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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Qu’est-ce qu’une identité nationale ?

Qu’est-ce qu’une identité nationale ?

S’interroger sur l’identité nationale, c’est dans un premier temps chercher à définir ce qu’est une nation. Entreprise bien difficile que les citoyens présents ont mené avec sérénité. Tout d’abord, la nation n’est pas forcément liée à un territoire avec des limites géographiques précises. Pour s’en convaincre, il suffit d’évoquer les peuples nomades constitués parfois en nations. Certains intervenants, en prenant l’exemple suisse, soutiennent que la langue ne fait même pas partie de l’identité d’une nation. Nous nous apercevons très vite qu’il est difficile de cerner les constituantes d’une nation.

En France, l’identité nationale s’est cristallisée pendant la Révolution Française alors même que les révolutionnaires font émerger une nouvelle ère d’exercice du pouvoir, celle de la République. De puissants symboles soudent alors le peuple. à commencer par la devise républicaine « Liberté Égalité Fraternité », formulée en 1790 par Maximilien de Robespierre. Le drapeau tricolore bleu blanc rouge, dessiné par Jacques Louis David en 1794, est également emblématique de la nation. La Marseillaise, écrite par Rouget de Lisle en 1795, est l’hymne qui tisse et raffermit les liens entre les membres de la république. En ces temps de combats pour des idéaux (« La liberté ou la mort » pouvait-on entendre dans la rue), nul doute que le sentiment d’appartenance à la nation était bel et bien vivant chez ces citoyens de la première heure.

Ce n’est pour autant qu’à partir du XVIIème siècle que les philosophes associent la nation au peuple, s’opposant ainsi à la conception aristocratique de la nation (« droit du sang » de la noblesse). L’identité nationale française s’est ainsi préalablement façonnée grâce à l’apport de nombreuses cultures : celte, gauloise, grecque, romaine... N’oublions pas que la morale chrétienne joue un rôle prépondérant pendant des siècles. Jusqu’à ce que la République impose la laïcité comme conscience morale commune.

Mais pourquoi, aujourd’hui, nous interrogeons-nous sur ce que signifie une identité nationale ? Serait-ce parce que nous ne la ressentons plus ? Vivons-nous une crise d’identité ? Certainement. Car de nombreux épisodes politiques, économiques et sociaux ont contribué à effilocher notre rapport à la nation. A commencer par le fait, souligne-t-on, d’avoir abandonner pendant des décennies l’usage des symboles nationaux aux partis politiques xénophobes et racistes. Nous ne pouvons que nous réjouir de cette réappropration par les Républicains des symboles et emblèmes qui ont fondé notre nation. Parallèlement, la construction de l’Europe a aussi contribué, pour plusieurs raisons, à fragiliser notre rapport à la nation. En substituant d’abord une technocratie bureaucratique à la souveraineté populaire, que cette dernière soit d’ailleurs nationale ou européenne. Ce sentiment de déficit démocratique lié à la construction européenne s’est manifesté lors du référendum sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe. Enfin, le communautarisme participe également à l’effritement de l’identité nationale.

Cette crise identitaire de la nation est accentuée par les nombreux outils de communication, et notamment Internet, qui nous permettent aujourd’hui de connaître ce qui se passe partout dans le monde. « Le village devient planétaire » rappelle-t-on dans la salle. D’autant que les frontières géographiques, sont de plus en plus floues. Le tout récent espace Schengen par exemple a contribué à anéantir les limites nationales. Être informé instantanément des évènements qui se déroulent dans le monde entier, voyager facilement aux quatre coins de la planète, tout cela facilite-t-il la construction de notre citoyenneté ? Peut-être. Peut-être pas. Toujours est-il que notre rapport aux groupes se trouve complexifié. Chose étonnante lorsque encore aujourd’hui on naît, vit et meurt dans un espace géographique finalement très restreint.

Une citoyenne pense que le débat sur l’identité nationale serait à poser à chaque génération. Pour réaffirmer les valeurs que nous voulons partager ensemble. On peut se demander aussi si ce débat n’est pas le fruit d’une nostalgie, un spectre issu d’un passé glorieux mais révolu. Car se sentir appartenir à un corps social, avoir envie de vivre ensemble, partager des valeurs communes, tout ceci est finalement conditionné par un projet de société. A l’aube de la Révolution Française, l’ambition ne manquait pas. Les idées non plus. Le courage encore moins. Malheureusement, de nos jours, les politiques ne savent plus rassembler. Ni même favoriser l’émergence de projets collectifs, dépassant les clivages. Il faut dire que la tâche n’est pas aisée, le citoyen s’est aussi endormi dans un confort plus ou moins individualiste. Plus ou moins car chacun appartient tout de même à une ou plusieurs communautés. Cette liberté de choisir ses communautés n’a peut-être d’ailleurs jamais été aussi importante de nos jours.

Chacun de nous intériorise des repères identitaires. Force est de constater que la présence quotidienne de repères identitaires commerciaux, sportifs, religieux, ont dominé les repères d’appartenance à la nation. Si l’on se réfère aux États-Unis, on peut s’apercevoir que le sentiment patriotique est toujours très présent. Avoir un voire plusieurs drapeaux chez soi est la règle.

L’immigration rend-il plus difficile la constitution de ce sentiment d’appartenance à une même communauté nationale ? Pour quelques-uns, tout dépend de l’ampleur des vagues migratoires. Car plusieurs aspects de l’immigration d’aujourd’hui rendent peut-être plus délicate la construction d’une identité commune. D’abord parce que la dimension religieuse des populations immigrées est plus affirmée que par le passé. La pratique de la religion dans l’espace public se heurte au principe de laïcité. Le port de la burqa par exemple. Mais aussi la volonté chez certains de supplanter la loi républicaine par leurs préceptes religieux. Cette remise en cause des fondements de la République questionnent les plus tolérants d’entre-nous. Ensuite parce que les rapports que nous avons entretenu et que nous entretenons encore avec les peuples issus des ex-colonies françaises brouillent l’établissement de relations foncièrement sincères et égalitaires.

N’empêche, cet ouvrage nécessite certainement du temps et de la pédagogie. Comment pourrions-nous exiger à des personnes d’accepter en quelques années ce que nous avons mis des dizaines d’années voire des siècles à intégrer ? Lorsqu’une nation est multiculturelle, le problème politique est de savoir si la diversité culturelle, en termes de religion, de différences sociales, est susceptible d’être transcendée par un projet commun. L’essentiel est peut-être alors de cultiver cet élan vers un avenir collectif. Inviter tous les hommes, de toutes cultures, de toutes conditions, à pratiquer régulièrement l’exercice de la citoyenneté. Sans oublier de défendre les principes républicains. C’est pourquoi, ouvrir nos pratiques démocratiques à un maximum de gens peut s’apparenter à une forme de transmission de valeurs. On parle évidemment de la pratique régulière du débat. On évoque également le droit de vote des résidents étrangers aux élections régionales et locales. On rappelle enfin que l’École doit être un outil intégrateur permettant de cultiver la tolérance mutuelle.

Nous vivons sans nul doute une ère de transition. Car la vision que nous avons de l’État a considérablement évolué. Nombres d’instances, notamment économiques et financières, méprisent les loi nationales. Et le monde est peut-être encore trop vaste, tout du moins trop hétérogène, pour que l’on s’identifie à une nation plus importante que celle que nous avons auparavant construite. Qui plus est dans le sang et le sacrifice. La tentation est grande de vouloir figer l’identité nationale. De replier sur eux-mêmes les peuples. Espérons que ces crispations ne seront que passagères. Pour ouvrir de nouvelles perspectives au concept de nation. Et pourquoi pas de citoyenneté.

Synthèse du Café Citoyen de Caen du 09/01/2010
http://www.cafes-citoyens.fr/comptes-rendus/528-qu-est-ce-qu-une-identite-nationale

 


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25 réactions à cet article    


  • FALCO FALCO 24 février 2010 10:29

    Bonne question.
    Tout dépend dans quel pays vous la posez
    En France, l’identié est halal Monsieur, elle porte la burqa et parle arabe.


    • HOUSSAYE Marc HOUSSAYE Marc 24 février 2010 11:15

      Effectivement, tout dépend du pays dans lequel on pose la question. Ou plutôt, tout dépend de la nation à laquelle on pose la question. 

      Quand vous dîtes « En France, l’identié est halal Monsieur, elle porte la burqa et parle arabe. », s’agit-il d’ironie, de provocation ?

    • FALCO FALCO 24 février 2010 12:20

      Mr,
       
      Un peu des deux...mais reconnaissons que...la France à l’étranger a de plus en plus cette image...donc !


    • faxtronic faxtronic 24 février 2010 12:55

      En belgique, les gens disent que la France c est comme molenbeek (quartier pourri de Bruxelle, pire qu anderlecht), mais generalisee. Et les belges deviennent de plus en plus comprehensif enver les reaction FN en France 


    • iruos iruos 28 février 2010 17:29

      Bonjour,
      Finalement pour les mecs comme toi c’est cool internet...
      On peut deverser sa haine,sans vraiment refléchir non plus...Je t’en voudrais si ces idées étaient les tiennes,mais il est clair que tu n’es qu’une caisse de résonnance,un fantome,un mirage...mais pas du genre représenté sur ta triste photo,non un mirage du desert là ou ceux que tu insulte,pourrait t’apprendre le sens du mot Liberté,mais surtout celui de COURAGE !!!Mais comme tous bon collabo tu reagis mais refléchir on t’as pas appris... Ce que tu fais démontre de ta petite ame...Je viens te répondre en lieu et place de l’auteur qui lui aurais du s’en occupé !!Mais il ne sait peu-t-etre pas sentit concercné...A toi et ceux qui résonne comme toi,apprend le respect si tu veux etre respecté...Je parle arabe,je parle français,je mange halal ou pas,et la burqua n’est pas mon probléme...Mais ce qui est sure c’est que mon ame,ma pensée,mon coeur transpire la tradition française que tes vils mots trahissent...


    • Deneb Deneb 24 février 2010 10:58

      Enfermer volontairement son sentiment d’appartenance dans un carcan bureaucratique releve de la pathologie d’esprit.


      • HOUSSAYE Marc HOUSSAYE Marc 24 février 2010 11:17

        Bonjour Deneb, 

        Qu’entendez-vous par « enfermer volontairement son sentiment d’appartenance dans un carcan bureaucratique » ? Je vous avoue que je ne connais pas grand monde qui souhaite cela.

      • Deneb Deneb 24 février 2010 12:03

        devrais-je dire juridico-politico-oligo-bureaucratique pour être plus clair ?


      • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 24 février 2010 14:59

        « Tout d’abord, la nation n’est pas forcément liée à un territoire avec des limites géographiques précises. Pour s’en convaincre, il suffit d’évoquer les peuples nomades constitués parfois en nations. »

        Ce que vous dites n’a pas de sens : Si le territoire n’est pas défini, il ne peut y avoir un lien social entre les individus et par conséquent il n’y a pas de Nation il s’ensuit qu’il est absurde de parler alors « d’identité nationale » : Un nom, un pays, une histoire, une culture et UNE DIFFERENCE avec tout le reste ! C’est cette différence qui fait le Monde mais on voit bien aujourd’hui que le bordel planétaire étouffe de pus en plus les Nations au profit de la mondialisation de l’argent !

        Bien sûr il y’a les pays qui sont déjà au sommet de l’organisation sociale, qui comprennent le fonctionnement du monde et peuvent donc s’autoriser toutes les dispersions sans risque et d’un autre côté il y’ a ceux qui n’arrivent pas à se rassembler autour d’un projet national ceux-là sont donc condamnés à servir les intérêts des plus intelligents. Ainsi va le Monde.

        La France vit de la CREDULITE DES INDIGENES DU MONDE, c’est pour cela que la proposition de Sarkozy a donné toutes ces réactions hostiles, « les Français savent ce qu’est l’identité nationale pourquoi en parler pour réveiller les pays morts » ? Mais c’est fait...

        Mohammed MADJOUR.


        • projetX projetX 24 février 2010 15:19

          Aux états unis, on est fier de son pays, on est patriote, on sort drapeaux, on met la mains sur le coeur pour l’hymne.


          En France, sortir le drapeau, dire qu’on aime son pays et qu’on le prefere au reste c’est être un « nationaliste », un vilain fasciste-qui-rappele-les-heures-sombres-de-lhistoire...

          Et le pire c’est que les gens qui crachent sur le drapeau sont souvent : soit des journalistes (qui parlent pour le pays), soit des leaders politiques (qui devraient être forcement nationalistes), soit des personnes tributaires de celui ci (personnes à faible revenus, nouveaux arrivés etc...).

          Et vu qu’en France on n’ose pas dire qu’on aime son pays, il est pour l’instant difficile de faire changer les choses.

          Je trouve que les gens qui n’aiment pas (au sens strict) le pays ou ils vivent et qui les a vu naitre, devraient s’empresser de rendre leur carte d’identité et de partir.

          • apami 24 février 2010 17:26

            Point n’est besoin de porter haut le drapeau ou de mettre la main sur le coeur...

            On peut être fier de son pays, être patriote sans le crier sur les toits. On peut désirer le meilleur pour la France et agir dans ce sens sans en faire un fromage. On peut, et l’on doit, se souvenir des ravages qu’ont causés les nationalismes à la « nous reprendons l’alsace et la lorraine », et préférer grandement promouvoir la devise « liberté égalité fraternité ». On peut aimer profondement son pays et hair ceux qui le défigurent.

            Ah ca ira ca ira ca ira....


          • apami 24 février 2010 17:54

            S’interroger sur l’identité nationale est une erreur.

            En soi dèjà l’identité n’existe pas. Il s’agit d’une illusion créée par un cerveau humain qui assimile une forme de persistence de la mémoire dans le temps à une notion d’équivalence. Le poulet que vous avez mangé hier, une fois dans votre estomac, répond maintenant à votre prénom. Vos cheveux sur le sol du coiffeur, eux n’ont plus d’identité. 

            L’amnésique perd son ancienne identité et en acquiert une nouvelle (en se désespérant de retrouver la première). On voit la combien la notion d’identité, vue comme une permanence, est en fait une simple illusion.

            En soi ne peut avoir une identité qu’une entité intelligente, et la seule identité quelle ait c’est la sienne. Elle projette cette notion sur ses semblables en supposant qu’ils sont comme elle.

            Mais la Nation est dépourvue d’intelligence. L’intelligence est uniquement contenue dans les individus. Qu’est ce que une nation ? C’est un ensemble d’individus qui se donnent un cadre commun, qui décident de s’attribuer un corpus de règles (lois, coutumes, constitution) et dont certaines de ces regles définissent leur appartenance au groupe lui même.

            Les allemand comme les français se perçoivent comme ayant eu pour empereur Charlemagne. Le français voit l’empire de charlemagne comme la france étendue à l’est. Les allemands comme l’allemagne étendue à l’ouest. La réalité c’est que l’identité nationale française et allemande est la même. Pourtant il s’agit de deux choses séparées, voire souvent exclusives. Un logicien vous dira que le seul ensemble correpondant à ces deux définitions est l’ensemble vide.

            L’identité nationale est un non sens. Il n’est pas necessaire de digresser à ce sujet.


            • HOUSSAYE Marc HOUSSAYE Marc 24 février 2010 18:38

              Bonjour apami,


              Vous dîtes : « L’identité nationale est un non sens. Il n’est pas necessaire de digresser à ce sujet. »

              Mais votre intervention est très pertinente. En fait, il faut plutôt voir la notion d’« identité nationale » comme un point de départ. Vous dîtes bien par ailleurs que « En soi dèjà l’identité n’existe pas. Il s’agit d’une illusion créée par un cerveau humain ».

              Mais tout n’est-il pas qu’illusion finalement ? Qu’est-ce que la réalité ? Qu’est-ce que la Vérité ? D’un point de vue politique, qu’est-ce que l’intérêt général ? Des constructions collectives. Des imaginaires qui persistent. Au-delà pourtant de l’individu. Il y a donc bien à mon sens quelque chose qui dépasse les individus et qui possède des caractéristiques. Nous en héritons. Nous le léguons parfois aussi. Mais si le petit véhicule de ces constructions collectives est l’individu, il ne faut oublier le grand.

              Pour prolonger votre réflexion, on peut se demander si le fait qu’en France nous ayons créer le concept d’Etat-nation ne complique pas un peu les choses dans la tête des Français. 


            • apami 25 février 2010 15:03

              @marc houssaye
              On peut évidemment remettre en cause la réalité et qualifier d’illusion toutes nos perceptions, mais sans même sacrifier le concept de réalité on voit que l’illusion de l’identité est d’une autre nature : pour que la perception d’une identité existe il faut rassembler le concept de mémoire et le concept d’intelligence. L’identité c’est la perception d’une continuité de la conscience à travers la mémoire.

              Une nation n’est pas équipée d’une intelligence. L’identité nationale n’est alors qu’un artifice de langage. Cela relève de la même erreur d’invoquer ce concept que de qualifier globalement les ressortissants d’une nation : les italiens n’aiment pas les pâtes (c’est à dire qu’on peut trouver au moins un italien qui les détestent), non plus que les français les grenouilles.C’est même condamnable de définir une différence sur la base d’une nationalité. Nous avons payé cher pour le savoir, et invoquer l’identité nationale relève de la même erreur, qui paraît illusoirement plus acceptable car appliquée à notre nation même. Que ne dirions nous pas si les suisses se mettaient en devoir de décortiquer l’identité nationale française ?

              Je le dis sans fard : en allant au fond des choses, la mise en place de ce débat, la création même de ce ministère, est une infraction aux règles nationales et internationales prohibant la discrimination.

              La nation existe : c’est la loi qui la définit dans ses dimensions géographiques et de la nationalité. Est français celui qui correspond aux critères définis dans le code civil, et dès lors s’applique à lui un ensemble de règles.

              On peut parler de traditions, voire de tendances, peut être même d’habitudes françaises. Tout cela laisse la marge nécessaire à l’existence des exceptions (beaucoup de français aiment les grenouilles ?). L’identité n’a pas cette souplesse et donc est de droit à exclure du champ des qualificatifs applicables à la nation.

              Je demanderais bien à maître Eolas de donner son point de vue sur ce point.


            • HOUSSAYE Marc HOUSSAYE Marc 27 février 2010 11:30

              Bonjour apami,

              Vous écrivez « L’identité c’est la perception d’une continuité de la conscience à travers la mémoire. ». J’ajouterai l’imaginaire.

              Vous écrivez "En soi ne peut avoir une identité qu’une entité intelligente, et la seule identité quelle ait c’est la sienne. Elle projette cette notion sur ses semblables en supposant qu’ils sont comme elle.« .
              Je ne suis pas d’accord, l’intelligence réside dans le fait de créer du lien. C’est pourquoi un homme intelligent n’est pas seulement érudit. Il est également cultivé. En outre, plusieurs types d’intelligences existent (à l’intérieur d’un individu, entre deux individus, entre l’individu et l’absolu, cette dernière pouvant développer l’humilité). Et la relation à autrui comme différent de soi permet de mieux se connaître, donc de »creuser« son identité. Connaître n’est-il pas d’ailleurs naître ensemble ? S’identifier est donc une démarche commune à plusieurs être. Saint-Exupéry nous rappelle que  »Toi, si différent de moi, loin de me léser, tu m’enrichies« .

              Enfin, vous écrivez »La réalité c’est que l’identité nationale française et allemande est la même. Pourtant il s’agit de deux choses séparées, voire souvent exclusives. Un logicien vous dira que le seul ensemble correpondant à ces deux définitions est l’ensemble vide.« 

              Je n’ai pas les mêmes notions mathématiques que vous. Pour moi, l’ensemble correspondant à ces deux visions de la nation n’est pas vide. Ce sont les bases d’un humanisme. D’ailleurs, pourquoi la nation devrait-elle être aujourd’hui forcément associée à un pays ? La nation (dont l’étymologie provient de »naissance") pourrait devenir mondiale.


            • FALCO FALCO 24 février 2010 18:58

              Parlons identité historique, géographique, linguistique, culinaire...CULTURELLE, parlons CIVILISATION.


              • HOUSSAYE Marc HOUSSAYE Marc 24 février 2010 19:21
                Falco,

                Certes, nous pouvons parler de civilisation. Ce qui est à mon avis un autre débat. Cela pourrait être un moyen de contourner le problème de confrontations des nations. Mais d’aucuns parlent aussi de chocs des civilisations. Nous pourrions aborder cette question de l’identité également sous l’angle de l’humanisme.

                Il est étonnant de constater que le terme de nation est devenu difficile à utiliser. Il faut dire que le national-socialisme et tous les fascismes au XXème siècle ont largement contribué à donné une mauvaise réputation à ce terme. A le rendre sale.

                Mais n’oublions pas qu’il y a deux cents ans, la nation, c’était un vent de liberté. Associé à l’idéal démocratique.

              • ddacoudre ddacoudre 24 février 2010 19:22

                bonjour youssaye

                a part le FN personne n’en parlait, que chacun ai eu sa sphère nationale perturbé dans ses repére suivant les champs choisi du fait de l’élargissement de l’Europe, et de la rapidité de circulation de presque toute chose, c’est une évidence. mais ce qui l’est encore plus c’est la culture de la peur islamiste depuis le 11 septembre, que je saches tous les pays de la communauté Européenne y sont soumis mais tous n’ont pas cru devoir ouvrir un tel débat, il faut donc bien convenir que la raison s’en trouve ailleurs.

                je crois que la conclusion de ce débat est que l’identité nationale cela ne se décrète pas, ce sont nos parent qui la choisissent pour nous.

                cordialement.


                • HOUSSAYE Marc HOUSSAYE Marc 24 février 2010 19:39

                  Bonjour ddacoudre,


                  Ravi de vous lire à nouveau. Il faut dire que cela faisait longtemps que j’avais mis les pieds chez AgoraVox.

                  Vous écrivez « je crois que la conclusion de ce débat est que l’identité nationale cela ne se décrète pas, ce sont nos parent qui la choisissent pour nous. ». Et c’est bien là que la bât blesse justement. Si une identité s’hérite. Elle se construit également en tendant vers l’avenir. Nous ne pouvons pas réduire la nation à ses racines. Un avenir commun, un projet de société tout cela fait partie de l’identité nationale.

                  Le souci c’est que l’on a du mal avec les projections de nos jours. Le vieillissement de la population en serait-il à l’origine ?

                • GHEDIA Aziz Sidi KhaledI 24 février 2010 20:49

                  A l’auteur
                   
                  Je vous suggèere de lire « Les identités meurtrières » de Amine Maalouf / Vous aurez alors une idée très précise de ce que c’est l’identité nationale/


                  • Antoine Diederick 24 février 2010 23:05

                    ce n’est pas morbide d’aimer sa culture, la culture dans laquelle nous sommes nés, cela permet de découvrir la culture des autres...

                    ma culture, celle que j’ai hérité par le hasard de ma naissance est ce que je peux approfondir pour me déterminer, pour aimer, pour créer....etc

                    ceux qui croient que le déterminisme culturel ne peut que créer du malheur, ignorent leur propre libre arbitre .


                  • HOUSSAYE Marc HOUSSAYE Marc 27 février 2010 11:15

                    Merci Sidi Khaledl,

                    Je ne connaissais pas. La quatrième de couverture est intéressante. Je vais l’acheter cet après-midi.


                  • iruos iruos 25 février 2010 15:35

                    Bonjour,
                    J’aimerai repondre simplement a la question :"Mais pourquoi, aujourd’hui, nous interrogeons-nous sur ce que signifie une identité nationale ? Serait-ce parce que nous ne la ressentons plus ? Vivons-nous une crise d’identité ?« 
                    Pour commencer nous ne nous interrogeons pas sur l’identite nationale...Ce sont les fascistes qui nous gouvernent qui veulent que nous nous posions la question...Et tant qu’il y aura des cons pour sauter quand on leur dit de sauter,et bien cela marchera...Vous faites de belles envolees philosophique,vous evoquez la revolution qui elle n’avait absolument rien de national,referrez vous a l’abbe de Seyes et son concept de revolution,suivez le jusqu’en 1793 et enfin etudiez Napoleon et attardez vous sur ou il a fini ses jours.
                    Pour finir ce debat n’a absolument rien de nouveaux,et il a un objectif cache. Je m’explique, en 1920 Samuel Huntington a ecrit un livre : »The clash of civilisation« et a lancer un debat intitule : »Who are we as american« , tout cela n’avait qu’un but et n’a servis qu’un propos : »l’exasperation des differences,le nationalisme,et la justification de la chasse aux sorcieres(le maccarthisme)
                    Il suffit aujourdhui de remplacer communiste par islam et on obtient du propre,on chasse l’islam jusque dans les Quick...La laicite est en danger car la france est encercle par 1000 burquas memes si certains sont de simple foulard...Mais personne n’aura les couilles de parler de Kippa,de synaguogue ou autre, forcement car critiquer israel demande beaucoup plus de courage...Je vais vous donner un bon conseil jetter vos televiseurs,car tout ce que je lis plus haut n’est qu’un degueuli ingurgiter la veille de l’ecrire.
                    Je suis fatigue de cette propagande et du niveau des debats en france...Il est vrais qu’il n’y a vraiment rien de plus urgent, je pense la a la crise qui vient...Nous sommes gentiment mais surement en train de formenter le fascismes qui fait son grand retour en france( je fais reference a l’affaire Dreyfus qui a durer 12 ans et on connait la suite )...
                    Etre francais aujourdhui c’est avoir une carte d’identite et parler francais le reste c’est de l’ordre du prive il me semble, tout ceux qui pensent le contraire sont des cons dangereux.A moins que vous ne reviez d’une dictature ou la nationalite serait hierarchise...Merci pour la propagande,et bravo pour le fascisme latent.Monsieur vous etes un lache et ce que vous faites est dangereux...


                    • HOUSSAYE Marc HOUSSAYE Marc 27 février 2010 11:14

                      Bonjour iruos,

                      Vous dîtes « Vous faites de belles envolees philosophique,vous evoquez la revolution qui elle n’avait absolument rien de national ».

                      Permettez-moi de vous contredire. Dans son discours sur la garde nationale, Robespierre évoque pour la première fois la devise républicaine « Liberté Égalité Fraternité ». Sur les premiers uniforme de la garde sera d’ailleurs gravée cette devise. La Républicaine, dès sa naissance, est nationale. Ne serait-ce que pour protéger cette belle lumière des nations alentours ne cherchant qu’à s’emparer de la France alors en pleine crise. La Marseillaise, que d’aucuns considère trop guerrière, est avant tout un chant patriotique et national.

                      Je pense tout comme vous que l’intolérance peut émerger de ce débat. Et votre manière de considérer la contradiction « tout ceux qui pensent le contraire sont des cons dangereux » risque de vous conduire dans cette impasse. Les dernières phrases de votre intervention sont étonnantes. Je suis peiné que vous interprétiez de la sorte ma contribution.


                    • iruos iruos 27 février 2010 16:25

                      Bonjour Marc,
                      Vous ne me contredisez pas, vous allez dans mon sens...Robespierre ne lui a-t-on pas tranché la tête(je suis d’accord avec vous : un vrais patriote,on le surnommait l’incorruptible)...Merci l’abbe de seyes pour l’assassinat a la guillotine...Pour info,la perte de notre souveraineté c’était amorcé bien avant(http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Sept_Ans)..Vous savez les évènements historique ne se font pas du jour au lendemain, Louis XV,a bien essayer mais en vain,nous avons perdu !!! Le reste c’est fait progressivement,mais je n’ai pas vocation a vous faire un cours d’histoire(trop long)...
                      vous êtes en peine, mais j’aurais aime vous voir beaucoup plus peine au propos de Falcone plus haut ou encore Projet X,sans compter notre bon ami de Belgique...Vous savez de quoi retourne ce débat et vous le faites quand même,là c’est moi qui suis peiné...Ce que vous voyez comme une manière de considerer la contradiction, moi je me place plutôt en tant que défenseurs de la liberté et effectivement je rejette la bureaucratisation des libertés...Nous imposer ce débat qui je vous l’ai démontré a un seul objectif,ne sert que dans les mains des extrémistes,et des petits fachos en friche qui n’attendent qu’un peu d’eau pour éclore, et vous leur en verser un tonneau...Je ne suis pas politiquement correct,mais c’est le seul moyen de dynamiter l’hypocrisie...Si vous nous faite un article sur comment rapprocher les gens je vous encensserais mai là,desolé,vous avez tort de defendre ce debat qui par ailleurs vous est induit...Desolé marc ! 

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