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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > « Pourquoi ont-ils fait la révolution ? »

« Pourquoi ont-ils fait la révolution ? »

Leçon d'Histoire ...

La question qu'il ne fallait pas poser

Le programme, contre lequel je m'escrime à courir, prévoit qu'il faut aborder la révolution française. Malgré le retard considérable que j'ai pris avec cette étrange classe, je m'évertue à poursuivre, à tout petits pas, les grandes lignes de ce que nous imposent de charmantes directives, envisagées si loin de la réalité des générations actuelles.

Je ne vais pas vous ennuyer avec le rapport désastreux des élèves au réel et à l'histoire. L'image a détruit leur faculté d'envisager le passé autrement qu'au travers de films qui brouillent leur compréhension de ce passé. Ils confondent tout, n'établissent aucune chronologie et imaginent que les éléments de leur quotidien ont toujours existé. Les films, en rendant vivants les personnages historiques, renforcent cet écrasement des perspectives temporelles …

Je doute que mes pauvres explications parviennent à leur rendre une appréciation plus claire de ce temps qui s'écoule. Ils ont les pieds ancrés dans l'immédiat : ils vivent sans passé et en ignorant ce que peut être demain. C'est dans ce malstrom qu'il me faut expliquer les grands bouleversements de cette période : la fin du pouvoir absolu et l'émergence de la démocratie avec des symboles que l'on prétend encore vivants …

Alors, quand un élève, en début de cours, m'a demandé naïvement : « Pourquoi ont-ils fait la révolution ? », je me suis lancé dans une explication confuse, douteuse et qui me mettait mal à l'aise. Plus j'avançais dans mes propos, plus je me rendais compte que j'évoquais notre société et non celle de l'ancien régime ; il y avait de telles ressemblances qu'il fallait bien se rendre à l'évidence : rien n'avait vraiment changé.

J'avais maladroitement commencé ma démonstration par la phrase : « La société de l'époque était totalement clivée. En fonction de votre naissance, votre vie était tracée … » Je vous épargne la suite, la prédestination des carrières, l'injonction à la misère quand on naît dans certains milieux, la certitude de l'opulence dans d'autres. Même s'il y a des exceptions pour confirmer la règle, nous n'avons pas beaucoup évolué ; bien au contraire, nous avons remarquablement régressé depuis une trentaine d'années.

Un des élèves exprima alors ce sentiment qu'eux non plus, n'avaient aucune chance d'accéder aux hautes fonctions, de bénéficier d'un salaire mirobolant, de pouvoir transmettre une fortune à leurs enfants. Issus de familles modestes, ils allaient à leur tour reproduire le schéma sans rien pouvoir y changer … Et il avait raison.

J'ai voulu alors parler d'égalité et de justice, d'une conception plus équitable de la sanction ou de la récompense. Je me suis alors rendu compte que mes remarques tombaient à plat. Eux qui avaient eu droit à une garde à vue pour une déplorable affaire de harcèlement, qui avaient passé une nuit au poste et qui avaient été jugés en comparution immédiate, comment leur faire croire qu'il en va de même pour chaque citoyen ?

Les affaires qui meublent nos journaux en sont l'expression contraire. Que l'on soit puissant ou bien misérable, la justice n'est pas la même. Nous vivons désormais dans une société de classe où, une fois encore, l'argent détermine la frontière magique au-delà de laquelle, il est peu probable qu'il vous arrive quoi que ce soit. Ils le sentaient parfaitement tandis que je m'enlisais dans mes croyances en un monde meilleur.

C'est alors que l'un d'eux me demanda s'il y avait des voleurs et des brigands en cette époque lointaine et comment on les punissait. Notre travail sur la justice portait ses fruits : j'allais pouvoir enfin évoquer une vraie distinction, un progrès qui demeurait pertinent. La justice d'alors était fondée sur des idées de châtiment et d'humiliation. La sentence était publique , la peine lourde et douloureuse. Aujourd'hui, il y a bien plus de respect pour le condamné …

Si les places du martyre ne sont plus d'actualité, si la prison n'est plus cet infâme trou à rats, finalement, qu'est- ce qui a changé vraiment ? La réalité dans les cellules est aussi sordide. Les viols, les coups, la promiscuité, le désespoir sont encore au programme. La seule différence, c'est que le pouvoir laisse ces basses besognes aux détenus. Plus besoin de bourreaux : les caïds s'en chargent. Joli progrès que voilà. Et là encore, l'égalité devant ce monde carcéral est purement fictive ; une seule classe sociale a droit à ces belles réjouissances !

Je voulais évoquer l'argent : les impôts qui, avant la révolution, n'étaient payés que par le tiers état. Je me suis mordu la langue. Qu'allais-je leur dire ? Que tout le monde paie sa part dans notre belle société démocratique ? Quelle bêtise ! Les grosses sociétés, les grosses fortunes échappent à la contribution collective. Seuls les plus humbles ploient sous la charge ; les caricatures du livre d'histoire pourraient encore être d'actualité …

Alors, je me suis arrêté et l'élève a changé sa formulation. « C'est maintenant qu'il faudrait refaire la révolution. Rien n'a changé monsieur ! » J'étais d'accord avec lui mais me suis dit qu'il valait mieux commencer le cours sans s'occuper de vouloir établir des liens. Des élèves qui réfléchissent, c'est bien plus dangereux que ceux qui font du bazar.

Historiquement leur.


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50 réactions à cet article    


  • César Castique César Castique 15 mars 2014 09:25

    « ...« Pourquoi ont-ils fait la révolution ? », je me suis lancé dans une explication confuse, douteuse et qui me mettait mal à l’aise. »


    Et pourtant, la réponse est tellement simple : - Parce qu’ils avaient l’absolue conviction que ce serait mieux après qu’avant. Et c’est encore ainsi de nos jours. Mais, aujourd’hui, les gens se font beaucoup moins d’illusions qu’il y encore soixante ans...

    • C'est Nabum C’est Nabum 15 mars 2014 10:37

      César Castique


      C’est la fin des illusions à moins que ce ne soit l’avènement des illusionnistes !

    • Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 15 mars 2014 19:54

      Avec ce qui se prépare, l’après risque d’être bien pire que l’avant. Voir, par exemple, notre article d’aujourd’hui :
       

      http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2014/03/15/urgence -l-internet-en-danger-au-parlement-europeen-i-49741.html

      URGENCE : l’internet en danger au Parlement Européen (I)

      Neutralité du net, liberté de l’internet, enjeux des travaux du Parlement Européen... Le 15 mars 2014, politiques et médias persistent pour l’essentiel à garder un étrange silence sur ces questions à l’égard du grand public. Pourtant, peut-on nier que la liberté d’expression, d’opinion et d’information sur internet constitue une protection démocratique indispensable ? Que deviendront des valeurs essentielles pour la communication et l’expression de la plupart des citoyens après le vote de la Commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie (ITRE) du Parlement Européen, prévu pour le mardi 18 mars, sur le projet de rapport de cette Commission concernant la proposition 2013/0309 (COD) de règlement du Parlement Européen et du Conseil « établissant des mesures relatives au marché unique européen des communications électroniques et visant à faire de l’Europe un continent connecté, et modifiant les directives 2002/20/CE, 2002/21/CE et 2002/22/CE ainsi que les règlements (CE) n° 1211/2009 et (UE) n° 531/2012 » ? Complétant son article « Les négociations au Parlement européen sur la neutralité du Net prennent un tournant désastreux », La Quadrature du Net s’inquiète une nouvelle fois à ce sujet et souligne « La commission ITRE du Parlement européen s’apprête à prendre une décision cruciale pour la neutralité du Net ». S’agissant des propositions de la présidente de la Commission Pilar del Castillo Vera, La Quadrature du Net écrit « ces mesures mettraient fin à l’Internet tel qu’il existe aujourd’hui, portant une atteinte significative à la liberté de communication et d’innovation ». Or le groupe libéral (ADLE), dont le vote sera déterminant, risque de soutenir de telles propositions. Nous ajouterons de notre côté que, même si les représentants des groupes Socialistes et Démocrates (S & D) et Verts - Alliance Libre Européenne (ALE) se déclarent opposés à cette politique, ils n’ont mené dans la pratique aucune campagne d’information à l’adresse de la majorité de la population, ni cherché à organiser des mobilisations conséquentes à ce niveau (réunions publiques, manifestations...). Nos articles récents « Parlement européen et neutralité du net » (I) et (II), « Bientôt, l’apocalypse de l’internet ? » (I) et (II), ou encore « Menaces sur l’internet : pourquoi ces silences politiques et médiatiques ? », ont déjà dénoncé cette situation. Pourtant, la proximité des élections européennes et municipales françaises se prêtait, et se prête toujours, à un débat transparent sur la neutralité et la liberté de l’internet. Pourquoi une telle discrétion devant les électeurs, alors que PC Inpact a récemment rapporté qu’en réalité la position du gouvernement français serait favorable à la proposition de Neelie Kroes que Pilar del Castillo défend ? Alors que le silence politique et médiatique se poursuit en France, Radio Vatican écrit « Le créateur du World Wide Web réclame une charte mondiale pour un Internet libre », se référant aux déclarations récentes de Tim Berners-Lee dans The Guardian. Radio Vatican évoque « des libertés aujourd’hui vraiment menacées » et souligne cette déclaration de Berners-Lee sur la liberté de l’internet : « c’est naïf de croire qu’on peut rester les bras croisés et l’obtenir ». Berners-Lee se plaint même d’une complaisance des internautes à l’égard de leur perte de liberté. Mais s’agit-il vraiment de complaisance, ou tout simplement de l’ignorance planifié du contenu réel des opérations politiciennes en cours ? Force est de constater qu’à la veille du vote de la Commission ITRE et quelques jours après la réunion également pleine de dangers du Forum de la Gouvernance Internet France (FGI – France), FGI 2014, un véritable mur du silence empêche la grande majorité des citoyens d’accéder aux informations lui permettant d’analyser ce dossier, de se déterminer en toute connaissance de cause et de se mobiliser en conséquence. Malgré leur succès certain, des initiatives telles que Save the Internet et la pétition en cours sur Avaaz ne semblent pas suffire pour redresser cette situation de plus en plus néfaste. Il y a donc une véritable URGENCE à dépasser le stade actuel des campagnes d’information, des débats citoyens et des mobilisations.

      [la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2014/03/15/urgence -l-internet-en-danger-au-parlement-europeen-i-49741.html ]


      et pour rappel :

      Bientôt, l’apocalypse de l’internet ? (I)

      Bientôt, l’apocalypse de l’internet ? (II)

      Menaces sur l’internet : pourquoi ces silences politiques et médiatiques ?

      Parlement européen et neutralité du net (I)

      Parlement européen et neutralité du net (II)

      Justice européenne, internet et droits d’auteur (I)

      Amazon, CIA, IBM, GAO... (I)

      Amazon, CIA, IBM, GAO... (II)

      Morts des blogs ou annonce d’une censure ?


      Cordialement

      Le Collectif Indépendance des Chercheurs
      http://science21.blogs.courrierinternational.com/
      http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia


    • Gourmet 2012 16 mars 2014 14:26

      URGENCE : l’internet en danger au Parlement Européen (I)

      Pourquoi laissons-nous faire une chose pareille ?


    • pissefroid pissefroid 15 mars 2014 10:52

      C’est Nabum,
      Je me demande s’il ne serait pas plus simple de leur expliquer
      que la révolution française
      n’a pas été réalisée pour libérer le peuple,
      mais pour permettre à la bourgeoisie de prendre le pouvoir.


      • C'est Nabum C’est Nabum 15 mars 2014 11:03

        pissefroid


        Effectivement c’est ce qu’ils ont fini par comprendre
        Mais, n’en dites rien, ceci serait de la politique ... Ce qui est formellement interdit

      • epicure 15 mars 2014 18:21

        En fait on pourrait dire que la révolution a élargie le spectre des privilégiés en l’étendant aux bourgeois.

        il aurait fallu signaler le suffrage censitaire (et masculin), qui limite le droit de vote et d’être élu en fonction de la fortune, là où c’était l’appartenance à un ordre (noblesse ou clergé qui donnait les privilèges).
        La révolution a libérée le commerce, les professions libérales, les industriels etc... et aboli les corporations, les privilèges de nobles etc... qui mettaient des freins à ces libertés.
        Pendant ce temps au début du 19ème, les ouvriers n’avaient pas le droit de se syndiquer ou de s’associer, ni de droits sociaux, ils étaient maintenus dans la misère, leurs déplacements surveillés, les chômeurs placés dans des quasi bagnes etc... en fait ils n’avaient pas de liberté, et bien sûr ne pouvaient pas voter avec le système du suffrage censitaire pour pouvoir influencer quoi que ce soit.

        Les privilèges, , l’oppressions en eux même n’avaient pas disparus, ils avaient changé de nature. Donc c’était bien une révolution quand même.
        D’un autre côté contrairement à l’ordre ancien, la révolution a mené un discours, des idées permettant de générer un antidote à ce nouvel ordre social avec son lot de privilèges et oppressions.
        Là où l’ordre ancien était figé, le nouvel ordre contenait donc des outils pour pouvoir évoluer. Mais il faudra attendre un siècle pour voir des améliorations par petits pas.

        Sans faire de la politique en mettant en avant les changements, ce qui a changé pour certaines catégorie et pour d’autres, ce qu’ils ont gagné ou perdu , il y a moyen de faire passer un message objectif, sans passer pour un clone d’arlette laguiller. Tout est une question de présentation.

        C’est vrai que au vu des évolutions politiques on se rapproche dans un sens de la situation d’avant la révolution, par l’augmentation des inégalités et des privilèges pour une minorité, les blocages de l’ascenseur social, la dette nationale, les pressions sur les bas et moyens revenus etc... et ce n’est pas avec le gouvernement de soumission aux dictats oligarchiques que cela va s’arranger.


      • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 15 mars 2014 11:57
        Il faut, en effet, savoir qui sont ces « ils » de votre titre pour comprendre le « Rien n’a changé monsieur ! »...
        C’est toujours intéressant d’avoir une version des événements à l’écart de la mythologie forgée par les « vainqueurs », même si on n’y adhère pas forcément.
        http://www.christ-roi.net/index.php/La_R%C3%A9volution_a_eu_lieu_parce_que_le_peuple_%C3%A9tait_exc%C3%A9d%C3%A9_par_la_noblesse_et_le_clerg%C3%A9

        • C'est Nabum C’est Nabum 15 mars 2014 12:49

          Jean-Michel Lemonnier


          Il n’est pa simple d’éviter les clichés en ce domaine

        • diogène diogène 15 mars 2014 11:57

          Moi ça m’étonne toujours quand on fait des amalgames et qu’on parle des élèves en disant « ils », comme s’ils étaient tous pareils.


          « Ils » ne sont pas tous décervelés !
          C’est justement le travail de l’enseignant de structurer ce qui ne l’est pas !

          • C'est Nabum C’est Nabum 15 mars 2014 12:50

            diogène


            Vous semblez ne pas connaître cette classe. Je ne vous en fait pas reproche

          • tf1Groupie 15 mars 2014 12:08

            La grosse différence c’est que, aujourd’hui, tout le monde a droit à l’éducation ... mais c’est une chance que beaucoup méprisent


            • Valas Valas 15 mars 2014 12:22

              Oui c’est vrai que tout le monde a le droit à l’Éducation mais en y regardant de plus prêt à quoi ressemble t’elle aujourd’hui ?


            • tf1Groupie 15 mars 2014 12:35

              Elle ressemble à ce que les citoyens en font ; mais ça c’est vrai pour beaucoup de ces acquis comme la liberté, la démocratie ou l’etat-providence que les citoyens savent si bien mépriser et vandaliser.


            • C'est Nabum C’est Nabum 15 mars 2014 12:52

               tf1Groupie


              Je ne sais si certains la méprise mais ils ne sont simplement plus en capacité d’en profiter. Savoir pourquoi serait un vaste dossier 

            • tf1Groupie 15 mars 2014 13:59

              Quand vos élèves bordélisent votre cours vous croyez vraiment que c’est parce qu’ils sont incapables de faire autrement ?
              Pourtant vous montrez que, quand ils veulent, ils sont capables de bon sens et d’esprit critique.

              Moi je pense que vos élèves ont une grande capacité de contestation, voire de révolution, compétence qui est portée au pinacle en France.
              Vous êtes l’ordre établi, et ils savent très bien faire la révolution contre cet ordre, c’est génial non ?


            • jaja jaja 15 mars 2014 12:42

              Dans les plis du drapeau tricolore se cachait et se cache toujours la bourgeoisie. Quelques mois avant la Révolution de 89 les ouvriers des Manufactures du Faubourg-Saint-Antoine (tout près de la Bastille) se soulèvent en masse... L’Émeute fut réprimée dans le sang par les troupes royales et les meneurs exécutés après avoir fait « amende honorable » devant les curés pour éviter d’être en plus suppliciés par le bourreau....
              (Voir Émeute Réveillon)

              Nul doute que la bourgeoisie a alors compris que la colère des prolos et des artisans des faubourgs pourrait être utilisée à son profit pour renverser la monarchie. Monarchie et noblesse détenteurs d’un pouvoir politique que la bourgeoisie convoitait depuis longtemps (bourgeoisie qui elle détenait et étendrait de plus en plus son pouvoir économique)...

              Les soulèvements de 1830 et 1848 confirmeront que les prolétaires sont toujours trahis par les forces bourgeoises du drapeau bleu-blanc-rouge. Forces qui en 1830 pactiseront avec la monarchie (au prix d’un changement de dynastie devenue « constitutionnelle)...et en 1848, Lamartine en tête, seront tellement rejetés que sera élu, à la première élection Présidentielle, Louis Napoléon Bonaparte dit le Petit...

              Quand on vous dit élections, piège à cons ! smiley


              • C'est Nabum C’est Nabum 15 mars 2014 12:53

                 jaja


                Et le dernier traite de cette longue liste de rénagats se prénomme François. Ce n’est d’ailleurs pas le premier dans cette liste d’infâmie ....

              • C'est Nabum C’est Nabum 15 mars 2014 15:26

                Bleu


                Èvoluons si vous le voulez bien
                Cette bourgeoisie est internationale mais elle demeure ! 

              • alberto alberto 15 mars 2014 13:48

                Tu voulais dire « traître » ?

                Décidément le choix d’un prénom qui ne rappelle rien d’infamant va devenir un exercice difficile...

                J’ai bien aimé la fin, sur les élèves qui réfléchissent !


                • C'est Nabum C’est Nabum 15 mars 2014 15:27

                  alberto


                  Mes doigts ont encore fourché ...

                  Oui, ce fut une belle séance, les élèves ont dit des choses pertinentes

                • fredleborgne fredleborgne 15 mars 2014 18:34

                  Resaisissez-vous cher « C’est nabum » !
                  Vous êtes tombé dans le piège de la temporalité aplatie.
                  Pendant la Révolution, un peu après encore, certains salauds ont perdu leur tête.
                  Après deux grandes guerres dégueulasses, il y a eu une « libération » et des droits sociaux.
                  Le souvenir de ceux-ci, en pleine régression, n’est pas encore éteint.
                  On a donc le choix : une nouvelle Révolution ou une simple reprise en main de ce qu’on veut car à la différence de ces pauvres paysans du 18 ème siècle, nous savons encore ce que nous voulons, pourquoi nous le voulons et même presque comment le ravoir si nous récupérons le pouvoir.
                  Mais dans deux ou trois décennies, ce sera foutu, tout sera à refaire.


                  • C'est Nabum C’est Nabum 16 mars 2014 10:43

                     fredleborgne


                    C’est sans doute que je suis moi-même très à plat ! 

                  • epicure 15 mars 2014 19:10

                    pour sortir du système il faut une révolution , quelle que soit sa forme, soft ou violente.
                    Le problème c’est qui oriente la révolution, comment elle évolue, qui prend le pouvoir.
                    Les révolutions les plus radicales ont toujours été soit réprimées dans le sang ou perverties.


                  • C'est Nabum C’est Nabum 16 mars 2014 10:44

                    Musima


                    Un dessin est souvent plus efficace qu’un texte. Là aussi c’est faire preuve d’humilité ...

                  • Prudence Gayant Prudence Gayant 15 mars 2014 19:12

                    Emmenez vos élèves à Versailles, parlez leurs de Louis XVI de Marie-Antoinette de Louis XIV le roi soleil. Qu’ils visitent le château et les jardins. 

                    Cela les changera de leurs stupides jeux vidéos ou de leur ignorance crasse où ils se complaisent tant.
                    Ils vivent dans le Val de Loire mais ignorent tout de son passé. 
                    Parfois, il faudrait lire vos articles en se détachant de la réalité quotidienne car l’envie vient de les envoyer au Crétacé tant ils sont énervants vos segpa.

                    • C'est Nabum C’est Nabum 16 mars 2014 10:45

                      Prudence Gayant


                      à moins de payer de ma poche le voyage, je ne vois pas comment faire !

                    • Prudence Gayant Prudence Gayant 16 mars 2014 16:58

                      l’auteur,

                      autre possibilité, visitez le site internet du château de Versailles, vos poches seront sauvegardées.

                    • Mmarvinbear Mmarvinbear 15 mars 2014 19:17

                      Plus j’avançais dans mes propos, plus je me rendais compte que j’évoquais notre société et non celle de l’ancien régime ; il y avait de telles ressemblances qu’il fallait bien se rendre à l’évidence : rien n’avait vraiment changé.


                      Ce qui est absolument faux. Beaucoup de choses ont changé, même si certains aspects semblent identiques.

                      La société de l’ Ancien Régime était bloquée, c’était une société de caste : malgré vos talents et vos compétences, vous ne pouviez pas accéder à certains postes ou certaines fonctions de par les lois en vigueurs. Le rang d’officier dans les armées était fonction du degré de noblesse, non de compétence. La Révolution a brisé cela. Le fils de menuisier, s’il est doué et bien conseillé, peut devenir Premier Ministre. Le rejeton du pâtre pouvait finir sa carrière Général.

                      Ce qui ne veut pas dire que tous les fils et filles de menuisiers accèderont à ce poste !

                      Il y aura toujours une compétition, un parcours pour s’élever, un chemin que les élèves devront parcourir par eux-même. Ils devront faire les bons choix pour exploiter au mieux leurs capacités. Cela leur demandera des sacrifices. Finies, les soirées à glander devant les « marseillais à Rio » ou la manette de la PS 4 en mains des heures durant.

                      Si les enfants d’enseignants et de cadres semblent sur-représentés dans les études supérieures, portes ouvertes sur un meilleur avenir, c’est bien parce que leurs parents sont plus intelligents, ayant compris la nécessité du travail et du conseil au lieu de les laisser divaguer jusqu’à deux heures du matin sur le parking.

                      Vous allez me dire : c’est encore de la faute aux parents.

                      Mais c’est bien parce que c’est vrai !

                      • Mmarvinbear Mmarvinbear 15 mars 2014 19:18

                        Soit dit en passant, si en tant que prof vous ne savez même pas cela, alors vous feriez bien de vous remettre en question, que ce soit au niveau de la motivation ou de votre pédagogie.


                        Vos élèves ne pourront qu’en profiter.

                      • C'est Nabum C’est Nabum 16 mars 2014 10:47

                         Mmarvinbear


                        C’est donc qu’il y a une injonction à l’échec quand on est enfant des quartiers ou enfant d’ouvrier. Fort heureusement, il y a des exceptions mais bien trop rares hélas.

                        Croyez-vous que les parents souhaitent l’échec des leurs ?

                      • Mmarvinbear Mmarvinbear 16 mars 2014 13:39
                        C’est donc qu’il y a une injonction à l’échec quand on est enfant des quartiers ou enfant d’ouvrier. Fort heureusement, il y a des exceptions mais bien trop rares hélas.

                        L’échec ne concerne en priorité que ceux qui ne font rien ou mal les choses.

                        il y a eu un énorme malentendu qui perdure : au renversement de l’ Ancien Régime, il n’ jamais été dit que tout le monde obtiendrait un poste à la mesure de ses ambitions. 

                        La Révolution a permis que cela arrive, elle a brisé le plafond de verre qui interdisait au Peuple tout espoir de promotion sociale, mais il n’a jamais été dit ou promis que cela profiterait à tous ! Seuls ceux qui ont pris la peine de se façonner une échelle ont pu monter en grade. C’est ainsi que les choses marchent : tu PEUX, mais c’est à toi de te bouger !

                        Croyez-vous que les parents souhaitent l’échec des leurs ?

                        Pas directement. Mais certains sont si conditionnés par leur existence propre qu’ils ne voient pas la nécessité d’évoluer et de faire évoluer leurs enfants.

                        Quand, à Florange, on voit des ouvriers qui pensent sincèrement que le seul avenir de leurs gosses est l’usine, il y’a de quoi se poser des questions sur leurs capacités mentales.

                        L’éducation est la seule voie qui permet l’ascension sociale. il faudrait juste faire comprendre aux parents que le chemin qu’ils ont emprunté n’est pas, plus celui que leurs enfants doivent prendre forcément.

                      • Claude Claude 17 mars 2014 09:25

                        Vous avez raison sur le principe. mais l’effort à faire quand on part du bas de l’échelle est parfois très difficile, surtout quand on est décérébré par les médias, les « copains », la famille...autant de réseaux qu’ils faudrait faire évoluer en même temps.
                        Première étape : reprendre la main sur les médias. Attention au devenir d’internet...


                        • Prudence Gayant Prudence Gayant 15 mars 2014 19:35

                          Jean-Michel Lemonnier

                          Les archives de la Révolution française sont consultables sur le site
                          frda.stanford.edu soit en français soit en anglais

                        • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 15 mars 2014 20:31

                          Prudence G.,
                          Oui, merci pour le lien.
                          Une base de données très vaste à connaître.

                           


                        • eau-du-robinet eau-du-robinet 15 mars 2014 20:04

                          «  Pourquoi ont-ils fait la révolution ?  »

                          La vrai révolution peut se faire aux urnes le 25 Mai 2014 (élections européennes)
                          en votent pour le partie politique libérateur qui souhaite rompre avec la politique atlantiste / impérialiste.

                          Votez pour l’UPR

                          Programme de Libération Nationale - UPR

                          Aux urnes nous avons la possibilité de libérer la France mais aussi les autres pays Européens, car une fois que la France quitté l’Europe les dominos tomberont (les autres pays d’Europe), la vague de libération déferlera sur les autres pays.

                          Nous devons redevenir le pays du droit de l’homme !
                          Le Bankster nous ont volé la démocratie !


                          • C'est Nabum C’est Nabum 16 mars 2014 10:48

                            eau-du-robinet


                            Les élections sont un système qui préserve les situations acquises
                            Aucun véritable changement ne peut venir par ce biais


                          • Alpaco 15 mars 2014 22:37

                            Sans la base de référence du présent et sa compréhension sur ses principes de bases, il est impossible d’enseigner l’histoire à des ados. On ne comprend l’Histoire que par sa comparaison au présent.
                            Donc cher auteur, n’hésitez pas, ce qui est la conclusion malgré vous de votre article, à comparer les anciens régimes aux régimes actuels, ceux « Vu à la télé ».

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