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Quand les grandes entreprises créent la crise... qu’elles disent « anticiper »

Depuis plusieurs semaines les plans sociaux se multiplient pour « faire face à la crise ».

Comment des dirigeants brillants, si on en juge par leurs parachutes dorés, peuvent-ils à ce point créer ce qu’ils affichent redouter ? Henry Ford, à son époque, n’arrivait pas à convaincre ses pairs de l’importance de payer correctement leurs ouvriers s’ils voulaient les voir consommer leurs produits. Malgré la crise de 1929, et les catastrophes qui l’ont suivie, rien ne semble avoir changé. Vision à court terme et sur un espace limité, même s’il peut aujourd’hui être mondial.

Plus surprenant et plus grave la passivité des politiques capables au mieux (au pire ?) de déverser des milliers de milliards de dollars ou d’euros vers les déclencheurs même de la crise : banques, d’abord, grandes entreprises maintenant. Certains affichent posture et discours volontaristes de relance mais les actes ne suivent pas.

C’est que l’absence de vision des interdépendances (malgré la création de l’expression et de la fonction « risque systémique ») est une caractéristique des personnes sous l’influence d’une idéologie, au sens que donnait Hannah Arendt à ce terme : déploiement jusqu’au bout de la logique d’une idée. La main invisible du marché qui a créé ou n’a pas su empêcher la crise, devrait, par miracle, être capable d’assurer la relance à condition de lui fournir le carburant lui manquant : les fameuses liquidités.

C’est un peu, comme si voulant faire redémarrer ma voiture après un crash, je versais dessus de l’essence. Une allumette et tout flambe...

Pour les citoyens qui ne sont pas contaminés par cette maladie idéologique, il est en temps de remettre la politique à la première place, qu’elle n’aurait jamais dû quitter au profit de ce qui n’était autrefois que le « ménage », l’économie. Quel monde voulons-nous ? Un monde de citoyens libres ? Libres de la nécessité vitale ? En quoi le libre échange, la division internationale du travail et la marchandisation généralisés à quasiment l’ensemble de la planète, favorisent-ils cette liberté ? En provoquant la famine dans des pays autrefois miséreux mais auto-suffisants, en rendant l’ensemble des citoyens dépendants d’une activité salariée et en les mettant en concurrence entre eux pour bénéficier d’emplois précaires, mal payés ?

Où agir ? Au niveau local, sûrement. Au niveau national, au niveau européen. En sortant de la paresse intellectuelle de ces dernières années, en résistant à la construction d’une Europe aux mains de commissaires aussi contaminés par la bêtise libérale que les pires des républicains américains. En profitant des prochaines élections européennes pour proposer une autre démarche ayant comme sens la liberté et donc l’égalité des citoyens.


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43 réactions à cet article    


  • iris 19 décembre 2008 11:22

    les pme et les pte aussi
    ne nous faisons pas d’illusion
    les patrons ont tous la mème mentalité


    • Le péripate Le péripate 19 décembre 2008 14:11

       Monsieur m’a sonné ? Votre bouillotte est froide peut-être ? Ou peut-être désire-t-il une tirade neo ultra libérale facile à réfuter, en guise d’exercice intellectuel ?

      Je m’exécute, mais Monsieur n’oubliera pas mes gages.

      Voici donc une petite histoire, très facile à réfuter.

      Je suis un salarié de l’industrie métallurgique. J’ai une certaine qualification professionnelle et une ancienneté qui font, à elles-deux, que je gagne honorablement ma vie. Mon salaire équivaut à peu de chose près à 2,5 fois le Smic. J’habite à 5 mn à pieds de mon lieu de travail, et je n’ai donc pas besoin de voiture pour m’y rendre.

      Mon épouse travaille dans l’automobile, à quelques 40 kilomètres de notre domicile. Elle a un emploi tertiaire qui lui procure un salaire d’environ 1,5 Smic.

      A nous deux, nous gagnons donc environ 4 Smics. Nous avons ainsi pu faire construire notre pavillon, évidemment à l’aide d’un emprunt bancaire. Bien que ce pavillon soit situé à proximité de mon lieu de travail, j’ai quand même pris la décision lorsque nous avons déménagé, d’acheter un deuxième véhicule. Cependant, je maintiens qu’il s’est agi d’une décision de bon sens économique.

      En effet, nous avons deux enfants et notre véhicule était donc une routière de milieu de gamme capable de nous transporter confortablement tous les quatre, mais qui consomme plus que la moyenne. J’ai donc considéré qu’il était préférable que mon épouse ne l’utilise pas quotidiennement pour se rendre à son travail, et j’ai préféré acheter une petite cylindrée plus économique pour cet usage.

      Nous ne roulons pas sur l’or, mais avant la crise nous avions néanmoins un train de vie honorable et assez confortable, ce qui rend jaloux quelques uns de mes amis, et, je le sais, pas mal de mes voisins. Il est cependant à noter que notre niveau de revenus n’est dû ni au hasard ni à des pratiques malhonnêtes : nous avons, mon épouse et moi, poursuivi des études qui nous ont permis d’occuper des emplois qualifiés et assez bien rémunérés, et nous avons su gérer notre budget et limiter nos dépenses. Nous avons donc réussi à constituer un petit patrimoine (notre pavillon), et nous avons en fin d’année, impôts (largement) payés, un revenu résiduel que nous plaçons dans un plan d’investissement (un de mes amis appelle ça du "bénéfice" !..)

      Je suis assez heureux, du reste, que cette situation me permette de donner du travail à d’autres personnes : que ce soit un jardinier (à temps partiel évidemment), une femme de ménage (à temps partiel elle aussi), un voisin bricoleur à qui je confie quelques menus travaux d’entretien et que je rémunère en CESU. Tout ce petit monde, sans oublier mon garagiste qui a l’entretien mes deux véhicules, est bien content de profiter indirectement de notre activité, à ma femme et à moi.

      Seulement, tout ce que je viens de détailler n’était vrai que jusqu’à maintenant. En effet, la crise est passée par là. Mon épouse a perdu son travail et je fais l’objet, évidemment avec beaucoup d’autres, d’une mesure de chômage partiel qui est prévue pour durer plusieurs mois. Et rien ne dit que je ne perdrai pas moi aussi mon emploi dans une laps de temps plus ou moins long...

      Ca n’empêchera pas, bien entendu, les échéances du prêt bancaire, ni tous les autres frais courants, de continuer à courir : nourriture, eau, gaz, électricité, taxe foncière, taxe d’habitation, etc, etc...

      Alors, j’ai pris les seules décisions qui s’imposent dans ces conditions dès lors qu’on sait gérer son budget : je vais vendre le deuxième véhicule, ce qui ne plaira pas à mon garagiste, je vais faire mon jardin moi-même, ce qui ne plaira pas à mon jardinier, ma femme fera elle-même l’entretien domestique de la maison, ce qui ne plaira pas à la femme de ménage, et en prime nous restreindrons évidemment nos dépenses d’habillement ainsi que nos sorties, ce qui ne plaira pas aux commerçants concernés.

      Et pourtant, pour employer les termes qu’utilise l’ami dont je parlais tout à l’heure, nous avons "fait des bénéfices"...

      Je vais maintenant vous raconter une autre histoire, tout aussi crédible mais tout à fait vraie celle-là.

      Il était une fois un concessionnaire automobile situé à 40 km de chez moi, très prospère, qui faisait de gros bénéfices, et qui avait un secrétariat important, en rapport avec son volume d’affaires.

      Il était une fois également une usine sidérurgique située à 5 mn à pieds de chez moi, qui faisait un énorme chiffre d’affaires notamment avec l’industrie automobile, qui réalisait elle aussi de très gros bénéfices, et dans le bureau d’études de laquelle j’étais employé.

      Mais, pour ces deux entreprises aussi, la crise est passée par là... Le concessionnaire automobile a vu ses ventes chuter dramatiquement. L’usine sidérurgique, notamment à cause de la mévente dans l’automobile mais pas seulement, a vu également son chiffre d’affaires s’effondrer. Les deux ont été obligés de réduire leurs dépenses de frais généraux, et bien évidemment leurs effectifs. C’est ainsi que ma femme a perdu son emploi, que mon employeur a licencié également, et que je suis moi-même en chômage partiel.

      Et pourtant, tous deux faisaient jusque là de gros bénéfices...

      Et voilà enfin où je voulais en venir.

      On entend à longueur de temps les hommes politiques (de gauche essentiellement) et les syndicalistes s’indigner du fait que les entreprises qui font des bénéfices licencient quand même en raison de la chute de leur activité. Il en est même qui prêchent l’interdiction des licenciements. Je suis pourtant intimement persuadé que ceux-là mêmes qui hurlent avec ces loups-là, approuvent à 100 % le comportement du couple donc je brossais le tableau dans la première partie de ce billet...

      Il n’y a cependant aucune justification logique à une différence de jugement entre l’une et l’autre de ces attitudes. De quel droit peut-on demander à un industriel de continuer à payer du personnel dont il n’a plus l’utilité, même s’il a engrangé des résultats positifs jusque là ? De quel droit peut-on exiger de lui qu’il agisse autrement que le feraient ceux-là mêmes qui lui reprochent ? Quel différence objective y a-t-il entre un salarié qui vit de l’activité de son entreprise et son patron qui vit lui aussi de cette même activité ? Hors le fait, rédhibitoire pour certains, que l’un est patron (ou investisseur, ce qui revient strictement au même) et l’autre salarié. Hors le fait que, dans la tête de certains, les revenus du capital sont honteux et ceux du travail sont vertueux. Hors le fait que pour ceux-là, et par définition, les produits de l’entreprise doivent aller majoritairement et prioritairement aux salariés, et accessoirement seulement aux actionnaires (et encore...)

      Et bien moi, ces raisonnements-là m’indignent. Ils déshonorent tout bonnement ceux qui les tiennent.

      Appliquer leur politique, ce serait inéluctablement conduire à une fin certaine les entreprises concernées, et donc à la disparition programmée de la totalité de leurs emplois. Ils auront évidemment le culot ensuite de fustiger les erreurs de gestion qui auront conduit à la catastrophe, erreurs de gestion dont ferait partie le maintien des emplois inutiles... Où peut-on bien trouver après ça le plus petit semblant de crédibilité dans leur discours ?

      Remerciement à Rene Foulon, à qui j’ai volé ce texte.

      Je peux disposer maintenant, Monsieur ?


    • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 19 décembre 2008 14:27

       Etant moi-même l’objet d’un plan de restructuration (dans une structure publique), où le poste que j’occupe est voué à disparaître, je n’en tiens pour autant pas rigueur à la Direction qui doit, pour préserver la majorité des emplois, tailler dans le vif. Conserver mon poste, et quelques autres, étant donné l’état du budget prévisionnel, ce serait tout simplement faire couler le navire. Je m’associe donc à mes collègues qui craignent pour leur avenir, sans pour autant tenir la hiérarchie pour responsable des raisons historiques et économiques à l’origine de ce remaniement.


    • katalizeur 19 décembre 2008 15:40

      @ comique panzer

      t(inquiete toi ton probleme est ailleur..........a propos le megaphone marche bien, il n’est pas prevu un petit plan social ....apres les soucis madoff  ???


    • Le péripate Le péripate 19 décembre 2008 15:46

       Permettez chère Cosmic. Altruisme bien ordonné commence par soi-même. Il serait donc rationnel de descendre immédiatement dans la rue, et de réclamer instamment la perpétuation de votre emploi, à n’importe quel prix. Puis, ensuite, une fois votre entreprise mise en difficulté, de réclamer le renflouement de celle -ci par l’état. Pour faire bonne mesure, n’oubliez pas de faire rehaussez votre grille indiciaire, afin d’empêcher des petits jeunes aux dents trop longues de venir vous concurrencer. Bien sûr, les prélèvements sur votre feuille de paye augmenteront, car il faudra bien payer le chômage de ceux qui auront été ainsi écarté du travail, mais c’est un moindre mal.
      Tous tous tous ensemble contre le patronat.

      Hummmm. Pardonnez cet instant d’égarement. smiley

      Je retourne servir mes maîtres.
      Je vous change la bouillotte, Monsieur ?


    • Le péripate Le péripate 19 décembre 2008 16:02

       Je ne suis plus pauvre, car je suis un valet grassement rétribué. Et je suis confondu par cette réfutation, qui me laisse croire que le patron a le pouvoir de forcer chacun à acheter ses produits. 

      Je vous laisse, car je viens de recevoir l’ordre d’aller acheter une rollex. La bouillotte, c’est bon ?


    • foufouille foufouille 19 décembre 2008 16:10

      @ peripate
      la baisse des ventes de voitures datent de plusieurs annees
      comme les salaires (delocalisation, chomage) ne suivent plus les gens ne peuvent plus acheter
      soit tes industriels sont des fils a papa tres mauvais en gestion, soit des escrocs

      en plus ton couple fait parti de 10% de la population


    • foufouille foufouille 19 décembre 2008 16:12

      @ peripate
      truc bizarre
      2 employes a mi temps + cesu, au moins 2000€ de depenses sur 4000 ?
      hors impots credits et taxes


    • Le péripate Le péripate 19 décembre 2008 16:25

       Foufouille, c’est une histoire, rien de plus. Perso, je n’ai jamais eu de jardinier, je ne sais pas combien ça coûte. Est-ce que c’est important ?
      L’idée, c’est que on est tous dans la merde, patrons comme salariés. 


    • oncle archibald 19 décembre 2008 16:28

      Votre raisonnement, Monsieur le Péripate, et la comparaison de la gestion d’un ménage avec celle d’une entreprise aurait quelque valeur si les revenus du travail et les revenus du capital avaient un semblant d’équilibre et de respect mutuel (whaww j’imagine votre tête en lisant ces mots) . Il n’y a pas si longtemps, quelques décennies à peine, les entrepreneurs avaient en tête de fabriquer des produits dont ils étaient fiers parce qu’ils avaient le savoir faire nécessaire pour les fabriquer et gagner de l’argent, de la même façon que le chef de famille est fier d’avoir su par son travail et sa gestion rigoureuse atteindre un certain confort qu’il s’était fixé comme objectif.

      A une époque pas si lointaine, la valeur en bourse d’une action avait un relation saine et forte avec la valeur de l’entreprise, c’est à dire la valeur des investissements et la capacité de production, englobant bien entendu le savoir faire des hommes qui travaillent à produire. Mais ce bon temps est passé. La valeur boursière d’une entreprise n’a plus qu’un lointain rapport avec son capital et son savoir faire technique, seul son « savoir faire du bénéfice » représente la valeur de l’action... Et c’est donc au mépris de l’investissement et au mépris plus affirmé encore du savoir faire de son personnel que l’entreprise a produit ces dernières années.

      Que se passa-t-il lorsque Sud Aviation qui avait grossie avec le succès de la Caravelle se trouva en grandes difficultés faute d’avoir prévu à temps la mise en route d’un modèle nouveau bien adapté au marché ? Elle reconvertit une partie de son activité dans la production de biens de consommation de bien moindre intérêt technique : des caravanes « Caravelair », des réfrigérateurs « Frigéavia », et autres objets de consommation courante pendant que les bureaux d’études planchaient sur le Concorde et sur l’Airbus. C’était juste pour ne pas casser un bel outil de travail et se priver d’un personnel hautement qualifié qu’on aurait du mal à retrouver et qu’à ce titre on respectait.

      Accepter de réduire le bénéfice dans une phase difficile au lieu de foutre tout le monde à la rue était une solution qui n’a plus cours. Les actionnaires sont avides de gros dividendes et quittent le navire dès qu’il tangue. Quant à l’équipage, ils s’en foutent totalement. Puisque vous êtes très fort en économie vous devez connaître l’évolution des marges brutes des grandes entreprises sur les 50 dernières années. Elle a été monstrueuse, souvent multipliée par quatre.


    • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 19 décembre 2008 16:38

       "L’idée, c’est que on est tous dans la merde, patrons comme salariés."

      Oui. L’idée c’est aussi que des solutions doivent être trouvées, que des mesures doivent être prises. Parce que nous ne vivons pas dans un monde idéal, des lois sont nécessaires pour contraindre l’équité des contrats et/ou assurer leur respect. Reste à savoir lesquelles, dans le cadre des échanges économiques et des modes de production pratiqués aujourd’hui, sans rêver comme Jacques Attali à une gouvernance mondiale, quel cauchemar, ni, comme les nostalgiques du communisme, à une surpuissance de l’Etat. Cela dit, le budget de certaines multinationales étant supérieur à celui de certains Etats et leur pouvoir non moindre, peut-être faudrait-il, dans le cadre de vos réflexions sur le libéralisme, les considérer au même titre ?


    • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 19 décembre 2008 16:45

       "Permettez chère Cosmic. Altruisme bien ordonné commence par soi-même. Il serait donc rationnel de descendre immédiatement dans la rue, et de réclamer instamment la perpétuation de votre emploi, à n’importe quel prix. Puis, ensuite, une fois votre entreprise mise en difficulté, de réclamer le renflouement de celle -ci par l’état. Pour faire bonne mesure, n’oubliez pas de faire rehaussez votre grille indiciaire, afin d’empêcher des petits jeunes aux dents trop longues de venir vous concurrencer. Bien sûr, les prélèvements sur votre feuille de paye augmenteront, car il faudra bien payer le chômage de ceux qui auront été ainsi écarté du travail, mais c’est un moindre mal. 
      Tous tous tous ensemble contre le patronat."


       smiley
      Voilà ce que c’est que de tutoyer le beau monde à qui l’on porte sa bouilloire.


    • foufouille foufouille 19 décembre 2008 16:51

      @ peripate
      smic net + cotisations = 2 smic (en gros)
      donc c’est important car bidon

      c’est un truc qu’on apprend en bep de compta........... il y a 20a


    • Le péripate Le péripate 19 décembre 2008 16:59

       Tonton Archibald, bien que libéral, je ne fait pas partie de la haute, et tu peux laisser tomber le Monsieur. 
      Je commence à piger pas mal de truc en économie, surtout depuis que j’ai découvert l’école dite autrichienne. Mais ça ne fait pas de moi un économètre, et je suis un peu fâché avec les chiffres.
      Mais, quand même, je me suis laissé dire que la majorité des entreprises ne sont pas en Bourse. Quand à celles qui y sont, je me suis encore laissé dire que le petit actionnaire n’était pas volage, et que s’ils étaient plus nombreux ça serait mieux pour les entreprises qui n’apprécient pas forcément de voir leur cours ballotté.
      Je me suis laissé dire aussi que les très grandes entreprises n’étaient pas les plus grandes pourvoyeuses d’emploi. Peu-être regarde-t-on, un peu trop de ce côté là. Et rassurons nous, les géants sont fragiles du fait même de leur gigantisme.

      Bon, pour faire court. Il y a bien sûr un côté prophéties auto-réalisatrices dans les anticipations des multinationales. D’un autre côté, tout le monde s’est reposé sur l’état pour fabriquer de la confiance, et ce capital est en train de s’écrouler, et ce que nous voyons n’est rien à côté de ce qui va arriver quand, en cascade, ce seront les institutions étatiques elles-mêmes qui flancheront. Je veux bien que on tape sur les actionnaires, mais que feriez vous vous même ? Êtes vous certain de ne jamais prendre de décisions qui nuisent à tel ou tel ? Quel est la marque de votre ordinateur ?

      Le fabriquant de confiance, l’état, est en crise. Mais, contrairement aux multinationales (et ceci, c’est pour répondre à Cosmic), il a le pouvoir de lever l’impôt, ce qui lui laisse un certain répit. Enfin, pas pour tous les états, les plus endettés et ceux dont le poids fiscal est le plus important sont les plus fragiles (suivez mon regard). Car la révolte fiscale est toujours possible.

      Gardons nous d’appeler au secours celui qui a mis le feu.


    • Le péripate Le péripate 19 décembre 2008 17:01

       Foufouille, je vois ce qui te chagrine. Relis, c’est écrit "à temps partiel"...


    • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 19 décembre 2008 17:45

       L’abus de biens sociaux, Léon. Quid, et là je rejoins entièrement Péripate, de la gestion catastrophique des impôts et de l’aberration de l’utilisation qui en est faite, et notamment par l’Education nationale (sujet récent) ? Une amie enseignante, qui a quémandé un poste pendant des semaines, comme elle le fait à chaque rentrée, s’en est vu octroyer un à 60 kilomètres de chez elle pour 1 heure par semaine, frais de déplacements (relativement) remboursés, autant de perdu pour payer des heures d’enseignement. Le directeur d’établissement auquel elle est rattachée, tandis qu’elle lui proposait ses services ne serait-ce que pour aider à la bibliothèque, car elle est de ceux qui n’apprécient pas d’être payés à rien faire, ignorait qu’elle lui était rattachée et lui a conseillé de s’adresser, une fois de plus, à l’Académie ! Académie où on l’envoie bouler quand, chaque année, elle renouvelle ses démarches, inlassablement, tandis que des classes à côté de chez elles auraient besoin qu’elle remplace des absents ! Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de l’incurie de l’administration, que sa pesanteur afflige de tares proprement soviétiques !


    • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 19 décembre 2008 17:46

       Très drôle, Léon. Sûr que du haut de votre retraite, vous êtes en droit de me conseiller sur mon activité professionnelle. Merci à votre génération de s’être préoccupée de la mienne, au passage.


    • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 19 décembre 2008 17:50

       @ Péripate

      L’Etat a certes le pouvoir de lever l’impôt, mais les multinationales celui d’imposer les conditions financières de leur installation (subventions) et celui d’alléger leurs charges (délocalisations). La concentration des pouvoirs et la puissance coercitive afférente existe de part et d’autre.


    • Le péripate Le péripate 19 décembre 2008 18:16

       C’est vrai. Mais qui est le responsable le corrupteur ou le corrompu ? Est-ce que le fait que l’acteur état soit en mesure d’offrir des subventions ( qui proviennent de l’impôt) n’est pas une partie du problème ? Remarquons qu’un état qui ne s’occuperait que d’assurer les droits naturels ( justice, sécurité, ...), plus quelques missions de manière non monopolistique (éducation, santé, assistance aux vrais démunis comme les handicapés) ne pourrait pas offrir de subventions. Et qu’une subvention est toujours de l’argent qui manquera ailleurs, notamment dans la poche des producteurs (salariés et entrepreneurs) qui sont les mieux placés pour savoir quoi en faire.

      L’affaire Orange -Apple en ce moment à propos du monopole d’Orange sur l’I-Pod par exemple semble bien montrer que l’état n’est pas si démuni que ça pour imposer sa manière de voir aux très grosses entreprises. D’ailleurs, de quoi se mêle-t-il en la matière ? Ce dogme de la concurrence libre et non faussée est une absurdité, un faux-nez de l’étatisme (tiens je suis content de l’avoir placé ce "faux-nez" smiley ).


    • foufouille foufouille 19 décembre 2008 18:41

      @ peripate
      meme a temps partiel le salaire est trop faible pour 3 domestiques + le reste
      j’en ait vu qui gagnait autant, depensait autant........ sauf les domestiques


    • Le péripate Le péripate 19 décembre 2008 18:43

       Leon, vous jugez comme le baratin habituel l’égalité contractuelle entre le salarié et l’employeur. Admettons qu’il n’y a pas symétrie des positions, je suis d’accord. Mais cette asymétrie n’est pas seulement en faveur de l’employeur. Avez vous eu connaissance d’un employeur qui puisse forcer son employé à venir au travail quand celui ci à décider de se faire porter pâle ? C’est le premier exemple qui me vient à l’esprit, mais des asymétries, il y en a bien d’autres. Par exemple le salarié est certain à 99% de toucher son salaire. Est-ce que l’employeur à l’embauche est certain que cet employé lui rapportera de quoi payer son salaire ?

      J’ai certainement des vues "iréniques". Mais si c’est pour les remplacer par "tous des salauds", non, pas d’accord.


    • oncle archibald 19 décembre 2008 18:58

      quant à la libre concurrence des opérateurs téléphoniques qui sont tous sans exception à 29,50 € par exemple on peut en rigoler pendant des heures...


    • Le péripate Le péripate 19 décembre 2008 19:01

       Ces promoteurs ne sont pas mes amis, Leon. Tout ce que je peux dire, c’est que j’espère qu’ils en ont bien chier pour faire le job à la place du gars viré, et qu’ils ont moins bien gérer leur affaire par la suite, et qu’ils ont p commis des fautes et perdus des clients. Mais personne ne pouvait les empêcher de faire ce qu’ils ont fait. A mon tour de vous dire que vous avez une vision "irénique" du monde.


    • JL JL 19 décembre 2008 19:05

      Ouf, j’ai lu l’article, le petit récit de Péripate, et je voulais réagir. Mais il y a du monde ! quel succès. Je vais lire, mais auparavant, je vais raconter ma petite histoire, vraie elle aussi :
       
      "Il était une fois une reine d’Angleterre et sa famille, qui faisaient vivre beaucoup, beaucoup de monde. La crise est passée par là, et par souci d’économie, elle a réduit son train de vie et demandé à sa famille d’en faire autant".  smiley


    • oncle archibald 19 décembre 2008 19:08

      Je disais juste « Monsieur le Péripate » comme j’aurai dit « Madame la péripatéticienne »


    • Le péripate Le péripate 19 décembre 2008 19:13

       Il était question de délivrer une quatrième licence. Les opérateurs ont pesés de tout leur poids sur l’autorité (l’état) pour qu’il n’en soit rien. Tout le monde veut se protéger de la concurrence. Vous confondez, encore une fois, le libéralisme avec l’intérêt des acteurs sociaux, petits ou gros. Surtout les gros.

      Il n’y a qu’une manière légitime de se protéger de la concurrence : c’est d’être plus inventif, meilleur. Et, heureusement, ça ne dure pas.


    • Le péripate Le péripate 19 décembre 2008 19:17

       smiley Elles ont de la chance que tu les traites aussi bien !


    • Le péripate Le péripate 19 décembre 2008 22:09

       Désolé. Je cuisinais. Inutile d’imaginer un roman à la James Bond. Et je déteste quand c’est cramé.


    • Le péripate Le péripate 20 décembre 2008 10:32

       Je t’adore Renève ! La bêtise incarnée ! C’est sûr que toi, tu n’es pas plusieurs, je me demande même si tu es entier...
      Alors voyons, j’ai plusieurs styles, un langage châtié, élégant, soutenu, avec des mots du dictionnaire, et de l’autre je cose nimpornawak avec plin d’fotes. 

      Je ne suis pas professeur, et l’orthographe n’a jamais été mon fort. Heureusement, Safari souligne en rouge les fautes, attirant mon attention. De plus, j’utilise, quand je ne sais pas, un autre logiciel, Antidote. 

      Par respect pour mes interlocuteurs, j’essaye donc d’écrire proprement. Il arrive aussi que je sois pris par autre chose, comme par ma cuisine hier, pendant que le débat chauffe et qu’il me faille pourtant répondre dans l’urgence.

      Mais ces explications sont inutiles. Les gens intelligents n’en ont pas besoin. 



    • iris 20 décembre 2008 10:53

      automobiles= sci- et voyages et avantages en tout genre


    • ohnil ohnil 19 décembre 2008 14:06

      Autre information : Les entreprises vont verser, au titre de 2008, 31 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires (à rapprocher des 26 milliards du plan de relance...).

      Cette somme n’aurait-elle pas été mieux utilisée en la réinvestissant dans l’outil de production ?


      • Jihem Jihem 19 décembre 2008 17:30

        OHNIL

        Cette somme n’aurait-elle pas été mieux utilisée en la réinvestissant dans l’outil de production (...) 

        Peut-être mais pour produire quoi ? Des voitures dont les ventes chutent jusqu’à 50% dans certains états européens ? Des aciers qui resteront sur les parcs ? des pneus pour les voitures qui ne se vendent pas ?

        A quelles industries pensez-vous ?


      • kolymine 20 décembre 2008 03:41

        améliorer l’outil de production pour réduire les cout de fabrication... ?
        distribuées en salaires pour soutenir la consommation ? ou l’epargene et donc in fine, l’investissement ?

        dur dur la vie au royaume des aveugles.


      • iris 19 décembre 2008 14:50

        vous allez me faire pleurer -
        ou sont passer les bénéfices dantan ?? ou sont tils ??
        ils n’ont pas été écluser si vite !!
        et pensez au train de vie de votre jardinier et de votre femme de ménage !!surement qu’ils vont bien se débrouiller avec la crise !avec leurs économies !!


        • oncle archibald 20 décembre 2008 12:48

          Le jardinier, la femme de ménage, et moi et moi et moi comme aurait dit Antoine ... nous ne pouvons pas comme les industriels, engranger les gros bénéfices quand il y en a et faire payer nos traites par les contribuables quand il n’y en a pas, ou même plus vraisemblablement quand il y en a juste moins...

          Jouer au loto sans rien miser en quelque sorte... elle est pas belle la vie des très nantis ?

          Autre exemple : Toyota ne paie que des charges réduites sur les salaires de ses ouvriers, c’était d’accord comme ça avec BORLO pour qu’il aille s’installer à Valenciennes et ça perdure depuis avec un chantage au licenciements à la clef..... et l’artisan menuisier du coin avec un ou deux salariés, s’il je ne paie pas l’URSSAF ou la caisse de retraite, on va venir lui saisir ses rabots et ses scies ! Pourtant lui, contrairement à TOYOTA, il ne va pas délocaliser son activité en Inde ou en Chine ... 

          Selon que vous serez puissant ou misérable, etc ....


        • Forest Ent Forest Ent 19 décembre 2008 15:43

          Henry Ford, à son époque, n’arrivait pas à convaincre ses pairs de l’importance de payer correctement leurs ouvriers s’ils voulaient les voir consommer leurs produits.

          C’est probablement apocryphe. Il est probable qu’il ait dû payer ses employés un peu plus cher que la concurrence car les conditions de travail dans ses usines étaient si lamentables qu’il n’arrivait pas à embaucher sinon. Mais il n’a paraît-il pas augmenté les salaires pendant ensuite 20 ans.

          Il a par ailleurs pas mal financé le parti nazi allemand, été décoré par Hitler - premier étranger dans ce cas - et contribué au réarmement allemand, y compris pendant la guerre avec les US.

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