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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Qu’es-tu devenue, ma France ?

Qu’es-tu devenue, ma France ?

Eh, oui, comme il est difficile d’écrire avec sérénité lorsque la honte vous glace le sang, lorsque la transpiration moite vous prend au corps. Comme il est dur et dégradant de revivre les sensations d’écolier ou de collégien qui n’a pas fait ses devoirs et qui « passe » au tableau.

Lisez ce qui suit… le malaise !

J’ai beaucoup voyagé, mais jamais je n’avais imaginé une seule seconde que mon pays deviendrait comme eux, ceux que je critiquais, ceux que je condamnais au nom des droits de l’homme de l’humanisme et de l’intelligence.
J’écoutais les commentaires qui m’étais fait : --- mais vous, vous êtes un pays développé ! --- me disaient-ils, ceux qui avaient la tête sous le joug de la dictature. Ils insistaient : --- vous avez 2000 ans d’histoire, vous avez eu la révolution, vous avez la liberté --- renchérissaient ceux qui cherchaient de bonnes raisons a leurs dirigeants sanguinaires.
Cet après midi, le verdict est tombé, le gendarme assassin a été acquitté.
Rien qu’en vous l’écrivant cette sensation de chaud et froid me revient, les images de honte qui me font baisser le front.
Que pourront me dire ceux qui n’ont déjà plus de dignité de par le monde si même en France, les assassins sont acquittés puisqu’ils sont en uniforme.
Attention, ne vous méprenez pas, je ne veux pas défendre une petite frappe qui se retrouvait pour la énième fois en garde a vue. Loin de moi d’accepter le laxisme, ou l’inefficacité de la police. Nous avons besoin de sécurité, nous avons besoin de forces de l’ordre, nous avons besoin de protection quand nous sommes en danger.
 Mais nous n’avons pas besoin de shérif ni de cow-boy fanatique de la gâchette, nous avons besoin de forces de police et de gendarmerie professionnelles et respectueuses des lois, des règlements et des citoyens dont ils ont la responsabilité.
Que puis-je reprocher à cette affaire ?
Je constate qu’une personne, jeune, s’est retrouvée en garde a vue après je ne sais quelle infraction ou délit. Peu importe, la justice est la pour décider ce qui lui est reprochable et lui appliquer la peine qu’il convient.
Selon la presse, et suite à la demande du délinquant, celui-ci a été autorisé à se rendre aux toilettes si j’ai bien tout compris, menotté poignet-cheville, sous la garde de notre gendarme assassin.
 Le jeune homme a sauté par la fenêtre et s’est échappé. Qu’a fait d’après vous le gendarme pour rattraper cet homme entravé et fouillé puisqu’il était en garde a vue ?
IL A TIRE !!! et pas en l’air, non, non… IL A TIRE 7 FOIS, DANS LE DOS ET AU CORPS POUR TUER, pas pour immobiliser.
Cette pratique, voyez vous, c’est celle de la police de Pinochet après 1973, c’est celle de tous les dictateurs du monde qui ont une police qui n’est plus la pour défendre la population, mais qui est la pour défendre l’ego et la volonté de celui qui a réussi à détenir l’autorité.
Une police qui est rejetée par tous, malgré la grande majorité de professionnels de qualité qu’elle possède encore. Étonnez-vous ensuite qu’elle soit la cible de tirs dans les banlieues, de refus d’aide et assistance comme dans d’autres affaires récentes.
Voila maintenant que la justice adopte les pratiques qu’elle a pour mission d’interdire. La justice est là pour apporter la personnalisation dans l’application des lois, arbitrer entre l’esprit et la lettre de ces lois et dire les peines infligées.
Eh bien non, ce matin la justice a choisi, comme au Chili dans les années 80 de soutenir ceux qui appliquait la cruauté, l’arbitraire et l’assassinat pour maintenir un pouvoir en place plutôt que pour maintenir la sécurité des populations. La justice a soutenu un gendarme qui a jugé et appliqué la peine de mort !
Voila, je ne reconnais plus ma France, celle qui m’a enseigné la modération, l’équilibre dans les réactions, bref celle qui voulait que le droit du citoyen se décline dans un état de droit, où seul un juge avait ce droit de décider de la peine de mort, abolie maintenant depuis bien longtemps.
Je ne défends pas celui qui a perdue la vie dans cette affaire, je défends la justice, la police et en fait je défends mon pays… et cet après midi, je ne le reconnais plus… il est indéfendable.
Qu’avez vous fait de ma France ?

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25 réactions à cet article    


  • COVADONGA722 COVADONGA722 18 septembre 2010 07:39

    la vraie question serait qu on fait de la france les soixante huitard les libertaires tournant au liberaux-libertariens ?qu on t ils fait de notre pays ou une pauvre victime de tir gendarmesque n est autre qu un multirecidiviste agresseur et sequestreur ayant forcé un barrage de police et promenant comme hochet un 11,43.Qu on t’ils fait de la france ces partageurs de l espace de la cité et des services des plus pauvre d entre nous c’est ingenieurs docteurs intellectuels cols blancs qui invitent liberalement la misere du monde sur notre palier pas sur le leur hein faut pas déconner.Qu on t ils fait de la France ces profs et intellectuels eternels donneurs de leçons humanistes qui oblige MES gosses à des lycés de 8/9 langues étrangeres mais reserves les place chaudes des lycés propets a leur progeniture.Qu on t il fait pour la france ces defileurs pour « chance de la france » mais pratiquant le silence bien veule et assourdissant pour nos filles violées et agréssées pour nos vieux egorgés ou tabbasés pour 100 e dont le nom de l auteur transcrit seulement en initiales dans les journaux nous indique clairement le patrimoine génétique.Ne vous inquietez donc pas de ce qu ils ont fait pour la France mon cher, ça viens ce que nous ferons doucement mais ça vient et rassurez vous ce jour la chacun recevra selon son du nous n’oublierons personne.Hé hé le Dormeur c’est éveillé !


    • chams 18 septembre 2010 08:29

      Soixant’huitard ?

      alors si tu reflechis un peu tu verra que c’est toi et tes potes qui l’ont flingué ta france. Et avec une conviction inébranlable de faire le bien.
      40 ans plus tard, pas la moindre remise en question ne transpire de ton texte.
      Allez profite bien de ta retraite. t’as du temps libre pour faire encore un peu chier. Nous la retraite on en aura pas. Un peu grace a toi. soit fier !

      • jaja jaja 18 septembre 2010 08:37

        Ce sera surtout grâce à toi si tu n’es pas descendu dans la rue le 7 et si tu ne t’apprêtes pas à en faire autant le 23 septembre avant de te mettre en grève reconductible le 24...

        La « réforme » des retraites est combattue par tous ceux pour qui Mai 68 fut autre chose qu’un happening pour fils de bourgeois...


      • chams 18 septembre 2010 08:51

        Je n’espere rien pour ma retraite. je me la prepare moi meme

        et pourtant oui je suis descendu dans la rue et j’y retournerai
        Pas dans l’espoir d’avoir les miettes du gateau bouffé par la generation precedente, mais parce que si les milliards sont la pour sauver les banques (ou les cadres sup sont les « libertaires » de 68) on peu bien trouver aussi un peu d’argent pour les retraites.

      • jaja jaja 18 septembre 2010 09:02

        J’en connais des tonnes d’ex-soixante-huitards qui travaillaient chez Renault, Talbot ou dans la métallurgie et qui aujourd’hui sont ou se préparent à partir avec une retraite de merde et qui n’ont donc pas participé à cette gabegie que tu décris...

        Exploités toute leur vie ils se sont aussi bien battus et passent les rênes à la génération suivante... Beaucoup d’entre eux ont bien sûr refusé de se laisser acheter comme ces « leaders » soixante-huitards de pacotille, et toujours sur le devant de la scène, l’ont fait...


      • chams 18 septembre 2010 09:10

        je suis d’accord avec toi. En faisant une generalité je dis une grosse conneries. mais la je parlais des individus de la meme veine que l’auteur qui se vante d’etre cadresup dans son profil


      • jaja jaja 18 septembre 2010 09:19

        Merci Chams pour tous ces « vieux » dont beaucoup cassés ou malades sans parler de ceux qui nous ont quitté...
        Généraliser nous mène souvent à être injuste. Pour ma part je pense que les générations se valent peu ou prou.
        Il n’y a pas sur cette planète que « les jeunes cons des dernières pluies ou les vieux cons des neiges d’antan » comme le chantait Brassens...
        Et c’est tant mieux !


      • HELIOS HELIOS 18 septembre 2010 10:43

        Chams, si vous voulez plus d’echange, ce qui permet de mieux comprendre, n’hesitez pas a m’envoyer un mail, je reponds toujours.


      • HELIOS HELIOS 18 septembre 2010 09:20


        Bonjour,
        ça commence fort, hein ?
        Mais comme d’habitude c’est Mai68 qui est accusé, un peu comme on accuse les Roms de tous les malheurs, il faut bien un bouc emissaire !

        J’aimerai rappeller a ceux, comme Covandonga, qui rejettent sur une generation, en généralisant au passage, tous les malheurs qu’ils subissent aujourd’hui. Ils ne pourraient même pas s’exprimer si rien n’avait été fait en 68.
        J’aimerai leur rappeller donc, qu’avant de critiquer la liberté qu’il leur a été donné, que cette liberté se merite et se gere par des valeurs et des responsabilités collectives. Ces responsabilités collectives s’expriment (aussi) dans les urnes et si on en est là où on est aujourd’hui, c’est aussi grace a eux.

        Mais là n’est pas le vrai sujet de l’article.

        J’ai essayé de faire passer un sentiment global. Je ne reconnais plus la France d’aujourd’hui quand je la compare a d’autres pays. Je ne reconnais plus certains français dans leur attitude et c’est l’objet de ma question en titre (merci à la redaction pour l’apostrophe en autre)

        J’esperais que ce petit bout de reflexion (le texte n’est pas long) fasse naitre des commentaires axès sur la façon dont les autorites et les forces de l’ordre traitent la population. J’espere encore que d’autres intervenants donnent leurs sentiments sur les missions et les moyens de la police/gendarmerie, et enfin je pense que certains habitués aient pu comparer avec « ailleurs », notament notre traité de Lisbonne qui autorise les forces de l’ordre en général a TUER pour retablir l’ordre. (on est loin de 68, hein ?).

        Enfin, sur le cas precis de ce gitan, probablement coupable de je ne sais combien de mefaits MAIS desarmé, enchainé et entravé qui n’aurait jamais été capable de courir un 100 metres, son « assassinat », j’insiste boien sur le mot, est pour moi une enorme bavure que la hierarchie militaire (il s’agit de la gendarmerie) ne devrait pas soutenir, d’autant plus que nous ne sommes pas en etat de guerre.

        Tirer sur un civil dans ces conditions ets parfaitement condamnable. L’auteur de ces tirs a surement été pris dans une tourmente mentale, un peu comme l’effet de foule, il a perdu pied avec la realité, avec l’humanité et a ce titre la demesure de son acte merite condamnation et sanction. Et s’il faut changer la loi, faisons le au plus vite d’autant que le cas n’est pas unique, il y a egalement celui du passager de cet automobiliste mort d’une balle également cette année.



        Suite selon vos avis, merci....



        • foufouille foufouille 18 septembre 2010 12:24

          enplus le gars etait un surhomme
          une chute de 4.6m, 3 balle dans le dos, grillage de 2 et un arbre


          • juluch 18 septembre 2010 14:26
            Pour Helios.

            ce bandit a été abattu après les sommations d’usage non ?? sinon notre bonne justice n’aurait pas laissé passer ça....

            Vous pleurez sur un voyou ?? 

            Le gendarme a fait son devoir , félicitation !!

            Et si tu reconnais plus la France et bien part et vas ailleurs !!

            Mai 68 t’as marqué profondément lol !!!

            • Louise Louise 18 septembre 2010 15:44

              Un peu déçue après avoir lu le titre...

              Je ne dis pas que la mort de ce Gitan soit sans importance, mais le gendarme a appliqué « la loi » !

              Il y a bien d’autres raisons de ne plus reconnaître notre pays, et en particulier l’expulsion des Roms en tant que tels... Plus « l’idéal américain » survalorisé...

              Il y a aussi d’autres raisons de s’inquiéter... mais bon, la polémique sur l’emprise de certains Musulmans trop exigeants est assez débattue par ailleurs.


              • hunter hunter 18 septembre 2010 18:36

                Qu’est devenue la France ? une des 27 provinces de l’Europe, plus grand chose effectivement !
                C’est le résultat de la volonté de dirigeants sans scrupules, des sphères politiques et économiques, qui se foutent bien de ce pays et des autres, du moment que les zéros s’accumulent derrière un certain chiffre, sur leurs comptes en banque.

                Mais ne vous inquiétez pas Hélios, il ne faut pas désespérer trop vite ! Ce que vous traduisez dans votre papier, ce n’est qu’une situation temporaire. Je suis persuadé qu’une fois que ce vieux peuple aura compris qu’il est manipulé par des prédateurs infâmes, et qu’il prendra enfin la décision de les dégager pour prendre en main son destin, la France que vous estimez avoir disparue, renaîtra de ses cendres !

                Ce pays a connu dans son long passé, des situations bien pires ! Il a trouvé les ressources pour s’en sortir, je pense vraiment qu’il les trouvera encore à l’avenir.

                Pour ça, il faut qu’il cesse en premier de tomber dans le panneau tendu par les prédateurs, qui consiste à monter les femmes et les hommes les uns contre les autres : c’est là la source de leur pouvoir, mais gageons que leur manège ne continue pas encore si longtemps.

                Cordialement

                H /


                • asterix asterix 18 septembre 2010 18:53

                  Je reste sur mon point de vue : ce flic n’est pas un assassin. C’est un pauvre con qui, suite à un geste humanitaire de pécadille, a laissé échapper un mec qu’il savait dangereux. Il a été dressé à répondre à une procédure bien spécifique qu’on lui a enseignée. Et chez les flics, on ne discute pas, on cogne.
                  L’assassin, c’est sa hiérarchie !
                  Et sa victime ne l’aurait jamais été si elle s’était trouvée à la place qui lui revenait.
                  Devinez-vous où ? En tôle depuis longtemps comme tous les multi-récidivistes inamendables.
                  Sorry, il ne l’a peut-être pas cherché mais il a tout fait pour.
                   


                  • foufouille foufouille 18 septembre 2010 19:47

                    « Et chez les flics, on ne discute pas, on cogne. »
                    comme les chiens = selection genetique
                    QI en dessous de 90 obligatoire


                  • dootjeblauw 18 septembre 2010 19:03

                    Etre gendarme et sur les 7 balles tirées, trois n’ont pas atteint leur but et quatre le dos (?) et cela en visant les jambes d’un fuyard entravé, dites-donc ca fait peur. J’imagine toutes sortes de situations banales où un flic fou de la gachette veuille faire respecter la loi. Et de plus il est innocent et muté à Tahiti, il doit etre francmaçon ou Sarko est intervenu, c’est pas possible !


                    • Celti 18 septembre 2010 19:19

                      Je trouve étrange que les modérateurs n’aient pas sabré une grande partie des messages, sans arguments, mais non sans injures ....

                      Un argument me paraît plutôt absent ;
                      La riposte doit être proportionnel à la menace, non ?
                      Le délit de fuite, on a connu ça au Chili, en Argentine, dans maintes dictatures .... et même ailleurs (je crois qu’en Algérie, à la fin des années 50, cela s’appelait la corvée de bois)


                      • ChatquiChouine ChatquiChouine 18 septembre 2010 20:03

                         Je trouve cela quelque peu désespérant de constater que beaucoup de réponses a l’ article de l’ auteur se limitent à une attaque en règle contre son étiquette de soixantehuitard pleinement assumée par ailleurs.
                         Je rappelle à ceux qui croient que mai 68 se limitait à quelque injonctions d’étudiants gatés et libertaires telles que « sous les pavés, la plage ! » ou « il est interdit d’interdire », ils en oublient l’essentiel, à savoir les accords de Grenelle qui ont permis une revalorisation du SMIG de 25% et une hausse moyenne des salaires de 10%.
                         Alors évidemment, ceux qui pensent que Cohn Bendit est représentatif de cette génération, syndical un jour, ultra libéral le lendemain, ont tout faux et c’est bien une mobilisation sans précédent (8 a 9 millions de grévistes, essentiellement ouvriers) qui a permis l’ aboutissement de tels accords (et la grande majorité d’entre eux n’ont pas fini chef de choucroute à Carrefour).
                         On notera au passage que cette augmentation de salaire à eu de grosses répercussions sur la compétitivité du pays, laquelle a été compensée par une dévaluation du Franc en 1969 de 11%, ce qui ne la pas empêché de poursuivre sa croissance à 2 chiffres.
                         Je précise au passage que je n’ai en rien participé aux évènements puisque ma seule préocupation de l’époque se limitait au volume de produit lacté de mon biberon.

                        Cette aparté mise a part, je n’ai pu m’empêcher d’ avoir la même réflexion de l’auteur concernant le jugement, et j’ai beau ne pas connaitre le détail du procès, je n’arrive pas a comprendre comment un gendarme ayant tiré 7 fois sur un homme entravé, dont 4 au but et 3 mortelles, ait pu s’en tirer sans même une révocation immédiate de la gendarmerie pour faute lourde, ce qui aurait été le minimum, et plus justement une peine de prison pour volonté délibérée de tuer. 
                        Il n’y avait dans le cas cité aucune légitime défense invocable, et aucune mise en danger de la vie d’autrui justifiant un tel comportement, vu que le détenu était entravé et non armé.

                         La police et la gendarmerie ont aussi leur brebis galeuses, et il est du devoir des autorités de faire le ménage dans ses rangs pour garantir que ceux des forces de l’ordre qui disposent d’une arme a feu soient d’une exemplarité et d’une maitrise de soi tout a fait irréprochable.


                        • easy easy 18 septembre 2010 20:33

                          Posons que ce flingage soit une anomalie, une de ces anomalies comme il y en a constamment et qui surviennent en situation de surprise.
                          Anomalie du même genre que celle consistant par exemple à prendre à pleines mains, un vase Ming de 500 000€ posé dans une vitrine. On sait tous qu’il est risqué de le prendre dans ses mains. Loi ou pas loi, sorti de sa vitrine où il est en sécurité, il peut échapper des mains et se briser.

                          On sait tous que dans ce pays, il y a régulièrement des flingages lors de situations de surprise. Alors, loi ou pas loi, chaque prévenu sait, à moins d’être idiot, qu’en faisant des gestes brusques, en créant une situation surprenant ses geôliers, en les humilinant en leur expérience et vigilance, en les prenant pour des cons, il risque fort de s’en prendre une.

                          Je ne sais pas dans quel pays, à quelle époque, on pourrait s’enfuir devant des flics ou légionnaires ou cow-boys ou Indiens sans risquer fortement de s’en prendre une. 
                          Ca vaut pour Papillon ça vaut pour les évadés d’Alcatraz,, ça vaut pour les évadés des camps de prisonniers de guerres, des camps de concentration, c’est, il me semble, universel.

                          En aucun cas, en aucun endroit, en aucune époque, un prisonnier de gens armés ne peut être sûr qu’en s’enfuyant, il ne risquera pas de s’en prendre une voire dix dans le dos. 

                          Du coup, les tentatives d’évasions ne sont pas systématiques. 

                          Celui qui s’évade, surtout quand il a disposé de quelques minutes pour y réfléchir, prend le risque d’y laisser sa peau et il le sait très bien. Il préfère prendre le risque fort d’en crever que de croupir en prison. Une balle ou dix, bof. ! il s’en fout et préfère p’tet même dix.
                           

                          Ce qui renvoie alors à une question terrible et extrêmement intéressante : comment se fait-il que face au choix entre avoir à subir le système pénitenciaire et la forte probabilité d’être criblé de balles, certains préfèrent ce risque fatal ?
                          Qu’y a-t-il de si terrible dans le système pénitenciaire que certains lui préfèrent clairement la mort ?


                          • easy easy 18 septembre 2010 20:49


                            Poursuivons.

                            Si un pays énonce que même dans le civil, toute tentative d’évasion vaut flingage et criblage, Ca pourrait sembler dissuasif d’évasion mais je pense que quasiment pas. 

                            Entre le risque très fort (dans le contexte d’une loi qui n’invite pourtant pas au flingage) et le risque absolu, à 100% (dans le contexte d’une loi qui ordonnerait le flingage) il n’y a pas d’assez grand écart pour faire changer d’avis un type qui refuse plus que tout l’incarcération.


                            Il ne sert donc à rien de passer à une loi ordonnant le flingage. Il vaut mieux en rester à la loi actuelle qui n’y invite pas mais qui ne peut empêcher que ça se produise.


                            Car inversement, quand bien même il y aurait un interdiction absolue faite aux flic de flinguer un fugitif, des flingages se produiront quand même puisque dans tous les cas, le fuyard provoque l’intelligence, les réflexes, la rapidité ou la force du flic qui a la responsabilité de le garder sous la main. Ces choses se passent dans des intervalles de temps très courts où c’est un jeu d’homme à homme qui se produit et non plus d’homme à institution.



                            D’autre part, toute personne arrêtée et consciente que sa réputation de bandit est faite, consciente aussi qu’elle vient d’être arrêtée en possession d’une arme à feu, doit se douter qu’elle est alors considérée comme dangereuse, donc, en cas d’évasion, très, très gros risque de pan pan... 







                            • easy easy 18 septembre 2010 21:54

                              Concernant les soixantehuitards.

                              Après la WW II, il y a eu un baby boom et la jeunesse de 1960 s’est retrouvée aimée, choyée, attendue, espérée (pas évident d’en dire autant de la jeunesse d’aujourd’hui)
                              Cette jeunesse de 1965 avait comme repoussoir central les guerres.

                              Leurs parents avaient non seulement fait des guerres européennes hideuses mais ils avaient aussi fait des guerres de colonisation.




                              Une société tient par ses tabous. Le respect de ces tabous confère l’innocence qui ouvre à tous les droits.
                              Pour tourner le dos aux guerres, à l’exploitation des Nègres du monde entier et au pillage de type Léopold II, il fallait forcément tourner le dos aux tabous qui sous-tendaient ces attitudes dépassées (le nationalisme, l’arrogance, le my garden, le protectionnisme, le patriotisme, le paternalisme, l’impérialisme, etc)

                              Et en compensation de ces tabous abandonnés, il a fallu se sentir d’accord autour d’autres tabous (partage, ouverture, tolérance, plaisirs naturels, sensualité, nudité...)

                              Et on s’est mis d’accord autour de ces nouveaux tabous. On s’est senti tellement assuré par ce nouveau socle de valeurs, qu’il a été possible à cette génération innocente et forte de réussites en tous genres, de concevoir l’infanticide particulier qu’est l’avortement. C’est lourd comme décision. ça secoue le cocotier. Il y a de quoi vaciller mais voilà, les nouveaux tabous semblaient sûrs, rassemblaient assez sûrement pour se permettre cette audace ou transgression inédite dans l’Histoire (à ce niveau d’industrialisation)

                              D’autres tabous ont été renversés par cette jeunesse innocente, riche et pleine d’espoirs. Le respect des parents, le soin qu’on leur doit, la piété filiale en somme. Ca a volé en éclat. Et on a osé tuer le père parce que dans le même temps on se posait - de façon inédite- en père parfait, je veux dire « pote avec ses gosses ». Le mariage à vie, la virginité au mariage, tout ça avait également volé en éclats en étant compensé par le respect de n’importe quelle race ou ethnie ou religion (ah ces voyages initiatiques vers Katmandu !)

                              Tous les renversements massifs de tabous résultent de l’Histoire, non de la mentalité intrinsèque à une génération.
                              N’importe qui, tous ceux qui braillent aujourd’hui contre cette génération du baby boom, auraient fait exactement pareil s’ils étaient nés à cette époque là. Etant entendu qu’ici, on aura raisonné en masse, ou en moyenne des individus, alors que chacun a toujours sa particularité (en 68, il devait forcément exister des jeunes préférant rester accrochés aux tabous de leurs parents




                              Aujourd’hui, nous sommes cisaillés et je dirais que Sarko l’est aussi. Il voudrait être reconnu comme héros d’humanisme auprès de sa belle et il s’emmêle les pinceaux à tel point qu’il ne peut plus que donner dans le fascisme, le totalitarisme, la cupidité et le racisme.


                              De la même manière que la génération qui était partie la fleur au fusil en 1914 avait déchanté dans les décennies suivantes, autant la génération qui avait chanté Brassens et Ferrat en Mai 68, se retrouve le bec dans l’eau aujourd’hui.

                              Euf, franchement, il aurait fallu une sacrée constance des contextes pour que personne ne se retrouve déçu ou dépité 20 ans plus tard.


                              Car ouvrir nos bras et nos portes à tous en 68, ça voulait dire les ouvrir à ceux qui étaient là, tout près de nous. Mais 40 ans plus tard, ouvrir nos portes à tous, vu le nouveau contexte du transport, des langues et de la communication, c’est se retrouver éventuellement avec des alliens sur son palier.

                              Je ne vois rien d’illogique à ce que la jeunesse d’aujourd’hui, refusée à l’emploi, concurrencée malgré ses diplômes nationaux, par des gens venus de partout et au moins aussi diplômés et instruits qu’elle, ait envie de se replier, de se refermer sur elle-même. Et donc d’insulter la génération qui avait 23 ans de post guerre en 68.

                              Chacun son tour.


                              L’Histoire commande notre philosophie ou notre vision des choses.


                              Une question accessoire qu’on peut se poser c’est de savoir si un individu ayant embrassé certains tabous et repoussé d’autres lors de ses 23 ans, doit maintenir son cap jusqu’à la fin de sa vie ou en changer au fil des changements de contexte. Doit-on rester fidèle à ses idées de jeunesse ou épouser constamment chaque nouvelle époque qui se présente en divorçant préalablement de la précédente ?


                              • jfcouet 19 septembre 2010 08:40

                                Arrête de pleurer Hélios, tu me fais de la peine. Le meilleur moyen de ne pas prendre une balle dans le dos par un flic, c’est de ne pas se mettre en situation délicate. Ce type est un multirécidiviste violent ’’bien connu des services de polices’’ selon la formule consacrée et je ne vais certainement pas pleurer sur son sort. Il s’est mis au ban de la société, il a joué, il a perdu. Tant pis pour lui. Le pire, c’est que bien que menotté, il a encore voulu se faire la belle, il refusait donc la justice française. Face à ce genre de gugus irrécupérable je ne vois pas ce qu’on peut faire... Même mon chat, quand je l’engueule , il comprend. Bon alors ça va quoi...


                                • HELIOS HELIOS 19 septembre 2010 11:24

                                  Avoir des Valeurs.... je ne fais de leçon a personne, mais avoir des Valeurs.....


                                • HELIOS HELIOS 19 septembre 2010 10:36

                                  Bonjour à tous...
                                  C’est dimanche, il fait beau. La rentrée s’estompe et de nouvelles activités sont arrivées que nous menerons a bien jusqu’a l« été prochain. .... il fait bon vrvre !

                                  Je remercie tous ceux qui ont participé. Je regrette un peu la dureté des reactions

                                  Je comprends tres bien par ailleurs les arguments sous jacents : On est arrété par la police, on se tient a carreau !

                                  Helas, ce n’est pas si simple. je ne vous repellerais pas que ce sont des manieres dictatoriales. Un pays civilisé, glisse toujours selon certains, vers une forme de laxisme, que je prefere largement appeler humanisme.
                                   
                                  Le delinquant dont on parle ici, que je ne defends pas et auquel je n’accorde aucune pitié particuliere, et dont l’identité, la religion, la couleur m’importe peu, a tenté de s’echapper, comme tente de faire tous ceux qui ont des pratiques delictueuses. Dans son cas, il s’agit de la fuite, dans d’auytres cas, c’est par le mensonge ou par la corruption. les uns ne valent pas mieux que les autres mais on ne leur tire pas dessus.
                                  Notez que je n’ai pas du tout la même position lorsqu’il s’agit de la mort du braqueur du casino de Grenoble. Cet homme là, etait armé, avait un gilet pare-balles et tirait sur la police...

                                  Pour y aller de ma petite analogie, les raisonnements qui soutiennent une sentence de mort sont les mêmes que ceux qui pretendent que quand on a rien a se repprocher, on accepte tout !
                                  Je ne crois pas a cela du tout. Désolé, je crois a une dignité de l’homme, une dignité de la societe. Le gendarme et ses soutiens hierarchiques ont demontré qu’ils agissaient comme des bêtes feroces lachées au milieu d’un troupeau. celui la s’ecarte et hop, on l’elimine.

                                  Outre que le probleme de la limite va se poser un jour, car a partir de quand doit on »tirer« sur quelqu’un... ce qui transparait c’est une division de la societe. Si ce jugement se confirme et que la pratique continue, quand est-ce que les radars sur le bord de la route vont ils »tirer" eux aussi ? Ne rigolez pas.... il y a bien des DDE et des maires qui mettent d’enormes rochers face a la route dans les rond-point, parait-il que ça ralenti la circulation. La moindre erreur est fatale et la punition disproportionnée, elle met en oeuvre la soumission !
                                   Dans une societe où on colle un drapeau rouge interdisant la baignade parce que l’eau est froide on a du mal a comprendre la coherence et même la legitimité des raisonnements.

                                  Donc, je comprends parfaitement egalement que la police et la gendarmerie ne soient plus les defenseurs du peuples comme on le supposait, ce sont devenu des armes de pouvoirs, chargées de s’assurer de cette SOUMISSION du peuple. Et voyez vous, je fais une difference entre soumission aux regles et acceptation de ces regles. Oui, il y a des delinquants, cela ne veut pas dire qu’ont doit leur appliquer, d’où qu’ils viennent et quel que soit leur faute, la peine de mort, surtout par un trou du cul qui pense faire son travail.

                                  Et c’est la le vrai probleme, car en France et jusqu’a present on pouvait dire : mon pays est un pays developpé, organisé, humanisé ! depuis cette affaire et le jugement ce n’est plus vrai, n’importe quel petit con a qui on donne une arme, au nom d’un reglement sans rapport avec la realité, peut tuer et tirer.
                                  Et ce qui me chagrine le plus, ce qui marque le decalage que je tente de vous expliquer, c’est que le tireur n’est pas conscient une seconde de la demesure de son acte. Je vous le rapelle, il a tiré 7 FOIS sur un type MENOTTE, ENTRAVE et SANS ARME !

                                  Cela ne necessite pas d’autre explication, je suis sûr que le militaires en Afghanistan hesitent a tirer dans le dos, sur un taliban qui s’echappe

                                  Je vous souhaite a tous un bon dimanche


                                  • easy easy 19 septembre 2010 13:20

                                    Hélios,

                                    Comme beaucoup qui lancent un coup de gueule, vous vous dites navré que ce flingage ait eu lieu.

                                    Autant dire que globalement, nous en convenons tous.

                                    Mais si dans la case IDEAL, nous posons qu’un flic ne doit pas flinguer un type non immédiatement dangereux, nous posons aussi qu’un type attrapé se tient tranquille et s’explique ou passe en jugement. Nous ne posons pas face à l’idéal du non flingage qu’un prévenu tente systématiquement de s’évader.

                                    Vous savez, Hélios, ce cas, dans ce contexte, n’illustre qu’une seule chose : il y a des visions idéales et il y a la réalité.
                                    Or, chacun de nous sait très bien qu’il circule parmi les autres avec une part de risque. Alors que le tabou du canninalisme nous semble à peu près certain et acquis à tous, il peut encore nous arriver, en passant devant certains regards, d’avoir un frisson glacé dans le dos et d’accélérer le pas. C’est la part de risque de la réalité de la vie.

                                    Il y a une montagne de lois et de conventions mais, la vie nous le prouve, il y a toujours des anomalies. Il n’est pas normal, quand on est dans un manège de foire, qu’il se décroche. Mais ça arrive. On aura beau protester ensuite qu’il faut augmenter les contrôles ou durcir les lois, il y aura encore et toujours des accidents. Car un manège de foire, cher ami, c’est un jeu bien volontaire avec la mort.


                                    Là, sur ce coup-ci, vous vous élevez contre le risque qu’il y a à se faire flinguer si on s’évade et qu’on ne représente pas un danger immédiat. Vous semblez donc réclamer une garantie de ne pas être tué.
                                    Et pourtant, vous montez dans les trains, les avions, les voitures.


                                    Entendons-nous bien. Je suis tout disposé à signer des deux mains une loi interdisant strictement aux flics de faire feu sur un type désarmé, ou même de frapper une personne isolée et sans défense. Mais une fois cette loi validée, je saurais que si je me retrouve dans un épisode électrique, bourré de tensions entre cow-boys et Indiens, à bouger une oreille, je risquerais d’en prendre une. C’est la vie qui m’a convaincu de cette réalité.

                                    A 8 ans, j’ai appris qu’on ne doit jamais courir devant un chien car ça provoque immédiatement chez lui un réflexe pavlovien d’attaque.



                                    Comme chacun sait très bien ce principe du risque de réaction pavlovienne, même chez des flics formés, on observe que bien des voyous US, surtout les expérimentés, quand ils sont interpelés par la Police, ont souvent la présence d’esprit de faire tout ce qu’ils peuvent pour les calmer, les rassurer et rester immobiles. 
                                    Comme chacun sait bien qu’en des circonstances électriques un coup de feu est vite parti, il existe des flics expérimentés et vicelards à la fois, qui sont tentés de provoquer le prévenu afin de créer ce contexte électrique et le flinguer avec préméditation alors.

                                    C’est pour ça qu’il faut constamment qu’il y ait une enquête sérieuse sur les circonstances du flingage. Il est très important que les flics n’aient pas le sentiment qu’ils peuvent flinguer souvent et sans risque.


                                    Tout cela posé, que ceux qui répondent simplement qu’il n’est pas dramatique que la Police flingue un voyou ayant été armé, prennent garde. Ils sont en train d’autoriser le flingage et un jour, eux ou leurs enfants, seront flingués par des flics qui se sentiront assurés que dans notre Nation, beaucoup de gens trouvent normal qu’ils tirent sur des présumés voyous ou sur des avérés voyous mais en tous cas désarmés.


                                    Ce n’était pas le cas avec ce Gitan, mais il est déjà arrivé que des gens à 100 % innocents, voyant la Police les charger, se mettent, par un autre réflexe pavlovien, à courir. Et ils ont été parfois abattus.

                                    Dans le métro de Londres, un Brésilien je crois, s’était mis à courir devant la Police qui voyait alors en lui un des terroristes qu’elle traquait. Il croyait que la Police lui cherchait noises sur le plan permis de séjour et ne croyait pas que les flics étaient branchés rouge vif. Il aurait su que ces flics étaient en chasse antiterroriste (chasse très dangereuse) il se serait forcément immobilisé.

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