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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Pour que les révolutions ne meurent pas, ajoutons la réflexion à (...)

Pour que les révolutions ne meurent pas, ajoutons la réflexion à l’action !

On le voit bien ces derniers temps, la déception laisse place, peu à peu et à mesure que les sacrifices demandés aux peuples augmentent, à la colère. Cette colère qui monte sourdement, tranquillement, en chacun de nous et chacun dans son coin, un peu comme ça vient. Les « indignés », de quelque nationalité qu'ils soient, comprennent que quelque chose ne va pas, et sentent plus ou moins consciemment qu'un unique ennemi les réunit, sans vraiment savoir comment le combattre.

Cet ennemi commun, c'est un système injuste au service des plus riches, et au détriment de la démocratie, c'est à dire du peuple. Face à la conjonction du retournement capitaliste et de la destruction de l'environnement, l'humanité est entraînée dans une spirale accélératrice qui la conduira inévitablement à faire des choix quant à son avenir. Car le véritable ennemi de la démocratie, c'est le capitalisme : un capitalisme autodestructeur, qui ne remplit pas les exigences démocratiques, qui tue, asservit, déshumanise. On ne peut soumettre le capitalisme à la démocratie, car l'existence de l'un exclut celle de l'autre. Soumettre le capitalisme à la démocratie, cela signifierait en réalité supprimer le capitalisme. Ce qui pourrait bien arriver…

Tant que ce système nous favorisait encore, nous les pays « riches », il n'était pas difficile de croire à l'illusion de bonheur que ce système procurait. Mais aujourd'hui nous sommes confrontés à la possibilité de voir nos « acquis » (faits sur le dos des pays « pauvres ») disparaître au profit de ces mêmes pays que l'on appelle désormais « émergents ». Car le capitalisme est un système qui ne peut satisfaire au bonheur de tous : il conditionne le bonheur de certains aux malheurs d'autres

L'agitation qui règne actuellement dans les hautes sphères politiques est la preuve la plus évidente de l'intérêt qu'elles portent à cette question du « retournement » du capitalisme, ou de sa fin. Car si nous laissons les lois du capitalisme régler la crise économique et financière, alors il faut que tous les pays dits « développés » aujourd'hui se préparent aux plus grands sacrifices, à savoir se séparer de certaines libertés, de protection sociale, de la démocratie enfin. Nous devrions peut-être même alors nous préparer à devenir les futurs « immigrés » de Chine, du Brésil ou de l'Inde… Ce que nos gouvernants, et même la plupart d'entre nous, ne veulent même pas imaginer.

Pour sortir de cette spirale et éviter la perte de leur pouvoir, les Etats « développés » n'ont donc pas d'autre choix que de pousser, à terme, à la fin du capitalisme au travers ou du bancor, ou de la guerre. Car les pays émergents, qui veulent aujourd'hui profiter enfin des fruits de leurs sacrifices passés, ne se laisseront sans doute pas si facilement berner.

Mais attention, la fin du capitalisme ne signifie pas pour autant la mise en place de la démocratie : seulement sa possibilité. Prenons garde que les révolutions qui couvent ici ou là ne tombent pas sous le coup de la sentence de George Orwell « on n'établit pas une dictature pour sauver une révolution, on fait une révolution pour établir une dictature » et qu'elles ne conduisent pas à pire encore que ce à quoi les peuples ont échappé.

Le soutien de ces mouvements par les pays dits « démocratiques » est plus que suspect (aux vues des liens troubles qu'ils entretiennent) car il rentre en contradiction totale avec le refus d'accepter les émigrés des pays concernés. En soutenant d'une part ces évènements d'un point de vue moral et en refusant ses conséquences économiques d'une autre, les gouvernements montrent ainsi au grand jour les contradictions, l'injustice et la corruption du système : les plans de sauvetage, les bisbilles autour du FMI, le contrôle d'internet et le racisme éclairent d'une lumière crue leurs véritables volontés, car ils ont eux bien compris que si la démocratie doit se soumettre au capitalisme, ce capitalisme ne les favorisera plus pour longtemps… D'où l'idée de supprimer à la fois le capitalisme et ce qui nous reste de démocratie.

Car en s'appuyant sur les révolutions pour mettre à bas le capitalisme, ils évitent ainsi le combat avec les plus forts (les « émergents »), pour porter leur attention sur d'autres cibles (les Musulmans et les “assistés”). S'explique ainsi toute la politique actuelle, qui pousse peu à peu les peuples à accepter, de gré ou de force et à travers le bancor, la guerre ou les deux, un nouvel ordre économique mondial qui n'aura plus rien ni de capitaliste, ni de démocratique : et tout cela, officiellement bien sûr, pour « sauver » les révolutions que nous aurons conduites pour eux.

C'est donc pour éviter d'avoir à choisir entre « 1984 » ou « le meilleur des mondes » qu'il ne s'agit pas seulement de manifester, de se battre ou de supprimer le capitalisme ; et cela, c'est faire encore la moitié du travail pour ceux qui nous exploitent. La révolution est certes nécessaire, mais à condition qu'elle s'appuie sur une réflexion globale, un espoir, un avenir sur lequel travailler, et surtout nous unir.

Car il faudra bien nous unir, et canaliser les indignations au travers de projets constructifs ou en construction (http://laconstituante.forumgratuit.fr/) nous permettant d'établir un autre système capable d'échapper aux alternatives qu'on voudra nous imposer. Les jeunesses de tous les pays ont ce pouvoir, car pour l'instant encore ils maitrisent mieux ce formidable outil « internet » que la génération précédente. Nous pouvons, et devons le faire, car viendra bientôt le temps du choix : soit nous prendrons ce qu'il veulent bien nous donner, soit nous créerons nous-mêmes notre propre voie. Mais les choses ne pourront pas durer ainsi très longtemps.

Après l'indignation il y a l'action mais pas seulement : il faut y ajouter la réflexion.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr


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7 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 27 mai 2011 10:17

    « le véritable ennemi de la démocratie, c’est le capitalisme »

    Est-ce certain ?

    Manifeste du Parti Capitaliste Français (PCF)


    Depuis plus de 160 ans, Karl Marx fourvoie le prolétariat en le focalisant sur la lutte des classes et la possession prolétarienne des moyens de production.

    Aujourd’hui encore, la situation semble lui donner raison puisque le capital boursier mondial, d’environ 36.000 milliards d’Euros, est majoritairement détenu par une minorité de « nantis ».

    Toutefois, il est vain d’espérer une plus juste répartition des moyens de production par des nationalisations, voire des révolutions. Cela a déjà été fait avec les tristes résultats que chacun connaît...

    Puisque le capital boursier mondial est en permanence disponible à la vente et à l’achat, pour que le prolétariat, les « démunis », puisse accéder à la possession des moyens de production, la solution la plus simple consisterait à produire un effort soutenu d’épargne et d’investissement à long terme afin d’acheter ce capital financier des entreprises, banques incluses, et parvenir à l’Acquisition du Pouvoir Économique.

    Alors, les citoyens-électeurs-contribuables deviendraient collectivement propriétaires du Pouvoir Économique qu’ils géreraient via une représentation démocratiquement élue et absolument indépendante de l’État.

    Par cette voie, les citoyens-électeurs-contribuables transformeraient le capitalisme ordinaire que nous connaissons en un Capitalisme intrinsèquement Écologique, Anthropocentrique, Philanthropique et Équitable.

    En effet, de telles prises de participation (minorités de blocage ou majorités absolues) dans le capital des entreprises permettraient aux peuples d’orienter leur Recherche & Développement vers des voies bien plus écologiques et humanistes qu’aujourd’hui.

    Cette capitalisation progressive mais massive dans l’économie réelle marchande devrait permettre l’instauration d’un Dividende Universel qui résulterait des profits réalisés par ces capitaux accumulés durant et après la phase initiale d’épargne et d’acquisition du patrimoine boursier mondial.

    En attendant que le Dividende Universel soit opérationnel, il serait très souhaitable de reprendre la proposition de feu Jacques Marseille d’instaurer immédiatement une Allocation Universelle transitoire et inconditionnelle de 750 Euros mensuels pour tout citoyen(ne) adulte (et de 375 Euros pour les mineurs), financée par la fusion de tous les budgets sociaux actuellement existants. Cela représente un coût fiscal additionnel de 11 milliards en première année (calculs de Jacques Marseille).

    [Par parenthèse, cela revient beaucoup moins cher que le Revenu Citoyen conditionnel de 850 Euros mensuels de Dominique Galouzeau qui coûtera 30 milliards par an...]

    Pour un Nouvel Ordre Socio-Économique Français Équitable !



    • taktak 27 mai 2011 14:06

      votre raisonnement est étonnant. Vous reconnaissez que le pouvoir est bien dans les mains de ceux qui détiennent les capitaux, et en concluez qu’il faut que la propriété en soit collective, ce avec quoi je suis d’accord. La suite me laisse perplexe.

      Sur les moyens d’y arriver d’abord. Il me semble impossible d’économiser pour racheter le capital d’une part (structurellement, le capital accumulant plus vite la richesse que le travail, je ne vois pas comment le second arriverait à acheter le premier.). Y compris juste une minorité de blocage. Car dans un monde mondialisé il faudrait arriver en une fois à acquérir cette minorité de blocage partout en même temps (pour ne pas se faire contrer systématiquement) et ensuite que les droit de la minorité s’exerce, ce qui ne me semble pas acquis. De plus, acheter ce capital, je suppose au prix du marché ce capital, suppose que les capitalistes continuent de posséder la même masse de capital, la masse étant juste augmenter des économies des travailleurs et donc toujours le même pouvoir de décision.
      Sur un plan plus politique, en plus de se demander si le fait de posséder est la mesure de la capacité de décision, je crois qu’il faut aussi se poser la question de l’origine de la possession. J’ai fait le calcul que je ne pourrai gagner en toute une vie (et je suis pas le plus mal loti) de salarié qu’au mieux 2 millions d’euros brut. Je ne serai donc jamais par mon seul travail en mesure de posséder un un réel capital donnant voix aux chapitre. Pour en posséder un, il faut donc l’accumuler en ponctionnant sur le travail d’autrui.
      C’est pourquoi, il n’y a pas question de racheter, mais bien de nationaliser sans indemnité selon le principe, à chacun selon son travail.

      Par ailleurs, je ne crois pas à une organisation spontanée d’une multitude de petit porteurs à porter un message cohérant. Imaginons qu’il le soit déjà au niveau d’une entreprise (ce qui n’est pas flagrant quand on regarde le cas d’entreprise avec une forte participations salariale ou même de l’Etat (thompson, F telecom, EDF, Renault...)), comment faire en sorte que les interactions entre entreprises restent cohérantes.
      Au fond, comme sur le fond vous le remarquez justement, cela relève de questions politiques.
      A une question politique je crois qu’il faut répondre par une réponse politique, c’est à dire une organisation sociale adaptée. Si je me résume propriété publique des moyens de productions, contrôle démocratique (par l’état, par un collège élu, directement par les salariés, par des corps techniques issus de qualifications universitaires, un marché.... je n’ai pas la réponse, sans doute un mélange de tout cela. C’est à mon sens là dessus que doit se porter l’innovation politique du 21e siècle). Et enfant, rétributions collective là aussi sous contrôle démocratique.

      Sur ce point vous parlez d’un revenu universel. Pourquoi pas. C’est au fond ce qu’offre actuellement l’état providence, ce qu’offraient les pays de l’Est. Sauf que l’emploi de ce revenu n’est pas un choix personnel mais cantonnés à certains domaines démonétisés.
      Plus que cela, je crois que collectivement, on doit déterminer les besoins qui doivent être universellement satisfaits (éducation, santé, alimentation, logement par exemple) et à ce titre il me parait difficiles d’en satisfaire l’accès à tous juste par l’octroi identique d’une allocation. Ce n’est pas de l’égalité, mais de l’égalitarisme (au même titre que la flat tax)

      Il faut je croire bâtir notre société sur la devise de notre république liberté, égalité, fraternité. en considérant toute l’intéraction de ses trois concepts qui sont indissociables. En quelque sorte, à chacun selon ses besoins, de chacun selon ses mérites.


    • ffi ffi 27 mai 2011 16:38

      Votre système poussera aux mêmes problèmes que ce qui se passe actuellement dans les multinationales. Les représentants, élus par les actionnaires, deviendront les véritables maîtres de palais, et pourront donc agir en toute irresponsabilité...

      La seule alternative, c’est le rétablissement du régime économique prérévolutionnaire : des artisans propriétaires individuellement de leurs activité et qui s’accordent collectivement pour en régler les pratiques, ceci en démocratie directe (pas de représentants : la politique doit être directe, sinon, ce n’est pas de la politique...). Cela implique d’avoir des zones d’activité limité dans l’espace (protectionnisme locaux) : ce qui est consommé dans un lieu doit prioritairement produit dans ce lieu.

      La propriété collective « à la Marx », cela ne veut rien dire : sa racine étymologique pro privus signifie en latin pour le particulier. Une chose ne peut en même temps être pour le particulier, et être pour une collectivité... Marx est en fait pro socialisation des outils de production, donc pour la prosociété. Les multinationales fonctionnent déjà largement sur ce principe : la société des actionnaires portent aux postes de direction, des représentants. D’où ces phénomènes de bureaucratie, de nomenclatura, et de flicage des salariés qui apparaissent dans les grosses boites.


    • lauraneb 28 mai 2011 18:30

      au merite de chacun.... mais c’est ce que proposait le gouvernement de NS...et alors.... qui juge du merite....c’est comme ça qu’on se retrouve avec 30% de hauts diplomés eu RSA en train de faire des boulots que personne ne veut depuis plus de 20 ans.... et leur merite a t’il été reconnu ? à voir la position de prince Jean....je ne suis pas sur...en tout cas le mien je me suis assis dessus....


    • ffi ffi 27 mai 2011 16:51

      La démocratie ennemie du capitalisme ? Vraiment ?

      Il y a pourtant bel et bien concordance historique entre installation de la démocratie et capitalisme...

      Mettre un bulletin/billet dans l’urne/la caisse pour élire/acheter son représentant/produit.

      C’est la même machination...
      L’acte d’achat d’une politique est similaire à l’acte d’achat d’un produit...

      Les corporations politiques concourent au suffrage (Article 4 de la constitution) comme les multinationales concourent au marché...

      La concurrence au suffrage produirait le meilleur gouvernement, comme la concurrence au marché produirait la meilleur économie...

      En fait, la concurrence est mauvaise... C’est un retour à la féodalité et aux guerres privées.

      Il y a bel et bien consubstantialité entre démocratie et capitalisme.


      • Axel de Saint Mauxe Axel de Saint Mauxe 27 mai 2011 21:23

        Encore et toujours du constructivisme. Cela me fait penser aux pensées magiques d’un Vincent Vauclin.


        • lauraneb 28 mai 2011 18:22

          vous restez sur la notion de possession, ce sur quoi repose le capitalisme...Posseder quoi pourquoi ? je possede une maison mais est ce que je la possede reellement puisque le jour ou je meurs, je ne l’emporterais pas avec moi.... alors ça voudrait dire que ce n’est pas moi qui possede la maison mais la maison qui me possede puisque je suis obligé de travailler pour en payer le credit, courir derriere l’argent pour en assurer la protection de tous les objets qu’elle contient et qui me possede de la meme façon.....

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