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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Pour une vraie réforme de l’orthographe !

Pour une vraie réforme de l’orthographe !

Pour la première fois depuis que je suis sur agoravox, je fais un article non juridique. Je souhaite d'abord, exposer une opinion iconoclaste et très particulière sur ce débat si particulier. Ensuite , je souhaite ouvrir le débat. J'expose mon opinion en espérant que les lecteurs m'apporteront des éléments nouveaux qui pourront la faire évoluer. Donc, réagissez !

INTRODUCTION : L'ENJEU

Car oui, il y a un enjeu et pas des moindres. Aujourd'hui, la France a le rayonnement culturel le plus fort dns le monde. Nos Monuments, notre Histoire, notre Gastronomie font en font chaque année depuis 2006 l'Etat le plus visité (85 M de touristes l'année dernière). Et désormais l'ennemi le plus naturel de ceux qui veulent détruire toute culture.

Il n'y a guère que notre langue qui, dans notre patrimoine culturel, est moins bien diffusé. D'après le site eurojob.org, nous sommes la troisième langue la plus parlée dans l'Union Européenne, derrière l'allememand et juste devant l'espagnol. Notre diplomatie nous place au 6° rang mondial derrière l'arable, le mandarin et surtout l'espagnol (source : diplomatie.gouv). Aurions-nous un meilleur score si notre langue était plus simple ? Probablement. Mais pour ça, il de vraies réformes, avec pour commencer, trois idées simples mais forte.

I) LA MEME ORTHOGRAPHE POUR TOUS

La réforme de l'académie française propose de nouvelles écritures pour certains mots tout en laissant subsister l'ancienne. Pour beaucoup, il s'agit d'un intelligent compromis. Pour moi, il s'agit d'une vraie bévue. 

Je reprends ici l'argument développé sur Figarovox par un professeur de français, qui faisait valoir fort justement que cela va, dans un premier temps, créer deux langues. La nouvelle langue sera celle des "incultes" qui n'auront aucune chance sur le marché du travail, leurs futures lettre de motivations se feront retoquées par les ptentiels employeurs. La langue traditionnelle elle, évitera ce barrage injuste. Une nouvelle source de division entre les français, qui n'ont pas besoin de cela.

Mais ce premier effet restera à court terme. D'ici 2025 au plus tard, les nouvelles règles vont certainement s'éteindre. En effet les français, qui ne sont pas complètement idiot, ne vont certainement pas garder deux règles d'orthographe quands une seule suffit largement. Une des deux disparaitera pour cause d'obsoléscence. Et il y a fort à parier que ce sera la nouvelle.

II) IL FAUT SAUVER LE TRAIT D'UNION

Le mot-dièse jesuistraitd'union n'a pas la cote. Alors que c'est bien lui la principale victime de cette réforme. Il s'agit du signe de ponctuation le plus utile des langues françaises et anglaise - devant le point et la virgule - meme s'il est trop peu utilisé dans l'héxagone.

Cette noble ligne permet d'unir deux mots pour en fonder un troisième sans léser un seul de ces deux termes, qui restent entiers et séparés. Ainsi, lire un mot formé d'un trait d'union permet d'en apprendre trois. Une magnifique invention, n'est-ce pas ?

Il faut donc contrattaquer contre cette réforme qui prétend amputer des mots pour en créer de nouveau et qui surtout, sous couvert de simplification, complexifie davantage notre langue. Et si pour une fois, on s'inspirait de ceux qui ont réussi à faire de leur langue LE standard mondial, à savoir les Anglais ? Ceux-ci usent et abusent du trait d'union.

III) IL FAUT TUER L'ACCENT CIRCONFLEXE

Je le dis tout net, c'est pour moi son principal défaut : la réforme conserve l'accent circonflexe, soit comme alternative aux mots modifié soit en guise de maintien pur et simple. Or, contrairement aux #jesuiscirconflexe, je souhaite la mort de ce signe inutile.

Certes, il permet de différencier certains homonymes à l'écrit, comme sur, jeune, etc. Mais ce sont des homonymes, justement ! Dés lors qu'on ne peut pas les différencier à l'oral, quelle est l'utilité de les distinguer à l'écrit ? Fut une époque où, a contrario, le "s" et le "f" s'écrivaient de la meme manière sans que cela ne choque nos ancètres.

Sans compter la difficulté pratique entrainée par ce signe. Sur un clavier anglais, ce signe n'existe pas. Avec un clavier français, l'écrire impose des manipulations chronophages. 

Enfin, je rapelle l'intéret principal d'une simplification de notre langue : la rendre plus compréhensible pour ceux qui, à l'étranger, pourraient l'apprendre et la diffuser, contribuant ainsi au rayonnement mondial de notre culture. Or, ce signe est aussi buvable que du pétrole fraichement extrait. Soit il n'a aucune signification à l'oral, soit il se prononce de la meme manière que notre accent aigu, qui torture déjà les collégiens étrangers et nos écoliers.

Alors oui, meme si je dois subir l'ire de ceux qui prétendent défendre notre langue en la rendant moins accessible, il faut détruitre le circonflexe. Preuve ultime de son inutilité : vous avez parfaitement compris cet article alors que ce signe a été systématiquement omis.

IV) IL NE FAUT PAS S'ARRETER LA

Vous pensiez que j'en avais fini ? Oh non ! Après cette réforme (qui n'aura pas lieu mais dont on aurait cruellement besoin), il faudra aussi se débarasser de tous les autres signes inutiles.

Ainsi, je souhaite qu'on se débarasse des accents qui ne sont pas sur le E et, blasphème supprème, j'ose calomnier le sacro-saint "c cédille". Source de blagues dont le niveau intellectuel n'est pas sans rapeller celui d'une poule (rapellez-vous du grand tube "Garocon" des années 2000), ce signe a en plus les meme défauts que le circonflexe et n'a meme pas l'élégance qu'on prète volontiers à cet accent.

CONCLUSION

La conclusion sera sous la forme du petit jeu indémodable qu'est le "tu préfères".

Tu préfères... avoir la deuxième langue la plus parlée en Europe et la cinquième langue la plus parlée dans le monde ou des signes linguistiques que ton pays sera toujours le seul à comprendre et à utiliser ?


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62 réactions à cet article    


  • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 5 février 11:58

    Quand on aime une langue, on s’y adapte et non pas l’inverse.


    • Alren Alren 5 février 14:37

      @bouffon(s) du roi

      Il y a deux raisons pour lesquelles on apprend une langue étrangère : soit par nécessité, soit par plaisir. L’expérience maintes fois réitérée m’a appris que c’est souvent par plaisir que les étrangers apprennent notre langue et que ces étrangers sont en majorité des étrangères.

      Pour ces personnes, le français est une langue de prestige, musicale et précise néanmoins et associée à une culture brillante et pleine de charme.


      Les particularités de l’orthographe s’expliquent par différentes raisons qu’un bon professeur de français doit exposer pour montrer que dans la plupart des cas elles se justifient rationnellemen.

      Ainsi l’accent circonflexe était un « s » fantaisie sur les manuscrits du Moyen-âge.

      Les racines latines expliquent le maintien du « g » de doigt, pour ne pas le confondre avec devoir, il doit, par référence au latin « digitus », le « s » des prénoms masculins comme Georges, Jules, Charles (Georgus, Iulius, Carolus) et le s de certains villes comme Nantes, Angers, Tours ...

      Notons aussi cette fidélité au latin pour « piscine, piscivore » alors qu’on en pouvait pas écrire poisçon mais poisson. Etc.

      Les racines grecques expliquent les orthographes difficiles comme « chrysanthème » (chryse : or, anthéma : fleur, le chrysanthème est la fleur d’or), avec le y, le th, le ch prononcé k.

      les racines grecques ont été conservées par les mots savants ... que les anglophones ont repris, ce qui aide à deviner leur sens s’ils étaient inconnus comme par exemple, justement, « chrysanthème ».

      Peu de gens savaient lire autrefois et l’écrit « courait » après l’oral et les prononciations déformées de personnes incultes. Il a fallu ainsi « inventer » l’écriture du son « che » n’existant pas en latin ni en grec.

      Les animaux de la ferme virent ainsi leur appellation latin adoucie : cabalus, vaca, capra, canis, catus devinrent ainsi cheval (mais cavalier), vache, chèvre, chien, chat.

      Le « ç » et le « ge » devant a, o, u ont découlé de la prononciation de verbes comme lancer, ranger :

      "je lance, je range« entraîne une prononciation douce pour » nous lançons, nous rangeons« qui ne pouvaient pas s’écrire »nous lansons, nous ranjons", en abandonnant la notion de radical d’une famille de mots, d’autant plus qu’en latin « j » se prononçait « i ». De même « garçon » était la forme masculinisée de « garce », mot qui n’était pas péjoratif autrefois mais désignait une fille non-noble (ignoble donc !).

      L’écrit étant souvent plus élaboré que l’oral et sa compréhension de ce fait plus difficile, il apparut important de différencier certains homographes, d’où a et à, ou et où, etc.

      Quand on a expliqué cela, l’orthographe (l’écriture droite, conforme) paraît beaucoup plus logique et naturelle.






    • rocla+ rocla+ 5 février 14:49

      @Alren


      Voila qui est pédagogique . 

      tézigue et mézigue  donc  nouzigue sommes d’ accord .




    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 5 février 15:11

      @Alren

      Merci pour la petite leçon.

      Maintenant, vis à vis des langues, qu’est-ce qui est important, le fond ou la forme, la communication ou le style ?
      Sommes-nous génétiquement programmé pour parler, comme le suggère le MIT qui aurait trouvé un élément commun à toutes les langues > http://www.fredzone.org/le-mit-aurait-trouve-un-element-commun-a-toutes-les-langues-du-monde-122
      mais quid de l’écrit dans ce cas ?

      De plus, raccourcir les mots, les tronquer, voire les détruire, n’est-ce pas aussi atrophier la pensée ?


    • clemjuris clemjuris 5 février 16:30

      @Alren 

      Je suis sincèrement impressionné par votre culture ! J’ignore comment vous avez appris tout cela mais merci pour ces informations. J’ai toujours adoré l’Histoire et je me suis donc régalé en vous lisant.

      Le mystère de l’origine du c cédille est donc résolu. Je ne serais plus si catégorique sur son inutilité. Je doute toujours qu’il soit encore utile mais je n’affirme plus qu’il est clairement obsolète.

    • clemjuris clemjuris 5 février 17:00

      @bouffon(s) du roi

      Le MIT sait comment faire pour perdre son temps ! Il me donne l’impression d’etre une bandes de touristes sur une plage en train d’estimer la longueur de l’océan auxquels ils font face. 
      Pour savoir si nous sommes programmés pour parler, il me semble qu’il faudrait se pencher sur la génétique, l’histoire, la philosophie, les religions, etc. Le fait qu’il y ait ou pas un élément commun entre les langues ne prouve rien ou du moins pas grand chose à cet égard. Surtout qu’au final, ils n’ont trouvé aucun élément commun entre les langues, puisque le fait que deux mots liés soient souvent proches n’est pas une règle d’orthographe ou de grammaire.

      Je ne pense pas que les modifications du vocabulaire puissent « atrophier la pensée » comme vous dites mais la question est pertinente. Je crois que la langue évolue au fur et à mesure des pensées et que la création mais également la disparition de mots sont des signes d’une évolution.

    • rosemar rosemar 6 février 10:07

      @bouffon(s) du roi


      Un point de vue différent sur le sujet : l’orthographe nous relie au passé, c’est un point de repère essentiel :



    • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 5 février 12:05

      Une langue appartient à ceux qui la parlent, et si ces derniers adoptent une manière simple de l’écrire et la propagent, cette norme s’imposera d’elle-même. L’administration, le système d’éducation et la société en général finiront par devoir s’ajuster.


      Pluto qe d’atendre vènemen é pasivemen une « réformète » parsièl de l’ortograf inpozé par une qelqonqe otorité, prenon possèssion de notre lang, en nou-z apuiyan sur une norme sinple é présize qi s’apren en 15 minute.

      Écrivé fonolojiqeman dè mintenan, non par ignorançe ou néglijençe, mè parçe qe vou conèssé la nouvèl façon d’écrire le françè, la norme Ortograf.

      Propajé la nouvèl ortograf en fezan suivre vo comunicasion de la note surligné qi sui :

      ______________________________________________________

      J’adèr o standar de l’ortograf altèrnativ - www.ortograf.net



      • Alren Alren 5 février 15:39

        @M de Sourcessure

        Il existe déjà un alphabet phonétique international pour le français :

        Consonnes :

        b, d, g, v, z, ʒ, p, t, k, f, s, ʃ, m, n, ɲ, ŋ, ʁ, j, ɥ, w.

        avec ʒ pour : geai, jupe

        ʃ pour : chemin

        ɲ pour gn dans bagne

        ŋ pour ng dans parking

        ʁ pour r dans rare

        j pour i semi-voyelle dans hiatus, rayon, paille

        ɥ pour u semi-voyelle dans huître

        w pour ou semi-voyelle dans watt

        Voyelles

        a patte (a « court » ou « aigu »)

        ɑ pâte ; froid (a « long » ou « grave »

        e clé ; chez ; aller

        ɛ mère ; faite

        ɛː fête ; maître ; mène

        ə je ; lutte (e « court » souvent « muet »)

        i si ; île ; y

        œ sœur ; jeune

        ø ceux ; jeûne

        o sot ; hôtel ; haut ; bureau

        ɔ sort

        u coup

        y tu ; sûr

        voyelles nasales (françaises)

        ɑ̃ sans ; vent ; paon

        ɛ̃ vin ; chien ; train ; plein

        œ̃ brun

        ɔ̃ son

        La phrase : « Écrivez phonologiquement dès maintenant » s’écrit en phonétique :

        [ekʁive fonoloʒikəmɑ̃ dɛ mɛ̃tənɑ̃]

        Franchement, je préfère l’écriture orthographique !

        Cela s’explique : si j’ai appris à lire par la méthode syllabique, je lis maintenant les mots de manière globale, je reconnais un mot instantanément comme on reconnaît un visage familier sur une photographie.

        Une écriture « phonétique » arbitraire tirée de l’écriture alphabétique serait au moins aussi arbitraire que cette dernière. Alors pourquoi changer ?


      • gorguetto gorguetto 6 février 05:23

        @M de Sourcessure
        Tant qu’on y est, essayez cette petite expérience, et vous verrez que l’on arrive à comprendre des textes écrits dans le désordre organisé des lettres, voici le texte :
        Sleon une édtue de l’Uvinertisé de Cmabrigde, l’odrre des ltteers dans les mtos n’a pas d’ipmrotncae, la suele coshe ipmrotnate est que la pmeirère et la drenèire soit à la bnnoe pclae. Le rsete peut êrte dnas un dsérorde ttoal et vuos puoevz tujoruos lrie snas porlbème. C’est prace que le creaveu hmauin ne lit pas chuaqe ltetre elle-mmêe, mias le mot cmome un tuot.
        Il n’est pas spécialement question d’orthographe, mais de l’essentiel qui est la compréhension de ce que l’on écrit.
        Malgré tout, la façon dont vous orthographiez votre dernier paragraphe :
        Pluto qe d’atendre vènemen é pasivemen une « réformète ».....etc, reste assez douloureuse à la lecture. Le texte que je vous propose plus haut n’est qu’une expérience amusante...


      • gorguetto gorguetto 6 février 06:56

        @m de Sourcessure
        Voilà le petit programme qui vous permettra de mélanger les lettres à l’intérieur d’un mot, tout en gardant assez curieusement le texte lisible et compréhensible après une seconde d’adaptation :
        http://poulphunter1.free.fr/Download/Mesprogs/Brouilleurtexte.exe


      • sarcastelle 5 février 13:42

        Je me fous complètement de savoir si les étrangers trouvent le français difficile et si le simplifier nous vaudrait 0,12% de croissance en plus. 


        Je continuerai à écrire selon l’orthographe ancienne sans me soucier un instant de savoir si je nourris des discriminations sociales. Ou alors je propose qu’on me salarie pour réécrire le théâtre du XVIIè en langage accessible aux banlieues. 

        Par exemple : 

        La Grèce en ma faveur est trop inquiétée
        De soins plus importants je l’ai crue agitée
        Seigneur, et sur le nom de son ambassadeur 
        J’avais dans ses projets conçu plus de grandeur. 

        deviendrait :

        Les Grecs s’occupent un peu trop de mes affaires
        Et je croyais qu’ils avaient autre chose à faire
        Mon pote, et quand je t’ai vu venir discuter
        J’ai cru d’abord que c’était pas pour m’emmerder. 



        Germaniste, je n’applique pas davantage la liste de corrections orthographique faites aussi en allemand. Chez les Tudesques quelques sagouins voulaient aussi supprimer l’eszett. Or cet ornement de leur écriture appartient à tous les germanistes et non pas aux seuls Allemands. 

        L’accent circonflexe et d’autres choses sont comme les ornements et moulures sur un bâtiment. C’est inutile mais réduire la vie à l’utilitaire et à ses platitudes n’aboutit qu’à donner envie de se tirer une balle dans la tête. 

        Un certain nombre de personnes fascinées par le rationalisme et la géométrie ont leur plan de réforme de l’orthographe. Laissons-les mariner dans leurs obsessions et opposons-leur la force d’inertie. 



        • Chamiot 6 février 00:11

          @sarcastelle

          Germaniste, je n’applique pas davantage la liste de corrections orthographique faites aussi en allemand

          Idem pour moi 
          D’où le dictionnaire « Deutsches Wörterbuch (de-DE), alte Rechtschreibung » que j’utilise pour éviter de me faire proposer des choses très bizarres (qui vont d’ailleurs bien au-delà du eszett ! ) choses que je n’ai pas envie de voir. Et j’écris toujours Du, Deine, Dich au lieu de du, deine, dich ! (ce n’est pas plus fatigant).


        • Pere Plexe Pere Plexe 7 février 20:23

          @sarcastelle
          « Je continuerai à écrire selon l’orthographe ancienne »

          Laquelle ?
          Celle de Rabelais ? 
          Celle de 1740 qui consacre l’accentuation et change l’orthographe d’un mot sur trois ?
          Celle de 1835 ? 1901,1977,1990,1999...
          Il y a le choix !
          Laquelle est assez pure à vos yeux ?

        • petit gibus 5 février 14:26
          Je m’en voudrais de ne pas participer
          à cette oh combien intéressante discute linguis-tique,
          sans y déposer mon paté paluchien

          Au diable les longs et ennuyeux discours
          pour faire court smiley
          il se résume en un seul et piètre argument :

          Je m’engage à devenir plus respectueux
          envers notre vielle grand-mère complètement décrépie
          le jour où celle ci ne me prendra plus pour un con

          Ben oui ,
          c’est du donnant donnant
          n’en déplaise à tous les aristots de la masturbation

          sur notre merveilleux Françôis




          • Ben Schott 5 février 14:56

             
            Aucune différence à l’oral entre « jeune » et « jeûne » ? Il y en a pourtant une, la même qu’entre « je » et « jeu ».
             
            Et que comprendrez-vous quand vous lirez : « ce gros vieux pratique le jeune régulièrement » ?
             


            • clemjuris clemjuris 5 février 16:36

              @Ben Schott

               Qu’il lui arrive fréquemment de se priver de nourriture pour perdre du poids et que cela ne marche pas. J’ai bien saisi le double-sens que vous essayez de sous-entendre, mais lui non plus, il ne marche pas des masses.

              Quant à la nuance à l’oral entre « je » et « jeu », je n’arrive vraiment pas à la percevoir. Il est possible que cela vienne de moi. Déjà en musique, je n’arrivais pas à distingue un « sol » d’un « si » (je ne suis pas doué à ce genre de jeu).

            • Abou Antoun Abou Antoun 6 février 10:14

              @clemjuris
              Quant à la nuance à l’oral entre « je » et « jeu », je n’arrive vraiment pas à la percevoir. Il est possible que cela vienne de moi.
              C’est certain, car non seulement je la perçois mais ce sont pour moi deux sons très différents.
              Il en est de même des sons ’o’ ouvert et ’o’ fermé. Dans le nord et dans le sud de la France on ne perçoit pas la différence entre ’o’ ouvert (Paul, ) et ’o’ fermé (pôle, rose). Pour moi ce sont des sons tellement différents qu’il m’arrive de ne pas comprendre quand on les confond (un jour je n’ai pas compris le mot ’tôle’ prononcé comme en anglais ’toll’).
              Mais tout cela est très subjectif, en Russe certaines voyelles sont adoucies (palatisées) avec un signe spécial ь . Pour certaines consonnes (pas toutes) je n’arrive pas à faire la différence entre la consonne dure et la consonne adoucie, et les Russes ne comprennent pas que je ne puisse les différencier. Tout cela est lié à la perception des sons et à leur signification par le cerveau, sur un audiogramme les différences sont visibles. Je ne sais pas si une (ré)éducation de l’oreille est possible.


            • cevennevive cevennevive 5 février 15:34

              Bonjour à tous,


              Je pense amèrement : quel dommage d’avoir subi les outrages linguistiques de Ferdinand de Saussure, au cours de ma première année de fac de lettres !

              Une année de perdue !

              L’orthographe est difficile, pervers, supprimons l’orthographe !
              Le baccalauréat est difficile, injuste, ne sert à rien, supprimons le baccalauréat !

              Mais aurons-nous la faculté de comprendre certaines phrases à l’avenir ?

              Par exemple : le mot « ver »

              Cendrillon portait des souliers de « ver ». Elle va promener son chien qui a des « ver » et part « ver » la forêt où tout est « ver »...

              Et si l’on supprime la cédille, nous serons donc des Francais, des Francois ?

              Pauvre France !

              J’aime ses langues locales, ses patois. Mais j’aime aussi sa langue pure, venue du latin, du grec, façonnée par l’usage, qui nous demande de réfléchir, de faire des efforts pour comprendre ses circonvolutions, son histoire, sa particularité...

              J’aime la langue d’Oc, la langue de Rabelais, de Chrétien de Troyes, desquelles proviennent la plupart de nos mots.

              En bonne fille du Sud, j’aime l’italien qui nous a donné bien des expressions.


               



              • rocla+ rocla+ 5 février 15:51

                @cevennevive


                 « Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour ». 
                 « D’amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux ». 
                 « Vos yeux beaux d’amour me font, belle Marquise, mourir ». 
                 « Mourir vos beaux yeux, belle Marquise, d’amour me font ». 
                 « Me font vos yeux beaux mourir, belle Marquise, d’amour. »


                Le Bourgeois gentilhomme ,  II, 4

              • Abou Antoun Abou Antoun 6 février 10:53

                @cevennevive
                Les accents et les signes diacritiques sont le sel de la langue.
                Seuls les détails sont importants.


              • Abou Antoun Abou Antoun 6 février 10:56

                @cevennevive
                Cendrillon portait des souliers de « ver ».
                Eh bien justement c’’est un problème ouvert.
                S’agissait-il de souliers de verre ou de vair ?


              • Griffon Jaune Kylo Ren 6 février 11:05

                @cevennevive/abou

                A base de vair (= fourrure gris et blanc à base de petit-gris) quelque part y’a bien du petit gris avec l’IA pour sûr smiley

                PS : personne sur Facebook n’a partagé le diaporama friendsday ? C’est quand même prodigieux ce qu’est capable de faire l’IA, on dirait que cela a été établi avec du cœur et de l’âme.


              • cevennevive cevennevive 6 février 12:06

                @Abou Antoun,


                De vair, bien sûr !


              • rocla+ rocla+ 5 février 16:01
                Monsieur Lamère a épousé mademoiselle Lepère. De ce mariage, est né un fils au yeux pers. Monsieur est le père, madame est la mère. Les deux font la paire. Le père, quoique père, est resté Lamère, mais la mère, avant d’être Lamère était Lepère. Le père est donc le père sans être Lepère, puisqu’il est Lamère et la mère est Lamère, bien que née Lepère. Aucun des deux n’est maire. N’étant ni le maire ni la mère, le père ne commet donc pas d’impair en signant Lamère. Le fils aux yeux pers de Lepère deviendra maire. Il sera le maire Lamère aux yeux pers, fils de Monsieur Lamère, son père, et de Mademoiselle Lepère, sa mère. La mère du maire meurt et Lamère, père du maire, la perd. Aux obsèques, le père de la mère du maire, le grand-père Lepère, vient du bord de mer et marche de pair avec le maire Lamère, son petit-fils. Les amis du maire, venus pour la mère, cherchent les Lamère, ne trouvent que le maire et Lepère, père de la mère du maire, venu de la mer, et chacun s’y perd !

                • Abou Antoun Abou Antoun 6 février 10:17

                  @rocla+
                  Je vois bien qui est le maire maintenant, mais qui était le maire d’alors ?


                • Ar zen Ar zen 5 février 16:17

                  L’orthographe avez-vous dit ?

                  Is vuos pvueoz lrie ccei, vuos aevz asusi nu dôrle de cvreeau. ?

                  Seleuemnt 55 porsnenes sur cnet en snot cpalabes. Je n’en cyoaris pas mes yuex que je sios cabaple de cdrpormendre ce que je liasis. Le povuoir phoémanénl du crveeau huamin. Soeln une rcheerche fiate à l’Unievristé de Cmabridge, il n’y a pas d’iromtpance sur l’odrre dans luqeel les lerttes snot. la suele cohse imotprante est que la priremère et la derènire letrte du mot siot à la bnone palce. La raoisn est que le ceverau hmauin ne lit pas les mtos par letrte mias ptuôlt cmome un tuot. Étonannt n’est-ce pas ? Et moi qui ai tujoours psneé que svaoir élpeer éatit ipomratnt ! Si vuss poevuz le lrie, fitaes le svirue


                  • gorguetto gorguetto 6 février 05:49

                    @Ar zen
                    Votre expérience est amusante, mais pour écrire votre texte de cette façon, il vous faut beaucoup de temps, ou bien un petit programme informatique, qui mélangera avec soin l’intérieur des mots.
                    Cela restera une curiosité anecdotique.


                  • TicTac TicTac 6 février 13:00

                    @Ar zen
                    Je pense qu’aussi surprenante que soit cette découverte, la lecture de ce texte mélangé oblige à une parfaite connaissance, précisément, de l’orthographe.

                    Seul ce prérequis permet au cerveau de remettre dans l’ordre. 
                    Enfin, ce n’est que mon avis et pour le vérifier, j’ai fait suivre ce texte à mon épouse, prof de français en collège, qui fera le test avec ses élèves.

                  • JL JL 6 février 13:30

                    @Ar zen,


                    nous ne pouvons lire et comprendre ce texte que si et seulement si nous avons une solide habitude de la l’écriture correcte. Cela a à voir avec la redondance. et le cerveau procède comme un programme informatique de correction par code d’erreurs. 

                    Si cela vous intéresse on peut en parler.

                  • Chamiot 7 février 12:59

                    @TicTac

                    Passionnant...

                    Je lis le texte « mélangé » sans problème et à vitesse quasiment normale (donc beaucoup plus vite qu’un bachelier actuel un texte normalement écrit) alors que j’ai les plus grandes difficultés à déchiffrer le sabir de nombreux contributeurs d’ici, qui écrivent comme ça leur chante (en général j’abandonne très vite à cause du temps nécessaire, parce que c’est une réelle souffrance visuelle et enfin parce que je crains qu’ils ne finissent par polluer mon dictionnaire visuel (tel qu’il s’est établi à l’école primaire) qui me permet, lors d’hésitations, de retrouver une graphie correcte comme étant toujours la plus « jolie ».

                    Dans le premier cas, première et dernière lettres sont correctes et à leur place. De plus, les mots ont exactement la longueur (nombre total de lettres) attendue et les lettres internes sont toutes pertinentes (elles existent) mais sont simplement mélangées. Avec le contexte de la phrase, le cerveau passe sans doute en revue tous les mots possibles connus (initiale, longueur, finale) et fait des essais ultra-rapides de remise en ordre jusqu’à trouver un « match » visuel (une concordance photographique)

                    Dans le second cas (les sabirs) les « mots » sont totalement inattendus, arbitraires, déments aussi bien par leur longueur que par leur finale et ils ne correspondent à AUCUNE des photographies que je possède (le thésaurus correct). Je suis alors obligé de « relire » (cérébralement !) plusieurs fois la phrase en phonétique (silencieuse !) sans aucune possibilité d’avoir un « match » visuel. D’où un temps beaucoup, beaucoup plus long. Qui dit phonétique dit linéaire, je suis ainsi obligé, avec les sabirs, de déchiffrer dans l’ordre alors que dans une lecture « normale » (condition d’une lecture fluide) je pré-déchiffre plus en aval (et, visiblement, cela persiste même en texte mélangé).

                    Donc Mr TicTac, je suis entièrement d’accord avec vous, une parfaite connaissance des possibles (le thésaurus correct) doit énormément faciliter la reconnaissance (si je me fie à mon cas). Logiquement les résultats de lecture du texte mélangé avec les élèves/étudiants actuels qui ne possèdent pas du tout le vocabulaire dans sa graphie correcte devraient être très mauvais.

                    Ils doivent déjà déchiffrer en phonétique un texte normalement écrit (d’où la lenteur de leur lecture qui déchiffre et découvre au fur et à mesure, problème énorme pour de futurs scientifiques) mais avec le texte mélangé, il n’y a quasiment plus aucun indice phonétique. Ce devrait donc être très difficile pour eux. A tout le moins, ils devraient lire encore plus lentement qu’ils ne le font d’habitude.

                    Je serais heureux si vous pouviez nous donner le résultat du test.


                  • pemile pemile 7 février 13:53

                    @TicTac « la lecture de ce texte mélangé oblige à une parfaite connaissance, précisément, de l’orthographe »

                    Non, c’est surtout un bon entraînement à la lecture. Le décodage par le cerveau se fait sur le mot et pas sur les lettres ou l’orthographe. Il est possible d’être un très bon lecteur (décodage), lecture rapide ET compréhension du sens, en faisant abstraction de l’orthographe, et d’être incapable de faire l’inverse, maîtriser l’orthographe de l’écrit (codage)
                     


                  • Chamiot 7 février 19:00

                    @pemile

                    Je ne sais si vous avez..lu ce que j’ai écrit plus haut (apparemment pas)

                    «  »« Il est possible d’être un très bon lecteur (décodage), lecture rapide ET compréhension du sens, en faisant abstraction de l’orthographe »«  »

                    1) Le test sur ma pomme, texte mélangé ET sabirs inconnus, vient en contradiction formelle avec cette affirmation (sinon je pourrais décoder les sabirs locaux aussi bien et vite que le texte mélangé)

                    2) Egalement perso : je saisis le sens d’un texte scientifique dense (encore mieux d’un livre) écrit en français normal (reconnaissance photographique instantanée des mots, que je connais tous, à plusieurs endroits de la page en même temps - échantillonnage) incomparablement plus vite que dans une langue étrangère où je suis réduit à une lecture linéaire avec des reprises multiples et de multiples mots « ratés » parce que je ne les reconnais pas. C’est bien l’aspect visuel qui importe.Toujours dans le même sens, je lis beaucoup, beaucoup plus difficilement un texte allemand en gothique (le même texte) que dans une graphie moderne parce que les mots n’ont pas, en gothique, leur « tête » habituelle.

                    3) Le niveau de lecture (fluidité et rapidité d’acquisition du sens) des lycéens / étudiants actuels (sans connaissance de l’aspect des mots de leur langue maternelle) plaide toujours a contrario de votre thèse : lecture très laborieuse, compréhension très lente et/ou partielle.

                    4) On verra (peut-être) ce que donne le test du texte « mélangé » auprès des collégiens


                  • pemile pemile 7 février 23:13

                    @Chamiot "Le niveau de lecture des lycéens / étudiants actuels plaide toujours a contrario de votre thèse« 

                    Quelle thèse ? Je dis comme vous que c’est l’aspect visuel qui importe mais par une reconnaissance globale du mot qui supporte très bien un non respect de l’orthographe.

                    Qu’il est donc possible de lire »efficacement" sans être capable d’écrire efficacement.


                  • Chamiot 8 février 16:35

                    @pemile

                    ***Qu’il est donc possible de lire »efficacement" sans être capable d’écrire efficacement***
                    Oui puisqu’il y a un aspect moteur dans l’écriture qui peut être dégradé en soi (commande nerveuse, arthrose...) mais on s’éloigne du sujet quant aux modalités (facilitation) du décodage visuel.

                    *****Je dis comme vous que c’est l’aspect visuel qui importe mais par une reconnaissance globale du mot qui supporte très bien un non respect de l’orthographe.******
                    Encore une fois, si c’était le cas (= orthographe quantité négligeable) je POURRAIS décoder les sabirs locaux (mots arbitraires qui me sont inconnus) aussi bien et vite que le texte mélangé (mots « dégradés » mais pouvant être ramenés, par une reconstruction cérébrale à des images connues - des mots correctement écrits). Or ce n’est pas du tout le cas ! Au moins pour moi, je ne sais pour ce qui vous concerne et pour les autres. Mais fondamentalement, reconnaître plus facilement (vite et mieux) des choses connues que des choses inconnues (créations arbitraires) me semble logique.

                    Au reste il y a peut-être eu des études documentées sur le sujet (et il n’est pas sûr du tout que je sois représentatif).


                  • colere48 colere48 5 février 17:10

                    Voyelles

                    A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
                    Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
                    A, noir corset velu des mouches éclatantes
                    Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

                    Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
                    Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;
                    I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
                    Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

                    U, cycles, vibrement divins des mers virides,
                    Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
                    Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

                    O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
                    Silences traversés des Mondes et des Anges :
                    - O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

                    Arthur Rimbaud


                    • colere48 colere48 5 février 17:14

                      Je rajouterai que j’espère qu’ils l’auront profondément dans l’ OGNON !! !!


                      • TicTac TicTac 5 février 17:33

                        Que j’aime ces fils de discussion où s’expriment cet amour de notre langue.


                        Chacun à votre manière, vous y avez exprimé votre fierté, votre amour, vos difficultés et les joies de les avoir surmontées.

                        J’entends aussi Ar Zen (enfin, soyons précis, je le lis), et ce qu’il a démontré est clair.
                        Mais pour autant, je ferai comme beaucoup d’entre vous.

                        Je n’abandonnerai pour rien au monde ces difficultés que j’ai pu surmonter (pour la plupart), je continuerai à jouer des délices des pièges désamorcés ou tendus.

                        Je m’amuserai encore à décaler les sons.

                        Je raconterai à mes petits-enfants comme il était doux de pouvoir s’exprimer bien et leur réciterai des explications sur l’origine de tel ou tel mot, de telle ou telle expression, sans oublier d’en pervertir quelques unes devant un public amusé.

                        Comme en économie, la richesse est un don.

                        Faites la disparaître et nous nous appauvrissons tous.

                        D’ici là, merci à tous pour ce délicieux moment de lecture.

                        • TicTac TicTac 5 février 17:39

                          @TicTac
                          ben bien...

                          « où s’exprime », bien sûr, c’était vraiment pas le moment de trébucher !

                        • Shawford Arnaud Bernier 5 février 17:59

                          @TicTac Bah jeep cool buddy Va plutôt te servir l’apéro en pensant à moi chez les quand (est ce qu’on) sert eux Surtout loupe pas la ziza gandalf chez groupie ce soir demain on debriefe tous les deux (je ne veux pouvoir speaker de ca qu’avec des vrais gourmets smiley )

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