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PLOUF !?

Les entretiens du Professeur VaZlin’.

vazlin@laposte.net

 

Le 12 Juillet 2014  N° 220

 

"Le fanatisme est la seule forme de volonté qui puisse être insufflée aux faibles et aux timides." 

Friedrich Nietzsche 

- Professeur VaZlin’, quand allez vous lancer votre « offensive anti fromage » ?

- Oups ! Du calme ! Avant de lancer une offensive, il faut connaitre l’état de ses troupes !

- Allons, Professeur ! Depuis 10 ans que vous avez commencé votre série d’entretiens, le nombre de vos correspondants s’est largement multiplié ([1]), de nombreux sites vous relaient, je vois votre courrier, les réactions à vos études, etc.. Vous devriez avoir une bonne idée des troupes potentielles, n’est-ce pas ?

 

- Oh, question nombre, pas d’inquiétude. Si nous le décidions ensembles, nous pourrions inonder nos politiques sous plusieurs dizaines de milliers de messages. Il faudrait bien qu’ils réagissent ! qu’ils nous écoutent ! ça me fait rêver !

Et pourtant, nous n’avons jamais réussi une telle mobilisation. Pourquoi ? Mes correspondants trouvaient-ils faibles nos motifs ? Bien au contraire ! Alors ? Pour comprendre, analysons leurs réactions. Je vais vous les décrire « crescendo ».

Je commencerai par un cas d’école : celui d’un fidèle lecteur du Professeur VaZlin’ auquel un de mes amis apporte –déjà tout imprimés- les entretiens du Professeur.

 « Tu le connais ce Professeur VaZlin’ ?

Oui, c’est un ami ;

Ça c’est un mec, il faut que tu me le présentes et qu’on discute.

Mais pourquoi tu ne lui donnes pas ton adresse Email ? Tu lui poses tes questions et en plus tu pourrais diffuser ses entretiens, s’ils te plaisent ?

Non, non, je veux juste le connaître et discuter avec lui ! »

 

C’est très gentil, mais apprécier les entretiens du Professeur n’est pas un acte d’une rare bravoure. Etre d’accord avec ceux qui veulent agir ne vous donne pas quitus pour ne rien faire. Seule l’action vous différencie, en bien ou en mal.

 

Je poursuis. Voilà d’autres réactions qui vous seront certainement familières :

« Vous avez raison, mais il est inutile de se battre, nous ne changerons jamais le système en place. »

Ou :

« Si les Français ne sont pas capables de se mobiliser pour [ceci ou cela (choix du correspondant)] ce n’est pas la peine de se mobiliser pour ce que vous nous proposez »

 

Je pense inutile de commenter, tout le monde a entendu de telles excuses.

Maintenant, plus intéressant : quelles furent les réactions de ceux, actifs, volontaires, qui veulent que les choses changent et qui agissent déjà.

Si j’ai démarré tout seul, certains d’entre eux ont décidé de me rejoindre et depuis, nous travaillons ensembles en « Professeur VaZlin’ Staff ». Mais combien sommes-nous ? Une petite poignée.

 Nous avons essayé de proposer des projets fédérateurs, qui tenaient la route juridiquement ([2]). Nous ne sommes toujours qu’une poignée.

Pourquoi ne réussissons-nous pas à nous unir à d’autres ? Voici un élément de réponse :

- « Bien d’accord avec vous, Professeur, mais ce problème est connu, je l’ai déjà traité sur mon blog… dont voici les références.. »

Combien de fois avons-nous reçu un tel message, et jamais, malgré mes demandes en réponse, le message tant attendu : « puisque nous pensons, voulons, espérons la même chose, mettons nous ensembles, joignons nos efforts »

Le pire fut quand nous empiétâmes sur le domaine des économistes. Notre vidéo « qu’ont fait les banques de vos petites économies » ([3]) fut un vrai succès. Beaucoup d’économistes l’ont vue. Résultat : Un seul nous en a chaleureusement félicités ([4]).

Tous les autres, certes, ont reconnu la validité de notre démonstration, mais assorti de : « il y a trop d’approximation » « c’est trop résumé ». Bref, chacun reste à sa place.

Comme j’ai dit à l’un d’eux, « si, en 11 minutes, nous avions pu expliquer en détail le fonctionnement ahurissant des banques, tu serais au chômage ! »

Anecdote : l’un de ces économistes et non le moindre ([5]) a trouvé la vidéo « raciste » parce que un des banquiers était, d’après lui, nettement basanée ! No comment !

 

Que retirer de tout ça ? Que chacun se croit prophète. Que chacun attache un prix inouï à la paternité de son travail. Même si des centaines d’autres planchent sur le même sujet, il préfère préserver jalousement son pré-carré que s’unir à ses semblables.

Je pensais qu’en utilisant le pseudo, modestement ridicule, de Professeur VaZlin’ et nom mon propre nom, n’importe qui pourrait s’y joindre sans combat d’ego. Car nous sommes tous des Professeurs VaZlin’ : des anonymes qui voulons agir ensembles !

Ça n’a pas marché. 

Donc, comme il est impossible de faire une union quand chacun veut y faire prévaloir son image, nous sommes mal partis.

 

Enfin, voici la dernière catégorie des réactions, plus émouvantes.

Celles de gens sincères, souvent de vieux militants. Des gens qui ont cru dans leurs candidats, qui ressentirent l’exaltation d’avoir fait élire leur champion et voient que ça ne se passe pas comme espéré.

Au fur et à mesure que mes entretiens mettaient en lumière les contradictions entre les déclarations des politiques et la réalité, le fossé entre leur programme et leurs actions ; le conflit entre leur déontologie et leur comportement individuel, ces correspondants se sont hérissés contre le Professeur VaZlin’ avec une hostilité allant crescendo.

« C’est très joli ce que vous dites, mais moi je connais Monsieur machin, (professeur de.. spécialiste de.. avocat international ([6]) ..), et il ne dit pas comme vous, je m’en tiens à son avis »

Voilà comment, sans aucun argument, on balaie le travail du Professeur VaZlin’ Staff !

 

Que le Professeur VaZlin’ démontre que le budget pour 2014 a été établi par des « brêles » (dixit DSK ([7])) en ayant prévu exactement les conséquences catastrophiques sur le déficit et l’emploi, il est traité de « prétentieux »

Que le Professeur accuse que tout député qui vote des lois contraignantes qui ne s’appliquent qu’aux autres, ou profite des douceurs qui ne s’appliquent qu’à sa caste, ([8].[9]) a failli à sa charge, alors le Professeur est jugé suppôt des « tous pourris » des LePen,

Psy comme vous me connaissez, j’ai appelé ça : « Le syndrome du frère voleur » :

« Mon frère est un voleur et j’en souffre.

Tout le monde le sait, mais si tu le dis tout haut en ma présence, tu me blesses parce que c’est mon frère, et je t’en tiendrais toujours rancune ! »

 

Ainsi, ce dernier entretien (N° 219) fut pour beaucoup l’excuse qu’ils cherchaient pour ne plus s’affronter à une réalité qui leur fait trop mal.

Vous savez, c’est très dur de s’avouer un jour : « tout ce que j’ai défendu pendant tant d’années : ce « socialisme » qui était pour moi un si grand mot, un si beau but ; cette Europe que je trouvais si belle et si généreuse, ce parti que j’ai tant loué, ces hommes en qui j’ai tant cru, tout mon militantisme sincère, tout ceci, c’est fini, il faut tout remettre en cause ! »

C’est terrible !

Et à chaque entretien, faute de pouvoir le réfuter, le Professeur ajoutait à leur malaise.

Vite, cataloguons-le de Lepéniste et ne le lisons plus !

 

Voilà, cher ami, l’éventail de nos troupes ! J’en ferai l’amère prédiction :

- faute de ne pas nous être unis entre gens raisonnables ;

- faute de ne pas exiger de nos représentants qu’ils terrassent l’arrogance des grandes fortunes avant que le feu ne soit mis aux poudres, nous serons débordés par des gens fanatisés par réaction a tant d’injustice ! Parce que "le fanatisme est la seule forme de volonté qui puisse être insufflée aux faibles et aux timides."

 

Réfléchissez chers correspondants : Avez-vous espoir de traverser la tempête sans en essuyer les rafales ? Est-ce en tolérant l’appauvrissement des autres que vous assurerez votre propre avenir ?

Quel est votre choix ? Attendre les prochaines élections pour montrer - aux mêmes politiques - votre mécontentement ? Par quel moyen ? Un vote inutile ? Un vote pour n’importe qui se disant « contre » ? Puis, rejoindre la violence dans la rue ? 

Ou éprouver l’espoir de rallier une équipe et, sans fanatisme, agir ! Interpeller directement nos politiques !

Quel autre choix ?

 

Allez, bonnes vacances !

 

§§§§§§§§§§§

 

D’accord ? Pas d’accord ? Interpellez le Professeur VaZlin’ : vazlin@laposte.net

 

Où trouver les entretiens du Professeur Vazlin’ ?

Les entretiens du Professeur Vazlin’ sont repris par le site de « Yonne Lautre » site « inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, sans subvention, indépendant de tout parti », ce qui veut dire : plein de bonnes idées, de belles images, de pédagogie et de matière grise librement partagée.

 

 . Tapez http://archivesyl.sdnyonne.lautre.net/spip.php?article4&.

 



[1] Par exemple, la vidéo « qu’ont fait les banque de vos petites économies ? » http://www.youtube.com/watch?v=Gfz1jAUdWQc&feature=g-upl&context=G2ffa030AUAAAAAAAAAA a été vue par plus de 18 000 personnes et reprise par plusieurs sites.

[2] Entretien N° 145 du 28 mars 2011 : Doléance adressée A Madame Lagarde, alors ministre démontrant que emprunter pour payer les actionnaires était un délit. Projet validé et soutenu par le Professeur Choaurd mais abandonné faute d’aide et d’argent.

[4] Bankster voir leur site et leurs parutions : »l’argent dette »

[5] Le Professeur Jacques Lewkowicz, Président du « Cercle Juif pour une Paix Juste »

[6] Typiquement cette réponse m’a été faite pour mettre un terme à ma critique lors du vote de la constitution européenne.

[7] « dans le gouvernement de Hollande la moitié sont des brêles » Le Point 26/6/2014 repris par le Canard Enchaîné

[8] Typiquement la réforme des retraites qui touche tous les Français, sauf ceux qui en sont les initiateurs et ont voté une telle loi.

[9] Certains députés quand même réagissent, typiquement René Dosière. Qu’ils reçoivent le respect et les encouragements du Professeur VaZlin’. 

 


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4 réactions à cet article    


  • etonne 15 juillet 2014 19:39

    Par ses interrogations,le professeur Vazlin ne serait-il pas un descendant d’ Etienne de la Boetie ?


    • Professeur VaZlin' Professeur VaZlin’ 17 juillet 2014 14:57

      Merci pour ton message qui m’a orienté vers La Boetie que je ne connaissais que comme nom de rue !

      C’est effectivement une révélation d’autant qu’il avait 18 ans quand il a écrit « la servitude volontaire ». Voilà une source qui me servira à comprendre, mais pas à, me décourager.

      Je reste dans mon approche de « pure » démocratie !

      Vouée à l’échec ? Peut-être ! Mais de toute façon, ce dont je suis sûr est l’impossibilité de faire bouger les choses en passant par les partis, syndicats et appareils en place.

      Dans le prochain entretien que je prépare, j’en développerai les raison.

      Je ne crois donc qu’en une démocratie « pure » où tu interpelles directement et massivement tes élus !

      Que les gens y soient prêts, bien sûr que non. La preuve : ils réagissent plus quand on les accuse de passivité (comme dans cet entretien) que quand on leur demande d’agir !

      Cependant,

      Si nous pouvions réussir une seule de ces expériences ; harceler un élus jusqu’à ce qu’il réagisse, la dynamique serait enclenchée. Les citoyens auraient la démonstration de l’efficacité de cette « pure » démocratie.

      C’est pour cela que nous sommes tant à l’affut des critiques de mes correspondants.

      Parce que personne n’a la science infuse, et si, un jour, nous voulons décider d’une action et qu’elle réussisse, nous devons partager et confronter nos expériences, questionner nos relations, pour ne pas nous tromper.

       

      Salutations vazelinesques,

       

      Le Professeur


    • etonne 15 juillet 2014 19:47

      Hélas la raison ne fédère pas et quand la pression est trop forte, il y a une étincelle imprévue et boom !

       C’était déjà le constat d’Eugène Sue quand il écrit :

      "Il n’est pas une réforme religieuse, politique ou sociale,
      que nos pères n’aient été forcés de conquérir de siècle en siècle,
      au prix de leur sang, par l’INSURRECTION.
      "

      Eugène Sue in LES MYSTÈRES DU PEUPLE HISTOIRE D’UNE FAMILLE DE PROLÉTAIRES À TRAVERS LES ÂGES (1849 – 1857)


      • Professeur VaZlin' Professeur VaZlin’ 17 juillet 2014 15:03

        Merci de votre message.

        Mais que devons nous faire ? Attendre que la pression soit trop forte ? et que l’étincelle provoque un feu incontrôlable ?
        Moi ce que je veux, c’est créer une pression sur nos élus jusqu’à ce qu’elle soit assez forte pour qu’ils ne la supportent plus et répondent, qu’ils réagissent. Certainement contre nous ! mais la dynamique sera enclenchée.
        et chacun se montrera sous son vrai jour.
        La langue de bois ne suffira plus.

        le professeur

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