps que ce n’est pas l’état, et encore moins les citoyens (qui le confectionnent, pourtant) qui y ont droit ; mais vos copains libéraux qui se le partagent entre eux.

          • Le péripate Le péripate 5 mai 2008 21:57

            Merci Sisyphe. J’apprécie les compliments, quand ils viennent d’un esthète.


          • sisyphe sisyphe 5 mai 2008 22:07

            Sarko a trouvé de nouvelles victimes pour sa politique compassionnelle

            Rachhiiiiiiddaaaaaaaa !!!!


          • Le péripate Le péripate 5 mai 2008 22:48

             Le dû et l’aumone. L’un se prend avec arrogance, l’autre avec reconnaissance. Dans les deux cas, nous sommes très loin de l’économie du don, qui a besoin d’un espace temps entre le don et le contre-don, et très loin aussi de l’amour agapé qui ne connait pas l’équivalence. Plus le commerce, et voilà presque complète la constellation de l’échange, qui n’a pas fini de nous interroger.


          • Le péripate Le péripate 6 mai 2008 10:03

            Traroth, je reviens sur la philosophie de cette remarque :

            A l’évidence, les riches n’ont aucune raison de s’associer aux pauvres, et les pauvres peu d’intérêt à s’associer entre eux. C’est tout simplement une nouvelle forme de stratification de la société, que vous proposez.

            D’abord, pour faire justice de la dernière phrase : c’est me prêter une intention téléologique, comme si je manipulais des règles du jeu afin de parvenir à un résultat souhaité. D’autre part, le terme stratification pose problème, autant je comprends qu’une société féodale soit clivée par les statuts de chacun, autant une société ouverte se caractérise par l’absence de solution de continuité entre ses membres.

            Mais, c’est surtout sur la première phrase que je souhaite rebondir. Vous négligez que nos appartenances sont toujours multiples et diverses. Je ne serai jamais que riche, ou pauvre, mais aussi travailleur, rentier, patron, chasseur, cycliste, consommateur de soins, d’éducation, etc, etc... Ce qui, à mon sens, réfute l’affirmation que les "riches" ne souhaitent pas s’associer aux "pauvres".Car les chasseurs peuvent souhaiter s’associer ensemble, les salariés d’une industrie aussi, etc... Quand à l’association entre "egaux", quelque soit leur niveau de revenu, il est difficile de vous suivre, l’association et la mutualisation des aléas me paraissant à priori toujours profitable.


          • sisyphe sisyphe 6 mai 2008 10:09

            par Le péripate (IP:xxx.x65.128.110) le 5 mai 2008 à 22H48

             
            Le dû et l’aumone. L’un se prend avec arrogance, l’autre avec reconnaissance.
             
            Tiens donc !
            Le "dû se prendrait avec arrogance" !!! !
            Quand tu achètes ton pain chez ton boulanger, et que tu le payes, tu prends ta baguette avec arrogance ?
            Pareil chez ton épicier, chez ton boucher ?
            Et quand on te rend la monnaie (qui t’est dûe), c’est toujours avec arrogance ?
             
            Pétard, tu dois pas beaucoup être aimé dans ton quartier, toi !
             
            Sinon, quand tu as fait un boulot, et qu’on te paye le salaire qui t’est dû, pour ne pas être "arrogant", tu baisses humblement la tête, et susurre : "Merci, not’ bon Maït’...." ??

          • Paradisial Paradisial 6 mai 2008 10:23

            Le Péripate & Sisyphe,

            Comme vous parliez de richesse et de pauvreté permettez moi de m’imisser dans votre échange en collant quelques extraits d’une discussion que j’avais tenue un jour avec notre ami belge "L’Enfoiré" :

            Cher ami, permets-moi de partager avec toi deux citations qui me sont très très chères :

            • On ne doit appeller richesse les choses que l’on peut perdre [Léonard de Vinci]. 
            • Le savoir est la parure du riche, tandis que la richesse est la parure du pauvre [Imam Ali]. 

            La citation de Léonard de Vinci « on ne doit appeler richesse les choses que l’on peut perdre » entend que la richesse est loin d’être matérielle, et que la vraie richesse dès que l’on l’acquiert on ne peut plus jamais la perdre (comme la culture, l’érudition, la science, l’expérience, la sagesse, la charité du cœur...), contrairement à toute les autres vanités matérielles que certains peuvent maladroitement prendre pour richesses, comme l’argent par exemple, que l’on peut perdre tout aussi aisément et rapidement que l’on les a acquises.

            La citation de l’Imam Ali « le savoir est la parure du riche tandis que la richesse est la parure du pauvre » (il m’a semblé que tu l’as lue littéralement, donc maladroitement) abonde dans le même sens, et le conforte davantage.

            Elle entend que le vrai pauvre n’est pas celui qui connaît l’indigence et le manque d’argent, mais est l’individu qui - lorsqu’il paraît en société - ne peut s’attirer la considération des gens et leur estime qu’en se parant par différents signes extérieurs de richesse (vêtements de luxe et/ou signés, bijoux ostentatoires, voiture d’ostentation, argent follement dilapidé et autres extravagances), et qu’en camouflant ses grandes misères intérieures par toutes sortes d’artifices (langage creux mais maniéré, voix solennelle mais fausse, discours intellectualisé mais insipide, torse bombé, accent de pacotille...). Alors que le vrai riche n’est pas logiquement celui qui serait millionnaire, mais est l’individu qui peut s’estimer riche par son éducation, par sa largesse du coeur cœur, par sa vertu, par sa culture, par sa science, par sa sagesse, par son ouverture d’esprit, par, par et par... et qui parvient à s’attirer l’estime de toutes les personnes qu’il rencontre sans qu’il n’ait besoin d’arborer quelconque signe extérieur de richesse.

            Dans ce sens beaucoup de pauvres sont fabuleusement riches, tandis qu’une grande majorité de ceux baignant dans l’opulence sont effroyablement miséreux.


          • Alpo47 Alpo47 5 mai 2008 10:51

            Inutile de chercher bien loin...

            Sarkozy se moque bien des enfants de harkis, comme des autres d’ailleurs, il continue simplement ce qui lui a si bien réussi :

            "Diviser pour régner."

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