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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Où est passée ma bravitude ?

Où est passée ma bravitude ?

Que laisserons-nous en héritage ? Certaines époques léguèrent des révoltes, d’autres des guerres... Nos océans s’élèvent et notre impuissance est totale.

Et fleurissent les discours de rupture, de bouleversement, de changement radical dans la façon de mener l’action politique. C’est de saison. Les chasseurs de voix, ces faux réformateurs, vrais produits de notre machine à élites, nous invitent à dépasser ce modèle politique qui montre son impuissance. Certains stigmatisent les derniers jours de notre Veme, tout en gravissant des murailles lointaines. D’autres prophétisent l’Apocalypse écologique devant des journalistes ravis. Je vous propose de faire le point, tentons cet exercice périlleux : que laisserons-nous en héritage ? Que transmettra cette époque aux générations futures ?

Notre mode de représentation politique est une impasse qui ne satisfait plus ni électeurs, ni élus. La mondialisation n’en finit plus de prendre le visage d’une guerre économique permanente pour la maîtrise des dernières réserves énergétiques. L’absence totale de projet de société est consternante. En moi le malaise grandit. Et l’absence de réponse à ces questions muettes ne cesse de creuser le nid du renoncement. A quoi bon ? Votons blanc... Ne les croyons plus, ils nous mentent, ou ne savent que créer des illusions alléchantes pour à chaque fois... ne rien changer. Eux, bien sûr, ce sont nos chers politiques, nos élus, ces égaux que l’on porte au firmament année après année. Notre époque aura sonné le glas d’une forme de représentation politique, et d’un système politique : l’Etat-nation. Pour les défis locaux ou mondiaux, il ne sait pas comment réagir. Il n’a pas été créé pour cela. La construction européenne était une tentative de réponse à ce déclin. L’est-elle encore ? L’Europe voulait peser sur le destin du monde, proposer un autre modèle... mais elle ne parvient pas à se définir. Peser, influencer le monde, le vingtième siècle en a rêvé, créant les pires monstres et les plus beaux rêves... Souvenez vous du pacte Briand-Kellog qui déclarait la guerre hors-la-loi. On dit qu’un protocole de Kyoto voulait sauver le monde du réchauffement climatique. Oui, nous eûmes des politiques poètes. Un vent a soufflé dans nos esprits, nous reste une sévère gueule de bois.

Nous, individus de pays "développés", industrialisés à outrance, éduqués et intégrés. Nous, résultats de plus de 2500 d’histoire et de luttes, de sacrifices et de défis relevés. Nous, enfants des révoltés de 1789, enfants de résistants, enfants de la République. Nous fûmes ces "enfants d’un même espoir" ; qu’est-il devenu, ce rêve qui nous portait à prendre les armes, à mourir et à triompher ? Disparu, oublié, et chacun se retrouve seul et sans but sur une planète dévastée. Impuissant devant cette folie grandissante.

Nous achevons de rendre cette planète invivable, nous laissons des régions entières du globe sombrer dans la guerre civile et la misère, l’arsenal nucléaire se développe. Autant de défis insolubles. Autant de menaces grandissantes.

C’est une impuissance que je nous vois léguer aux générations futures. Impuissance de tous les acteurs. Les Etats, concurrents, ne peuvent relever ces défis ; les firmes n’ont pas de raison de le faire, les organisations internationales n’ont aucun pouvoir, les citoyens que nous sommes ne peuvent que constater. Nous témoignerons de nos limites. La FIFA aurait le budget de l’Etat français, je ne vous ferai pas le couplet sur le pain et les jeux, sur l’autohypnose de peuples entiers occupés à oublier leur misère ou leur vacuité devant le petit écran. Non, ce serait trop facile, trop intello... Au moins cela prouve que les réflexes chauvins peuvent être canalisés. Mais parfois, juste un instant, je me plais à imaginer tout cet argent, tous ces moyens, ce que nous pourrions en faire, au lieu de les regarder mis en jeux... La planète se meurt, nous regardons la télévision. Ou, pour faire moins grandiloquent, notre habitat se dégrade et nous restons avachis dans le canapé.

L’Occident diffuse son mode d’existence, et le monde devient une machine dont nul n’a plus les commandes ; il est automatisé, notre société de consommation mondiale s’organise pour le dernier acte : l’épuisement des ressources pour la jouissance matérielle, individuelle et éphémère.

Qui est le véritable acteur de cette folie ? Si nous cherchons un responsable, nous trouvons un miroir. Chacun de nous, par ses actions quotidiennes, son trajet en voiture, son réfrigérateur, son envie d’économie sur les produits agro-alimentaires, ses voyages... Chacune de nos actions est le fruit d’un processus que nous validons et que nous poursuivons. Par toutes ces actions nous nous asservissons, un moment consommateur-roi, un autre salarié-serviteur. Je suis maître et esclave de mon quotidien. Au moins je commence à trier mes déchets...

Vous me direz, à raison : que puis-je changer ? Je n’ai pas les moyens de manger bio, je dois prendre ma voiture pour nourrir les miens, eh oui, payer un pull fabriqué en Chine revient tellement moins cher que je peux habiller tout mes enfants de neuf.

C’est cette impuissance si caractéristique de notre époque que je souhaite souligner par ce propos un peu touffu et décousu. Nous avons intégré l’impossibilité de tout changement radical de société, de mode de vie. A force de trop réfléchir pour comprendre comment nous en sommes arrivés là, nous nous retrouvons collectivement et individuellement prisonniers. Fascinés par notre propre déclin. Croulant sous le souvenir de nos échecs.

Avons-nous un choix ? Pouvons-nous changer ? Aurons-nous la force de vouloir changer ? Car pour survivre à ce siècle, nos sociétés, nos comportements doivent muter. L’humanité a toujours su évoluer, dépasser ses propres limites pour survivre et croître. Désormais, nous sommes notre propre menace. Saurons-nous survivre à notre propre espèce ? Je nous le souhaite, la foi en l’humanité est aujourd’hui ma seule source de réconfort. Je me sens orphelin de tous ces rêves morts, de toutes ces volontés de changement disparues. Je me sens vide de cet espoir qui animait nos aïeux, l’espoir qu’un avenir meilleur était possible pour les siens, qu’il nous suffisait de le vouloir et de se battre pour lui. Le feu s’est éteint, les cendres se dispersent, je veux me souvenir. Nous fûmes une communauté de valeurs, nous fûmes des combattants, nous sommes des témoins impuissants.

Pardon, je finis sur une aporie, mais comment faire autrement, comment faire autrement ?


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40 réactions à cet article    


  • L'enfoiré L’enfoiré 10 janvier 2007 11:58

    Bonjour, Que de bonnes, d’excellentes questions. Il faut se dire que même si le citoyen lambda n’a pas beaucoup d’actions possibles dans les mains, se poser la questions et prendre du recul est le premier pas de la sagesse. Le reste vient avec le bon choix des représentants. A+ smiley


    • Zenon Zenon 10 janvier 2007 14:57

      Merci pour vos encouragements, mais la sagesse n’est elle pas le retrait vis à vis de l’action ? Hegel utilisait l’image de la chouette prenant son envol au crépuscule des civilisations. Il pensait aux grecs du Veme siecle, leur moment de sagesse culminant avec le déclin de leur civilisation, léguant par là leur sagesse aux générations futures. Si la sagesse est désormais l’unique voie de « salut », alors nous sommes bien entrés dans l’ère de l’impuissance historique...Je stigmatise notre modèle de représentation, et pourtant me suis inscrit sur les listes et voterai. J’y pense, l’électrochoc de l’extreme droite au second tour semble avoir révéiller l’esprit politique de nos contemporains. Il n’est plus rare désormais d’afficher ses opinions et de déclarer pour qui l’on votera, ce qui était pratiquement impensable avant 2002. Suis je le seul a faire cette observation ou en avez vous fait l’expérience ?

      cordialement

      Zenon


    • Maximilien FRICHE (---.---.193.52) 10 janvier 2007 12:03

      Sur la crise de système politique : je viens de lire un article de Yvan BLOT dans la nouvelle revue universelle qui souhaiterait comme Aristote un mixte de monarchie, d’aristocratie et de démocratie, plutôt qu’un mélange de tyrannie, d’oligarchie et de démagogie. Je crois qu’on ne peut pas constater son impuissance sans avoir identifié la nature des liens entre les hommes et l’absolu dont ils ont soif, sans avoir étudier comment ils négociaient leur vie. L’impuissance vient essentiellement de l’obsession humaniste à produire le monde qui pensera l’homme, qui lui évitera de penser, d’être un être créé et libre. Les mots de nation, d’état, par exemple, montre encore notre attachement au raisonnement produit, à la structure plutôt qu’à la substance. Ce n’est pas dans le système qu’il faut affirmer son combat, faire preuve de bravitude, car on ne serait qu’un élément d’équilibre de ce même système. C’est à une conversion que nous sommes appelés !


      • Zenon Zenon 10 janvier 2007 15:16

        « C’est à une conversion que nous sommes appelés ! » J’ai partagé longtemps cet certitude qu’un changement profond à opérer sur nos facultés d’appréhension du réel était nécessaire. Cela ressemble beaucoup au Grand Midi de notre ami de Sils Maria, moustachu poète et solitaire. Mais cette transvaluation des valeurs me semble aujourd’hui par trop brutale et solitaire pour avoir un impact sur notre groupe humain. Sur votre remarque sur l’absolu, je ne sais pas vraiment si tous les hommes en ont soif. Je crois qu’il s’agit plutot d’une douce et violente pathologie que je partage. Pour l’impuissance provenant de « l’obsession humaniste à produire le monde qui pensera l’homme » je suis partiellement d’accord. L’héritage des Lumières, même si l’on veut s’en défaire reste une source de nos réflexes de pensée. Me défaire de cette nostalgie du changement possible signifierai alors me concentrer sur ma sphère privée uniquement. Un citoyen de cette planète ne doit il pas se sentir responsble du monde et de son devenir ?


      • Zenon Zenon 10 janvier 2007 21:42

        Je viens de parcourir le texte de M Blot, que vous nous avez conseillé, et je m’arrête sur ceci :

        « Les philosophes grecs se sont révélés les plus antidémocrates. Jusqu’à SOCRATE, ils ont été très aristocratiques. Puis les sophistes, par l’intermédiaire de PROTAGORAS, vont propager l’idéologie démocratique, le relativisme, la mesure de tout étant l’homme. SOCRATE s’est battu toute sa vie contre le relativisme. Il a prôné une vérité, un bien, une morale, une société basée sur la justice. »

        Je me dois de souligner et de rectifier en partie ces propos : Le terme philo sophos, dont est tiré le mot et le concept de philosophie, signifie amoureux de la sagesse, aimant la sagesse, Socrate est le premier représentant de ce nouveau courant de pensée. Son procès terminé il choisit de ne pas fuir et de boire la sigue en 399. Nous n’avons aucun texte écrit de lui. Les enseignants, les sophos, ceux que l’on qualifiaient de sages donnaient des leçons orales. Platon, une de nos deux sources « directes » sur les propos de Socrate est un opposant à la démocratie, et revient dans une Athènes traumatisée par la guerre perdue contre Sparte. Les Athéniens tiennent à leur démocratie et la restaurent en 403. Socrate à fait partie de ce que nous pourrions nommer les « purges politiques » de la Cité quatre ans plus tard. Nombre de ses élèves, dont Alcibiade au destin mouvementé, ont fait partie de la coalition des Trente ayant condamné à mort les trois quart de la Boulée (assemblée des citoyens athèniens). Athènes donc, Cité-État a besoin de repeupler ses rangs, elle a besoin d’enseignants. Les sophistes, les « sages » précedement cités ayant été chassés de la Cité. A partir de cette instant les régimes politiques s’intéresseront de prêt à l’éducation des jeunes. Platon fonde l’Académie, début de la Vita Contemplativa des penseurs selon Arendt, et Isocrate son école pour orateurs publics. A partir de ce moment, l’enseignant ou le penseur ne participent plus à l’« action politique » au sens où les sophistes le faisaient. Tout deux, Isocrate et Palton condamnent les sophistes dans leurs écrits pour rassurer le pouvoir, l’« opinion » dirons nous par anachronisme, mais que font ils dans leurs cours ?

        Dans ses dialogues, Platon fait une référence constante aux sophistes et à leurs thèses. Isocrate reprends leurs exercices et leurs méthodes d’enseignement de la rhétorique (dialogie, études des topos...). Les cours on lieu dans des salles, le prototype de la formation universitaire est née.

        Auparavant, les sophistes étaient payés par les parents pour enseigner aux jeune comment se défendre. Car qui ne sait pas argumenter est une cible politique facile dans un régime qui connait les procès et accusations de toutes sortes utilisés pour abattre au sens propre un adversaire. L’étude de la rhétorique est né avec l’invention des tribunaux. Convaincre de la véracité de ses propos une assemblée est une capacité cultivée par toute la jeunesse athènnienne qui a profité du « gouvernement » de Périclès. Périclès, le dernier architecte et non des moindre de notre paléodémocratie. Périclès disciple de Protagoras.

        Donc, les sophistes sont antérieurs aux philosophes et non l’inverse. A tel point qu’à l’époque on ne distingue pas poètes, historiens, penseurs et scientifique, tous sont des sophistes, sophos : Homère, Hésiode, Parménide, des sophistes. Protagoras, Gorgias, Hippias furent ceux que l’histoire officielle, par Platon, gardèrent en mémoire. Le sophiste est un étranger qui ne participe pas directement à la vie politique de la Cité. Il influence, il enseigne, il ramène de ses déplacements des nouvelles de l’extérieur, des autres cités. Il voyage par les routes avec ses élèves durant toute l’année. Les leçons sont chères, mais un calcul récent qui prend en compte la nourriture et toutes les dépenses du disciple sur plusieurs années démontre que ce n’était pas exorbitant. Les sophistes sont démocrates car sans ce régime leur action est vaine. Ils sont les premiers à tenter une appréhension rationnelle du réel, à faire une étude théorique de la langue, a expliquer des phénomènes par d’autres moyens que la tradition. Ils inventent de nouveaux discours pour un nouveaux système politique et une nouvelle façon de voir le monde. Ils s’affrontent, ils sont en concurrence sur le marché de l’éducation et de la pensée. Ils y différent courants. C’est également le début de l’échange d’idée, des intellectuelles.

        Socrate est l’élève d’un sophiste brillant, Prodicos.un maître ( Ménon, 96d) et ami pour lui ( l’Hippias Majeur, en 282c). Eleve de sophiste, condamné comme sophiste, Socrate est également celui qui questionne les traditions. Beaucoup de sophistes furent les premiers athées. Décrivant les dieux comme des inventions humaines : « les hommes avaient fait des dieux de ce qui leur était utile, le soleil, la lune, les rivières, les sources, les prairies, les récoltes, adorant le pain sous le nom de Déméter, le vin sous celui de Dionysos etc » sont les propos de Prodicos.

        Et je souligne maintenant : « Socrate a prôné une vérité, un bien, une morale » il faudrait mieux préciser, le « Socrate de Platon », car c’est effectivement le programme de Platon et d’une bonne partie de l’intelligence occidentale apres eux.

        « Les sophistes répandirent l’idéologie de la démocratie », ils en furent les pères et les fondateurs. Comme d’une partie non négligeable de notre identité intellectuelle. Imaginez, ils se sont battus en leur temps pour convaincre le peuple d’Athènes qu’il était possible, par l’enseignement, de faire grandir l’esprit d’un homme riche comme d’un homme pauvre, le fils d’un aristocrate puissant comme celui d’un humble agriculteur. Eschyle rapporte dans ses pièces l’agitation d’une société aristocratique que les idées des sophistes vont plonger dans l’histoire démocratique au Veme siècle. Car il n’y a pas vraiment d’histoire sans point de vue opposés, sans progrès du débat sur les questions fondamentales de type éthiques, scientifiques ou politiques. Par la démocratie le groupe se réunit et choisit son destin. Depuis ce moment fatal nous avons sombré dans les affres de la responsabilité et du doute. Certains préferaient la tranquillité pré-démocratique, le plaisir de savoir ce qu’était la vérité par la tradition, mais la vérité a disparu, et ils feront tout pour la retrouver. Encore aujourd’hui ils cherchent... Les sophistes considéraient le relativisme comme une liberté donnée à l’esprit humain, nous mettrons presque 2500 ans pour nous en souvenir... Pardon pour ce long texte, mais le sujet m’est familier.

        Bonne soirée à tous

        Zenon


      • seb59 (---.---.180.194) 10 janvier 2007 12:05

        @ l’auteur

        je partage vos convictions.

        Malheureusement, l’homme est un etre individuel, mortel et surtout conscient de l’etre.

        Son passage sur terre sera bref, et il fera tout (meme sans le savoir) pour rendre ce moment le moins desagreable possible.

        « apres moi le deluge .... »

        Je doute que nous puissions changer.


        • Zenon Zenon 10 janvier 2007 15:30

          Merci pour vos encouragements,

          « individuel, mortel et surtout conscient de l’etre » L’individu moderne, tel qu’il se définit me fait effectivement penser le plus souvent à un atome isolé, abrasé et conscient de cette solitude. Pourtant l’être humain reste un animal grégaire, doué et arrogant, mais toujours attaché à un groupe. Cette conscience de ma finitude je la soigne par l’observation et l’écoute de mon époque, de mon précieux groupe humain d’une poignée de milliards d’habitants. Et je me demande comment faire pour que nous (re)trouvions la force et la volonté de (re)devenir une communauté politique agissante. L’humanité est la seule responsable de son sort et la seule à pouvoir se secouer. Mais ces reflexions me font retomber dans l’ornière de l’« humanité consciente d’elle même », du Grand Soir ou de l’Internationale pour être caricatural. Le rêve un peu fou d’une démocratie mondiale en réseau, décentralisée et réactive peut il être dépassé ? ou bien est il l’horizon indépassable de notre imaginaire politique moderne ?


        • Bill Bill 10 janvier 2007 13:10

          « Fascinés par notre propre déclin. Croulant sous le souvenir de nos échecs »

          C’est justement là qu’est le problème ! Nous sommes nos propres fossoyeurs, non pas à cause de nos « échecs » ! Mais par notre manque de volonté... Nous avons nous-même organisé notre déclin, nous nous étonnons. Tiens ! Comment se fait il ?

          L’Europe est riche de culture et d’expérience, elle s’enferme toute seule à discuter taille des fromages, calibre des tonneaux et mille autres bêtises !

          Nous devrions avoir honte !Quanbd on a l’héritage que nous avons, on tente, au moins, d’en être digne !

          Bill


          • Zenon Zenon 10 janvier 2007 15:38

            L’Europe attend un peu trop son heure, je suis bien d’accord avec vous. Au moment où l’étoile américaine commence à faiblir et où l’Asie ne cesse de grandir... elle reste tristement muette et perclue de rhumatisme. Elle semble vieille et impuissante (ca va devenir une obsession^^) alors qu’elle n’est pas encore vraiment née. Programme d’enseignement à l’étranger, partage des connaissances, proposition d’arbitrage sur des dossiers internationaux... nous avons mieux à faire que devenir un Super Marché ou une puissance économique et militaire de premier ordre. Jouer dans la cour de ceux qui nous dépassent déjà de loin ne nous apportera pas grand chose. Ouvrir un autre champs de pouvoir, celui de la connaissance et de l’ingenierie du développement humain me semble une piste plus interessante. Alors nous pourrions ouvrir de nouveaux partenariats avec l’Amérique du Sud et l’Asie, sur d’autres rapports que ceux de la force... mon côté idéaliste qui s’exprime surement. Dignes d’un héritage dîtes vous, je préfère être digne de mes rêve, question de dynamique :)


          • Bill Bill 10 janvier 2007 18:52

            Zenon

            Je suis parfaitement d’accord avec vous ! Mais je crois que ça ne peut pas se faire par l’euroland, tandis qu’entre état c’est possible et plus facile ! Ce qui me plait dans ce que vous venez de dire, c’est que vous ne vous limitez pas à l’Europe ! Oui, le monde est à nous ! Et les autres pays, tous les autres pays sont intéressants ! Le cadre eurolandais est réducteur !

            Bien à vous

            Bill


          • nelly boutinot (---.---.215.229) 10 janvier 2007 13:40

            Bonjour,

            Eh bien, regardons ce qui permet de cultiver l’espoir. Il est des regroupements tels des associations non partisanes qui se consacrent à alerter, mais aussi à émettre des idées et des propositions... à nouveau je pense à celle à laquelle j’appartiens et qui vous propose www.biodiversite2007.org

            Il est des expériences qui ont été menées et les résultats en sont disponibles. Exemple ; tous ces pionniers de l’agriculture biologique qui, par convictions, ont abandonné la chimie pour offrir des denrées ne polluant ni l’eau ni le sol ni l’air...

            Déjà des personnes ont changé et pour changer : Aide-toi, le ciel t’aidera Sur le chemin du changement, on trouve des compagnons... Ainsi, au delà des clivages partisans, nous avons réussi à unir « pour la biodiversité » car l’humanité en faisant partie et en dépendant, il est vital que l’érosion s’arrête...

            Ni optimite, ni pessimiste, mais déterminé à prendre la voie de la solidarité intra et interspécifique...

            Cordialement


            • Zenon Zenon 10 janvier 2007 15:57

              Bravo pour votre action, je surferai sur votre site en détail un peu plus tard. Conscient des problèmes environnementaux, je ne suis pas non plus un partisan farouche du statu quo environnemental. L’homme a passé toute son évolution à modifier son environnement, les espèces domestiques sont des modifications de cet « ordre de la nature », un caniche ne survivrai pas très longtemps en forêt (douce pensée...) Je n’ai pas de respect pour une « perfection » naturelle, notre biosphère est l’évolution même. Ce qui m’inquiète, c’est le processus planétaire lui même que nous modifions avec la subtilité d’un bucheron avinné (aucun attaque personnelle si un bucheron me lit). L’économie telle que nous la concevons aujourd’hui est un système biophage, sans aucun frein interne à sa gloutonnerie en ressource. C’est par votre action, très chère, que nous réussirons peut être à générer un frein interne. Puisse le souci de l’envoronement continuer à s’installer dans nos esprits et la société. J’espère que cela suffira. Car sinon, comme le souligne Jacques Attali, ne verrons nous pas des totalitarismes Verts au XXIeme siecle ?


            • pingouin perplexe (---.---.124.227) 10 janvier 2007 13:45

              Conclusion quelque peu aporétique au regard de l’apport éthique. D’où un minimum de perplexitude. Quoique, il se pourrait bien que l’on n’ait pas tout à fait tort de préférer la philo, comme art de penser par soi même, au cognitivisme, comme art de persuader smiley


              • Zenon Zenon 10 janvier 2007 16:08

                Merveilleux jeu de mots Pingoin Perplexe :)

                J’aurais pu finir sur un vibrant appel à la révolte intérieure, mais mes reflexions ne sont pas encore immobilisées, donner une réponse à ses propres questions me semble trop prétentieux pour être efficasse.

                Pourriez vous m’éclairer sur le cognitivisme ? Faite vous référence aux sciences cognitives ? A Jean Pierre Changeux et à sa certitude d’un jour trouver la pensée au bout du scalpel ? Ou bien me suis je égaré et parlez vous de la simple capacité de production d’une loghorrée aux apparences de logique qui ne vise que la conviction ? Accusation éculée contre l’art sophistique. Surement me suis je a nouveau égaré.

                Il s’agit de mon premier texte sur AgoraVox que je consulte régulièrement depuis quelques mois. J’espère que cette belle aventure virtuelle ne s’arretera pas et enfantera de nouvelles façons d’échange entre citoyens.

                Cordialement à tous, Au plaisir de vous lire

                Zenon


              • meridien (---.---.222.20) 10 janvier 2007 16:34

                VOUS NE TROUVEZ PAS CHER MR. QUE C’EST LASSANT RT même

                épuisant de râbacher les mêmes antiennes après tous les autres sur la « bravitude » et autre connerie ou vous visez particulièrement ségolène qui n’en n’à rien à branl...

                qu’avez vous à aqjouter merci


                • Zenon Zenon 10 janvier 2007 16:58

                  Cher Monsieur,

                  Je ne sais pas si vous avez lu mon texte ou simplement le titre, je parle de notre « bravitude » perdue et faisant un clin d’oeil fort peu violent contre la reine des sondages qui semble tant vous tenir à coeur. Celle ci d’ailleurs, si vous voulez que je parle de cette candidate, me semble avoir repris à son compte la sratégie de communication politique de....W Bush. « Parler vrai », « se mettre à la portée de tous », développer des messages simplifiés et débiter des phrases de slogan de supermarché, bienvenu dans l’ère du Marketing Démocratique de Masse réalisé, plus le produit a l’air naturel et proximiteux et plus, en fait, il est travaillé. (Nicolas fait de même) Je ne voulais pas tirer sur une ambulance...mais votre grossierté m’y a contraint. Le PS méritait mieux.

                  Zenon


                • meridien (---.---.174.216) 10 janvier 2007 17:51

                  mr. zenon mis à part la ’grossiereté’ que je revendique tellement votre titre est accrocheur la preuve ;voila que vous reprenez une autre antienne ’tirez sur une ambulance’ en visant clairement ségolène vous qui vous appitoyé sur une gauche qu’il n’est pas de mise pour moi de défendre mais seulement pour souligner le suivisme qui apparaît dans votre titre merci


                • LE CHAT LE CHAT 10 janvier 2007 16:39

                  Bravo Zenon , j’applaudis à un si bel article !

                  que cette election parait futile et le niveau du débat abyssal part rapport aux véritables enjeux de notre temps ! tu décris si bien ce sentiment d’impuissance des citoyens responsables confrontés au cynisme des puissants et à l’indifférence du troupeau mugissant ;

                  positivons quand même , profitons de ce qui reste à profiter , attendons le nouveau messie qui nous guidera à travers les ténèbres qui arrivent smiley


                  • (---.---.204.240) 10 janvier 2007 17:01

                    sinon ta bravitude tu te la mets dans le slip ou dans celui de Ségolène. Je prèfére le mot juste de bravoure. Ce qui ne témoigne en aucun que l’on en ait plus^^. Sinon y a bon.

                    Le nouveau monde attend peut-être d’être à moitié décimé pour se rebâtir.

                    Simplix


                    • Jason Nicolas 10 janvier 2007 19:45

                      Merci Zénon pour cet excellent article que quelques esprits chagrins n’ont pas manqué de qualifier de passéiste ou d’usé. Mais, « ne vous chaille ». Continuez à marteler vos croyances et à parler librement dans une région du globe où la parole peut s’exercer sans risques.

                      Parole d’autant plus libre qu’elle a peu d’effets,hélas ! Si un « J’accuse » ou les pamphlets pouvaient inquiéter le pouvoir autrefois, il n’en est plus de même aujourd’hui.

                      Je donnerais cette définition de nos démocraties : régimes où l’on peut dire tout ce que l’on veut, pourvu que l’on ne change rien. Car le pouvoir ne craint plus la parole. Et il ne la craint pas parce que la parole ne peut pas le trouver. Ce pouvoir est caché, diffus, éclaté en une myriade de micro-responsabilités dont personne ne peut contrôler les interactions. Tout le monde pense l’avoir trouvé et il n’est jamais là où on l’imagine, et ce malgré les théoriciens de la « conspiration générale » ou les théologiens de la politique à image diabolique ou machiavélique.

                      Mais où sont passés les pouvoirs ? Ils ne se trouvent certainement pas au fond des urnes. La politique est à l’image de la météorologie : insaisissable, nébuleuse colportée (si tant est qu’on puisse porter des nuages) par les marchands d’espoir dont on ne sait pas, au fond, ce qu’ils croient.

                      Vous avez un bel et noble élan que je souhaiterais voir se tourner vers les mécanismes, les pratiques (au sens où les entendaient Michel Foucault) et les points névralgiques de ces pouvoirs multiples mais dissimulés.

                      Le vieux pessimiste que je suis vous donnerait (si vous le permettez) cependant ce conseil :« il n’est pas besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer »

                      Bon courage


                      • meridien (---.---.60.89) 11 janvier 2007 08:11

                        vous avez raison zenon car votre article je ne l’ai pas lu en vérité le choix de votre intitulé m’a rebuté, car ’du suivisme’ vous avez plongé dedans ;et la preuve c’est qu’à l’instar de nombreux internautes vous vous montré hargneux à l’égard de Ségolène dont j’apprécie ,oui, le courage et le pied de nez qu’elle fait à tous ses détracteurs don vous faites partie.Encore une preuve :du très réchauffé :« vous ne tirez pas sur une ambulance »dites vous F.giroud l’avait concocté justement en son temps je vais essayer de déchiffrer votre article seulement maintenant.Et ma ’grossiereté’ est un coup de colère et un ras le bol contre tous ces pialleurs ,pilleurs mais sans doute vous n’en faites pas partie n’est ce pas a propos vous découvrirez dans ’primo-europe sur le thème d’une chanson de C François ’par bravititude’ au lieu de ’par habitude’

                        attnds votre réponse meridien


                        • Zenon Zenon 11 janvier 2007 10:41

                          Cher Méridien,

                          Mon titre, n’a qu’un seul but, annoncer ce qui suit. La candidate Ségolène Royale voulait parler de bravoure et sa langue a fourché... en fait mon texte était écrit avant sa faute de français, traitant de capacité d’action citoyenne et politique et du sentiment d’impuissance généralisé qui peut saisir tout a chacun. Impuissance très ambigue car la réalité sociale et économique est le résultat de nos actions à tous. Si Nicolas Sarkozy avait fait pareille faute, en rapport avec mon sujet, je l’aurais repris. D’ailleurs, afin de faire bonne mesure, mon prochain texte aura pour titre une bourde sarkozienne. Ma démarche est philosophique, celle ci n’apporte ni ne vise la « réponse », la vérité révélée^(cf commentaire sur les sophistes), recette magique, mais vise l’amorce d’un processus de recherche et de transformation de la pensée par elle même. Les mots ont ce pouvoir extraordinaire de faire vivre nos esprits, de faire découvrir de nouveaux champs de questionnement. Mon interrogation n’a rien de neuf, j’en suis conscient, mais parfois chercher à exprimer de la façon la plus juste une émotion, une reflexion récurrente, permet de faire des liens entre les concepts, d’établir des ponts entre les personnes.

                          Bonne journée

                          Zenon


                        • Zenon Zenon 11 janvier 2007 13:00

                          Cher Nicolas,

                          « les marchands d’espoir » Je trouve cette expression particulièrement justifiée, l’homme politique dans nos démocraties modernes est un porteur de messages sensés donner un but commun et (re)fonder la communauté de valeurs des citoyens... pour le moment de l’élection. La démocratie ne semble vivre qu’en période électorale, les citoyens échangent leurs avis, les candidats interrogent le bien fondé des actions gouvernementales...et la messe est dite, la couronne posée, et les « pratiques et mécanismes » se remettent en place

                          « Vous avez un bel et noble élan que je souhaiterais voir se tourner vers les mécanismes, les pratiques (au sens où les entendaient Michel Foucault) et les points névralgiques de ces pouvoirs multiples mais dissimulés. » Michel Foucault fait partie des auteurs dans lesquels je souhaite me plonger et replonger. Par mes activités je suis amener à observer les pratiques du pouvoir en entreprise et en administration. Au terme « dissimulé » je préfere « non apparent », ils sont tellement évidents, intégrés à notre fenêtre quotidienne d’apréhension du réel que nous ne les notons plus. Un véritable travail de déconstruction est nécessaire pour les cibler et transformer notre regard.

                          « Le vieux pessimiste que je suis vous donnerait (si vous le permettez) cependant ce conseil : »il n’est pas besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer"

                          C’est exactement ce que je me dis au sujet de mes relations féminines ^^ plaisanterie mise à part, je reçois votre conseil avec gratitude, et par mon élan, viserai l’approfondissement de mes élucubrations,

                          Cordialement

                          Zenon


                        • Senatus populusque (Courouve) 12 janvier 2007 14:16

                          Dans « espoir »

                          il y a :

                          poires ...


                        • meridien (---.---.192.4) 11 janvier 2007 09:30

                          j’ai lu et j’ai cru comprendre le sens de votre article,bien lêché ; vous me paraissez bien pessimiste’jeunezenon’si j’en crois votre portrait. vous ’barattez’ des idées mille fois émises sur différentes masiques ,il est vrai finissant par être un peu ’rengaine’.Au fait que proposez vous pour nous tirer du marasme dans lequel nos vivrions.Mais d’emblé vous déclarez votre ’impuissance’Avec cela on ira loin... Je rapelle que au travers des siècles les peuples s’en sont toujours tirés.

                          Il n’en demeure pas moins que je persiste et signe. Pour attirer le chaland vous ’caser’ le mot« bravitude » (et alors !! )dans votre intitulé Isn’it ?


                          • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 11 janvier 2007 09:43

                            Allez voir la prose ( la Bravitude ) de l’un de mes potes

                            http://blogs.aol.fr/kerfon/kerfonhommeaffable/

                            @+ P@py


                            • meridien (---.---.236.153) 11 janvier 2007 13:58

                              il ne me paraît cher zenon que votre titre englobant le mot fatal annoncant ’ce qui suit’.... vous auriez faire + simple ;mais peut-être alors n’aurais-je pas ouvert votre article.Ceci dit cher zenon j’essaie d’éclairer votre lanterne( puique,au final,ce sont des échanges que jaillit la lumière,dit-on )...S...n’a littéralement pas fait de faute de français..car elle à crée en pleine froidure sur la muraille de Chine que j’ai ’gravi’ au temps jadis...un néologisme et oui ;contraction de brave-attitude..Comme il vous en souvient sans doute Raffarin de Tarascon avait crée « la positive attitude »..Mais là il s’agit d’une femme qui ose se mettre en évidence,ne vous en déplaise !!Mais au final vous concluez juste (encore du Ségolène ) en écrivant :"chercher à exprimer de la façon la + juste (again )une émotion une réflexionrécurrente permet de faire des liens etc.. merci pour votre réponse méridien..


                              • meridien (---.---.59.104) 12 janvier 2007 08:13

                                zenon,stoique jusqu’au bout vous n’avez pas répondu à mon commentaire ci dessus .lisez le commentaire de cette linguiste en chinois

                                merci..........meridien


                              • Zenon Zenon 12 janvier 2007 17:41

                                Cher Méridien,

                                « une femme qui ose se mettre en évidence, ne vous en déplaise »

                                lorsque on ironise ou critique S, est on forcément misogyne ? Je sens qu’on va se prendre des pelletés d’argumentaires identiques pendant la campagne : je ne suis pas d’accord avec SR, dit A. Frustre Misogyne ! répond B. Sarko est un facho dit C, Vous n’aimez pas les gens de petite taille répond D. Lassant.

                                « Comme il vous en souvient sans doute Raffarin de Tarascon avait crée »la positive attitude". Singer JP Raffarin dans ses tentatives de séduction langagières est-ce devenu un gage de qualité ?

                                Je ne vois pas quoi répondre de plus à vos commentaires, cher Méridien, SR n’est pas le sujet de cet article, tout juste un marche pied de fort belle facture, une entrée en matière sympathique, un clin d’oeil à l’actualité.

                                bon week end a vous

                                Zenon


                              • meridien (---.---.154.149) 13 janvier 2007 14:52

                                merci zenon d’avoir répondu « évasivement »’à mon commentaire.Je vcous signale ou /apprends queles« pelletées d’argumentaires » dt vous parler si’ fossoiyerment’ (encore un ignoble néologisme ),il y a beau temps qu’ils sont émis pour 1/ esquiver le débat.2/ pour exprimer un état d’âme perso et sans intérêt aucun. enfin on peut dire sans esprit polémique que vous vous envoyé des gerbes de fleurs écrivant « tout juste un marche-pied ( pourquoi pas un paillasson )de FORT BELLE FACTURE une entrée en matière sympathique » vous n’allez pas avec la dos de la cuillère !!MAIS SOIT HUMOUR de votre part soit aveu :’que vous vouliez bien attirer le chaland’,comme je l’avais écrit + haut à bientôt pour un nouvel épisode ,et fourbissez vos armes sans esquive,mais je sais que vous pouvez Votre meridien..


                              • aquad69 (---.---.33.228) 11 janvier 2007 18:33

                                Impuissants à changer les choses, mais tout aussi impuissants à nous changer nous-mêmes dans notre regard sur nous et sur le monde.

                                Eh oui, c’est par là que cela commence, par une remise en question de notre identité, de ce que nous sommes nous-même, et de ce dont nous avons réellement besoin. Et c’est seulement alors que nous saurons peut-être ce que nous pouvons vouloir, et le type de société que nous voudrions cultiver.

                                De quelle espèce sommes-nous ?

                                Mais alors, il faut commencer d’apprendre à échapper à tous les poncifs, superstitions, tabous intellectuels et slogans qui nous entourent et qui nous sont assenés chaque jour. Casser la pensée unique qui n’est pas une pensée mais un réflexe.

                                Et sortir de notre occidentalitude qui parait grande de par sa puissance et sa richesse, mais qui, croyez moi, est microscopique de par sa pensée. Car nous confondons toujours intelligence et horizon intellectuel.

                                Nous avons remplacé la pensée par la compréhension du processus technique. Et il très significatif que, dès que nous cherchons un peu plus loin, on nous oriente encore sur les sempiternels maîtres grecs classiques, intéressants certes, mais si loins de nous,si étrangers à notre nature, et tellement impuissants à nous inspirer des bases réelles de solutions.

                                Il n’y a pas eu que les grecs ! Nos voisins, de tous côtés, ont eu aussi leurs grands sages, d’époques plus proches de nous, et plus accessibles à notre compréhension, moins illusoires.

                                La maladie de ce que l’on appelle aujourd’hui la « Philosophie », c’est d’avoir remplacé la recherche de la réalité de la vérité par celle de la théorie de la vérité. C’est là la source même de l’impuissance de la pensée occidentale moderne.

                                Il n’y a pas d’issue si l’on ne cherche pas à sortir du cadre ! La Palice ne l’aurait pas désavouée, celle-là. Et c’est vrai avant tout pour la pensée.

                                Mais la politique de ce système est précisément d’enfermer les gens dans des cadres bien définis, avant tout dans le mental et le culturel et de leur faire croire que la consommation grandit l’être et que le transport physique libère !

                                Si vous cherchez des gens qui puissent vous aider à acquérir un autre regard sur les choses, c’est dans ce qui reste des sociétés non occidentales qu’il faut les chercher. Mais dans l’état de destruction où elles sont, et vu nos habitudes de pensée et notre éducation, il est très difficile de leur inspirer confiance.

                                Ce n’est bien sûr pas dans le but de singer leur folklore, mais de dépasser la superficialité de notre vision moderne et d’acquérir un regard plus vrai parceque plus profond sur ce monde et nous-même. Et il ne s’agit pas de grandes recherches spirituelles ou d’initiations spectaculaires, mais de choses très simples et quotidiennes qui s’acquièrent beaucoup plus par un contact sincère que par des discussions.

                                Nous avons certainement beaucoup à apporter à tous ces gens en matière de techniques et de biens matériels, mais si seulement nous consentions parfois à les écouter ils pourraient sans doute nous apprendre bien des choses.

                                Il m’arrive parfois de rêver d’un jumelage entre les gens de ces pays et nous-mêmes, entre individus et entre familles, comme l’on jumelle aujourd’hui les villes entre elles. Ce ne serait pas simple évidemment, mais peut-être porteur d’espoir.

                                Cordialement Thierry


                                • Anne (---.---.222.192) 12 janvier 2007 04:13

                                  SR a dit « bravitude » en répétant les mots du français approximatif d’une chinoise à ses côtés, qui essayait de traduire la maxime « mei qu changcheng, fei hao han » (d’après une source de première main). Comme la plupart des hommes politiques, elle n’est d’abord qu’un pantin lisant les petites fiches préparées par ses conseillers, ou répétant ce qu’on lui dit à côté, sans esprit critique.

                                  Désolé pour le hors-sujet du commentaire sur l’article, mais cela faisait plusieurs articles sur agoravox sur ce thème, et j’avais envie de donner l’information.

                                  Sinon, sur l’article en soi, plutôt érudit et bien écrit, si je peux me permettre, je trouve les idées trop larmoyantes et bien pensantes. Ontologiquement, la position « nous sommes les enfants de la révolution et de la résistance » est fausse. Nous sommes les enfants de tout, y compris du moins bon, de l’autoritarisme populaire Louis XIVen à la collaboration paternaliste pétainiste... il n’y a pas de déterminisme.

                                  C’est même rassurant de ne pas être sans tâche, cela permet de comprendre plus de choses, de faire moins de jugement tranchés, de ne pas toujours dire que le mal c’est l’autre, mais de voir que le mal est en moi aussi, ce qui permet de voir le bon en l’autre, et donc de s’améliorer.

                                  Et s’améliorer, c’est déjà changer le monde, au moins le microcosme. Pourquoi s’arrêter aux livres d’histoire pour collégiens, de s’imaginer que sauver le monde est de gagner des batailles, ou signer des conventions internationales, ou même (je vais me faire tuer...) voter dans une démocratie ?

                                  Et si l’on arrêtais de s’identifier à des hommes, à des doctrines, à un macrocosme qui nous dépasse ? Et que l’on agissait chacun à son niveau, déjà autour de soi... Quand je dis autour de soi, je veux dire avec les personnes que l’on rencontre, celles avec qui l’on vit et travaille. Pas la peine de prendre le masque de Zorro pour aller combattre des moulins à vent, pour le seul plaisir pervers de la posture. Le déclin n’est qu’une vision de l’esprit.

                                  Le vrai philosophe, n’est-il pas celui qui est aimé par ses amis, et qui peut en avoir partout ?


                                  • eponymus (---.---.61.101) 12 janvier 2007 14:07

                                    Tout à fait.... il pourrait même y avoir une vérité axiomatique dans la possibilité que la résolution des problèmes du genre humain passe par la résolution des problèmes de chaque personne à titre individuel.

                                    Par exemple, le meilleur moyen de lutter contre le traffic de drogue serait, dans ce cas, de lutter contre la demande en pratiquant une véritable politique de désintoxication d’une part et en trouvant des solutions alternatives aux paysans colombiens ou afghans qui la cultivent d’autre part.

                                    La lutte repressive contre le traffic est peut être nécessaire mais ne représente qu’un pis aller temporaire et si elle est menée à longs termes se révelle inefficace comme chacun a pu le constater avec la politique reaganienne de Guerre A La Drogue, comme chacun le sait et peut le constater aujourd’hui.

                                    C’est valable pour l’environnement voire même pour les formes de gouvernement. En dehors d’une pensée angélique accordant une très grande richesse et une justesse infaillible à la pensée collective, qui aimerait se faire gouverner « démocratiquement » par une majorité d’abrutis.... j’ai souvent constaté (pas tjrs mais souvent) en entreprise que le cadre qui proposait la solution la moins consensuelle avait souvent raison dans les faits et qua la décision majoritaire nous aurait envoyé dans le mur. Et bien souvent, tout simplement, parce qu’il parlait d’une chose qu’il maitrisait parfaitement en opposition à une majorité qui croyait seulement savoir de quoi elle parlait.

                                    C’est une façon de revenir à la philosophie - est ce que la démocratie peut exister sans la connaissance et la prise de conscience des individus qui la composent ? - et dans nos société, où le niveau culturel n’est pas forcemment très élevé, est-ce que la démocratie n’est pas une sorte de leurre et un pis aller dont la principale et presque la seule vertue serait de limiter l’existence d’une dictature ?

                                    Beaucoup de commentateurs politiques ont fait remarquer lors de la réélection de Bush que les états dans lesquels il a obtenu une majorité sont les moins « intellos », les plus « rednecks » des USA. Ou que dans les grands centres urbains, y compris à New York, première ville victime du 9/11, les démocrates l’ont très largement remporté. Et peut on se poser les mêmes questions sur les succès d’opinion de Royal alors qu’aucun programme électoral clair n’a encore été proposé ? Ou à propos du succès de Le Pen il n’y a pas si longtemps ?


                                  • Zenon Zenon 12 janvier 2007 17:26

                                    Chere Anne

                                    « je trouve les idées trop larmoyantes et bien pensantes. »

                                    Je reconnais que l’expression du pathos l’emporte sur la reflexion dans cet article. Je m’interessais beaucoup plus aux réactions qu’il a effectivement suscité et aux dialogues que cela a déclenché.

                                    « Ontologiquement, la position »nous sommes les enfants de la révolution et de la résistance« est fausse. Nous sommes les enfants de tout, y compris du moins bon, de l’autoritarisme populaire Louis XIVen à la collaboration paternaliste pétainiste... il n’y a pas de déterminisme. »

                                    Je n’ai pas sous entendu un déterminisme selon lequel nous serions le fruit du meilleur de notre histoire, et seulement du meilleur. Se serait inepte. Ces moments historiques que je pointe : 1789 et 1939/1945, sont des moments de mobilisation, l’inaction étant également un choix dans ces périodes. Ces époques demandaient une prise de position et un affrontement direct. Je pourrais continuer mon propos en definissant la IIIeme République comme un processus de mobilisation pour la construction d’une identité nationale par l’enseignement, la langue, le service militaire... Les années 1930 comme l’émergence de systèmes idéologiques sophistiqués de « mobilisation » pour la transformation de la société. Mussolini, Hitler, chantres du catastrophisme et déclinologues professionnels n’ont de cesse de vouloir créer une « réaction salutaire », une transformation par le haut, mais soutenus par les populations. Hitler arrive démocratiquement au pouvoir. Des populations entières, déçues par le capitalisme et sa crise de 1929, sont prètes à écouter quiconque leur proposera une nouvelle ère.

                                    Vous avez raison, nous sommes également les enfants de la Division Charlemagne. Mais, avouez qu’en appeler à ces souvenirs comme « moments de mobilisations pour une action politique » aurait jetté une lumière des plus sombres sur ce texte smiley

                                    Les époques passés respirent cette capacité de mobilisation qui semble avoir disparue. Usure de l’oreille démocratique des population due à l’usage répété de slogans pour décérébrés ? Fin de l’ère des idéologies ? atomisation sociale et politique ? les causes sont multiples et s’entrecroisent. De la provient peut être cette impossibilité « d’identification à un homme, une docrine ou à un macrocosme qui nous dépasse » que vous soulignez. Peut on imaginer une action commune sans identification à un message ? ou avons nous atteint la fin d’une forme de mise en mouvement des corps et de esprits ?

                                    Le repli sur la sphère privée et « l’action de proximité » est effectivement une réponse que certains apportent. Mais je ne crois pas que les défis auxquels nous devrons faire face puissent être résolus de la sorte. Réchauffement climatique, épuisement des réserves énergétique, raréfaction des réserves en eau... Je peux très bien comprendre ces problèmes et observer l’aveuglement apparent de nos gouvernements face à eux, l’inadaptation de la struture Etat-Nation à ces défis. Le problème : jusqu’à maintenant l’émergence de nouveaux systèmes politiques (bénéfiques ou non) provenait de la mobilisation des populations. Le sentiment d’impuissance est neuf et anesthésie toute capacité de mobilisation. Impasse.

                                    En nous rendant insensibles aux discours mobilisateurs nous avons peut être perdu cette capacité de décider collectivement de notre vision du monde. J’utilise cette expression aussi grendloquente que bien pensante (je vous l’accorde) d’« enfants de la République », car le concept d« enfants de la chose publique » signifie que nous sommes les produits et les scupteurs de notre histoire. Or, avons nous (jamais eu) le désir de construction d’une société ?

                                    L’image des citoyens construisant leur propre destin est mythique et mensongère, je ne la nie pas. Vit dans une société libre celui qui en est persuadé. Celui qui est certain de l’existence d’un complot mondial visant le controle de la population ne « vit » pas dans une société libre. Il y a une part d’auto-hypnose collective dans l’idée de démocratie de masse. Si la majorité des citoyens d’une nation ne se « sent » plus liés, il s’agit de la fin de ce régime. Les institutions existent dans nos esprits avant d’exister dans la pierre.

                                    Si nos esprits refusent les discours mobilisateurs, refusent de se mobiliser pour le « macrocosme », nous allons devoir inventer d’urgence un nouveau mode d’existence politique du groupe.

                                    J’ai eu beaucoup de mal à supporter les révoltes anti mondialisations de Seattle et suivantes, il gesticulaient, servaient sans le savoir des intérets protectionistes, et ne proposaient rien en remplacement. Pourtant leur action était justifiée. Les représentant nationaux tirent leur légitimité d’une délagation de l’action publique pour la strcture nationale, et non pour la planète. Certains parlent de fusionner le G8 et le Conseil de Sécuité de l’ONU pour former un club de gouvernance mondiale... sans avoir trop réfléchi à la question, cela n’augure rien de bon...Nous n’aurons que transférer plus de pouvoir entre des mains déjà fort bien pourvues.

                                    Je suis en partie d’accord avec vous sur le philosphe. Il peut se faire des amis où qu’il aille. Mais, à mon humble avis, il ne peut en rester la. Confère mon commentaire plus haut sur les sophistes, le philosophe est en retrait de la vie politique de la cité. En pleine Vita contemplativa pour citer Arendt, et non dans la vita activa. Les penseurs qui se risquent à l’émission d’un discours politique « chutent » de leur perchoir en partance vers l’absolu, mettent les mains dans la « fange » historique et augmentent la masse critique du débat démocratique.

                                    « Le déclin n’est qu’une vision de l’esprit », comme toute chose finalement. Je me méfie du concept de déclin, au vu de ses antécédents historiques. Le problème est qu’une fois inventé on ne peut le nier ou le réfuter aussi simplement qu’on le voudrait. Voila plus d’un siécle que l’Occident se vit en phase terminale, il n’en finit plus de s’écrouler et de se diffuser dans le reste de l’humanité. On a jamais vu un mort aussi actif et compulsif.

                                    très cordialement à tous Bon week end

                                    Zenon


                                  • Le Huron (---.---.184.184) 12 janvier 2007 14:39

                                    @ Eponymus, « C’est une façon de revenir à la philosophie - est ce que la démocratie peut exister sans la connaissance et la prise de conscience des individus qui la composent ? - et dans nos société, où le niveau culturel n’est pas forcemment très élevé, est-ce que la démocratie n’est pas une sorte de leurre et un pis aller dont la principale et presque la seule vertue serait de limiter l’existence d’une dictature ? »

                                    Je suis entièrement de votre avis : la démocratie est un leurre et un pis aller. Disons que c’est la moins mauvaise des formes de gouvernement, et que si elle n’existait pas il faudrait l’inventer. C’est un terme tellement polymorphe, tellement chargé d’idéaux et de sens divers qu’il sert à tout. C’est un terreau sur lequel on fait pousser n’importe quoi. C’est un des concepts fourre-tout qu’il serait urgent de remettre à plat, une idole flapie qu’il faudrait requinquer. Mais la remplacer par quoi ?

                                    Les foules bêlantes continueront de bêler, les gardiens du troupeau continueront à prospérer et les sycophantes de tous poils à glapir. E va la nave ! (et fouette cocher en bonne traduction Fse.)

                                    Cordialement


                                    • Anne (---.---.228.234) 13 janvier 2007 03:32

                                      Cher Zénon,

                                      L’idée n’est pas de se replier sur le microcosme, mais de se concentrer dessus, pour la simple raison que le macrocosme ne nous serait accessible que par ce biais, tout le reste n’étant que « posture », et donc faux.

                                      Je prends un exemple dramatique pour vous suivre : le milicien en 1944 (qui n’a rien compris sur le plan du macrocosme) qui sauve des Juifs parce qu’il a compris quelque chose sur le plan humain, ne vaut-il pas mieux que le résistant de la dernière heure (en phase avec le macrocosme) qui va tondre, ou pire, des femmes accusées d’avoir couché avec des Allemands ?

                                      Il faudrait peut-être s’avouer que la politique appartient plus au mythe qu’à la science, et que les mouvements de masse participent plus à l’instinct grégaire qu’à la définition d’un avenir commun rationnel.

                                      Chacun utilise des concepts préexistant, république, démocratie, mondialisation, sans franchement bien les comprendre, ou alors en leur donnant une définition à chaque fois différente (c’est cela la force des concepts, ils n’existent que par la valeur que chacun leur donne), et où l’important n’est pas la vérité mais, finalement, la foi, comme dans une religion.

                                      En effet, qui peut prétendre avec raison connaître par exemple tous les tenants et aboutissants de la mondialisation ? Qui peut s’affirmer sincèrement « de gauche » (un concept abscond - je vais encore me faire tuer) et demander que les pays moins avancés restent dans leur misère en refusant d’acheter leurs produits (en avançant parfois des critères « éthiques » à géométrie variable car incertains) ?

                                      Ne pourrait-on pas mieux travailler sur ce que l’on connaît (cela rejoint les réflexions pertinentes d’Eponymus, plus haut), c’est à dire les gens que l’on rencontre, nos spécialités professionnelles, plutôt que gesticuler sur des choses qui nous dépassent ?

                                      Un monde harmonieux ne serait-il pas un monde dans lequel chacun se sentirait bien à sa place, et balayerait devant sa porte (on rejoint l’idée étymologique de « res publica ») avant de regarder devant celle du voisin ?

                                      Les fabricants d’armure, à la fin du Moyen-Age, avaient du soucis à se faire, leur métier devenait inutile. Aujourd’hui, on les verrait descendre dans les rues pour réclamer des subventions afin de continuer à produire des armures que personne ne porterait. Pourtant, l’homme n’est pas monotache, comme le ferait croire une division du travail rigide et socialisante datant de l’ère industrielle. Laissons les plus créatifs s’exprimer, changer d’activité, de branche, de métier, encourageons les autres à comprendre qu’ils pourraient peut-être être tout aussi bien cadres ou artisans, et dans la mesure de nos moyens, aidons les plus faibles autour de nous.

                                      Ainsi, tout en restant dans le monde réel, opposé au monde des idées politiques, nous auront peut-être une vraie influence, à laquelle Zénon aspire noblement. Je crois que cette vraie influence, tout aussi modeste qu’elle puisse être parfois, est préférable au « sentiment d’influence » que donne la participation à des mouvements de masse. Ce sentiment d’influence est la rémunération que donnent ceux qui sont à la tête de ces mouvements pour avoir une illusion de véritable pouvoir grâce à tous les anonymes qui marchent pour eux.

                                      Enfin, pour avoir cotoyé des hommes politiques dans leur travail, il semble que cela soit surtout des pantins impuissants, ayant beaucoup plus un pouvoir de nuisance, en général, qu’un pouvoir de création. Comme par hasard, les rares qui font avancer les choses sont presque toujours des personnes très humaines, qui traitent bien ceux qui les entourent, bref, qui s’occupent d’abord du microcosme.


                                      • Zenon (---.---.137.114) 17 janvier 2007 16:42

                                        Chère Anne,

                                        Je me suis trompé d’option, ma réponse s’est transformée en commentaire, cf donc le dernier commentaire.

                                        Cordialement,

                                        Zenon


                                      • Tito (---.---.171.227) 14 janvier 2007 11:43

                                        Votre article est très pessimiste mais vous allez voir que je peux faire encore mieux.

                                        Je pense que l’espèce humaine est le pire des avatars qui pouvait arriver à la Vie sur Terre.

                                        Las animaux sont incapables de décider d’un génocide d’une variante de leur espèce, au nom de telle ou telle idéologie. Les hommes, si.

                                        Les animaux sont incapables de massacrer leur environnement pour subsister.

                                        Les hommes, si.

                                        Les animaux ne créent pas sans cesse des outils qui les dépassent, qui les libèrent et les oppriment : les hommes, si.Des autos, des fusées, des ordinateurs et j’en passe...

                                        Les animaux sont incapables de réaliser une auto-destruction de la Vie sur Terre à grande échelle.

                                        Pour les hommes, ce n’est plus qu’une question de temps.

                                        Car je crois bien qu’il faille pense au pire.

                                        Mais si l’Homme pouvait enfin débarrasser la planète de sa seule présence, mon Dieu : ce ne serait pas si mal de laisser une jolie Terre avec ses papillons, ses rivières, ses oiseaux, ses océans, ses nuages et son Soleil.

                                        Les cataclysmes naturels (météorites, séismes etc...)ne seraient plus que les seuls dangers pour notre belle planète : mais ce serait quand même moins grave.

                                        Et la question du réchauffement de la planète serait résolue en une cinquantaine d’années après la disparition du dernier homme de la Terre.

                                        Non : il n’y a pas de quoi être fier : mais c’est dans nos gènes.

                                        L’homme est un animal pervers parce que sans cesse insatisfait et toujours à la recherche d’un impossible ailleurs : et par là même, dangereux pour lui et tout ce qui l’entoure.

                                        Et l’Histoire ne lui a décidément rien appris.

                                        Advienne que pourra !

                                        Mais certainement pas Ségo ou Sarko !


                                        • Vertigo (---.---.236.223) 14 janvier 2007 22:20

                                          Cher ami,

                                          ’Notre héritage n’est précédé d’aucun testament’ [René Char].

                                          Je crois profondément que l’Histoire de l’humanité est cycliquement émaillée de terreurs et d’apocalypses en tous genres : astéroïdes jurassiques, déluges prébibliques, an mil nostradamien, révolutions & contre-révolutions, coca-cola/microsoft/toyota... Ne donnons pas trop d’importance à l’homme, il risquerait de survivre à sa propre cravate de chanvre. Le propre de l’humanité depuis Abel & Caïn est de se battre pour 2m² jusqu’à ce que l’un des deux embrasse le sol, une vérité universelle qui ne changera jamais. Je suis très ému par ta déclamation virtuose qui me prend aux tripes comme à chaque fois, mais il ne faut jamais sous-estimer le caractère prévisible de la bêtise humaine, c’est ce qui pourrait constituer son salut. L’homme, animal parlant, organisme biologique doué d’extrapolation, anomalie génétique issue d’une mutation réussie, l’homme, femme, enfant, vieillard, n’a pas choisi sa création mais il peut choisir sa perte. Et sa perte ne sera pas absolue, l’extinction de masse qui avait emporté les amibes et les dinosaures n’anéantira que ce qu’il faudra de sapiens, car le bipède qui marche debout est une mauvaise herbe intelligente qu’on ne tue pas avec des insecticides.

                                          La philosophie est un merveilleux jeu de prestidigitation divinatoire post-mortem, en disant cela nous disons tout, à savoir rien. Ne cédons pas trop aux plaisirs linguaux mais adonnons-nous aux cannibalisme grammaticaux, la seule solution pour la salvation de la race humaine en décadence depuis Neandertal...

                                          VERTIGO


                                          • Zenon (---.---.137.114) 17 janvier 2007 16:39

                                            Chère Anne,

                                            Pardon pour cette réponse tardive,

                                            Je suis en accord avec vos analyses des concepts (mondialisation, gauche...), éléments mythologiques que chacun charge d’une compréhension différente, ainsi qu’avec votre point de vue sur les mouvements politiques « grégaires », plus que rationnels des groupes humains.

                                            Pour le travail individuel, microcosmique à présent, il est nécessaire, mais est il suffisant ?

                                            Vous parlez de posture pour toute volonté d’appréhension du macrocosme, hors, il existe bien des individus et des groupes chargés de penser et d’agir sur le macrocosme (ONU, OMC, Banque Mondiale, OCDE...) et ils ne « font » pas uniquement dans la posture. La figure d’un auteur, d’un philosophe, d’un politique, non seulement essaie de penser le macrocosme, mais de l’analyser, lui donner un plan, un programme.

                                            Si j’abonde dans votre appel au travail du microcosme, je ne peux m’empécher de vouloir une vision du macrocosme. Les deux grands paradigmes (au sens de Poper, structuration des concepts entre eux et definition d’une vision de la réalité) qu’étaient le socialisme et le libéralisme sont peu ou proue arrivés à leur limite. Le premier pour assurer le minimum décent de liberté politique et de biens materiels, le second pour permettre un avenir à la biosphère, permettre la diversités des cultures et l’existence de communautés politique. Chacun devenant le mini-entrepreneur de son existence, attaché à défendre ses intérêts et ne supportant aucune (ou tres peu) subordination de ses derniers à l’interêt général.

                                            Je n’opposerais pas aussi hermètiquement le monde réel et le monde des idées politiques. La « réalité » est notre prisme personnel et politique pour identifier et juger les phénomènes. Ce prisme est lui-même rattaché au paradigmes en luttes dans la vie (la guerre) intellectuelle des groupes en présence.

                                            C’est pourquoi (je rebondis sur un autre sujet connexe)l’enseignement est un aspect fondamental de tout processus de formation de communauté politique. J’aimerais bien entendre les candidats à la présidentiel nous parler de leurs opinions sur les programmes scolaires, la vision officielle de l’Histoire enseignée. Il est intéressant de comparer la crise de l’Education Nationale et la crise politique de notre pays. Un lien de cause à effet ne vous semble pas possible ?

                                            Lorsqu’une communauté peine à produire un discours d’explication du monde qui permet aux jeunes de comprendre la communauté par les valeurs partagées et hierarchisées, est ce parceque cette communauté de valeurs n’existe plus ? (disparition de l’accord de principe, construit par les mythes sur le macrocosme), et faut il alors reconstruire une vision du macrocosme avant de vouloir reonstruire l’éducation nationale ? (pensez à la source de cette institution, la III République, ses hussards noirs, la « construction » d’une identité nationale)* Ou, est ce l’impossibilité de construction d’un nouveau paradigme national, d’une nouvelle idéologie expliquant le monde pour le groupe, qui condamne désormais à l’impossiblité l’ambition d’une communauté nationale ? Peut-on constuire un paradigme pour une communauté continentale ? voir mondiale ? et reprendre depuis le début ce processus de construction d’une communauté, mais cette fois d’une taille suffisante pout répondre aux défis de notre temps, défi d’ordres mondiaux.

                                            Mon propos devient incompréhensible, je synthétise : N’a t on pas nécessairement besoin d’un accord (construit) sur le macrocosme pour faire agir une communauté politique ?

                                            Si les défis sont de dimensions mondiales, ne doit pas tenter l’émergence d’un macrocosme visant la structuration d’une communauté humaine totale ?

                                            N’était ce pas déjà le projet du marxisme et de l’Internationale, répondant au défi que représentait le capitalisme international émergent ? Est on alors condamnés à vouloir construire un discours-monde totalisant ?

                                            (Je tenterai une synthèse sur une analyse des groupes humains structurant des discours-monde en lutte les uns contre les autre pour definir un programme de société, si bien sur interesse quelqu’un à part moi^^)

                                            Le refus de toute possiblité d’un discours sur le macrocosme n’est il pas le signe de la victoire de l’« impuissance » en nous ? Ou (au ontraire), nous concentrant (tous) uniquement sur le microcosme, engendrerions nous un nouveau processus, qui lui serait possiblement extensible à toute l’espèce humaine ?

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